Les confessions de saint Augustin, évêque d'Hippone: précédées de sa vie par S. Possidius, évêque de Calame... ; traduction nouvelle par L. Moreau

Part 32

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Et vous avez allumé dans ce firmament des astres intelligents, dépositaire du Verbe de la vie éternelle, vos saints serviteurs, comblés des dons spirituels, investis d’une autorité sublime; et puis, ces sacrements, ces miracles visibles, ces paroles consacrées, signes célestes du firmament de votre Écriture, qui appellent vos bénédictions sur les fidèles eux-mêmes; toutes ces œuvres, instruments de la conversion des races infidèles, c’est à l’aide de la matière que vous les avez opérées; et vous avez formé l’âme vivante de vos fidèles par la vertu de ces facultés aimantes, soumises au sévère règlement de la continence.

Et cette âme raisonnable, désormais soumise à vous seul, assez libre pour se passer du secours et de l’autorité de tout exemple humain, vous l’avez renouvelée à votre image et ressemblance; et vous avez soumis la femme à l’homme, l’activité raisonnable à cette puissante raison de l’esprit; et comme vos ministres sont toujours nécessaires aux fidèles en cette vie pour les amener à la perfection, vous avez voulu que les fidèles leur payassent, dans le temps, un tribut charitable, dont l’éternité soldera l’intérêt. Et nous voyons toutes ces œuvres, et nous les voyons très bonnes, ou plutôt, vous les voyez en nous, puisque votre grâce a répandu sur nous l’esprit qui nous donne la force de les voir et de vous aimer en elles.

XXXV

«Seigneur, donnez-nous votre paix!»

Source de tous nos biens, Seigneur mon Dieu, donnez-nous votre paix! la paix de votre repos, la paix de votre sabbat, la paix sans déclin! Car cet ordre admirable, et cette belle harmonie de tant de créatures excellentes, passeront le jour où leur destination sera remplie. Ils auront leur soir, comme ils ont eu leur matin.

XXXVI

Le septième jour n’a pas eu de soir.

Or, le septième jour est sans soir et sans coucher, parce que vous l’avez sanctifié, pour qu’il demeure éternellement. Et le repos que vous prenez après l’œuvre admirable de votre repos nous fait entendre, par l’oracle de votre sainte Écriture, que nous aussi, après l’accomplissement de notre œuvre, dont votre grâce fait la bonté, nous devons nous reposer dans le sabbat de la vie éternelle!

XXXVII

Comment Dieu se repose en nous.

Alors votre repos en nous sera comme aujourd’hui votre opération en nous. Et notre repos sera le vôtre, comme aujourd’hui nos œuvres sont les vôtres; car vous, Seigneur, vous êtes à la fois le mouvement et le repos éternel. Votre vue, votre action, votre repos ne connaissent pas le temps; et cependant vous faites notre vue dans le temps, vous faites le temps, et le repos qui nous sort du temps.

XXXVIII

Différence entre la connaissance de Dieu et celle des hommes.

Nous voyons donc toutes vos créatures, parce qu’elles sont; et au rebours, elles sont, parce que vous les voyez. Et nous voyons, au dehors, qu’elles sont; intérieurement, qu’elles sont bonnes. Mais vous, vous les voyez faites, là où vous les avez vues à faire. Aujourd’hui, nous sommes portés à faire le bien que notre cœur a conçu par votre esprit; hier, loin de vous, le mal nous entraînait. Mais vous, ô Dieu, l’unique et souveraine bonté, jamais vous n’avez cessé de faire le bien. L’œuvre que votre grâce accomplit en nous n’est pas éternelle; elle nous donne l’espoir de l’éternel repos dans la gloire de votre sanctification. Mais vous, le seul bien qui n’a besoin de nul autre, vous ne sortez jamais de votre repos; votre repos, c’est vous-même.

Et l’homme peut-il donner à l’homme l’intelligence de ces mystères de gloire, l’ange à l’ange, ou l’ange à l’homme? Non; c’est à vous qu’il faut demander, c’est en vous qu’il faut chercher, c’est à vous-même qu’il faut frapper; ainsi, ainsi l’on reçoit, ainsi l’on trouve, ainsi l’on entre.

Ainsi soit-il.

