Le livre commode des adresses de Paris pour 1692, tome 2/2

Part 4

Chapter 43,745 wordsPublic domain

[4] Son article est un peu différent dans l’édition de 1691, p. 30. Après la mention du bureau des verriers, il y est dit: «Ce qu’on ne trouve pas dans ce bureau, peut être recouvert et acheté en gros, à bon compte, dans les magasins du sieur Rose, verrier, rue d’Arnetal (Grenetat), etc.»

On trouve des Bouteilles de Cristal taillées pour la poche chez le Sieur le Grand le Jeune, et de Guerre Verriers, rue saint Denis[5], le Quin Emailleur, rue saint Martin[6], Gilbert Lapidaire, rue sainte Croix de la Cité[7], et le Seür aussi Lapidaire, rue saint Denis près le Sepulcre.

[5] Ils sont indiqués, dans l’édition de 1691, p. 30, comme «verriers faisant grand négoce de bouteilles de poche à bouchons de verre». A la suite, viennent «Grancire, rue de la Coutellerie, et Ancelin, au cul de sac Saint-Sauveur», qui ne se retrouvent pas ici.

[6] Il étoit de la famille de l’orfèvre Lequin, que nous trouverons à la fin du chap. suivant.

[7] L’édition de 1691, p. 30, le place «sur le Quai-Neuf, au Berceau d’or».

Il y a une Fayancerie à saint Cloud[8] où l’on peut faire exécuter tels modèles que l’on veut.

[8] On en connoît les principaux ouvriers à cette époque: Trou, le potier, et Chicanneau père et fils. Ils fabriquoient une faïence à émail stannifère, en camaïeu bleu, le plus souvent. Leur faïencerie avoit assez d’importance pour que la duchesse de Bourgogne la visitât, en 1709, le 3 sept. Les Chicanneau ajoutèrent à la fabrication de la faïence celle de la porcelaine, «façon des Indes», dont ils se disoient inventeurs. A la fin de 1696, ils adressèrent, comme tels, un placet à l’intendant de Paris. (_Correspond. des Contrôleurs généraux_, nº 1342.) Lister (chap. V) admira fort leurs porcelaines. V. aussi J. Marryat, _Hist. des Poteries_, etc., trad. franç., t. II, p. 212.

M. de Saint Estienne Maitre de la Fayencerie de Rouen, a trouvé le secret de la Fayence violette tachetée, et de faire en France de la Porcelaine semblable à celle des Indes[9].

[9] Dans l’édition de 1691, p. 30, il n’est mentionné que pour la porcelaine qu’il a «le secret de faire en France».--Il fabriquoit bien réellement tout à la fois de la faïence et de la porcelaine, et cela, par privilége, avec d’autres concessionnaires, depuis 1644. Le 30 juin 1694, M. d’Ormesson envoya un rapport au contrôleur général sur l’état de cette fabrique et sur le renouvellement de son privilége. Comme on vouloit que Saint-Etienne livrât son secret pour que la fabrication fût continuée par les Invalides, et comme il refusa, ce renouvellement n’eut pas lieu. Le privilége obtenu en 1673 pour la porcelaine, «façon de Chine», fut seul continué pour vingt ans encore, mais à condition qu’au bout de ce temps le secret de fabrication seroit livré au public. (_Correspond. des Contrôleurs généraux_, nº 1342.)

Les Fayences de Nevers arrivent sur le quay de la Tournelle près la porte saint Bernard[10].

[10] Ces faïences de Nevers, qui avoient leurs collectionneurs, comme on le voit par quelques vers de Sénecé dans ses _Épigrammes_ (1717, in-12, p. 224), se fabriquoient depuis longtemps déjà, et en dernier lieu, sous la direction d’un nommé Castelnau.

M. Perrot Maitre de la Verrerie d’Orléans[11], a trouvé le secret de contrefaire l’Agathe et la Porcelaine avec le Verre et les Emaux. Il a pareillement trouvé le secret du Rouge des Anciens, et celuy de jetter le Verre en moulle pour faire des bas reliefs et autres ornemens. Il a son Bureau à Paris sur le quay de l’Orloge à la Couronne d’or.

