Le ménagier de Paris (v. 1 & 2)

Part 5

Chapter 53,627 wordsPublic domain

Il y a plusieurs copies manuscrites de ce Recueil (fait au XVIIe siècle) dans les bibliothèques particulières. Le plus beau et le plus complet est à la Bibliothèque du Roi (Cabinet généalogique). Je me suis servi d’un exemplaire en 3 vol. in-4º, qui fait partie de mon cabinet. J’ai vu plusieurs exemplaires de ce Recueil où manquoient les épitaphes de l’église Saint-Séverin.

Reg. du parlement, plaid. civ.

Voy. _Plaidoieries civiles_.

Rues et églises de Paris.

Les rues et églises de Paris, avec la dépense qui se fait chacun jour, etc., In-4º gothique. Voy. _Corrozet_.

Sainte-Aulaire.

La fauconnerie de François de Saincte-Aulaire, sieur de La Renodie en Périgort, gentilhomme Lymosin. Paris, 1619. In-4º.

L’auteur de ce livre très-rare dit que son ouvrage a été revu en manuscrit par le connétable de Luynes.

Sauval.

Antiquités de Paris. Paris, 1724. 3 vol. in-fol.

Secousse.

Mémoires pour servir à l’histoire de Charles II, roi de Navarre. Paris, Durand, 1758.--Recueil de pièces servant de preuves aux mémoires, etc. Paris, 1755. 2 vol. in-4º.

Songe de Pestilence.

Voy. _Modus_.

Table des Mémoriaux de la chambre des comptes.

Ces tables sont déposées aux Archives du royaume, et renvoient aux mémoriaux qui n’existent plus depuis les incendies du Palais. Il reste cependant quelques pièces recopiées sur des expéditions ou sur des copies _vidimées_ prêtées par des particuliers depuis les incendies, et aussi différens exemplaires d’extraits des mémoriaux faits à diverses époques pour des magistrats.

Taillevent.

Voir, sur les manuscrits connus de cet ouvrage, l’introduction, p. XXXV.

Quand je cite le Taillevent imprimé, je parle de la première des éditions du XVe siècle décrite par M. Brunet, dont je possède le seul exemplaire connu (celui de MM. Baron et Huzard).

Trésor de dom Villevieille.

Extraits de chartes, cartulaires et autres documens historiques recueillis par dom Villevieille, et classés par noms de famille. Ce précieux recueil est aujourd’hui au Cabinet généalogique (partie de la Bibliothèque royale confiée à la surveillance si compétente et si éclairée de M. Léon Lacabane).

Trésor de santé.

Le Thrésor de Santé, ou Message de la vie humaine, divisé en dix livres, lesquels traictent de toutes sortes de viandes et breuvages; faict par un des plus célèbres et fameux médecins de ce siècle. Lyon, J. A. Huguetan, 1616, in-8º.

Il doit exister des exemplaires de cette édition avec la date de 1607, car le dernier feuillet porte: _A Lyon, de l’imprimerie d’Estienne Servain_, 1607.

Il résulte des termes de la dédicace de cet ouvrage, adressée par le libraire à M. de Villars, premier président au parlement de Dombes, que l’auteur avoit dans ces matières une longue expérience _qui l’avoit approché_ (comme médecin?) _de la première et plus chère personne de ce royaume_ (du roi?), et n’avoit pas voulu être nommé dans l’édition qu’il supposoit devoir être faite de son livre. Il semble qu’il étoit mort lorsque le libraire écrivoit sa dédicace, et je crois cet ouvrage composé au XVIe siècle. Il est curieux et rare, et n’a pas été connu de Legrand d’Aussy.

Trésor des chartes, 90, 131.

Ces mots signifient: Registre 90 du Trésor des Chartes, pièce 131.

Trésor de Vénerie.

Poëme écrit en 1394 par messire Hardouin de Fontaines, chevalier, seigneur de Fontaines-Guérin en Anjou. Je compte donner incessamment une édition avec notes très-détaillées de cet ouvrage intéressant pour l’histoire de la fin du XIVe siècle, et aussi pour la province d’Anjou.

Plusieurs feuilles sont déjà imprimées.

Variétés historiques.

