Les Mysteres Du Peuple Tome I Histoire D Une Famille De Proleta
Chapter 26
[Note I: «L'astronomie préoccupait assez la Gaule pour qu'il soit permis de penser qu'elle y formait aussi, parmi les druides, une classe particulière de savants; pendant que les uns s'efforçaient, suivant _Ammien Marcellin_, de découvrir les enchaînements et les sublimités de la nature terrestre, d'autres s'appliquaient aux mêmes travaux pour la nature céleste. Ce qui est certain, c'est que les plus savants des druides avaient su se poser les problèmes fondamentaux de l'histoire géométrique du ciel; ils faisaient profession de connaître, comme on le voit dans _César_ et dans _Nicla_, les dimensions de la terre, ainsi que sa forme, la grandeur et la disposition du ciel, les mouvements des astres... Que l'on compare sur le système du monde le langage des bardes (une des classes des druides) et des pères de l'Église au sixième siècle, c'est la science à côté de l'ignorance. Que l'on réfléchisse seulement à ce que suppose de science ce simple passage du _Chant du monde_, par Taliesin:
«_Je demanderai aux bardes du monde:--Pourquoi les bardes ne me répondraient-ils pas?--Je leur demanderai qui est-ce qui soutient le monde? pour que, privé de supports, il ne retombe pas!--Et s'il tombe? quel chemin suit-il?--Mais qui pourrait lui servir de support?--Quel grand voyageur est le monde!--Tandis qu'il glisse sans repos, il demeure tranquille dans son orbite.--Et combien la forme de cette orbite est admirable pour que le monde n'en tombe dans aucune direction!_
»Qui ne sent frémir ici ce grand courant duquel était sorti _Pythagore_, et qui en reparaissant devait produire _Kepler_ et toutes les explorations modernes des étoiles?
»L'attention des druides s'était surtout attachée à la lune. On sait, par le témoignage d'_Héraclée_, qu'ils s'étaient aperçus (probablement par la considération des dentelures) de l'existence des montagnes lunaires, qui fournit à l'astronomie un principe si riche en inductions; aussi peut-on avoir quelque soupçon des idées que leur dogme favori de la continuité de la vie avait dû leur inspirer touchant les perspectives les plus profondes de l'astronomie.» (Jean Raynaud, _Encyclopédie nouvelle_, =Druidisme=.)]
[Note J: _Les sacrifices humains_, si calomnieusement reprochés aux druides, se composaient d'exécutions juridiques et de sacrifices volontaires. Quant à ceux-ci, les chrétiens ne sauraient en contester les grandeurs: le _Christ en croix_, offrant à Dieu le Père son sang pour la rédemption du monde, est le type parfait du sacrifice volontaire.
«Le jugement des meurtres, dit _Strabon_, est spécialement attribué aux druides.» _Diodore de Sicile_ ajoute: «Après avoir retenu les criminels en prison, les druides les attachent à des potences en l'honneur des dieux, ou les placent avec d'autres offrandes sur des bûchers.» _César_ dit enfin: «Les druides sont persuadés que les supplices les plus agréables aux dieux sont ceux des criminels saisis dans le vol, le brigandage ou autres forfaits.»
Citons enfin ces éloquentes paroles de Jean Raynaud:
«En définitive, la principale différence des exécutions druidiques et des nôtres venait de ce qu'alors la religion se trouvait d'accord avec la loi civile pour les ordonner. Sans approuver, sur ce point, la loi de nos pères, puisque c'est une sorte de lâcheté de se défaire des criminels au lieu de les corriger, je ne serais pas embarrassé pour dire quel est des deux spectacles le plus abominable, ou du druide rendant lui-même à Dieu, comme une hostie expiatoire, au milieu d'une assemblée en prière, le criminel condamné, ou du bourreau de nos jours, du mercenaire sans entrailles et sans foi, saisissant brutalement le criminel pour l'égorger sur un tréteau en forme de démonstration de police.»
