Part 4
C’est dans cette patrie pourtant qu’il revint: et, comme il revenait, rien ne l’arrêta, pas plus la charmante Calypso que la charmante fille d’Alcinoüs.
Heureux qui a vu des peuples nombreux, leurs usages, leurs villes, et qui vieillit ensuite dans la maison qui est à lui!
Au lieu de sa naissance chacun veut revenir; les pays étrangers ne plaisent pas longtemps; les fauves mêmes cherchent toujours à regagner leur tanière.
Quand donc le verrai-je enfin, le toit fumant de la chaumière que je sais, et, toutes maigres qu’elles sont, les terres de mon domaine à moi?
Non! ce ne sont point les Sept Collines qui me touchent l’âme, et rien ne me retient, ému, devant les eaux du Tibre.
Non, mon cœur n’est pris par rien des monuments des vieux Romains, ni de leurs statues, et la peinture d’un tableau ne m’enchante pas.
Non, les Nymphes de Laurente, ces forêts verdoyantes, et, si elles m’ont plu naguère, ces campagnes fleuries, rien ne me fait plaisir.
Elles-mêmes, elles aussi, elles qui dans mes premières années m’ont appris à jouer de la lyre en assemblant les mots de ma langue maternelle,
hélas! elles m’échappent, les Muses! et Apollon me tourne le dos et m’échappe à son tour; et l’archet, autrefois si docile, échappe à mes doigts.
Jadis, à la Cour, on se passait de main en main mes ouvrages; à force de les feuilleter, on usait mes poèmes.
Jadis, une sœur du Roi, une grande, une illustre princesse, inspirait à mes vers sa volonté sacrée.
C’était Marguerite, la sœur du Roi invaincu, celle qui par ses vertus si rares avait mérité d’être, au milieu des mortels, une Déesse.
En ce temps-là, je pouvais, l’âme débordante, être plein d’Apollon et, toutes voiles gonflées, voguer au large.
Mais aujourd’hui, pour mon malheur, sans savoir où je vais, je suis à la merci de flots inconnus, et je confie ma barque aux vagues de la poésie latine.
C’est ce que le sol latin exige de moi; à la langue de Rome je dois ce tribut; c’est à quoi me contraint le Génie de ces lieux.
Ainsi fit jadis le poëte qui donnait des leçons d’amour; il vivait loin de sa patrie; on l’avait exilé;
pour composer des poèmes en langue étrangère, sans rougir il délaissa les Muses latines, et il s’accompagna d’une lyre qui n’était pas la sienne.
Aux poèmes il faut en effet la faveur des Princes et les applaudissements du théâtre. Quand on n’a que trop peu de monde à qui plaire, on se déplaît à soi-même.
III
TUMULUS ROMÆ VETERIS
Montibus e septem totum diffusa per orbem, Sidera sublimi vertice Roma tuli.
Sub pedibus terras utroque ab littore pressi, Athlantem tenuit dextra, sinistra Scytham.
Juppiter hos etiam disjecit fulmine montes, Et tumulos jussit corporis esse mei.
Incubuit capiti rupes Tarpeïa nostro, Pressa Quirinali pectora nostra jacent.
Crura Palatinus, geminos hinc inde lacertos Collis Aventinus, Vimineusque tegunt.
Exquiliæ hinc surgunt et surgit Cœlius illinc: Hæc quoque sunt pedibus facta sepulchra meis.
Sic quæ viva sibi septem circundedit arceis, Mortua nunc septem contegitur tumulis.
III
TOMBEAU DE LA ROME ANTIQUE
Du haut de sept monts j’ai rayonné sur l’univers entier en supportant les astres de mon chef dressé, moi, Rome.
Mes pieds ont pesé sur le sol des deux rivages de la mer; ma main droite a tenu l’Atlante: ma gauche, le Scythe.
Mais Jupiter a renversé de sa foudre ces monts, et par sa volonté ils sont les tombeaux de mon corps.
Sur ma tête la roche Tarpéienne s’est couchée: le Quirinal pèse sur ma poitrine étendue.