[11] Bernard Perrot étoit neveu de Castelnau que nous venons de voir à la faïencerie de Nevers. Dès le mois de décembre 1655, il avoit obtenu le privilége de la verrerie royale d’Orléans et de celle de Fay-aux-Loges, qui en étoit la succursale, à six lieues de là sur le canal. En 1666, autre brevet délivré à Perrot en faveur d’une découverte fort importante pour l’exploitation de sa verrerie: il tiroit d’une pierre «qui abonde en France»,--la houille certainement--un combustible moins cher que le charbon. En 1688, ayant perfectionné la fabrication du verre, «soit colorié, soit en relief», et aussi «le coulage des métaux à table creuse, avec des figures», un privilége nouveau lui fut encore accordé. Il le garda, ainsi que les deux autres, jusqu’à sa mort, en 1710, malgré les concurrents qui firent faire sur ses fabriques une enquête, en février 1692, dont le résultat tourna pour lui. Deux de ses parents, peut-être ses neveux, Jean Perrot et Jacques Jourdan lui succédèrent avec un renouvellement de privilége en date du 2 août 1710, où il étoit dit que les ouvrages de Perrot «égalent en beauté et en qualité les porcelaines». La rue près des remparts Saint-Euverte, où Perrot avoit sa verrerie à Orléans, s’appelle encore aujourd’hui _rue des Bouteilles_.

M. Massolat Maitre de la Verrerie de Rizancourt[12], a son Bureau à Paris rue du Four près la Foire saint Germain chez le Sieur Feloix Huissier[13].

[12] Paul de Masselai, et non Massolat. Il avoit été un des concurrents de Perrot, et, n’ayant pu lui faire perdre le privilége de la verrerie d’Orléans, il étoit allé en établir une à Rizaucourt, au fond de la Champagne.

[13] L’édition de 1691, p. 30, ajoute «au Châtelet».

Pour le Verre blanc et le Verre des Vitriers, voyez l’article fait exprès.

Pour les Glaces, voyez l’article des marchandises de Miroitiers[14].

[14] On trouve dans l’édit. de 1691, au chap. «du Commerce du verre, etc»., p. 30, les indications suivantes qui manquent ici: «le verre blanc pour les mignatures et autres tableaux, se vend chez un vitrier qui demeure rue aux Ours, devant l’image de la Vierge, et chez un autre qui demeure vieille rue du Temple, au coin de la rue de Bercy.»

On dit que M. de la Motte de qui on a veü à la Foire, il y a quelques années de si beaux ouvrages d’Emaux et de Verre façon d’Agathe et de Porcelaine, va faire un établissement à Paris, en vertu d’un Privilege du grand Sceau[15].

[15] Il obtint ce privilége, mais ce faillit être au préjudice de Bernard Perrot, dont, comme Masselai, ce La Mothe étoit le concurrent. Ce fut sur ses instances que le contrôleur général écrivit, le 29 février 1692, à l’intendant d’Orléans, M. de Creil, pour savoir où en étoit la faïencerie-vitrerie privilégiée de Perrot, le sieur De La Mothe, disoit la lettre, demandant, lui aussi, un privilége «pour fabriquer avec une matière vitrifiée, dont il a le secret, des ouvrages en façon de porcelaine, d’agathe, de jaspe, de lapis». La réponse de M. de Creil fut, à ce qu’il paroît, favorable, car si La Mothe eut son privilége, Perrot garda le sien.

COMMERCE DE DIVERSES MATIERES METALLIQUES, ET OUVRAGES DE COUTELLIERS, TAILLANDIERS, ETC.

Messieurs Hébert cul de sac de la rue Quinquempoix, Presty et Alain rue Neuve saint Mederic, et Coquart rue Simon le Franc, font commerce d’Etain et de Plomb d’Angleterre[1].

[1] L’édit. de 1691, au lieu d’Hébert, nomme Duval. Son magasin y est indiqué «au cloître Saint-Thomas du Louvre».

Le Fer blanc est négocié en gros par Messieurs le Doux rue Jean de l’Epine, Fontaine rue des Lombards, et Frezan rue de la Vannerie[2].

[2] «Au bout de la rue de la Vannerie.» Édit. précéd., p. 22. Le fer blanc ne se fabriquoit en France que depuis Colbert, qui en avoit établi la première fabrique à Beaumont-la-Ferrière dans le Nivernois. Il avoit dû pour cela faire appel aux ferblantiers allemands. (_Correspond. administrat. de Louis XIV_, t. III, p. 740.)

Il y a plusieurs magasins de Cuivre et de Leton, rue Quinquempoix.

Les Bateurs d’or qui vendent l’or en feuilles et en coquilles, sont établis en différens quartiers de Paris, par exemple, rue du Cimetiere saint Nicolas des Champs, rue saint Jacques, rue de Gesvres, rue saint Denis, etc.

