Le roman de la rose - Tome II

Chapter 21

Chapter 213,095 wordsPublic domain

Vers 9310. _A vertus_, traduction littÈrale, _‡ force_. M. Francisque Michel met ‡ _vertus_ une majuscule. On serait donc forcÈ de traduire: ´Forcent ChastetÈ de servir ‡ Vertu leur dame, qui a en horreur les honnÍtes femmes.ª Ce serait un contre-sens et une absurditÈ.

Note 109, pages 320-321.

Vers 9364-9416.

_Spectatum veniunt, veniunt specientur ut ipsae_. (Ovid., _De Art. am_., lib. I, carm. 99.)

Note 110, pages 326-327.

Vers 9465-9525. Saint Arnoult. Baillet, au tome II de la _Vie des Saints_, en admet trois qui portËrent ce nom. Le premier, contemporain de saint Remi, au VIe siËcle, laissa, dit-on, sa femme vierge; elle Ètoit [p. 445] niËce de Clovis. Saint Arnoult fit plusieurs pËlerinages, et fut enfin assassinÈ par des anciens valets de sa femme, irritÈs de ce qu'il lui avoit fait prendre le voile des vierges consacrÈes ‡ Dieu. D'autres traditions portent que des voleurs, f‚chÈs de ne lui avoir point trouvÈ d'argent, l'avoient battu cruellement, et qu'il Ètoit mort de ses blessures. On l'a mis au rang des martyrs, et l'…glise cÈlËbre sa fÍte, dans le diocËse de Reims, le 18 de juillet.

L'autre saint Arnoult, qui fut mariÈ, vivoit vers l'an 580. Il avoit ÈpousÈ une fille nommÈ Dode, dont il eut deux enfants. Elle prit dans la suite le voile dans un monastËre de TrËves, et saint Arnoult mourut ÈvÍque de Metz, environ l'an 640.

Je ne prÈtends pas dÈcider lequel de ces deux saints doit Ítre le Seigneur des coux ou cocus. Peut-Ítre Jehan de Meung a-t-il cru qu'il suffisoit d'Ítre mariÈ pour Ítre de cette confrairie, et qu'en rÈduisant ‡ l'acte la possibilitÈ, une pareille hypothËse n'auroit rien d'absurde. Cet auteur Ètoit d'ailleurs assez prÈvenu contre le beau sexe, pour ne point aller chercher bien loin des explications ‡ son passage.

Coquillart a pensÈ ainsi que Jehan de Meung sur le compte de saint Arnoult; voici comment il s'en explique au monologue des perruques:

Coquins, niays, sots, joquesus, Trop tost mariÈz en substance, Seront tous menÈs au-dessus Le jour Sainct Arnoult ‡ la dance.

Saint Vincent FerriËres n'adopte point le sentiment de Jehan de Meung sur le patron des cocus; car dans son sermon sur la luxure, il fait mention de deux autres en ces termes:

[p. 446] _Fuit mercator; et c˘m ejus uxor esset mortua, venerunt amici et parentes ut darent sibi uxorem. Dixit eis quod nolebat, quia vel dabitis uxorem juvenem vel antiquam. Si juvenem habeam, spernet me c˘m sim antiquus, et timeo quod faceret me de confratri‚ sancti Cuculli: si autem antiquam accipiam, ego sum antiquus et calvus, et sic unus non poterit juvare aliam. Dixerunt amici: Compater, non curetis quia non dabimus vobis uxorem antiquam, sed juvenem; et si faciat vos de confratri‚ cucullorum, facietis de confratri‚ sancti Lucae_. (Lantin de Damerey.)

Note 111, pages 326-327.

Vers 9470-9530. _Hurtebillier_. Ce mot, dont le sens n'Èchappera ‡ personne, ne pouvait se traduire que par un mot empruntÈ ‡ l'argot de la populace. Nous avons cru prudent de le reproduire simplement. Au surplus, la racine en est fort douteuse. Doit-on voir dans _hurtebillier_ un composÈ de _hurter_ et de _bille_, hurter du b‚ton, de la verge? Cette version nous avait sÈduit tout d'abord, et nous avions mis: ´Toutes se font recheviller.ª Mais au dernier moment nous nous sommes dÈcidÈ ‡ conserver le mot de Jehan de Meung.

Note 112, pages 326-327.

