Chapter 17
Quelles sont les retombées de l’internet pour les journalistes? «Elles sont encore minces. Nous commençons seulement à offrir un accès internet à chacun (rédaction d’Ouest-France: 370 journalistes répartis dans soixante rédactions, sur douze départements... pas simple). Certains utilisent internet pour la messagerie électronique (courrier interne ou externe, réception de textes de correspondants à l’étranger, envoi de fichiers divers) et comme source d’informations. Mais cette pratique demande encore à s’étendre et à se généraliser. Bien sûr, nous réfléchissons aussi à tout ce qui touche à l’écriture multimédia et à sa rétro-action sur l’écriture imprimée, aux changements d’habitudes de nos lecteurs, etc. (...) Internet est à la fois une menace et une chance. Menace sur l’imprimé, très certainement (captation de la pub et des petites annonces, changement de réflexes des lecteurs, perte du goût de l’imprimé, concurrence d’un média gratuit, que chacun peut utiliser pour diffuser sa propre info, etc.). Mais c’est aussi l’occasion de relever tous ces défis, de rajeunir la presse imprimée.»
Tous sujets que l'on retrouve quelques années plus tard pour les débuts du livre numérique: rapport accru de l'auteur avec ses lecteurs, mise en place de forums de discussion, nécessité d'une formation technique, utilisation de sources très diverses émanant de l'encyclopédie que devient le web, version payante versus version gratuite, version numérique versus version imprimée, etc.
= Divers canaux de diffusion
Contrairement au livre imprimé, vendu dans les librairies, le livre numérique est d’abord vendu par les éditeurs avant d’être vendu par les libraires, pour la raison bien simple qu’il faut laisser le temps à ces derniers de créer une structure qui n’existe pas. Par la suite, l’éditeur peut soit vendre directement sur son propre site ses titres numériques, soit passer un partenariat avec une librairie numérique, soit adopter simultanément les deux formules.
Publiés en mai 1998 par les éditions 00h00, les tout premiers livres numériques commerciaux sont des classiques de la littérature française - Le Tour du monde en 80 jours de Jules Verne, Colomba de Prosper Mérimée, Poil de carotte de Jules Renard, etc. - ainsi que deux inédits : Sur le bout de la langue de Rouja Lazarova et La Coupe est pleine de Pierre Marmiesse. 00h00 passe aussi des accords avec des éditeurs «traditionnels» pour publier en version numérique certains de leurs titres imprimés.
En mars 2000, Michel Valensi, directeur des éditions de l’Eclat, lance le concept du lyber, un terme «construit à partir du mot latin liber qui signifie à la fois: libre, livre, enfant, vin». Dans lePetit traité plié en dix sur le lyber, paru dans Libres enfants du savoir (éditions de l’Eclat, avril 2000), il définit le lyber comme un livre numérique disponible gratuitement sur l’internet dans son intégralité, selon le principe du shareware (partagiciel). Avec invitation d’acheter un exemplaire pour soi ou ses amis, possibilité de signaler l’adresse du libraire le plus proche où trouver le livre, et possibilité de laisser des commentaires sur le texte en ligne. «Le lyber est une tentative de cohabitation dynamique de ces supports. Le principe est simple: diffusion simultanée d’un même contenu sur les deux supports. Livre papier et document-en-ligne.»
A la même date, en mars 2000, Stephen King décide de distribuer sa nouvelle Riding The Bullet uniquement par voie électronique, avec vente dans des librairies en ligne. Suite à cette expérience qui s’avère un succès à la fois médiatique et financier, l’auteur décide de se passer des services de Simon & Schuster, son éditeur habituel. En juillet 2000, il crée un site web spécifique pour débuter la publication en épisodes d’un roman épistolaire, The Plant. Cette deuxième expérience s’avère beaucoup moins concluante que la première, le nombre de téléchargements et de paiements ne cessant de baisser au fil des chapitres. En décembre 2000, après la parution gratuite du sixième chapitre, l’auteur décide de mettre The Plant en hibernation pendant une période indéterminée. Le suivi médiatique de cette expérience pendant les six mois qu’elle aura duré contribue largement à faire connaître le livre numérique, aussi bien chez les professionnels du livre que dans le grand public. D’autres auteurs de best-sellers prennent ensuite le relais, comme Frederick Forsyth au Royaume-Uni et Arturo Pérez-Reverte en Espagne, mais cette fois en partenariat avec leurs éditeurs respectifs.