Comme mes jambes par le Palatin, mes deux bras sont couverts l’un par la colline Aventine et l’autre par la Viminale.
L’Esquilin ici se soulève, et là se soulève le Célius: eux aussi pour mes pieds sont devenus des sépulcres.
Et celle qui vivante s’entoura de sept citadelles, morte à présent, est couverte par sept tombeaux.
NOTES
POÈME I
[1] Le recueil des _Poemata_ de Joachim du Bellay se divise en quatre livres: 1º _Elegiæ_; 2º _Varia Epigrammata_; 3º _Amores_; 4º _Tumuli_.
L’épigramme _Ad lectorem_, reproduite dans la présente édition des _Amours de Faustine_, se trouve en tête des _Varia Epigrammata_. Nous l’avons déplacée pour en faire un prologue nécessaire.
POÈME II
[2] Gordes était l’un des meilleurs amis que J. du Bellay eût à Rome. C’est à lui que le poète dédie les _Amours de Faustine_. Il lui adressa aussi d’autres pièces des _Poemata_ et plusieurs sonnets des _Regrets_ (sonnets 53, 57, 61, 73, 75, 89, 92, 144.--Édition H. Chamard).
POÈME III
[3] Allusion au premier vers de la _Pharsale_ de Lucain:
_Bella per Emathios plus quam civilia campos..._
[4] Allusion à l’_Énéide_ de Virgile (_arma virumque cano..._)
[5] Allusion au premier vers des _Métamorphoses_ d’Ovide:
_In nova fert animus mutatas dicere formas..._
[6] Allusion au premier vers de l’_Enlèvement de Proserpine_, de Claudien:
_Inferni raptoris equos..._
POÈME IV
[7] Enna, ancienne ville de Sicile, aujourd’hui Castro-Giovanni. C’est là que, selon la légende, eut lieu l’enlèvement de Proserpine par Pluton.
[8] Pirithoüs descendit aux Enfers avec Thésée pour délivrer Proserpine. Tous deux furent prisonniers de Pluton; mais, tandis que Thésée fut sauvé par Hercule, Pirithoüs fut mis à mort.
POÈME XI
[9] Pour se faire aimer de Calisto, nymphe de la suite de Diane, Jupiter se présenta devant elle sous les traits de Diane.
POÈME XVI
[10] Les amours des «tendres colombes» inspiraient les poètes de la Pléiade. A chaque instant, ils y revenaient. Voici quelques exemples, au hasard:
_Ha! tu devrais imiter les pigeons, Qui bec en bec de baisers doux et longs Se font l’amour sur le haut d’une souche._
RONSARD (Sonnets pour Astrée, sonnet XIV.)
_Mon plaisir en ce mois c’est de voir les coloms S’emboucher bec à bec de baisers doux et longs._
RONSARD (Sonnets pour Hélène, sonnet XXXV.)
_Vois sur cet arbre à désir Ces tourterelles mignardes S’entrebaisoter tremblardes..._
_Vois (tant leur amour est forte) Comme se voulant mêler El’ se tachent engouler, Tâchant de faire de sorte De deux une seulement._
BAIF (Les Amours.)
POÈME XVII
[11] Olivier de Magny, secrétaire de Jean de Saint-Marcel, seigneur d’Avanson, était à Rome l’un des meilleurs amis de Joachim du Bellay. Tandis que l’un y écrivit ses _Regrets_, l’autre y composa ses _Souspirs_, œuvre parallèle. Et Magny a tiré du Poème XVII des _Amours de Faustine_ le sonnet que voici:
_Ces jours passez, comme Amour vouloit tendre Son arc doré pour mon ame offencer, Il aperçeut ma Dame s’avancer, Qui de ce coup accouroit me defendre._
_Lors en tel point il se sentit surprendre, Que plein d’effroy, je luy vey commencer Un train qui peult tous les vents devancer, Tant peult ma Dame inutile le rendre:_
_Mais en fuyant, ses traits je vey tomber, Et tout soubdain la belle se courber, Qui les print tous. Depuis Cupidon erre_
_Tout desarmé, plein d’un amer ennuy, Et ma Cypris des despouilles de luy Fait ore aux dieux comme aux hommes la guerre._
(Les Souspirs, sonnet CX.)