Variétés historiques, physiques et littéraires, ou recherches d’un savant, etc. Paris, Nyon, 1752. 6 parties en 3 tomes in-12.

Recueil de dissertations déjà imprimées dans des journaux du temps, et qui ne sont pas toutes du même auteur, comme le titre précédent pourroit le faire croire, mais bien de Lebeuf, Boucher d’Argis et autres.

Venette (le carme Jean de), continuateur de Nangis.

M. Géraud, dans l’édition qu’il a donnée, pour la Société de l’Histoire de France, des _Chroniques de G. de Nangis et ses continuateurs jusqu’en 1368_, Paris, 1843-5, 2 vol. in-8º, me semble avoir bien prouvé que le carme Jean de Venette étoit l’auteur de la dernière continuation de Nangis.

Viandier.

Je cite sous ce nom les articles 4 et 5 de la troisième distinction, excepté quand je parle du _Viandier de Taillevent_; dans ce cas, c’est l’ouvrage de Guillaume Tirel. Voy. _Taillevent_ dans cette liste, et l’Introduction, p. XXXII.

CORRECTIONS ET ADDITIONS.

Tome I, page 3, ligne 1, au lieu de _au tel_, lisez _autel_ (pareil).

Page 4, note, au lieu de _dix-huit_, lisez _dix-sept_.

Page 71, note sur les jeux.

Suivant l’auteur d’un article fort intéressant et bien fait, inséré dans le _Magasin pittoresque_ de février 1847, p. 67, sur un volume très-rare (intitulé: _les trente-six Tableaux contenant tous les jeux qui se peurent jamais inventer..._ Paris, Nicolas Prévost, 1589, in-4º oblong, aujourd’hui en ma possession), le jeu de _pince-mérille_ étoit analogue à celui de _Je te pince sans rire_. On pinçoit le bras en disant: _Mérille_ ou _Morille_. La partie de l’estampe du volume original qui me paroît représenter le jeu de _pince-mérille_, est ainsi composée: trois jeunes filles sont assises: un garçon les regarde, et penché vers elles, a la main gauche sur leurs genoux ou au moins tout près. Sa main droite est étendue comme pour repousser ou éloigner quelqu’un. Il tourne le dos à un cinquième joueur placé à distance, qui, le poing gauche sur la hanche et la main droite en avant, montre un ou plusieurs doigts, comme pour indiquer un nombre aux jeunes filles.

Tome I, page 76, _Item_ l’en dit aussi que les roynes.... jamais ne baiseront hommes.

Cependant la noblesse, qui s’est en général toujours rapprochée le plus possible des mœurs de la cour, avoit des principes tout différens. En 1395, Jeanne de Champflory, femme de Pierre de Couveignon, écuyer, plaidant contre son mari, dont elle étoit séparée de fait, disoit qu’il étoit devenu jaloux d’elle, _pour ce que, par manière des nobles, elle baisoit ses parens_ (_Plaid. civiles_, X, 500 et 604, vº). Henri Estienne cite encore, dans son _Apologie pour Hérodote_ (1735, I, 81), un passage des sermons de Menot, relatif au même usage: «Si madamoiselle, dit-il, est en l’église, et arrive quelque gentillastre, il faut (_pour entretenir les coustumes de noblesse_), encore que ce soit à l’heure qu’on est en la plus grande dévotion, qu’elle se lève parmi tout le peuple, et qu’elle le baise bec à bec. _Ad omnes diabolos talis modus faciendi!_» Cette mode ne fut cependant pas toujours universelle. Sauval raconte (II, 465), qu’une dame de Blois, faisant hommage d’un fief, refusa de baiser son suzerain à la bouche, comme c’étoit la coutume entre le seigneur et le vassal. Il en résulta un procès que le suzerain perdit, et il fut décidé que l’hommage étoit valable.

Tome I, page 131, ligne 1, au lieu de _serait_, lisez _seroit_.

Page 137, note sur Gilles Labat.

