Le ménagier de Paris (v. 1 & 2)
Part 48
Les circonstances désastreuses où se trouvoit alors la France ne permirent pas au Régent d’assiéger, au moins immédiatement, le château de Melun, quoique sa garnison anglo-navarroise génât beaucoup l’approvisionnement de Paris. Jean d’Andresel dut se borner à garantir la partie de la ville restée françoise, et autant que possible le reste de la Brie, des attaques de cette garnison. En juin 1359, le régent ayant reçu des États assemblés à Paris les moyens de résister plus efficacement à l’ennemi, se rendit en personne à Melun (_Chron. de Saint-Denis_, CXII), et fit fortifier l’abbaye du Lys. C’est alors que, suivant le carme Jean de Venette continuateur de Nangis, Froissart, Cuvelier et Villani (cité par Secousse, I, 383), Melun auroit été assiégé dans les formes par le Régent. Le silence que garde sur ce _siége_ la Chronique de Saint-Denis rédigée pour cette époque par Pierre d’Orgemont avec une admirable précision, donne tout lieu de douter de l’exactitude du récit de Froissart, et surtout de la narration romanesque de Cuvelier. Il paroît bien probable que ce siége ne fut qu’une espèce de blocus levé peu de temps après, le Régent ayant quitté l’armée le 31 juillet par suite des propositions de paix du roi de Navarre, et le traité ayant été signé le 21 août. Au reste, malgré la conclusion de la paix, les Navarrois occupoient encore Melun en septembre 1359. Jean de Venette qui prétend que cette ville fut immédiatement évacuée ne peut balancer à cet égard le témoignage formellement contraire de Pierre d’Orgemont, mais on peut toujours induire de son assertion que cette prolongation d’occupation ne fut pas de longue durée.
D’après ce qui précède, il faut placer la curieuse aventure racontée par l’auteur du _Ménagier_, entre août 1358 et septembre ou octobre 1359. Peut-être même pourroit-on remarquer qu’il est difficile de penser que le sire d’Andresel ait eu avant la cessation des hostilités le loisir ou le désœuvrement qu’on lui attribue dans ce récit, et ait pu sans crainte abandonner son commandement pour aller dîner chez lui à quatre lieues de Melun. Il sembleroit alors qu’on devroit placer cette aventure entre le départ de Charles V et l’évacuation de Melun, c’est-à-dire du 1er août 1359 à septembre ou octobre suivant.
[252] Jean sire d’Andresel, chevalier, étoit issu d’une ancienne et illustre maison alliée, au XIIe siècle, à celle de Garlande. Il étoit fils aîné de Jean d’Andresel, chambellan très-aimé du roi Philippe de Valois, et fut, à cause de cette similitude de prénom, dit _le Jeune_, jusqu’à la mort de son père, arrivée entre mars 1344-5 et février 1346-7a. Il fut chambellan du Dauphin, puis du roi Jeana, et ensuite de Charles V. Compris dans la première promotion des chevaliers de l’Etoileb en janvier 1351-2, il étoit en 1353 capitaine de l’un des châteaux de Vernon, et reçut du roi en 1354 deux mille quatre cents écus d’or comme indemnité de ce qu’il avoit dépensé pour la garde du château de Landal en Bretagne que le roi lui avoit donné à titre d’héritage et lui avoit ensuite reprisa. Il avoit épousé, au moins dès 1346, Jeanne d’Arrablay, fille d’un maître d’hôtel du roi et nièce d’un chancelier de Francec. En août 1358 il étoit capitaine de Melun et de Bried, en août 1359 capitaine général de cette dernière provincee. Cette même année le régent lui donna, probablement pour récompense de ses services en Brie, les paroisses du Chastelier (le Châtelet?), Marchiau (Machault?), Firecy (Féricy?), Champagne et la Celle (sous Moret?), situées dans cette provincef, et lui accorda des lettres de rémission dont on n’a conservé qu’une simple mentiong pour tout ce que lui et ses complices (sans doute les gens d’armes sous ses ordres) avoient fait en Brie, dans les châtellenies de Melun et de Moret et au pont de Samois. Après le traité de Bretigny il fut, avec plusieurs princes du sang et quelques seigneurs des plus illustres de cette époque, au nombre des otages du roi Jean que le roi d’Angleterre emmena avec lui de Calais le 31 octobre 1360h. Il étoit