TABLE DES MATIÈRES

Vie de saint Augustin, par S. Possidius, évêque de Calame, son disciple et son ami

SOMMAIRE DES LIVRES ET DES CHAPITRES

LIVRE PREMIER

I. Grandeur de Dieu 43 II. Dieu est en l’homme; l’homme est en Dieu 44 III. Dieu est tout entier partout 45 IV. Grandeur ineffable de Dieu 45 V. Dites à mon âme: «Je suis ton salut» 46 VI. Enfance de l’homme; Éternité de Dieu 47 VII. L’enfant est pécheur 50 VIII. Comment il apprend à parler 51 IX. Aversion pour l’étude; horreur des châtiments 52 X. Amour du jeu 54 XI. Malade, il demande le Baptême 54 XII. Dieu tournait à son profit l’imprévoyance même qui dirigeait ses études 56 XIII. Vanité des fictions poétiques qu’il aimait 56 XIV. Son aversion pour la langue grecque 58 XV. Prière 59 XVI. Contre les fables impudiques 60 XVII. Vanité de ses études 61 XVIII. Hommes plus fidèles aux lois de la grammaire qu’aux commandements de Dieu 62 XIX. Fautes des enfants, vices des hommes 64 XX. Il rend grâce à Dieu des dons qu’il a reçus de lui dans son enfance 65

LIVRE II

I. Désordres de sa jeunesse 66 II. Ses débauches à seize ans 66 III. Vices de son éducation 68 IV. Larcin 71 V. On ne fait point le mal sans intérêt 72 VI. Il se trouve dans les péchés une imitation fausse des perfections divines 73 VII. Actions de grâces 75 VIII. Ce qu’il avait aimé dans ce larcin 75 IX. Liaisons funestes 76 X. Élans vers Dieu 77

LIVRE III

I. Amours impures 78 II. Théâtres 79 III. Insolence de la jeunesse de Carthage 81 IV. Il se passionne pour la sagesse à la lecture de l’_Hortensius_ de Cicéron 82 V. Son mépris pour l’Écriture 83 VI. Il tombe dans l’erreur des Manichéens 84 VII. Folie des Manichéens 80 VIII. Ce que Dieu commande devient permis 88 IX. Dieu juge autrement que les hommes 90 X. Extravagance des Manichéens 91 XI. Prières et larmes de sa mère 92 XII. Paroles prophétiques d’un évêque 93

LIVRE IV

I. Neuf années d’erreur 95 II. Il enseigne la rhétorique. Son commerce illégitime avec une femme. Il rejette les offres d’un devin 96 III. Sa passion pour l’astrologie 97 IV. Mort d’un ami 99 V. Pourquoi les larmes sont-elles douces aux affligés? 101 VI. Violence de sa douleur 102 VII. Il quitte Tagaste 103 VIII. Sa douleur diminue avec le temps 104 IX. L’amitié n’est vraie qu’en Dieu 105 X. L’âme ne peut trouver son repos dans les créatures 105 XI. Les créatures changent; Dieu seul est immuable 106 XII. Les âmes trouvent en Dieu le repos et l’immortalité 107 XIII. D’où procède l’amour. Livre qu’il avait écrit sur la beauté et la convenance 109 XIV. Il avait dédié ce livre à l’orateur Hiérius. Estime pour les absents. D’où vient-elle? 110 XV. Son esprit obscurci par les images sensibles ne pouvait concevoir les substances spirituelles 112 XVI. Génie de saint Augustin 114

LIVRE V

I. «Que mon âme vous loue, Seigneur, pour vous aimer» 117 II. Où fuit l’impie, en fuyant Dieu? 118 III. Faustus. Aveuglement des philosophes 119 IV. Malheur à la science qui ignore Dieu! 121 V. Folie de Manès 122 VI. Éloquence de Faustus et son ignorance 123 VII. Il se dégoûte des doctrines manichéennes 125 VIII. Il va à Rome malgré sa mère 126 IX. Il tombe malade. Prières de sa mère 129 X. Il s’éloigne du manichéisme, dont il retient encore plus d’une erreur 130 XI. Faibles réponses des Manichéens 133 XII. Déloyauté de la jeunesse romaine 133 XIII. Il se rend à Milan pour y enseigner la rhétorique. Saint Ambroise 134 XIV. Il rompt avec les Manichéens et demeure catéchumène dans l’Église 135

