Chapter 20
Vers 7714-7750. Cette comparaison et la pensÈe qui prÈcËde sont assez obscures, ou tout au moins fort mal prÈsentÈes. L'auteur veut dire: Jalousie prÈtend garder pour elle seule Bel-Accueil et ses charmes, comme l'avare son or; c'est sottise. En effet, qui obtient les faveurs d'une femme ne fait tort ‡ personne. Allumer sa chandelle ‡ celle d'un autre, est-ce lui faire tort? Pour un peu, Jehan de Meung dirait: SÈduire la femme, c'est faire beaucoup d'honneur au mari. Mais il se contente d'affirmer que ce n'est pas lui faire tort, les charmes de la femme n'augmentant point ‡ ne pas servir, pas plus que l'or au fond d'un sac. Petite Èconomie!
[p. 425] Note 61, pages 218-219.
Vers 7737-7771. (Voir la _note_ 17 du tome I.)
Ici Jehan de Meung recommande de donner des chapeaux de fleurs, pour se rendre favorables les geÙliers de Bel-Accueil. C'est sans doute de ce bon vieux temps dont parle ClÈment Marot, _Rondeau du siËcle antique_:
O˘ un bouquet donnÈ d'amour profonde, C'Ètoit donnÈ toute la terre ronde.
Alors, comme le remarque Coquillart dans ses droits nouveaux:
On aimoit pour un tabouret, Pour un espinglier de velours, Sans plus pour un petit touret.
Il en co˚toit peu en ce temps-l‡ pour donner ‡ sa maÓtresse des marques de galanterie,
Car seulement au coeur on se prenoit,
comme le dit Marot au rondeau dÈj‡ citÈ. (Lantin de Damerey.)
Note 62, pages 220-221.
Vers 7756-7792.
_Interdum lacrymae pondera vocis habent_. (Ovid., _Epist. ex P_., lib. III, I, car. 15B.)
[p. 426] Note 63, pages 220-221.
Vers 7760-7796. Voici encore un des conseils d'Ovide, pour tromper les femmes trop crÈdules:
_Et lacrymae prosunt; lacrymis adamenta movebis_ _Fac madidas videat, si potes, illa genas._ _Si lacrymae (neque enim veniunt in tempore semper)_ _Deficient, udd lumina tange manu_. (Ovid., _De Arte amandi_, lib. I, 659.)
(Lantin de Damerey.)
Note 64, pages 222.
Vers 7800. Je n'ai trouvÈ dans aucun des manuscrits que j'ai consultÈs le mot _baron_, qui se lit dans toutes les Èditions de cet ouvrage. (MÈon.)
Note 65, pages 228.
Vers 7891 et 7892.
C'est li faillir envis peisibles, Tant est noviaux delis possibles.
Traduction:
On peut Èchouer, malgrÈ tout, mais paisiblement, Tant le plaisir qu'on poursuit est possible.
Le sens de ce distique est assez obscur, et il semble que les Èditeurs aient pris ‡ t‚che de l'obscurcir encore davantage.
En effet, MÈon termine le premier vers par _envis possibles_, et le second par _dÈlis peisibles_. Dans l'impossibilitÈ o˘ nous nous trouvions de traduire ces [p. 427] deux vers d'une faÁon satisfaisante, nous avons consultÈ plusieurs Èditions. La premiËre en date, Jehan DuprÈ, de la fin du XVe siËcle, termine le premier vers par _envis passibles_, le second par _delis possibles_. Le sens est plus obscur que jamais. Marot termine le premier vers par _envis peisibles_, et le second par _delis possibles_. Enfin, M. Francisque Michel copie MÈon, se contentant de mettre en marge la traduction de _envis_, malgrÈ eux, et de _delis_, jouissance. Nous avons adoptÈ la version de Marot comme la plus intelligible. Toutefois, ‡ ceux qui ne partageraient pas notre opinion, nous offrons la variante suivante:
On risque, il est vrai, de faillir, Mais pour paisiblement jouir.
Note _66, page_ 234.
Vers 8010. _Acertes_. Nous ne savons pourquoi M. Francisque Michel Ècrit _‡ certes_.
Note 67, pages 236-237.
Vers 8030-8070.
_Arguet, arguito; quicquid probat illa, probato;_ _Quod dicit, dicas: quod negat illa, neges._ _Riserit, arride; si flebit, flere memento_. (Ovid., _De Art. am_., lib. II, 199.)
