Le livre commode des adresses de Paris pour 1692, tome 1/2
Part 7
[65] Il devint plus tard greffier en chef du Parlement, et mourut à 83 ans, le 24 juillet 1717: «il avoit toujours été fort estimé», dit Dangeau à cette date. Il étoit fils d’une sœur aînée de Boileau, qui, par ironie pour les grands airs qu’il se donnoit, l’appelle souvent dans ses lettres «mon illustre neveu.» Il logea de longues années chez lui, cour du Palais. Voltaire, dont le père, M. Arouet, après avoir été notaire, devint, comme «receveur des épices», le collègue de Dongois, s’est aussi moqué dans son _Epître à Boileau_ des ridicules de ce neveu, chez qui on l’avoit souvent mené étant enfant:
Chez ton neveu Dongois je passai mon enfance, Bon bourgeois, qui se crut un homme d’importance.
_Receveur des Amandes du Parlement._
M. Dongois, Cour du Palais[66].
[66] Dans l’_Almanach royal_ de 1702, p. 42, où nous le trouvons à la même adresse, on ajoute: «chez lequel on retire les lettres, quand elles sont scellées.»
_Receveur des Amandes du Châtelet._
M. de l’Autel, ruë Jean Robert[67].
[67] Simon de l’Autel, qui vivoit encore en 1716, et ne fut mis à la taxe que pour 6,400 livres.
TRÉSORIERS PAYEURS.
_Généraux de l’Extraordinaire des Guerres._
M. de Turmenies, ruë d’Orléans, au Marais[1].
[1] Louvois avoit eu en lui la plus grande confiance, ainsi qu’on le vit à sa mort: Turmenies déclara alors quinze millions que le ministre lui avoit donnés en réserve pour l’extraordinaire des guerres (_Journ. de Dangeau_, 23 août 1691). Nous avons vu plus haut qu’en 1696, il acheta de Frémont une des charges de gardes du Trésor. Il la remit en 1702 à son fils Turmenies de Nointel, intendant du Bourbonnais, maître des requêtes.
M. de la Touanne, ruë Neuve Saint Augustin[2].
[2] Un des hommes de finances, dont la fortune, puis la chute firent le plus grand bruit. Il se soutint par le crédit de Bontemps, dont, en 1690, son fils avoit épousé la nièce Mlle Dubois. Il avoit les plus belles terres, menoit le plus grand train; bref il faisoit parler de lui partout, même à l’Opéra, où il disputa la célèbre Fanchon Moreau au Grand Prieur. (_Chansonnier Maurepas_, ms. t. VII, p. 269.) Sous le ministère de Chamillart, ses affaires et celles de Saurion, qui étoit alors avec lui à l’Extraordinaire des guerres, se gâtèrent, et en vinrent à un tel point que Saurion dut avouer au ministre quatre millions de déficit dans leur caisse. Il fut mis à la Bastille. On en eût fait autant pour La Touanne, si la maladie, dont il mourut bientôt, ne l’eût mis hors d’état d’y être transporté. Le roi confisqua tout ce qu’il avoit, et paya ses dettes.
_Payeurs des Gages du Parlement._
M. Guygou, ruë de Vantadour.
_Des Gages du Grand Conseil._
M. Baudoüin, ruë des fossez Montmartre.
M. Biguet, rue Mauconseil.
_Des Gages de la Cour des Aydes._
M. Cailly, rue Sainte Croix de la Bretonnerie.
M. Faure, devant les Blancs Manteaux.
_Des Gages de la Chambre des Comptes._
M. Henin, ruë Jacob.
M. des Isles, ruë
_Des Gages de la Cour des Monnoyes._
M. Poulet, rue des Postes.
M. Mongeot, ruë du Plastre.
M. Guilbert, ruë de la Tixeranderie.
_Des Gages du Chastelet._
M. Amelon, rue Barbette.
_Des Secretaires du Roy._
M. Raymond, rue des Blancs Manteaux.
M. Baudouyn, rue des fossez Montmartre.
_Des Gardes Françoises._
M. Bourret, ruë de Brac.
M. Duvaux, ruë Saint Sauveur.
_Des Gardes Suisses._
M. de Chaufourneau, ruë d’Orléans, aux Marais.
M. du Mée, ruë du Mail[3].
[3] Son vrai nom était Du May. Dans la correspondance de Pontchartrain et de D’Argenson se trouve une curieuse lettre sur la vie scandaleuse qu’il menoit, quoique marié, avec une fille Grossot, dont le dévergondage était à ce point éhonté qu’il l’avoit fait chasser de l’Opéra. _V._ Clément, _La Police sous Louis XIV_, p. 451.
_Des cent Suisses._
M. Alvarez, rue Thibaut-Thodé[4].
[4] Louis Alvarès, qui se fit plus tard baron de Coursan, étoit un intrigant bon à tout pour s’enrichir. Nous le trouvons ici trésorier des Cent-Suisses; plus loin, nous le verrons joaillier de la Cour. Il étoit en outre banquier, traitant, et fournisseur de la marine. L’espionnage et la délation étoient aussi son fait. C’est lui qui fit prendre, selon Foucault (_Mémoires_, p. 327), Chauvigny, dit La Bretonnière, qui faisoit le _lardon_, c’est-à-dire la _Gazette de Hollande_, et qu’on accusoit d’être l’auteur du _Cochon Mîtré_ (V. nos _Variétés_, t. X, p. 327). Foucault fit tirer Chauvigny de la cage de bois où Louis XIV l’avoit fait enfermer au Mont Saint-Michel, mais dut le laisser dans la prison même, où il mourut après vingt ans de captivité.--D’après les dernières découvertes de M. Jung (_la Vérité sur le Masque de fer_, 1872, in-8, p. 376), Alvarès pourroit bien avoir été pour quelque chose dans la capture du prisonnier masqué.
_Des Chevaux Légers de la Garde._
M. Poupart, ruë
M. Bourgevin, ruë
M. Rullault, ruë
_Des Gens d’Armes de la Garde._
M. Pardé des Mottes, rue du Temple.
RENTES DE L’HOTEL DE VILLE.
_La première partie des Rentes assignées sur le Clergé est payée par_
Mrs Boileau, vieille ruë du Temple, et Roberge, ruë des Rosiers.
_La deuxième le Vendredy, par_
Mrs de la Bruyère, ruë des Augustins[1], et Guybert, ruë du Cimetiere S. André.
[1] