Le major A. Gordon Laing (Tombouctou 1826)
Part 4
PROCÈS-VERBAL DES DEUXIÈMES FOUILLES EXÉCUTÉES LES 29, 30, 31 DÉCEMBRE 1910 ET LES 1er ET 2 JANVIER 1911
« Les 29, 30, 31 décembre 1910, les 1er et 2 janvier 1911, des fouilles furent exécutées à Sahab, au pied de l’arbre athilé et dans un rayon de 10 mètres autour de l’arbre. Elles mirent à découvert le premier jour quelques ossements nouveaux, difficiles à identifier à Tombouctou. Ceux- ci furent trouvés près de la place où eut lieu la première découverte, mais un peu plus profondément.
« Le 30 décembre, à environ 4 mètres de l’arbre, et du côté Ouest, des débris de fer, provenant d’une caisse, furent mis à jour.
« Le 1er janvier, on découvre de nouveau, dans le Sud-Ouest, à 3 m. 50 de l’arbre et à une profondeur de 0 m. 80, un foyer très important, se trouvant sur la couche de terre, au-dessous du sable apporté par les vents. Ce foyer se délimite parfaitement. Des photographies sont faites et on prélève des échantillons. Les fouilles sont interrompues jusqu’au 5. »
Sahab, le 3 janvier 1911. A. BONNEL DE MÉZIÈRES.
Les témoins : MOHAMMED OULD-MOCKTAR, BOUBAKAR DIALLA, Pour le témoin illettré : BEIDARI DIALLO. _Le maréchal des logis_, NADAL.
PROCÈS-VERBAL DES TROISIÈMES FOUILLES EXÉCUTÉES LES 5, 7, ET 8 JANVIER 1911
« Le 5, le travail a repris dans le Nord de l’arbre, à environ 8 mètres de son pied. On découvre, à une profondeur de 1 m. 25 de nouveaux ossements, qu’il est également impossible d’identifier sur place. Ces différentes découvertes concordent avec les déclarations du Bérabich Brahim Ould Omar Ould Sahab, qui dit avoir enterré des ossements humains mangés par les oiseaux.
« Le 7, le travail se poursuit sans résultat. Le 8, dans l’Ouest, environ à 11 mètres du pied de l’arbre et toujours à une profondeur de 1 m. 20, on met à découvert des débris de caisse en fer, et, tout à côté, des débris de lainage, qui sont recueillis et portés à Tombouctou pour examen. Ces débris sont trouvés dans une couche de sable placée sous l’argile, et des échantillons de ce sable renfermant des débris, sont prélevés et placés dans un sac. »
Sahab, le 8 janvier 1911. A. BONNEL DE MÉZIÈRES.
Le témoin : MOHAMMED OULD MOKTAR. Pour le témoin illettré : BEIDARI DIALLO, garde-cercle ayant dirigé les travaux. _Le maréchal des logis_, NADAL.
PROCÈS-VERBAL DES QUATRIÈMES ET DERNIÈRES FOUILLES
« Il résulte de l’examen des débris de lainage rapportés le 8 janvier que ceux-ci, comme l’écrit M. le docteur Lefèvre, médecin-major de 1re classe des troupes coloniales, proviennent d’une chaussette ou d’un bas cachou, tramé laine et coton.
« Les fouilles sont continuées à l’emplacement même où ces débris furent trouvés. Elles amènent la découverte d’un morceau qui paraît être de l’alun recouvert d’une épaisse couche de terre. L’examen chimique confirme cette opinion. »
Tombouctou, le 11 janvier 1911. A. BONNEL DE MÉZIÈRES.
Le témoin : MOHAMMED OULD MOKTAR. Pour le témoin illettré : BEIDARI DIALLO, garde cercle. _Le maréchal des logis_, NADAL.
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
LIBERTÉ — ÉGALITÉ — FRATERNITÉ
Par devant nous, Marc, Lucien, François, lieutenant d’infanterie coloniale hors cadres, commandant le cercle de Tombouctou, juge de paix à compétence étendue, assisté du sieur Munier, Jean, Louis, greffier assermenté, et en présence des sieurs Huchery, Maurice, Paul, commis de 1re classe des affaires indigènes et Cristofini, Pascal, Louis, instituteur, témoins,
A comparu le sieur Albert Bonnel de Mézières, explorateur, chevalier de la Légion d’honneur, chargé de mission par le Gouvernement général de l’Afrique Occidentale française et par le Gouvernement du Haut-Sénégal- Niger,
Qui nous a présenté les débris recueillis par lui dans les circonstances indiquées par les procès-verbaux ci-joints.
Il a été fait de ces débris quatre paquets, savoir :
_Paquet no 1_ : Un fragment de chaussette ou de bas couleur cachou tramé laine et coton. Une boule d’alun recouverte d’une couche de terre.