Gilles Labat est dit procureur _général_ au parlement dans les lettres de rémission qu’il obtint en 1383: j’ai remarqué, t. II, p. 104, qu’il ne pouvoit avoir eu cette qualité et qu’il n’étoit très-probablement alors que procureur au parlement, comme il l’étoit encore en 1385 (et en 1397). Je crois pouvoir expliquer maintenant comment Gilles Labat, qui n’étoit évidemment que _procureur_ au parlement, est qualifié de procureur _général_ dans un acte émané de la chancellerie, et qu’il est difficile de supposer fautif. Autrefois le mot _procureur_ signifioit simplement _fondé de pouvoirs_, et on trouve à chaque instant des gens de toutes qualités comparoissant, signant, etc., comme _procureurs_ de leurs amis. La qualité de _général_ ajouté au mot procureur signifioit, dans certains cas, que le mandataire étoit chargé de toutes les affaires du mandant; mais elle pouvoit signifier aussi, quand elle s’appliquoit à un procureur au parlement ou au Châtelet, qu’il étoit par état et non par occasion procureur ou mandataire _en général_. Cette assertion me paroît justifiée par le passage suivant d’une plaidoirie de 1394, qui s’applique, il est vrai, aux procureurs au Châtelet, mais qui permet de supposer que les procureurs au parlement, placés dans une position supérieure, pouvoient bien aussi recevoir, dans quelques occasions, l’épithète de _général_. Leur nombre étant d’ailleurs illimité, on conçoit que cette épithète leur ait été encore plus utile qu’aux procureurs au Châtelet (limités à quarante), pour se distinguer des procureurs ou mandataires spéciaux:

«Toutes les cours qui ressortissent (au Châtelet) se gouvernent selon le stille de chastelet, et pour ce les procureurs qui sont _procureurs générals_ léans, qui ne font que fait de procuration devant le prévost, sont advocas ès cours subjetes... En 1378 ou environ, en Chastelet n’avoit point de nombre (_limité_) de procureurs, et pour ce que plusieurs inconvéniens s’ensuivoient pour la multiplication, par le roy fu ordené qu’il n’y aroit en Chastelet que quarante _procureurs généraulx_. Ce fit messire Hugues Aubriot, et a duré quinze ans.»

Au reste, les procureurs au Châtelet et au Parlement étoient plus habituellement dits _procureurs_ que procureurs généraux (voir ci-après remarque sur la page 116, nº 3). Le procureur général est ordinairement nommé le _procureur général du Roi_, et, le plus souvent, le _procureur du Roi_.

Page 140, note sur le bailli de Tournay, au lieu de _Il est assez difficile_, etc., lisez:

Il me semble que le bailli de Tournay, dont parle ici l’auteur du _Ménagier_, doit être messire Tristan du Bos, personnage assez important au XIVe siècle, et premier bailli de Tournay. Il avoit d’abord été bailli de Lille, mais il fut rappelé lors du mariage du duc de Bourgogne, et fait bailli de Vermandois. En 1383, il fut envoyé par le Roi à Tournay avec le comte de Sancerre et autres réformateurs, et nommé alors bailli de cette ville. Il est dit dans une plaidoierie de novembre 1385 que «le bailli de Tournay étoit du conseil du roi et _sages homs_, et avoit gouverné plusieurs bailliages,» ce qui s’applique bien à messire Tristan du Bos, bailli de Lille, puis de Vermandois, et mentionné plusieurs fois (le 6 novembre 1392, etc.) comme assistant aux séances du Parlement, où viennent les princes et le grand conseil. Je crois que c’est bien lui qui figure en qualité de maître des requêtes dans l’ordonnance de Vernon en date de février 1388-9 sur l’organisation de la maison du roi. Les requêtes de l’hôtel suivant partout le roi, il semble difficile qu’il ait pu cumuler l’emploi de maître des requêtes avec celui de bailli de Tournay, et il y a lieu de croire qu’il fut nommé maître des requêtes en même temps qu’Henry Le Mazier (voy. p. 140) fut nommé bailli de Tournay. Il paroît au reste avoir plus marqué comme magistrat que comme militaire, car les habitans de Tournay, pour prouver qu’ils pouvoient bien se défendre sans bailli royal, disoient en février 1394-5 que messire Tristan ayant voulu arrêter un certain Louis Despiés hors de Tournay, avoit vu massacrer les Tournisiens qui l’accompagnoient, et avoit été obligé de se réfugier dans le clocher de Wertaing. Dix mille habitans de Tournay avoient été, en armes, le tirer de là pour l’honneur du roi, puis arrêter Louis Despiés, et brûler la ville qui lui avoit donné asile. En 1395, il étoit prévôt de l’église d’Arras (_Plaid. civiles_, X, 483, 515). Messire Tristan du Bos ayant été longtemps bailli de Tournay et étant souvent venu à Paris, avoit nécessairement eu occasion de se rencontrer avec l’auteur du _Ménagier_, magistrat comme lui, ainsi que je crois l’avoir prouvé dans l’introduction. Il étoit encore maître des requêtes le 12 novembre 1400 (_Matinées_ III), et plaidoit, en mars 1400-1, pour la terre de Beaucamp, mouvante du seigneur de Heilly, qu’il avoit achetée en 1398.

