Le livre des singularités

Part 32

Chapter 323,290 wordsPublic domain

»Mais ce qui ferait le côté philosophique et consolateur de cet établissement, c'est que pour charmer les derniers instants des amateurs, dans les salons et dans les jardins du Tivoli funèbre mêlés aux instruments de la mort, on rencontrerait partout ce qui fait la joie de la vie: des fleurs, des femmes, des mélodies suaves, des vins exquis, les chefs-d'œuvres des arts, les merveilles du luxe. Et peut-être, rappelé par ce riant aspect et ces engageantes voluptés à un meilleur sentiment, celui qui serait entré là avec un fatal projet, en sortirait le sourire sur les lèvres, le cœur consolé et demandant au ciel de prolonger les jours qu'il voulait briser.» (EXTRAIT du _Follet_, 2 nov. 1834.)

* * * * *

V. A la _page 304_, nous avons rapporté le nom de Mlle Rachel en un acrostiche assez curieux en ce qu'il est double; voici une autre pièce du même genre non moins curieuse, puisque l'acrostiche est triple. Cette pièce, qui a pour base les noms JESUS MARIA, est ancienne; son auteur est un sieur Esprit Gobineau de Montluysant, l'un des plus déterminés et des plus féconds fabricateurs d'acrostiches dans un siècle où ces _nugæ difficiles_ étaient grandement à la mode: cet acrostiche est tiré de l'un de ses ouvrages, intitulé: _L'Ordre sacré de la saincte prestrise, mis en vers_. Metz, Cl. Félix, 1633, _in-4º_ de 28 pages. Ce petit chef-d'œuvre est ainsi disposé avec ses trois perpendiculaires nominales:

=I=e m'étois endurc =I= mais le Dieu de merc =I= =E=ffaça le péch =E= dont j'étois entach =E= =S=i bien qu'ores je sui=S= privé de mes ennui =S= =U=ivant pour louer Die =U= en toute place et lie =U= =S=i voulez ô Chrestien =S= jouir de divins bien =S= =M=aintenez le reno =M= de Jesus et son no =M= =A=vec vous il ser =A= et vous exaucer =A= =R=epoussant Lucife =R= et tous ceux de l'enfe=R= =I=nvoquons le ic =I= car d'un cœur adouc =I= =A=qui le servir =A= le ciel il ouvrir =A=

Ce M. Gobineau de Montluysant a encore d'autres ouvrages, entre autres, _La royale Thémis ou l'établissement de la coure_ (sic) _du Parlement de Metz_, 1634, _in-4º_, livre dans lequel l'auteur, fidèle à son génie inspirateur et à sa vocation, a mis en acrostiches multipliés tous les noms de Messeigneurs de ladite cour.

Mais où M. de Montluysant s'est distingué particulièrement, c'est dans _Le Sacré Mont Carmel_, qu'il a publié à Metz en 1632, _in-4º_ de _77 pag._, et qu'il a dédié à Anne Fabert, sœur du Maréchal Fabert, né d'un imprimeur de Metz. Ici la prose rivalise avec la poésie et jette un éclat non moins brillant. «Le Mont Carmel, dit l'auteur, est une OPALE admirable en laquelle se voit la BLANCHEUR de la virginité, l'AZUR de la fidélité, la VERDURE de l'espérance, la ROUGEUR de la charité, le JAUNE du contentement spirituel, et le VIOLET de l'amour divin.»

Qu'on dise après cela que la plume de M. de Montluysant n'a pas tout l'éclat des couleurs de l'arc-en-ciel!

