Le ménagier de Paris (v. 1 & 2)

Part 49

Chapter 493,529 wordsPublic domain

[363] Var. Bryant.--C’est à l’auteur du _Ménagier_ que nous devons de connoître la profession de J. Bruyant, qui n’est indiquée dans aucun des deux manuscrits de son poëme qui sont à la Bibliothèque du Roi. Cette édition du _Chemin de Povreté_, outre qu’elle a été collationnée sur les trois manuscrits du _Ménagier_, a été revue sur le manuscrit du Roi, nº 7201 (décrit T. VI, p. 240, des Manuscrits françois de M. Paris), qui a donné souvent d’utiles variantes. Il résulte de l’explicit du second manuscrit (S.-Victor, 275), cité par M. Paris, et que je n’ai pas pu voir, que ce poëme a été écrit en 1342.

En 1500 le célèbre Pierre Gringore donna sous le titre de _Chasteau de Labour_ une imitation _paraphrasée_, mais une imitation très-positive de ce poëme. C’est le même plan, ce sont les mêmes personnages allégoriques et souvent les mêmes détails. Le _Chasteau de Labour_ vaut sans doute beaucoup mieux que le _Chemin de Povreté_, mais il est fâcheux que Gringore se soit approprié l’idée de Jean Bruyant sans faire part à ses lecteurs de l’obligation qu’il avoit au poëte de XIVe siècle.

[364] Se garnir, assurer sa subsistance.

[365] Garantir.

[366] Fortune.

[367] Féries, jours de fête.

[368] Mauvais heur, malheur.

[369] Se montra.

[370] Reprirent, de r’avoir.

[371] Tira.

[372] Poussa.

[373] S’attacha? Var. 7201, _destrouça_.

[374] Vite.

[375] Gris de fer. Plus ordinairement employé pour désigner la robe d’un cheval.

[376] Sorcière.

[377] Poitrine.

[378] manier, pétrir?

[379] Tourmenter.

[380] Bûche.

[381] Réjouit.

[382] Sentive, du sens, maladie morale?

[383] Diablerie.

[384] A aucun prix, d’aucune manière.

[385] Attristé, ému.

[386] Qui doit être pendu ne sera pas noyé, il faut subir son sort.

[387] Aller, marcher.

[388] Faire mal, agir sottement.--Les richesses sont inutiles quand on les a seulement en sa vieillesse et qu’on n’en peut plus jouir.

[389] Mauvaise, infâme.

[390] Supporter.

[391] Secoué, remué.

[392] Profit.

[393] En en recevant une récompense sur laquelle nul ne peut rien fonder de solide.

[394] Domination.

[395] Chiens mâtins.

[396] A ton aide. Ce vers ne rime pas avec le précédent à moins qu’on ne prononce _ayé_.

[397] Moitié, de son côté.

[398] Capitaine.

[399] Cours.

[400] Il manque ici dans les manuscrits un vers qui cependant n’est pas nécessaire à l’intelligence de la phrase.

[401] Tolérance.

[402] Fermeté.

[403] Retenue.

[404] Murmure.

[405] Mauvais vers mis là pour la rime, et dont le sens est _et de soi-même ne se modère_.

[406] Mot auquel je ne connois pas de sens. Les manuscrits A, B, C, portent _ma seur mesure_, ce qui est un contre-sens; le sens exige _male_, mauvaise.

[407] Les manuscrits A, B, C, portent _brouet_ (sauce). On trouve dans Roquefort, _brouvette_, tombereau dans lequel étoient conduits les criminels au supplice.

[408] De bon nid, de bonne race, dont on a fait un seul mot, _débonnaire_. Voir Henry Estienne, _Précellence du langage françois_, p. 93.

[409] Fin, rusé.

[410] Var. B, _en sa fiance est Couardie_.

[411] Maltraité.

[412] Pourtant.

[413] Énervés; on disoit plus souvent _afétardis_.

