Part 6
--Ah! laissez-moi rigoler avec votre dignité! Si je n’avais pas autre chose à faire qu’à vous écouter, je ne vous donnerais pas dix minutes pour me déclarer la main sur le cœur que vous considérez la presse comme un sacerdoce et d’autres rengaines aussi éculées... Vous le portez bien--ce n’est rien de le dire!--votre nom Grobaleau. Ah! fichtre, oui!...
Le garçon de bureau étant entré avec une carte, _Grand-Gosse_ en prit prétexte pour se débarrasser de son grotesque collaborateur.
* * * * *
Nicole était devant lui, un bouquet de violettes de Parme piqué dans sa fourrure, la figure toute rosée de l’air du dehors.
--Mon petit, dit-elle, je ne fais qu’entrer et sortir. Je passais devant le journal, un besoin fou de t’embrasser. N’oublie pas que je t’attends ce soir à dîner, le plus tôt que tu le pourras...
Elle était contre lui et lui caressait amoureusement les cheveux quand, jetant distraitement les yeux sur son buvard, elle y vit la photographie de Morel-Aubier. Ses yeux devinrent hagards, le sang se retira de ses joues...
--Oh! fit-elle en portant la main à sa poitrine.
Il la questionna du regard. Elle acquiesça de la tête. Il avait compris, mais un besoin malsain de la torturer montait en lui:
--Rue Larochefoucauld, c’était ce...
Elle lui entourait le cou de ses bras pour le faire taire:
--Salaud! dit-il en se dégageant.
* * * * *
_Grand-Père_ s’était assoupi dans l’antichambre en attendant que _Grand-Gosse_ voulût bien le recevoir. Rien de ce qui lui venait de son jeune ami n’était capable de le formaliser. Rebuffades, froideur, moqueries, il acceptait tout, ayant de longtemps pris son parti de tout supporter et y prenant cette sorte de plaisir béat qu’éprouvent les dévotes à remâcher des sucreries.
Aussi ne fut-il pas médiocrement surpris quand, à peine introduit dans le bureau, et ayant en deux mots expliqué les motifs de sa visite, il vit _Grand-Gosse_ lui tendre cordialement les deux mains:
--Mon vieux _Grand-Père_, pour une fois, vous pouvez dire que votre démarche est de celles qui en valent la peine. Je vous prie de croire que nous n’allons nous ennuyer ni l’un ni l’autre... La fortune pour nous deux tout simplement... Car vous savez comme je suis régulier en affaires avec les amis. Mais motus, n’est-ce pas? Pas un mot à quiconque! A Fred, surtout, ni à Chauvert (à ce dernier je me réserve d’en parler quand il le faudra). Je sais--ici sa figure devint grave--que Morel-Aubier aime les fruits verts, ça peut l’entraîner loin cette petite histoire-là--à nous ça peut nous servir. Vous connaissez bien toujours le petit Masson de la brigade mondaine... Bon... parfait... Vous allez lui offrir de ma part un billet--vous m’entendez bien--un billet avec le double à revenir par la suite si je suis satisfait, à charge pour lui de me procurer le dossier relatif à Morel-Aubier...
_Grand-Père_ rayonnait--et du contentement de son pupille--et d’avoir été chargé de ce qu’il considérait comme une mission de confiance.
Dès lors il eut toutes les audaces:
--Ma fille...
--Eh bien! votre fille?...
--Nancy Nangis donne un souper de centième après-demain, chez elle, et elle serait flattée... honorée... heureuse... que vous lui fassiez la grâce... la très grande grâce...
--J’ai compris, entendu. J’y serai.
Le vieux n’en pouvait croire ses oreilles.
Il prit les deux mains du jeune homme:
--Merci! merci! dit-il d’une voix toute chevrotante d’émotion.
Et il partit, comme un fou, pour annoncer la bonne nouvelle, en oubliant, du coup, sa canne dans le bureau.