de retour en France au moins au commencement de 1366, car étant en personnei à Yenville en Beauce, il y passa le 1er avril 1365-6 le contrat d’un nouveau mariage avec Jeanne de Maligny veuve avec enfans de Jean seigneur de Rochefort et du Puiset (elle l’avoit épousé en 1347j). Il prend dans cet acte les qualités de chambellan du roi et de _premier grand chambellan d’Orlenois et de Valois_. Jean d’Andresel mourut au commencement de 1368 laissant une succession obérée, malgré ses nombreuses terres, ses fonctions éminentes et les dons des rois qu’il avoit servis. Le 7 mars 1367-8 Jeanne de Maligny sa veuve se présenta devant le Parlement, et jetant sa ceinture dans le parc (espace qui séparoit les avocats et la cour), déclara renoncer aux meubles et aux dettes de sa successionk. Elle fut obligée, pour obtenir son douaire (Tournenfuye, etc.), de recourir à la protection de Charles Vk et de plaider contre messire Aubert et Guillaume d’Andresel ses beaux-frèreslm. Elle se remaria ensuite en troisièmes noces à Raoul de Montigny, chevalier. Jean d’Andresel laissa deux filles, Marguerite et Jeanne, _nées de deux mères différentes_l, et mariées toutes deux dans la maison de Montmorency. Six mois après sa mort, sa seconde fille encore mineure n’avoit pas encore de tuteur, et ses exécuteurs testamentaires n’avoient pas encore accepté la charge qu’il leur avoit laisséem.
Quoiqu’on ignore la date de la mort de Jeanne d’Arrablay, il faudroit lui attribuer l’aventure qui donne lieu à cette note, s’il étoit certain que Jean d’Andresel n’eût été marié que deux fois. (Nous avons vu en effet qu’il n’épousa Jeanne de Maligny qu’en 1366.) Mais il faut remarquer que dans les nombreuses pièces relatives au douaire de Jeanne de Maligny il n’est dit nulle part que Jeanne d’Andresel, fille encore mineure de Jean en 1368, ait eu cette dame pour mère, et cependant elle est citée (mais non nommée) comme _héritière mineure_ de Jean (quorum unus _aut una_ adhuc minor ætatis) dans l’arrêt du 21 juillet 1368 rendu au profit de Jeanne de Maligny, et comme fille mineure de Jean dans la plaidoirie du 5 juin 1368. Si elle eût été fille de Jeanne de Maligny n’est-il pas naturel de supposer qu’on l’auroit mentionné dans la plaidoirie et dans l’arrêt? Faut-il donc croire que le sire d’Andresel eut une seconde femme après Jeanne d’Arrablay et avant Jeanne de Maligny, et que cette seconde femme, mère de Jeanne d’Andresel, a pu être en 1359 dame d’Andresel et héroïne de cette aventure? Dom Guillaume Morin qui a donné dans son _Histoire du Gâtinois_, etc. (Paris, 1630, in-4º, 461) une généalogie ridicule de la famille Viole dans laquelle il fait de notre Jean d’Andresel (enté par lui dans cette famille contre toute preuve et toute raison) deux personnages nommés l’un Pierre et l’autre Jean, marie le premier à Agnès de Chabannes et le second à Anne du Bellay. Je me suis demandé à cause de cette assertion si Jean d’Andresel n’auroit pas été marié en secondes noces à une Chabannes ou à une du Bellay, mais on ne voit rien de semblable ni dans la généalogie de Chabannes donnée dans La Chenaye des Bois, ni dans la généalogie manuscrite de du Bellay par Trinquant, appartenant à la bibliothèque publique d’Angers et que M. Grille a bien voulu consulter pour moi exprès sur ce point. Les choses étant ainsi, je crois que jusqu’à ce qu’on ait une preuve ou au moins un indice plus positif d’un mariage intermédiaire de M. d’Andresel, il ne faut pas s’arrêter au silence des plaidoirie et arrêt de 1368, qui est en définitive plutôt une absence de preuve qu’un argument contraire; on peut donc raisonnablement croire que Jean d’Andresel fut marié deux fois seulement, que Jeanne sa seconde fille étoit fille de Jeanne de Maligny, et que Jeanne d’Arrablay est l’héroïne de l’histoire du _Ménagier_. J’ajouterai en passant que les expressions réservées dont se sert notre auteur (_du surplus je me tais et pour cause_) donnent lieu de craindre pour la mémoire de Jean d’Andresel que cette plaisanterie n’ait été l’occasion d’une scène violente, si ce n’est tragique.
