Le livre commode des adresses de Paris pour 1692, tome 2/2

Part 20

Chapter 203,651 wordsPublic domain

[178] Successeur de Boisrobert, en 1662, il fut remplacé en 1701 par Campistron.--Son fauteuil, le 26e, est occupé par M. de Viel-Castel.

[179] Il y logeoit chez Mme de La Fayette, qui l’avoit recueilli lorsqu’il eut quitté le Luxembourg, où il étoit gentilhomme de Mademoiselle, et qui le fit travailler à son roman de _Zayde_. Le couvent du Calvaire n’existe plus depuis 1790. L’église, après avoir servi de remise, a été absorbée par le palais du Sénat. Le cloître est devenu une serre.

Michel le CLERC, advocat en Parlement, _Place Royale_[180].

[180] Il n’est plus connu que par l’épigramme que fit Racine contre son _Iphigénie_, tragédie à laquelle Boyer, qu’on trouvera plus loin, collabora. Le Clerc avoit, en 1662, remplacé Priezac, et il eut pour successeur Toureil, en 1692.--Son fauteuil, le 5e, est aujourd’hui celui du savant chimiste, M. J. B. Dumas.

1663. François de Beauvilliers, duc de SAINT-AGNAN, Pair de France, Premier Gentilhomme de la Chambre du Roy, Gouverneur du Havre de Grace, chevalier des Ordres de Sa Majesté[181], _près de la Grande Escurie_[182].

[181] Reçu en 1663 à la place de La Mesnardière, il fut, en 1697, remplacé par l’abbé de Choisy. En qualité de bel esprit de la cour, il protégeoit volontiers ceux de la ville. Molière entre autres s’en étoit bien trouvé.--Son fauteuil étoit le 11e, occupé maintenant par M. Littré.

[182] Il logeoit au pavillon Marsan, près duquel la grande écurie s’étendoit jusqu’aux environs de la rue Saint-Honoré.

1665. Roger de Rabutin, comte de BUSSY, Lieutenant General des Armées du Roy[183].

[183] Il avoit en 1665 succédé à Perrot d’Ablancourt, et il eut pour successeur, en 1693, Paul Bignon. Disgracié, comme on sait, pour son _Histoire amoureuse des Gaules_, il habitoit sa terre de Chaseu en Bourgogne.--Son fauteuil, le 2e, est à présent celui de M. Mignet.

Iacques TESTU, abbé de Belval[184], _à la Place Royale_[185].

[184] Bautru de Serrant l’avoit précédé sur le fauteuil qu’il occupoit, et le marquis de Saint-Aulaire l’y remplaça en 1706.--C’est le 27e, que la mort de M. de Sacy vient de laisser vacant.

[185] La duchesse de Richelieu, qui l’avoit en grande amitié, l’y logeoit dans son hôtel.

1666. Paul TALLEMANT, Prieur de S. Albin, _rüe de Clery_[186].

[186] C’est lui dont nous avons cité plus haut, à propos de son parent François Tallemant, une si verte réplique à Boileau. Successeur de Gombaud, en 1666, à vingt-trois ans, il fut remplacé en 1712 par Danchet.--Son fauteuil, le 29e est vacant en ce moment par suite de la mort de M. Saint-René Taillandier.

Claude BOYER[187], _rüe de Clery_[188].

[187] Autre victime de Boileau et de Racine. Il avoit eu pour prédécesseur Giry, en 1665, et il eut pour successeur l’abbé Genest, en 1698. Il étoit du Languedoc comme Leclerc, avec lequel il collaboroit non-seulement pour des tragédies, mais aussi pour des lettres politiques sur les affaires du temps, qui les firent plus d’une fois inquiéter (_Corresp. administ. de Louis XIV_, t. II, p. 555).--Le fauteuil de Claude Boyer, le 28e, est occupé par M. D. Nisard.