A propos de couleurs, Caraccioli en a parlé d'une manière assez singulière et même assez sévère, dans son _Livre à la mode_, imprimé à Verte-feuille, etc., _in-12_, _p. 2_ et _3_; il s'exprime ainsi sous le voile de l'anonyme:

«La couleur ROSE, dit-il, est une couleur libertine, affectée aux filles de joie; le CRAMOISI, une couleur voluptueuse qui caractérise les personnes de plaisir; mais le VERT, symbole de l'espérance, paroît l'apanage de la modestie. Jamais on n'employa cette couleur pour favoriser les vices ou flatter l'ambition, tandis que le BLEU et le ROUGE servent à farder des femmes flétries par la débauche; le VIOLET, à parer des êtres qui se monseigneurisent....; le BLEU, à faire souvent des licols; le JAUNE enfin à désigner les coucous.»

* * * * *

VI. Parmi les livres singuliers dont nous avons parlé, à partir de la _pag. 364_, nous avons omis un petit bouquin du XVe siècle, qui n'offre rien de bizarre dans son titre, mais qui renferme des choses fort remarquables par la naïveté de l'expression. Ce sont des plaintes sur le sort des curés dans le temps où vivait l'auteur. Ce livret est intitulé:

Epistola de miseria curatorum (latinité d'alors) seu plebanorum; _impressum Parisiis, Pet. Poulihac_. (Sans date, mais avant 1500); _in-8º de 8 feuillets goth_.

L'auteur énumère lamentablement toutes les tribulations auxquelles était alors exposé un pauvre curé. Il ne compte pas moins de neuf diables déchaînés contre lui, et delà neuf chapitres où les plaintes sont rendues avec l'accent d'une douloureuse mais plaisante conviction. Par exemple le troisième démon qui conspire contre le repos d'un curé à portion congrue, c'est sa servante, laquelle, presque toujours infidèle, paresseuse, acariâtre, et pourtant reine du presbytère, lui fournit autant de sujets de tentations qu'il a de cheveux à la tête: _per quam_, dit l'auteur, _habes tot tentationum stimulos quantum in capite geris capillos_. (M. Leber possède un exemplaire de ce curieux livret; voyez son beau _Catalogue_, nº 225, que nous avons consulté; il en est de même de l'ouvrage suivant:)

L'accusation correcte du vray pénitent, par le P. Chauvaud; _sur l'imprimé à Chartres_, 1676, _pet. in-12, rare_.

Ce livre est composé de quatre dialogues fort singuliers entre le confesseur et quatre espèces de pénitents: le premier est un idiot grossier qui ne dit rien et auquel il faut arracher les mots les uns après les autres; le second est une fine bête qui ne dit pas assez; le troisième est une impitoyable bavarde qui dit beaucoup trop, et qui oublie de s'accuser elle-même en accusant ses voisines; enfin le quatrième parle ainsi qu'il doit le faire.

M. Leber dit que cette instruction ne serait point déplacée dans les facéties. (VOY. son _Catalogue_, nº 187.)

* * * * *

VII. A la _page 384_, nous avons terminé notre court extrait du ridicule traité d'Albert-le-Grand, _de Laudibus Virginis Mariæ_, par dire que la Sainte Vierge était instruite dans toutes les sciences. Là nous devions parler en note du passage d'un vieux _Mystère de la Passion_ qui renferme aussi un éloge de Marie; ce passage ayant été omis, nous le rétablissons ici. L'éloge est d'autant plus curieux que l'auteur de la pièce l'a mis dans la bouche du diable, l'un des personnages du Mystère, et on va voir que cet auteur a prêté une certaine érudition à Satan, qui, parlant de Marie, s'exprime ainsi, dans le langage et l'orthographe du temps:

.... «Elle est plus belle que Lucresse, Plus que Sara dévote et saige; C'est une Judic en couraige, Une Hester en humilité, Et Rachel en honnesteté. En langaige est aussi benigne Que la Sibylle tiburtine; Plus que Pallas a de prudence; De Minerve elle a la loquence; etc.»

Nous aurions pu mentionner encore à la suite du livre d'Albert sur les _louanges de Marie_, un très-ancien opuscule assez rare qui regarde aussi la Sainte Vierge. Il a pour titre:

Supplication à Nostre-Dame, en vers. _Sans date ni lieu d'impression; in-4º goth. de_ 12 pag.