Il y a au Cabinet généalogique une lettre de ce seigneur qui me semble présenter tous les caractères d’un autographe. Je crois devoir la donner ici comme propre à faire connoître avantageusement son éducation et son style épistolaire. Elle se rapporte à une avance qui lui fut faite le 1er mars 1353-4 par le vicomte de Gisors pour servir à réparer les fortifications de Vernon. La voici:
«Vicomte, cher ami, je vous envoie un mandement du roy de la somme de cent livres par. que vous me baillastes et dont vous avez mes lettres soubs mon scel faisans mention desdites cent livres, car le mandement du roy fait bien mention comment je les ay mises ès réparations de la ville de Vernon et comment vous me rendez ma dicte lettre. Si faictes que en ce par vous n’ait deffaut et je vous en prie, et se vous voulez chose que je puisse faire, faites-le moi savoir et je le ferai voulentiers et de cuer. Nostre Sire vous gart. Escript à Paris le mardi au soir VIIIe jour d’avril (1354).
«J. D’ANDESEL, chambell. le roy.»
Sceau: un lion chargé d’une bande.
aTitres originaux du Cabinet généalogique.-- bDu Cange au mot _Stella_.-- cHist. des gr. of. de la Cour. VI, 307-8.-- dJ. Reg. 86, 219.-- eJ. Reg. 90, 326.-- fTrésor de dom Villevieille.-- gTable des Mém. de la Ch. des comptes.-- hChr. de S. Denis, CXXXIV.-- iJ. 158, nos 25 et 26.-- jGénéalogie de Courtenay, in-fol. Pr. 366.-- kReg. du Parl., conseil et plaid. à la date citée.-- lDuchesne, Montmorency, Pr. 379, 380.-- mArrêt du 21 juillet 1368, Jugés, XX, 337.
[253] Des ciseaux.
[254] Nager.
[255] Roman dont le premier auteur est l’Indien Sendabad, et qui fut successivement traduit dans presque toutes les langues. Notre auteur me paroît avoir ajouté au texte qu’il avoit lu bien des détails qui donnent des notions curieuses sur les usages de son temps. On peut s’en assurer en comparant ce passage du _Ménagier_ à l’endroit correspondant d’une version françoise du même ouvrage écrite en vers au XIIIe siècle, et imprimée assez incorrectement à Tubingen, 1836, in-8º (V. p. 97). Cette édition est précédée d’une longue et savante dissertation sur le Roman des Sept Sages.
[256] Jeune arbre fruitier _enté_, greffé.
[257] Être, exister, _stare_, _je laisserai cela_.
[258] Aujourd’hui courte-pointes, couvre-pieds.
[259] Manteau doublé, ou peut-être aussi manteau _parti_, de draps de deux couleurs.--En juillet 1401 l’évêque de Paris réclamant comme clerc un prisonnier que le procureur du roi soutenoit être en habit laïque citoit à l’appui de son dire un arrêt qui avoit reconnu comme clerc un boulanger de Montmorency lequel étoit marié et avoit chaperon à cornette double _de deux divers draps_. (Plaid. criminelles du Parl.) Ces mots indiquent certainement deux couleurs différentes dans les draps du chaperon, mais il semble qu’ici (outre qu’il n’y a pas le mot _divers_), dans l’état où se trouvoit le seigneur rentrant mouillé de la chasse, il est plus naturel de croire qu’il s’agit d’un manteau doublé.
[260] Grande chaise à dossier.
[261] Coussin, _carreau_.
[262] Escabeau.
[263] Var. B. _roe_.
[264] Piétiner, remuer les pattes.
[265] Lessive.
[266] Peut-être faudroit-il _bagues_, effets, joyaux.
[267] Conseil.
[268] Grande salle à manger, et par extension grand festin, cour plénière.
[269] Service.
[270] Var. A. _disposer_.
[271] Bas montant très-haut et s’attachant aux _braies_, sorte de culotte.
[272] Ici, bonnets de nuit.
[273] Sorte de chemise d’homme. On voit dans un compte de la chambre de Philippe le Bel, en 1307, _des toiles pour draps_ (de lit) _et robelinges, c’est chemises_ (sic). Il est dit dans la grande ordonnance des métiers de Paris, rendue par le roi Jean en février 1350-1, que la façon d’une _robe-linge à homme, d’œuvre commune_, devoit être payée 8 deniers aux couturiers, celle d’une chemise à femme 4 deniers seulement. (Collect. Leber, XIX, 38, 316.)