[188] Paul Tallemant, qui l’avoit défendu, en même temps que son parent, dans la lettre que nous rappelions tout à l’heure, l’avoit en grande estime et le logeoit chez lui, rue de Cléry: «Vous sçavez, dit-il à Boileau, qu’il a toujours demeuré et est mort dans notre maison, maison assez aimée des gens de lettres.»

Iean-Baptiste COLBERT, conseiller du Roy en tous ses Conseils, secretaire d’Estat, Grand Tresorier des Ordres du Roy, Controlleur General des Finances, Surintendant et Ordonnateur General des Bastiments du Roy, Arts et Manufactures de France[189], _rüe neuve des Petits Champs_[190].

[189] C’est le grand ministre qui, par conséquent, n’aura pas beaucoup à nous occuper ici. L’Académie l’avoit reçu, en 1660, à la place de Silhon. Il n’y vint guère, aimant mieux, à l’occasion, faire venir les académiciens chez lui, à Sceaux (_Mercure_, oct. 1677). Il eut, en 1684, La Fontaine pour successeur.--Son fauteuil, le 30e, est aujourd’hui celui de M. Duvergier de Hauranne.

[190] Son hôtel y est remplacé par deux passages, dont l’un en a pris le nom de «passage Colbert».

1667. Philippes de Courcillon marquis de DANGEAV, Gouverneur de Touraine, et Colonel du Regiment d’Infanterie du Roy[191], _rüe S. Honoré_[192].

[191] L’auteur du fameux _Journal_ du grand règne. Il était de l’Académie depuis longtemps lorsqu’il le commença. Sa réception, comme successeur de Scudéry, date, comme on le voit ici, de 1667; lorsqu’il mourut, en 1720, cédant la place au duc de Richelieu, il étoit doyen.--Son fauteuil, le 14e, est aujourd’hui celui de M. Camille Doucet.

[192] Il y logeoit dans la partie qui dépendoit de Saint-Eustache. C’est en effet à cette église qu’il s’étoit marié le 7 mai 1670. Il eut plus tard son hôtel à la place Royale.

1670. François Seraphin REGNIER des Marais[193], Prieur commendataire de Grandmont[194], Académicien de la Crusca[195], _à l’Hostel de Crequy_[196].

[193] Il étoit académicien depuis six ans, ayant été élu en 1670 pour le fauteuil laissé vacant par Cureau de la Chambre. Il fut nommé en 1684 secrétaire perpétuel, à la place de Mézeray, et mourut en 1713. La Monnoie lui succéda. V. plus bas, p. 301.--Son fauteuil, le 31e, est occupé par M. Ernest Legouvé.

[194] Le roi lui avoit donné ce riche prieuré, lorsqu’il ne demandoit qu’une pension, et c’est ainsi qu’il fut abbé sans l’avoir voulu, mais sans le regretter.

[195] Il avoit, dit-on, plus de talent en italien qu’en françois: «S’il réussit, écrit d’Alembert, à faire passer un de ses sonnets pour être de Pétrarque, il n’eût pas fait passer ses vers françois sous le nom d’un grand poète.» _Éloges des Académiciens_, t. III, p. 205.

[196] Le duc de Créqui, dont il avoit été le secrétaire pendant son ambassade à Rome, le logeoit chez lui. Son hôtel, auparavant hôtel Mazarin, se trouvoit, quai Malaquais, sur l’emplacement occupé aujourd’hui par une partie de l’école des Beaux-Arts. Il a été démoli en avril 1845.

Pierre Cureau de la CHAMBRE, Docteur en Theologie[197], Curé de S. Barthelemy[198].

[197] Son père, médecin célèbre, avoit été de l’Académie. C’est ce qui lui en ouvrit les portes en 1669, à la mort de Racan. La Bruyère lui succéda en 1693.--Il occupoit le 14e fauteuil, celui de M. Auguste Barbier aujourd’hui.

