Le ménagier de Paris (v. 1 & 2)
Part 46
[66] Au XVIIe siècle c’étoit le maître d’hôtel qui remplissoit cet office, le chapeau sur la tête, le manteau sur le dos, la serviette sur l’épaule et l’épée au côté. Voir les _Délices de la campagne_, éd. de 1673, figure de la page 145, et le _Maistre d’hostel_ de la Varenne, à la suite de son _Cuisinier françois_, éd. d’Amsterdam, Mortier, p. 318.
[67] Placeur, poseur, d’_asseoir_, _poser_.
[68] Ce mot désigne ordinairement dans les récits de festins princiers une espèce de représentation théâtrale. (Voir Legrand d’Aussy, t. III, p. 373, et les _Chroniques de Saint-Denis_, t. VI, p. 387), mais la signification que je lui donne ici résulte des menus X, XIII, XIV, et du chapitre des entremets du _Ménagier_. Dans le Ms. de Saint-Lô (V. p. XXXV, n. 1), il est dit que le _porc de mer_ doit être coupé par lesches et _détourné_ (_atourné_, dressé?) _par manière d’entremets sur un blanc doublier_ (nappe). Enfin la recette donnée dans le _Grand Cuisinier_ pour dorer et orner un cigne (voir t. II, p. 184, note), est ainsi intitulée _Entremets d’un cigne doré_. L’usage de servir les paons, faisans, etc., avec cette recherche, paroît s’être prolongé jusque dans le XVIIe siècle. Le _Thrésor de santé_, imprimé en 1607, mais qui peut, il est vrai, avoir été écrit antérieurement, donne encore une recette de cigne doré. En France, sous la minorité de Louis XIV, le faisan étoit servi avec une aile non plumée, outre la tête et le col qu’on lui laisse encore aujourd’hui.
[69] Je ne puis du moins comprendre autrement _l’entremets élevé_ dont il est parlé dans le Menu XIV.
[70] On voit cependant T. II, p. 108, une _desserte_ composée de fromentée et de venaison, mais s’il n’y a pas erreur, c’est au moins une exception.
[71] Ce mot se trouve encore dans l’_Instruction pour les festins_, insérée dans les _Délices de la campagne_, et avec la même signification de dessert supplémentaire. Il paroît s’être perdu peu de temps après, car il n’est plus employé dans la _Maison réglée_ d’Audiger, imprimée à Paris en 1692, in-12.
[72] V. T. II, p. 99.
[73] Cette consommation a été, en 1846, la population de Paris étant évaluée à un million d’habitans, de 104,329 bœufs, vaches ou taureaux, 84,260 veaux, et 486,445 moutons. La consommation seroit donc à peu près triplée.
[74] Je n’ai vu cette boucherie citée que dans une plaidoierie du Parlement de septembre 1388.
[75] On pourroit cependant répondre qu’il considéroit Saint-Marcel comme un faubourg et non comme un quartier de Paris.
[76] La dépense ordinaire de l’hôtel du duc de Berry, sans compter celle de sa garde-robe, des gages et pensions qu’il payoit, et surtout sans celle de ses bâtimens, s’éleva en juin 1373 à 1165 fr.; en juillet à 1431 fr.; en août à 1535 fr.; en septembre à 1542 fr.; en octobre à 1430 fr.; à 2054 fr. en novembre; à 1654 fr. en décembre. Il est dit dans le compte qui me fournit ces chiffres (Arch. du Roy. K. 250-1), que cette dépense comprenoit les gages _des gens de l’ostel qui ne s’étoient pas armés en la chevauchée de Poitou_. Ceux qui avoient fait l’expédition n’y étoient donc pas compris. La duchesse avoit sa maison à part et remboursoit au duc six francs par chaque jour qu’elle et ses gens vivoient à ses dépens. Il est probable que la dépense du duc de Berry s’augmenta quand, après la mort de Charles V, il put puiser largement dans le Trésor.
[77] Ce seroit cependant faire tort à l’auteur que d’assimiler ses renseignemens à la ridicule statistique de Paris qui se trouve dans les _Rues et églises de Paris_. On lit dans cet ouvrage, imprimé au commencement du XVIe siècle, qu’on comptoit à Paris dès le règne de Charles VI, 872,000 _ménagers_ ou chefs de famille, sans les prêtres, écoliers et autres extravagans _qui sont sans nombre_. La consommation de cette multitude est fixée aux chiffres très-insuffisans de 73,000 bœufs, 730,000 moutons, et 365,000 veaux.