[274] Sorte de culotte ou caleçon.
[275] Il est probable qu’au temps où notre auteur écrivoit il y avoit peu de gens assez éclairés pour avoir une pareille opinion sur les sorcelleries.
[276] Morceaux de pain plats, _tartines_, qu’on mettoit au fond des plats et des assiettes de métal pour couper la viande sans les rayer.
[277] Peut-être hérissé, frotté à rebrousse-poil, _estrusser_ signifiant frotter.--Var. A et C. _estou_.--Le drap _estru_ ou _estou_ me paroît devoir désigner en tout cas un drap à longs poils dans lesquels les puces pouvoient s’embarrasser. Les draps étoient d’abord faits à longs poils et ne devenoient ras qu’après avoir passé par les mains des _tondeurs de draps_. C’étoit un métier important et riche au moyen âge.
[278] Voy. p. 13.
[279] Paille, et je crois aussi feuillées ou herbes qu’on répandoit dans l’intérieur des maisons.
[280] Fourrures; nous avons déjà vu p. 169 qu’on en mettoit sur les lits pour servir de couvertures. On portoit aussi beaucoup de vêtemens fourrés.
[281] Petite mouche, _cousin_, moustique. On disoit aussi _cincenaude_. Var. B. _cincerelles_. Voy. DU CANGE à _Zinzala_.
[282] Ou _cincenaudier_, _moustiquière_, grand rideau, sorte de cloche d’étoffe claire qui enveloppe exactement un lit et empêche les cousins ou moustiques d’approcher. Var. B. _cincenier_.
[283] Petites touffes, _flocons_ de fougère. Var. A. _bloqueaulx de feuchelle_.
[284] Fils, ficelles. Var. A. _et afilez_.
[285] Franges, _effiloques_.
[286] Le fiel.
[287] Secouez.
[288] Petites baguettes.
[289] Quoique les vitres aient été connues dès le temps de Théodose le Grand, qui mourut en 395, elles furent bien longtemps réservées pour les églises et les palais des rois. Elles étoient ordinairement chargées de peintures. Les fenêtres vitrées que le duc de Berry fit mettre à son château de Bicêtre étoient d’assez haut prix pour que les Parisiens, avant de brûler ce bel édifice, en 1411, aient eu soin de les emporter _avec les beaux huis_ (peut-être au reste étoit-ce des vitraux peints.--Juv. des Ursins, in-fol., 230). On voit ici que l’auteur du _Ménagier_, quoique riche puisqu’il avoit, ainsi que nous le remarquerons plus tard, un train de maison considérable, n’avoit ses fenêtres fermées qu’à l’aide de toile ou de parchemin. J’ignore à quelle époque la fermeture des fenêtres par le moyen de vitres devint d’usage commun. Une dissertation sur ce sujet, insérée dans _le Mercure de France_ d’octobre 1738 et réimprimée dans la collection Leber (t. XVI, p. 410), avec notes et addition, ne traite que des vitres des églises et des palais, et ne dit rien de celles des particuliers. Le verre étoit encore d’un très-haut prix au XVe siècle. On voit dans un compte de la reine Marie d’Anjou de l’année 1454 la mention de deux mains de papier et _d’huille à l’oindre pour estre plus cler_, achetés pour garnir six châssis de bois que la reine avoit fait placer dans la chambre où logea le roi de Sicile à Chinon quand il vint l’y voir. (K. reg. 55, fol. 99 et 102, indiqué par M. d’Arcq.) Sauval (III, 417) cite bien un compte du domaine de Paris pour 1474 où l’on remarque _deux panneaux de verre blanc neuf pour le comptouer_ de madame de Montglat (femme de Pierre Bureau, seigneur de Monglat, trésorier de France et concierge de Beauté), mais c’étoit une dépense faite aux frais de l’État et qui pouvoit être assez élevée.
[290] Siéges sans dossier.
[291] Sur le plancher.
[292] Votre mari.
[293] On leur donne du miel? (dans leur eau?) Je ne sais ce que veut dire ici _mis au bas_ (ordinairement _rabaissé_). Il paroîtroit par ce passage qu’on déferroit les chevaux quand ils revenoient de voyage.
[294] Les maris, souverains (maîtres) de la maison.
[295] Pénitenciers, ceux qui font pénitence.
[296] Maîtriser, retenir.
[297] Plaisanterie.
[298] A propos? Var. B. _attrait_.
[299] Premièrement.
