Le livre commode des adresses de Paris pour 1692, tome 2/2

Part 12

Chapter 123,781 wordsPublic domain

[17] Thomas Bernard. Reçu de l’Académie, comme graveur en médailles, le 27 mars 1700, il mourut en 1713, à soixante-trois ans.

[18] Jean Mauger, de Dieppe. Le roi le logea au Louvre, après la mort de Ch. Chéron, en 1698. Il y mourut en 1722, à soixante-quatorze ans.

M. le Clerc aux Goblins[19], qui travaille par excellence à toutes sortes de Gravures, a d’ailleurs le talent de faire des Desseins originaux.

[19] Sébastien Le Clerc, de Metz, dont la réputation nous dispense de tous détails. Il étoit graveur ordinaire du cabinet du roi et Colbert l’avoit logé aux Gobelins. Il mourut en 1714, à soixante-dix-sept ans.

Entre les Graveurs renommez pour la Vaisselle, pour les Sceaux et pour les Cachets, sont Messieurs Thiault galleries neuves du Palais[20] à la Pomme d’or, Chalochet, quay Pelletier, Aury à la Monnoye[21], Verien[22] et Garrier quay des Orfèvres, Mavelot et Langlois Cour neuve du Palais, etc.

[20] «Place Dauphine.» Édit. de 1691, p. 59.

[21] Pierre Aury, qui, depuis 1688, logeoit à la Monnoie comme «graveur en acier du Roi».

[22] «Aux armes de Mademoiselle.» Édit. 1691, p. 59.

M. Bourdon place Dauphine qui est d’ailleurs renommé pour les Cachets, grave aussi pour la Taille douce.

Messieurs Richard et Maurice sur le quay de l’Orloge, ont le talent de graver sur l’Agathe et sur les autres Pierres précieuses[23].

[23] «Le sieur Certain, au dessus de la porte neuve du Palais, grave en agathe et autres pierres.» _Id._, p. 63.

On trouve chez M. Jollain l’ainé Graveur et Marchand Imager rue saint Jacques à la Ville de Cologne[24], les Portraits de la Cour gravez par M. Simon[25], l’Architecture de Vignolle au Burin et diverses Cartes et Estampes curieuses.

[24] Fr. Jollain, à qui son fils succéda.

[25] Pierre Simon. Ses portraits sont à l’eau-forte.

M. Landry[26] aussi Graveur et Marchand Imager[27] même rue à l’Image saint François de Sales, vend des Estampes de dévotion de 7 pieds de haut et de divers autres grandeurs extraordinaires, un Scelet[28] humain grand comme nature, et un grand nombre d’autres Estampes curieuses[29].

[26] Pierre Landry gravoit et vendoit des portraits au burin.

[27] Parmi les imagers, graveurs en taille-douce, Blegny auroit pu citer Boudan, qui grava entre autres histoires populaires toute la suite de celle de _Lustucru_. V. nos _Variétés_, t. IX, p. 70. Mariette, _Abecedario_, t. IX, p. 116, a dit un mot de lui. Il avoit dessiné pour Gaignières et pour ses collections d’armoiries à des prix dérisoires. On lit dans un mémoire de ceux dont il étoit convenu avec le célèbre amateur: «Les armes croquées à l’encre, un liard la pièce.» Il travailla au plan de Paris de La Caille, en 1714.

[28] Squelette. Sur ce mot, v. plus haut, note.

[29] «On trouve des estampes de toutes sortes chez le portier de l’Académie des peintres, rue de Richelieu.» Édit. 1691, p. 24. Une singulière industrie, qui dut détruire bien des gravures, est indiquée dans cette édition, p. 111, et omise ici: «Le sieur des Trapières, rue Bétizy, aux trois Bources, enlève et transpose sur verre les lignes et traits des estampes, qu’il peint ensuite d’une façon à les prendre pour de vrais tableaux.» Poisson, en 1665, dans l’_après-soupé des Auberges_, sc. 3, avoit déjà parlé d’estampes découpées qu’on appliquoit derrière un verre, comme on a fait de nos jours pour la _potichomanie_.