[414] Relevé.

[415] Subtilité.

[416] Suit.

[417] Il fait faire mains maux.

[418] L’éducation.

[419] Affamé comme un loup.

[420] Paroît.

[421] Enchérissement sur la médisance.

[422] Libertinage.

[423] Se rebuter.

[424] Horreur.

[425] Gros trait d’arbalète.

[426] Passage, position.

[427] Var. 7201, _deuvier_ (dévier, périr?). En laissant _deviner_ il semble qu’on peut entendre ces deux vers ainsi: Regard qui fait rêver les amoureux insensés et dans lequel ils croient follement lire les sentiments qu’ils inspirent.

[428] Plaît.

[429] Matin.

[430] Vraiment.

[431] C’est la raison qui parle et qui appelle la mesure, la modération, sa sœur.

[432] Réglée.

[433] Var. B, _défeuillée_.

[434] Var. B, C, _plus attrait_.

[435] En poursuivant, dans la suite.

[436] Escrime.

[437] Bouclier.

[438] Je crois que ce vers doit être écrit ainsi: _En qui veut à parler emprendre_.

[439] Son.

[440] Fleur de la farine.

[441] Ce _qui_ se rapporte à _l’adresse_. Les vers entre crochets ne sont que dans 7201.

[442] Var. A, B, C, _paré_.

[443] Demeurer.

[444] S’y soustraire.

[445] Branche d’arbre tordue avec laquelle on lie les fagots.

[446] Laïques.

[447] Défait, en désordre. Var. 7201, _descarré_ (dérangé?) et _encarré_, au vers suivant.

[448] Bourbiers.

[449] Dedans.

[450] Peut-être.

[451] Acte nuisible.

[452] C’est la raison qui parle.

[453] Se rapporte à _maintient_ au vers précédent. _Il ment celui qui maintient que destinée, etc._

[454] Détourné.

[455] Déconfit.

[456] Accroupi, retiré.

[457] Conduit.

[458] Var. 7201, _clèrement et apparcevoir_.

[459] Les pans de ta robe.

[460] Coupée en deux, différente. Var B. et 7201, _impartie_.

[461] Excite.

[462] Précipités.

[463] Matés, lassés.

[464] Naturels, naïfs.

[465] En toute situation.

[466] Critiquer.

[467] Trouves.

[468] Le Mes 7201 ajoute:

La fait crainte à lui obéir: Tu le pues clèrement véir.

[469] Moitié, portion.

[470] Mérite son affection.

[471] Fiel.

[472] Aille, quoi qu’il en soit.

[473] Tromperie.

[474] Blâme.

[475] Reproche.

[476] Difficultueux.

[477] De même, tu ne dois pas être difficile.

[478] Si tu penses bien à ce qu’elle t’a dit.

[479] Intelligence, compréhension.

[480] Tromperie.

[481] Chicane.

[482] Droit, puissance.

[483] En arrière: de rester.

[484] Spécial, dévoué.

[485] Sans dépenser ton avoir qu’il faut tenir serré.

[486] Autant que tu le pourras.

[487] Joyeux.

[488] Tromper.

[489] Satisfaire.

[490] Prendre à crédit.

[491] Compte mal (à ton avantage).

[492] Assigner.

[493] Convenablement.

[494] Agréable.

[495] Tromperie.

[496] Observateur.

[497] Mot dont j’ignore le sens ici.

[498] Caresser.

[499] Amasse.

[500] Var. B. _je ment_.

[501] Établir.

[502] Moquerie.

[503] Cacher.

[504] Il me paroît impossible d’entendre par ces mots, très-distinctement écrits dans tous les manuscrits, _ceux qui habillent les rois_. Je crois que _rois_ doit désigner ici quelque étoffe grossière. L’auteur ne termine d’ailleurs que très-rarement deux vers de suite par le même mot pris dans la même acception.