Vers 9478-9540. _Rafaitier_. Il y a de l'apparence que le mÈtier que JuvÈnal appelle refattier est _far l'atto venereo_. Cet acte, selon le mÍme auteur citÈ par Jehan de Meung, est le moindre des crimes que la force du tempÈrament fait commettre aux femmes.

[p. 447]

_Faciunt graviora coactae_ _Imperio sexus, minimunque libidine peccant_. (_Satyra_ VI, carm. 134 et 135.)

Une autre raison en faveur de mon explication, c'est que la Vieille, qui raconte ‡ Bel-Accueil comment un homme qu'elle aimait Èperdument la battoit et la maltraitait, dit:

J‡ tant dit honte ne m'Èust, Que de pez ne m'amonestast, Et que lors ne me rafaistast Si r'avions et pez et concorde.

Ovide, qui Ètoit maÓtre en l'art d'aimer, nous apprend que c'est l‡ le moyen le plus s˚r pour apaiser une femme irritÈe.

_Pax omnis in uno concubitu_ _C˘m bene saevierit, cum certa videbitur hostis,_ _Tunc pete concubitus foedera, mitiserit_.

(Lantin de Damerey.)

Nous avons traduit _rafaitier_ par _forniquer_. Que le lecteur nous pardonne l'emploi de ce mot un peu trop ... comment dire? un peu trop sacrÈ ... non, un peu trop liturgique; mais nous avons pensÈ que le mot _pÈchÈ_, qui se trouve ‡ la ligne suivante, nous y autorisait dans une certaine mesure. (P.M.)

Note 113, pages 328-329.

Vers 9490-9552. La rÈponse que fit Jehan de Meung aux dames de la Cour, offensÈes avec raison d'une sentence si injuste, est tirÈe d'un livre italien, intitulÈ: _Cento novelle Antich. A Guilielmo di Bergdam_. C'est le Guilhem de Bargemon, gentilhomme [p. 448] et poËte provenÁal du temps de Raimond BÈranger, et par consÈquent plus ancien que Jehan de Meung. Jean de Notre-Dame a fait mention de Guilhem ou Guillem au chapitre 48 des poËtes provenÁaux.

Le mot, que l'on donne ‡ l'un et ‡ l'autre, est une imitation un peu forcÈe de celui de J.-C. pour sauver la femme adultËre. (Voyez le _Menagiana_ de 1715, tome IV.)

Note 114, pages 330-331.

Vers 9530-9592.

_Quem non mille ferae, quem non Sthenelius hostis_ _Non potuit Juno vincere, vincit amor_. (Dejanira Herculi, HeroÔdum.)

Note 115, pages 330-331.

Vers 9537-9601. YolÈ, fille d'Eurite, roi d'Oecalie. Hercule en devint amoureux, et emmena cette princesse prisonniËre, aprËs avoir tuÈ son pËre qui la lui avoit refusÈe en mariage. Il la donna dans la suite ‡ son fils Hillus. (Lantin de Damerey.)

Note 116, pages 332-333.

Vers 9555-9619. _Pestel_, b‚ton. M. Francisque Michel s'est cru autorisÈ ‡ remplacer ce mot par _pestax_, avant-bras, pilon. Nous trouvons cette version beaucoup trop savante, d'autant plus qu'‡ la fin du prÈsent chapitre, le mari menace sa femme d'un b‚ton (pestel) et d'une lance, hallebarde, ou simplement broche (haste).

[p. 449]

Note 117, pages 332.

Vers 9570. _Pautonier_. Autrefois on appeloit ainsi un homme qui n'a point de profession fixe, qui est prÍt ‡ tout faire, qui est employÈ par le premier venu aux ouvrages les plus abjects, mÍme ‡ faire de mauvaises actions, un bandit, un scÈlÈrat, un homme qui court et frÈquente les femmes de mauvaise vie, qui les soutient; homme prÍt ‡ tous ÈvÈnements, disposÈ et prÍt ‡ maltraiter quelqu'un, mÍme ‡ l'assassiner; un homme de mauvaise vie, de mauvaises moeurs, dÈrangÈ dans ses habitudes, un crocheteur, un portefaix, mÍme un bedeau, ou bedel, qui, dans les siËcles reculÈs, Ètoient des gens prÈposÈs pour arrÍter les malfaiteurs, qui les conduisoient en prison et au supplice, ce que font aujourd'hui les archers. C'Ètoit un valet de bourreau.

Note 118, pages 334-335.