POÈME XIX
[12] Allusion aux événements du sac de Troie par les Grecs, et aux violences d’Ajax qui s’empara de Cassandre, fille de Priam.
POÈME XX
[13] A la demande du pape Paul IV, une armée française, sous les ordres de François de Lorraine, duc de Guise, le vainqueur de Stenay et de Metz, fut envoyée dans le royaume de Naples en 1557, contre le duc d’Albe. Les troupes françaises furent à Rome le 2 mars. Au milieu d’elles, Joachim du Bellay rencontra Rémy Belleau, qui suivait René d’Elbeuf.
Joachim du Bellay célébra le départ des soldats français. Après le désastre de l’expédition, il écrivit un autre poème latin, à la mémoire des Français morts pour le pape Paul IV. Ce poème figure dans les _Tumuli_ des _Poemata_, sous le titre: _In Gallicam juventutem quæ pro Paulo IV. pont. max. bello Parthenopæo occubuit._
POÈME XXI
[14] Aucun renseignement sur ce Polydore, qui semble avoir été l’un de ces «doctes esprits» de Rome que J. du Bellay se plut à fréquenter.
POÈME XXIV
[15]
_Nam mellita fuit..._
Imité de Catulle (Épig. III, vers 6--Sur la mort du moineau de Lesbie):
_Nam mellitus erat..._
[16]
_Ut vobis male sit..._
Le poème étant visiblement écrit sous l’influence des souvenirs de Catulle, je pense qu’il y a lieu de considérer le _ut_ donné par l’édition originale comme une faute d’impression, et de le remplacer par _at_. Ainsi se retrouvera plus exactement et plus logiquement le _at vobis male sit, male tenebræ_ (vers 13) de Catulle.
POÈME XXV
[17] J. du Bellay se souvenait probablement de ce poème de Jean Second:
_Non dat basia, dat Neæra nectar, Dat rores animæ suaveolentes, Dat nardumque, thymumque, cinnamumque, Et mel, quale jugis legunt Hymetti Aut in cecropiis apes rosetis, Atque hinc virgineis et inde ceris Septum vimineo tegunt quasillo: Quæ si multa mihi voranda dentur, Immortalis in iis repente fiam Magnorumque epulis fruar Deorum. Sed tu munere parce, parce tali, Aut mecum dea fac, Neæra, fias: Non mensas sine te volo Deorum; Non, si me rutilis præesse regnis, Excluso Jove, Dii deæque cogant._
(_Basia_, IV.)
[18] On retrouve les principales idées des _Basia Faustinæ_ dans cet _Autre Bayser_ des _Jeux Rustiques_:
_Quand ton col de couleur de rose Se donne à mon embrassement, Et ton œil languist doulcement D’une paupiere à demy close,_
_Mon ame se fond du desir Dont elle est ardentement pleine, Et ne peult souffrir à grand’peine La force d’un si grand plaisir._
_Puis quand j’approche de la tienne Ma lèvre, et que si pres je suis Que la fleur recueillir je puis De ton haleine ambrosienne:_
_Quand le souspir de ces odeurs, Ou noz deux langues qui se jouënt, Moitement folastrent et nouënt, Evente ces doulces ardeurs,_
_Il me semble estre assis à table Avec les Dieux, tant suis heureux, Et boire à longs traicts savoureux Leur doulx breuvage delectable._
_Si le bien qui au plus grand bien Est plus prochain, prendre on me laisse, Pourquoy ne permets-tu, maistresse, Qu’encores le plus grand soit mien?_
_As-tu peur que la jouissance D’un si grand heur me face Dieu Et que sans toy je vole au lieu D’éternelle rejouissance?_
_Belle, n’aye peur de cela, Partout ou sera ta demeure, Mon ciel, jusqu’à tant que je meure, Et mon paradis sera là._
POÈME XXVI
[19]
Lesbie: maîtresse de Catulle. Délie: maîtresse de Tibulle. Corinne: maîtresse d’Ovide. Cynthie: maîtresse de Properce. Lycoris: maîtresse de Gallus. Stella: maîtresse de J.-J. Pontano. Nina: maîtresse d’Actius Sincerus Sannazar. Néère: maîtresse de Marulle. Laure: maîtresse de Pétrarque. Candide: maîtresse de Th. de Bèze. Gelonis: maîtresse de Salmon Macrin. Cassandre: maîtresse de Ronsard. Pasithée: maîtresse de Pontus de Thyard. Melline: maîtresse de Baïf. Olive: maîtresse de J. du Bellay.