OUVRAGES DE PLOMBIERS

ET DE FONTENIERS[1].

[1] Les plombiers et fontainiers ne formoient qu’une seule corporation, et même assez peu nombreuse; elle ne comptoit au XVIIIe siècle que cinquante maîtres au plus. Ses statuts, en quarante articles, datoient de juin 1647.

Les Plombiers des batimens du Roy fournissent aussi plusieurs particuliers de considération.

Entre les autres fameux Plombiers, sont Messieurs Desgoutières près la Comedie Françoise, le Roy rue saint Honoré, rue saint Antoine, près la Magdelaine, rue saint Martin, etc.

M. Denis premier Fontenier du Roy, demeure au fauxbourg saint Germain, et Mrs ses fils, l’un du Chateau de Trianon, et l’autre de Versailles, demeurent au même endroit.

Entre les autres Fonteniers fameux qui travaillent pour Sa Majesté et pour le public, sont Messieurs Dorival, Cimetiere saint Jean, et Balo près la Croix du Tiroir.

Les Fondeurs qui travaillent aux Robinets des tuyaux et Regards, sont rue des Assis et rue neuve saint Mederic.

Le Plomb est fort rencheri depuis la déclaration de la guerre avec l’Angleterre[2]; le plus commun vaut à présent 4 sols la livre mis en œuvre compris la soudure[3].

[2] Il s’agit de la guerre de 1688 qui nous avoit mis sur les bras l’Angleterre et la Hollande. De l’une nous venoit en grande partie ce que nous consommions de plomb, notamment le plomb laminé, et de l’autre presque toutes les préparations plombifères.

[3] Dans la 1re édition, p. 48, on trouve un exemple de ce renchérissement du plomb: «Les tuyaux de fontaines soudés en long avec joints et nœuds de soudure, depuis deux jusqu’à six pouces de diamètre, tranchées et remplages mis en œuvre, ci devant quatorze livres, et à présent vingt livres le cent.»

Le Plomb blanchi, tant pour tuyaux de descentes, que cuvettes, entonnoirs, membrons[4], chesnaux, boursaux, ennusures[5], et enfaistemens, vaut depuis 4 sols et demi jusqu’à 5 sols la livre mis en place compris la soudure[6].

[4] «Le membron» étoit une partie du «bourseau», sorte d’ornement d’enfaîtage employé surtout dans les grands bâtiments.

[5] Ce mot, dans la 1re édition, p. 48, est écrit «annesures». Nous ignorons ce que, sous l’une ou l’autre forme, il signifie.

[6] Suivant la 1re édition, p. 48, «le cent de plomb» employé pour tous ces objets se payoit «treize livres dix sols».

Le Plomb noir aussi y compris la soudure, vaut 18 à 20 livres le cent mis en œuvre.

La Soudure pour les réparations vaut quatorze à quinze sols la livre.

Les vieux Plombs se donnoient ci-devant au Plombier trois livres pour deux d’employées, mais à present cette évaluation seroit trop forte[7]; mais pour plus de justesse, on peut faire remettre la même quantité en œuvre que l’on a donné au Plombier, et luy payer 36 à 40 livres le millier compris la soudure en œuvre.

[7] «Pour six livres de vieux plomb, les plombiers en fournissent trois de neuf posé en place.» Édit. de 1691, p. 48.

OUVRAGES DES PAVEURS.

Les Paveurs des batimens du Roy entreprennent aussi pour le public.

Entre les autres Maîtres Paveurs qui font de grandes entreprises, sont les Sieurs Touchay rue des Noyers, Hierosme rue de la Mortellerie, etc.

Autant en fait la veuve Maçon près la porte saint Antoine.