[198] Il y fut d’un zèle de charité admirable. Pendant le rude hiver de 1693, il vendit tout pour secourir ses paroissiens décimés par le froid et la contagion: «il ne lui restoit plus, dit l’abbé d’Olivet, qu’à donner sa vie.» La contagion la lui prit. Il mourut le 15 avril suivant.

Philippes QVINAVLT, auditeur des Comptes[199], _rüe neuve S. Médéric_[200].

[199] L’auteur bien connu des opéras que la dévotion lui fit renier à la fin de sa vie. Son mariage avec la riche veuve Mme Bonnet, qui lui apporta cent mille écus, lui avoit permis d’acheter une charge d’auditeur des comptes.

[200] Il étoit né rue Grenelle-St-Honoré où, comme on sait, son père étoit boulanger. Il se maria rue de la Grande-Truanderie, logea quelque temps où nous le voyons ici, rue Neuve-Saint-Merry, et s’établit enfin à l’île Saint-Louis où il mourut en 1688. Fr. de Caillières lui succéda à l’Académie, où il avoit lui-même remplacé Salomon en 1670.--Son fauteuil, qui porte le nº 1, est aujourd’hui occupé par M. Ernest Renan.

1671. François de HARLAY de Chanvallon, archevesque de Paris, duc et Pair de France, etc.[201].

[201] Fait académicien en 1671, il avoit eu pour prédécesseur Hardouin de Péréfixe, comme lui archevêque de Paris. Son successeur fut le savant Dacier, en 1691.--Il occupoit le 19e fauteuil, celui de M. John Lemoine aujourd’hui.

1672. I. Benigne BOSSVET, Evesque de Condom, Precepteur de Monseigneur le Dauphin[202].

[202] Il ne fut de l’Académie, à quarante-cinq ans, que lorsque sa nomination comme précepteur du Dauphin lui permit de quitter Condom, et d’habiter Versailles. Successeur de Hay de Chambon, en 1672, il fut remplacé en 1704 par le cardinal de Polignac.--Son fauteuil, le 33e, est occupé par M. Camille Rousset.

Charles PERRAVLT, Controlleur General des Bastiments du Roy[203], _rüe Neuve des bons Enfans_[204].

[203] C’est l’auteur des _Contes des fées_. La protection de Colbert le fit entrer en 1671 à l’Académie où il avoit eu Fr. de Montigny pour prédécesseur. Le cardinal de Rohan lui succéda en 1704. Il occupoit le 24e fauteuil, celui de M. Mézières en ce moment.

[204] Il y logeoit dans les dépendances du Palais-Royal, qu’il quitta, lorsque Colbert l’eut disgracié, pour aller habiter une maison à lui dans le faubourg Saint-Jacques.

1673. Esprit FLECHIER, abbé de Severin[205], _rüe S. Thomas à l’hostel de Rambouillet_[206].

[205] Il eut pour prédécesseur Godeau, qu’il remplaça en 1673; et pour successeur H. de Nesmond, en 1710. L’abbaye de Séverin n’étoit pas son seul bénéfice, il eut aussi celle de Baignes, et le prieuré de Peyrat.--Son fauteuil, le 34e, est occupé par M. V. de Laprade.

[206] Il y logeoit chez Montausier, qui se l’étoit attaché comme «homme de lettres». Il y étoit déjà venu auparavant du temps de Mme de Rambouillet, la célèbre Arthénice; et c’est comme hôte du _Salon bleu_, où il étoit connu sous le nom de Damon, qu’il avoit pu si bien dire, en 1671, dans l’oraison funèbre de Julie d’Angennes, duchesse de Montausier: «Souvenez-vous de ces cabinets que l’on regarde encore avec tant de vénération, où l’esprit se purifioit... où se rendoient tant de personnes de qualité et de mérite.»

Iean RACINE[207], Trésorier de France à Moulins[208], _à l’Hostel des Ursins_[209].

