Chapter 2
On peut prévoir que l'on arrivera sans doute, d'ici quelques années, à une situation semblable à ce qui prévaut dans le monde de l'édition en ce qui a trait à la répartition des différentes langues. Ceci signifie néanmoins que seul un nombre relativement restreint de langues seront représentées (comparativement aux quelques milliers d'idiomes qui existent). Dans cette optique, nous croyons que le Web devrait chercher, entre autres, à favoriser un renforcement des cultures et des langues minoritaires, en particulier pour les communautés dispersées.
Enfin, l'arrivée de langues autres que l'anglais sur Internet, si elle constitue un juste rééquilibre et un enrichissement indéniable, exaspère évidemment le besoin d'outils de traitement linguistique aptes à gérer efficacement cette situation, d'où la nécessité de poursuivre les travaux de recherche et les activités de veille dans des secteurs comme la traduction automatique, la normalisation, le repérage de l'information, la condensation automatique (résumés), etc."
ML: "Quel a été le bénéfice de l'utilisation d'Internet pour votre organisme?"
CEVEIL: "Mentionnons, tout d'abord, que l'existence du Web constitue en soi une des raisons d'être du CEVEIL, puisque nous concentrons nos activités principalement autour de la thématique de l'utilisation et du traitement des langues sur Internet.
Par ailleurs, le Web est notre principal terrain de cueillette d'information sur les thématiques qui nous préoccupent. Nous procédons notamment à une fréquentation assidue des sites abordant nos thématiques de travail - plus particulièrement des sites diffusant des nouvelles quotidiennes et/ou hebdomadaires. A ce niveau, on peut affirmer sans hésitation que nous exploitons davantage Internet que les diverses ressources écrites disponibles pour réaliser nos activités.
Dans un ordre d'idées un peu différent, nous utilisons abondamment le courriel pour entretenir des relations avec les intervenants du milieu et ainsi obtenir des informations et mener à bien divers projets. Le CEVEIL est un "structure-réseau" qui survivrait difficilement sans Internet pour relier toutes les personnes impliquées.
Enfin, il convient de signaler que le Web constitue également notre plus important outil pour la diffusion de nos produits aux clientèles-cibles: envoi de bulletins électroniques de nouvelles à nos abonnés, création d'un périodique électronique, diffusion d'information et de documents via notre site web, etc."
ML: "Comment voyez-vous l'évolution vers un Internet multilingue?"
CEVEIL: "Internet est là pour demeurer; l'apparition de langues autres que l'anglais sur ce médium constitue également un phénomène irréversible. Il sera donc nécessaire de tenir compte de ces nouvelles réalités aux points de vue économique, social, politique, culturel, etc. Des secteurs comme la publicité, la formation professionnelle, le travail en groupes et en réseaux, la gestion des connaissances devront évoluer en conséquence. Cela nous ramène, tel que nous l'avons mentionné plus haut, à la nécessité de développer des technologies et des outils vraiment performants qui faciliteront les échanges dans un Village global terriblement plurilingue..."
2.3. Diversité des langues dans l'Union européenne
Henri Slettenhaar, professeur à la Webster University (Genève, Suisse), est un Européen trilingue. Il est hollandais, il enseigne l'informatique en anglais et il parle couramment le français puisqu'il vit en France. Dans son courrier électronique du 21 décembre 1998, il expliquait:
"Je vois le multilinguisme comme un facteur fondamental. Les communautés locales présentes sur le Web devraient en tout premier lieu utiliser leur langue pour diffuser des informations. Si elles veulent également présenter ces informations à la communauté mondiale, celles-ci doient aussi être disponibles en anglais. Je pense qu'il existe un réel besoin de sites bilingues.
[...] Je suis enchanté qu'il existe maintenant tant de documents disponibles dans leur langue originale. Je préfère de beaucoup lire l'original avec difficulté plutôt qu'une traduction médiocre."
Selon Global Reach, 15% seulement des Européens (qui représentent 500 millions d'habitants) sont de langue maternelle anglaise, et 28% seulement parlent anglais. Le site mentionne aussi une étude récente démontrant que 32% seulement des cybernautes européens consultent le Web anglophone.
Créateur de Euro-Marketing Associates (qui englobe Global Reach), Bill Dunlap, qui défend le commerce électronique européen auprès de ses compatriotes américains, écrivait dans son courrier électronique du 12 décembre 1998, que contrairement à l'Amérique du Nord, "ici en Europe (j'écris de France), les pays sont petits, si bien que, depuis des siècles, une perspective internationale est nécessaire."
