Le ménagier de Paris (v. 1 & 2)

Part 4

Chapter 43,669 wordsPublic domain

J’ai dit plus haut que le manuscrit de M. Huzard, qui m’appartient aujourd’hui et que j’ai désigné sous la lettre C, avoit été copié sur le Ms. A. Outre la conformité presque parfaite des deux textes, j’en ai une preuve bien manifeste. Il existe et il existoit évidemment dans le Ms. A avant qu’il eût été revêtu de sa reliure actuelle, une transposition de deux feuillets par suite de laquelle le traité de l’épervier et le passage relatif aux boucheries de Paris se trouvent mêlés l’un à l’autre et se coupent réciproquement. L’écrivain du Ms. C a copié ce qu’il avoit sous les yeux, sans voir quelle étoit la cause du désordre de son texte, et le même mélange existe dans sa copie, mais sans transposition, c’est-à-dire que le sens est interrompu au milieu de deux pages et non entre la fin d’un verso et le commencement d’un recto, comme dans le Ms. A. Pour rendre ce désordre un peu moins choquant, il a ajouté dans un endroit deux mots qui ne me semblent cependant pas atteindre ce résultat. Cet écrivain, évidemment Flamand, a en outre laissé dans sa copie de nombreuses traces du dialecte qu’il parloit, écrivant souvent _commenche_ pour _commence_, _cousant_ pour _couchant_, _franchois_ pour _françois_, _cheulx_ pour _ceulx_, etc. On peut aussi lui reprocher d’avoir oublié quelques membres de phrases; il a cependant fait au texte cinq ou six corrections assez heureuses et tout à fait nécessaires au sens.

Le manuscrit C contient 280 feuillets de papier _in-folio parvo_ assez négligemment mais lisiblement écrits, et semble remonter au commencement du règne de Louis XI. La première lettre renferme un écusson parti, au premier de gueules au chevron d’hermines, et au second d’hermines au chef de gueules; ces armoiries sont celles des maisons de Ghistelles[94] et de Roubais[95]. D’après les règles de l’art héraldique, les femmes doivent porter un écu parti, au premier des armes de leur mari, et au second des leurs[96]; cet écusson devroit donc être celui d’une demoiselle de Roubais mariée à un Ghistelles; mais malgré les recherches les plus attentives, je n’ai pas trouvé qu’une semblable alliance ait eu lieu à l’époque où mon manuscrit fut écrit, tandis que Pierre (ou Réné)[97] seigneur de Roubais, fils de Jean mort en 1449, et d’Agnès de Lannoy, né à Herzelles le 1er août 1415 et mort le 7 juin 1498, avoit épousé Marguerite de Ghistelles, fille de Jean sieur de Bockède, Lauderburg, etc., et de Charyte de Gand-Vilain, née le 14 octobre 1415 et morte le 17 octobre 1498[98]. Suivant le dossier de Roubais au Cabinet généalogique, ils n’eurent qu’une fille nommée Isabelle, dame de Roubais et d’Herzelles, femme de Jacques de Luxembourg, sieur de Richebourg[99], et morte en 1502. Si l’on admet que l’écrivain a pu commettre une erreur (erreur très-rare mais qui n’est cependant pas sans exemple[100]), et placer les premières celles de ces armoiries qu’il devoit mettre les secondes, l’attribution du volume à Marguerite de Ghistelles paroîtra bien fondée. M. de Roubais, fils d’un premier chambellan des ducs de Bourgogne, et attaché lui-même à leur service[101], avoit toute facilité pour faire copier un manuscrit de la bibliothèque de ces princes. Une autre circonstance vient encore ajouter à la probabilité de cette conjecture: dans une espèce d’appendice[102] qui est propre à mon manuscrit, on trouve des recettes qui sont dites avoir été envoyées par un certain Hotin, cuisinier _qui fut à Monseigneur de Roubais_. Ces mots indiquent des rapports intimes, à l’époque où ils ont été tracés, entre la famille de Roubais et le propriétaire de ce volume écrit d’ailleurs par un Flamand et d’après un manuscrit des ducs de Bourgogne; il ne me paroît donc pas possible d’attribuer l’écusson de la lettre initiale du Ms. C à d’autres familles qu’à celles de Ghistelles et de Roubais, et par suite, attendu les renseignemens fournis par les généalogies de ces deux familles, à une autre personne qu’à Marguerite de Ghistelles, dame de Roubais.

