Le livre commode des adresses de Paris pour 1692, tome 2/2

Part 13

Chapter 133,201 wordsPublic domain

[6] Le carrosse de Lyon y descendoit aussi, ainsi que son messager, qui se chargeoit de toutes les marchandises qu’on lui confioit, affranchies ou non. Voici à ce sujet quelques lignes d’une intéressante lettre de Fléchier: «Je n’avois pas oublié, Madame, que je vous avois promis du miel de Narbonne... Je vous en envoie donc un baril de vingt livres que j’ai fait donner au messager de Lyon, pour être mis à la diligence et porté à l’hôtel de Sens, près le port Saint-Paul. J’ai donné ordre qu’on l’affranchît de toutes sortes de droit de port. Je vous prie de l’envoyer prendre.» Jean Dubray et Louis Langlois, associés à M. De La Bruyère, étoient fermiers des messageries de Paris à Lyon.

[7] Dans l’édit. de 1691, p. 54, l’Hôtel de Sens n’est pas indiqué comme point de départ de ces messageries. On lit seulement: «Près l’_Ave Maria_, aux diligences de Lyon, logent les messagers de Dijon, Bourg, etc.» Le mot _Diligence_, alors nouveau dans ce sens, paroît ne s’être employé d’abord que pour la voiture de Lyon. Palaprat s’en est bien moqué dans la préface de sa comédie l’_Important_, jouée en 1694: «Me voilà parti, dit-il, me voilà empaqueté et emballé entre deux énormes magasins dans ce char à rouliers qui mène à Lyon, et qu’on appelle fort improprement la _Diligence_, formidable machine dont les fermiers... n’ont pas laissé de trouver le mouvement perpétuel; car ni leur corbillard terrible, ni les malheureux condamnés à la roue qu’il renferme, n’ont pas un moment de repos pendant tout le voyage.» Qui pis est, n’y trouvoit pas de place qui vouloit. Il falloit laisser passer d’abord les personnes recommandées par le secrétaire d’État, administrateur de Paris et de l’Ile-de-France. C’étoit une des conditions du privilége accordé à l’entrepreneur de ces voitures. Seignelay écrivoit, par exemple, le 7 septembre 1688: «De par le roy, il est ordonné au maître de la diligence de Lion, de donner au sieur coadjuteur d’Arles cinq places dans le carrosse qui partira le samedi xje du présent mois, et ce préférablement à toutes autres personnes.»

Rue de la Huchette aux Bœufs, loge le Messager de la Ferté Alais qui part le Lundy.

Celuy de Chatillon sur Inde, loge rue de la Harpe à la Croix de fer[8].

[8] Cette auberge, à l’enseigne de la Croix de Fer, rue de la Harpe, tenoit aux ruines du Palais des Thermes.

Rue d’Enfer fauxbourg saint Michel[9] loge le Messager de Chatre[10] sous Montléhery, qui part les Lundis, Jeudis et Samedis.

[9] «A la Couronne d’or.» Édit. 1691, p. 54.

[10] On sait que c’est aujourd’hui Arpajon. Châtre n’est plus connu sous son premier nom que par un noël très populaire.

Rue du Four S. Germain, loge le Messager d’Espernon.

Rue saint Victor aux Carosses d’Auvergne, logent les Messagers de Bourbonnois passant par Bonybriart, Cône, la Charité, saint Pierre le Moustier, Bourbon les Bains, Vichy et Moulins, qui part le Samedi.

Au même endroit sont les Messagers du Puy, Mandre, saint Flour, Brioude, Sainpoursain, Gannat, Aigueperche, Riom, Clermont, etc., qui partent aussi le Samedi.

Et encore les Messagers de Languedoc qui vont à Montpellier, Nismes, Beaucaire, Frontignan, etc., qui partent les Dimanches, Mercredis et Samedis.

Rue saint Germain de l’Auxerrois au Gaillard Bois, loge le Messager de l’Aigle qui part le Vendredi.