[78] Voir sur la diminution, depuis 1789, de la consommation de la viande par chaque individu, les _Recherches de Benoiston de Chasteauneuf_, 1821, in-8º, 1re partie, p. 67. Cette diminution relative, qui date de 1789, a toujours été en croissant depuis, et c’est là un fait bien remarquable et digne d’être médité.
[79] Il falloit bien au reste que la consommation de Paris fût très-considérable. J’ai vu dans les registres du Parlement la preuve qu’en 1422 on amenoit même de Savoie des bœufs à Paris (14 juillet 1422). Une ville pour laquelle des approvisionnemens arrivent de si loin est nécessairement très-peuplée. Au reste, il existe d’autres données qui permettent d’établir assez positivement le chiffre de la population parisienne à la fin du XIVe siècle. On peut, si l’on veut, négliger comme trop vague ce que dit Froissart (t. II, p. 259 de l’éd. du Panthéon) à l’occasion du retour de Flandres en 1383, de la partie de cette population capable de porter les armes, mais, comme Paris comptoit en 1328 61,098 feux que M. Géraud dans son _Paris sous Philippe le Bel_ évalue par des calculs très-modérés, peut-être même trop modérés, à 275,000 habitans, comme ce chiffre a dû s’élever pendant le règne de Charles V et les premières années de Charles VI, il semble qu’on ne peut guère évaluer la population de Paris à la fin du XIVe siècle à moins de 3 ou 400,000 habitans. Voir pour plus de détails sur la population de la France au XIVe siècle, le mémoire de M. Dureau de La Malle (Acad. des inscr., T. XIV, 2e p. p. 36); pour Paris l’excellent travail de M. Géraud, p. 465 de _Paris sous Philippe le Bel_, et pour le XVIe siècle les _Relations des ambassadeurs vénitiens_.
[80] T. I, p. 7. Ces demandes d’ébatement ou jeux semblent avoir donné lieu à une manière de parler proverbiale que je trouve consignée dans les plaidoieries civiles du Parlement à la date du 27 juin 1392. _Acarot dit que s’il s’en mesloit plus, qu’il lui trancheroit la teste, et dit que_ pour roy ne pour roc _il ne lairoit que il ne lui couppast la teste_.
[81] L’ordonnance de Charles VI du 10 janvier 1396-7 ne défend la chasse qu’aux non-nobles laboureurs et autres non privilégiés, (les habitans d’un assez grand nombre de villages avoient droit de chasse) et non autorisés par des personnes ayant elles-mêmes droit de chasse. Cette ordonnance reconnoit de la manière la plus formelle le droit de chasse aux _bourgeois vivans de leurs possessions et rentes_.
[82] _Modus_, feuillet 101.
[83] Voir l’article sur lui, p. LXIX.
[84] Ed. Vérard, feuillet X V.
[85] _Ib._, feuillet X IV.
[86] S’il a été aidé par quelque ouvrage antérieur, peut-être seroit-ce par un traité italien, attendu le nom de _faucon vilain_ qu’il donne au lanier, et qui lui étoit encore donné en Italie au XVIIe siècle. Voy. aussi T. II, p. 310, la note sur le vol du faisan par l’épervier.
[87] La chasse à l’oiseau est encore actuellement pratiquée en Syrie. L’émir Beschir, prince des Druses, avoit des oiseaux dressés qui furent pillés en 1840, lorsque les événemens le contraignirent à quitter le pays, et rachetés depuis par M. Catafago, vice-consul d’Autriche à Saïda (près Beyrouth), qui les possède encore aujourd’hui. A Damas, Choudjà’ Eddaouleh et Seïf Eddaouleh, neveux du schah actuel de Perse, retirés en Syrie, chassent aux perdrix avec des sacres (voy. T. II, p. 323). M. Schefer, second drogman du consulat général de Smyrne, a fait avec ces princes une chasse dans laquelle deux sacres prirent en une heure et demie quinze ou vingt perdrix. D’après le récit circonstancié qu’il a bien voulu me faire, ces oiseaux nommés _sacres_ dans le pays, originaires de Tartarie ou du Turkestan, certainement les _sacres_ de nos anciens fauconniers, et par conséquent oiseaux de haut vol (_rameurs_, selon Huber; voy. T. II, p. 318), sont cependant dressés comme l’étoient autrefois les oiseaux de poing (_voiliers_, selon Huber); ils partent du poing de leur maître quand le gibier se lève, et se perchent sur les buissons quand la perdrix s’y est remisée, pour la prendre plus facilement dès qu’elle en sort. C’est bien là la manière de l’autour et de l’épervier, mais l’identité d’origine septentrionale et de nom ne permet pas de douter que ces oiseaux ne soient bien nos sacres.