Ce dernier exemplaire n’étant qu’une reproduction du Ms. A, n’a eu qu’une très-médiocre importance pour mon travail d’éditeur. J’ai pris les variantes qu’il offroit, seulement lorsque le sens les justifioit complétement, et j’ai toujours en ce cas indiqué en note leur origine; mais lorsque l’un des Mss. A et B, presque également beaux et soignés, contenoit une faute évidente corrigée dans l’autre, j’ai pris la meilleure leçon, et je n’ai en général donné la variante en note que quand la leçon adoptée pouvoit laisser quelque doute dans l’esprit du lecteur. Plus d’une fois j’ai trouvé dans ces deux manuscrits des fautes qui me sembloient faciles à reconnoître et même à corriger, mais ces deux volumes ayant été écrits hors de la présence et même sans doute après la mort de l’auteur, j’ai cru qu’un ou plusieurs mots propres à changer le sens apparent de la phrase pouvoient avoir été omis, et je n’ai fait que proposer en note la correction, sans l’insérer dans le texte. Au reste, la copie faite sur le Ms. C, a été collationnée sur les Mss. A et B, et les premières épreuves de chaque feuille l’ont été de nouveau sur le Ms. B comparé au Ms. A toutes les fois qu’il étoit en désaccord avec l’épreuve. J’ose donc espérer que le texte du _Ménagier_ contiendra peu de fautes graves et sera au moins sans omissions.

Le lecteur remarquera sans doute que l’orthographe employée dans le _Ménagier_ varie; par exemple, qu’on y voit successivement _pongnée_ et _poignée_, _aultre_ et _autre_, _tartre_ et _tarte_, etc. Je le prie de ne pas attribuer ces différences à ma négligence. L’orthographe étant variable dans chacun des manuscrits que j’avois sous les yeux, je n’ai pas cru devoir la rendre uniforme et donner une régularité de mon fait à un livre qui pourra être consulté par quelques personnes sous le rapport linguistique. Quant à la ponctuation qui ne figure que d’une manière très-incomplète et souvent fautive (surtout quant aux barres représentant les virgules) dans les anciens manuscrits, j’en ai sobrement usé, dans la pensée qu’on lui ôte souvent de sa valeur et même toute signification en la multipliant à l’excès.

Cet ouvrage ne devant pas être lu seulement par des personnes versées dans notre histoire et notre ancienne littérature, j’ai cru nécessaire de donner, à la suite de cette introduction, une indication détaillée des ouvrages ou documens cités en abrégé dans le cours de mes notes, avec une notice succincte de leur contenu quand ils étoient généralement peu ou mal connus. La table des matières qui termine l’ouvrage sera, je l’espère, d’une utilité plus générale. Je dois prévenir le lecteur que je ne l’ai pas faite aussi détaillée pour la partie morale du _Ménagier_ que pour la partie matérielle. Je l’ai surtout abrégée pour l’_Histoire de Mellibée_ et _le Chemin de pauvreté_, qui ne sont pas de l’auteur du livre et y figurent comme épisodes. _Le Viandier_ m’a fourni un très-grand nombre de mots; je n’ai cependant porté à la table les noms des animaux, des végétaux et des mets que lorsque l’endroit indiqué donnoit sur eux quelques détails susceptibles d’être consultés, ou offroit quelque intérêt. J’ai donné aussi dans cette table au moins deux fois chacun des plats cités dans les _menus_ parce qu’il pouvoit être utile de faire connoître à quel moment du repas se servoit tel ou tel mets, et aussi parce que certains plats ne sont nommés que là.

Il me reste maintenant à remercier les personnes qui m’ont aidé de leurs conseils, et surtout par la communication ou l’indication des pièces utiles à consulter. Je dois d’abord citer M. Paris, de l’Académie des inscriptions, dont l’amitié m’est si précieuse, et M. Dessalles, des Archives du royaume. Je nommerai aussi M. Léon Tripier qui a collationné avec moi la plus grande partie du premier volume; M. d’Arcy que j’ai eu occasion de mentionner dans une de mes notes, et qui m’a en outre rendu le service de collationner _le Chemin de pauvreté_ sur le manuscrit du Roi nº 7201; je citerai encore M. Duclos, de la section judiciaire des Archives du royaume. Enfin, l’_Histoire de Mellibée_ a été collationnée par M. Borel d’Hauterive sur le manuscrit du Roi nº 7072^{3.3}.