Durant l’été 2000, Simon & Schuster, l’éditeur habituel de Stephen King, profite de la vague médiatique entourant l’auto-publication d’un de ses auteurs-phare pour se lancer dans l’aventure en créant SimonSays.com. Il décide aussi de publier en version numérique seulement, sans correspondant imprimé, certains titres de Star Trek, la série de science-fiction la plus vendue au monde, qui compte six titres vendus par minute et quarante nouveaux titres publiés par an, en incluant les histoires et récits basés sur les séries télévisées et les films. Le premier titre numérique, The Belly of the Beast de Dean Wesley Smith, est disponible en août 2000 pour 5 dollars US.
D’autres éditeurs emboîtent le pas à Simon & Schuster et débutent la vente de certains titres en version numérique, par exemple le géant Random House et, quelques mois plus tard, St. Martin’s Press, puis HarperCollins par le biais de son service électronique PerfectBound.
En octobre 2000, les Presses universitaires de France (PUF) annoncent la parution de quatre titres simultanément en version numérique et en version imprimée. Ces quatre titres ont trait à l’internet: La presse sur internet de Charles de Laubier, La science et son information à l’heure d’internet de Gilbert Varet, Internet et nos fondamentaux par un collectif d’auteurs, et enfin HyperNietzsche publié sous la direction de Paolo d’Iorio. Chose peu courante chez les éditeurs français, le texte intégral d’HyperNietzsche est en accès libre sur le site des PUF pendant deux ans.
En novembre 2000, pour convertir les auteurs qu’il publie à ce nouveau format, Random House annonce que ceux-ci recevront 50% des bénéfices nets réalisés sur la vente de leurs livres numériques, au lieu des 15% habituels. Si ce fort pourcentage était déjà proposé par certains éditeurs électroniques comme le londonien Online Originals, c’est la première fois qu’une maison d’édition traditionnelle de réputation internationale fait un tel effort financier.
En janvier 2001, Barnes & Noble, autre géant du livre, se lance dans l’aventure en créant Barnes & Noble Digital. Barnes & Noble est non seulement une chaîne de librairies traditionnelles doublée d’une librairie en ligne, en partenariat avec Bertelsmann pour cette dernière, mais aussi un éditeur de livres classiques et illustrés. Pour attirer les auteurs, l’éditeur leur propose de leur verser 35% du prix des livres numériques vendus sur son site et les sites affiliés. Un pourcentage moindre que celui offert par Random House, mais nettement supérieur à celui versé par les autres éditeurs en ligne qui, après avoir proposé un pourcentage de 15% à l’origine, proposent un pourcentage d’environ 25% début 2001. L’opération de Barnes & Noble Digital vise bien sûr à convaincre les auteurs de best-sellers de l’intérêt d’une version numérique à côté de la version imprimée.
= Une progression régulière
Comme on le voit, si la vente de livres numériques débute dès mai 1998 avec la commercialisation de quelques titres par les éditions 00h00, elle ne commence vraiment à se généraliser qu’à l’automne 2000. Les titres disponibles sont vendus soit directement par les éditeurs, soit par le biais des libraires, avec impression à la demande grâce aux nouvelles technologies d’impression numérique développées notamment par les sociétés Xerox, Océ et IBM.
Téléchargeables gratuitement, les principaux logiciels de lecture sont les logiciels d’Adobe (Acrobat Reader en juin 1993, Adobe eBook Reader en janvier 2001, Adobe Reader en mai 2003), le Mobipocket Reader (lancé en mars 2000), le Microsoft Reader (lancé en avril 2000) et le Palm Reader (lancé en mars 2001). A l’exception du format PDF (portable document format) apparu dès 1993, les formats utilisés sont basés sur l’OeB (open ebook), devenu en 1999 le format standard des livres numériques.