M. d’Offémont, dont j’ai parlé dans une note de ma _Chace dou cerf_, 1840, in-8º, comme ayant créé en 1838 une association destinée à faire renaître la fauconnerie (association dont le siége est en Hollande et qui continue à prospérer), frappé des difficultés qu’il a dû surmonter dans _l’affaitement_ des oiseaux, malgré les secours qu’il avoit rencontrés dans les anciens ouvrages de fauconnerie, a l’intention d’écrire sur ce sujet un traité assez détaillé pour suppléer aux omissions des anciens auteurs. Il m’a montré des notes et quelques dessins qui donnent l’idée la plus avantageuse de son travail.
[88] Par suite de mon goût pour les livres de chasse, j’avois eu l’honneur de faire la connoissance de M. Huzard. Il m’a bien souvent admis avec une extrême complaisance dans sa précieuse bibliothèque, mais le hasard a fait qu’il ne m’avoit jamais montré son manuscrit du _Ménagier_. Son catalogue (Paris, 1842) forme 3 vol. in-8º. La vente a eu lieu en 1843.
[89] Paris, 1830, in-4º. Voici les indications données par cet ouvrage:
1º Inventaire de Bruges vers 1467.
Nº 836. Ung autre livre en parchemin couvert d’ais jaunes, intitulé au dehors: _C’est le Mesnagier de Paris_; comançant au second feuillet, _Salvacion de l’âme_, et au dernier _n’est autrement_. (C’est le manuscrit A, voir ci-après p. LIV.)
Nº 1202. Ung autre livre de cuir vermeille, appellé _le Mesnagier_, est escript partie en longue luigne et partie par deux coulombes; quemenchant ou second feuillet _Vous moismes_ et le dernier feuillet, _a dicta aqua_. (C’est le manuscrit B dans lequel se trouve le _Chemin de povreté_ en effet écrit à deux colonnes (coulombes). Voir ci-après p. LV.)
2º Inventaire fait à Bruxelles le 15 novembre 1487.
Nº 1758. Ung autre grant volume couvert de cuir, garni à tout deux cloans de léton, intitulé: _C’est le Mesnagier de Paris_; comenchant ou second feuillet, _Salvacion de l’âme_ et finissant ou derrenier, _et oster les entrailles, testes et qhues. Hic finit._ (A)
Nº 1759. Ung autre grand volume couvert de cuir rouge, à tout deux cloans de léton, intitulé comme le dessus: _Le Mesnagier de Paris et autres choses de dévotion_; comenchant ou second feuillet, _Vous-mesmes vo_, et finissant ou derrenier, _et oster les entrailles, testes et qhues_. (B)
[90] T. I, p. 9.
[91] Les second et dernier feuillets commencent par les mêmes mots que ceux signalés comme initiaux de ces mêmes feuillets dans le manuscrit de Bourgogne. C’est ce même manuscrit qui est indiqué comme manquant ultérieurement dans les inventaires de Bruxelles. (Nº 2269 de la _Bibliothèque protypographique_.)
[92] Cet article a donc paru peu de mois avant la vente de la première partie de la Bibliothèque Huzard. Il est singulier qu’un livre si longtemps inconnu soit remarqué et étudié, on pourroit dire exhumé, dans la même année, à Bruxelles et à Paris à la fois.
[93] Si l’on entre dans le détail de l’histoire du règne de Charles VI, il semble (autant qu’on puisse en pareille matière déduire un principe général de faits particuliers même nombreux) qu’une partie notable de la haute bourgeoisie parisienne s’étoit attachée après la mort de Charles V au duc de Berry, prince toujours besogneux, et redoutable par ce motif aux provinces soumises à son autorité, mais affable et de mœurs faciles, qualités appréciées de tout temps et souvent au delà de leur valeur réelle par les classes moyennes et inférieures des villes. On verra encore que même dans les momens où les exigences de la politique amenoient ou forçoient le duc de Berry à se réunir aux Bourguignons, les bourgeois ou parlementaires ses conseillers et partisans, n’en étoient pas mieux vus du duc de Bourgogne à qui ils rendoient probablement les sentimens de défiance et de haine qu’ils lui inspiroient.
