Le livre commode des adresses de Paris pour 1692, tome 2/2

Part 10

Chapter 103,937 wordsPublic domain

Rabotées d’un coté 16 liv.

Et non rabotées 15 liv.

Les Cloisons d’ais de sapin d’un pouce d’épaisseur, assemblées et rabotées des deux cotez comme cy dessus 8 livres 10 sols la toise carrée.

Rabotées d’un coté 8 liv.

Et non rabotées 7 liv.

Les Lambris à hauteur d’apuy de 3 pieds de haut ou environ de bois de chêne, dont les bastis de quinze lignes d’épaisseur et les cadres un pouce et demi, assemblez à reyneures et languette dans le basti, lesdits cadres remplis de panneaux d’un pouce et demi d’épaisseur, ornez d’astragales[16], plinthes[17], cymaises[18], et socles par bas assemblez dans les montans du bastis, et ornez de moulures, le tout en œuvre la toise courante 12 à 13 liv.

[16] «L’astragale» n’étoit qu’une sorte d’ornement fort simple en forme de «talon», comme l’indiquoit, au reste, son étymologie grecque. Il se plaçoit en bas ou en haut des colonnes, ou servoit à séparer le cordon de l’architrave.

[17] «La plinthe» est, comme on sait, la bande de bois qui règne au pied d’un lambris courant.

[18] «La cimaise» n’étoit alors qu’une moulure mise au sommet d’une corniche, aussi est-elle ici distinguée du socle que l’on confond aujourd’hui avec elle.

Lorsqu’ils excedent la hauteur d’apuy, depuis quatre pieds en sus ils se payent à la toise courante 24 à 25 liv.

Les Lambris à hauteur d’apuy comme les precedens, dont les paneaux sont de sapin, la toise courante 9 liv.

Lorsqu’ils excèdent la hauteur d’apuy[19] comme cy dessus la toise carrée 18 à 20 liv.

[19] C’est ce qu’ils étoient le plus ordinairement, les vrais lambris consistant, pour les appartements sans tapisseries, «en ouvrages de bois, écrit Félibien, p. 628, dont les chambres sont revestues tant par les costez que par le platfond». V. au _Cabinet des Estampes_, Hd. 9, _Nouveaux dessins de lambris, menuiseries_, etc., par le sieur Cottard, architecte.

Les Lambris de bois de chêne à hauteur d’apuy assemblez aboument et ravalez[20] ou élégis[21], avec plinthe et cymaise, la toise courante 9 liv.

[20] Amincis, polis.

[21] «_Elégir_», dit l’abbé Prévost dans son Manuel-Lexique, «c’est pousser à la main un panneau ou une moulure dans une pièce de bois».

Lorsqu’ils excedent la hauteur de quatre pieds, on les toise à la toise carrée 18 liv.

Les Lambris de bois de chêne dont les bastis d’un pouce et demi, les cadres de deux pouces, et les panneaux de quinze lignes, le tout en œuvre avec pilastres saillants et arriere corps ornez de moullures, la toise carrée à hauteur d’apuy 16 liv.

Lorsqu’ils excèdent 9 pieds de haut, 30 liv. la toise carrée.

Les Portes de bois de chêne d’un pouce d’épaisseur, colées et emboitées avec goujons, mises en œuvre 5 à 5 liv. 10 sols.

Les Portes de bois de chêne d’un pouce et demi d’épaisseur, collées et emboitées avec clefs[22] et languettes mises en œuvre, la pièce 7 liv.

[22] On appeloit ainsi une sorte de tenon d’assemblage.

Les Portes de bois de chêne comme ci dessus de quinze lignes d’épaisseur, carderonnées[23] et ajustées sur un chassis dormant aussi carderonnées et de trois à quatre pouces de large et d’un pouce et demi d’épaisseur mis en œuvre, la pièce 9 à 10 liv.

[23] Pour «cadronnées», encadrées, bordées. On disoit aussi: «assemblées à cadre».

Les Portes ordinaires de chêne d’un pouce et demi d’épaisseur entrantes de toutes leurs épaisseurs dans un Chassis de deux pouces et de trois à quatre pouces de large mises en œuvre, la pièce 9 à 10 liv.

Les Portes de bois de chêne collées et emboitées de deux pouces d’épaisseur mises en œuvre 10 à 11 liv.

Les Portes à placard[24] à doubles paremens, dont l’assemblage d’un pouce et demi d’épaisseur, les cadres de deux pouces et les panneaux d’un pouce, le tout orné d’Architecture et mis en œuvre, 27 à 28 livres la toise carrée.