[207] Lorsqu’il fut nommé en 1673 à la place de La Mothe Le Vayer, il étoit au plus fort de ses succès de théâtre. Valincourt, qui avoit été de ses meilleurs amis, lui succéda en 1699.--Son fauteuil est le 4e, le même qui est occupé maintenant par M. Octave Feuillet.

[208] On ne sait pas au juste à quelle date Racine eut cette charge, qui fut pour lui la plus absolue des sinécures. On le dispensa même, comme académicien et historiographe du roi, d’en aller prendre possession. (_Lettres_ de Colbert, t. V, p. 524.)

[209] Il y logeoit déjà en 1668, quand furent joués _les Plaideurs_. V. plus haut, t. I, p, 95, note, et _Hist. de l’Académie_, édit. Ch. Livet, t. II, p. 333. Quand il se maria, le 1er juin 1677, il y logeoit encore, car il est donné sur l’acte comme habitant la paroisse Saint-Landry, qui étoit celle de l’hôtel des Ursins. Il alla demeurer peu après rue Saint-André-des-Arts, au coin de la rue de l’Éperon.

Iean GALLOIS, abbé de S. Martin de Cores[210], _rüe Vivien_[211].

[210] Académicien, comme Perrault, de la façon de Colbert, il fut élu, en 1673, à la place de Bourzeis; l’abbé Mongin lui succéda en 1708. L’abbaye de Saint-Martin des Cores, dont il étoit pourvu, se trouvoit au diocèse d’Autun. On a vu plus haut, t. I, p. 142, note, qu’il avoit travaillé au _Journal des savants_. Ajoutons qu’il aida au rétablissement de l’Académie des sciences, dont il fut dès lors le secrétaire.--Son fauteuil à l’Académie françoise étoit le 35e, occupé aujourd’hui par M. Gaston Boissier.

[211] Premier nom de la rue Vivienne, qui le devoit à Louis Vivien, seigneur de la Grange-Batelière, dont _la censive_ s’étendoit jusque-là. L’abbé Gallois y logeoit dans une dépendance de l’hôtel Colbert, pour laquelle la rue qui mit en communication les rues Vivien et de Richelieu fut percée peu après, derrière l’hôtel Mazarin, devenu hôtel de Nevers: «On va faire, lisons-nous sous la date du 13 avril 1682, dans les _Lettres hist. et anecd._ ms. de la Biblioth. nat., une nouvelle rue auprès de la maison de M. Colbert et derrière l’hôtel de Nevers, qui portera le nom de: _La rue Colbert_.»

1674. Isaac de BENSERADE[212], _au Palais Royal_[213].

[212] Il avoit succédé à Chapelain, en 1674, et eut pour successeur Pavillon, en 1691. Il occupoit le 37e fauteuil, qui est à présent celui de M. Émile Ollivier.

[213] Il y mourut le 20 oct. 1691. Il avoit d’abord habité au quartier des Écoles, dans la rue Fromentelle; puis, vers 1651, rue des Bons-Enfants, chez Mme de La Roche-Guyon qui l’aimoit fort; ensuite aux Tuileries, comme le prouvent ses vers: _Plaintes du cheval Pégase aux chevaux de la petite écurie qui le veulent desloger de son galetas des Tuileries_; et enfin au Palais-Royal, qu’il ne quittoit, l’été, que pour sa maison d’Arcueil, dont Adam Parelle a dessiné et gravé «le berceau de feuillage».

Pierre Daniel HVET, Sous-Precepteur de Monseigneur le Dauphin[214], _rüe neuve des Petits Champs_[215].

[214] Il avoit remplacé Gomberville en 1674, et le fut lui-même par Boivin en 1721. Nous le retrouverons sur la liste suivante.--Son fauteuil, le 36e, est aujourd’hui celui de Mgr le duc d’Aumale.

[215] Il y logeoit chez un charpentier, vis-à-vis le marché aux chevaux. (V. notre _Hist. de la butte des Moulins_, p. 104.)