On voit apparaître les premières librairies numériques, à savoir des librairies vendant exclusivement des livres numériques, le plus souvent par téléchargement, et dans plusieurs formats.
Outre le fait qu’il faille une machine pour le lire - mais, après tout, c’est ce qui le caractérise, en attendant le papier électronique de demain - l’obstacle majeur à la diffusion du livre numérique est le faible nombre de titres disponibles. «Le volume de titres disponibles en format de lecture à l’écran est ridicule par rapport aux quelque 600.000 titres existant en français», indique en février 2001 Denis Zwirn, président de la librairie numérique Numilog. Mais, dès cette date, nombre d’éditeurs numérisent - ou font numériser - leurs fonds, à la perspective d’un marché naissant qui devrait connaître une forte expansion dans les prochaines années. Editeurs en ligne et libraires numériques négocient patiemment les droits auprès des éditeurs traditionnels, et ce non sans mal puisque, à tort ou à raison, la profession reste très inquiète des risques de piratage.
Selon Zina Tucsnak, ingénieur d’études en informatique au Laboratoire ATILF (Analyse et traitement informatique de la langue française), interviewée en novembre 2000, «l’ebook offre une combinaison d’opportunités: la digitalisation et l’internet. Les éditeurs apportent leurs titres à tous les lecteurs du monde. C’est une nouvelle ère de la publication.» Mais, à l'époque, le livre numérique est encore dans l’enfance. Comme l’explique en janvier 2001 Bakayoko Bourahima, documentaliste à l’ENSEA (Ecole nationale supérieure de statistique et d’économie appliquée) d’Abidjan, «il faut voir par la suite comment il se développera et quelles en seront surtout les incidences sur la production, la diffusion et la consommation du livre. A coup sûr cela va entraîner de profonds bouleversements dans l’industrie du livre, dans les métiers liés au livre, dans l’écriture, dans la lecture, etc.»
Une des incidences sur la diffusion du livre est la vente de celui-ci «en pièces détachées», à savoir un chapitre seul, ou une partie de livre, ou un article à l’unité, ou encore une carte ou un tableau statistique. Ce type de vente débute en 2002, à titre expérimental, par exemple chez Numilog ou encore dans la librairie en ligne de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques).
Le prix du livre numérique est inférieur d’environ 30% à celui du livre imprimé. Sa commande et sa livraison sont quasi immédiates via l’internet. Quant à sa «taille» et son «poids», ils sont nuls, bien qu’en pareil cas il faille bien sûr prendre en compte la taille et le poids de la machine nécessaire pour le lire. En 2003, un assistant personnel (PDA) de type Pocket PC ou Palm Pilot pesant environ 200 grammes permet d’emporter avec soi une quinzaine de romans de 200 pages. Un ordinateur ultra-portable disposant d’un disque dur de 6 Go (gigaoctets), pesant moins de 1,5 kilo et équipé des logiciels de bureautique standard permet de stocker environ 5.000 livres.
Quelle est la taille d’un fichier de livre numérique, et son temps de téléchargement? En 2003, quelques exemples sont donnés à titre indicatif dans la FAQ de Numilog. Une nouvelle de 50 pages représente un fichier de 150 kilo-octets. Le temps nécessaire à son téléchargement est de 37 secondes avec un modem 56 K (kilobits par seconde) et de 3 à 6 secondes avec une connexion à haut débit (câble ou DSL – digital subscriber line). Un roman de 300 pages représente un fichier de 1 mégaoctet. Son temps de téléchargement est de 4 minutes avec un modem 56 K et de 20 à 40 secondes avec une connexion à haut débit. Un guide pratique de 200 pages incluant des tableaux représente un fichier de 1,5 mégaoctet. Son temps de téléchargement est de 6 minutes avec un modem 56 K et de 30 à 60 secondes avec une connexion à haut débit. Un livre illustré avec des photos représente un fichier de 10 mégaoctets. Son temps de téléchargement est de 41 minutes avec un modem 56 K et de 3 à 6 minutes avec une connexion à haut débit.