De nombreux organismes traitent de multilinguisme, par exemple l'Association européenne pour les ressources linguistiques (ELRA), le European Network in Language and Speech (ELSNET) et le programme Multilingual Information Society (MLIS) de la Communauté européenne.
Etablie à Luxembourg en Février 1995, l'Association européenne pour les ressources linguistiques (ELRA) est une association à but non lucratif qui a pour but de fournir une organisation centralisée pour la validation, la gestion et la distribution des ressources et outils en parole, texte et terminologie, et de promouvoir leur utilisation au sein de la communauté européenne de recherche et développement en télématique.
Le European Network in Language and Speech (ELSNET) (Réseau européen pour le langage et la parole) regroupe plus d'une centaine d'institutions universitaires et industrielles. L'objectif technologique commun aux participants de ELSNET est de construire des systèmes multilingues pour la parole et le langage naturel, avec couverture illimitée de la langue parlée et écrite.
Dans son courrier électronique du 23 septembre 1998, Steven Krauwer, coordinateur d'ELSNET, expliquait:
"En tant que citoyen européen je pense que le multilinguisme sur le Web est absolument essentiel. A mon avis, ce n'est pas une situation saine à long terme que seuls ceux qui ont une bonne maîtrise de l'anglais puissent pleinement exploiter les bénéfices du Web.
En tant que chercheur (spécialisé dans la traduction automatique), je vois le multilinguisme comme un défi majeur: pouvoir garantir que l'information sur le Web soit accessible à tous, indépendamment des différences de langue.
Internet est l'instrument que j'utilise le plus pour communiquer avec les autres, et c'est ma source principale d'information. [...] Je compte passer le reste de ma vie professionnelle à utiliser la technologie de l'information pour supprimer ou réduire les barrières des langues."
Lancé en novembre 1996, le programme Multilingual Information Society (MLIS) (Société d'information multilingue) de la Commission européenne soutient la réalisation d'une infrastructure favorisant des ressources linguistiques européennes, mobilise et accroît le développement des industries du langage, et favorise l'utilisation d'outils linguistiques dans le secteur public européen. Les entreprises, les organismes du secteur public, les industries du langage et les citoyens peuvent bénéficier de ce programme.
"Afin de promouvoir 'concrètement' une Europe multilingue, dans un contexte d'évolution rapide et permanent des nouvelles technologies de communication, et d'attirer largement l'intérêt sur ce programme, ce site est accessible dans les 11 langues officielles de l'Union européenne [allemand, anglais, danois, espagnol, finlandais, français, grec, hollandais, italien, portugais et suédois]. Nous renvoyons à des références et à des liens encore plus larges... Nous essayons de fournir autant d'information que possible dans ces onze langues, et nous vous demandons de rester compréhensif pour le retard existant parfois entre la publication d'un document officiel dans sa langue initiale et sa traduction dans les autres langues de l'UE."
Le multilinguisme est l'affaire de tous, témoin cet Appel du Comité européen pour le respect des cultures et des langues en Europe (CERCLE) qui, diffusé dans les onze langues officielles de l'Union européenne, défend "une Europe humaniste, plurilingue et riche de sa diversité culturelle". Il propose aux réviseurs du Traité de l'Union européenne douze amendements prenant en compte le respect des cultures et des langues:
"La diversité et le pluralisme linguistiques ne sont pas un obstacle à la circulation des hommes, des idées et des marchandises ou services, comme veulent le faire croire certains, alliés objectifs, conscients ou non, de la culture et de la langue dominantes. C'est l'uniformisation et l'hégémonie qui sont un obstacle au libre épanouissement des individus, des sociétés et de l'économie de l'immatériel, source principale des emplois de demain. Le respect des langues, à l'inverse, est la dernière chance pour l'Europe de se rapprocher des citoyens, objectif toujours affiché, presque jamais mis en pratique. L'Union doit donc renoncer à privilégier la langue d'un seul groupe."
Dans Language Futures Europe, Paul Treanor propose des liens sur la politique linguistique, le multilinguisme, les structures linguistiques globales, et la domination de l'anglais. Le site débute par un commentaire sur les structures linguistiques. Il offre des textes et des essais, des sections consacrées à la politique européenne, aux politiques nationales et aux sites de recherche, et des documents sur le "mouvement monolingue" émergeant aux Etats-Unis.