1675. Toussaints ROSE, secretaire du Cabinet, _à l’Hostel de Fleury, rue des Bourdonnois_[216].

[216] C’est lui qui avoit «la plume», et qui devoit imiter, comme tel, l’écriture du roi à s’y méprendre. Ses fonctions consistoient ainsi à faire légalement des faux. Il avoit succédé à Conrart en 1675, et il fut remplacé par Sacy en 1701.--Il occupoit le 38e fauteuil, occupé maintenant par M. A. Dumas fils.

Geraud de CORDEMOY, lecteur de Monseigneur le Dauphin, _rüe Beaubourg_[217].

[217] Il avoit remplacé Ballesdens en 1675, et il le fut en 1685 par Bergeret. V. sur ses ouvrages, t. I, p. 189, 203.--Son fauteuil, le 10e, est occupé par M. Jules Simon.

[Chez Pierre LE PETIT, imprimeur ordinaire du Roy et de l’Académie, _rue Saint Jacques_, à la Croix d’or[218].]

[218] Dans la parodie paraphrasée en vers, que fit Benserade, en 1684, de la _Liste de messieurs de l’Académie_ pour cette année-là, pièce des plus curieuses, citée par d’Olivet, mais publiée seulement de nos jours par le journal _l’Intermédiaire_, 15 juin 1864, p. 110, on trouve à la fin cette mention sur l’Imprimeur des Quarante:

_Le Petit_, leur imprimeur, Triste, est de mauvaise humeur Contre _le Dictionnaire_, Qui, ne s’en émouvant pas, Suit toujours du même pas, Et va son train ordinaire.

Le Petit mourut en 1687, Coignard le remplaça. _V._ plus haut, t. I, p. 189.

LISTE[219]

DE L’ACADÉMIE FRANÇOISE.

[219] Cette liste est imprimée sur un placard in-fol. à deux colonnes. V. plus haut, p. 275.

LE ROY, _protecteur_.

(1705.)

Messieurs

1656. CESAR, cardinal D’ESTRÉES[220], commandeur de l’ordre du St Esprit, doyen de l’Académie françoise[221], à l’abbaye de S. Germain des Prez[222].

[220] V. la liste précédente, p. 280-281.

[221] D’Alembert dit de l’Académie, à propos du cardinal d’Estrées: «Elle eut le bonheur de le posséder près de soixante ans, et de le voir longtemps à sa tête en qualité de doyen; et quand elle le perdit, elle le pleura comme si elle venoit à peine de l’acquérir.» _Hist. des membres de l’Acad. franç. morts depuis 1700_, etc., t. III, p. 316.

[222] Louis XIV lui avoit donné ce magnifique bénéfice lorsque les intrigues de la princesse des Ursins l’eurent forcé de quitter l’ambassade d’Espagne. Il mourut à l’abbaye. C’est à sa tolérance que les petits théâtres et les bateleurs avoient dû de pouvoir s’établir sur le préau de la foire Saint-Germain, tant qu’elle duroit. Il les avoit même soutenus contre les comédiens qui, s’autorisant de leur privilège, vouloient les faire déguerpir. (L’abbé de la Tour, _Réflexions morales... sur le théâtre_, 1762, in-12, t. I, p. 35-36.)

1665. Jacques TESTU, abbé de Belval, et prieur de St Denys de la Chartre, _rue des Lions_[223].

[223] V. la liste précédente, p. 282.

1666. Paul TALLEMANT, intendant des devises et inscriptions des Edifices royaux[224], prieur d’Ambierle et de Saint Albin[225], _rue Ste Anne_.

[224] Il étoit, sous ce titre, qu’il devoit à Colbert, secrétaire de l’Académie des inscriptions.

[225] C’est encore à Colbert qu’il devoit ces bénéfices «assez considérables», dit d’Alembert.