JÉRÔME PICHON.

Paris, 27 mai 1847.

INDICATION DÉTAILLÉE

DE QUELQUES OUVRAGES OU DOCUMENS,

MANUSCRITS OU IMPRIMÉS,

Cités en abrégé dans l’Introduction et les notes du _Ménagier de Paris_[103].

Albéric de Trois-Fontaines.

Chronique attribuée à Albéric, moine de l’abbaye de Trois-Fontaines au XIIIe siècle, et imprimée dans les _Accessiones historicæ_ de Leibnitz. Leipsick, 1698, et Hanovre, 1700, in-4º. Voir sur cette chronique l’excellent article de la Bibliothèque historique de la France, T. II, nº 16,803.

Anselme (le Père).

C’est le premier auteur de l’Histoire généalogique des grands officiers de la couronne, revue et augmentée par les Pères Ange et Simplicien. Je cite la dernière et la plus complète édition de Paris, 1726, en 9 vol. in-folio.

Arch. du Roy., reg. K. 220, 1.

Registre déposé à la section historique des Archives du Royaume, contenant les comptes du duc de Berry pour les années 1370, 1373, etc.

Arcussia (d’).

La fauconnerie de Charles d’Arcussia de Capre, seigneur d’Esparron, divisée en dix parties. Paris, Jean Houzé, 1627, in-4º, fig.

C’est la meilleure édition de cet excellent ouvrage.

La _Fauconnerie du roi_ forme la VIe partie.

La _Conférence des fauconniers_ en est la VIIe.

Le _Discours de chasse_ (ou _Convy pour l’assemblée des fauconniers_), précédé d’un titre spécial daté de 1627, forme la VIIIe partie.

La Xe et dernière partie se compose des _Lettres de Philoïerax à Philofalco_, avec titre daté de 1626.

Ce livre, formé de parties imprimées en différentes années et souvent mal reliées, est difficile à collationner.

Ayala (Pedro Lopez de).

De la Caça de las Aves et de sus plumajes et dolencias et medecinamientos (por Pedro Lopez de Ayala). Ms.

Ce Traité de fauconnerie, dédié à Gonzalo de Meña, évêque de Burgos, fut écrit vers 1386 par Pedro Lopez de Ayala, grand chancelier de Castille, alors prisonnier en Portugal par suite de la bataille d’Aljubarota. L’auteur avoit été en France; il parle de Charles V, du duc de Bourgogne, du comte de Tancarville, de Bureau de la Rivière; il cite aussi beaucoup de grands personnages espagnols.

Je parlerai ailleurs avec plus de détail de ce Traité instructif et curieux. Il n’a jamais été imprimé: on en trouve d’assez copieuses citations (mais non textuelles) dans la _Caça d’Altaneria_ de Diogo Fernandez Ferreira; Lisboa, 1616, in-4º, volume écrit en portugais, qui n’est au reste guère plus facile à trouver que les manuscrits d’Ayala.

Il y a à la Bibliothèque royale un manuscrit de l’ouvrage d’Ayala (nº 8166, in-4º), bien écrit, mais incomplet de la fin. Je possède celui qui étoit, en 1803, à la vente de Laserna-Santander, et, en 1843, à celle de M. Huzard. Il est complet et un peu plus ancien que celui du Roi.

Bibliothèque des Théreuticographes, 1763.

Cette _Bibliothèque_, qui n’est pas un ouvrage sans mérite, est des frères Lallemant, libraires de Rouen, et forme le premier volume de l’École de la chasse aux chiens courans de Le Verrier de la Conterie. Rouen, 1763, 2 vol. in-8º.

Bouchet(G.).

Recueil de tous les oiseaux de proye qui servent à la vollerie et fauconnerie, par G. B.; à Poitiers, par Eng. de Marnef et les Bouchetz frères.

Ce Recueil est le dernier des trois ajoutés par de Marnef et les Bouchet à leur édition de 1567 de la Fauconnerie de Franchières. Guillaume Bouchet s’en avoue l’auteur dans une dédicace qui se lit en tête de quelques exemplaires de cette édition. Le plus grand nombre des exemplaires contient une dédicace toute différente, et signée d’Enguilbert de Marnef.