[94] Les familles de Larivière en Guyenne, et de Bezu le Long, portent aussi de gueules au chevron d’hermines.
[95] Champagne, Goussencourt, Hargicourt et Vivonne portent également d’hermines au chef de gueules.
[96] Depuis le XVIe siècle, au lieu d’avoir ainsi un seul écusson parti (divisé en deux par une ligne verticale) les femmes portent deux écus dont le premier est celui de leurs maris. Les reines de France ont continué longtemps à partir leur écusson, et je crois que Marie Leczinska est la première qui ait porté deux écus accollés.
[97] _L’Histoire généalogique des grands officiers de la couronne_, T. III, p. 726, l’appelle Jean, ce qui est une erreur.
[98] Elle est enterrée dans l’église paroissiale de Roubais, chapelle de Sainte-Croix ou des Sept Douleurs. (Cabinet généalogique.)
[99] Chambellan du roi de France, frère du connétable de Saint-Paul décapité en 1475: il mourut en 1487.
[100] Mon ami M. Eugène Grésy qui s’occupe depuis longtemps de l’histoire et de la topographie de Melun, me signale un vitrail de la chapelle Saint-Antoine en l’église Saint-Aspais de Melun, dans lequel les armes d’Agnès de Savoie, femme, de 1466 à 1508, de François Ier d’Orléans, duc de Longueville, vicomte de Melun, sont placées dans un écusson parti, avant celles de son mari. Mais, je le répète, de telles erreurs sont très-rares, surtout à mesure qu’on s’éloigne des temps modernes. Si Isabelle de Roubais avoit épousé un Ghistelles en premières noces, je n’aurois pas hésité à voir en elle la propriétaire de mon manuscrit. Au reste, il est bien probable que ce manuscrit lui aura été donné par sa mère, et que les recettes de _Hotin_ auront été recueillies pour elle.
[101] C’est lui qui prit par surprise, en 1465, la ville de Péronne et le comte d’Étampes qui s’y étoit renfermé, _Histoire de Bourgogne_, de dom Plancher, T. IV, p. 337.
[102] Voy. T. II, p. 275.
[103] Quand un ouvrage cité en abrégé dans un endroit du livre est indiqué ailleurs avec plus de détail, je ne l’ai pas compris dans cette liste. La table donnera le moyen de retrouver l’endroit où le titre est donné _in extenso_.
[104] Rymer date ces pièces de 1363, mais c’est de 1363 nouveau style, c’est-à-dire en faisant commencer l’année au 1er janvier et non à Pâques. En effet, suivant la Chronique de Saint-Denis, dont l’exactitude chronologique est irrécusable, le roi Jean, qui étoit entré à Avignon le 20 novembre 1362, s’embarqua à Boulogne le 3 janvier 1363 (1364 nouveau style) pour retourner en Angleterre, et y mourut le 8 avril suivant.
[105] Il n’y en a que dix-huit.
[106] Le second article relatif à la chasse de l’épervier est le seul qu’on trouve dans les trois manuscrits du _Ménagier_, encore est-il mal placé entre les troisième et quatrième articles de la seconde distinction. Cette circonstance pourroit faire croire que l’auteur n’a pas suivi jusqu’au bout de son livre le plan et la division établis ci-dessus, et qu’il a peut-être omis de traiter le sujet des premier et troisième articles de la troisième distinction.
On comprend de quel genre pouvoient être les ébattemens du troisième article, et on a dans le _Dodechedron de fortune_ l’exemple de demandes _avérées et répondues par le sort des dés_. Mais que faut-il entendre par _rocs_ et par _rois_? On sait que le Roc a été remplacé par la Tour dans le jeu d’échecs, et n’existe plus que comme pièce héraldique dans les armoiries de quelques familles. Étoit-ce donc à l’aide des rocs et des rois d’échecs que ces demandes d’ébattemens étoient répondues?
Il est parlé dans le _Chevalier de la Tour_ (chap. 124 du ms. du roi, 7403) de chevaliers et dames jouant au _roy qui ne ment pour dire vérité du nom de s’amie_. C’est peut-être d’un jeu analogue que l’auteur du _Ménagier_ a parlé ou comptoit parler dans cet article.