* * * * *
«En outre des sacrifices volontaires et expiatoires, les druides, quelques siècles avant César, dévouaient parfois à leur dieu, de même que les Hébreux, les ennemis de leur nationalité. Après la victoire, sur le lien même de la lutte, ils en faisaient des holocaustes; la formule de l'anathème était presque semblable à celle employée par les Hébreux, et en lisant les exterminations dans le Chanaan, on pourrait se croire avec les Gaulois des temps les plus reculés: hommes et animaux, le sacrifice embrassait tout; l'incendie du butin accompagnait, comme un encens, l'offrande du sang. Que l'on compare la prise d'Amalec ou de Jéricho avec quelque holocauste gaulois:--_Ils tuèrent_, dit =Josué=, _tout ce qui était dans la ville, depuis l'homme jusqu'à la femme, depuis l'enfant jusqu'au vieillard; ils frappèrent avec le glaive les boeufs, les ânes et les moutons; ils incendièrent la ville et tout ce qu'elle contenait._»
Certes, il faut déplorer ces barbaries des âges primitifs, qui toujours, d'ailleurs, allèrent en s'affaiblissant dans la religion druidique; mais nos livres saints, l'_Ancien Testament_, _les Prophètes_, etc., etc., dont la source est, dit-on, divine, fourmillent de barbaries, d'atrocités plus épouvantables encore, et ils n'offrent pas une idée d'une aussi consolante sublimité que cette =perpétuité de la vie=, base fondamentale du druidisme.]
[Note K: La forêt de Karnak, maintenant détruite, s'étendait alors presque jusqu'au bord de la mer; quant aux pierres druidiques qui existent encore de nos jours (en 1850), voici la description qu'en donnait un écrivain du siècle passé. (Ogée, _Dictionnaire de la Bretagne_, t. I, p. 161. On peut voir aussi, _Voyage pittoresque dans l'ancienne France_, par M. Taylor.--_Bretagne_, t. I.)
_Carnac_, sur la côte, à cinq lieues et demie à l'ouest-sud-ouest de _Vannes_, son évêché, à vingt-cinq lieues et demie de _Rennes_ et deux lieues et demie d'_Auray_, sa subdélégation et son ressort.
Sur la côte, au sud du Morbihan, tout auprès du bourg de Carnac, sont ces pierres étonnantes dont les antiquaires ont tant parlé; elles occupent le terrain le plus élevé en face de la mer, depuis ce bourg jusqu'au bras de mer de la Trinité, dans une longueur de six cent-soixante-dix toises; elles sont plantées en quinconce comme des allées d'arbres, et forment des espèces de rues tirées au cordeau. La première de ces rues, en les prenant du côté de Karnac, a _six toises_ de largeur; la seconde _cinq toises trois pieds_; la troisième _six toises_; la quatrième _six toises deux pieds_; la cinquième et la sixième _cinq toises chacune_; la septième _trois toises trois pieds_; la huitième _trois toises quatre pieds_; la neuvième _quatre toises_, et la dixième _deux toises_; ce qui fait en largeur totale quarante-sept toises. Ces pierres sont de grosseurs différentes et plantées à dix-huit, vingt, vingt-cinq pieds les unes des autres; il y en a qui ne sont pas plus grosses que des bornes ordinaires; mais en revanche il s'en voit, surtout à l'extrémité des rangs, qu'on ne peut considérer sans étonnement. Elles sont hautes de seize, dix-huit et même cinquante pieds; quelques-unes sont d'une masse si prodigieuse, qu'elles doivent peser plus de quatre-vingts milliers. Ce qu'il y a de plus étonnant, c'est que la plus grande grosseur est en haut et la moindre en bas, de sorte qu'il en est plusieurs qui sont portées comme sur un pivot; elles sont brutes, telles qu'on les a tirées du rocher. On en remarque seulement quelques-unes qui ont un caractère aplati, et l'on a affecté de tourner ce côté de manière qu'il fait face aux rues.]
[Note L: Les Gaulois, comme les Grecs, brûlaient les morts; ils préféraient avec raison cette volatilisation de la matière par la flamme à ces charniers répugnants appelés _cimetières_, qui, dans un temps donné, finiront par envahir l'espace réservé aux vivants.
Mais, contrairement aux Grecs, les Gaulois, beaucoup moins préoccupés de la matière ou de ce qui en rappelait les souvenirs, n'en conservaient pas les cendres.