Le gros Pavé de rue[1] de 7 à 8 pouces en quarré[2] posé sur une forme de sable[3], se paye à 9 livres la toise carrée[4].

[1] On l’appeloit aussi: «pavé du grand échantillon».

[2] C’étoit encore la mesure à la fin du XVIIIe siècle. Elle avoit été réglée par la coutume de Paris.

[3] «La forme est le lit de sable sur lequel est posé le pavé.» L’abbé Jaubert, _Diction. des arts et métiers_, t. III, p. 387.

[4] «Le sable de rivière se trouve aux environs de l’Ile Louviers. On en tire pour les paveurs entre Pincourt et la Courtille, où l’on trouve du vieux pavé retaillé.» Édit. de 1691, p. 39.

Le Pavé de la qualité ci dessus fendu en trois, taillé et posé avec mortier de chaux et sable à 8 livres la toise.

Le Pavé de 5 à 6 pouces, fendu en trois[5], et posé avec mortier 7 livres la toise.

[5] C’est dans l’épaisseur qu’on le fendoit, mais en deux seulement plutôt qu’en trois. Ce «pavé fendu», comme on l’appeloit, servoit pour les cours et les écuries.

Le même posé avec mortier de chaux et ciment à 10 livres.

Le vieux Pavé posé avec mortier de chaux et de sable à 2 livres la toise.

La pose du même Pavé avec chaux et ciment à 4 livres, et avec chaux et sable à 30 sols, le seul Pavé fourni par l’Entrepreneur.

Le vieux Pavé tendre qui sert à polir les Glaces se trouve dans les Chantiers des Paveurs du Roy et de la Ville[6], ainsi que toutes autres sortes de vieux Pavez.

[6] Lister, ch. V, après nous avoir dit qu’on passe les glaces brutes au grès pulvérisé, ajoute: «C’est le même dont est fait le pavé de Paris, mais pulvérisé et tamisé très-fin.»

Le sieur Petit à l’entrée de la rue de Nappe[7] fauxbourg saint Antoine, fait battre du vieux Pavé tendre pour la manufacture des glaces.

[7] Lisez de Lappe. V. plus haut, une note.

POTERIE, CARELAGE, VUIDANGES,

NATTES ET FROTAGES DES BATIMENS.

Les Vuidangeurs pour curer les puits et fosses d’aisances, demeurent la plupart au quartier de la porte saint Victor.

Les fouilles, vuidanges et transport des terres des caves et fosses d’aisances se payent depuis 7 jusqu’à 10 livres la toise cube à proportion de l’éloignement du transport.

Les vuidanges de matieres des fosses d’aisances se payent aussi aux Vuidangeurs depuis 30 jusqu’à 40 livres aussi à proportion de l’éloignement du transport.

Les Potiers qui ont de grands ateliers et qui font de grosses entreprises de Carrelage[1], sont les Sieurs du Vivier fauxbourg saint Antoine, Harrivel fauxbourg saint Marcel, etc.

[1] Dans leurs statuts, qui datoient de 1456, et qui avoient été confirmés en 1607 par Henri IV, ils étoient qualifiés «maître potiers de terre et carreleurs».

Le prix reglé des ouvrages de Carreleurs est pour chacune toise superficielle du petit Carreau à huit pans 3 livres 5 à 3 livres 10 sols, et pour les grands Carreaux aussi à huit pans 4 livres 10 sols à 5 livres la toise.

Les Potiers vendent aux Entrepreneurs les Pots d’aizances 18 deniers le pouce de diamettre.

Le millier de grands Carreaux à 18 livres le millier, et le millier de petits à 10 livres.

Le Sieur Piton à l’entrée de la rue Briboucher[2] du coté de la rue saint Denis met les planchers en couleur[3] et les entretient de frotage au mois et à l’année.

[2] Lisez Aubry le Boucher.