XVI
Dans la salle des Quatre-Colonnes, à la Chambre, un espèce de nain au poil d’encre, l’index levé vers le plafond, pérorait, au centre d’un groupe de députés et de journalistes:
--Je vous dis qu’il a du plomb dans l’aile--et je ne parle pas des intrigues de couloirs.
--Il a une presse excellente, avança quelqu’un.
--Excellente... avez-vous vu certain petit filet dans le dernier numéro des _Indiscrétions Parisiennes_?
--Le canard de Chauvert, une feuille de chantage, ça ne porte pas.
--Comme si toutes les feuilles, observa avec détachement un vieil adolescent au sourire désenchanté, ne sont pas plus ou moins des feuilles de chantage! Ce que vous appelez chantage dans un hebdomadaire, s’appelle campagne dans un grand quotidien, mais le plat est le même, rien que la sauce le plus souvent, de changée. Il y a, d’un maître-chanteur professionnel à un leader politique, la même différence qu’entre une rôdeuse des boulevards extérieurs et une demi-mondaine. D’ailleurs, on a tort de dire du mal du chantage. Il est à la base de toutes les sociétés. Pas une tractation où il n’intervienne. Dieu lui-même en a usé avec sa créature et vous n’ignorez point le rôle que joue, dans l’amour, le chantage sentimental.
--Trêve de paradoxe, interrompit un obscur péquenaud endimanché, à face de pédagogue.
--Ceci n’est pas du paradoxe, poursuivit le vieil adolescent. Je me propose d’écrire un jour un Éloge du Chantage. J’y parlerai de ses lettres de noblesse: Aristophane, Machiavel, le divin Arétin, qui, entre parenthèses, ne s’embêtait pas avec ses Arétines, l’Étoile, Scarron, Ben Johnson, etc... etc...
Mais un homme l’entraîna. Il avait une tête de philosophe et une barbe de fleuve:
--Vous jetez des perles aux pourceaux, mon ami. Avez-vous pu vous imaginer un seul instant qu’ils connaissent un nom, un seul, de ceux que vous leur citez... Puis croyez-moi, il convient de ne point parler de corde dans la maison d’un pendu.
Cependant le nain continuait à justifier ses prévisions:
--Maintenant que cet intrus est parti, parlons sérieusement, poursuivit-il. Cette petite note si elle était parue dans tout autre de ces hebdomadaires qui sont la honte de la presse française...
--Bravo! interrompit un journaliste.
--... n’eût pas mérité qu’on y attachât la moindre importance, mais nul n’ignore que Chauvert est l’homme des basses-œuvres de Fred Matchless, le directeur du _Nouveau-Journal_. Ceci est une amorce, croyez-moi.
--Et que dit cette note?
--Une infamie. Elle fait allusion aux prétendus goûts qu’aurait notre actuel ministre des Affaires Étrangères pour les fruits verts.
--Il n’y a qu’à rejeter du pied une ordure pareille, proclama d’une voix de basse taille méridionale, un député de la majorité...
Le nain insistait:
--C’est une accusation ignoble, odieuse. Mais... le public est si nerveux, si impressionnable en ce moment... Si le _Nouveau-Journal_ s’en mêle...
_Grand-Gosse_, à qui un reporter venait de faire connaître ces propos, dans la salle des Pas-Perdus où il s’entretenait d’un contrat de publicité avec le directeur d’une firme cinématographique, venu là en curieux, eut un sourire machiavélique:
--Très amusant, observa-t-il.
Et se tournant vers son interlocuteur, il reprit le fil de la conversation:
--Vous m’excuserez un renseignement sans intérêt pour mon journal... Où en étions-nous? Ah! oui, je vous disais donc, mon cher, que vous aviez tout ce qu’il faut pour réussir dans votre carrière. Un état civil assez vague (Valachie? Lithuanie? Syrie?), une absence complète de culture intellectuelle, pas un sou à vous et un de ces culots qui tiennent lieu de tout. Vos bureaux sont assez bien situés, ils tirent assez l’œil pour que vous puissiez voir venir, sans tarder, des vedettes de choix et des auteurs de scénarios. Vous cuisinez celles-ci de façon à ce qu’elles vous apportent des capitaux et vous pillez ceux-ci, sans qu’ils puissent faire: ouf! C’est ainsi, n’est-ce pas, que vous entendez votre métier?