1667. Philippe DE COURCILLON, marquis de Dangeau, gouverneur de Touraine, conseiller d’Estat ordinaire, et grand maistre des Ordres royaux et militaires de Nostre-Dame du Mont Carmel et de St Lazarre de Jérusalem, chevalier des Ordres du Roy, chevalier d’honneur de Madame la duchesse de Bourgogne[226], _place Royale_[227].

[226] V. la liste précédente, p. 284.

[227] Il y avoit acheté le pavillon que l’intendant général des postes, M. de Nouveau, avoit fait décorer par Le Brun et Le Sueur. Celui-ci avoit peint deux tableaux et deux plafonds, l’autre un plafond. (_Mém. inéd. sur l’Acad. de peinture_, t. I, p. 12 et 158.) La perspective peinte sur un des murs du jardin étoit de Jacques Rousseau, à qui l’on ne l’avoit pas payée moins de 4000 liv. en 1679. (Manette, _Abecedario_, t. V, p. 53.) Lorsque Monseigneur venoit à Paris, il descendoit volontiers à la place Royale, chez Dangeau. V. le _Journal_ de celui-ci, t. II, p. 308.

1670. François Séraphin RÉGNIER DESMARETS, abbé de Saint Laon de Thouars, prieur de Grand-Mont près Chinon, académicien de la Crusca, et Secrétaire perpétuel de l’Académie françoise. _A l’Hostel de Créquy sur le quay Malaquest_[228].

[228] V. la liste précédente, p. 284, et plus bas, p. 301.

1673. Esprit FLÉCHIER[229], Evesque de Nismes[230].

[229] V. la liste précédente, p. 286.

[230] Après avoir été pendant deux ans évêque de Lavaur, le roi l’avoit nommé à l’évêché de Nîmes, poste difficile depuis la révocation de l’Édit, mais qui le fut moins lorsque Fléchier eut consenti au démembrement qui permit la création d’un évêché dans les Cévennes, celui d’Alais.

Jean GALLOYS, ancien abbé de St Martin de Cores[231], _rue Fromentelle derrière le Collège Royal_[232].

[231] V. la liste précédente, p. 287.

[232] C’étoit bien loin de la rue Vivien, où nous l’avons vu en 1676; mais après la mort de Colbert, devenu professeur de grec, puis inspecteur au collège Royal, il avoit dû déménager jusque là. Il y mourut le 19 avril 1707, à soixante-quinze ans.

1674. Pierre Daniel HUET[233], ancien Evesque d’Avranches[234], _à la Maison professe des Jésuites, rue St Antoine_[235].

[233] V. la liste précédente, p. 287.

[234] Nommé à l’évêché de Soissons, en 1685, il l’échangea avec M. de Sillery pour celui d’Avranches, dont il se démit après l’avoir occupé dix ans.

[235] En 1691, il leur avoit légué sa bibliothèque et s’étoit ainsi créé des droits à devenir leur hôte. Malheureusement, le don qu’il leur avoit fait fut détruit en grande partie deux ans après, lorsqu’il étoit encore à Avranches, par l’écroulement de la maison qu’il louoit à Paris depuis douze ans, pour que sa bibliothèque y fût en dépôt: «la maison qui la renfermoit, écrit d’Alembert, t. III, p. 475, étoit placée au faubourg Saint-Jacques sur des carrières qui s’entrouvrirent.» V. à ce sujet une pièce de Santeul dans ses _Poemata_.

1678. Pierre Nicolas COLBERT, archevesque de Rouen[236], _à l’hostel Colbert, rue Neuve des Petits Champs_[237].

[236] Fils du grand ministre, il avoit dû à l’influence de son père d’être nommé de l’Académie en 1678, à la place de Jacques Esprit, lorsqu’il n’avoit encore que vingt-quatre ans. C’est Racine qui le reçut, et d’Alembert pense, avec raison, je crois, qu’il fit les deux discours.

[237] C’est l’hôtel de son père. Il y possédoit une bibliothèque du meilleur choix, quoique très nombreuse. Santeul en a fait l’éloge dans ses _Poemata_. Nicolas Colbert eut l’abbé Fraguier pour successeur à l’Académie, en 1708.