Breuil (Du).

Théâtre des antiquités de Paris. 1612, in-4º, fig.

Le nom de l’auteur doit être écrit _du Breul_.

Bruyère Champier.

De Re cibaria libri XXII, Jo. Bruyerino Campegio Lugdun authore. Lugduni, 1560, in-8º.

Calendrier des bergers.

L’édition de ce livre curieux et bizarre que je cite, et dont je possède un exemplaire provenant de M. Huzard, est celle imprimée par Guiot Marchant le 18 avril 1493, qui est très-certainement la même que celle décrite dans le Manuel du libraire comme pouvant être du 18 avril 1488, et encore certainement la même que celle dont un magnifique exemplaire sur vélin existe à la Bibliothèque du Roi. J’en ai acquis la preuve en comparant mon exemplaire à celui de la Bibliothèque royale. La marque de Guiot Marchant a été recouverte par une miniature, et la souscription supprimée.

Champollion, II, 254.

Louis et Charles, ducs d’Orléans. Paris, 1844. 2 vol. in-8º.

Chevaleureux, comte d’Artois.

Le livre du très-chevalereux comte d’Artois et de sa femme. Paris, Techener, 1837, in-4º, figures.

Chevalier de La Tour.

Voy. l’introduction, et sur les éditions imprimées de ce livre, le Manuel du libraire, T. I, p. 649.

J’ai cité cet ouvrage d’après une copie que j’ai fait faire du manuscrit du Roi nº 7403.

Christine de Pisan.

Le Livre des fais et bonnes meurs du sage roy Charles V.

Imprimé dans les tomes I et II de la collection des Mémoires pour servir à l’histoire de France, par Michaud et Poujoulat.

Chroniques de saint Denis, CXII.

Les grandes chroniques de France, selon qu’elles sont conservées en l’église de Saint-Denis, publiées par M. Paulin Paris. Paris, Techener, 1838. 6 vol. in-12 ou 1 vol. in-fol. (CXII est le chiffre du chapitre.)

Collect. Leber, XIX, 35.

Collection des meilleures dissertations, notices, etc., relatifs à l’histoire de France, par MM. Leber, J.-B. Salgues et J. Cohen. Paris, 1826-42. 20 vol. in-8º.

Corrozet, éd. de 1543.

La Fleur des antiquités, singularitez et excellences de Paris. Paris, Pierre Sergent, 1543. in-16.

J’ai publié l’année dernière, dans le Bulletin du bibliophile de Techener, une notice sur cette édition de Corrozet; elle est précieuse à cause d’une liste des rues de Paris par tenans et aboutissans qu’elle contient; on y a ajouté, en outre, presque tout l’opuscule intitulé _les Rues et Églises de Paris_.

Crescens.

_Le Livre des prouffits champestres_, par Pierre de Crescens, de Boulogne-la-Grasse, traduit du latin par ordre de Charles V. Je me suis servi de l’édition de Galliot du Pré, de 1533, et aussi d’un manuscrit sur papier que je possède de cet ouvrage, et qui appartenoit en 1486 à Jean Budé, audiencier de France.

Dit des Pays.

Voir le Manuel du libraire. J’ai consulté l’édition de cet ouvrage imprimée à la suite du _Dialogue du mondain et du célestin_. In-16, gothique.

Duchesne Montmorency.

Histoire généalogique de la maison de Montmorency et de Laval, par André Duchesne. Paris, 1624, in-fol.

Pr. signifie _Preuves_.

Entretiens de Colbert avec Bouin.

Entretiens de M. Colbert avec Bouin, fameux partisan, sur plusieurs affaires curieuses. Cologne, 1701, 3 parties en un vol. in-12.

Ouvrage de Sandras de Courtilz. Ce Bouin, dont le nom s’écrivoit _Bauyn_, étoit de la famille des Bauyn d’Angervilliers et de Pereuse.

Félibien.

Histoire de la ville de Paris, composée par D. Michel Félibien, reveue, augmentée, mise au jour par D. G. A. Lobineau. Paris, Desprez, 1725. 5 vol. in-fol.

Frédéric II (l’empereur).