Vers 9588-9652. Ce vers et le prÈcÈdent, ayant ÈtÈ oubliÈs par le compositeur dans l'Èdition de M. Francisque Michel, celui-ci, trop scrupuleux, les a intercalÈs deux pages plus loin, au beau milieu d'une phrase, o˘ ils ne signifient absolument rien.

Note 119, pages 336-337.

Vers 9642-9708. _Solers ‡ liens, decopez ‡ las_, c'est-‡-dire lacÈs. BenoÓt Baudoin, d'Amiens, a fait un traitÈ sur les souliers, sous le titre _De Calceo antiquo et mystico_, o˘ il remarque que Dieu donnant ‡ Adam [p. 450] des peaux de bÍtes pour se couvir, il ne le laissa point aller les pieds nus; que dans la suite des temps on fit des souliers de genÍt, de papier, c'est-‡-dire de la plante dont on tiroit le papier qui croissoit en …gypte. Il y avoit des souliers de lin, de soie, de bois, de fer, d'argent et d'or. Ils ont souvent changÈ pour la figure, pour les ornements et pour la couleur; il y a eu des souliers longs, des souliers unis, et d'autres qui Ètoient tailladÈs et dÈcoupÈs.

On lit au livre VII des _AntiquitÈs franÁoises_ du prÈsident Fauchet que les moines de Saint-Martin de Tours, vivant dÈlicieusement, Ètoient vÍtus de soie, et portoient des souliers, _vitrei coloris_ (ce dit l'abbÈ Odon). Un autre dit des mirouers ‡ leurs souliers, pour contempler leurs beaux habits, mÍme dans l'Èglise. (Lantin de Damerey.)

Note 120, pages 338.

Vers 9662. _Despendre_, dÈpenser. M. le duc de Bellegarde, qui Ètoit Gascon, et qui entendoit la raillerie, ayant demandÈ ‡ Malherbe lequel Ètoit mieux dit de _depensÈ_ ou de _dependu_, il rÈpendit que _depensÈ_ Ètoit plus franÁois, mais que _dependu, pendu_ et _rependu_ Ètoient plus propres pour les Gascons. (Lantin de Damerey.)

Note 121, pages 342-343.

Vers 9726-9796. _Jonglierre, janglerre, jongleur, joingleur_ et _jonglÈor_, du latin _jaculator_, signifient un bouffon, un bateleur, un trompeur. [p. 451]

A la cour des comtes de Flandre, les poÎtes Ètoient appelÈs _jongleurs_; ‡ la cour de nos rois, _fatistes_, du mot _faire. Fatiste_ Ètoit aussi un bateleur, suivant Borel. _Fat_ vient de _fatiste_.

Chez les comtes de Provence, on appeloit les poÎtes des _troubadours_ ou _trouvËres_: la Provence se nommoit alors _la boutique des troubadours_.

Les anciens poÎtes grecs ont chantÈ les louanges des dieux et des rois, comme le remarque HÈrodote dans la _Vie d'HomËre,_ dont les poÈsies furent chantÈes piËce ‡ piËce dans les maisons des seigneurs, ce qui a fait nommer _rhapsodies_ les poÈsies d'HomËre, non pas dans le sens que nous donnons aujourd'hui ‡ ce terme.

Nos trouvËres, ‡ l'exemple de ces poÎtes, empruntant leurs sujets des belles actions des grands hommes, alloient par les cours des princes, chantant leurs gestes et leurs hauts faits pour les divertir. Les _jongleurs_, c'est-‡-dire les mÈnestriers, avoient aussi le mÍme emploi, chantant avec la viole. Les uns composoient, comme les _trouvËres_ ou _conteurs_; les autres chantoient les inventions d'autrui, comme les _chanterres_ et les _jongleurs_, et parce qu'ils avoient besoin les uns des autres, ils se trouvoient ensemble aux grandes assemblÈes et aux festins des princes. Le temps o˘ ils fleurirent le plus fut celui des Croisades. (Voyez Fauchet, _De la langue et poÈsies franÁaises_, liv. I.)

´Lorsque les bons trouvËres vinrent ‡ manquer, les _jongleurs_ n'ayant plus rien de beau ‡ raconter, on se moqua d'eux; et leurs contes Ètant mÈprisÈs ‡ cause des menteries trop Èvidentes et trop lourdes, quand on vouloit parler de quelque chose folle et vaine, on disoit: ´Ce n'est que jonglerieª; Ètant [p. 452] enfin _jongler_ ou _jangler_ pris pour bourder et mentir.ª (Fauchet, _Ibid_.) (Lantin de Damerey.)