Cette pièce, composée de 296 vers, est de Pierre de Nesson[197]; le style en est fort singulier comme on peut en juger par l'extrait suivant. N'oublions pas que l'auteur écrivait dans le XVe siècle; il débute ainsi, s'adressant à Marie:

[Note 197: Ce Pierre de Nesson est né dans le XVe siècle; il fut officier de Jean I, duc de Bourbon, fait prisonnier par les Anglais à la bataille d'Azincourt en 1415, et conduit en Angleterre où il mourut en 1433. P. de Nesson fut continué dans son office par Marie de Berry, duchesse de Bourbon. On ignore la date de sa mort; il a laissé plusieurs ouvrages tels que le _Lay de la guerre_, les _neuf Leçons de Job_, etc.; il était estimé des écrivains de son temps.]

Ma doulce nourrice pucelle Qui de vostre tendre mamelle Vos doulx créateur alaictastes, Et qui vostre père enfantastes, Ma Dame, ma léale amye, Combien que je ne soye mye Digne d'estre en vostre service, Je vous supplie sans office, S'aulcun m'enquiert à qui je suis, Je puisse dire que j'ensuis La cour de la royne des cieulx En espérance d'avoir mieulx, Et d'estre de vostre famille, Ma doulce de Dieu mere et fille; Non mye comme serviteur, Car ce me seroit trop d'honneur, Et seray trop reguerdonné D'estre vostre povre donné; Et se c'est à mon trop grant don Je vous requiers, belle, pardon.

.....

Pour ce s'il vous plaist en gré prendre Tout maintenant sans plus attendre, Je vous donne mon corps et m'ame, Sy fait pareillement ma femme, Et vous fesans foy et hommage De tout nostre petit ménage.

En vous promettant féaulté Service, foy et léaulté. ..... .....

Tel est le début de cette pièce. Voici comment elle se termine:

Et quant nous serons trespassés, Donnez-nous, madame Marie, La très-perpétuelle vie, Laquelle ottroit[198] par sa puissance La très-haulte divine essence, Seul Dieu régnant en trinité A ceulx qui diront cest dité: Priant qu'à PIERRE DE NESSON Face de ses péchiés pardon, Lequel premièrement ce dit Ordonna et mit par escript.

[Note 198: Octroie, _accorde_.]

* * * * *

VIII. Nous avons découvert récemment sur l'intérieur de la couverture d'un vieux livre _in-fol._, une note manuscrite en caractères semigothiques qui nous a paru assez singulière, et qui aurait dû être placée à la page 11, où finit notre premier article l'ANTÉGÉNÉSIE; c'est une définition de Dieu; elle est en latin, nous allons la donner textuellement avec son titre:

DEI DESCRIPTIO.

«Sui ipsius principium et finis, utriusque carens; neutrius egens; utriusque parens atque author. Semper et sine tempore; cui preteritum non abit, nec subit futurum; regnat ubique sine loco; immutabilis absque statu; pernix sine motu; extrà omnia omnis; intrà omnia sed non includitur in ipsis; extrà omnia, sed non ab ipsis excluditur; intimus hæc regit, extimus creavit; bonus sine qualitate, sine quantitate magnus, totus sine partibus; immutabilis cum cætera mutat; cujus velle potentia; cui opus voluntas simplex est; in quo nihil potentia; sed in actu omnia; imò ipse purus; primus, medius et ultimus actus; deniquè est omnia, semper omnia, extrà omnia, intrà omnia, præter omnia, antè omnia, et post omnia omnis. Ad majorem Dei gloriam.

* * * * *

IX. Encore un livre singulier; il a pour titre:

La Princesse des oraisons, ou les attraits ravissans de notre Père céleste, tirés de l'excellence merveilleuse de l'Oraison Dominicale, pour nous élever à la jouissance des biens du Ciel. Par maître Barthelemi Thelioux, docteur en théologie, curé et chanoine en l'église paroissiale et collégiale de Saint-Genès-de-Thiert, notaire apostolique et juge ordinaire. _Non. octob._, 1635; _in-4º_ de 600 pages.