[300] Un mai à sa porte et de l’herbe verte dans les salles de sa maison.
[301] Joyeusement. Var. B. _esclatéement_. C. _esbaudement_.
[302] Difficulté.
[303] Il manque le commencement de la phrase dont le sens devoit être: _Elle prit soin de la fille de son mari, puis quand elle fut en âge_,...
[304] L’_Histoire de Mélibée et de Prudence_, écrite en latin en 1246, par Albertan, avocat de Brescia, a été traduite au moins trois fois en françois. (Voir les _Manuscrits français_ de M. Paris, t. V, p. 58.) La traduction donnée par l’auteur du _Ménagier_ est celle de frère Renaud de Louens à qui l’on doit une traduction de Boëce écrite en 1366. Ce passage du _Ménagier_ à été collationné sur le manuscrit du roi, 7072^{3.3.}, qui donne une bonne leçon de _Mélibée et de Prudence_. J’ai mis entre crochets les passages qui, bien que paroissant devoir faire partie du texte, sont omis dans les trois manuscrits du _Ménagier_, et j’ai noté au bas des pages quelques variantes importantes.--L’_Histoire de Mélibée et de Prudence_ a eu un grand succès au moyen âge, et a été imprimée plusieurs fois (voy. le _Manuel du Libraire_, qui l’attribue à tort à Christine de Pisan, au mot _Mélibée_; elle se retrouve aussi à la suite du _Jeu des Échecs moralisés_, Paris, Michel Le Noir, 1505, in-4º.
[305] Se contînt.
[306] Var. M. du R. _selon ce que dit Jhésu-Syrac_. Cette sentence est dans les _Proverbes_, XV, 13, et non dans l’_Ecclésiastique_ ni dans Sénèque.
[307] _Ecclesiast._ XXX, 25.
[308] Vers, mites.
[309] Alliés.
[310] Soutenir une partie, un parti, contre son adversaire.
[311] Espions.
[312] Ordinairement _sentinelles_.
[313] Var. _escharnirent_.
[314] Le bon conseil (la bonne décision) manque quand on en a le plus besoin.
[315] D’abord Rabbi Moïse Séphardi, né en 1062, à Huesca en Aragon, se fit chrétien en 1106. Il a composé la _Discipline de clergie_, publiée par la Société des Bibliophiles, en 1824, et à Berlin, en 1827, in-4.
[316] Var. A. B. C. _Jhérémias_. Cette sentence est en effet dans l’Ecclésiastique (XXV, 30), livre de la Bible écrit par Jésus fils de Sirach.
[317] Var. _propos_.
[318] Le M. du Roi ajoute: _à femme que à homme, car il apparut premier_.
[319] Var. _fumière_.
[320] Var. M. du R. _A l’homme en adjutoire, mais en dommage et en nuisement_.
[321] Avis, plan, projet.
[322] Var. A. B. C. _Jhérémias_ (c’est l’Ecclésque, XIX, 8).
[323] En parlant à ton conseiller.
[324] Var. _Et de laquelle le prince se desjusne matin_. Le reste de cette phrase n’est pas dans le manuscrit 7072^{3.3}.
[325] Var. _Lequel conseil je t’ay dit dessus que tu dois eschever et fuir_.
[326] Var. _Tu l’aies essayé_.
[327] _Le sage qui doubte eschiève tous maux._
[328] Guivre, vipère. Variante mauvaise des manuscrits A. B. C. mure (souris).
[329] A force de se défier des autres leur ont montré à les tromper.
[330] Var. _d’eschaffaulx_.
[331] Guérites, tourelles à mettre des sentinelles.
[332] Frais.
[333] C’est le secrétaire d’État de Théodoric, m. vers 562.
[334] Combien.
[335] Var. du M. du R.: _de tes ennemis; de la vengence se engendrera autre vengence, hayne, contens, guerre et dégustemens de tes biens_.
[336] Var. (mauvaise) _David_.
[337] Se retirent, se retiennent.
[338] Négligeant de faire; en ne faisant pas.
[339] Faire droit, rendre la justice.
[340] Au moyen âge, quand les criminels n’étoient pas des gens de la basse classe, les juges se bornoient le plus souvent à les condamner à des amendes envers le roi et à des dommages et intérêts envers la partie lésée; mais ces amendes et dommages étoient souvent très-élevés et de nature à ruiner ceux à qui on les infligeoit. On voit dans les registres du Parlement et dans le _Trésor des Chartes_ de fréquens exemples de cette coutume, souvenir des anciennes lois barbares où l’on trouve le tarif et la taxe de chaque crime suivant la condition du criminel et celle de la victime.