[505] Exciter, pousser.

[506] Parvenir.

[507] Prendre. (Cela n’est utile qu’à ceux dont la robe est déchirée, qui n’ont pas de quoi se vêtir?)

[508] C’est le titre de l’ouvrage de Gringore; voy. la note 1, § 2, page 4.

[509] C’est le commencement qui décide de tout l’œuvre. Voir sur ce très-ancien proverbe, _Livre des proverbes français_ de M. Le Roux de Lincy, II, 148.

[510] Vers omis dans 7201 qui ajoute après le suivant: _Et, ne finast-il, détonner_.

[511] Désireux.

[512] Expression usitée jusqu’au XVIIe siècle et dont il est bien difficile de déterminer le sens précis. Si on adopte l’opinion de Nicod, ce mot représente quelquefois le μὡν et d’autres fois le μεν des Grecs; dans le second cas, ce passage signifieroit: _Il n’a certes pas_ (ce défaut).

[513] Var. 7201.

Lors regarday moult voulontiers De ces ouvriers la contenance.

[514] C’étoit du gros pain qu’on apportoit de Corbeil à Paris, le plus ordinairement par la Seine. Voy. Le Grand d’Aussy, I, 105. Nous verrons dans le _Viandier_ qu’on s’en servoit pour faire des _tranchouers_.

[515] De l’eau.

[516] Petit pain fait pour une seule personne. Voy. Le Grand d’Aussy, I, 116.

[517] Var. B. _de Bourgongne et Angevin_.

[518] Voir sur ce vin d’Auvergne si estimé au moyen âge, Le Grand d’Aussy, III, 5.

[519] En passant.

[520] Var. 7201:

Ne qu’il pourroit sans autre vivre.

[521] Briquet; _esca_, _esche_ signifiant l’amadou ou au moins une matière inflammable aux étincelles provenant du briquet.

[522] De la lune.

[523] Var. A. _Perrecin_.

[524] Mettre de la terre par-dessus.

[525] Cost, _costus_.

[526] autrement _orvale_; _sclarea, horminum magnum_.

[527] Panais? Var. B. _Pavot_.

[528] C’est ce qu’on appelle _faire blanchir_ les épinards, les faire bouillir et changer l’eau.

[529] Joubarbe.

[530] Resserrer.

[531] Var. B. _Violiers_.

[532] La _Violette de caresme_ doit être la violette dite de _Mars_ dans la _Maison rustique_, etc., et dans le singulier livre intitulé le _Quadragésimal spirituel_, ch. VIII. C’est la violette commune. Quant à celle d’Arménie, je ne la vois citée que dans le _Ménagier_. Ce pourroit être la violette de Parme.

[533] Basilic.

[534] Semée l’année précédente.

[535] Il y a de l’art à la cueillir.

[536] Il ne monte pas.

[537] C’est le fameux Bureau de La Rivière, favori de Charles V, mort le 16 août 1400, et enterré dans l’abbaye de Saint-Denis. La laitue d’Avignon me paroît être sans doute la même que notre Romaine, seule espèce de laitue à graine blanche qu’on connût encore au XVIe siècle (voy. _Maison rustique_, 1570, ch. XIV). C’est donc à Bureau de La Rivière que nous devons cette salade devenue d’un usage si commun. Bureau de La Rivière a dû aller plusieurs fois à Avignon; mais il y passa notamment en mai 1389 avec Jeanne, comtesse de Boulogne et d’Auvergne, qu’il avoit été demander en mariage pour le duc de Berry à Gaston Phébus, comte de Foix, son tuteur. Cette princesse qui l’avoit prise en amitié, lui sauva la vie en 1392, quand ce grand homme faillit être sacrifié aux haines des oncles du roi. (Voir Froissart à l’année 1392.) Est-ce donc ce voyage de 1389 qui nous a valu la Romaine?

[538] C’est quatre pouces. La perche (mesure de longueur) des environs de Paris étoit de 18 pieds et le _dour_ ou quatre pouces. Je sais bien que Nicod donne au dour quatre doigts, ou la longueur d’un poing serré, ou enfin le _quart_ du pied-de-Roi, et le fait venir du grec δὡρον, et que Du Cange l’évalue aussi à _trois pouces_, mais la valeur de _quatre pouces_ est constamment attribuée au dour dans tous les anciens terriers des environs de Paris. Cette circonstance me semble devoir fixer la longueur du dour à quatre pouces. J’ajouterai que ce passage du _Ménagier_ me paroît confirmer cette évaluation, puisqu’il est plus naturel que l’auteur fasse varier la profondeur de la plantation de quatre à six pouces que de trois à six, ce qui constitueroit une différence de moitié.

[539] Ou un morceau de drap (au lieu du fétu de paille) afin que l’eau en découle goutte à goutte sur le pied de la plante.

[540] _Arroches_, plante potagère appelée aussi _Follete_ ou _Bonne-Dame_.

[541] Aussi.

[542] Du temps de Pâques (à manger à Pâques).

[543] Couper les poirées montées à graine.

[544] La Notre-Dame de septembre?

[545] Var. B. _Dour_.

[546] De la lune.

[547] L’Annonciation, 25 mars.

[548] De la grosseur.

[549] Il semble qu’il faudroit _et_.

[550] A. et C. ajoutent: _qu’elle soit si fort serrée_.

[551] Nos ancêtres faisoient une grande consommation de roses et d’autres fleurs en général. Nous verrons tout à l’heure dans les menus de grands repas, l’acquisition de chapeaux ou couronnes de fleurs pour les convives. On voit dans les comptes du duc d’Anjou pour 1379, un don de dix francs fait par mandement de ce prince, en date du 8 juin, _à Yolent, jadis femme de feu Gillet Le Pelletier, en récompensation de ce que depuis que Monseigneur estoit venus en la ville de Paris_ (c’étoit en mai seulement) _elle l’avoit très-bien servi de roses et de flours_ (K. 52, 3, fol. 93 vº et 101). L’auteur des _Rues et églises de Paris_, qui écrivoit tout au commencement du XVIe siècle, estimoit à quinze mille écus la dépense annuelle qui se faisoit à Paris, «en chapeau de fleurs, bouquets et may verds tant pour noces que confrairies, baptêmes, images des églises, audiences de Parlement.... le Trésor, Chastelet et aussi pour festins et banquets qui se font en l’Université en faisant les gradués et autrement.»

[552] Ce doit être, sans aucun doute, une pièce de feutre ou un coussin bourré, que les porte-faix mettoient sur leur tête ou sur leur épaule afin que les fardeaux ne les blessassent pas. On disoit aussi _la feutreure_. Voy. Du Cange à _Feutrum_, où ce mot ne semble pas bien expliqué.--Il me paroît de même que dans les exemples cités dans Du Cange au mot _Feltrum_, _afeutrement_ signifie le coussin garnissant la selle, et qu’un cheval _désafeutré_, signifie un cheval privé de sa selle plutôt que de housse et de couverture. Il est parlé d’un _porteur d’afeutrure_ dans le mariage des quatre fils Aymon, t. I, pag. 369 des _Mystères du XVe siècle_, de M. Jubinal.

[553] Maître-d’hôtel ou intendant: _Dispensator_; de là les Spencer en Angleterre. Froissart appelle toujours Hugues Spencer, _Hue le Despensier_.

[554] Moqueurs.

[555] Les trois manuscrits ajoutent ici la phrase suivante qui paroît singulièrement placée en cet endroit: _Et nota que qui veult faire chandelle de suif, il est neccessaire de très bien faire sécher son lumignon au feu_.