LIVRE VI

I. Sainte Monique suit son fils à Milan 137 II. Elle se rend à la défense de saint Ambroise 138 III. Occupation de saint Ambroise 140 IV. Assiduité d’Augustin aux sermons de saint Ambroise 141 V. Nécessité de croire ce que l’on ne comprend pas encore 143 VI. Misère de l’ambition 145 VII. Son ami Alypius 146 VIII. Alypius entraîné aux Sanglants spectacles du cirque 148 IX. Alypius soupçonné d’un larcin 150 X. Intégrité d’Alypius. Ardeur de Nebridius à la recherche de la vérité 151 XI. Vives perplexités d’Augustin 153 XII. Ses entretiens avec Alypius sur le mariage et le célibat 155 XIII. Sa mère n’obtient de Dieu aucune révélation sur le mariage de son fils 156 XIV. Projet de vie en commun avec ses amis 157 XV. La femme qu’il entretenait étant retournée en Afrique, il en prend une autre 158 XVI. Sa crainte de la mort et du jugement 158

LIVRE VII

I. Il ne pouvait concevoir Dieu que comme une substance infiniment étendue 160 II. Objection de Nebridius contre les Manichéens 162 III. Peine qu’il éprouve à concevoir l’origine du mal 163 IV. Dieu, étant le souverain bien, est nécessairement incorruptible 164 V. Ses doutes sur l’origine du mal 165 VI. Vaines prédictions des astrologues 167 VII. Tourments de son esprit dans la recherche de l’origine du mal 170 VIII. Dieu entretenait son inquiétude jusqu’à ce qu’il connût la vérité 171 IX. Il avait trouvé la divinité du Verbe dans les livres des platoniciens, mais non pas l’humilité de son Incarnation 172 X. Il découvre que Dieu est la lumière immuable 174 XI. Les créatures sont et ne sont pas 175 XII. Toute substance est bonne d’origine 176 XIII. Rien que de bon sans les œuvres de Dieu 177 XIV. Il s’éveille enfin à la vraie connaissance de Dieu 178 XV. Toutes choses participent de la vérité et de la bonté de Dieu 178 XVI. Ce que c’est que le péché 179 XVII. Par quels degrés il s’élève à la connaissance de Dieu 179 XVIII. Il ignorait encore l’Incarnation de Jésus-Christ 181 XIX. Il prenait Jésus-Christ pour un homme d’éminente sagesse 182 XX. Les livres dus platoniciens l’avaient rendu plus savant, mais plus vain 183 XXI. Il trouve dans l’Écriture l’humilité et la vraie voie du salut 184

LIVRE VIII

I. Augustin va trouver le vieillard Simplicianus 187 II. Simplicianus lui raconte la conversion de Victorinus le rhéteur 189 III. D’où vient que l’on ressent tant de joie de la conversion des pécheurs 192 IV. Pourquoi les conversions célèbres doivent inspirer une joie plus vive 194 V. Tyrannie de l’habitude 195 VI. Récit de Potitianus 197 VII. Agitation de son âme pendant le récit de Potitianus 208 VIII. Lutte intérieure 201 IX. L’esprit commande au corps; il est obéi. L’esprit se commande, et il se résiste 203 X. Deux volontés, un seul esprit 204 XI. Derniers combats 206 XII. «Prends, lis! Prends, lis!» 208

LIVRE IX

I. Actions de grâces 211 II. Il renonce à sa profession 212 III. Sainte mort de ses amis Nebridius et Verecundus 214 IV. Son enthousiasme à la lecture des psaumes 216 V. Il fait connaître publiquement sa résolution 220 VI. Il reçoit le baptême avec Alypius son ami, et Adeodatus son fils. Génie de cet enfant. Sa mort 220 VII. Découverte des corps de saint Gervais et de saint Protais 222 VIII. Mort de sainte Monique. Son éducation 223 IX. Vertus de sainte Monique 225 X. Entretien de sainte Monique avec son fils sur le bonheur de la vie éternelle 228 XI. Dernières paroles de sainte Monique 230 XII. Douleur de saint Augustin 231 XIII. Il prie pour sa mère 234