Note 68, pages 238-239.
Vers 8070-8110.
_Seu ludat numerosque manu jactabit eburnos,_ _Tu male jactato, tu male jacta dato._ [p. 428] _Seu jacies talos, victam ne paena sequatur,_ _Damnosi facito sient tibi saepe ranes._ _Sive latrocinii sub imagine calculus ibit,_ _Fac pereat vitro miles ab hoste tuus_. (Ovid., _De Arte am_., lib. II, 203.)
Note 69, pages 240-241.
Vers 8085-8126.
_In gremium pulvis si fortË puellae_ _Deciderit, digitis excuctentus erit._ _Et si nullus erit pulvis, tamen excute nullam_. (Ovid., _Ibid_., lib. I, carm. 149.)
Note 70, pages 246-247.
Vers 8170-8210. Roland, neveu de l'empereur Charles-Magne, se rompit une veine en sonnant de son cor, que l'on entendoit ‡ plus de sept lieues, ce qui contribua autant ‡ sa mort que la soif ardente qu'il ne put Ètancher, ayant trouvÈ que le ruisseau dans lequel il alloit puiser de l'eau avec son armet Ètoit tout rouge de sang. (Suite de _Roland-le-Furieux_.) Il mourut dans la vallÈe de Roncevaux, entre Pampelune et Saint-Jean-Pied-de-Port, dans le royaume de Navarre. (Lantin de Damerey.)
Note 71, pages 246-247.
Vers 8172-8212. Guenelon, Ganelon, ou Ganes. C'est dans les romans le nom d'un traÓtre qui, pour de l'argent, livra l'armÈe des FranÁois ‡ Marsille, [p. 429] roi des Sarrazins, et fut cause de leur dÈfaite ‡ Roncevaux.
Charles-Magne, informÈ de cette trahison, envoya Ganelon ‡ Aix-la-Chapelle, o˘ il fut ÈcartelÈ. (Du Haillan, _Histoire des rois de France_.)
Du Tillet, dans son _Recueil des rois de France_, page 261, Èdition de 1618, ´raconte autrement l'avanture de Ganelon, dont il fait un archevÍque de Sens, qui prit, par grande ingratitude, et contre son serment de fidÈlitÈ, le parti de Louis, roi de Germanie, en l'invasion qu'il fit du royaume de France contre Charles-le-Chauve. Celui-ci l'accusa du crime de lËze-majestÈ au Concile de l'Eglise gallicane, assemblÈ de douze provinces au forsbourg de Toul en Lorraine, l'an 859, et de lui est tournÈe en proverbe ´la trahison de Ganelon,ª non de la dÈfaite de Roncevaux, qui, comme rÈcite …ghinard en la vie de Charles-Magne, advint par la charge que les Basques (lors appelÈs Gascons), Ètant en emb˚che, donnËrent ‡ l'arriËre-garde de l'armÈe de Charles-Magne, o˘ vÈritablement moururent: AnsÈaume, maire du Palais; Eghard, grand-maÓtre de France, et Rutland, amiral de Bretagne, lequel n'Ètait neveu dudit Charles-Magne, car il n'eut qu'une soeur, madame Gisle de France, dËs sa jeunesse religieuse. N'eurent les Basques que leur cupiditÈ pour guide, sans intelligence dans l'armÈe des FranÁois; la surprinse fut pour l'avantage du lieu que lesdits Basques choisirent. La postÈritÈ ignorant l'infidÈlitÈ dudit archevÍque, et ayant le proverbe ancien, a composÈ la fable de Gannez, Ècrite Ës romans.ª (Lantin de Damerey.)
[p. 430] Note 72, pages 254-255.
Vers 8296-8337.
_Non habet undÈ suum paupertas pascat amorem_. (Ovid., _Remed, am_., V. 749.)
Note 73, pages 256-257.
Vers 8314-8354.
_Felix quem faciunt aliena pericula cautum_.
Note 74, pages 256.
Vers 8315.
Vaillans hons suel estre clamÈs. _Vaillant homme j'ai coutume d'Ítre nommÈ_.
…videmment la version de MÈon est mauvaise. _Suel_ est la premiËre personne de l'indicatif prÈsent. La suite de la phrase prouve qu'il faudrait l'imparfait. Aussi prÈfÈrons-nous la version des Èditeurs des XVe et XVIe siËcles, qui mettent:
Vaillans soulois estre clamÈs.