Reliqua librorum Friderici II imperatoris de arte venandi cum avibus; annotationes addidit suas Jo. Gott. Schneider. Lipsiæ, 1788-9. 2 vol. in-4º, fig.

Outre le manuscrit dont je vais parler, je me suis servi de cette édition, qui ne contient rien de plus, quant au texte, que celle de 1596, mais qui est préférable à cause des excellentes notes de Schneider. Il est fâcheux que ce savant n’ait pas pu donner le texte entier de l’ouvrage. On en connoît maintenant deux manuscrits complets, l’un donné à la Bibliothèque Mazarine par M. Leblond; l’autre (du XVe siècle), que j’ai fait venir d’Italie en 1837, m’appartient depuis cette époque.

Ce Traité est le plus étendu et le plus curieux que nous ayions sur les oiseaux de proie. Il seroit à désirer qu’on en donnât une édition complète.

G. C.

Ces lettres désignent l’ouvrage intitulé: _le Grand Cuisinier de toutes cuisines_.

Gaces de la Bugne.

C’est le poëme connu sous le titre de _Livre des déduits_, commencé en 1359 à Redefort en Angleterre, et achevé à Paris entre 1373 et 1377 (après la promotion de Pierre d’Orgemont à la dignité de chancelier, et avant la mort du roi Édouard III d’Angleterre), par Gaces de la Bugne, premier chapelain des rois Philippe de Valois, Jean II, Charles V et Charles VI, trésorier de Saint-Francbourg de Senlis, et curé de Molissent, au diocèse de Chartres (où il ne résidoit pas). Il paroît être mort au commencement de 1384, d’après des renseignemens contenus dans les registres du parlement, et que je développerai ailleurs.

Je le nomme _de la Bugne_, et non _de la Bigne_ ou _de la Vigne_, comme on le fait habituellement, parce que son nom est constamment écrit ainsi dans les registres du parlement où il figure six ou sept fois.

Gaces de la Bugne est cité dans le Père Anselme (T. VIII, p. 227) sous le nom de _Gaces de Chantepie_; mais il n’a jamais été nommé ainsi. Il dit lui-même dans son poëme qu’il sortoit des familles de la Bugne, d’Aigneaux, de Clinchamp et de Buron, et ne fait aucune mention de celle de Chantepie.

Le Père Anselme ou ses continuateurs auront cru sur parole la personne qui disoit _conserver_ son livre.

J’ai travaillé sur l’édition de son ouvrage imprimée à Paris à la suite de Gaston Phébus, par Antoine Vérard, in-fol. gothique, sans date. Les lettres indiquent les cahiers ou feuilles d’impression, et les chiffres le rang que tient dans le cahier le feuillet cité.

Godefroy (Denis).

Histoire de Charles VI, roi de France, par Jean Juvénal des Ursins, archevesque de Rheims, augmentée de plusieurs mémoires, etc., par Denis Godefroy. Paris, de l’Imprimerie royale, 1653, in-fol.

Grand cuisinier de toutes cuisines.

Voy. l’Introduction, p. XXXIII.

Hist. des grands officiers de la Couronne.

Voy. Anselme (le P.).

Inventaire de R. Picque, archevêque de Rheims en 1389. Reims, 1842, in-12.

Ce curieux document fait partie des Mélanges publiés par la Société des Bibliophiles de Reims. Malheureusement il n’a pas été édité très-correctement.

J. Reg. 147, 36 (ou autres chiffres).

Registres du Trésor des Chartes. Le premier chiffre est celui du registre; le second celui de la pièce.

La lettre J. avec un seul numéro (note sur le sire d’Andresel) indique un carton du Trésor des Chartes.

Section historique des Archives du Royaume.

Jugés, XXXII, 94.

Arrêts rendus au civil par le parlement de Paris. Le chiffre romain indique le registre; le chiffre arabe est le numéro de l’arrêt dans l’année indiquée.

Section judiciaire des Archives du royaume.

Juv. des Ursins, in-fol.

Voyez Godefroy (Denis).

K. 52, 3.

Registre ou plutôt cahier contenant des comptes de la maison du duc d’Anjou.

Section historique des Archives du royaume.

K. reg. 55.

Comptes de la reine Marie d’Anjou, femme de Charles VII.

Section historique des Archives du royaume.

Lebeuf, X, 260.