On remarquera que dans ce poëme, à un moment où il subit l’influence de Jean Second, Joachim du Bellay ne nomme pas celui qui fut évidemment un de ses maîtres en poésie latine. Est-ce coquetterie? Il nomme Néère, qui fut chantée par Jean Second dans le _Livre des Baisers_, et l’on s’attend que, dans sa liste des poètes, il cite un tout autre poëte que Marulle, lequel chanta bien aussi une Néère et fut d’ailleurs à juste titre un des plus réputés des poètes néo-latins. Pourquoi Joachim du Bellay escamote-t-il Jean Second?
APPENDICE I.--Poème 2
[20]
_Nam castum esse decet pium poetam Ipsum, versiculos nihil necesse est._
Ces deux vers sont en effet de Catulle: poème XVI, à Aurélius et Rufus, vers 5 et 6.
[21] _Gallum_: les Galles, prêtres de Cybèle, étaient eunuques.
APPENDICE I.--Poème 3
[22] Il s’agit probablement ici de Louis Bailleul, qui s’occupait d’archéologie, et qui servit de guide à J. du Bellay à travers les ruines de Rome.
APPENDICE II.--PATRIÆ DESIDERIUM
[23] Le thème de ce long poème latin est le thème de la plupart des sonnets dont se compose le livre des _Regrets_. En plus d’un endroit, Joachim du Bellay répète l’idée de tel vers isolé du _Patriæ desiderium_ en un alexandrin ou en un tercet. Ailleurs, c’est un sonnet entier qui développe ou traduit un fragment de l’élégie latine. Nous donnerons ici quelques-uns des plus beaux sonnets qu’on peut rapprocher du _Patriæ desiderium_. Cependant, il faut noter qu’il n’est pas certain que le _Patriæ desiderium_ soit antérieur à tous ces sonnets. Rien ne nous permet en effet d’affirmer que la version latine formant bloc précéda la version française dispersée. C’est peut-être de tous ces sonnets successifs que le poète se divertit à construire son long poème latin. Il convient donc de réserver la question de priorité, et de s’en tenir à la seule constatation d’un parallélisme curieux.
I
_Quiconques (mon Bailleul) fait longuement séjour Soubs un ciel incogneu, et quiconques endure D’aller de port en port cherchant son adventure, Et peult vivre estranger dessoubs un autre jour:_
_Qui peult mettre en oubly de ses parents l’amour, L’amour de sa maistresse, et l’amour que nature Nous fait porter au lieu de nostre nourriture, Et voyage tousjours sans penser au retour:_
_Il est fils d’un rocher ou d’une ourse cruelle, Et digne qui jadis ait succé la mamelle D’une tygre inhumaine: encor ne void-on point_
_Que les fiers animaux en leurs forts ne retournent, Et ceulx qui parmy nous domestiques séjournent, Tousjours de la maison le doulx desir les poingt._
(_Les Regrets_, sonnet XXX.)