Ce manuscrit, qui n'a jamais été imprimé, offre la paraphrase la plus féconde et la plus singulière qui ait jamais paru sur l'Oraison Dominicale. L'auteur l'a partagée en VII livres qui eux-mêmes sont divisés en un grand nombre de discours. Les citations en différentes langues y sont semées avec prodigalité. On y trouve de tout; de la prose, des vers, des traductions, jusqu'à l'anagramme du nom de l'auteur

_Bartholomæus Theliuxius_:

LUX VITÆ HABERIS HOMO.

Les idées les plus bizarres y abondent: par exemple, savez-vous quelle est la preuve la plus certaine, la plus incontestable que Dieu a créé l'homme droit? C'est que l'homme peut se courber. Que signifient dans la sublime oraison, ces mots _in cœlis_? Ils signifient que nous sommes invités à lever continuellement la tête vers les cieux, parce que ce monde est une prison où nos ames sont violemment détenues. Quant au _panem quotidianum_, c'est l'eucharistie que l'auteur appelle pain continuel, parce qu'on ne cesse pas, dit-il, de s'en nourrir; et pour prouver la continuité de cet aliment divin, il entre dans des descriptions géographiques et démontre que le saint sacrifice s'offre à toutes les heures du jour et de la nuit dans les différents climats de l'univers. Au reste il existe une feuille gravée qui contient ces supputations, et par conséquent la preuve que la messe est continuellement célébrée dans le monde chrétien.

L'auteur ne parle qu'avec une respectueuse admiration des caractères hébraïques; il n'y en a point de plus mystérieux, dit-il. Les cabalistes osent promettre d'expliquer toute l'Ecriture Sainte par le moyen des lettres et des points et par la supputation des nombres signifiés par les caractères. C'est pourquoi Orphée, ce puissant opérateur par l'entremise des voies secrètes, dit qu'il faut bien se garder de changer les noms hébreux, en travaillant de la sorte. Notre docteur se sert de trois raisons pour établir les avantages de la langue hébraïque: la première, c'est que Dieu a voulu nous donner sa loi en cette langue et nous communiquer ainsi tous les oracles des Anciens; la seconde, c'est parce qu'il savait quelle force était cachée dans ces caractères formés selon les figures et les aspects célestes; enfin la troisième, c'est parce que les noms divins s'expriment plus facilement et plus parfaitement par les formes et significations de ces lettres; et voilà pourquoi Fr.-Georg. Venetus, dans son _de Harmonia mundi_, les appelle _veri alvei divinorum nominum in idiomate hebræo cum suis caracteribus, quibus illa nomina etiam mysterio maximo descripta sunt_.

Le chapitre où Thelioux a étalé le plus de science et d'érudition, est celui qui a pour titre: _de la signification et emphase de la diction AMEN_. Ce mot _amen_ a aussi été l'objet des recherches de Samuel Petit, dans ses _Variæ lectiones_, lib. I, cap. XVII; lequel Petit n'est pas moins prodigue d'érudition que le docteur Thelioux. Ducange rapporte dans son glossaire quatre vers où se trouvent toutes les significations du mot en question:

Verum, verè, fiat, _amen_ tria denotat ista, Si verum nomen, adverbium sit tibi verè. _Amen, amen_, verè duo sunt adverbia verè. _Amen_ pro, fiat, tibi verbum deficiens est.