Même rue à la Rose blanche, loge le Messager de Dreux et Nogent le Roy qui part le Vendredi à midi.

Rue Git le Cœur, loge le Messager de Tours qui part les Dimanches et les Jeudis.

Rue Betizy à l’Image saint Pierre, logent les Messagers de Coutance, Breiza, Perriere, saint Sauveur, Landilin, Marigny et Basse Normandie, qui arrivent le Jeudi au soir et partent le Samedi à midi.

Rue Montorgeuil à l’Image saint Claude loge le Messager de Forge qui part le Vendredi[11].

[11] «Au même endroit logent les messagers d’Oizemont, Honfleur, Pont-eau-de-mer, et Pont-l’Evêque, qui partent le vendredi.» Édit. 1691, p. 54.--A la fin du siècle suivant, c’est à _l’Image St-Claude_ que descendoient les marchands de beurre de Pontoise.

Même rue logent les Messagers de Diepe et de Gisors qui partent le Mercredi.

Rue Bourtibourg au Comte Robert, loge le Messager de Fontainebleau qui part le Vendredi[12].

[12] «Rue d’Arnetal, au Mouton couronné, loge le messager de Dan-Marie et de Bray-sur-Seine.» Édit. 1691, p. 14.

Rue d’Arnetal à la Couronne d’or, loge le Messager de Condé qui part le Samedi[13].

[13] «Rue Saint-Antoine, à la Bannière, logent les messagers de Languedoc et de Chaumont.» _Id._, p. 55.

Rue de la Mortellerie à la Clef d’argent, loge le Messager de Tonnerre qui part le Lundi, et celuy de Champeau qui part le Samedi[14].

[14] «Rue Saint-Denis, au Grand-Cerf, logent les messagers de Soissons, Laon et Notre-Dame de Liesse, qui partent le samedi.» _Id._, _ibid._

Rue saint Denis au grand Cerf, loge le Messager de Rouen et ceux d’Arras, de Tournay et de l’Isle en Flandres.

Même rue à la Croix blanche, loge le Messager de la Ville d’Eu.

Au bas de la rue de la Harpe à l’Image saint Eustache, logent les Messagers d’Angers[15], de Nantes, de la Flèche, de Beaufort, de Saumur, de Bourgeuil, etc., qui partent les Mercredis et Samedis.

[15] Par un procès, qui avoit eu lieu trois ans auparavant, on sait ce qu’il en coûtoit de Paris à Angers pour un voyageur et son bagage. En vertu d’une sentence du Châtelet en date du 9 nov. 1689, le sieur Bernard, bourgeois de Paris, fut condamné à payer au messager 36 livres au lieu de 33 qu’il offroit, et en sus 3 sous de la livre pesant de ses hardes, au lieu de 2 sous 6 deniers.

Rue saint Jacques au Lion ferré, logent les Messagers de toutes les Villes de Bretagne qui partent les Mercredis et Samedis.

Rue Serpente logent les Messagers de Carcassonne, Castelnaudary, Castres, Alby, Gaillard, Montauban, Cahors, Rhodez, Villefranche, Perat, Sarlat, Limoges, Brives, Thul, Thoulouse, Userche, Souliac, etc., qui partent le Mardi[16].

[16] C’est à l’Hôtel d’Anjou, rue Serpente, que ces messagers logeoient. D’autres y vinrent un peu plus tard, notamment celui de Château-du-Loir.

Rue Jean Pain molet à la Teste noire, logent les Messagers d’Abbeville.

Au Colombier près saint Martin des Champs, logent les Messagers de Crespy et de Villers Cotterets, qui partent le Vendredi.

Ceux d’Allençon, de Petiviers, de Caen, etc., qui partent le Dimanche et qui logeoient ci-devant à l’Hôtel de Montbason, sont à présent rue du Jour près saint Eustache.

Ceux d’Amiens et de Mondidier logent rue de la Tixeranderie à la Maque[17] et partent les Dimanches, Lundis, Mercredis et Vendredis.

[17] Nous avons parlé plus haut, p. 164, de cette auberge et de l’origine de son nom.