[556] On trouve dans la grande ordonnance rendue par le roi Jean, en février 1350-1, pour remédier à l’augmentation de prix de toutes choses et surtout de la main-d’œuvre, produite par la peste de 1348 et la disette, le montant des salaires exigibles par quelques domestiques. On y voit que les chambrières des bourgeois de Paris gagnoient 30 sols par an et leurs chaussures; un vacher gardant trente vaches, 50 sols; les meilleurs chartiers sept livres; les soyeurs (scieurs, moissonneurs) de grain, 2 sols ½ par jour. Les laboureurs ne pouvoient prendre que 24 s. pour la façon d’un arpent à 4 labours, et les faucheurs de prés que 4 s. par arpent, etc. (Le marc d’argent valoit alors 6 fr.: aujourd’hui 52 fr.)

[557] Sorte d’ordre ou association religieuse, tenant le milieu entre la vie laïque et la vie monastique (voy. _Œuvres de Rutebeuf_, t. I, pag. 160). Nous verrons plus loin (p. 61) que cette dame Agnès la béguine, quoique sous les ordres de la jeune femme de l’auteur, étoit cependant pour elle une sorte de duègne ou gouvernante. Il résulte de cet article que l’auteur du _Ménagier_ avoit un grand nombre de domestiques.

[558] Livre de dépense.

[559] Ses répondans. Il y avoit dès lors et sans doute antérieurement des _recommanderesses_ ou femmes tenant des espèces _de bureaux de placemens_. L’ordonnance de 1351, déjà citée p. 56, leur assigne 18 deniers pour leur salaire d’avoir placé une chambrière, et 2 sols pour une nourrice, _à prendre tant d’une partie comme d’autre_, et leur défend, _sous peine de pilori_, de louer ou recommander la même chambrière ou nourrice plus d’une fois dans la même année.

[560] Se quereller.

[561] L’auteur, se sert, en cet endroit, d’expressions qu’il étoit difficile de reproduire, et manque lui-même au précepte qu’il vient de donner à sa femme quelques lignes plus haut. Néanmoins la délicatesse qu’il témoigne ici, _au moins en intention_, est remarquable pour son époque. On étoit alors si peu scrupuleux que ces expressions étoient employées pour désigner certains mets de figure fort inconvenante. Voy. Legrand d’Aussy, t. II, pages 304, 305.

[562] La gentille, la galante. Voir au ch. CXXII du chevalier de La Tour, la curieuse histoire d’une association amoureuse dite des Galois et Galoises.

Par ce point-là je n’entends, quant à moi, Tours ni porteaux, mais gentilles Galoises. LA FONTAINE, _les Rémois_.

[563] Tabourets de toute la longueur des bancs. Les banquiers et les formiers étoient des housses placées sur les bancs et les formes (escabelles). Un _banquier à_ (orné de figures d’) _oiseaux_ est cité dans l’Inventaire de R. Picque, archevêque de Reims (1389) au ch. des _couvertoirs et tapis_. On voit dans la planche pag. 9 du t. I, l’auteur et sa femme assis sur un _banc_ recouvert d’un _banquier_; ils s’appuient sur des _coustes_ ou _oreillers_, et la femme a les pieds sur un _marchepié_ qui paroît à la droite de l’homme.

[564] On verra dans les comptes d’Isabeau de Bavière pour les années 1408 et 1409 (Archiv. du Roy. K., 268), dont notre collègue M. de Lincy donnera de longs et très-curieux extraits dans son appendice de la première partie des _Femmes célèbres de l’ancienne France_, actuellement sous presse, que cette princesse dépensoit des sommes considérables en _bêtes de chambre_, mais des gens de condition plus modeste mettoient aussi un assez haut prix à de certains oiseaux. En 1406, Augustin Isebarre, changeur de Paris, accusé d’avoir eu des acointances avec un certain Sansonet marchand d’oiseaux qui avoit, avec d’autres, volé pour 4,000 liv. de vaisselle et joyaux dans le _retrait_ (cabinet) de la reine, disoit qu’il l’avoit connu parce qu’_un sien varlet lui dit que Sansonet avoit une très bonne linotte, et l’acheta 40 sols_. (La valeur de 2 ou 3 septiers de blé.) Nous verrons plus loin (à la fin du _Viandier_) l’auteur parler encore d’oiseaux, et notamment de ceux d’Hugues Aubriot.