[24] On appeloit «porte à placard» la porte pleine et emboîtée du haut en bas, avec tous ses ornements. On la distinguoit de la porte brisée, ou à double manteau, qui s’ouvroit en deux.

Les Portes à placard dont les assemblages de deux pouces, les cadres de deux pouces et demi, et les panneaux de quinze lignes depuis sept pieds jusqu’à sept pieds et demi, la toise carrée 36 liv.

Depuis neuf jusqu’à dix pieds et demi 40 liv.

Les Portes du bas des escaliers ou perrons dont les batans de six pouces de large et trois pouces d’épaisseur; les traverses et assemblages de trois pouces, les panneaux de deux pouces, le tout orné d’Architecture mise en œuvre, la toise carrée 40 liv.

Les Placards au dessus des portes et revetemens des mantaux de cheminées[25], dont les battis d’un pouce, les batans deux pouces, et les panneaux de neuf lignes mis en œuvre, la toise carrée sans compter les saillies des corniches 22 liv.

[25] En été, suivant la mode italienne, rappelée par Tallemant dans une de ses _Historiettes_, l’on fermoit alors les hautes cheminées avec des portes, comme «les revêtements» dont il est parlé ici. Dans quelques hôtels, tels que celui de Chaulne, on remplaçoit ces portes par des buissons de verdure et de fleurs. Boisrobert, _Épistres_... 1659, in-12, p. 23.

Les revetemens des embrazemens[26] de portes et croisées de bois de chêne, dont les bastis d’un pouce d’épaisseur assemblez aboument[27], et les panneaux de neuf lignes mis en œuvre, la toise carée 15 liv.

[26] Le vrai mot est «embrasure», que, du reste, on employoit déjà.

[27] V. une des notes précédentes.

Les Chambranles des portes[28] de six pouces de large sur trois pouces d’épaisseur, la toise courante depuis six jusqu’à neuf pieds de haut 50 sols.

[28] «C’est, dit Félibien, p. 517, l’ornement qui borde les trois costez des portes, des fenestres et des cheminées.» Le mot ne s’emploie plus guère que pour celles-ci.

S’ils n’ont que deux pouces d’épaisseur, la toise carrée quarante cinq sols.

Depuis neuf jusqu’à douze pieds de haut, de six pouces de large et trois pouces d’épaisseur, la toise carrée 3 liv.

Les Chambranles de huit pouces de large sur quatre pouces d’épaisseur, depuis neuf jusqu’à douze pieds, la toise carrée 5 liv. 10 sols.

Les Tringles de bois de chêne pour attacher les tapisseries[29], de trois pouces de large et un pouce et demi d’épaisseur, la toise carrée 10 sols.

[29] On voit par là comment s’attachoient les tapisseries des chambres, non pas clouées aux murs mêmes, mais tendues sur des tringles assez épaisses, pour que, n’étant pas ainsi en contact avec la muraille, elles se trouvassent à l’abri de l’humidité.

Les Tringles de deux pouces et demi sur un pouce d’épaisseur 6 à 8 sols.

Les Armoires pour les gardes meubles dont les montans et traverses de six pouces de large sur un pouce et demi à deux pouces d’épaisseur, les panneaux d’un pouce à un pouce et demi garnis de leurs fonds et cotez et de Tabletes d’un pied et demi à deux pieds de profondeur, la toise carrée de paremens, du devant et des cotez 25 liv.

Les fonds, le derrière, le dessus et les tablettes, à raison de 12 livres la toise carrée.

Les Armoires ordinaires dont l’assemblage d’un pouce et demi, et les panneaux de neuf lignes, le tout de bois de chêne en œuvre, la toise carrée du devant et des cotez 15 liv.

Le derrière, le fond, le dessus et les tablettes d’un pouce d’épaisseur, la toise carrée 10 à 11 liv.

Les Chambranles d’Alcoves et de cheminées depuis huit pouces jusque à un pied de large sur trois à quatre pouces d’epaisseur, la toise courante mise en œuvre depuis quatre jusqu’à dix pieds, 7 livres.

Depuis dix pieds jusqu’à quinze pieds 8 liv.

Les Chambranles de neuf pouces de largeur sur trois pouces d’épaisseur 5 liv.

Les Chambranles de cinq à six pouces de large, même epaisseur 3 liv.

OUVRAGES ET MARCHANDISES

DE FER[1].