II
_Ce pendant que tu dis ta Cassandre divine, Les louanges du Roy, et l’héritier d’Hector, Et ce Montmorancy, nostre François Nestor, Et que de sa faveur Henry t’estime digne,_
_Je me pourmene seul sur la rive Latine, La France regrettant, et regrettant encor Mes antiques amis, mon plus riche tresor, Et le plaisant séjour de ma terre Angevine._
_Je regrette les bois, et les champs blondissans, Les vignes, les jardins, et les prez verdissans, Que mon fleuve traverse: icy pour recompense_
_Ne voyant que l’orgueil de ces monceaux pierreux, Ou me tient attaché d’un espoir malheureux Ce que possede moins celuy qui plus y pense._
(_Les Regrets_, sonnet XIX.)
III
_Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage, Ou comme cestuy là qui conquit la toison, Et puis est retourné, plein d’usage et raison, Vivre entre ses parents le reste de son aage!_
_Quand revoiray-je, helas, de mon petit village Fumer la cheminée, et en quelle saison Revoiray-je le clos de ma pauvre maison, Qui m’est une province, et beaucoup d’avantage?_
_Plus me plaist le séjour qu’ont basty mes ayeux, Que des palais Romains le front audacieux: Plus que le marbre dur me plaist l’ardoise fine,_
_Plus mon Loyre Gaulois que le Tybre Latin, Plus mon petit Lyré que le mont Palatin, Et plus que l’air marin la doulceur Angevine._
(_Les Regrets_, sonnet XXXI.)
IV
_Las, ou est maintenant ce mespris de Fortune? Ou est ce cœur vainqueur de toute adversité, Cest honneste desir de l’immortalité, Et ceste honneste flamme au peuple non commune?_
_Ou sont ces doulx plaisirs, qu’au soir soubs la nuict brune Les Muses me donnoient, alors qu’en liberté Dessus le verd tapy d’un rivage esquarté Je les menois danser aux rayons de la Lune?_
_Maintenant la Fortune est maistresse de moy, Et mon cœur, qui souloit estre maistre de soy, Est serf de mille maux et regrets qui m’ennuyent._
_De la postérité je n’ay plus de souci, Ceste divine ardeur, je ne l’ay plus aussi, Et les Muses de moy, comme estranges, s’enfuyent._
(_Les Regrets_, sonnet VI.)
V
_Ce n’est le fleuve Thusque au superbe rivage, Ce n’est l’air des Latins, ny le mont Palatin, Qui ores (mon Ronsard) me fait parler Latin, Changeant à l’estranger mon naturel langage._
_C’est l’ennuy de me voir trois ans et d’avantage, Ainsi qu’un Prométhé, cloué sur l’Aventin, Ou l’espoir misérable et mon cruel destin, Non le joug amoureux, me detient en servage._
_Et quoy (Ronsard) et quoy, si au bord estranger Ovide osa sa langue en barbare changer Afin d’estre entendu, qui me pourra reprendre_
_D’un change plus heureux? nul, puis que le François, Quoy qu’au Grec et Romain egalé tu te sois, Au rivage Latin ne se peult faire entendre._
(_Les Regrets_, sonnet X.)
VI
_Ce pendant que la court mes ouvrages lisoit, Et que la sœur du Roy, l’unique Marguerite, Me faisant plus d’honneur que n’estoit mon merite, De son bel œil divin mes vers favorisoit,_
_Une fureur d’esprit au ciel me conduisoit D’une aile qui la mort et les siècles evite, Et le docte troppeau qui sur Parnasse habite, De son feu plus divin mon ardeur attisoit._
_Ores je suis muet, comme on void la Prophete, Ne sentant plus le Dieu qui la tenoit sujette, Perdre soudainement la fureur et la voix._
_Et qui ne prend plaisir qu’un Prince luy commande? L’honneur nourrit les arts, et la Muse demande Le theatre du peuple et la faveur des Roys._
(_Les Regrets_, sonnet VII.)