Note 75, pages 264-265.
Vers 8463-8509. Pyritho¸s, fils d'Ixion, fut roi des Lapithes; il Ètoit ami intime de ThÈsÈe. …tant allÈ, accompagnÈ de ce hÈros, pour enlever la femme du roi des Molossiens, ce prince, qui n'entendoit pas raillerie sur cet article, le fit dÈvorer par ses chiens.
[p. 431]
J'ai vu Pyritho¸s, triste objet de mes larmes, LivrÈ par ce barbare ‡ des monstres cruels Qu'il nourrissoit du sang des malheureux mortels. (Racine, _PhËdre_, acte III; scËne V.)
(Lantin de Damerey.)
Note 76, pages 266-267.
Vers 8501-8547. Ce que Jehan de Meung remarque sur la foi qu'on doit ajouter aux tÈmoignages des mendians est tirÈ du Digeste:
_Testium fides diligenter examinanda est, ideoque explorandum est si conditio_, etc. _An locuples, vel egens sit velucri caus‚ quid facile admittat_. (Lib. XXII, tit. 5, lege Julia.) _Cavetur ne in reum testimonium dicere liceret qui_, etc.; _et qui palam quoestum faciet fuerit ve_. (Lege e‚dem.)
_Lucri causa moveri egenus facile praesumitur_. (Cicero pro Fonteio.)
En effet, une personne dans l'indigence est plus facile ‡ corrompre que celle qui est riche. (Lantin de Damerey.)
Note 77, pages 268-269.
Vers 8515-8562. Les galans qui ne voudront pas se ruiner auprËs des femmes trouveront ici de quoi leur faire des prÈsents ‡ bon marchÈ. Ovide, qui Ètoit un vieux routier en fait d'amour, apprend la maniËre de donner beaucoup et ‡ peu de frais:
_Nec dominam jubeo pretioso munere dones;_ _Parva, sed Ë parvis callidus apta dato_ _ Dum benÈ dives ager, dum rasni pondere nutant,_ _Afferat in calatho rustica dona pucri:_ [p. 432] _Rure suburbano poteris tibi dicere missa,_ _Illa tibi in sacr‚ sint licet emptu vi‚._ _Afferat aut uvas, aut quas Amaryllis habebat;_ _At nunc castantas, nunc amat illa nuces_. (_De Art. am_., lib. II, 261.)
Voil‡ les prÈsens de l'ÈtÈ. Il y a apparence que ceux de l'hiver n'Ètoient pas plus considÈrables. (Lantin de Damerey.)
Note 78, pages 268-269.
Vers 8532-8578. _Jorroises_. Je crois qu'il ne faut point mettre de virgule aprËs _beloces_ ni aprËs _d'avesnes_; en ce cas-l‡, le sens seroit: bouquet d'avoine qui vient dans les terres appelÈes _jorroises_. Les paysans en Bourgogne donnent le nom de _boulÈe_ ‡ des raisins attachÈs en boule, dont ils font des prÈsens, pendant la vendange, aux gens de leur connoissance qui n'ont point de vignes; ainsi _beloces, d'avesne_, ou _boulaces_, comme je l'ai lu dans un manuscrit, signifieroit une poignÈe d'avoine avec sa paille, ramassÈe en une espËce de bouquet ou de boule. Les anciens disoient une boulÈe de clÈs, parce qu'alors elles Ètoient attachÈes par un cordon ‡ une boule de bois. Cette explication de _beloces_ n'est qu'une conjecture, mais je la crois soutenable, en ce que Jehan de Meung ayant parlÈ de prunes au vers 8528, il Ètoit fort inutile d'en parler quatre vers plus bas.
A l'Ègard de _jorroises_, o˘ le manuscrit Bouhier met _jorreuses_, qui se rapporte ‡ avoine, Du Cange, au mot _joria_, donne ‡ entendre que c'est le nom d'une terre destinÈe ‡ rapporter de la graine; ainsi, [p. 433] _avesnes, jorroises_ ou _jorreuses_ seroient des avoines crues dans un champ propre pour cette espËce de graine. (Lantin de Damerey.)
Note 79, pages 270-271.
Vers 8548-8594.