Dans son courrier électronique du 18 août 1998, Paul Treanor exposait ses réflexions sur les questions posées:
"Vous parlez du Web au singulier. Comme vous l'avez sans doute lu, je pense que "Le Web" est un concept politique, non technologique. Une civilisation est possible avec des ordinateurs très sophistiqués mais pas d'interconnexion. L'idée qu'il devrait exister "Un Web" est dérivée de la tradition libérale du marché unique ouvert, de préférence mondial.
J'ai déjà suggéré qu'Internet devrait être tout simplement découpé, et que l'Europe devrait couper ses liens avec les Etats-Unis, et construire un autre Net spécifique et incompatible avec le premier. Dès qu'on envisage la possibilité de Nets multiples, les thèmes correspondant aux différents chapitres de votre étude sont souvent hors de propos. Rappelez-vous qu'il y a quinze ans tout le monde pensait qu'il n'y aurait qu'un émetteur de télévision à l'échelle mondiale, CNN. Or il existe maintenant des chaînes de télévision nationales françaises, allemandes ou espagnoles. La réponse à votre question est donc que l'entité "Un Web" sera de toute manière divisée, probablement en quatre parties:
a) un Net interne aux Etats-Unis et au Canada, avec nombre des caractéristiques actuelles;
b) des Nets nationaux séparés, avec des liens limités avec l'extérieur;
c) un nouveau Net général pour relier entre eux les Nets de la catégorie 2;
d) et peut-être un Net spécifique à l'Union européenne.
Comme vous voyez, cette structure est parallèle à celle qui existe en géopolitique. Toute l'infrastructure des télécommunications a suivi des modèles similaires.
Je pense qu'il n'est pas possible d'approcher le Web de la manière neutre et apolitique envisagée dans votre étude. La politique actuelle de l'Union européenne prétend être neutre, mais elle supporte en fait le développement de l'anglais comme langue de contact pour communiquer."
3. RESSOURCES LINGUISTIQUES
[Dans ce chapitre:]
[3.1. Sites indexant des ressources linguistiques / 3.2. Répertoires linguistiques / 3.3. Dictionnaires et glossaires / 3.4. Bases de données textuelles / 3.5. Bases de données terminologiques]
3.1. Sites indexant des ressources linguistiques
Préparé par le programme Télématique pour les bibliothèques de la Commission européenne, Multilingual Tools and Services (Outils et services multilingues) propose une série de dictionnaires, instruments d'aide multilingues, projets, moteurs de recherche par langue, banques de données terminologiques, thésaurus et systèmes de traduction.
Créée par Tyler Chambers en mai 1994, The Human-Languages Page (La page des langues humaines) est un catalogue détaillé de 1.800 ressources linguistiques dans plus de 100 langues différentes. Les différentes sections sont: langues et littérature, écoles et institutions, ressources linguistiques, produits et services, organismes, emplois et stages, dictionnaires et cours de langues.
Tyler Chambers mène aussi un autre projet relatif aux langues, l'Internet Dictionary Project (Projet de dictionnaire Internet). Sur le site web, il explique:
"Le but de l'Internet Dictionary Project est de créer des dictionnaires de traduction grâce à l'aide des internautes. Ce site permet aux individus du monde entier de consulter et de participer à la traduction de termes anglais dans d'autres langues. Les listes de termes anglais et leurs correspondants dans d'autres langues sont ensuite mis à la disposition de tous sur ce site, sans restriction d'aucune sorte. [...]
The Internet Dictionary Project a débuté en 1995 pour combler une lacuune et procurer à la communauté d'Internet et à tous ceux qui s'intéressent à l'informatique des dictionnaires de traduction gratuits. Non seulement il est très utile d'avoir immédiatement accès à des dictionnaires via le World Wide Web, mais ceci permet aussi le développement de logiciels pouvant tirer parti de tels dictionnaires, que ce soit des programmes de traduction ou des vérificateurs d'orthographe ou encore des guides d'apprentissage des langues. En facilitant la création de ces dictionnaires en ligne par des milliers de volontaires, et en les mettant gratuitement à la disposition de tous, l'Internet Dictionary Project espère imprimer sa marque sur Internet et susciter d'autres projets qui seront plus bénéfiques que des revenus purement financiers."
Tyler Chambers a répondu à mes questions dans son courrier électronique du 14 septembre 1998.
ML: "Comment voyez-vous le multilinguisme sur le Web?"