M. Levesque de la RavaliËre propose une nouvelle Ètimologie de ce mot, qui a pour elle une ressemblance frappante.

Les premiers instruments de musique que les hommes aient connus ont ÈtÈ la harpe et la lyre, dont on tire les sons avec les doigts et les ongles; ne se peut-il pas que du mot _ongle_ on ait dit _ongler, jongler, jongleur_, pour exprimer l'action de jouer de la harpe et de la lyre? L'usage ayant Ètabli la signification de _jongleur_, on a continuÈ ‡ nommer ainsi tous les joueurs d'instruments, quels que fussent les instruments dont ils jouoient. (MÈon.)

LittrÈ, d'accord avec tous les linguistes, fait dÈriver _jongleur_ du latin _joculator_. (P.M.)

Note 122, pages 350-351.

Vers 9853-9923. Doris, nymphe marine, fille de l'OcÈan et de ThÈtis, ayant ÈtÈ mariÈe ‡ son frËre NÈrÈe, mit au monde cinquante nymphes qui furent appelÈes NÈrÈides, du nom de leur pËre. Souvent les poËtes emploient le nom de Doris, pour signifier la dÈesse de la mer, et quelquefois pour la mer elle-mÍme. (MorÈri.)

Note 123, pages 352-353.

Vers 9868-9938. _Dol_. Le mot _Barat_, que nous traduisons ici par _Dol_, signifie proprement _fraude_, et jusqu'ici nous l'avions toujours traduit ainsi. Mais Jehan de Meung personnifiant toutes les passions et [p. 453] les transformant en acteurs, nous nous sommes trouvÈ fort embarrassÈ par ce personnage masculin de _Barat_. Aussi avons-nous ÈtÈ forcÈ de modifier notre traduction suivant les circonstances, tantÙt mettant _fraude_ et ailleurs _Dol_ ou _mensonge_. L'inconvÈnient n'est pas bien grave, attendu que ce personnage ne joue aucun rÙle direct dans l'action du _Roman de la Rose_.

Note 124, pages 352.

Vers 9880. _Pesme_, c'est-‡-dire trËs-mauvaise, la plus mauvaise, par sincope, du latin _pessima_, ainsi que notre _mÍme_ est sincopÈ de l'italien _medesimo_, et _carÍme_ de _quaresima_. Je dois cette remarque au R.P. Oudin, l'un des plus savants JÈsuites de son siËcle en tout genre de littÈrature.

Cette explication est d'autant plus s˚re que je l'ai retrouvÈe depuis dans le Glossaire de Du Cange sur l'histoire de Villehardouin, o˘ les passages qu'il rapporte confirment le sentiment du P. Oudin. Guillaume de Nangis, parlant du roi des assassins, dit: ´Icil trËs pesme Roy, et malvoulant seigneur.ª Et Philippe Mouskes, en la vie de Philippe I:

Dont fut une trËs grant gelÈe Trop piesme et trop dÈmesurÈe.

(Lantin de Damerey.)

Nous ne reproduisons cette note que pour montrer que la science philologique Ètait encore dans l'enfance au XVIIIe siËcle. En effet, _pesme_ vient de _pessima, mÍme_ de _metipsimus_, et _carÍme_ de _quadragesima_.

[p. 454]

Note 125, pages 352-353.

Vers 9889-9959. _Laverne_. C'est la dÈesse que les voleurs avoient prise pour leur patrone. Horace nous a conservÈ la priËre qu'on lui adressoit:

_Pulchra Laverna,_ _Da mihi fallere, da justo sanctoque videri_ _Noctem peccatis, et fraudibus objice nubem_. (_…pist_. XVI, libro primo.)

(Lantin de Damerey.)

Note 126, pages 358.

Vers 9994. _ListÈ_. FermÈ avec une barriËre qu'on appeloit _lista_. Je ne crois pas que dans aucun cas on puisse expliquer ce terme par _mortifiÈs_ qui se trouve dans certain glossaire. Ce que le roman nomme _palais listez_, ce sont des palais fermÈs avec des barriËres. _Palais, ‡ palando_, du verbe _palari_, aller par-ci par-l‡; ou bien de _palus_, qui signifie un pieu, dont Du Cange dÈrive le verbe _palissader_, garnir de pieux: Ètymologie qui remplit parfaitement l'idÈe attachÈe aux trois corps de troupes ou camps-volants de nos premiers FranÁois, qui Ètoient sans sÈjour fixe sous des tentes, munis seulement d'une enceinte de pieux dont on fait encore usage dans la guerre. Par l‡ se forme du mot _palais_ une idÈe toute diffÈrente de celle que l'on en a vulgairement.