APPENDICE III.--TUMULUS ROMÆ VETERIS
De cette élégie latine, il faut rapprocher le sonnet suivant, des _Antiquités de Rome_ (sonnet IV):
_Celle qui de son chef les estoilles passoit, Et d’un pied sur Thetis, l’autre dessus l’Aurore, D’une main sur la Scythe, et l’autre sur le More, De la terre et du ciel la rondeur compassoit,_
_Juppiter ayant peur, si plus elle croissoit, Que l’orgueil des Geans se relevast encore, L’accabla sous ces monts, ces sept monts qui sont ore Tumbeaux de la grandeur qui le ciel menassoit._
_Il luy meist sur le chef la croppe Saturnale, Puis dessus l’estomac assist la Quirinale, Sur le ventre il planta l’antique Palatin,_
_Mist sur la dextre main la hauteur Celienne, Sur la senestre assist l’eschine Exquilienne, Viminal sur un pied, sur l’autre l’Aventin._
TABLE
Pages. I.--Introduction 11
II.--Les Amours de Faustine:
1. _Ad Lectorem_ (Au Lecteur) 26 2. _Ad Gordium_ (A Gordes) 28 3. _Ad Venerem_ (A Vénus) 30 4. _Raptus Faustinæ_ (L’Enlèvement de Faustine) 32 5. _Faustinam primam fuisse quam Romæ adamaverit_ (Que Faustine est la première femme dont il se soit épris à Rome) 36 6. _Ad januam Faustinæ_ (A la porte de Faustine) 38 7. _Se perpetuo Faustinæ memorem futurum_ (Qu’il se souviendra toujours de Faustine) 40 8. _De Vulcano et marito Faustinæ_ (Vulcain et le mari de Faustine) 42 9. _Cur sit iratus marito Faustinæ_ (Pourquoi il en veut au mari de Faustine) 44 10. _Cum Faustina inclusam esse Venerem et Amorem_ (Qu’avec Faustine sont emprisonnés Vénus et l’Amour) 46 11. _Optat se inclusum cum Faustina_ (Qu’il voudrait bien être emprisonné avec Faustine) 48 12. _Cur Vestalibus innati sint velut quidam amoris igniculi_ (Pourquoi les Vestales ont naturellement de certains petits feux d’amour) 52 13. _In durum janitorem_ (Contre un portier insensible) 54 14. _Cum Faustina omnia sibi esse erepta_ (Qu’avec Faustine on lui a tout enlevé) 58 15. _Pandoræ nomen aptius fuisse Faustinæ_ (Que le nom de Pandora eût mieux convenu à Faustine) 60 16. _Cognomen Faustinæ_ (Le surnom de Faustine) 62 17. _Faustinæ velut quoddam inesse amoris numen_ (Qu’en Faustine il y a une espèce de force d’amour toute divine) 66 18. _Quanta sit vis amoris in Faustina_ (Le grand pouvoir d’amour que possède Faustine) 68 19. _Quomodo rapta fuerit Faustina_ (Comment Faustine a été enlevée) 70 20. _Ad milites Gallos cum ad bellum neapolitanum proficiscerentur_ (Aux soldats français lors de leur départ pour la guerre de Naples) 74 21. _Ad Polydorum de Faustina_ (A Polydore, à propos de Faustine) 78 22. _Somnium_ (Songe) 84 23. _Votum ad Venerem_ (Offrande à Vénus) 88 24. _Voti solutio_ (Le vœu accompli) 90 25. _Basia Faustinæ_ (Les baisers de Faustine) 94 26. _De poetarum amoribus ad Gordium_ (Amours de poètes,--à Gordes) 98
III.--Appendice:
I. Pièces supprimées: 1. _De amoris violentia, ex Anacreonte_ (La Force de l’amour,--tiré d’Anacréon) 104 2. _Ad Fabullam cur amatoria non scribat_ (A Fabulla, pourquoi il n’écrit pas des vers érotiques) 106 3. _De cœco viam indicante_ (L’aveugle qui montre le chemin) 110 II. _Patriæ desiderium_ (La patrie regrettée) 112 III. _Tumulus Romæ veteris_ (Tombeau de la Rome antique) 124
IV.--Notes 129
ACHEVÉ D’IMPRIMER LE 8 JANVIER 1923 PAR F. PAILLART A ABBEVILLE (SOMME).