[107] _Chemise._ Ce mot avoit alors la même signification qu’aujourd’hui. Voir Du Cange au mot _Camisa_.--_Blanchet_, vêtement court, sorte de camisole de drap ou flanelle blanche qu’on mettoit par-dessus la chemise. Ce mot est encore cité dans cette acception par le dictionnaire de Trévoux. Blanchet signifioit par extension le drap blanc dont étoit fait le vêtement du même nom.--_Coste_, qui seroit mieux écrit cotte, comme au-dessous, signifie ici robe, voir Du Cange, citation de la Vie des Pères, à _Surcotium_.--_Surcot_, vêtement de dessus, mais en général moins chaud et plus habillé que la houppelande. J’ai vu dans les _Plaidoiries criminelles du parlement_ une bourgeoise _venant d’une noce pour laquelle elle avoit vestu un surcot_, à qui une de ses parentes dit _qu’il est tard_, qu’elle dépouille son surcot et que elle lui baillera _une houpelande et un chaperon_. (Avril 1404-5.)
[108] La coiffe enveloppoit toute la tête et étoit placée immédiatement sur les cheveux. Le mot de _cueuvrechief_ paroît désigner ici une sorte de bonnet placé sous le chaperon. Les couvrechef et coiffes étoient d’étoffe légère. Un inventaire dressé en 1384 des biens meubles de Jacqueline de Charny, femme de Jehan Saugete, écuyer, mentionne _quinze quevrechiefs de soie et trois de lin pour atour et dix-neuf coiffes de soie jaune, de cendal et de toile ou fil_. (Reg. du P. Jugés XXXII. 94.) Quant au chaperon, dont la forme a varié, celui dont il s’agit ici me paroît devoir être la coiffure que porte la femme dans la planche de la page 9. L’auteur de la plaidoirie citée page 14 parle d’un amant qui coupa un morceau du chaperon de sa maîtresse pour avoir un souvenir d’elle. La forme du chaperon représenté dans la planche fait bien voir comment cela étoit possible.
[109] Il sembleroit par ces mots qu’on n’avoit pas alors de bancs _réservés_ dans les églises. La mention la plus ancienne que j’aie vu de cette attribution individuelle des bancs aux paroissiens est dans une délibération du conseil de fabrique de Saint-André-des-Ars, en date du 2 février 1577, qui parle des bancs affectés aux paroissiens, et de ceux qui d’_ancienneté_ ont coutume de s’y mettre. Les églises collégiales n’avoient de bancs qu’autant qu’elles étoient en même temps paroissiales, c’est-à-dire qu’il y avoit des fonts baptismaux, et qu’on y faisoit le prône. (_Traité des Droits honorifiques_, par Maréchal, 1762, tom. I, p. 278 et 284). On m’a affirmé qu’avant la révolution il n’y avoit pas de bancs dans l’église cathédrale de Paris.
[110] Var. B _Gréel_, Graduel.
[111] _Estour_, secours, nourriture du corps, et généralement tout ce qui sert à la vie. (V. Du Cange, au mot _Estorium_); _lourgable_, susceptible d’être consommé, de _lurcare_, dévorer.
[112] Avoir soin.
[113] Je n’ai jamais vu ce mot: seroit-il ici pour _trahaigner_, traîner, tergiverser?
[114] _Reverchier_ signifie retourner: je crois qu’_entreveschier_ veut dire _intervertir_.
[115] Pour fixer votre idée, pour connoître.
[116] Aussi, également.--Var. B _presque_.
[117] Cette nomenclature des vices et des vertus contraires se retrouve dans plusieurs ouvrages du moyen âge. Elle est avec de grands développemens dans le _Calendrier des Bergers_, et elle a donné lieu à une sorte de roman allégorique curieux et bien écrit dans la suite mystique du Modus et Ratio, intitulée _le Songe de Pestilence_, et imprimée sous le titre de _Modus et Ratio de divine contemplacion_.
[118] Vif désir.
[119] Brûlent (de frire). V. ci-après _le Viandier_.
[120] Poêle à frire.
[121] Il paraît manquer quelque chose, comme _perte des âmes_.
[122] Vrai.
[123] Procès.
[124] Manque _se comparer_.
[125] _... d’icelui._
[126] Mal erré, _male erravi_.