[565] _Recipe._

[566] Voir l’art. V de cette distinction au chapitre des _Menues choses_.

[567] Graisse. Var. A. _Sang_.

[568] Mettre une bête morte là où il mettra ensuite son poison.

[569] Mettre à l’air, sécher.

[570] Provisions en général, voy. t. I, pag. 237.

[571] Aisselles, petits ais, petites planches.

[572] Aconit, en espagnol _rejagar_. (NICOT.)

[573] L’auteur a voulu parler ici de l’_éponge_, car je ne vois pas que ce qu’il dit de l’_espurge_ puisse convenir en rien à l’herbe qui porte ce nom (_Cataputia._--Voy. Nicot et le _Grant herbier en françois_). Plus loin il emploie encore le mot _espurge_ évidemment pour désigner l’éponge.

[574] La plus grande partie de la poussière.

[575] Var. C. _vergettes_.

[576] Sans doute _terre à foulons_, argile dont on se sert encore quelquefois pour enlever les taches de graisse, surtout sur le bois.

[577] De couleur bleue.

[578] Ces mots qui se trouvent dans les trois manuscrits me paroissent être une observation critique, un doute de l’auteur sur une recette qu’il transcrivoit. Nous trouverons encore de semblables remarques dans le cinquième article de cette distinction.

[579] Le vêtement (auquel est joint la fourrure). On appelloit souvent _robe_ un habit complet, et _garnement_ chaque vêtement composant la _robe_; ainsi, dans ce cas, le surcot, le corset, la cotte, le manteau étoient dits _garnemens_. Voir la collection Le Ber, XIX, 156, 374, 383, etc.

[580] Fleur de farine: nous verrons souvent dans le _Viandier_ le mot fleur employé seul dans ce sens.

[581] Suppléez _tant qu’elle revienne_.

[582] Gros tonneau qui contenoit, à la mesure de Paris, 54 setiers de 8 pintes (la pinte 2 livres pesant d’eau, un peu plus qu’une bouteille ordinaire, 93 centilitres) ou 391 litres 76.

[583] Nom parisien du raisin noir. Voir le Dict. de Nicot.--Var. B. _mourillons_.

[584] Var. A. _la sente_.

[585] _Sileos_ ou _siler montanum_ dans le _Grant herbier_.

[586] _Cardamomon_, employé souvent dans le _Viandier_.

[587] Var. B. _d’un_. Percer d’un greffoir ou d’un petit bâton aiguisé?

[588] Vide.

[589] Le setier contenoit 8 pintes.

[590] Coussinet, emplâtre.--Les blancs frappés sous le règne de Charles VI, avoient 11 à 12 lignes de diamètre.

[591] La quarte ou pot contenoit deux pintes.

[592] Rez-de-chaussée.

[593] Outre le temps convenable: trop longtemps.

[594] S’accouder.

[595] Coudes.

[596] S’en voise, s’en aille, fuie.

[597] Avec un large pied.

[598] Instruire.

[599] En jetant leur chemise dessus? On sait que nos pères couchoient sans aucun vêtement.

[600] Suppléez: _et pendant que_.

[601] En état d’empêchement.

[602] Il y en a dix-huit. Ces conditions du bon cheval ont été souvent imprimées au XVIe siècle.

[603] Les hanches. On appeloit en termes de vénerie un chien bien harpé celui qui avoit les hanches larges et grosses. Voy. Salnove.

[604] Ou _coite_, de _quies_? S’il se tient bien en repos?