Page 149, note sur le Sire d’Andresel.

Des lettres de rémission, accordées en avril 1361 à Jean de Melun seigneur de la Borde le Vicomte, lettres qui se trouvent dans le registre LXXXIX du _Trésor des Chartes_ (pièce nº 755) et qui m’ont été signalées par M. Grésy, font connoître la nature de la rémission accordée à Jean d’Andresel, et donnent en même temps de nouveaux détails sur sa position et sa conduite en 1359. Il est dit dans ces lettres que Jean d’Andresel, capitaine général de Brie, avoit soudoyé un certain nombre de gens d’armes, pour résister aux Anglois et Navarrois; mais que la supériorité des forces ennemies, et les grands frais qu’entraînoit la réunion d’un corps aussi considérable l’avoient décidé à le dissoudre, et à renvoyer les gens d’armes dans leurs garnisons. Il avoit ordonné, du consentement des habitans du pays, que les gens d’armes seroient payés de leurs gages au moyen d’un subside levé par feu dans le pays de Brie, l’impôt payé par chaque localité étant spécialement et directement affecté au payement d’un corps désigné d’avance; chaque garnison devoit se tenir prête à marcher au premier ordre. On conçoit qu’un pareil arrangement ait donné lieu à plusieurs désordres, à plusieurs violences de la part des gens d’armes quand l’imposition ne leur étoit pas régulièrement payée; c’est ce qui étoit arrivé à Jean de Melun pour les troupes sous ses ordres, et il me paroît évident que la lettre de rémission accordée à Jean d’Andresel devoit avoir (comme je l’avois pressenti) un semblable motif.

On trouve dans Rymer (éd. de 1830 T. III), plusieurs pièces intéressantes sur le séjour de Jean d’Andresel en Angleterre. Il promit d’abord, avec les autres otages, le 20 février 1361-2, sur son honneur et état de chevalerie, d’être loyal otage au roi d’Angleterre, de taire ses secrets, de demeurer dans une ville ou cité quelconque, et de n’en sortir qu’avec la permission du roi, sauf qu’il lui étoit permis d’en sortir le matin pour s’ébattre, et d’y rentrer au soleil couchant.

Le 13 mai 1363, Jean d’Andresel, étant aux Jacobins de Londres, reçut licence et congé d’aller en France _pour aucunes grosses besognes touchant la paix_. Il promit à cette occasion de ne pas s’armer contre l’Angleterre pendant le séjour qu’il alloit faire en France, _et de remettre son corps en otage en la cité de Londres_ au plus tard le jour de la Toussaint. Ce fut au reste malgré le roi Jean qu’il obtint cette mission. Ce prince avoit écrit le 26 janvier au roi d’Angleterre, de Villeneuve-lès-Avignon où il étoit alors, qu’il avoit vu le traité fait entre l’Angleterre d’une part, et le duc d’Orléans, ses enfans et son conseil de l’autre, et qu’il le confirmoit, sauf qu’il désiroit voir délivrer Pierre d’Alençon, le comte Dauphin d’Auvergne et le sire de Coucy, au lieu du comte de Grantpré, du sire de Clere et du _sire d’Andresel_. Le roi d’Angleterre ayant refusé cet échange, le roi lui écrivoit encore, le 13 mars[104], qu’il confirmoit le traité malgré son refus, mais qu’il n’auroit pas cru _que de si petit de chose il lui dût faillir_.