Chez les adeptes du livre numérique, l’enthousiasme des années 2000 et 2001 fait place à plus de mesure dans les années qui suivent. On ne parle plus du tout numérique pour le proche avenir, mais plutôt de la publication simultanée d’un même titre en deux versions, imprimée et numérique. Pour mettre en place ce nouveau mode de distribution, la tâche est rude. Il faut constituer les collections, améliorer les logiciels de lecture, rendre le prix des appareils de lecture abordable et, plus difficile encore, habituer le grand public à lire un livre à l’écran.
Alors que, en octobre 2000, l’eBook est l’une des vedettes de la Foire internationale du livre de Francfort, il se fait beaucoup plus modeste les années suivantes. La même remarque vaut pour le Salon du livre de Paris qui, après avoir proposé un Village eBook en mars 2000, puis le premier sommet européen de l’édition numérique – dénommé eBook Europe 2001 – l’année suivante, n’organise pas de grande manifestation spécifique en 2002 et 2003. Il faut attendre le Salon de 2006 pour observer à nouveau un réel engouement, avec une vaste «plateforme numérique» rassemblant des imprimeurs numériques, des sociétés de numérisation d’ouvrages et des fabricants de livres numériques.
Cependant, malgré le pessimisme relatif ayant succédé aux déclarations enthousiastes, le livre numérique poursuit patiemment son chemin. Si sa progression est lente, elle est constante. En 2001, le grand éditeur Random House vend deux fois plus de livres numériques qu’en 2000. Tous éditeurs confondus, les ventes de 2001 se chiffrent par milliers pour le New World College Dictionary de Webster, les ouvrages de fiction de Stephen King et de Lisa Scottolini, les livres d’économie et les manuels pratiques. Palm Digital Media, grande librairie numérique pour assistant personnel (PDA), vend 180.000 livres en 2001, une augmentation de 40% par rapport à l’année précédente. Début 2002, PerfectBound, le service électronique de l’éditeur HarperCollins, propose 10% du catalogue imprimé sous forme numérique. A la même date, Random House décide de publier systématiquement une version imprimée et une version numérique pour ses nouveaux titres.
Conséquence d’un marché en pleine expansion, après avoir été conçus pour une machine spécifique - soit un ordinateur soit un assistant personnel - les principaux logiciels de lecture deviennent polyvalents. Si l’Acrobat Reader est d'abord uniquement disponible sur ordinateur les premières années, Adobe lance un Acrobat Reader pour assistant personnel en 2001, d'abord pour le Palm Pilot (mai 2001), puis pour Pocket PC (décembre 2001). Si, à l’origine, le Mobipocket Reader est destiné à la lecture sur assistant personnel, Mobipocket lance une version pour ordinateur en avril 2002. La même remarque vaut pour le Palm Reader. D'abord destiné au Palm Pilot et au Pocket PC, il s'étend à l'ordinateur en juillet 2002.
Chose peu courante chez les concepteurs de logiciels, Mobipocket propose d’emblée un logiciel de lecture «universel», utilisable sur tout assistant personnel puis sur ordinateur, et manifeste très tôt un réel souci d’ouverture aux autres formats. Le Mobipocket Publisher permet de créer des livres numériques non seulement au format PRC (lisible sur le Mobipocket Reader) mais aussi au format LIT (lisible sur le Microsoft Reader).
Après avoir fait cavalier seul en promouvant leur propre logiciel de lecture, les constructeurs y mettent aussi du leur. L’assistant personnel Palm Pilot permet de lire des livres numériques aussi bien sur le Palm Reader que sur le Mobipocket Reader. Son principal concurrent, le Pocket PC de Microsoft, permet de lire des livres sur le Microsoft Reader, le Mobipocket Reader et le Palm Reader.