[3] L’usage, qui commençoit alors, de faire mettre les carreaux en couleur par des barbouilleurs amena pour Hiacynthe Rigaud une amusante aventure par quiproquo, dont la conclusion fut son mariage avec la jolie veuve Mme Le Juge. Elle avoit envoyé son laquais chercher un peintre pour mettre sa chambre en couleur. Il alla chez Rigaud, qui, croyant à la commande d’un portrait, ne se fit pas attendre. L’erreur fut bien vite reconnue; la dame s’excusa avec une grâce charmante. On se quitta fort bons amis, pour se revoir bientôt et enfin se marier. (_Encyclopediana_, 1791, in-4º, p. 827.)

Il y a encore plusieurs Froteurs de planchers rue sainte Placide près les Incurables, et rue Jean Beausire près la porte saint Antoine.

Les Planchers de parquet et ceux à carreaux mis en couleur, cirez et frotez, se payent à 8 sols la toise carrée.

Les Planchers seulement mis en couleur à cinq sols, et ceux qui sont seulement cirez et frotez à quatre sols.

Les Paillassons[4] de nattes servant à boucher les croisées en hiver se payent à raison de trente sols la toise carrée, et les Paillassons d’été à quatre livres dix sols, lorsqu’ils ne sont garnis de toille que d’un seul côté, à six livres étant doublez dessus et dessous.

[4] Richelet dit dans son _Dictionnaire_: «Paillasson ou _nate à fenêtre_. C’est une pièce de nate couverte par dehors d’une grosse toile, qu’on met l’été devant les fenêtres pour empêcher l’ardeur du soleil, et qu’on hausse et baisse avec des cordes autant qu’on veut.»

La Natte ordinaire se paye à quarante cinq sols la toise carrée.

CARROSSES DE ROUTES[1].

[1] C’est le nom qu’on leur donnoit pour les distinguer des carrosses ordinaires. On dit aussi plus tard carrosses de voiture. Marivaux, dans _Marianne_, appelle ainsi celui qui alloit de Paris à Bordeaux. Il partoit à jour et heures fixes, qu’il y eût ou non des voyageurs. On fit à ce sujet une épigramme sur le _Mercure_, qui, lui aussi, se mettoit à circuler, qu’il y eût ou non quelque chose dedans:

C’est le carrosse de voiture, Il faut qu’il parte vide ou plein.

Rue saint Nicaise sont les Carrosses de la suite de la Cour et du Pech saint Germain, qui partent tous les jours et à toutes heures.

Rue Contrescarpe près la rue saint André, chez Mademoiselle Blavet, logent les Carrosses d’Orléans[2] qui vont jusqu’à Die, Chambon et Blois[3], et qui partent tous les jours[4] l’été à cinq heures du matin, et l’hiver à neuf[5].

[2] C’est la même qui avoit aussi l’entreprise des carrosses de Rouen. V. _Correspondance des contrôleurs généraux_, nº 235. Elle s’appeloit Anne Boucher, veuve Blavet. Ses carrosses alloient jusqu’en Espagne.

[3] Dans l’édition précédente, au chap. XXIV, qui a le même titre que celui-ci, c’est de «Monsieur Blavet» qu’il est parlé, p. 51; et au lieu d’une seule maison rue Contrescarpe, on voit qu’il en avoit une autre «rue Saint-André, à l’Hôtel de Lion». L’an d’après, sa veuve lui avoit succédé.

[4] Le messager de la poste partoit aussi tous les jours. C’est ce qu’on appeloit la Malle du Courrier. La nuit du 19 décembre 1700, celle de Tours fut dévalisée au bout du Pont-Neuf, près de la Samaritaine, par des filous. (_Corresp. admin. de Louis XIV_, t. II, p. 735.)