[127] Sous son plus mauvais jour.
[128] Loué.
[129] Je ne me souciois pas.
[130] En secret.
[131] De la gloire auprès d’eux, pour qu’ils parlassent de moi.
[132] Je pensois.
[133] Il paroît manquer quelque chose comme: _Je disois mes péchés les moins grands_.
[134] Parée.
[135] Ce mot n’est que dans B. Faut-il lire _à parties_?
[136] Gourmands et par extension débauchés.
[137] Joyeux.
[138] _Empêcher_ vaudroit mieux.
[139] Défendu, refusé.
[140] Croupit?
[141] Sa fortune.
[142] Antecrist fait les miracles en sa maison tout au contraire: sa maison est la taverne, et quant ceulx qui voyent bien clair y viennent, ils s’en partent tous aveugles.--_Modus et Racio_, édit. 1839, feuillet 65 vº.
[143] Chez les Romains, avant la première guerre punique, les jours se divisoient en quatre parties: 1º de 6 heures à 9 heures, c’était l’heure de _prime_; 2º de 9 heures à midi, c’est ce qu’on nommoit _tierce_; 3º de midi à trois heures, c’étoit l’heure de _sexte_; 4º _none_ commençoit à 3 heures et finissoit au coucher du soleil. Cette ancienne division du temps fut adoptée par la primitive église et les noms en sont restés aux offices.
[144] Si chère qu’elle soit.
[145] Pourtant, cependant.
[146] De maintenant à un jour.
[147] Thériaque: remède.
[148] Prochain.
[149] Ennui, désœuvrement. V. Du Cange aux mots _Accidia_, _Acedia_.
[150] Manquent quelques mots, comme: _qui y mettent_.
[151] L’avare.
[152] Peut-être manque-t-il quelques mots comme _ils auront_, _etc._
[153] Il semble que le sens de la phrase exigeroit _gloutonnie_.
[154] En desroi, égaré.
[155] C’est l’ouvrage de Jacques de Voragine, archevêque de Gênes.
[156] De saint Jérôme.
[157] Donner envie, goût.
[158] C’était Sédécias.
[159] Captivité.
[160] Helcias.
[161] Huile.
[162] Doucement, paisiblement.
[163] Serviteurs, _servientes_.
[164] Visage.
[165] Cachées.
[166] La Vulgate dit _sub prino_, c’est le chêne _ilex_, l’yeuse.
[167] _Sub schino_, c’est le lentisque d’où découle dans l’Archipel et en Perse non le macis, mais le mastic ou encens de Perse, sorte de gomme aromatique avec laquelle les Perses enduisoient leurs outres, suivant Strabon. Le _macis_ dont parle ici l’auteur est aussi appelé _fleur de muscade_; c’est la seconde écorce de la noix muscade. Nous verrons le macis employé dans _le Viandier_.
[168] Les juifs furent chassés par ordonnance du 17 septembre 1394, et cette ordonnance fut ponctuellement et promptement exécutée. On en a la preuve dans des lettres de rémission accordées en janvier 1394(5), à un certain Guiot Rousseau de Pertes, près Melun, pour avoir assommé et volé, entre Pont-sur-Yonne et Sens, au bois de Javel, une vieille juive qu’il s’étoit chargé de conduire sur son cheval, de Melun à Sens, _ne croyant autant mesfaire que s’elle eust esté chrestienne et se recordant que par les juifs qui ont demouré ou temps passé à Meleun il avoit esté destruit presque de toute sa chevance_. Il est dit dans ces lettres, qui m’ont été communiquées par M. de Stadler, que cette juive _alloit rejoindre aucuns juifs qui pour certaine ordenance sur ce faicte se partoient hors du royaume_. (J. Reg. 147, 36.) Ce passage prouve bien positivement que _le Ménagier_ a été écrit avant septembre 1394.
[169] Philosophe chaldéen qui, suivant Jacques de Cessoles, auteur du _Jeu des échecs moralisé_, auroit inventé le jeu d’échecs. L’auteur du _Ménagier_ cite ici l’ouvrage de J. de Cessoles, dans lequel on trouve, au chapitre de la Reine, les histoires de Romilde, de Lucrèce, de Papirius, qu’il va raconter aussi, mais en les développant.
[170] Oui.
[171] De Bénévent.
[172] S’en détournèrent, de _desmouvoir_.