Vétéran des logiciels de lecture avec dix ans d’existence en 2003, l’Acrobat Reader (devenu l’Adobe Reader en mai 2003) s’adapte régulièrement aux besoins du marché. Pour ne prendre qu’un exemple, les utilisateurs d’autres logiciels disent apprécier le reflowing, une technique leur permettant de reformater automatiquement un livre et sa pagination en fonction de la taille de l’écran. Le reflowing est autorisé par les formats basés sur l’OeB (open ebook). Alors que ceci était impossible avec les versions précédentes de l’Acrobat Reader, le format PDF n’étant pas basé sur l’OeB, les versions 5 et suivantes d’Adobe Acrobat permettent de créer des documents PDF autorisant le reflowing, même si la numérotation des pages du document initial reste figée. Quatre ans après, en 2007, il est possible de créer des PDF compatibles avec l'OeB.
Le nombre de titres s’accroît rapidement au fil des ans. En septembre 2003, le catalogue de Numilog comprend 3 500 titres (livres et numéros de revues) en français et en anglais, grâce à un partenariat avec une quarantaine d’éditeurs. En décembre 2006, ce catalogue comprend 35.000 titres grâce à un partenariat avec 200 éditeurs, dont 60 éditeurs francophones. La progression est tout aussi rapide pour Mobipocket. En 2003, le catalogue comprend 6.000 titres en plusieurs langues. En avril 2007, le catalogue comprend 39.000 titres en vente et 10.000 titres gratuits, et il est désormais diffusé par Amazon, qui a racheté la société en avril 2005.
9.3. Chronologie
* Cette chronologie ne prétend pas à l’exhaustivité.
1993 (juin): Acrobat Reader, premier logiciel de lecture, lancé par Adobe.
1996 (mars): Palm Pilot, premier assistant personnel du marché.
1996 (mai): Fondation du DAISY Consortium pour définir un standard de livre audionumérique.
1998 (mai): Premiers livres commerciaux lancés par les éditions 00h00.
1999 (septembre): Open eBook (OeB), standard de livre numérique.
2000 (janvier): Fondation de l’Open eBook Forum (OeBF).
2000 (janvier): Partenariat entre Microsoft et Barnes & Noble.com pour la vente de livres numériques.
2000 (mars): Mobipocket Reader, logiciel de lecture de Mobipocket.
2000 (mars): Concept du lyber par Michel Valensi.
2000 (mars): Riding the Bullet, nouvelle de Stephen King, distribuée sur l’internet.
2000 (avril): Pocket PC, assistant personnel de Microsoft.
2000 (avril): Microsoft Reader, logiciel de lecture utilisable sur Pocket PC.
2000 (juillet): Autopublication sur le web de The Plant, roman de Stephen King.
2000 (août): Partenariat entre Microsoft et Amazon pour la vente de livres numériques.
2000 (août): Microsoft Reader disponible pour toute plateforme Windows.
2000 (août): eBooks Store de Barnes & Noble.com.
2000 (été): SimonSays.com, branche numérique de Simon & Schuster.
2000 (octobre): Premiers titres numériques des PUF (Presses universitaires de France).
2000 (novembre): Conditions attractives pour la publication en numérique des auteurs de Random House.
2000 (décembre): eBooks Store d’Amazon.
2000 (décembre): Arrêt de l’autopublication sur le web de The Plant, roman de Stephen King.
2001: Premiers systèmes de DRM pour la gestion des droits numériques.
2001 (janvier): Adobe eBook Reader, logiciel de lecture pour livres sous droits.
2001 (janvier): Adobe Content Server, logiciel de gestion des droits numériques.
2001 (janvier): Barnes & Noble Digital, branche numérique de Barnes & Noble.
2001 (mars): Rachat de Peanutpress et de son logiciel de lecture par Palm.
2001 (mars): Palm Reader, logiciel de lecture de Palm.
2001 (avril): Partenariat entre Adobe et Amazon pour la vente de livres numériques.
2001 (mai): Acrobat Reader disponible pour Palm Pilot.