Biaux dons soustienneat maint bailli Qui fussent ore mal bailli.
Traduction littÈrale: ´Beaux dons soutiennent maints baillis qui seraient aujourd'hui mal gardÈs ou mal-lotis.ª Le jeu de mots est intraduisible. On peut interprÈter ces vers de deux maniËres: ´1∞ Beaux dons soutiennent maints baillis, maints juges, qui, sans eux, ne pourraient mener si grand train qu'ils font d'ordinaire;ª ´2∞ Beaux dons soutiennent les juges prÈvaricateurs qui, sans eux, seraient dËs longtemps punis comme ils le mÈritent.ª (P.M.)
_Bailli_, c'est-‡-dire gardien. Le grand bailli et le sÈnÈchal Ètaient une mÍme chose, tous deux gardiens et conservateurs des biens du peuple, contre les vexations des juges ordinaires. On disoit aussi _bail_, et dans Ville-Hardouin on trouve _bals_, dans le mÍme sens. _Bailli_ vient de _bajulus_, par corruption de _bailus_ et _balius_. (Lantin de Damerey.)
Note 80, pages 270-271.
Vers 8556-8602.
_Omnia sumpta ligant_.
[p. 434]
Note 81, pages 272-273.
Vers 8579-8624.
_Nec minor est virtus, quam quaerere, parta tueri_. (Ovid., _De Art. am_., lib. II, 13.)
Note 82, pages 272.
Vers 8595. _Mal-feu, mal-fu, mah-flambe_. ´Que le mal-feu vous arde! que le mal-feu vous br˚le!ª ImprÈcation fort usitÈe dans les XIIe XIIIe et XIVe siËcles, qui a tirÈ son origine d'une maladie ÈpidÈmique dont les Parisiens furent attaquÈs sous Louis VI, en 1131, et que l'on nomma la maladie des ardents, et ensuite le charbon. Ceux qui en Ètoient attaquÈs mouroient sur le champ. On eut recours aux priËres, et on porta processionnellement la ch‚sse de sainte GeneviËve ‡ l'Èglise de Notre-Dame; tous les historiens sont d'accord que cette relique, Ètant dans la rue Neuve-Notre-Dame, cette maladie cessa. En mÈmoire de ce miracle, on Èdifia au mÍme endroit une Èglise sous le nom de Sainte-GeneviËve-des-Ardents, qui fut ÈrigÈe en paroisse. Elle fut dÈtruite en 1747 et rÈunie en la paroisse de la Magdelaine, en la CitÈ. On fait la fÍte de la commÈmoration de ce miracle le 26 novembre. (Lantin de Damerey.)
[p. 435] Note 83, pages 274-275.
Vers 8605-8649.
_Unus Iberinoe vir sufficit? Ocyus illud_ _Extorquebis, ut haec oculo contenta sit uno_. (JuvÈnal, _Satyre_ VI, v. 53.)
Note 84, pages 276-277.
Vers 8664-8708. _Besans, besens_. C'Ètoient des piËces d'or de la valeur de dix sols, suivant l'Èvaluation faite par Du Cange, en parlant de la ranÁon de saint Louis, o˘ il dit que le marc d'argent valoit huit besans en or, et quatre livres, ou quatre-vingt-dix sous en argent, d'o˘ il rÈsulte que chaque besant valoit dix sous. Cette monnoie Ètoit appelÈe ainsi parce qu'elle avoit commencÈ d'avoir cours dans la ville de Byzance. (Lantin de Damerey.)
Note 85, pages 276-277.
Vers 8669-8712. A partir de ce vers jusqu'au vers 10011, ce passage a Èvidemment ÈtÈ rajoutÈ aprËs coup. Le lecteur est assez embarrassÈ, du reste, en retrouvant la suite des prÈceptes d'Ami, aprËs 1331 vers de leÁons _buissonniËres_. On ne saurait attribuer ce passage ‡ des copistes, puisque nous y trouvons le fameux distique qui faillit, suivant ThÈvet, co˚ter si cher ‡ notre poËte. Si cette anecdote n'est pas prouvÈe, elle fait supposer que jamais personne n'a songÈ ‡ contester ‡ Jehan de Meung la paternitÈ de cette partie du Roman. Il en est de mÍme du passage signalÈ ‡ la note 31 du prÈsent [p. 436] volume. On verra, par ces deux exemples, combien maÓtre Jehan mettait de nÈgligence dans ces rajustements; nous verrons dans le volume suivant qu'il a poussÈ le sans-gÍne jusqu'‡ intercaler un passage, ‡ peu prËs de la taille des deux ci-dessus, au milieu mÍme d'une phrase!