Nous ne nous étendrons pas davantage sur l'ouvrage de Thelioux, quoiqu'il renferme encore une grande quantité de chapitres très-curieux, tels que _la déification de l'homme, prouvée par autorités_;--_les cinq demoiselles de chambre de la princesse Oraison Dominicale_;--_le pélerinage de l'homme en cette vie_;--_des cieux et de leurs merveilles_;--_sur quelles choses se peut étendre la puissance du diable_, etc., etc., etc. Si nous voulions signaler tout ce qui est marqué au coin de la bizarrerie dans ces différents chapitres, ce serait à n'en pas finir. Adieu donc au docteur Thelioux.

* * * * *

X. RECETTE pour devenir un parfait courtisan.

Cette facétie, en forme d'ordonnance médicale, est due au célèbre Henri Estienne, qui l'a insérée dans ses _Deux dialogues du nouveau langage italianisé_, etc.; Paris, (Patisson), 1579, _petit in-8º_. Elle prouve que le métier de courtisan n'est pas de fraîche date, et qu'au XVIe siècle on l'exerçait déjà avec une certaine perfection; la voici rédigée selon les termes de l'art:

RECIPE 1º trois livres d'impudence, tirées du creux d'un rocher nommé front-d'airain; 2º deux livres d'hypocrisie; 3º une livre de dissimulation; 4º trois livres de science de flatter; 5º deux livres de bonne mine; le tout concassé et cuit au jus de bonne grâce.

Ensuite passez cette décoction par une étamine de large conscience; puis quand elle est refroidie, mettez-y six cuillerées d'eau de patience et trois d'eau de bonne espérance; avalez d'un seul trait, et grâce à ce breuvage souverain, renouvelé de temps en temps, vous serez vrai courtisan en toute perfection courtisanesque.

Autre RECETTE infaillible contre la goutte et le rhumatisme.

Cette seconde ordonnance, non moins sérieuse que la précédente, est tirée d'un livre assez rare, intitulé: _Traité de la prudence_, etc., composé par Antoine Dumont, (J.-B. Arnoult, jésuite); _Besançon_, 1733, _in-12_. Voici la composition de l'onguent que le rév. Père recommande, p. 71, aux goutteux et aux rhumatisés:

«RECIPE une livre de graisse d'un vieux curé qui ne soit point avare; une livre _idem_ d'une vieille femme qui n'ait jamais déraisonné, ni désobéi à son mari; ajoutez une livre de graisse d'un vieil âne qui n'ait jamais reçu de coups de bâton; faites fondre le tout ensemble, mêlez bien, puis frottez de cet onguent le membre malade pendant trois jours; vous pouvez compter sur une guérison prompte et radicale.»

* * * * *

La petite pièce suivante a été omise à la suite du _Dîner logique_, p. 190. C'est un impromptu adressé par un jeune homme à son maître qui lui reprochait de s'absenter de classe pour aller au cabaret; le jeune homme dit:

Pinta trahit pintam, trahit altera pintula pintam, Et sic post pintas nascitur ebrietas.

Le maître répliqua aussitôt:

Virga trahit virgam, trahit aliera virgula virgam, Et sic post virgas nascitur ire foras.

Et il chassa le jeune biberon.

* * * * *

Nous regrettons que plusieurs dissertations curieuses, égarées et retrouvées trop tard, n'aient pu entrer dans le présent volume. Leur haute importance fera sans doute partager nos regrets au lecteur; en voici les titres:

1º Des ALLUMETTES, leur origine, antiquité et histoire chez les Hébreux, chez les Phéniciens, les Grecs, les Romains, les Gaulois, les Sauvages et chez tous les peuples modernes, avec un appendice curieux sur l'art de souffler la bougie et de moucher la chandelle, même avec les doigts sans se brûler.

2º Des BAISERS d'étiquette; leurs différentes espèces, tels que le baiser féodal, le baiser à la cour, le baiser de paix à l'église, le baisement de la mule du pape; etc., etc., avec une notice des ouvrages consacrés à ce sujet historique et religieux.

3º Recherches civiles, politiques et littéraires sur les COUPS DE BATON, et sur les précautions à prendre pour en donner quand il y a lieu, et pour en recevoir quand on les attend; le tout selon les circonstances, mais toujours avec les procédés convenables, ainsi qu'il est d'usage entre personnes bien élevées.