2001 (décembre): Acrobat Reader disponible pour Pocket PC.
2002 (avril): Mobipocket Reader disponible pour ordinateur personnel.
2002 (juillet): Palm Reader disponible pour ordinateur personnel.
2002 (novembre): Microsoft Reader disponible pour tablette PC.
2003 (mai): L’Adobe Reader remplace l’Acrobat Reader et l’Adobe eBook Reader.
2004 (novembre): L’Adobe LiveCycle Policy Server remplace l’Adobe Content Server.
2005 (avril): L’IDPF (International Digital Publishing Forum) succède à l’OeBF (Open eBook Forum).
2005 (avril): Rachat de Mobipocket par Amazon.
10. LES SUPPORTS DE LECTURE
[10.1. Tablettes de lecture / Premiers modèles / Gemstar eBook / Cybook (Cytale - Bookeen) / Autres tablettes récentes // 10.2. Assistants personnels (PDA) / Psion / eBookMan (Franklin) / Palm Pilot et Pocket PC // 10.3. Nouveaux appareils / Souhaits en l'an 2000 / @folio, baladeur de textes / Smartphones et successeurs // 10.4. Le papier électronique / Souhaits en l’an 2000 / E Ink / Autres initiatives // 10.5. Chronologie]
Les livres numériques sont d’abord lisibles sur l’écran de l'ordinateur. En 1999, pour plus de mobilité, on voit apparaître des appareils dédiés, sous forme de tablettes électroniques. A partir de l'an 2000, les assistants personnels (PDA) intègrent peu à peu des logiciels de lecture. Suit la lecture sur webpad et tablette PC, puis sur téléphone portable et smartphone. Annoncé pour la fin des années 2000, le papier électronique devrait permettre de concilier les avantages du numérique et le confort d’un matériau souple proche du papier.
10.1. Tablettes de lecture
Une tablette électronique de lecture se présente comme une machine portable de la taille d’un gros livre, avec un écran à cristaux liquides (appelé aussi écran LCD: liquid crystal display) rétro-éclairé ou non, noir et blanc ou en couleur. Elle fonctionne sur batterie et, selon les modèles, dispose d’un modem intégré, d’un port USB et de connexions Bluetooth et WiFi, pour connexion à l’internet et téléchargement des livres à partir de sites d’éditeurs ou de librairies numériques.
= Premiers modèles
Apparues en 1999, les premières tablettes de lecture sont conçues et développées dans la Silicon Valley, en Californie. Le modèle le plus connu, le Rocket eBook, est créé par la société NuvoMedia, en partenariat avec la chaîne de librairies Barnes & Noble et le géant des médias Bertelsmann. Un deuxième modèle, le Softbook Reader, est développé par la société Softbook Press, en partenariat avec les deux grandes maisons d’édition Random House et Simon & Schuster. Plusieurs autres modèles ont une durée de vie assez courte, par exemple l’Everybook, appareil à double écran créé par la société du même nom, ou encore le Millennium eBook, créé par Librius.com. A cette époque, qui n’est pas si lointaine, toutes ces tablettes électroniques pèsent entre 700 grammes et 2 kilos et peuvent stocker une dizaine de livres.
= Gemstar eBook
Lancés en octobre 2000 à New York, les deux premiers modèles de Gemstar eBook sont les successeurs du Rocket eBook (conçu par la société NuvoMedia) et du Softbook Reader (conçu par la société Softbook Press), suite au rachat de NuvoMedia et de Softbook Press par Gemstar-TV Guide International en janvier 2000. Commercialisés en novembre 2000 aux Etats-Unis, ces deux modèles - le REB 1100 (écran noir et blanc, successeur du Rocket eBook) et le REB 1200 (écran couleur, successeur du Softbook Reader) - sont construits et vendus sous le label RCA, appartenant à Thomson Multimedia. Le système d’exploitation, le navigateur et le logiciel de lecture sont spécifiques au produit, tout comme le format de lecture, basé sur le format OeB (open ebook).