Froissart a dit que plusieurs des otages du roi Jean n’exécutèrent pas loyalement leurs promesses. Je ne sais si ce reproche est fondé pour quelques-uns, mais il ne sauroit, en tout cas, s’appliquer au sire d’Andresel. C’est ce que prouve la pièce suivante en date du 16 juin 1365, qui prononce la mise en liberté définitive de Jean d’Andresel dans des termes bien honorables pour sa loyauté:

«Le Roy, au noble homme Johan sire d’Andresel, salutz. Par contemplation de nostre très-cher et très-amé frère le duc d’Orliens, veuilliantz faire à vous faveur, desport, et grace espécial, de nostre certeine science nous confessons que vous avez bien et loialment tenuz par devers nous hostage depuis le temps que vous nous estoiez baillée parmy la paix.

«Et des ore nous vous délivrons pleinement dudit hostage, et vous quitons et absolvons par ces présentes lettres de toutes promesse, foits, seremens, obligations et convenances que fait nous avez à cause dudit hostage.

«Et volons et consentons et nous pleist que vous soietz des ore en avant francs de vostre persone comme quites et délivres à plein dudit ostage.

«Promettans par nostre foy et serement les choses dessusdites et chascune d’icelles tenir et garder, et noun venir encontre: toutes autres obligations, promesses, convenances... faites à nous et à nos heirs par ladite paix et quantque est compris ès lettres sur ceo faites demourants toutdis en leur effect, force et vertu; asqueles, quant as choses qui ne touchent vostre présente délivrance, nous ne volons que aucun préjudice se puisse faire en temps à venir à cause de cestes nos letres.

«Qui furent faites et donnés à nostre chastel de Wyndesore, le 16e jour de juyn, l’an de grâce mil trois cent soixante et quint, et de nostre règne le trente neofisme.» (_Rymer_, _éd. 1830_, t. III, p. 604, 685, 694, 700 et 774.)

Tome I, page 171. Supprimez la note 1.

Voir sur les tranchoirs les nombreux passages indiqués à la table.

Tome I, pages 173 et 174, note sur les verrières.

Quoique le verre fût relativement d’un assez haut prix à la fin du XIVe siècle, il me paroît étonnant que l’auteur du _Ménagier_, évidemment riche, n’ait pas eu de fenêtres vitrées. M. Champollion a cité dans ses _d’Orléans_ (IIIe partie, p. 13), divers documens desquels il résulte qu’un panneau de verre neuf coûtoit 4 sols le pied (quarré?) quand il étoit peint simplement (portant une devise), et 3 sols 6 deniers quand il étoit sans aucun ornement. En tenant compte de la dépréciation de l’argent, 3 sols six deniers ne peuvent pas représenter plus de 7 francs de notre monnoie. Il semble donc que c’étoit une dépense abordable pour les fortunes moyennes. En 1395, Idete des Marès, femme en premières noces de maître Jean de Fontaines (voir T. II, p. 119), et, en secondes, de Jean Thomas, et fille du célèbre Jean des Marès décapité en 1383, louoit 20 francs par an une maison dans laquelle il y avoit des fenêtres vitrées (voir mon _Mémoire sur les Maillotins_). Comment donc l’auteur du _Ménagier_ se contentoit-il de parchemin?

Tome I, page 174, ligne 1, Table dréciées.

Les tables étoient donc alors seulement posées sur des tréteaux.

Tome I, page 221, note 1re, sans doute l’auteur du _Liber de amore_.

Je n’ai cependant pas trouvé ces passages dans le _Livre d’amours auquel est relatée la grant amour et façon par laquelle Pamphille peut jouyr de Galathée, et le moyen qu’en fist la maquerelle_. Paris, Vérard, 1494, in-fol.--Les passages cités dans le _Ménagier_ doivent donc être tirés d’un des autres auteurs cités dans le Manuel du Libraire au mot _Pamphile_.

Tome II, page 32, vers 1, Et de ceulx qui vestent les rois.

On lit dans Christine de Pisan, p. 93 de l’édition Poujoulat:

«Il rencontra un de ces ribaulz _vestus d’une roiz_ qui par chemin souloyent aler.»

L’auteur de la traduction qui est au bas de la page a rendu ce mot par _blouse_. Je ne sais sur quoi il a fondé cette interprétation.

Tome II, page 38, colonne 1, vers 22,.... en el.

Dans ce lieu, là dedans.