Les Tireurs d’or qui vendent l’or et l’argent trait et filé, sont pour la plupart rue saint Denis[3] au dessus de saint Jacques de l’Hopital[4].

[3] «Aux environs de la rue Mauconseil.» Édit. de 1691, p. 23.

[4] «Cet or et cet argent tirés, ajoute Liger, p. 394, s’emploient pour les broderies, les galons et les boutons qui se débitent pour les habits.»

Pour l’Or et l’Argent en lingots et grenaille, voyez l’article fait exprès.

Pour le Plomb en balles et en graine, voyez l’article des Armes et Bagages de Guerre et de Chasse.

Le Sieur Guilloüet Taillandier et Ferblantier, à l’entrée de la rue de Gesvres, a un particulier talent pour les plus beaux Ouvrages de Fer blanc et de Leton planez[5].

[5] «PLANER, c’est unir la besogne à force de petits coups de marteau». (Richelet, _Dictionn._)--A la suite de l’art. sur le sieur Guillouet, on lit dans l’édit. de 1691, p. 111: «Le sieur Jo et quelques autres potiers d’étain, près la porte Saint-Marcel, vendent des grandes et petites seringues bien faites et à juste prix.»--La vaisselle d’étain se travailloit avec le plus grand soin. On y étoit parvenu à donner au métal la consistance et le brillant de l’argent. _V._ Loret, t. II, p. 427-428; et Faugère, _Voyage de deux Hollandois, à Paris_, p. 276.

Pour les Arcs et Ressorts qui sont ouvrages de Taillandier, voyez l’article des Chevaux et Equipages.

Entre les Couteliers renommez pour les Couteaux et les Cizeaux sont le Maitre de l’Eglise rue saint Martin, et le Maitre du Coutelas rue de la Coutelerie, qui a un talent particulier pour les Lames de couteaux de tables qui se montent sur des manches d’argent[6].

[6] Dans l’édition de 1691, p. 59, il n’est recommandé que pour les rasoirs. Le coutelier «du Trèfle», rue de la Coutellerie, qui ne se retrouve plus ici, est indiqué à la même page, comme étant «renommé pour les couteaux».--Ce _trèfle_ étoit à la fois l’enseigne et la marque de ce coutelier en renom. Nous l’avons vu souvent sur des couteaux des derniers siècles. Toute marque--et chaque coutelier-fabricant avoit la sienne--étoit une propriété qu’aucun autre ne devoit prendre ni contrefaire. (_Lettres patentes sur le règlement des ouvrages de quincaillerie et de coutellerie de la ville de Thiers_, 24 déc. 1743, art. 2.) Suivant Clicquot-Blervache, _Considérat. sur les Compagnies, Sociétés et Maîtrises_, p. 165, on offrit jusqu’à 22,000 livres de la marque que Palme, de Thiers, mettoit à ses couteaux: «C’étoit, dit-il, la plus accréditée.»

Entre les Couteliers en réputation pour bien faire et bien repasser les Lancettes, sont les Sieurs Surmont au tiers-point[7] rue saint Julien le Pauvre, et Touyaret au Verre couronné rue de la Coutellerie[8].

[7] Le _tiers-point_ est un outil triangulaire, qui sert surtout aux bourreliers. Louvel, qui l’avoit été, assassina le duc de Berry avec un tiers-point.

[8] Dans l’édition de 1691, p. 59, il est mentionné avec son enseigne, pour la même spécialité des lancettes, mais n’est pas nommé.

L’acier crud est commercé par les Marchands de Fer, et les Instrumens de Moulins pour les Dents, par les Quincailliers, qui vendent d’ailleurs toutes les Marchandises foraines de Coutellerie.

Le Maitre de la Coupe rue Troussevache, est distingué pour les Instrumens de Chirurgie.

On peut par les Messagers de Moulins et de Langres tirer de bons Cizeaux[9]; et par celuy de Caen, de Couteaux de poche d’une propreté et d’une bonté singulière.

[9] Les couteaux de Langres étoient au moins aussi renommés que ses ciseaux. Les voleurs leur avoient même fait une réputation sinistre: le couteau pour eux étoit un _lingre_; et, pour assassiner, ils disoient _lingrer_. Diderot, on le sait, étoit fils d’un coutelier de Langres.

On fait de très bons Canifs à la Masse et au Pistolet, rue de la Coutellerie[10].