De la mÍme Ètymologie, _palor_, pour _errer_, se tirent certainement les mots _palatins_ et _paladins_, ou chevaliers errants, dont les combats et l'amour faisoient toute l'occupation. (Lantin de Damerey.)

[p. 455] _Palais_ vient tout simplement de _palatum, palatium_, qui veut dire: maison du prince; on trouve _palatium_ dans Varron.

Note 127, pages 362.

Vers 10028. _Guerpir_, abandonner, du verbe _werpir_, qui signifioit autrefois: livrer et ensaisiner l'hÈritage que l'on appeloit _werp_ ou _guerp_, comme on le voit dans les notes de Hierome Bignon sur Marculfe. _DÈguerpir_, c'Ètoit Ùter, dÈlaisser; mais dans la suite, le simple et le composÈ ont signifiÈ la mÍme chose, c'est-‡-dire abandonner. (Lantin de Damerey.)

Note 128, pages 366-367.

Vers 10111-10187.

_Pauper amet cautË: timeat maledicere pauper. Multaque, divitibus non patienda, ferat_. (Ovid., _De Art. am_., lib. II, carm. 167.)

Note 129, pages 368-369.

Vers 10137-10211.

_Sed neque fulvus aper medi‚ tam saevus in ira est, Fulmineo rabidos c˘m votat ore canes, Nec lea, c˘m catulis lactentibus ubera praebet, Nec brevis ignaro vipera laesa pede, Fomina quam socii deprens‚ pellice lecti Ardet, et in vultu pignora mentis habet_. (Ovid., De _Art. am_., lib II, carm. 373.)

[p. 456]

Note 130, pages 376-377.

Vers 10266-10342. Les quatre vers suivants se trouvent dans quelques manuscrits:

Salemon qui tout esprouva, En mil homes un bon trova; MËs des fames ne trova nule, Ne plus qu'en trueve mere mule.

Note _131, pages_ 378-379.

Vers 10315-10391.

_Quod natura dedit, nemo tollere potest_.

Au vers prÈcÈdent se trouve le mot _surgÈure_, saut, la _science de surgÈure_, la science de sauter. Ne pouvant traduire ce mot par un mot en _ure_ pour rimer avec _nature_, nous nous sommes permis de substituer ‡ _surgÈure_ le mot _Ègratignure_, qui traduit exactement la pensÈe de l'auteur, sinon le mot.

[p. 457]

TABLE DES MATI»RES

TITRES DES CHAPITRES.

CHAPITRE XXXIII.--_Du vers_ 4283 _au vers_ 4450.

Cy endroit trespassa Guillaume De Loris, et n'en fist plus pseaulme; Mais, aprËs plus de quarante ans, Maitre Jehan de Meung ce Rommans Parfist, ainsi comme je treuve; Et ici commence son oeuvre.

CHAPITRE XXXIV.--_Du vers_ 4451 _au vers_ 4952.

Cy est k trËs-belle Raison, Qui est preste en toute saison De donner bon conseil ‡ ceulx Qui d'eulx sauver sont paresceux.

CHAPITRE XXXV.--_Du vers_ 4953 _au vers_ 5838.

Ci est le Souffreteux devant Son vray Ami, en requerant Qu'il luy vueille aider au besoing, Son avoir lui mettant au poing.

CHAPITRE XXXVI.--_Du vers_ 5839 _au vers_5888.

Comment Virginius plaida Devant Apius, qui jugea Que sa fille ‡ tout bien taillÈe, Fust tost ‡ Claudius baillÈe.

[p. 458]

CHAPITRE XXXVII.--_Du vers_ 5889 _au vers_ 6162.

Comment aprËs le jugement Virginius hastivement A sa fille le chief couppa, Dont de la mort point n'Èchappa; Et mieulx ainsi le voulut faire, Que la livrer ‡ pute affaire; Puis le chief presenta au juge Qui en escheut en grant dÈluge.