Rue du Cimetière saint André logent les Messagers de Mommirel, de Perigueux et de Rochoir qui n’ont pas de jours reglez, et ceux de Chinon, de Loudun, de Poitiers, de Thouars, de la Rochelle, etc., qui partent le Dimanche[18].

[18] Blegny oublie le messager de «Bonnétable et route», qui logeoit quai des Augustins, à l’enseigne si curieuse de la Reine des Reines.

Rue Montorgueil à l’Image saint Christophe, loge le Messager de Beaumont en Picardie qui arrive le Mardi et part le Mercredi.

Rue des Precheurs à la Pomme de pin, loge le Messager de Boine en Gatinois qui arrive le Jeudi et part le Vendredi.

A l’entrée du quay de la Tournelle[19] à la Corne[20], logent les Messagers de Montargis, de Giens et autres lieux circonvoisins.

[19] «Rue de la Tournelle, devant la rue de Bièvre.» Édit. de 1691, p. 55.

[20] C’étoit une très ancienne auberge, qui, de la rue des Sept-Voies, où Érasme y avoit logé en arrivant à Paris, avoit été transférée tout près, quai de la Tournelle.

Rue Jean Robert aux Carrosses d’Allemagne, logent les Messagers de Strasbourg, Fribourg, Scelestat, Colmar, Brissac, etc.

Rue saint Denis au grand Cerf, loge le Messager du Quesnoy.

COCHES PAR TERRE ET PAR EAU[1].

[1] Comme les messageries et les carrosses de voiture, auxquels ils étoient inférieurs en vitesse, et qui coûtoient plus cher, les coches voituroient voyageurs et marchandises. Ils n’en différoient que par le prix moins élevé, et parce qu’ils étoient des entreprises particulières, tandis que les messageries étoient un établissement royal, et les carrosses de voiture des établissements privilégiés. Les _coches_, comme le prouvoit leur nom, qui sentoit son vieux temps, les avoient précédés les uns et les autres. Ils datoient de l’époque des premières voitures de ville, qui s’appeloient comme eux et qui peu à peu perdirent cet ancien nom pour en prendre d’autres. Ils le gardèrent seuls: «Les coches, écrivoit Sauval, t. I, p. 191, en 1670, sont encore en usage pour aller d’une ville à l’autre.»

Rue Jean Robert aux Carosses d’Allemagne[2], logent aussi les Coches de Metz, Verdun, Clermont, Thionville, Danvilliers, Arlon, Wirton, Sarloüis, Vandrevanche, Sarbrik, Hambourg, Bik, la petite Pierre, Litemberg, Marsal, et autres Villes des trois Evechez, Comté de Chiny et places de la Sarre, Lorraine haute et basse, Barleduc, Ligny, Commercy, Pont Amousson, Luneville, Sarbourg, Philisbourg, Benfeld, Scelestat, Colmar, Brisac, Fribourg, etc., qui partent les Lundis et Vendredis[3].

[2] V. plus haut.

[3] Dans la première édition, Blegny n’avoit pas oublié moins que le nom de la rue et celui de l’auberge où tous ces coches descendoient. V. p. 56.

Rue saint Antoine à l’Ours, logent les Coches de Troyes en Champagne, qui partent les Mardis et Vendredis.

Celuy d’Amiens qui part de deux en deux jours, rue de la Tixeranderie à la Maque[4].

[4] V. plus haut.

Celuy de Chalons en Champagne, rue de la Verrerie, qui part les Mardis et Vendredis.

Rue Montorgueil à l’image saint Christophle, loge le Coche de Beaumont qui part le Samedi.

Rue Bourlabé à l’Ecu Dauphin, logent les Coches de Montreuil, Boulogne, Calais, Dunkerque, etc., qui partent le Lundi.

Rue Bourtibourg au Comte Robert, loge le Coche de Lagny qui part les Mardis, Jeudis et Vendredis.

Celuy de Monfort Lamaury rue du Four saint Germain, à l’enseigne de la Ville d’Espernon, qui part les Mercredis et Samedis.