[1] On a plusieurs livres d’art très curieux sur la serrurerie au XVIIe siècle: d’abord _La fidelle ouverture de l’art de serrurerie_, etc., par Mathurin Jousse, La Flèche, 1627, in-fol.; puis les _Diverses pièces de serrurerie_ inventées par Hugues Brisville, maître serrurier à Paris, 1663, in-fol., consistant en 16 pièces, dont une est le portrait de Brisville gravé par Ladame, et dont toutes les autres, sauf trois, sont dues à J. Berain; enfin le _Livre de serrurerie nouvellement inventé par Robert Davesne, Me serrurier à Paris, et se vendant chez l’auteur rue neuve Montmartre près Saint-Joseph_, 1676, in-fol. Le portrait de l’auteur est en tête, avant la dédicace à l’architecte Bruant.

Les Serruriers qui entreprennent les fournitures pour les batimens du Roy, font de pareilles entreprises pour le public.

Entre les autres Serruriers qui font de grandes fournitures pour les édifices considérables, sont Mrs de la Motte rue saint Honoré, rue des Tournelles, Corneille fauxbourg saint Antoine, etc.

Le Sieur Dunemare près le Jardin medécinal de Pincourt, fauxbourg saint Antoine, a un particulier talent pour la fabrique des Tenailles et Marteaux de Carossiers[2].

[2] Ce «sieur Dunemare» est bien probablement un des premiers gros «feronniers» qui se soient établis dans le quartier Popincourt, où ils se sont depuis, ainsi que les fondeurs, multipliés en si grand nombre.

Le gros Fer que l’on employe ordinairement dans les batimens consiste en chaines, encres, clavettes, tirants, fantons de fer plat et fendu[3], barres de tremies[4], manteaux de cheminées, barres de seuils de portes, barres de linteaux pour les portes et croisées, corbeaux, grilles à mi-mur et en saillie garnies de barreaux et traverses, barres de contrecœur[5] et de potagers, tout lequel fer sert dans la construction de la Maçonnerie; et à l’égard du gros Fer pour la Charpenterie, il consiste en arpons[6], boulons, étriers, chevilles et chevillettes que l’on paye à la pièce à raison de leur longueur, comme il sera expliqué ci-après; le surplus de tout ledit Fer est compté pour gros Fer dont le prix est de dix à dix livres 10 sols le cent mis en œuvre.

[3] Le «fenton», et non fanton, est une sorte de crampon aplati qui sert dans les tuyaux et les souches de cheminée.

[4] «Bandes ou barres de tremie; ce sont des barres de fer qui servent aux cheminées à porter l’âtre entre la muraille et le chevestre, pièce de bois qui termine la largeur des tuyaux.» Félibien, p. 487, 525.

[5] On appeloit «contre-cœur» la partie de la cheminée où l’on mettoit la plaque, entre les deux jambages en largeur, et l’âtre et le tuyau en hauteur.

[6] _Lisez_: harpons.

Le cent pesant de Fer coute en barre chez les Marchands 6 livres 10 sols, on donne 105 livres pour cent.

Le Fer doux est plus cher[7], il coûte jusqu’à 10 livres le cent.

[7] Dans un édit de février 1626, le «fer doux», qui ne casse pas facilement, est déjà distingué du «fer aigre», très-facile à casser au contraire.

Le Fer de carillon[8] coûte 7 livres 10 sols à 8 livres le cent.

[8] Fer en ferraille, qui carillonne pour peu qu’on le remue.

Les barres de gros Fer servant de pilliers aux boutiques[9] coutent 4 à 5 sols la livre chez le Marchand, et on paye ensuite la façon à l’ouvrier à raison de 3 à 3 liv. 10 sols le cent pesant.

[9] L’usage de suppléer, pour avoir plus de place, aux supports en maçonnerie par des piliers de fer ou de fonte, n’est pas nouveau, comme on voit. C’est Louis toutefois qui, au siècle suivant, substitua tout à fait les charpentes de fer à celles de bois. Il put ainsi, par un véritable tour de force, établir le péristyle des Variétés Amusantes--à présent le Théâtre François--au-dessous même du parterre.

Les dents de loup pour la charpente, 5 sols la douzaine[10].

[10] Les «dents de loup» étoient une sorte de gros clous dont on se servoit pour attacher les fortes pièces de bois.

Les Chevilles et les Chevillettes trois deniers le pouce de longueur.

Les Crochets à enfaister le plomb des combles, et les Crochets à bavette[11], deux sols pièce.