Note 86, pages 278.
Vers 8701. _Luz_, brochet, du latin _lucius_. C'est le tyran des poissons; car il dÈvore, non seulement ceux d'une espËce diffÈrente de la sienne, mais les brochetons ses confrËres n'Èchappent point ‡ sa voracitÈ.
_Lucius est piscis, rex aique tyrannus aquarum_,
dit l'Ècole de Salerne.
Albert-le-Grand prÈtend que le brochet ne fait point de mal ‡ la perche, ‡ cause que les Ècailles de son dos sont trop piquantes; il veut mÍme qu'il y ait entre ces deux poissons une espËce de sympathie, et que, lorsque le brochet a reÁu quelque blessure, il va auprËs de la perche qui le guÈrit en le touchant. (In: _Commentario scholae Salernae_.) (Lantin de Damerey.)
Note 87, pages 278-279.
Vers 8704-8748. _Graine_. M. Francisque Michel traduit: _cochenille_. Ce qu'on appelle ´graine de cochenille,ª encore aujourd'hui, est l'insecte employÈ pour la teinture. Quoiqu'il existe, de tout temps, un insecte de la mÍme famille (kermËs) dont les Orientaux [p. 437] et les ProvenÁaux teignent les Ètoffes, l'usage de la cochenille ne fut importÈ du Mexique en Europe qu'au XVIe siËcle, et nous pensons que la traduction de _graine_ par _cochenille_, si savante qu'elle soit, est plus qu'aventurÈe ici.
Note 88, pages 280.
Vers 8714-8716. Ces deux vers sont faux; ils ont un pied de trop. Du temps de Jehan de Meung ´avoientª comptait pour trois pieds dans le corps du vers.
Note 89, pages 282-283.
Vers 8769-8811.
_Non bene conveniunt, nec in un‚ sede movantur_ _Majestas et amor_. (Ovide, _MÈtamorph_., lib. II, v. 8 et 9.)
Note 90, pages 284-285.
Vers 8796-8836. _Male-semaine._ C'est l'Èpoque des menstruations de la femme.
Note 91, pages 286-289.
Vers 8831-8877.
A cui parÈs-vous ces chastaignes?
Il nous a ÈtÈ impossible de rien dÈcouvrir sur l'origine et le sens de ce proverbe. Un instant cependant nous avons eu une lueur d'espoir, en lisant [p. 438] la note de M. Francisque Michel, qui nous renvoyait au mot _Chastaigne_, dans ses _…tudes de philologie comparÈe sur l'argot_. Vite nous faisons l'acquisition de ce volume, et nous lisons: ´Peler chastaignes, avoir du bien-Ítre. Puis, ajoute l'auteur, l'expression: parer chastaignes, qui est peut-Ítre plus ancienne, paraÓt avoir un autre sens.ª Suivent, sans plus, les deux vers du _Roman de la Rose_ o˘ figure ce proverbe!
Note 92, pages 288-289.
Vers 8855-8899. Nous avons eu un instant l'idÈe de conserver _chapel_ et _appel_. Nous nous sommes, en fin de compte, arrÍtÈ ‡ _chapeau_ et _appeau_. En effet, _chapel_ et _chapeau_ sont ‡ peu prËs synonymes, tandis qu'_appel_ et _appeau_ ont un sens trop tranchÈ aujourd'hui pour pouvoir se mettre indiffÈremment l'un pour l'autre.
Note 93, pages 290-291.
Vers 8867-8911. (Voir la note 18 du tome I.)
Note 94, pages 290-291.
Vers 8886-8932. (Voir la note 39 du prÈsent tome.)
Note 95, pages 290-291.
Vers 8887-8935. ThÈophraste, natif d'ErËse. Il Ètoit fils de MÈlanthe le Foulon. Il fut disciple de Leucippe, puis de Platon, et enfin d'Aristote. Il [p. 439] s'attacha ‡ ce dernier, et il devint son successeur au LycÈe. Aristote lui changea son nom de Tyrtame en celui de ThÈophraste, ‡ cause de son Èloquence, qui avoit quelque chose de divin. ThÈophraste composa prËs de deux cents volumes, dont la plupart sont perdus. Voil‡ ‡ peu prËs ce qu'en dit DiogËne LaÎrce.