«Les Gaulois, dit Jean Raynaud, tous pénétrés des sublimes enseignements de la spiritualité druidique, sentaient bien qu'il n'y avait point là le sujet d'un crime; s'ils faisaient moins d'état des cendres ils songeaient davantage aux âmes, c'est une différence que les monuments ont consacrée d'une manière bien sensible; au lieu de l'urne païenne noyée dans les pleurs, on trouve des sculptures gauloises qui représentent le personnage mortuaire, les yeux levés vers le ciel, d'une main tenant la cippe, et de l'autre, à demi ouverte, montrant l'espace. Au lieu de ces stériles inscriptions du paganisme, qui n'inspirent jamais que le deuil et les larmes, on trouve chez nos pères des inscriptions qui savent, à côté du regret, recommander l'espérance. On connaît celle-ci, découverte sur les bords du Rhône: _Si la cendre manque dans cette urne, alors regarde l'esprit, sur le salut duquel rien n'a été dit témérairement._»
Quel parfait affranchissement de tout lien matériel! (=Druidisme=, _Encyclop. nouv._)]
[Note M: Pour les druides, la totalité des êtres qu'embrasse la pensée se divise en trois cercles: le premier de ces cercles (=Cylch-y-Ceuyant=) _Cercle de l'Immensité_, de l'infini, n'appartient qu'à Dieu; le second (=Cylch-y-gwynfyd=), _Cercle du Bonheur_, comprenait les être revêtus du degré supérieur de sainteté, c'était le paradis; le troisième cercle (=Cylch-yr-Abred=), _Cercle des Voyages_, enveloppait tout l'ordre naturel; c'est là, au fond des abîmes, dans les grands océans de l'espace, que commençait le premier soupir de l'homme; placé bientôt entre le bien et le mal, il s'exerçait longtemps dans les épreuves de ce milieu, sortant de l'une par la mort, reparaissant dans une nouvelle épreuve par la renaissance; le but proposé à son courage était d'acquérir ce que l'on nommait _le point de liberté_, équilibre entre les devoirs et les passions. Arrivé à ce point d'excellence, l'homme quittait enfin le cercle des voyages ou épreuves, pour prendre place dans celui du bonheur. Il n'y avait pas d'enfer, l'âme dégradée ou mauvaise retombait à une condition inférieure d'existence, plus ou moins tourmentée; il y avait assez de supplices en évidence dans le vaste cercle de l'humanité pour dispenser d'un lieu à part pour les punitions.» (Jean Raynaud, =Druidisme=. _Encyclop. nouv._)]
LA CLOCHETTE D'AIRAIN.
CHAPITRE PREMIER.
[Note A: À peu de distance de la ville de Saint-Nazaire, qui existe aujourd'hui.--Le pays ainsi dévasté par l'incendie comprenait presque la totalité des départements du _Morbihan_ et de la _Loire-Inférieure_ de nos jours.]
[Note B: On a justement admiré le patriotisme des Russes incendiant Moskow pour chasser et affamer l'armée française, mais il ne s'agissait que d'une seule ville; combien plus admirable a été l'héroïque patriotisme de nos pères! car, à cette époque, pour combattre l'invasion romaine, non-seulement la Bretagne, mais presque un tiers de la Gaule, a été livré à l'incendie par ses habitants.
Mais laissons parler César:
«_Le chef des cent vallées_ convoqua les chefs des armées gauloises coalisées, et leur déclara qu'il était urgent de changer le système de guerre et d'en adopter un autre plus approprié au caractère d'une lutte nationale; qu'il fallait affamer l'ennemi, intercepter les vivres aux hommes, le fourrage aux chevaux; travail d'autant plus aisé que les Gaulois étaient forts en cavalerie, et que la saison les favorisait; les Romains ne pouvaient encore fourrager au vert, il serait facile de les surprendre dans les habitations éloignées où le besoin les conduirait, et de les détruire ainsi en détail; mais le salut commun,--ajouta le _chef des cent vallées_,--exige des sacrifices particuliers; =nous devons nous résoudre à brûler toutes nos habitations, tous nos villages et celles de nos villes qui ne sauraient se défendre=, de peur qu'elles ne deviennent un refuge pour les lâches qui déserteraient notre cause, ou qu'elles ne servent à attirer l'ennemi, par l'espoir du butin: la population trouvera un refuge dans les cités éloignées du théâtre de la guerre. Ces mesures vous paraissent violentes et dures? mais vous serait-il plus doux de voir vos femmes outragées et captives? vos enfants chargés de chaînes? vos parents, vos amis égorgés? vous mêmes réservés à une mort honteuse? car voilà le sort qui vous attend si vous êtes vaincus.» (=César=, _De Bello Gallico_, liv. VII, chap. XIV.)