Tome II, page 59, ligne 20,.... de males sanglantes fièvres.

L’épithète de sanglant étoit fréquemment employée dans les invectives, sans qu’on puisse bien s’en expliquer le motif. C’est ainsi qu’on voit dans le récit d’une querelle de Pierre de Lesclat, célèbre conseiller au parlement et confident du duc de Berry, avec Raoul Drobille, procureur au parlement, ce dernier dire à Pierre: _Je ne doubte toy ne ton povoir! un sanglant é.... en ta gorge!_ Je crois que c’est de là qu’est restée l’expression d’_injure sanglante_.

Tome II, page 64, ligne 12, Par engins d’aisselles.

Ce doit être sans doute le piége connu sous le nom de _quatre-de-chiffre_.

Tome II, page 73, ligne 6, Ne bube ne malen.

Peut-être faut-il lire _mal en_ (mal dedans, _malum intùs_).

Tome II, page 89, ligne 7, D’autre part, de l’eaue.

Mettez deux points après _l’eaue_.

Tome II, page 90, ligne 21, La saison des truites commence en....

Suppléez _mars ou mai_, suivant ce qui est dit p. 190.

Tome II, pages 94 et 97.

Les menus VI et XII sont les mêmes, à quelques variantes près.

Tome II, page 96, menu X.

C’est un dîner de poisson et non de chair, et ce menu est, à très-peu de chose près, le même que le XXIVe.

Tome II, page 99, menu XV, Brouet lardé.

Peut-être est-ce une faute pour _bouli lardé_.

_Ib._ Cine (cygne).

Ce pourroit être civé.

Tome II, page 100, menu XVI, Drois au persil.

On appeloit _droits_, en fait de venaison, certains morceaux recherchés qu’on mettoit à part pour le seigneur ou maître d’équipage quand on défaisoit le cerf.

Tome II, page 103, n. 1.

Au lieu de _gros poisson salé_, lisez: marsouin, dit encore en anglois _purpoise_. Voy. p. 198.

Tome II, pages 104 et 105, note sur l’abbé de Lagny.

J’ai encore vu un abbé de Lagny assistant à l’ouverture du parlement le 2 janvier 1387-8.

L’abbé nommé dans le _Ménagier_ ne peut être le second (Pierre II) cité dans la _Gallia christiana_. Il est parlé en effet, dans une plaidoierie du 18 mai 1391, du prieur de Saint-Thibaut, _à présent_ abbé de Lagny. Ces mots indiquent que ce prieur étoit devenu abbé en 1390 ou 91. L’abbé de Lagny vivant en 1379 n’étoit donc plus à la tête de cette abbaye en 1396.

Tome II, page 113, note sur la Pierre-au-Lait.

La position que j’ai assignée à ce lieu est confirmée par deux passages des comptes de la prévôté de Paris donnés par Sauval (III, 279 et 348), dans lesquels cet emplacement est dit tenir à la ruelle Jean Lecomte (rue Trognon, comme l’a dit Jaillot,--voir Corrozet, 1543,--et non rue d’Avignon, comme l’a cru M. Géraud), et faire face à la ruelle du porche Saint-Jacques. Remarquons encore que cette position est encore la même que celle indiquée par Jaillot pour la fin du XVIIIe siècle (Voy. Paris sous Philippe le Bel, p. 257).

Il est parlé à plusieurs reprises de la Pierre-au-Lait dans les contes d’Eutrapel. Noël du Fail, auteur de ce curieux ouvrage, dit que c’étoit de son temps un lieu mal hanté et habité par des escrocs (fº 42 de l’éd. de 1585). Il appelle aussi échevins de la _Pierre-au-Lait_ des gens habiles à tricher au jeu.

Tome II, page 116, hôtel de Beauvais.

Sauval a dit, t. II, p. 109, qu’il ignoroit où étoit l’hôtel des évêques de Beauvais. Il paroît qu’il le découvrit depuis, car on lit au tome III de ses _Antiquités de Paris_, p. 260, dans les comptes de la prévôté de Paris que cet hôtel étoit rue du _Meurier_ (du franc mûrier). Cette rue étant parallèle et à peu de distance de celle des Billettes, il y a lieu de croire que l’hôtel de Beauvais avoit des portes sur chacune de ces rues.