[5] Les «carrosses d’Orléans», qui avoient fourni à La Chapelle, en 1680, le sujet d’une amusante comédie restée longtemps au répertoire du Théâtre François, descendoient encore, sous la Restauration, dans la rue Contrescarpe, aujourd’hui rue Mazet. L’auberge du Cheval blanc d’où ils partoient existe toujours et n’a presque pas changé de physionomie.--On lit dans l’un des 9 numéros des _Affiches_ de Dugone pour 1716 un avis sur ces carrosses qui partoient régulièrement tous les jours, à 5 heures 1/2 du matin, de la rue Contrescarpe, pour aller à Orléans en deux jours et revenir de même, «lesquels, y est-il dit, conduisent toutes sortes de personnes, hardes et bagages, or et argent.»

Au même lieu sont les Carrosses d’Auvergne qui partent le Mercredi et qui passent par Chenerailles, Chasteauneuf, Ligniere, la Chatre, la Bourance, Jarnage, le Busson Feuillentin, Guéret, Chambon, saint Amant, Mont-Luçon, Isset, Neuvy, Rillac, Moriac, Nivdan, Aurillac, etc.

On fait partir du même endroit et le même jour le Carrosse du Berry, passant par Orléans, Gien, Aubigny, Bourges, etc.

Tous les jours celuy de Normandie, passant par Rouen, Diepe, le Hâvre, etc.

Les Mardis celuy de Bourdeaux qui communique avec toute l’Espagne.

Les Mercredis ceux de Chartres, de Chasteaudun, de Vendosme, etc.

Et les Vendredis et Samedis ceux de Maintenon.

Les Carosses de Caen qui étoient ci devant à l’Hôtel de Monbason[6] et qui logent présentement rue du Jour près S. Eustache, partent tous les Dimanches à dix heures du matin.

[6] Dans l’édit. précédente, p. 52, c’est à cette adresse qu’ils sont indiqués. «L’hôtel des ducs de Montbazon, dit Sauval, t. II, p. 124, est à la rue de Bétizy... Ce n’est plus qu’une auberge et une maison garnie, et pourtant toujours au dessus de la porte se lit sur du marbre en lettres d’or, _l’Hôtel de Montbazon_.»

Au même lieu sont les Carrosses d’Alençon pour le Maine, qui partent le Mercredi, de Séez, d’Argentan et de Falaise, qui partent le Lundi, de Houdan, de Dreux et de Mortagne, qui partent le Samedi, etc.

Rue Bourlabé à l’Ecu dauphin sont les Carrosses de Boulogne, Montreuil, Calais, saint Omer et Dunkerque qui partent le Dimanche.

A l’entrée du quay de la Tournelle est le Bureau des Carrosses de Montargis et de Nemours qui partent les Mardis et les Vendredis.

Rue saint Victor[7] logent les Carrosses qui partent le Dimanche, pour l’Auvergne, et qui passent par le Puy, Mandre, saint Flour, Issoire, Brioude, Saintpoursaint, Gannat, Aigueperche, Riom, Clermont, etc.

[7] «A l’entrée de la rue Saint-Victor.» Édit. de 1691, p. 52.

Au même lieu sont les Carrosses de Languedoc qui partent le même jour, et qui vont à Montpellier, Nimes, Beaucaire, Milhaud, Lodève, Besiers, Narbonne, Perpignan, etc.

Et encore ceux de Bourbonnois qui partent aussi le même jour, et qui passent par Boni, Briard, Cosne, la Charité, saint Pierre le Moutier, Nevers, Bourbon-les-Bains, Moulins, etc.

Rue Jean Robert est le Bureau des Carrosses d’Allemagne[8] qui partent les Lundis et Vendredis, qui vont à Clermont, Thionville, d’Auvilliers, Arlon, Vuirton, Sarloüis, Vandrevanche, Sarbrike, Hombourgt et autres Villes des trois Evechez, Comté de Chiny et places de la Sarre, et encore à Barleduc, Ligny, Commercy, Thoul, Nancy, Pont-à-Mousson, Lunéville, Sarbourg, Philisbourg, Saverne, Strasbourg, Benfelt, Scelestadt, Colmart, Brissac, Fribourg, etc.