L'ouvrage le plus connu de ThÈophraste est son _TraitÈ des caractËres_, traduit par La BruyËre; ce sont eux qui ont servi de modËle ‡ ceux qu'il a donnÈs sous le titre: _CaractËres de ce siËcle_, qui sont autant de satires contre les FranÁois, ‡ l'imitation de ThÈophraste, qui n'avoit point ÈpargnÈ les AthÈniens dans les portraits qu'il en avoit faits.
Dans l'Èdition de 1613, faite ‡ Leyde, des oeuvres de ThÈophraste, on ne trouve point le _TraitÈ des noces_, o˘ Jehan de Meung a puisÈ la meilleure partie de ce qu'il a dit sur cette matiËre: c'est apparemment un de ces ouvrages qui ont ÈtÈ perdus. Jean de Sarrisbery, ÈvÍque de Chartres, en a fait mention dans son _Polycraticon_, lib. VIII, cap. XI, o˘ il dit: _Fertur authore Hieronimo, aureolus Theophrasti liber de Nuptiis, in quo quaerit an vir sapiens ducat uxorem; et cum dissinisset, si pulchra esset, si bene morata, si honestis parentibus orta; si ipse sanus et dives, sic sapientem aliquando inire matrimonium, statim intulit: Haec autem raro in nuptiis amcordant universa. Non est igitur uxor amenda sapienti_. ThÈophraste en allËgue les raisons, que l'auteur du _Roman de la Rose_ a fort bien expliquÈes dans ce qu'il dit contre le mariage.
Les Romains, les Spartiates, les Grecs et Lycurgue ont pensÈ sur cet article tout autrement que ThÈophraste, puisque parmi eux il y avoit des rÈcompenses pour ceux qui se marioient, et des peines [p. 440] contre ceux qui passoient leur vie dans le cÈlibat. (Voyez _Alexandrum in Alexandro_.) (Lantin de Damerey.)
Note 96, pages 294-295.
Vers 8958-9004. Il est curieux de rapprocher ici Voltaire de son devancier. Dans le roman de _l'IngÈnu_, la belle Saint-Yves meurt de douleur, ne pouvant surmonter la honte d'avoir obtenu la dÈlivrance de son amant au prix de sa vertu. Elle lui avoue sa faute au moment d'expirer, et il s'Ècrie: ´Qui? vous coupable! Non, vous ne l'Ítes pas! Le crime ne peut Ítre que dans le coeur; le vÙtre est ‡ la vertu et ‡ moi.ª
Note 97, pages 300-301.
Vers 9038-9084.
_Rara avis in terris, nigroque simillima cygno_. (JuvÈnal, _Satyr_. VI, carm. 164.)
Note 98, pages 300-301.
Vers 9043-9089.
...._Tarpeium limen adora_ _Pronus, et auratum Junoni coede juvencam;_ _Si tibi contigerit capitis matrona pudici_. (_Ibit_., carm. 47.)
_Vache dorÈe_. Avant de la conduire au sacrifice, les anciens lui doroient les cornes, sans doute pour la rendre plus prÈcieuse ‡ leurs divinitÈs. (Lantin de Damerey.)
[p. 441] Note 99, pages 302-303.
Vers 9069-9115.
...._Uxorem, Posthume, ducis?_ _Die qu‚ Tisiphone, quitus exagitare colubris?_ _Ferre potes dominam salvis tot restibus ullam,_ _C˘m pateant altae caligantesque fenestrae,_ _C˘m tibi vicinum se praebeat Aemilius pons_. (_Satyra_ VI, vers. 28 et seq.)
Note 100, pages 302-303.
Vers 9077-9123. PhoronÈe, second roi d'Argos, succÈda ‡ son pËre Inachus l'an du monde 1228, 1807 ans avant J.-C. Ce fut lui qui rassembla dans la ville d'Argos les Argiens dispersÈs, et leur donna des lois.
Le dÈluge d'OgygËs arriva de son temps. C'est le plus ancien roi grec dont l'histoire nous apprend quelque chose de certain. (MorÈri.)
Note 101, pages 302-303.