4º Histoire curieuse de tous les NEZ COUPÉS dont il est question dans l'histoire tant ancienne que moderne, précédée d'une dissertation sur la nécessité et l'importance de cette proéminence au milieu du visage, et suivie d'une digression sur la rhinoplastie, ou l'art de refaire un nez coupé sans qu'il y paraisse.

5º Du DIABLE considéré sous le rapport des diverses formes, figures, costumes et accoutrements sous lesquels on l'a représenté siècle par siècle, depuis son apparition dans le jardin d'Eden où il eût mieux fait de rester tranquille, jusqu'à la tentation de S. Antoine par Calot, où les cornes, les aîles et les griffes de cet infernal Protée causent moins d'effroi que jadis.

Ces cinq sujets étant traités avec toute la sagacité, l'érudition et l'aménité désirables, nous pourrons, si le cœur vous en dit, cher lecteur, vous les donner par la suite accompagnés de plusieurs autres; adieu donc, au plaisir de vous revoir.

FIN DES ADDITIONS.

VOCABULAIRE DES NOMS PROPRES ET DES MOTS SINGULIERS, BAROQUES, SAUVAGES ET DE FANTAISIE, ÉPARPILLÉS DANS UN CERTAIN CHAPITRE DE L'OUVRAGE; AVEC RENVOI AUX PAGES POUR L'EXPLICATION.

_Aléthinosgraphe de Cléarétimalée_, pseudonyme français, _p. 73_.

_Amatlacuilolitquitcatlaxtlahuilli_, mot mexicain, (qui signifie récompenser), _p. 57_.

_Anasatochimacpa_, mot groenlandais, (respirer), _p. 60_.

_Aristolochiocordiflora_, nom d'une fleur d'Amérique, _p. 67_.

_Artificandivinanciel_, mot de fantaisie, _p. 72_.

_Artonécrolipsaniconolatrie_, titre satyrique, _p. 72_.

_Ayarouxonkala_, nom propre indien, _p. 55_.

_Bicomonolofolati_, pseudonyme, _p. 74_.

_Bombomachidès-Cluninstaridysarchidès_, nom propre grec de fantaisie, _p. 70_.

_Demstrgrfrwomldammfr_, nom propre tahitien, _p. 42_.

_Esperruquancluzelubelouzerirelu_, mot rabelaisien, _p. 76_.

_Graphexechon de Pitariste_, pseudonyme français, _p. 73_.

_Hamankoeboewonosenopaitingalgongabgurrachmansaydinpanotagomode_, nom propre javanais, _p. 67_.

_Incompodrophobilique_, mot de fantaisie, _p. 72_.

_Inconstitutionnalité_, mot français non admissible, _p. 76_.

_Incrocornistificulibilisation_, mot de fantaisie assez plaisant, _p. 77_.

_Kaïkiraniariopouna_, nom propre dans les îles Sandwich, _p. 50_.

_Kaiserlich-Koeniglich-Hofrauchfangskehrmeisteradjunct_, nom qualificatif allemand, _p. 68_.

_Kanikeaouoli_, nom propre dans les Sandwich, _p. 52_.

_Kleingorloffenbach_, pseudonyme, _p. 76_.

_Laverererareri_, mot cabalistique, _p. 37_, _not._

_Maïkamichikiakiak_, nom d'un sauvage de l'Amérique du Nord, _p. 46_.

_Messegydorpochestès_, sobriquet grec, _p. 70_.

_Miriamikekauluhoï_, nom propre dans les Sandwich, _p. 53_.

_Misophilantropopanutopies_, titre d'un livre, _p. 74_.

_Mitassouachiningoutouassou_, mot numérique algonkin, (seize), _p. 59_.

_Mittigouchiouekkendalakiank_, mot algonkin (qui signifie France), _p. 60_.