[8] Pour ce qu’on appeloit l’Allemagne haute, il y avoit un autre carrosse par la voie de Strasbourg, qui partoit de l’Hôtel de Pomponne, rue de la Verrerie, en été, tous les lundis, en hiver, tous les samedis. L’hôtel de Pomponne existe encore.

Rue saint Antoine à l’Ours logent les Carrosses de Troyes en Champagne qui part les Mercredis et les Samedis.

Rue de la Verrerie[9] est le Carrosse de Sézanne en Brie qui part les Mercredis et Vendredis.

[9] «A la Trinité.» Édit. 1691, p. 53.

Au même lieu sont les Carrosses de Châlons en Champagne, Vitry le François, saint Dizier, sainte Menehout, et Joinville qui partent le Mercredi.

A l’Hôtel de Sens[10] près l’Ave Maria, logent les Carrosses de Lyon qui part de deux en deux jours, et qui passent en été par la Bourgogne et en hiver par Nevers, Moulins et Auvergne.

[10] Il en sera parlé un peu plus loin.

Au même lieu sont les Carrosses de Dijon et Chalons sur Saone qui partent les Jeudis pour passer par la route de Troyes et de Chatillon, et les Lundis pour passer par Melun, Montreau, Sens, sainte Reyne, etc.

Et encore ceux de Chaumont, Langres et Bar sur Aube, qui partent le Dimanche.

Rue de la Tixeranderie[11] à la Maque[12], logent les Carosses d’Amiens, de Clermont en Beauvoisis qui partent les Dimanches, Lundis, Mercredis et Vendredis.

[11] «Au Heaume.» Édit. 1691, p. 53. Le Heaume servoit d’enseigne à plusieurs hôtelleries. La plus célèbre, qui n’a disparu que dans ces derniers temps, se trouvoit aux Halles, rue Pirouette. Cl. Fauchet la cite dans ses _Origines des chevaliers_, 1608, in-8º.

[12] La Maque étoit une grande maison de la rue de la Tixéranderie, près de la Grève. Elle devoit son nom à Thomas Lamaque, qui, en 1527, y avoit établi une fabrique de tissus de soie. Elle étoit ensuite devenue une auberge. On la voit figurée sur le plan Gomboust.

Rue Jean pain molet à la Teste noire, loge le Carrosse d’Abbeville qui part le Mercredi.

Rue saint Martin au Cardinal le Moine, loge le Carrosse de Reims qui part le Vendredi.

Au même lieu sont les Carrosses de Soissons, Laon et Notre Dame de Liesse[13] qui partent le Jeudi.

[13] Dans un très curieux volume publié en 1647: _Le vray thrésor de l’histoire sainte sur le transport miraculeux de l’image de Notre Dame de Liesse_, se trouve l’itinéraire détaillé de Paris à Laon: il falloit trois jours pour s’y rendre «en coche».

Rue saint Denis au grand Cerf[14], loge le Carrosse de Bruxelle, qui part les Mercredis et Samedis, et qui passe par Senlis[15], la Ferté, Guise, l’Isle, Tournay, Douay[16], etc.[17]

[14] Vaste auberge, dont la cour faisoit communiquer la rue des Deux-Portes-Saint-Sauveur avec la rue Saint-Denis. Un passage du même nom la remplace. Il fut question, en 1763, d’y mettre la Comédie Italienne.

[15] Senlis avoit son coche particulier. Il fut pillé en 1652, et sept de ses voyageurs tués. (_Mém._ de Conrart, p. 35.)