[10] Dans l’édition de 1691, p. 59, c’est «le coutelier de l’Antonnoir (_sic_), rue aux Ours», qui est recommandé pour les canifs.

Le Sieur le Quin Orfèvre, rue de la Fromagerie[11], fabrique les Instrumens d’argent servant aux Chirurgiens.

[11] C’est le grand-père du tragédien Le Kain, dont le vrai nom n’étoit ni celui qu’il prenoit, ni celui qu’on lui donne ici. Il s’appeloit Caïn. Son acte de naissance, reproduit par Jal, à ce nom, dans son _Dictionnaire critique_, nous le donne comme né le 3 avril 1729, de Henri Caïn, «marchand orfèvre, rue de la Fromagerie», lequel, ajouterons-nous, avoit succédé à son père dans la même boutique. Pour Caïn, on prononçoit Quin, et même Le Quin, comme on le voit ici. Le nom que prit Lekain, en se mettant au théâtre, fut un compromis entre les deux formes.

Le Sieur Landrieux Gaisnier près le Palais, fait très proprement les Etuis servant aux ouvrages de Coutellerie.

DOMESTIQUES ET OUVRIERS.

Le Bureau d’adresse pour les Maitres qui cherchent des Serviteurs, et pour les Serviteurs qui cherchent des Maitres, est au Marché Neuf devant saint Germain le vieil.

Il y a un particulier Bureau d’adresse à la Grève pour les Cuisiniers et Garçons de cabaret.

Les Nourrices et Servantes à louer se trouvent en des Bureaux de Recommanderesses[1], rue de la Vannerie[2], et rue du Crucifix saint Jacques[3].

[1] V. notre _Introduction_, p. x.--Dans une pièce de la fin du XVIe siècle que M. de Montaiglon a jointe à ses anciennes poésies, t. I: _Chambrière à louer à tout faire_, se trouve, p. 90, un passage curieux sur ces premiers bureaux de placement des servantes:

Pourtant me vient à souvenir Que chez les _recommanderesses_ Est le lieu où sont les addresses Pour trouver servantes à louer...

[2] Le bureau des servantes y étoit si connu, qu’au XIVe siècle on l’appeloit moins rue de la Vannerie que rue des _Commanderesses_ ou des _Recommanderesses_. Il en étoit de même de la rue de la Coutellerie, où se trouvoit un bureau pareil. (_Registres crimin._ du Châtelet 1389-1392, t. I, p. 37.)

[3] Quand une servante avoit mérité une punition publique, c’est devant le bureau des _Recommanderesses_ qu’on la lui infligeoit pour l’exemple. En 1576, une chambrière ayant eu un enfant du clerc de la maison où elle servoit, et l’ayant exposé la nuit à une porte voisine, fut condamnée au fouet par sentence du Châtelet, le 24 octobre, et c’est devant la maison des Recommanderesses qu’elle fut fouettée. (Bouchel, _Bibliothèque_, au mot _Exposés_.)

Plusieurs Laquais cherchant maitres, et qu’on peut même louer par jour[4], se tiennent tous les matins sur les degrez de la vieille Cour et près la petite porte du Palais.

[4] Liger, qui donne aussi ce détail, p. 403, le relève ainsi: «l’on voit qu’on peut, dans l’occasion, se faire suivre à Paris, et se donner l’air d’homme à laquais, sans qu’il en coûte beaucoup.»

Les Garçons de Métier trouvent des embauches ou adresses de boutiques[5] aux lieux ci-après, à sçavoir: pour les Marchands, au Bureau de la rue Quinquempoix; pour les Verriers, rue saint Denis au Renard; pour les Drapiers, au Bureau rue des Déchargeurs; pour les Chirurgiens, chez les Couteliers travaillant aux lancettes, et encore aux Ecoles de Chirurgie rue des Cordeliers; pour les Apoticaires à la Lamproye rue de la Huchette, et encore au Bureau, cloitre sainte Opportune; pour les Droguistes Epiciers, au même Bureau; pour les Fourbisseurs au Bureau rue de la Pelleterie; pour les Gantiers et Chapeliers, même rue; pour les Tourneurs Tablettiers, rue de la Savonnerie; pour les Tanneurs, au fauxbourg saint Marcel; pour les Fondeurs, près saint Nicolas des Champs; pour les Orfèvres, en leur Bureau et Chapelle rue S. Germain l’Auxerrois, et encore chez le Petit père cour du Palais; pour les Patissiers, rue de la Poterie; pour les Teinturiers, rue de la Tannerie; pour les Bonnetiers, au Bureau cloitre S. Jacques de la Boucherie; pour les Peintres, Doreurs et Sculpteurs, aux Filles Penitentes de la rue saint Denis tous les Dimanches au matin[6]; et pour les Menuisiers, rue des Ecouffes.