_Morrambouzevezangouzequoquemorguatasachacguevezinemaffressé_, mot rabelaisien, _p. 76_.

_Mousckiliencantamierliorodifique_, mot de fantaisie, _p. 72_.

_Netchontantescanyati_, mot huron, (étonnement), _p. 58_.

_Ninchtanaachiningoutouassou_, mot numérique algonkin, (vingt-six), _p. 60_.

_Nissouemitanaachiningoutouassou_, mot numérique algonkin, (trente-six), _p. 60_.

_Onéharadesehoengtseragherie_, mot iroquois, (vin), _p. 58_.

_Ouatsakamikdachirini_, mot algonkin, (il signifie Anglais), _p. 61_.

_Oukihouanhaquiey_, mot huron (guerre), _p. 58_.

_Paetarrarorincouroac_, mot numérique chez les Yameos, (trois), _p. 59_.

_Peinthéphiladelmirézidarnézulmézidore_, mot de fantaisie, _p. 74_.

_Pourahouaoukaïkaïa_, nom propre dans les Sandwich, _p. 51_.

_Reystrosuissolansqueneti_, mot latin macaronique, _p. 71_.

_Ronoakoua_, nom d'un ancien roi divinisé jadis dans les Sandwich, _p. 51_.

_Sarouvangatamalla_, nom propre indien, _p. 55_.

_Scytalosagittipelliger_, surnom d'Hercule, _p. 70_.

_Stadt-Vien-Unschlitt-Handlungs-Amst-Manipulant, gegensperrführer und Oberschmalzmeister_, nom qualificatif allemand, _p. 68_.

_Synallagmatimonosyllabobiopraphus_, pseudonyme de fantaisie, _p. 82_.

_Tchaoutchaou_, mot des îles Mariannaises, (coco sec), _p. 63_.

_Téchouascahouini_, mot huron, (dents laides), _p. 58_.

_Tesquachaouindi_, mot huron, (dents gâtées), _p. 58_.

_Tessaracontadyogrammatum_, mot (en 24 lettres) par lequel on a jadis désigné le nom de Dieu, _p. 71_.

_Tessarescædécatites_, nom jadis donné aux chrétiens qui célébraient la pâques le 14 mai, _p. 71_.

_Tetennamiquilitzli_, mot mexicain (un baiser), _p. 58_.

_Thermohygrométrométriques_, mot relatif à la pogonologie, _p. 69_.

_Tesaurochrysonicochrysidès_, nom propre grec de fantaisie, _p. 70_.

_Traiflagoulamen_, surnom injurieux, _p. 71_.

_Transsubstantiationnalité_, mot inadmissible dans la langue française, _p. 76_.

_Uttokarsuangopoch_, mot groenlandais, (vieillir), _p. 61_.

_Westicpetzeerdenstafflitlefgraffltte_, pseudonyme créé par Collé, _p. 74_.

TABLE DES MATIÈRES.

A.

_Absurdités_ du Thalmud sur la création d'Adam, _p. 11_, _note_.

ABULFÉDA, cité _p. 4_.

_Académies_ et sectes philosoph. anciennes, _p. 109_, _note_.

_Acrostiche_ double de Mlle Rachel, _p. 304_; --Acrostiche triple sur JESUS MARIA, _p. 437_.

ADAM donne un nom à tous les animaux, _p. 32_.

-- La _Pénitance Adam_, liv. rare, _p. 37_.

ADELUNG (Fréd.), glossographe, _p. 38_.

_Adjectifs_, leur nombre dans la langue anglaise, _p. 40_; --dans la langue française, _p. 40_.

_Adverbes_, leur nombre dans l'anglais,--dans le français, _p. 40_.

_Affiche_ vénitienne en sigles, _p. 103_.

ALBERT-LE-GRAND, auteur d'un livre singulier sur la Sainte Vierge, _p. 383, 440_.

ALGONKINS (mots numériques chez les), _p. 59_.