[341] Var. _ses péchiés lui semblent plus pesans, sa peine lui semble_....
[342] Var. _attrempance_.
[343] Sans doute l’auteur du _Liber de Amore_.
[344] Le pape Innocent III, ou Innocent, moine anglois. L’un des deux est auteur de la _Moralisatio Scaccarii_, voy. Fabricius, 1754, in-4º, t. IV, p. 34.
[345] Var. _assez légièrement fiert li glaives maintenant l’un, jà tantost l’autre_.
[346] Transigiez, traitiez.
[347] De longtemps.
[348] Cautions.
[349] Cautions.
[350] C’étoit aussi l’usage le plus fréquent dans la jurisprudence du Parlement de Paris. On voit constamment dans les registres du Criminel, des accusés élargis sous caution, tantôt dans l’enceinte du Palais seulement, tantôt dans celle des bastides (portes) de Paris, à la charge de se représenter à une époque fixée, quelquefois en personne et quelquefois par procureur.
[351] Irritation.
[352] Difficilement.
[353] Voy. ci-devant, p. 99.
[354] Provision en général. Voy. Du Cange aux mots _Garnire_, _Garnisio_. L’ordonnance de l’hôtel du roi, faite au Louvre en janvier 1386-7, défend que personne ne demande aucune chose _sur les garnisons faites pour la dépense de l’hostel, soit blés, avenes, foing, busche_, Taillevent (c’est Guill. Tirel, auteur du _Viandier_, et alors écuyer de cuisine du roi) est chargé par la même ordonnance de _gouverner les garnisons_ (Den. Godefroy, H. de Ch., VI, 712, 715). La reine avoit aussi un maître de ses garnisons. Bastin de Breban, revêtu de cet office en 1371, étoit alors poursuivi pour avoir pris, au nom de la reine (en vertu du droit de prise), des vins qu’il avoit payés à vil prix et vendus dans sa taverne à son profit (Plaid. civiles du Parlement, 4 décembre 1371).
[355] Rouet à filer.
[356] D’une bonne famille.
[357] Ce passage, joint à ceux des pages 160 et 169, nous fait bien connoître la manière dont on étoit couché au XIVe siècle.
[358] Souliers.
[359] L’histoire de Jeanne la Quentine a été reproduite dans les Nouvelles de la reine de Navarre qui l’attribue à une bourgeoise de Tours (38e Nouvelle ou 8e de la 4e journée). Mais l’auteur du _Ménagier_ donnant les noms et disant qu’il la tenoit de son père, on ne peut douter qu’elle ne soit en effet arrivée à Paris. La reine de Navarre a pu entendre raconter cette histoire à quelqu’un qui l’avoit lue dans le _Ménagier_, et en placer la scène à Tours. Elle a donné également (Nouvelle 37e), en l’attribuant à une dame de Laval-Loué, et avec quelques variantes, un exemple analogue d’indulgence conjugale rapporté par le chevalier de La Tour comme positivement arrivé à la dame de L’Anguillier sa tante. Le chevalier de La Tour raconte (chap. XVII) que son oncle étoit «à merveilles luxurieux, tant qu’il en avoit tousjours une ou deux à son hostel, et bien souvent se levoit de delez sa femme et aloit à ses foles femmes; et quant il venoit de folie, il trouvoit la chandelle allumée, et l’eaue et le touaillon à laver ses mains: et elle lui prioit qu’il lavast ses mains; et il disoit qu’il venoit des chambres.--Et pour tant Monseigneur que vous venez des chambres, avez-vous plus grant besoin de vous laver.» C’est autant d’humilité que la bourgeoise, mais avec une délicatesse qui sent déjà la femme de qualité.
J’avois espéré trouver le nom et par suite la profession de _Thomas Quentin_ dans le _Livre de la Taille_ en 1313 (Paris, 1827, in-8º), car le père de l’auteur du _Ménagier_ et Thomas Quentin qu’il connoissoit, ont pu vivre dès cette époque, mais son nom n’y figure pas. Je l’ai aussi cherché inutilement dans les comptes de la prévôté de Paris donnés par Sauval et dans le recueil manuscrit des _Épitaphes de Paris_.
[360] Vous ne pouvez en cela être remplacée par personne.
[361] Copeau, morceau.
[362] Séparer du reste.