Celuy d’Abbeville qui part le Dimanche, rue Jean Pain Molet.

Rue saint Martin au Cardinal le Moine, logent les Coches de Rheims, qui partent les Lundis et Vendredis et ceux de Soissons, Laon, Notre Dame de Liesse, etc., les Lundis, Jeudis et Samedis.

Rue saint Paul à la ville de Joigny, est le Bureau des Coches par eau d’Auxerre[5], qui partent les Mercredis et Samedis, et qui passent par Corbeil, Melun, Valvin, Montreau, Villeneuve le Roy, Joigny, etc.

[5] Béranger, qui l’avoit encore pu voir dans son enfance, en a parlé dans une de ses chansons:

Six francs et ma layette en poche, Belle nourrice de vingt ans D’_Auxerre_ avec moi prit _le coche_.

Le Bureau des Coches d’eau servant pour la diligence de Lion[6], est à l’Hôtel de Sens près l’_Ave Maria_.

[6] C’est-à-dire amenant de la haute et basse Seine les voyageurs pour Lyon. A propos d’un autre coche qui, moitié par terre, moitié par eau, vous amenoit de Lyon à Paris, v. Gui Patin, _Lettre_ du 17 nov. 1662.

Le Bureau des Coches par eau de Montreau, Bray et Nogent-sur-Seine, est sur le port saint Paul d’où ils partent le Lundi seulement deux fois le mois.

Le Bureau des Coches par eau de Fontainebleau qui partent les Lundis à l’ordinaire et tous les jours à l’extraordinaire pendant le séjour de la Cour audit lieu, est sur le quay de la Tournelle à la Croix blanche[7].

[7] Ce chapitre, dans l’édition précédente, p. 56-57, diffère de celui-ci par quelques détails que nous n’avons pas cru devoir signaler. S’ils n’ont pas été reproduits par Blegny, c’est sans nul doute que, vérification faite, il y avoit reconnu des erreurs. Pour la même raison, nous n’en avons pas parlé.

ROULLIERS ET CHARETTES

DE ROUTES.

Rue de la Harpe à la Croix de fer, logent les Charettes pour Laval, Mayenne et Vitré en Bretagne[1].

[1] Ce chapitre commence autrement dans l’édit. précédente, où il est le XXXVIIe, p. 57. On y trouve cet article qui manque ici: «Rue de la Huchette aux Bœufs, logent les charettes pour la Ferté Alais, qui partent le mercredi.»

Celles de Chartres rue Contrescarpe aux Carosses d’Orléans.

Celles de Chevreuse qui partent les Mardis et Vendredis, rue saint Dominique du Fauxbourg saint Michel[2], à l’Ecu d’Orléans.

[2] C’est l’ancienne rue Saint-Dominique-d’Enfer, qui alloit de la rue d’Enfer à la rue Saint-Jacques.

Celles de Montargis et de Nemours qui partent le Dimanche, rue du quay de la Tournelle.

Celles de Beny-Briard, Cone, la Charité, saint Pierre le Moutier, Nevers, Bourbon les Bains, Vichy, Moulins, etc., qui partent le Mercredi, rue saint Victor aux Carosses d’Auvergne, et encore celles du Puy, Mandre, saint Flour, Issoire, Brioude, saint Poursaint, Gagnac Aigueperche, Riom et Clermont, qui partent le Mercredi. Enfin celles de Montpellier, Nismes, Frontignan, Baucaire, Milhaud, Lodève, Beziers, Narbonne et Perpignan qui partent le Mercredi.

Celles de Gournay qui partent le Vendredi, rue Montorgeuil à l’image saint Christophle.

Celles de Senlis, Compiègne, Noyon, Chaunis, la Fère, Ham, saint Quentin, le Quesnoy, Maubeuge, Roye, Peronne, Cambray, Douay, Valencienne, Tournay, Bapaume, Arras, l’Isle, Rouen, Diepe et le Havre qui partent tous les jours, rue saint Denis au grand Cerf.