L’autre ne savait trop s’il devait prendre la chose comme une boutade. A tout hasard, il se décida à un sourire servile:
--Évidemment, reprit _Grand-Gosse_, vous auriez pu trouver aussi rémunérateur. La Banque, par exemple. N’importe qui peut s’installer banquier. Vous mettez «caisse» sur une plaque de cuivre fixée à un treillis de fer, à l’intérieur de vos bureaux et les badauds font queue pour y apporter leur brave argent. On m’a raconté hier, à ce sujet, une histoire bien divertissante, authentique et récente. Un de ces banquiers improvisés apprend que la mère d’un ancien camarade de régiment vient d’hériter à Langres, où elle habite avec son fils, de trois millions. Il se dit: ces trois millions sont à moi, et il part pour Langres. Langres est une petite ville, dont on a vite fait le tour une fois grimpé là-haut par le chemin de fer a crémaillère. Rencontre des deux amis. Apéritif au café. «Tu te souviens au 23e... Et qu’est-ce que tu es devenu?... Moi je suis dans la banque... Ça marche fort bien... des opérations en bourse tout ce qu’il y a de sûres...» Bref, de fil en aiguille, mon banquier amène cet innocent à Paris où c’est immédiatement la grande vie: boîtes de nuit, dancings, restaurants cotés. L’innocent lui a confié 15.000 francs pour tenter la chance. Il les met dans son coffre et lui dit: vous verrez à la fin du mois. A la fin du mois, il les lui rend. Voilà ce que vous avez gagné, lui dit-il. Je double le capital en quelques semaines. L’autre d’écrire la merveille à sa mère. Celle-ci ne tarde pas à envoyer tout son actif. Mais elle ne devait plus revoir ses millions. Je vous prie de croire qu’en un tournemain mon banquier avait pris du champ.
«Il y a aussi la vente des tableaux, l’édition de luxe, avec toutes leurs combines, le trafic des sandows ou des roues d’avion. Vous n’avez que l’embarras du choix.
--Et vous, questionna le directeur de firme, visiblement interloqué, avez-vous fait fortune?...
--Pas encore. Cela ne saurait tarder, répliqua _Grand-Gosse_ avec un mauvais rire...
XVII
Une aube d’arrière-avril, désinvolte et futée, réveillait le feuillage neuf du parc Monceau, quand le _Grand-Père_ quitta, tous les invités ayant pris congé, le petit hôtel de sa fille, laissant, sous un prétexte quelconque, _Grand-Gosse_ en tête à tête avec elle.
--_Nunc dimittis_... eût-il prononcé avec un sentiment de gratitude pour le Très-Haut, si lui étaient restés familiers les vocables latins.
Sa carrière était close, maintenant, du moment qu’il avait abouti à trouver, pensait-il, le gendre de la main gauche de son choix.
Qu’eût-il dit, pauvre vieil homme, si le souci des convenances lui avaient permis de jeter un coup d’œil furtif sur la scène qui se déroulait dans le petit salon attenant à la chambre de Nancy Nangis.
Ayant revêtu un pyjama de soie violine, la comédienne, à qui la quarantaine avançante communiquait un épanouissement de la poitrine et des hanches, plus propre à satisfaire un sectateur d’Allah ou de Iaveh que du Dieu des Chrétiens, avait, sans autre préambule, ouvert ses bras pour les refermer sur ce _Grand-Gosse_ qu’elle désirait depuis le premier jour où son père--combien d’années déjà, et celles de guerre qui comptent doubles?--lui en avait parlé.
Cette attaque brusquée déconcerta le jeune homme. Il fut un moment avant de pouvoir retrouver son souffle.