[11] On leur donnoit ce nom parce qu’ils servoient à fixer sur le bord des chéneaux «la bavette», sorte de bande de plomb.

_Les Serruriers de distinction, sont:_

Messieurs

Roger à l’Hôtel Royal des Invalides.

Boutet près le vieux Louvre rue Fromenteau.

La Motthe rue saint Honoré.

Corneille fauxbourg saint Antoine.

Lucas pour les balanciers et coins de la monnoye, demeure près les Galeries du Louvre, Hasté place de Cambray, Fordetin à la Monnoye, etc.

_Legers ouvrages de Serrurerie achetez chez le Marchand._

Les Verrouils à ressort de trois pieds de long 1 liv. 10.

Ceux de deux pouces et demi 1 liv. 5 s.

Les Verrouils à ressort coudez 1 liv. 5 s.

Un Verrouil à ressort de trois pieds et demi avec sa serrure ovale à panache garnie de toutes ses pièces 5 liv. 10 s.

Un petit Verrouil à ressort pour armoires 3 s.

Les Verrouils à ressort garnis de serrure comme ci devant étamez[12] et de quatre pieds de long 6 liv.

[12] On étamoit à la poêle, comme on le verra plus loin, verrous, serrures, targettes, etc., pour empêcher la rouille, et pour leur donner une apparence argentée. On les étamoit aussi à la feuille.

Les Serrures d’armoires polies, la pièce 2 liv.

Les Serrures communes de portes cochères 12 liv. 0.

Les Serrures de portes cochères à deux pesles[13] et deux clefs polies et bien travaillées 20 liv. 0.

[13] Pesle ou pêle est l’ancienne forme du mot pêne, dont le radical latin _pessulus_ étoit ainsi mieux indiqué. Elle étoit encore en usage et même préférablement à l’autre, qui prévaut aujourd’hui: «On dit _pène_ ou _pêle_, dit Richelet, mais le plus usité de ces deux mots est pêle.»

Les Serrures ovales de fleaux[14] à deux pesles et deux clefs 6 liv. 0.

[14] Sortes de serrures en usage pour les anciennes portes cochères, dont elles fermoient les deux battants à l’intérieur à l’aide d’une forte barre transversale ou fléau.

Les Serrures polies garnies de tout 5 liv. 0.

Les Serrures communes[15] garnies de tout 4 liv. 0.

[15] Ces serrures de pacotille ne se faisoient pas à Paris, mais à Eu et dans les environs. Elles y étoient fabriquées par les gens du pays, serruriers l’hiver, agriculteurs l’été. La Picardie n’a pas d’ailleurs perdu cette industrie; on l’y trouve encore florissante dans les mêmes parages, entre la Somme et la Bresle.

Les Fortes Serrures de dix pouces 4 liv. 10 s.

Les Serrures plus communes 2 liv. 10 s.

Les Serrures d’armoires communes 1 liv.

Les Clous à vis 2 s.

Les Grands Clous à vis de porte cochère 4 s.

Une clef pour une serrure commune 15 s.

Une clef pour une porte cochère 1 liv. 10 s.

Les Pattes à lambris, 45 sols le cent.

Les Pattes en plâtre de huit à dix pouces, le cent 7 liv. 10 s.

Les Pattes coudées de Sujettion de 8 pouces de long, le cent 8 liv. 10.

Les Fiches de six pouces 7 sols la pièce.

Les Fiches de guichet de porte cochère 3 liv. la pièce.

Les Fiches à vaze de dix pouces, la pièce 17 s.

Les Fiches de même de quatre pouces 4 s.

Les Fiches à double nœud de cinq pouces 8 s.

Les pareilles Fiches de trois pouces 2 s.

Les Fiches à gond à vase de huit pouces 13 s.

Les petites Fiches à vase de six à sept pouces 7 s. 6 d.

Les Fiches de trois pouces, le cent 10 liv.

Les Fiches de deux pouces et demi, le cent 6 liv.

Les grosses Fiches à chapelet, la pièce 8 liv.

Les Fiches à vase de quinze pouces de haut 1 liv. 15 s.

Les Fiches à double nœud à vase de neuf à dix pouces 1 liv. 10 s.

Un Loquet de porte étamé 1 liv. 5 s.

Un Mantonet étamé 3 s.

Les Locquereaux avec leurs mantonets[16] 15 s.

[16] _Lisez_: loqueteaux.--Ce sont les petits loquets à ressort, qui, mis en mouvement par une corde et en s’agençant dans le mantonnet, servent à assujettir le haut d’un volet pour le fermer.