CHAPITRE XXXVIII.--_Du vers_ 6163 _au vers_ 6440.

Comment Raison monstre ‡ l'Amant Fortune la RoÎ tournant, Et lui dit que tout son pouvoir, S'il veult, ne le fera douloir.

CHAPITRE XXXIX.--_Du vers_ 6441 _au vers_ 6494.

Comment le maulvais empereur Neron, par sa grande fureur, Fist devant luy ouvrir sa mere, Et la livrer ‡ mort amere, Pource que vÈoir il vouloit Le lieu o˘ concÈu l'avoit.

CHAPITRE XL.--_Du vers_ 6495 _au vers_ 6710.

Comment Senecque le preud'homme, Maistre de l'empereur de Romme, Fut mis en ung baing pour mourir; Neron le fist ainsi pÈrir.

CHAPITRE XLI.--_Du vers_ 6711 _au vers_ 6796.

Comment l'emperere Neron Se tua devant deux garÁons, En ung jardin o˘ se bouta, Pour ce que son pueple doubta.

[p. 459]

CHAPITRE XLII.--_Du vers_ 6797 _au vers_ 7526.

Comment Phanie dist au roy Son pere, que par son desroy Il seroit au gibet pendu, Et l'a par son songe entendu.

CHAPITRE XLIII.--_Du vers_ 7527 _au vers_ 8096.

Comment Raison laisse l'Amant MÈlancolieux et dolant, Puis s'est tournÈ devers Amis Qui en son cas confort a mis.

CHAPITRE XLIV.--_Du vers_ 8097 _au vers_ 8266.

Comment l'Amant monstre ‡ Amis Devant lui ses trois ennemis, Et dit que tost le temps viendra Qu'au juge d'eulx se complaindra.

CHAPITRE XLV.--_Du vers_ 8267 _au vers_ 8374.

Comment PovretÈ fait requestes A Richesce moult deshonnestes, Qui riens ne prise tous ses ditz, Mais de tout l'a fait esconditz.

CHAPITRE XLVI.--_Du vers_ 8375 _au vers_ 8712.

Comment Amis recorde cy A l'Amant, qu'un seul vray Amy En sa povretÈ il avoit, Qui tout son avoir lui offroit.

CHAPITRE XLVII.--_Du vers_ 8713 _au vers_ 8772.

Comment les gens du temps passÈ N'avoient nul trÈsor amassÈ, Fors tout commun par bonne foy; Et n'avoient ne prince ne roy.

[p. 460]

CHAPITRE XLVIII.--_Du vers_ 8773 _au vers_ 8848.

Ici commence le Jaloux A parler et dire, oyans tous, A sa femme qu'elle est trop baulde, Et rappelle faulse ribaulde.

CHAPITRE XLIX.--_Du vers_ 8849 _au vers_ 8967.

Comment le Jaloux si reprent Sa femme, et dit que trop mesprent De dÈmener ou joie ou feste, Et que de ce trop le moleste.

CHAPITRE L.--_Du vers_ 8968 _au vers_ 9307.

Comment Lucrece par grant ire Son cuer point, derrompt et dessire, Et chiet morte sur terre adens, Devant son mari et parens.

CHAPITRE LI.--_Du vers_ 9308 _au vers_ 9696.

BeaultÈ si ChastetÈ guerroye, Et Laidure aussi la maistroye De servir ‡ vertus leur dame Qui des chastes ‡ malle fame.

CHAPITRE LII.--_Du vers_ 9697 _au vers_ 9842.

Comment le Jaloux se dÈbat A sa femme, et si fort la bat, Que robe et cheveulx luy descire Par sa jalousie et par ire.

CHAPITRE LIII.--_Du vers_ 9843 _au vers_ 9948.

Comment Jason alla grant erre Oultre mer la toison d'or querre, Et fut chose moult merveilleuse Aux regardons et moult paoureuse.

[p. 461]

CHAPITRE LIV.--_Du vers_ 9949 _au vers_ 10358.

Cy povez lire sans desroy, Comment fut fait le premier roy, Qui puis leur jura sans tarder De loyaulment le leur garder.

CHAPITRE LV.--_Du vers_ 10359 _au vers_ 10398.

Comment l'Amant, sans nul termine Prent congiÈ d'Amis, et chemine Pour savoir s'il pourrait choisir Chemin pour Bel-Acueil vÈir.

NOTES

FIN DU TOME DEUXI»ME