TC: "Le multilinguisme sur le Web était inévitable bien avant que ce médium ne se développe vraiment. Mon premier vrai contact avec Internet date de 1994, un peu après ses débuts mais bien avant son expansion. 1994 a été aussi l'année où j'ai débuté mon premier projet web multilingue, et il existait déjà un nombre significatif de ressources linguistiques en ligne. Ceci était antérieur à la création de Netscape. Mosaic était le seul navigateur sur le Web, et les pages web étaient essentiellement des documents textuels reliés par des hyperliens. Suite à l'expérience acquise maintenant par les navigateurs et les cybernautes, je ne pense pas qu'il existe une langue vivante qui ne soit pas représentée sur le Web, que ce soit la langue des Indiens d'Amérique ou les dialectes moyen-orientaux. De même une pléthore de langues mortes peut maintenant trouver une audience nouvelle avec des érudits et autres spécialistes en ligne. A ma connaissance, très peu de jeux de caractères ne sont pas disponibles en ligne: les navigateurs ont maintenant la possibilité de visualiser les caractères romains, asiatiques, cyrilliques, grecs, turcs, etc. Accent Software a un produit appelé "Internet avec accents" qui prétend être capable de visualiser plus de 30 codages différents. S'il existe encore des obstacles à la diffusion d'une langue spécifique sur le Web, ceci ne devrait pas durer."
ML: "Quel a été le bénéfice de l'utilisation d'Internet dans votre vie professionnelle?"
TC: "Ma vie professionnelle est en ce moment complètement distincte de mon activité sur Internet. Je suis un programmeur/technicien informatique, je trouve cela stimulant et cela me permet de payer les factures. Mon activité en ligne a été de rendre l'information linguistique accessible à davantage de gens par le biais de deux de mes projets sur le Web. Bien que je ne sois pas multilingue, ni même bilingue moi-même, je suis conscient du fait que très peu de domaines ont une importance comparable à celle des langues et du multilinguisme. Internet m'a permis de toucher des millions de personnes et de les aider à trouver ce qu'elles cherchaient, chose que je suis heureux de faire. Je suis devenu aussi une sorte de célébrité, ou au moins quelqu'un de familier dans certains cercles. Je viens de découvrir qu'un de mes projets est brièvement mentionné dans les éditions asiatique et internationale de Time Magazine. Dans l'ensemble, je pense que le Web a été important pour la sensibilisation aux langues et pour les questions culturelles. Dans quel autre endroit peut-on chercher au hasard pendant vingt minutes et trouver des informations susceptibles de vous intéresser dans trois langues différentes sinon plus? Les médias de communication rendent le monde plus petit en rapprochant les gens; je pense que le Web est le premier médium - bien plus que le courrier, le télégraphe, le téléphone, la radio ou la télévision - à réellement permettre à l'usager moyen de franchir les frontières nationales et culturelles. Israël n'est plus à des milliers de kilomètres, mais seulement à quelques clics de souris. Notre monde est maintenant suffisamment petit pour tenir sur un écran d'ordinateur."
ML: "Comment voyez-vous l'évolution vers un Internet multilingue?"
TC: "Comme je l'ai dit plus haut, je pense que l'avenir d'Internet réside dans davantage de multilinguisme et d'exploration et de compréhension multiculturelles que nous n'en avons jamais vu. Cependant Internet sera seulement le médium au travers duquel l'information circule. Comme le papier qui sert de support au livre, Internet lui-même augmente très peu le contenu de l'information. Par contre il augmente énormément la valeur de celle-ci dans la capacité qu'il a à communiquer cette information. Dire qu'Internet aiguillonne le multilinguisme est à mon sens une opinion fausse. C'est la communication qui aiguillonne le multilinguisme et l'échange multiculturel, Internet est seulement le mode de communication le plus récent rendu accessible aux gens plus ou moins ordinaires. Internet a un long chemin à parcourir avant d'être omniprésent dans le monde entier, mais il est vraissemblable que lui-même ou un médium de la même lignée y arrive. Les langues deviendront encore plus importantes qu'elles ne le sont quand tout le monde pourra communiquer à l'échelle de la planète (à travers le Web, les discussions, les jeux, le courrier électronique, ou toute application appartenant encore au domaine de l'avenir), mais je ne sais pas si ceci mènera à un renforcement des attaches linguistiques ou à une fusion des langues jusqu'à ce qu'il n'en subsite plus que quelques-unes ou même une seule. Une chose qui m'apparaît certaine est qu'Internet sera toujours la marque de notre diversité, y compris la diversité des langues, même si cette diversité diminue. Et c'est une des choses que j'aime au sujet d'Internet, c'est un exemple à l'échelle mondiale du dicton: 'Cela n'a pas vraiment disparu tant que quelqu'un s'en souvient.' Et les gens se souviennent."