_Paquet no 2_ : Cendres provenant d’un foyer mis à jour à 0 m. 30 sous le sable. Cendres d’un foyer contenant des débris de vêtements.
_Paquet no 3_ : Divers débris de fer provenant de caisses ; divers débris de fer plus caractérisés et provenant certainement d’une caisse.
_Paquet no 4_ : Sable contenant des débris impossibles à déterminer sur place.
Ces quatre paquets, enveloppés dans de la toile blanche et numérotés suivant l’ordre ci-dessus, ont été placés dans une caisse en bois blanc qui a été en notre présence clouée et scellée de huit cachets à la cire rouge portant l’empreinte ci-dessous.
En foi de quoi nous avons délivré le présent certificat pour valoir ce que de droit.
Tombouctou, le 18 janvier 1911.
_Le commandant du cercle_, Signé : MARC.
_Le greffier_, Signé : MUNIER.
=PROCÈS-VERBAL=
« Remis à M. le médecin chef de l’ambulance de Tombouctou deux caisses en bois blanc, l’une scellée de treize cachets à la cire rouge et contenant des ossements qui paraissent pouvoir être attribués au major Laing, et recueillis au lieu dit Sahab ; et l’autre scellée de huit cachets à la cire rouge et contenant divers débris recueillis au même endroit par M. Bonnel de Mézières. »
Tombouctou, 20 janvier 1911.
_Le commandant du cercle_, MARC.
Pris en charge les deux caisses désignées ci-dessus.
_Le médecin chef de l’ambulance_, LEFÈVRE.
TABLE DES MATIÈRES
* * * * *
Pages
I. Alexander Gordon Laing 1
II. La conquête de Tombouctou 4
III. Le drame 14
IV. A la recherche des restes de Laing 23
=Pièces justificatives=
Textes arabes découverts à Araouan 33
Traductions de M. Houdas 36
Note concernant les manuscrits 39
Pièces diverses 41
Itinéraire de Laing au Sahara 59
* * * * * LAVAL. — IMPRIMERIE L. BARNÉOUD ET Cie.
NOTES :
[Note 1 : « One of the finest fellows, with the best tempered and most prepossessing countenance that he ever beheld ». _Quaterly Review_, 1828, vol. XXXVIII, pp. 100 et suiv.]
[Note 2 : « In excellent health and spirits, and enthusiastic in the cause of research ». _Quart. Rev._, art. cit.]
[Note 3 : « All fractures, from which much bone has come away. One cut on my left cheek, which fractured the jawbone and has divided the ear, forming a very unsightly wound ; one over the right temple, and a dreadfull gash on the neck, which slightly scratched the wind-pipe ».]
[Note 4 : « When I was in a very weak state, having hardly succeeded in overcoming the severe fever by which I had been assailed, while as yet the corpses of my poor Jack and the sailor were hardly cold, Hamed, unmindful of all laws of humanity came to me and said he wished to go to Tuat with the Koffila. I told him he might go. I blame nobody for taking care of his carcass, so, in God’s name, let him go. I have given him a meherrie, provision, etc. So that he departs like a sultan ». _Quart. Rev._, art. cit.]
[Note 5 : Barth, _Travels and discoveries in Central Africa_. London, 5 vol. in-8o, 1858, t. IV, p. 455.]
[Note 6 : Voir : Lucien Marc-Schrader, Tombouctou et le trafic Transsaharien, _in_ : la _Revue de Paris_, 15 mars 1912.]
[Note 7 : « My dear Emma must excuse my writing. I have begun a hundred letters to her, but have been unable to get through. She is ever uppermost in my thoughts, and I look forward, with delight, to the hour of our meeting, which, please God, is now at no great distance ». _Quart. Rev._, art. cit.]
[Note 8 : René Caillé, _Journal d’un voyage à Tombouctou et à Jenné_, Paris, 3 vol. in-8o, 1830, t. II, p. 348.]
[Note 9 : « In every respect... Timbuctu has completely met my expectation ». _Quart. Rev._, art. cit.]
[Note 10 : « My destination is Segu, whither I hope to arrive in fifteen days ; but I regret to say the road is a vile one, and my perils are not yet at an end ». _Quart. Rev._, art. cit.]
[Note 11 : L’athilé, éthel des Algériens, est le _Balanites egyptiaca_ Delib, le taborak des Touareg, le séguéné des Soudanais (Renseignements de M. Aug. Chevalier).]
[Note 12 : Caillé, t. II, pp. 346-348.]
Note du transcripteur :
Page IV, " aimablement à ma dispo-tion " a été remplacé par " disposition "
Page 7, note 3, " slighly scratched the wind-pipe " a été remplacé par " slightly "
Page 27, " ould Molktar consentit à parler " a été remplacé par " Moktar "