[16] Un autre carrosse alloit par Péronne, Cambray, Valenciennes, Mons, etc. C’est celui que prit Regnard, se rendant à Bruxelles: «Le premier jour, avons-nous dit dans la _Vie de Regnard_, il ne va pas plus loin que Senlis, où l’attend Fercourt, qui vient de Beauvais, et où ils couchent, les coches ne marchant pas de nuit. Le lendemain, tout ce qu’ils peuvent faire est de pousser jusqu’à Péronne, et le surlendemain jusqu’à Gournay. Le jour suivant, qui est le quatrième, ils couchent à Cambray; le cinquième à Valenciennes, le sixième à Mons, le septième à Notre-Dame-de-Halle; le huitième, ce terrible coche de Flandre les dépose où ils doivent s’arrêter, et Regnard peut écrire avec soulagement: «Nous arrivâmes enfin à Bruxelles.»

[17] «On trouve rue Saint Germain de l’Auxerrois des carrosses de renvoi pour Évreux et pour Caen.» Édit. 1691.

On trouve rue saint Germain l’Auxerrois des Carosses de renvoi pour Evreux et pour Caën.

MESSAGERIES[1].

[1] La différence entre le carrosse et la messagerie étoit que l’un ne prenoit que des voyageurs et leurs hardes, tandis que l’autre voituroit voyageurs et marchandises. Les messageries dépendoient de l’État et s’affermoient. Elles étoient régies par un règlement général daté de 1678.

Rue Contrescarpe près la rue saint André, chez Mademoiselle Blavet[2], logent les Messagers de Bourdeaux qui partent tous les jours en été à cinq et en hiver à neuf heures du matin.

[2] V. plus haut, p. 161.

Au même lieu loge le Messager d’Auvergne qui part les Mercredis et Samedis, et qui vont à saint Amant, Aurillac, Chambon, Chasteauneuf, Chenerailles, Paeillentin, Gueret, Jarnage, Isset, la Broutance, la Charité, le Busson, Leguire, Luçon, Monluçon, Moriac, Neuvy, Modan, Rillac, etc.

Et encore les Messagers du Blaisois et du Maine, qui partent le Samedi et qui vont à Blois, au Chasteau du Loir, à saint Calais, à Laval, etc.

Le Messager de sainte Menehoult[3] qui ne vient que de trois en trois semaines, et celuy de Sezanne en Brie qui ne vient que de dix en dix jours, logent rue saint Antoine à la Trinité.

[3] Il étoit indépendant des messageries de la Champagne, affermées comme celles de la Lorraine par Fr. Précy.

Même rue à la Bannière de France, logent les Messagers de Rebay, de Tournant, de Bray sur Seine et Dannemarie, etc., qui arrivent le Mercredy et partent le Jeudy.

Les Messagers de Bretagne qui vont à Nantes, à Rennes, à Vannes et dans toutes les autres Villes de cette Province, logent rue de la Harpe à la Rose rouge[4], et partent les Jeudis et Samedis.

[4] Rue de la Harpe, se trouvoit aussi l’hôtel de _l’Arbalête_, où étoit longtemps descendu le coche d’Angoulême. Balzac se plaint de ce qu’un paquet qu’on y mit pour lui y resta un mois et demi sans partir. Lettre _inédite_ du 21 août 1645, publiée dans le recueil si curieux et si bien annoté de M. Tamizey de La Roque.

Rue Contrescarpe logent les Messagers d’Estampes et d’Orléans, qui partent tous les jours.

Près l’Ave Maria à l’Hôtel de Sens[5], logent les Messagers de Dijon[6], Bourg en Bresse, Baune, Chalons sur Saône, Macon, Auxonne, Salins, Grey, Dôle, Besançon, Montbéliard, Belfort, Pontarlier, Neufchastel, Sens, Joigny, Auxerre, Noyers, saint Florentin, Ancy le Franc, Chably, Ravière, Montbart, Autun, Semeur, Avalon, sainte Reyne, Issoudun, Bar sur Seine, Mussy l’Evêque, la Palisse, saint Geran, Bacaudière, Rouanne, et qui partent presque tous les jours[7].

[5] Rue du Figuier. Il devoit son nom aux archevêques de Sens, qui longtemps y étoient descendus, et dont il n’avoit pas cessé d’être la propriété. On sait qu’il existe encore.