[605] Fumier, litière.

[606] Je n’ai pu trouver la signification de ce mot.

[607] Uni.

[608] Qu’il n’ait ni courbes ni fusées.

[609] S’il a des durillons?

[610] Il semble que ce doit être garrot.

[611] Voir ci-après, p. 75, note 1.

[612] De l’autre côté.

[613] Le paturon.

[614] Var. A. _subaudeure_, enflure?

[615] Les manuscrits A et B, répètent ici textuellement ce qui précède depuis _tu dois aller au costé_ jusqu’à _Fourme sur couronnelle_; il n’y a de plus ici que les mots _malandre est_, etc., placés, p. 74, entre crochets.

[616] Var. A. _stourcées_.

[617] Sortir.

[618] Grappe.

[619] A la même hauteur.

[620] Marchandé.

[621] Assuré.

[622] Son.

[623] Pour vendre chèrement. Var. B. _prouvende_, ration.

[624] Phrase obscure qui me paroît signifier que le remède des malandres sert aussi pour l’enflure des jambes de derrière.

[625] Sorte de résine.

[626] Blancs d’œufs.

[627] Tamisé.

[628] Var. A. _du seing de sain_. J’ignore ce que peut signifier ici le mot _saing_.

[629] Tuyau, chalumeau.

[630] Avives, glandes derrière la mâchoire.

[631] Cacher?

[632] La valeur de deux setiers de blé environ, donnée au maréchal pour le traitement assez compliqué de cette maladie.

Les manuscrits donnent ensuite un Traité de l’épervier que l’auteur avoit annoncé devoir faire le 2e article de la 3e distinction. J’ai pensé devoir rétablir la division indiquée par l’auteur et suivie jusqu’ici par lui, et j’ai renvoyé à la fin du livre le Traité de la chasse à l’épervier.

[633] Le Ms. C porte avant ces mots, _Cy commence le Viandier_. C’est pourquoi j’ai renvoyé au _Viandier_ dans diverses notes de cet ouvrage.

[634] On appeloit ainsi l’espace placé entre les rues Saint-Denis, Pierre-à-Poisson et la Grande-Boucherie, devant laquelle il se prolongeoit jusqu’à la rue Pied-de-Bœuf. (Voir Corrozet, éd. 1543, le Plan de Turgot, etc.) Cet espace est aujourd’hui compris dans la place du Châtelet. Mais l’auteur désigne ici sous ce nom, la grande boucherie de la Porte-Paris, connue sous le seul titre de _Grande-Boucherie_, sur l’emplacement de laquelle la grande maison de la place du Châtelet qui fait face au pont au Change, me semble avoir été construite.

On peut voir dans du Breuil (éd. 1612, p. 1053), mais mieux dans Sauval (I, 623), les _Variétés historiques_ (I, 170), et surtout dans le _Traité de la Police_ de Lamarre, des détails sur l’origine de cet établissement dont l’existence signalée dès le commencement du XIIe siècle remontoit peut-être aux-temps de la domination Romaine. La propriété des étaux de cette boucherie, au nombre de trente-deux au XVe siècle, et plus tard de vingt-neuf, et le droit d’être reçu maître boucher (à sept ans et un jour), appartenoient exclusivement aux rejetons mâles d’un petit nombre de familles. A leur joyeux avénement seulement les rois de France pouvoient faire un nouveau maître boucher comme ils faisoient au reste un nouveau maître de chaque profession. (C’est ainsi qu’en 1436, Oudin de Ladehors tige d’une de ces familles dont il est parlé ci-dessus, parvint à la maîtrise par cession de Guillaume Lefèvre dit _Verjus_ queux du roi Charles VII, que ce prince avoit créé maître boucher à son joyeux avénement et confirmé à son entrée dans Paris). Mais plus tard ce droit paroît être tombé en désuétude, s’il ne fut pas racheté par les bouchers.