Un Bouton à rozette poli 10 s.

Les Couplets à cinq trous[17] 5 s.

[17] Sorte de pentures à deux pièces, avec rivures et charnières, dont on se servoit pour les portes et les fenêtres.

Les Couplets à trois trous 3 s.

Les Pomelles à queüe d’ironde[18] d’un pied 1 liv. 0.

[18] On écrit plutôt «paumelle» et «queue d’aronde». La paumelle est, comme on sait, une sorte de penture qui tourne sur un gond, à laquelle on donnoit, lorsqu’elle étoit à queue d’aronde, la forme triangulaire d’une queue d’hirondelle.

Les grandes Pomelles avec les gonds 2 l. 10 s.

Les Pivots, bourdonniers et crapaudines[19], fiches à gond, à repos, et equairres pour les portes cochères, la livre 3 s. 6 d.

[19] _Le bourdonnier_ est la penture à gond renversé, et _la crapaudine_, au contraire, le fer creusé qui reçoit le gond.

Une barre de porte, un moraillon et la serrure 1 l. 10 s.

Les Clous de six pouces faits exprès, la pièce 2 s.

Les Tourniquets longs étamez, la pièce 2 s.

Les Boulons de six pouces avec leurs clavettes 2 s.

Les Poulies de fer 8 s.

Les Targettes, et Locquereaux polis, la pièce 10 s.

Les Targettes étamées communes 3 s.

Les Targettes ovales garnies de crampons 10 s.

Les Targettes à panaches polies avec leurs crampons 1 l. 0.

Les Targettes à panaches et fleurs de lis étamées à la poele, la pièce 5 livres.

Les Targettes et crampons étamez et communs, valent ensemble pris chez le Marchand comme dit est, le cent 14 l.

Les Crampons de targettes, le cent 50 s.

Les Equaires étamées pour portes cochères avec fleurs de lis[20] aux deux bouts, la pièce 3 liv.

[20] On en mettoit alors partout. Félibien, p. 208, nous parle de clous avec «teste en façon de fleur de lys».

Les Roulettes 15 s.

Les Clous pour attacher ladite serrurie, la livre 6 s.

La serrure d’une porte à placards garnie de deux fiches à gonds de neuf à dix pouces de haut, deux targettes à panaches[21], deux crampons, une serrure, une gâche, un bouton, une rosette et une entrée, le tout de fer poli, treize livres dix sols.

[21] Félibien, pl. XXXIV, donne la figure d’une de ces targettes.

La serrure d’une porte cochère à l’ordinaire de quatre grosses fiches à gonds, une grosse serrure, deux grosses targettes à crampons, deux fiches pour le guichet[22] de quatorze pouces de haut, une boucle, un fleau[23], et à vingt-cinq livres.

[22] C’est la petite porte pratiquée dans la grande et qui peut s’ouvrir quand celle-ci reste fermée.

[23] _V._ une des notes précédentes, p. 133, que cette explication de Richelet, au mot _fléaux_, peut compléter: «barres de fer qui tournent sur un boulon et qui servent à fermer les grandes portes.»

La serrure d’une porte d’un pouce, deux fiches à gonds, deux targettes, deux crampons, une serrure à tour et demi avec sa gâche et son entrée, un bouton et une rosette, le tout étamé, à six livres quinze sols.

La serrure d’une porte de quinze lignes garnie comme la précedente, à cinq livres cinq sols.

Les Fiches pour les croisées, à trois sols pièce.

Les targettes fortes étamées à la poëlle et mises en place, cinq sols pièce.

Les targettes communes en ovale, étamées à la feuille et mises en place à trois sols.

Les serrures des portes de caves avec deux fiches à gonds et une forte serrure, à quatre livres dix sols.

Les serrures des portes d’aizances à trois livres cinq sols.

Les pattes en plâtre et en bois[24] depuis six jusqu’à huit pouces de long, à deux sols pièce; et celles depuis quatre jusqu’à six pouces à un sol pièce.

[24] C’est-à-dire qui se scellent dans le plâtre ou se clouent dans le bois.

Le cloud de toutes grandeurs à cinq sols la livre.

Le cloud à latte, à quatorze sols le millier.

La broquette[25], à sept sols la livre.