[5] Ces adresses imprimées, et souvent enjolivées de dessins gravés, que se faisoient faire tous les marchands, ont eu leur mention plus haut à propos de celles qu’illustra Papillon. Quelques-uns les faisoient frapper en jetons. Nous en avons vu une de ce genre, en cuivre rouge et de forme octogone, portant, d’un côté: un chiffre entrelacé, avec la légende PIERRE. BIZET. MARCHAND. MIROITIER, et la date de 1703, à l’exergue; de l’autre: une console drapée d’un tapis fleurdelisé, un miroir carré surmonté d’une pendule; au fond, un manteau retroussé, et, pour légende: AV MAGAZIN. ROYAL. RUE ST. MARTAIN.

[6] Ces filles pénitentes étoient les religieuses de Sainte-Catherine, dont il est parlé dans l’_Introduction_, p. ix-x. L’Académie des peintres avoit, au commencement du règne, loué, rue des Déchargeurs, le second étage d’une maison qui leur appartenoit et s’y étoit reconstituée. Elle y resta deux ans, puis alla s’établir au Louvre. Tout lien ne fut pas rompu entre elle et les religieuses de la rue Saint-Denis, qui se firent ses «recommanderesses», chaque dimanche, pour les jeunes gens qui voudroient y être admis comme élèves.

Les Cordonniers, Serruriers, Menuisiers, Tonneliers, Arquebusiers, Rotisseurs et autres, s’embauchent par eux mêmes en se présentant dans les boutiques.

Les Maçons, Manœuvres, Limousins, etc., s’assemblent à la Grève[7] tous les matins des jours ouvrables depuis quatre jusqu’à six heures, où l’on va prendre ceux dont on a besoin pour les atteliers.

[7] Ils y étoient tout près de la rue de la Mortellerie--aujourd’hui de l’Hôtel de Ville--où ils habitoient, et habitent encore en grand nombre, et qui devoit son premier nom à ces «mortelliers» ou maçons. Ils se tiennent à présent un peu plus haut que la Grève, sur la petite place qui se trouve entre la rue et le pont Louis-Philippe.

Les Revendeuses, Blanchisseuses, Ravaudeuses, etc., se melent de placer presque toutes les Servantes.

VÉRIFICATIONS ET RAPPORTS DE JUREZ.

Monsieur Rainsant Medecin Juré du Parlement[1], demeure Isle Notre Dame, et M. du Tertre Chirurgien Juré de la même Cour[2] rue du Jardinet. Madame Maillard y fait la fonction de Sage femme Jurée, et demeure près le Palais.

[1] Fils du savant médecin-numismatiste Rainssant, mort deux ans auparavant.

[2] Il a été nommé plus haut, t. I, p. 157, au chapitre des opérations chirurgicales.

Messieurs Chauvel et Moreau Jurez Medecins du Chatelet demeurent, sçavoir, le premier rue saint Severin, et le deuxième rue de la Verrerie[3].

[3] «M. Arlot, médecin juré du grand Conseil, demeure rue du Four, près la Croix du Tiroir.» Édit. 1691, p. 39. Il a aussi été nommé plus haut.

Les Jurez Chirurgiens du Chatelet sont Messieurs Auguy près la Magdelaine, Helot rue de la Calandre, le Dran quay de l’Orloge, et Clerambourg rue saint Germain l’Auxerrois.

Le Livre de M. de Blegny contenant la Doctrine et les formules des Rapports de Chirurgie[4] se vend chez la veuve Nion.

[4] Voici le vrai titre du livre de Blegny, qu’il abrège ici et rend ainsi plus clair: _la Doctrine des rapports, fondée sur les maximes d’usage, et sur la disposition des nouvelles ordonnances_. 1684, in-12.

Madame Bureau et Mademoiselle sa fille Jurées Sages-femmes du Chatelet, demeurent rue saint Germain l’Auxerrois.

M. Dozier reconnu pour le plus expert Genealogiste[5], demeure au carrefour des trois Maries[6].

[5] Charles d’Hozier, fils de Pierre, qui avoit commencé la célébrité du nom. Il fut, comme lui, juge d’armes de la noblesse de France.