LIVRE X

I. Élévation 237 II. Confession du cœur 238 III. Pourquoi il confesse ce que la grâce a fait de lui 238 IV. Quel fruit il espère de cette confession 240 V. L’homme ne se connaît pas entièrement lui-même 241 VI. Ce qu’il sait avec certitude, c’est qu’il aime Dieu 242 VII. Dieu ne peut être connu par les sens 244 VIII. De la mémoire 245 IX. Mémoire des sciences 248 X. Les sciences n’entrent pas dans la mémoire par les sens 248 XI. Acquérir la science, c’est rassembler les notions dispersées dans l’esprit 249 XII. Mémoire des mathématiques 250 XIII. Mémoire des opérations de l’esprit 251 XIV. Mémoire des affections de l’âme 251 XV. Comment les réalités absentes se représentent à la mémoire 253 XVI. La mémoire se souvient de l’oubli 253 XVII. Dieu est au delà de la mémoire 255 XVIII. Il faut conserver la mémoire d’un objet perdu pour le retrouver 256 XIX. Comment la mémoire retrouve un objet oublié 257 XX. Chercher Dieu, c’est chercher la vie heureuse 258 XXI. Comment l’idée de la béatitude peut être dans la mémoire 259 XXII. Dieu, unique joie du cœur 200 XXIII. Amour naturel des hommes pour la vérité; ils ne la haïssent que lorsqu’elle contrarie leurs passions 200 XXIV. Dieu se trouve dans la mémoire 202 XXV. Dans quelle partie de la mémoire trouvons-nous Dieu? 262 XXVI. Dieu est la vérité que les hommes consultent 263 XXVII. Ravissement du cœur devant Dieu 264 XXVIII. Misère de cette vie 264 XXIX. La grâce de Dieu est notre seul appui 265 XXX. Triple tentation de la volupté, de la curiosité et de l’orgueil 266 XXXI. De la volupté dans les aliments 267 XXXII. Plaisir de l’odorat 271 XXXIII. Plaisir de l’ouïe. Du chant de l’Église 271 XXXIV. Volupté des yeux 273 XXXV. Curiosité 275 XXXVI. Orgueil 278 XXXVII. Disposition de son âme touchant le blâme et la louange 279 XXXVIII. Vaine gloire, poison subtil 282 XXXIX. Complaisance en soi-même 282 XL. Coup d’œil sur tout ce qu’il a dit 283 XLI. Ce qui le rejetait loin de Dieu 284 XLII. Égarement des superbes qui ont eu recours aux anges déchus comme médiateurs entre Dieu et les hommes 284 XLIII. Jésus-Christ seul médiateur 285

LIVRE XI

I. La confession de nos misères dilate notre amour 288 II. Il demande à Dieu l’intelligence des Écritures 289 III. Il implore la Vérité qui a parlé par Moïse 291 IV. Le ciel et la terre nous crient qu’ils ont été créés 292 V. L’univers créé de rien 292 VI. Comment Dieu a parlé 293 VII. Le Verbe divin, Fils de Dieu, coéternel au Père 294 VIII. Le Verbe éternel est notre unique maître 295 IX. Le Verbe parle à notre cœur 296 X. La volonté de Dieu n’a pas de commencement 297 XI. Le temps ne saurait être la mesure de l’éternité 297 XII. Ce que Dieu faisait avant la création du monde 298 XIII. Point de temps avant la création 298 XIV. Qu’est-ce que le temps? 300 XV. Quelle est la mesure du temps? 300 XVI. Comment se mesure le temps? 302 XVII. Où est le passé, où est l’avenir? 303 XVIII. Comment le passé et l’avenir sont présents 303 XIX. De la prescience de l’avenir 305 XX. Quel nom donner aux différences du temps? 305 XXI. Comment mesurer le temps? 306 XXII. Il demande à Dieu la connaissance de ce mystère 306 XXIII. Nature du temps 307 XXIV. Le temps est-il la mesure du mouvement? 309 XXV. «Allumez ma lampe, Seigneur, éclairez mes ténèbres» 310 XXVI. Le temps n’est pas la mesure du temps 310 XXVII. Comment nous mesurons le temps 312 XXVIII. L’esprit est la mesure du temps 314 XXIX. De l’union avec Dieu 315 XXX. Point de temps sans œuvre 316 XXXI. Dieu connaît autrement que les hommes 316

LIVRE XII