[25] On disoit aussi «clous à broquette», comme nous le voyons dans cet amusant passage d’une lettre écrite d’Uzès, le 11 novembre 1661, par Racine à La Fontaine: «Ayant besoin, dit-il, de petits clous à broquette pour ajuster ma chambre, j’envoyai le valet de mon oncle en ville et lui dis de m’acheter deux ou trois cents de broquettes; il m’apporta incontinent trois bottes d’allumettes.» Pour comprendre la confusion, il faut savoir que le mot qui signifie allumettes dans le patois d’Uzès se rapproche beaucoup de celui de broquettes.

La toise simple de ferrure façonnée suivant le plus ou le moins d’ornemens, à trente, trente cinq, quarante, soixante et soixante dix livres le cent pesant, même jusqu’à cent cinquante livres pour les plus enrichies.

Les contrecœurs[26] de fonte pour les cheminées se payent à un sol la livre.

[26] _V._, sur ce mot, une des notes précédentes.

Les panneaux de fil de leton se payent à huit sols le pied carré, et ceux de fer[27] à six sols et même à cinq et à quatre pour le grand treiliage.

[27] Ces «treillis de laiton ou de fil de fer», comme on les appeloit aussi, servoient pour les armoires, et surtout pour les bibliothèques. Ils se faisoient chez les épingliers.

OUVRAGES DE VITRIERS.

Les Vitriers entrepreneurs des Batimens du Roy, entreprennent aussi les ouvrages des particuliers.

M. Pougeois l’un desd. Entrepreneurs qui demeure vieille rue du Temple, fait grand commerce de Verre blanc pour les tableaux et estampes.

Entre les autres Maitres Vitriers qui font de fortes entreprises, sont Messieurs Cornu rue Dauphine, Abraham rue de l’Echarpe, Taboureux place du Collége Mazarini, etc.

Le Verre commun de Lorraine[1] arrive au fauxbourg saint Antoine[2] et au Renard rue saint Denis.

[1] Il se couloit dans les Vosges, où s’étoient réfugiés un certain nombre des gentilshommes verriers qui, par édits royaux, ne dérogeoient pas de leur noblesse en s’occupant de cette industrie. Beaucoup d’ouvriers des grandes verreries lorraines de Baccarat descendent de ces gentilshommes verriers.

[2] «Près l’abbaye.» Édit. 1691, p. 39.

Le prix des ouvrages de Vitrerie[3] est pour

[3] Les prix en cela, comme en tout, varioient beaucoup, mais plutôt pour augmenter que pour diminuer. C’est ce qui fait dire par Liger, en 1715, dans _le Voyageur fidèle_, p. 409: «Je ne parle pas des prix, parce qu’il est impossible de les fixer, étant sujets à changer selon les années; c’est ce que tout le monde n’a que trop remarqué depuis peu, à son grand désavantage.»

Le Panneau neuf de Verre de France posé en place, le pied carré 6 s.

Le Panneau mis en plomb[4] neuf et posé en place, le pied carré 4 s.

[4] L’usage des panneaux de plomb, pour les vitres, duroit encore, comme on voit. Celui des châssis de bois commençoit toutefois à se propager de plus en plus, surtout dans les palais et les hôtels. (_V._ Savot, _Architecture_, chap. _Verre_.)

Le Panneau relavé et mis en place, vaut 1 s. 6 d.

Le Pied de patron pour les panneaux 1 s.

Les carreaux de verre blanc d’un pied en carré ou environ[5], valent depuis cette grandeur en dessous 15 sols le pied.

[5] C’étaient les carreaux de vitre les plus grands qu’on fît alors.

Et au dessus d’un pied en carré 20 à 25 sols le pied.

Le carreau de Verre de France d’un pied en carré colé avec papier[6], vaut 7 sols, et en place 8 sols.

[6] On n’assujettissoit pas encore les vitres autrement: quelques pointes pour les tenir et une bande de papier collée sur chaque côté suffisoient. C’est encore le seul procédé qu’indique, en 1735, Savary dans son _Dictionnaire du Commerce_, art. _Vitrerie_. L’abbé Jaubert est le premier, _Diction. des arts et métiers_, 1773, in-12, t. IV, p. 421, qui parle du mastic, sans dire que l’emploi en fût encore très répandu: «On peut aussi, dit-il, sans employer ni pointes, ni papier, fixer le carreau de verre avec du lut composé de craie et d’huile de lin cuite. On forme, avec ce lut que les vitriers appellent _mastic_, un petit bourrelet que l’on met autour du carreau et que l’on aplatit ensuite avec le doigt.»

Les Lanternes ordinaires 3 livres la pièce.

Les Lanternes mises en plomb neuf[7] 2 livres.