«....._Le chef des cent vallées_ fut écouté avec calme et résignation, aucun murmure ne l'interrompit, aucune objection ne s'éleva contre le douloureux sacrifice qu'il demandait; ce fut à l'_unanimité_ que les chefs de tribus votèrent la ruine de leur fortune, et la dispersion de leurs familles. On appliqua sans délai ce remède terrible au pays que l'on craignait de voir occuper par l'ennemi... De toute part, on n'apercevait que le feu et la fumée des incendies; à la lueur de ces flammes, à travers ces décombres et ces cendres, l'on voyait une population innombrable se diriger vers la frontière, où l'attendaient un abri et du pain; souffrante et morne, mais non pourtant sans consolation, puisque ces souffrances devaient amener le salut de la patrie.» (=Amédée Thierry=, _Hist. des Gaulois_, t. III, chap. VIII, p. 103.)]
[Note C: Le requin.]
[Note D: Cri de guerre des Gaulois, signifiant _frappe à la tête, assomme!_ (=Latour d'Auvergne=, _Origines gauloises_.)]
CHAPITRE III.
[Note A: Troupe composée de cavaliers (_mahrek_) et de piétons (_droad_).
«Un certain nombre de cavaliers gaulois choisissaient un pareil nombre parmi les piétons les plus agiles et les plus courageux; chacun d'eux veillait sur un cavalier et le suivait dans les combats; la cavalerie se repliait sur eux si elle était en danger, et les piétons accouraient; si un cavalier blessé tombait de cheval, le piéton le secourait et le défendait. Fallait-il s'avancer rapidement ou faire une retraite précipitée, l'exercice avait rendu ces piétons si agiles, qu'en se tenant à la crinière des chevaux, ils suivaient les cavaliers à la course.» (=César=, _De Bell. Gall._, liv. I, chap. XLVIII.)]
[Note B: «Dans ce corps de cavalerie, chaque cavalier était suivi de deux écuyers montés et équipés qui se tenaient derrière le corps d'armée; lorsque le combat s'engageait, le cavalier était-il démonté, les écuyers lui donnaient un de leurs chevaux; si le cheval et le cavalier étaient tués ou que le cavalier blessé fût emporté du champ de bataille par un des écuyers, l'autre occupait dans l'escadron la place du cavalier. Ce corps de cavalerie s'appelait _trimarkisia_, de deux mots qui, dans la langue gauloise, signifiaient _trois chevaux_.» (130, v. 1. _Histoire des Gaulois_. _Amédée Thierry_.--=Pausanias=. L. X.)]
[Note C: Les _Bardes_ faisaient, nous l'avons dit, partie de la corporation des Druides...
«.....L'art--dit Jean Raynaud--n'était représenté chez les Gaulois que par les bardes; ils avaient pour ceux-ci un attachement sans bornes... ils ne les séparaient pas des autres ministres de la religion druidique; le don céleste de l'inspiration leur paraissait une investiture suffisante; ils comprenaient que l'art n'est digne de celui qui en fait briller les rayons qu'à la condition d'encourager les hommes dans les efforts qui font la noblesse et la sainteté de la vie.--_Les bardes_,--dit Lucain,--_se plaisaient à célébrer la gloire des fortes armes_, et en illustrant ainsi les héros, ils allumaient dans les coeurs le désir d'imiter ces modèles, dans l'espoir d'être un jour chantés comme eux.--On a comparé les bardes à Tyrtée qui, par l'autorité de ses accents, disposait, comme un Dieu, de la victoire.--_Ils se font écouter des ennemis comme de leurs amis_,--dit Diodore de Sicile;--_souvent, entre les deux armées en bataille, quand les rangs marchaient déjà l'un sur l'autre, les glaives tirés, les piques en arrêt, les bardes s'avançant au milieu suspendent le combat, comme s'ils venaient tout à coup apaiser des bêtes féroces par leurs enchantements._
»Le but des bardes n'était pas de divertir, avec d'harmonieux accords, des auditeurs mollement rassemblés autour d'eux pour leur plaisir; animés par la religion dont ils se sentaient les ministres, ils regardaient le ciel, et suivis de la multitude séduite, ils marchaient en chantant dans la voie que leur montraient les dieux.» (=Jean Raynaud=, _Druidisme_.)