[6] Son adresse étoit ainsi donnée l’année précédente, p. 40: «Monsieur d’Hozier, qui demeure au cloître Saint-Germain-l’Auxerrois, chez Monsieur Desvieux, greffier du Conseil...»

M. de Lonchamps au bout du Pont au Change du côté du Chatelet s’occupe pareillement à dresser et vérifier les arbres généalogiques.

Les Maitres Ecrivains Jurez nommez et employez pour la vérification des écritures et signatures contestées en Justice, ont leur Chambre chez M. des Planches[7], à présent Sindic en charge de leur Communauté, rue et devant le petit saint Antoine, tous peuvent être appellez à cette fonction, mais les plus ordinairement employez ce sont ceux des Anciens qui y sont occupez depuis longtemps; comme Messieurs du Houx à l’Hotel des Ursins, le Comte rue saint Jacques, Lesgret rue du gros Chênet, et de Blegny rue saint André, etc.

[7] Il a été nommé déjà plus haut.

M. de Blegny fils de l’Ecrivain[8] à l’entrée de la rue saint André, est ordinairement nommé par Nosseigneurs de Parlement pour les Calculs et verification de Comptes.

[8] Il a été parlé plus haut d’un de ses livres de première éducation.

M. Barême aussi Aritméticien[9], devant le Pont Neuf au coin de la rue Dauphine[10], est occupé au même employ à la Chambre des Comptes[11].

[9] François Barrême, dont le nom est encore si populaire. Son _Livre des Comptes faits_, auquel il doit cette popularité, avoit paru pour la première fois en 1670, avec une dédicace à Colbert. En voici le titre complet: «_le Livre des Comptes faits, où, sans avoir appris l’arithmétique, on y fait toutes sortes de comptes et multiplications les plus difficiles, quand il y auroit même des grandes fractions. Livre très-facile, et d’une grande utilité._» Barrême mourut en 1703.

[10] Il donne ainsi son adresse en tête de ses livres: BARRÊME, _arithméticien, demeurant au bout du Pont-Neuf, rue Dauphine, enseigne briefvement l’arithmétique_.

[11] «Il y a plusieurs écrivains déchiffreurs, qui ont leurs bureaux au Palais.» Édit. 1691, p. 41.

M. Penon fauxbourg saint Antoine près l’Abbaye, dresse et verifie les Arpentages[12].

[12] «M. Caron, rue Saint-Antoine, devant l’hôtel de Beauvais, est renommé pour l’arpentage.» _Ibid._

Les Jurez Bourgeois Expers pour le Toisé, Visite, et Estimation des ouvrages dependantes de l’Architecture, ont leur Bureau à l’entrée de la rue de la Verrerie, et sont compris dans les deux colonnes suivantes[13]:

[13] Ils avoient été créés au mois de mai 1690, sous le titre d’experts jurés pour les bâtiments, et ne formoient qu’une communauté avec les entrepreneurs.

_Expers Bourgeois[14]._

[14] Cette liste est plus complète ici que dans l’édit. précédente, surtout pour les adresses, qui y manquent pour la plupart. L’auteur s’en excuse par quelques lignes curieuses sur la création alors toute récente de ces experts: «Il y a, dit-il, p. 40, des Jurez bourgeois de nouvelle création pour le toisé, visite et estimation des bâtiments de la ville, fauxbourg, prévosté et vicomté de Paris, qui sont au nombre de cinquante ci-après dénommez, mais qui ont si nouvellement financé qu’on n’a pu encore recouvrer les adresses que d’un petit nombre d’entre eux; au besoin, il sera facile d’apprendre la demeure des autres par la liste qui sera apposée au Châtelet après la prestation du serment, après laquelle ils doivent être divisez en deux colonnes comme ci-après.»

Simon Lambert, quay de Nesle.

Gabriel le Duc[15], rue saint Denis.

[15] Fils ou neveu de l’un des architectes qui avoient travaillé au Val-de-Grâce. Il avoit lui-même construit aux Petits-Pères la partie des bâtiments où se trouvoit la bibliothèque.

Nicolas de l’Epine[16], rue de Clery.

[16] Reçu de l’Académie d’architecture, en 1699. Nous trouverons plus loin son père Pierre-Nicolas de l’Épine parmi les entrepreneurs.

Jacques Mazières, rue Neuve des Petits Champs[17].