C’est l’Histoire du diocèse de Paris par ce savant abbé. Paris, 1754-8. 15 vol. in-12. Tome X, page 260.

Legrand d’Aussy.

Histoire de la vie privée des François; nouvelle édit., avec des notes par J.-B.-B. de Roquefort. Paris, 1815. 3 vol. in-8º.

Maison réglée d’Audiger, 1692.

La Maison réglée et l’Art de diriger la maison d’un grand seigneur et autres. Paris, Legras, 1692. In-12.

Le sieur Audiger, auteur de cet ouvrage rare qui est resté inconnu à Legrand d’Aussy, avoit servi la comtesse de Soissons, le président de Maisons, Colbert, le duc de Saint-Aignan, etc. Son livre contient beaucoup de particularités curieuses, et on y trouve, entre autres choses, le détail des attributions des différens domestiques, et le relevé de la dépense annuelle d’une grande, puis d’une médiocre maison. Louis XIV est même en scène dans ce livre, et on ne voit pas sans étonnement la facilité avec laquelle on abordoit ce prince. Un des endroits les plus curieux de _la Maison réglée_ est celui où l’auteur raconte avec grands détails qu’il présenta au roi, le 18 janvier 1660, une caisse de petits pois.

Matinées.

Plaidoieries civiles prononcées aux audiences du matin du parlement de Paris. Le plus ancien registre est de l’année 1395.

Section judiciaire des Archives du royaume.

Modus.

Le Livre du roy Modus et de la royne Racio. Nouvelle édition, avec une préface par Elzéar Blaze. Paris, 1839. Grand in-8, fig.

J’ai cité cette édition, parce qu’elle est la meilleure de ce livre précieux. Elle laisse néanmoins beaucoup à désirer, attendu qu’elle est imprimée dans un caractère soi-disant gothique tout à fait de fantaisie et à peu près illisible, qu’elle contient beaucoup de fautes, et est absolument sans notes. Mais elle vaut encore mieux que les anciennes éditions si rares et si chères, et elle est d’ailleurs la seule qu’on puisse se procurer à un prix modéré.

Il est fâcheux que l’éditeur n’ait pas donné en même temps _le Songe de Pestilence_, espèce de suite mystique du Modus, composée vers 1372, et imprimée très-incorrectement en 1506 sous le titre de _Modus et Ratio de divine contemplation_. J’ai cité le _Songe de Pestilence_ d’après une copie que j’en ai faite sur le beau manuscrit du Roi 632^{13}, lequel devra servir de base à toute nouvelle édition du Roi Modus.

Morais.

Le véritable Fauconnier, par messire C. de Morais, chevalier, seigneur de Fortille, cy-devant chef du héron de la grande fauconnerie. Paris, Quinet, 1683. In-12.

Plaidoieries civiles;--Plaidoieries criminelles du parlement.

Registres contenans les plaidoieries prononcées au civil (ou au criminel) devant le parlement.

Les plus anciens remontent à 1364 pour les plaidoiries civiles, et à 1387 pour les plaidoiries criminelles.

Section judiciaire des Archives du royaume.

Plan de tapisserie.

Plan en perspective de la ville de Paris (au commencement du XVIe siècle), gravé par Dheulland en 1756, d’après un autre gravé plus anciennement, qui appartenoit alors à l’abbaye de Saint-Victor. Ce dernier plan étoit le même qu’un autre représenté sur une tapisserie provenant de la maison de Guise, et acquise par la ville de Paris, sous la prévôté de M. Turgot.

Plan de Turgot.

Plan de Paris commencé l’année 1734, dessiné et gravé sous les ordres de messire Michel Étienne Turgot, prévôt des marchands, achevé en 1739, levé par L. Bretez, gravé par Cl. Lucas, et écrit par Aubin. 1 vol. in-folio-atlantico de 21 feuilles.

Quadragésimal spirituel.

Voir, sur les éditions de ce livre bizarre, le Manuel du libraire, T. III, p. 881. Je me suis servi de l’édition de Jehan Janot, in-4º gothique.

R. 122 (ou 123).

Je cite ainsi, dans ma note sur la punition de Paris en 1383, les registres du Trésor des Chartes portant les nos 122 et 123, etc., dont j’ai parlé au commencement de cette même note. Le second chiffre est celui de la pièce.

Recueil manuscrit des épitaphes de Paris.