«.....Les Gaulois eurent aussi leurs Pindares et leurs Tyrtées, le talent des bardes, le talent des poëtes s'exerçant à chanter en vers héroïques les actions des grands hommes, à entretenir dans le coeur des Gaulois l'amour de la gloire.» (=Latour d'Auvergne=, _Origine gauloise_, p. 158.)
«Les Gaulois pensent,--dit _Nicolas de Damas_,--qu'il est honteux de vivre subjugués, et que, dans toute guerre, il n'y a que deux chances pour l'homme de coeur: =vaincre ou périr=.» (=Nic. Damasc.=--_ap._--_Strab. serm._ XII.)]
[Note D: César, dans ses _Commentaires_, et plus tard les historiens ont pris le titre de commandement exercé par ce héros de la Gaule pour son nom propre, et, par corruption, ils l'ont écrit _Vercingetorix_, au lieu de _ver-cinn-cedo-righ_, _chef-des-cent-vallées_, ainsi que le fait observer M. _Amédée Thierry_ (_Hist. des Gaulois_, t. III, pag. 86). Vercingetorix, natif d'Auvergne, était fils de _Celtil_, qui, coupable de conspiration contre la liberté de sa cité, avait expié sur le bûcher son ambition et son crime; héritier des biens de son père, dont il rougissait de porter le nom, puisqu'on ne le trouve jamais autrement désigné dans l'histoire que par son surnom de guerre, le jeune Gaulois, devenu l'idole du peuple, voyagea beaucoup, alla à Rome et y vit César qui tâcha de se l'attacher, mais le Gaulois repoussa l'amitié de l'ennemi de sa patrie. Revenu dans son pays, il travailla secrètement à réveiller parmi les siens le sentiment de l'indépendance, et à susciter des ennemis aux Romains; quand l'heure d'appeler le peuple aux armes fut venue, il se montra au grand jour, dans les cérémonies druidiques, dans les réunions politiques, partout enfin on le voyait, employant son éloquence, sa fortune, son crédit, en un mot, tous ses moyens d'action sur les chefs et sur la multitude, pour les amener, comme dit un historien, à revendiquer le droit de la vieille Gaule. (=Amédée Thierry=, _Hist. des Gaules_.)]
=FIN DES NOTES DU PREMIER VOLUME.=
TABLE DU PREMIER VOLUME.
INTRODUCTION. =LE CASQUE DE DRAGON.--L'ANNEAU DU FORÇAT, OU LA FAMILLE LEBRENN (1848-1849).=
=Chapitre Ier=. Comment, en février 1848, M. Marik Lebrenn, marchand de toile, rue Saint-Denis, avait pour enseigne: _l'Épée de Brennus_.--Des choses extraordinaires que Gildas Pakou, garçon de magasin, remarqua dans la maison de son patron.--Comment, à propos d'un colonel de dragons, Gildas Pakou raconte à Jeanike, la fille de boutique, une terrible histoire de trois moines rouges, vivant il y a près de mille ans.--Comment Jeanike répond à Gildas que le temps des moines rouges est passé, et que le temps des omnibus est venu.--Comment Jeanike, qui faisait ainsi l'esprit fort, est non moins épouvantée que Gildas Pakou à propos d'une carte de visite. 1
=Chap. II.= Comment et à propos de quoi le père Morin, dit _le Père la Nourrice_, manqua de renverser la soupe au lait que lui avait accommodée son petit-fils Georges Duchêne, ouvrier menuisier, ex-sergent d'infanterie légère.--Pourquoi M. Lebrenn, marchand de toile, avait pris pour enseigne de sa boutique _l'Épée de Brennus_.--Comment le petit-fils fit la leçon à son grand-père, et lui apprit des choses dont le bonhomme ne se doutait point, entre autres que les Gaulois, nos pères, réduits en esclavage, portaient des colliers ni plus ni moins que des chiens de chasse, et qu'on leur coupait parfois les pieds, les mains, le nez et les oreilles. 14
=Chap. III.= Comment M. Marik Lebrenn, marchand de toile, devina ce que Georges Duchêne, le menuisier, ne voulait pas dire, et ce qui s'ensuivit. 33