Vers 9091-9137. Pierre Abailart. Ses amours avec HÈloÔse n'ont pas moins contribuÈ ‡ le rendre cÈlËbre dans l'histoire que sa profonde Èrudition, qui l'a mis au nombre des plus grands docteurs du XIIe siËcle. Innocent II l'appeloit _Magistrum Petrum_, ‡ cause de sa science.
Pierre le VÈnÈrable, abbÈ de Cluny, fit pour honorer la mÈmoire de ce savant homme une Èpitaphe dont voici les deux derniers vers:
[p. 442]
_Est satis in titulo, Petrus jacet Abeilardus,_ _Cui soli patuit scibile quicquid erat_.
Victime infortunÈe de l'amour et de ses ennemis, il mourut l'an 1142, le 21 avril, ‚gÈ de 63 ans. Il fut enterrÈ ‡ Saint-Marcel, abbaye situÈe prËs de Ch‚lons-sur-SaÙne. (Lantin de Damerey.)
NOTA. Son tombeau a ÈtÈ transfÈrÈ de cette abbaye au MusÈe franÁais, dans l'an VIII. (MÈon.)
Note 102, pages 308-309.
Vers 9164-9210. Saint Julien, surnommÈ l'Hospitalier, vivoit au IVe siËcle; les pËlerins s'adressoient ‡ lui pour avoir un bon gÓte. La Fontaine, dans le conte intitulÈ: _l'Oraison de saint Julien_, a mis heureusement en oeuvre la confiance qu'on avoit en ce saint. (Lantin de Damerey.)
Note 103, pages 308-309.
Vers 9166-9212. Saint LÈonard, vulgairement appelÈ saint LiÈnard, mort vers le milieu du VIe siËcle, prËs de Limoges, employoit ‡ racheter les captifs le produit de la terre que lui avoit donnÈe ThÈodebert, roi d'Austrasie, ‡ qui le Limousin obÈissoit alors.
Note 104, pages 308.
Vers 9177. _AtaÔne_, querelle, chagrin, f‚cherie, jalousie, animositÈ. _AtaÔneux_, querelleur. _AtaÔner_, quereller, chagriner, faire de la peine. Vient du grec [p. 443] _atË_, qui est le nom d'une dÈesse que l'on nomme en franÁois _AtË_. Elle est de l'invention d'HomËre. C'est ‡ elle qu'Ètoit confiÈ le soin d'exciter parmi les hommes les noises et les querelles.
Rabelais s'en est souvenu dans ses _Fanfreluches antidatÈes_:
MaugrÈ AtË ‡ la cuisse hÈronniËre.
En Bourgogne, les paysans disent _Ètener_ pour fatiguer jusqu'‡ l'excËs, ce qui est une corruption _d'ataÔner_. (Lantin de Damerey.)
Note 105, pages 308.
Vers 9193. _Druerie. Drue_, au masculin _dru_, se prenoit autrefois pour _fÈale_, amie; mais du temps de saint Louis on prit ce terme en mauvaise part, et on l'appliqua aux amours dÈshonnÍtes. On en fit autant du substantif _druerie_, qui signifioit: fidÈlitÈ, amitiÈ, courtoisie, amour, galanterie. _DruÎ_ ou _druhe_, Ètoit aussi la mÍme chose que jeune femme. _Si quis puellam quae druhie dicitur, ad maritum in vi‚ adsalierit, et cum ipsa violenter Maechatus fuerit_, viij _denar. culpabilis judicetur_. (Tit. 14, legis salicae, art. 10.) (Lantin de Damerey.)
Note 106, pages 314-315.
Vers 9273-9321. Alcibiade, un des grands capitaines de la GrËce. Il fut le plus bel homme de son siËcle; voil‡ pourquoi Jehan de Meung en fait mention. Ce qu'il en dit est pris du troisiËme livre de la _Consolation_ de BoÎce, son auteur favori. _Quod si ut [p. 444] Aristoteles ait linceis oculis homines uterentur, ut eorum visus obstentia penetrarent. Nonne introspectis visceribus illud Alcibiadis superficie pulcherrimum corpus, turpissimum videretur_? (Lantin de Damerey.)
Note 107, pages 314-315.
Vers 9288-9336.
_Lis est form‚ magna pudicitiae_. (Ovid., _…pist_. XVI, carm. 288.)
Note 108, pages 316.