1679. Louis VERJUS, comte de Crécy, conseiller du Roy en ses conseils, _rue de Richelieu_[238].

[238] Il fut reçu de l’Académie en 1679, n’ayant de titres que ses ambassades. En 1710, Ant. de Mesmes lui succéda.

1682. Louis DE COURCILLON DE DANGEAU[239], abbé de Fontaine Daniel[240], _place Royale_[241].

[239] Frère du marquis, nommé plus haut, p. 284, 290. Il remplaça l’abbé Cotin, en 1682, et fut remplacé lui-même par le comte Fleuriau de Morville, en 1723.

[240] C’étoit un bénéfice simple, l’abbé n’en ayant pas voulu d’autre, afin de pouvoir mieux s’occuper des lettres.

[241] Il y logeoit dans l’hôtel de son frère, où il tenoit tous les mardis des conférences littéraires et grammaticales, dont il a été parlé plus haut, t. I, p. 128, note 2.

1684. Nicolas BOYLEAU DESPRÉAUX[242], _cloistre Notre Dame_[243].

[242] Le satirique s’étoit fait trop d’ennemis pour arriver de bonne heure à l’Académie. Lorsque tant d’autres étoient reçus de vingt-cinq à trente ans, il ne le fut, lui, qu’à plus de quarante-huit; encore fallut-il presque un ordre du Roi. Il remplaça Bazin de Bezons, en 1684, et eut pour successeur, en 1711, le maréchal d’Estrées.

[243] Il y habitoit depuis longtemps, mais en 1699 il y avoit pris, derrière Notre-Dame, à la pointe de l’Ile, un autre logement que celui qu’il avoit occupé d’abord: «il est, écrit son ami Vuillart, le 9 juillet, occupé d’un déménagement. Il quitte le logis du cloître Notre-Dame, où il étoit près du puits, pour un autre qui a vue sur le jardin du Terrain.» C’est là qu’il mourut.

1685. Thomas CORNEILLE[244], _rue St Hyacinthe, près les Jacobins de la rue St Honoré_[245].

[244] On sait qu’il avoit succédé à son illustre frère au commencement de 1685. La Mothe le remplaça en 1710.

[245] C’est bien l’adresse que lui donne le président Hénault, _Mémoires_, p. 181. Parlant de Fontenelle, son neveu, il dit: «Il vint à Paris pour la première fois en 1687. Il demeura d’abord chez Thomas Corneille, son oncle et son parrain, cul de sac des Jacobins.»

1686. François Timoléon DE CHOISY, prieur de St Lo de Rouen[246], _au Luxembourg_[247].

[246] Il avoit en 1687 été reçu à la place du duc de Saint-Aignan. Il mourut en 1724, doyen de l’Académie où Portail le remplaça.

[247] Il y avoit été élevé chez son père, chancelier de Gaston d’Orléans, et il y revint passer ses dernières années dans un appartement voisin de celui qu’habitoit, dans ce grand palais alors sans maître, madame de Caylus. V. G. Desnoiresterres, _Épicuriens et lettrés_, 1879, in-18, p. 171.

1688. Jean TESTU DE MAUROY, abbé de Fontaine Jean et de St Chéron, prieur de Dampmartin, ancien aumosnier ordinaire de MADAME, _au Palais-Royal_[248].

[248] Instituteur des filles de Monsieur, qui le logeoit au Palais-Royal. Il ne fut académicien, en 1688, que par la protection du prince qui, lorsque sa recommandation, d’ailleurs fort peu pressante, l’eut fait nommer, fut le premier à en être surpris. Il remplaça Jacques de Mesmes et eut pour successeur, en 1706, l’abbé de Louvois.

Jean DE LA CHAPPELLE, conseiller du Roy, receveur général des finances de la Généralité de la Rochelle, _rue du Grand Chantier au Marais_[249].