=Chap. IV.= Comment le colonel de Plouernel déjeunait tête-à-tête avec une jolie fille qui improvisait toutes sortes de couplets sur l'air de _la Rifla_.--De l'émotion peu dévotieuse causée à cette jeune fille par l'arrivée d'un cardinal. 49
=Chap. V.= De l'entretien du cardinal de Plouernel et de son neveu.--Comment son éminence finit par envoyer son neveu à tous les diables.--Ce que vit M. Lebrenn, le marchand de toile, dans un certain salon de l'hôtel de Plouernel, et pourquoi il se souvint d'une abbesse portant l'épée, de l'infortuné _Broute-Saule_, de la pauvre _Septimine la Coliberte_, de la gentille _Ghiselle la Paonnière_, d'_Alizon la Maçonne_, et autres trépassés des temps passés que l'on rencontrera plus tard. 57
=Chap. VI.= Comment le marchand de toile, qui n'était point sot, fit le simple homme vis-à-vis du comte de Plouernel, et ce qu'il en advint.--Comment le colonel reçut l'ordre de se mettre à la tête de son régiment, parce que l'on craignait une émeute dans la journée. 69
=Chap VII.= Pourquoi madame Lebrenn et mademoiselle Velléda, sa fille, n'avaient pas une haute opinion du courage de Gildas Pakou, le garçon de magasin.--Comment Gildas, qui ne trouvait pas le quartier Saint-Denis pacifique ce jour-là, eut peur d'être séduit et violenté par une jolie fille, et s'étonna fort de voir certaines marchandises apportées dans la boutique de _l'Épée de Brennus_. 82
=Chap. VIII.= Comment M. Lebrenn, son fils, sa femme et sa fille se montrent dignes de leur race. 91
=Chap. IX.= Comment une charretée de cadavres ayant traversé la rue Saint-Denis, M. Lebrenn, son fils, Georges le menuisier, et leurs amis élevèrent une formidable barricade.--De l'inconvénient d'aimer trop les montres d'or et la monnaie, démontré par les raisonnements et par les actes du père _Bribri_, du jeune _Flamèche_ et d'un forgeron, aidés de plusieurs autres scrupuleux prolétaires. 103
=Chap. X.= Comment M. Lebrenn, son fils, Georges, le menuisier, et leurs amis défendirent leur barricade.--Ce que venait faire Pradeline dans cette bagarre, et ce qu'il lui advint.--Oraison funèbre de Flamèche par le père Bribri.--Comment le grand-père _la Nourrice_ fut amené à jeter son bonnet de coton sur la troupe du haut de sa mansarde.--Entretien philosophique du père Bribri, qui avait une jambe cassée, et d'un garde municipal ayant les reins brisés.--Comment celui-ci trouva que le père Bribri avait du bien bon tabac dans sa tabatière.--Dernière improvisation de Pradeline sur l'air de _la Rifla_.--Comment, en suite d'une charge de cavalerie, le colonel de Plouernel fit un cadeau à M. Lebrenn au moment où la République était proclamée à l'Hôtel de ville. 112
=Chap. XI.= Comment la famille du marchand de toile, Georges Duchêne et son grand-père, assistèrent à une imposante cérémonie et à une touchante manifestation, aux cris de vive la République.--Comment le numéro _onze cent vingt_, forçat au bagne de Rochefort, fut menacé du bâton par un argousin et eut un entretien avec un général de la République, et ce qu'il en advint.--Ce que c'était que ce général et ce forçat. 129
=Chap. XII.= Ce qu'était devenue la famille de M. Lebrenn pendant son séjour au bagne, et d'une lettre qu'elle reçut un soir. 145
=Chap. XIII.= Comment le jour anniversaire de la naissance de son fils M. Lebrenn lui ouvre cette chambre mystérieuse qui causait tant d'étonnement à Gildas Pakou, le garçon de magasin.--Comment Sacrovir Lebrenn et Georges Duchêne, son beau-frère, désespéraient du salut de la République et du progrès de l'humanité.--Pourquoi M. Lebrenn, fort de ce que renfermait la chambre mystérieuse, était au contraire plein de foi et de certitude sur l'avenir de la république et de l'humanité. 152