Celles de Beaumont-Roger en Normandie qui partent le Mercredi, rue Montmartre à la grosse Tête.

Celles de Dijon, Bourg en Bresse, Nuis, Baune, Chalons sur Saône, Macon, Auxonne, Salins, Grey, Bezançon, Monbelliard, Befort, Pontarlier, Neufchastel, Sens, Joigny, Auxerre, Noyers, saint Florentin, Ancy le Franc, Tonnerre, Chably, Bavière, Mon-bar, Autun, Semeur, Avalon, sainte Reine, Bar sur Seine et Mussy l’Evesque, qui partent tous les jours près l’_Ave Maria_ à la Diligence de Lion.

Les Roüilliers[3] de Troyes et autres Villes de Champagne et de Bourgogne, logent rue de la Verrerie à l’Image Notre Dame[4].

[3] Blegny écrit comme on prononçoit, et comme on prononce encore dans quelques provinces. L’orthographe étoit déjà «roulier». Richelet écrit ainsi, et l’exemple qu’il donne: «Il s’en va à Orléans avec les rouliers», indique que les rouliers ne prenoient pas seulement des marchandises dans leurs charrettes, mais des voyageurs à qui manquoit l’argent nécessaire pour aller par le carrosse de voiture, les messageries ou le coche.

[4] Cette auberge existoit encore avec la même enseigne et la même destination à la fin du XVIIIe siècle. C’est là que descendit la fameuse Mme de La Mothe lorsqu’elle vint de Troyes à Paris pour commencer ses intrigues, dont l’affaire du Collier fut la plus scandaleuse.

Ceux d’Anvers, de Lorraine et d’Allemagne, rue d’Arnétal au Chariot d’or, qui partent le Mardi et quelquefois le Mercredi.

Ceux de l’Isle, Tournay, Douay, Arras, Maubeuge et Guise en Picardie, même rue au Mouton, qui partent le Jeudi.

Et ceux de Compiègne, Peronne, la Ferre, etc., même rue à la Croix de Lorraine, qui partent le Samedi.

Rue saint Denis aux deux Anges, logent les Charrettes de Montmirel, de la Ferté Gauché et du Bois Commun, qui partent le Vendredi.

AUTRES ADRESSES NOUVELLEMENT RECOUVERTES.

Chez les Sieurs Michallet et d’Houry rue saint Jacques, et chez la veuve Nion à l’adresse qui est à la première page, on trouvera au commencement de cette année 1692, le premier tome d’un livre également utile et curieux, qui aura pour titre _les Travaux d’Esculape_, ou les Découvertes successives des secrets de l’Art de guerir[1]. Ensuite de quoy on y trouvera régulièrement tous les trois mois un volume nouveau du même livre, pour satisfaire aux ordres du Roy et de Monsieur le premier Medecin de Sa Majesté, en conformité desquels la Société Royale de Medecine a été établie, pour travailler à la recherche et vérification des nouvelles Découvertes qui ont été faites, qui le sont, et qui le seront cy-après dans toutes les parties de la Medecine et dans tous les Arts qui luy sont subordonnez.

[1] C’est encore un livre de Blegny, qui ne pouvoit mieux finir qu’en se faisant une réclame de plus. Il avoit déjà publié, en 1679 et 1680, sous un titre à peu près pareil, 2 vol. du même genre, _Le Temple d’Esculape_. Voy. notre _Introduction_, p. XLVIII.

M. Rebel attenant au Jeu de paume de la rue Tireboudin[2], dit avoir apporté d’Egypte une Eau qui appaise sur le champ la douleur des Dents, qui se prend par le nez, qui fait larmoyer abondamment, et dont la phiole de quatre prises se vend un louis d’or; mais la vertu de ce Remede est encore inconnu à l’Auteur.

[2] C’est aujourd’hui la rue Marie Stuart.

Le Sieur Do Emailleur[3] rue de Harlay scelle hermétiquement des Vaisseaux chimiques.