De tout son poids, elle s’était nouée à lui. Il sentait ses seins se soulever contre sa poitrine. Les cuisses musclées emprisonnaient les siennes comme dans un étau. Les lèvres collées à ses lèvres, elle fouillait sa bouche d’une langue avide. L’odeur d’œillet et de poivre--d’encens aussi--de son aisselle lui monta au cerveau. Il allait se laisser entraîner vers le lit, quand les yeux révulsés déjà, elle essaya d’un geste plus précis.
_Grand-Gosse_, se rejetant brutalement en arrière, éclata d’un mauvais rire:
--Femelle! lança-t-il.
Elle eut un regard d’angoisse.
--Oui, comme toutes les autres! insista-t-il.
Elle avait mis ses mains aux tempes, le regard fixe comme celui d’une folle. Il lui sembla que ses jambes allaient céder sous elle. Elle battit l’air, chancela et dut s’affaisser lourdement sur le divan. Des sanglots montèrent à sa gorge. Elle crut un moment qu’elle allait étouffer, puis les larmes jaillirent et elle se mit à pleurer doucement, en silence...
Pendant ce temps, lui se promenait de long en large:
--Un de plus, n’est-ce pas? Ça te disait de continuer ta collection? Ah! ce que vous me dégoûtez, toutes, toutes...
Elle releva la tête, le regard perdu, la bouche serrée:
--Tante! siffla-t-elle.
Il fut sur elle, la main haute:
--Répète-le!
--Tante! sale tante!
Alors, il la frappa. Elle avait mis les mains devant elle pour protéger sa figure. Ses lèvres enflées saignèrent, une de ses pommettes jaunit, puis tourna au réséda.
Il alla devant la psyché, rajusta sa cravate et rétablit, avec ses doigts, la raie de ses cheveux.
--Au revoir, fit-il, et il partit, en faisant claquer la porte brutalement...
L’air du dehors le remit d’aplomb. Il alluma une cigarette:
--La garce! siffla-t-il entre ses dents. Il n’aurait plus manqué que ça...
Et l’image de Nicole, pâle dans sa fourrure que parfumait un bouquet de violettes, repassa dans son esprit:
--Il n’y a pas, grommela-t-il, je suis amoureux!
Et il essaya de badiner avec lui-même, mais le cœur n’y était pas--ou y était trop...
XVIII
Si la croix de commandeur de Sir Alexis Vonouzoff passa, si l’on peut dire, comme une lettre à la poste--Paris en avait vu bien [d’autres--il n’en alla pas de même pour] la mort subite de Morel-Aubier, survenue le lendemain du jour où paraissait la promotion à l’_Officiel_.
Chauvert, qui s’était brouillé avec Fred Matchless, fit crier sur le Boulevard un numéro spécial de ses _Indiscrétions Parisiennes_ où il laissait entendre que, devant certaines révélations accablantes concernant ses mœurs, le ministre des Affaires étrangères avait mis fin volontairement à ses jours. Il ne cachait, d’ailleurs, pas qu’il croyait savoir que le _Nouveau-Journal_ n’était pas étranger à cette décision.
Certains journaux s’emparèrent de cette version et, pendant quelques jours, les commentaires allèrent bon train. On fit des allusions à peines voilées à la rivalité qui existait entre les Affaires Étrangères et l’Intérieur. Le _Nouveau-Journal_ ne passait-il pas pour être l’organe officieux de ce ministère? Chacun se prit à douter que Morel-Aubier ait succombé, ainsi que l’assurait une note officielle, à une hémorragie cérébrale.
_Grand-Gosse_ se surpassa, en la circonstance, alors que son directeur, affolé par la campagne menée contre son journal, avait déjà quitté son domicile pour s’installer au _Grand-Hôtel_ où il se terrait.
Il fit savoir en haut-lieu que si le gouvernement ne s’employait pas à faire cesser, par des arguments sonnants et trébuchants, les attaques dont le _Nouveau-Journal_ était l’objet, celui-ci publierait certain dossier de police, en sa possession, concernant Morel-Aubier.
Le silence se fit immédiatement et l’affaire fut classée.