Depuis ses débuts en 1989, le CTI (Computer in Teaching Initiative) Centre for Modern Languages (Centre pour l'utilisation des ordinateurs dans l'enseignement des langues modernes) est inclus dans l'Institut des langues de l'Université d'Hull (Royaume-Uni) et vise à promouvoir l'utilisation des ordinateurs dans l'apprentissage et l'enseignement des langues. Le Centre procure des informations sur la manière dont l'apprentissage des langues assisté par ordinateur peut être effectivement intégré à des cours existants en offrant un soutien aux professeurs qui utilisent, ou souhaitent utiliser, l'informatique dans l'enseignement qu'ils dispensent.
June Thompson, responsable du Centre, a répondu à mes questions dans son courrier électronique du 14 décembre 1998.
ML: "Comment voyez-vous le multilinguisme sur Internet?"
JT: "Avec Internet, on a la possibilité d'accroître l'utilisation des langues étrangères, et notre organisation ne soutient absolument pas la suprématie de l'anglais en tant que langue d'Internet. Une intéressante conférence sur ce sujet a été donnée par Madanmohan Rao à la Conférence WorldCALL de Melbourne en juillet 1998. [Voir la présention de l'ouvrage à paraître suite à la conférence.]
ML: "Quel a été le bénéfice de l'utilisation d'Internet dans votre activité?"
JT: "L'utilisation d'Internet a apporté une nouvelle dimension à notre tâche qui consiste à soutenir les professeurs de langue dans l'utilisation de la technologie correspondante."
ML: "Comment voyez-vous l'évolution vers un Internet multilingue?"
JT: "Je pense que dans un avenir proche l'utilisation de supports linguistiques sur Internet va continuer à se développer en même temps que d'autres activités liées à la technologie (par exemple l'utilisation de CD-ROM - certains établissements n'ont pas suffisamment de matériel informatique en réseau). A l'avenir il me semble que l'utilisation d'Internet jouera un rôle plus grand, mais seulement si ces activités sont à caractère pédagogique. Notre organisme travaille étroitement avec le WELL project [Web Enhanced Language Learning - Apprentissage des langues grâce au Web], qui se consacre à ces problèmes."
Hébergé par le CTI Centre for Modern Languages et l'Université d'Hull (Royaume-Uni), EUROCALL (European Association for Computer Assisted Language Learning) (Association européenne pour l'apprentissage des langues assisté par ordinateur) regroupe des professionnels de l'enseignement des langues exerçant en Europe et dans le monde entier. Ses objectifs sont de favoriser l'utilisation des langues étrangères en Europe, ainsi qu'une vision européenne de l'utilisation de la technologie pour l'apprentissage des langues et l'élaboration et la diffusion d'un matériel de qualité.
EUROCALL soutient aussi deux groupes: CAPITAL (Computer Assisted Pronunciation Investigation Teaching and Learning) (Investigation, enseignement et apprentissage de la prononciation assistés par ordinateur), qui est un groupe de chercheurs et de praticiens souhaitant utiliser l'informatique dans le domaine de la prononciation pris dans le sens le plus large du terme, et WELL (Web Enhanced Language Learning) (Apprentissage des langues grâce au Web), qui procurera l'accès à des ressources web de qualité dans douze langues différentes. Sélectionnées et décrites par des experts, ces ressources seront complétées par des informations et des exemples sur la manière de les utiliser pour l'enseignement et l'apprentissage d'une langue.
Internet Resources for Language Teachers and Learners (Ressources Internet pour l'enseignement et l'apprentissage des langues) propose plusieurs catégories de liens: ressources linguistiques générales (centres et départements, dictionnaires et grammaires, listes de discussion, apprentissage des langues à distance, caractères, compte-rendus, linguistique, listes et index, divers, journaux et périodiques, organismes, ressources, sites linguistiques multilingues, moteurs de recherche et index, sites linguistiques commerciaux (audiovisuels, écoles de langue, ressources et répertoires, logiciels).
Géré par l'Institut des sciences phonétiques d'Amsterdam (Pays-Bas), Speech on the Web (Parole sur le Web) est un répertoire de liens organisés en différentes sections: congrès, réunions et ateliers, liens et listes, phonétique et parole, traitement de la langue naturelle, sciences cognitives et intelligence artificielle, linguistique computationnelle, dictionnaires, lettres d'information électroniques, revues et publications.