[3] Il a déjà été parlé de lui. V. t. I, p. 242.

Le Sieur le Roy à l’entrée du fauxbourg saint Antoine vis-à-vis le Croissant, peint toutes sortes de Meubles en verni façon de la Chine[4], et travaille d’ailleurs dans les appartemens aux ornemens de Peintures.

[4] C’est un prédécesseur bien peu connu des Martin, si célèbres vers le milieu du siècle suivant, mais en d’autres quartiers que le faubourg Saint-Antoine: «La manufacture royale de MM. Martin, lisons-nous dans l’_Esprit du Commerce_, 1748, in-8º, p. 41, est située faubourg Saint-Martin, faubourg Saint-Denis, et une autre rue Saint-Magloire.»

Les Suisses qui apportent des Serains de Canarie[5], logent à l’entrée du même faubourg[6].

[5] «Les Suisses, lisons-nous dans le _Diction._ de Furetière, apportent beaucoup de serins de leurs pays, du Tyrol et des provinces méridionales de l’Allemagne.» Le Tyrol déjà en fournissoit surtout: «Dans une bourgade du Tyrol, nommée Imst, dit Malte-Brun, se trouve le grand séminaire de serins, nommés encore, ajoute-t-il ironiquement, _oiseaux des Canaries_, dans la plupart des langues d’Europe, et qui sont exportés jusqu’à Lisbonne et peut-être jusque dans les Iles Canaries.»

[6] Hervieux dans son _Traité des serins de Canaries_, 1709, in-12, chap. 23, dit qu’ils y venoient deux fois par an, et qu’ils logeoient dans ce faubourg, à l’hôtellerie de la Boule, où ils apportoient des serins par milliers.

Le Sieur Quillet Sculteur à la Boule royale, grande rue du même fauxbourg, fait des Bordures de Tableaux pour les Marchands à juste prix.

On vient d’établir une nouvelle Manufacture de Chandelle dans le même fauxbourg, rue de Pincourt, près la barrière[7].

[7] Une note en a parlé plus haut, p. 7.

FIN DU LIVRE DES ADRESSES.

TABLE

DES ARTICLES

DU

LIVRE DES ADRESSES DE PARIS[1].

[1] Nous donnerons à la fin du volume la table alphabétique de l’édition de 1691.

Tome I.

Affaires Ecclésiastiques 15 Exercices de piété 21 Finances Royales 26 Trésoriers Payeurs des Gages et Rentes 40 Conseils du Roy et Chancellerie 46 Secretaires du Roy 54 Scéances des Tribunaux 78 Vacations des Tribunaux 86 Docteurs et Licentiez en Droit 87 Secretaires et Greffiers du Conseil, des Cours Souveraines et des Juridictions Subalternes 93 Contraintes Judiciaires 100 Bureaux Publics 106 Administration des Hospitaux 112 Banquiers 117 Academies et Conferences publiques 120 Biblioteques particulières et publiques 129 Collèges et Leçons publiques 138 Mathematiques 146 Medecine ordinaire 150 Medecine empirique 156 Opérations chirurgicales 157 Matières Médecinales simples et composées 164 Pension pour les Malades 178 Bains et Etuves 182 Impressions et Commerce de Librairie 185 Musique 204 Fameux Curieux des Ouvrages magnifiques 216 Dames Curieuses 231 Commerce de Curiositez et de Bijouteries 236 Commerce des Ouvrages d’Or, d’Argent, de Pierreries, etc. 244 Premieres Instructions de la Jeunesse 248 Nobles Exercices pour la belle education 253 Armes et Bagages de Guerre et de Chasse 261 Chevaux et Equipages 264 Passetemps et Menus Plaisirs 269 Jardinages 275 Tapisseries et Meubles ordinaires 283 Chair et Poisson 289 Marchandises de Beurre, Œufs, Fromages et Legumes 296 Offices de fruiteries 300 Panneterie et Patisserie 304 Marchandises de Vins et d’Aprests 309 Hostels garnis et Tables d’Auberges 316

Tome II.