Pendant ces quelques jours de fièvre, Nicole ne quitta pour ainsi dire pas son ami. Ils connurent l’un et l’autre, au cours de ces heures tragiques, à quelles sources suspectes s’alimentent les plus profondes voluptés.
Puis, quand le calme fut revenu dans les esprits, elle invoqua un prétexte pour s’absenter de Paris.
--Ne me pose pas de question, le prévint-elle. D’ici très peu de temps je te ferai signe. Un mot à ton chauffeur et tu viens me retrouver.
Il y avait trois semaines qu’elle était partie et il n’était pas sans inquiétude à son sujet, quand un soir elle le demanda au téléphone:
--Viens, dit-elle, je t’attends. Tu me trouveras à Villers-Cotteret, à l’_Hôtel du Grand-Cerf_.
Un feu de bois pétillait dans la salle à manger. Elle était sortie en forêt. Il se chauffa en l’attendant. Les minutes passèrent, puis une demi-heure, une heure. Il allait sortir à tout hasard pour aller à sa rencontre, quand elle rentra. Elle était chaussée de souliers de marche à talons bas et portait un feutre d’homme.
--Prend ton auto, dit-elle, et renvoie ton chauffeur.
Il obéit. Elle monta à côté de lui.
Quand ils furent sous bois, elle lui dit:
--Maintenant, tu vas me dire comment il est mort exactement...
--Morel-Aubier?
--Oui. Ne me cache rien. Je peux tout entendre.
Il lui conta comment, pour obtenir la croix de commandeur de Sir Alexis Vonouzoff, il avait fait connaître à Morel-Aubier, alerté déjà par une note des _Indiscrétions Parisiennes_, qu’il possédait un dossier de police touchant ses... erreurs sentimentales. Celui-ci avait signé la nomination. Mais l’émotion avait été trop forte pour le ministre, il était mort le lendemain matin d’une hémorragie cérébrale.
Elle avait les yeux fixes, un tic agitait ses lèvres:
--Pourquoi voulais-tu cette croix de commandeur?
Il expliqua que Léon, qui désirait s’assurer la collaboration de Sir Alexis, avait consacré un budget de trois millions pour parvenir à ce résultat.
Il y eut un silence pendant lequel ils perçurent le frémissement du vent dans les hautes branches, les coups de bec attentifs d’un pic-vert et, là-bas, tout là-bas, les sifflets alternés d’un train.
Puis elle dit:
--Alors c’est pour de l’argent que...
Elle aspira une bouffée d’air:
--... que tu l’as tué ou... que tu as provoqué sa mort?...
Il ne répondit pas.
La voix de la jeune femme changea, tout d’un coup, elle parut à _Grand-Gosse_ venir de très loin:
--Jean, c’est fini nous deux...
--Nicole!
Il avait stoppé, sur le coup de l’émotion.
Mais elle:
--Et maintenant, adieu, dit-elle... Je reviendrai à l’hôtel en me promenant. Toi, rentre à Paris.
Il la regardait l’air grave, avec plus rien dans son visage de ce _Grand-Gosse_ qu’elle avait connu.
--Je ne te reverrai plus jamais? demanda-t-il?
--Jamais...
Alors, il se retrouva:
--Imbécile, dit-il.
Puis il ajouta:
--Non, mon petit, assez de tragique comme ça! Le voisinage de tous ces arbres ne nous vaut rien. On se met à parler comme devant les portants au théâtre. C’est idiot!... Allons, remonte en voiture. Je sais une vieille auberge où nous mangerons d’un de ces petits poulets chasseur dont tu me diras des nouvelles...
Et l’auto ayant démarré à nouveau, elle lui tendit les lèvres au risque de provoquer un accident...
_Gournay-sur-Marne, Paris_--1922-1926.
IMPRIMÉ SUR LES PRESSES DES IMPRIMERIES RÉUNIES DE MONTMARTRE, 63, RUE DU RUISSEAU, PARIS (18e). TÉL.: MARCADET 34-83.
Note du transcripteur
Les mots entre crochets: [d’autres--il n’en alla pas de même pour] sont une proposition de reconstitution d’une ligne omise dans l’original.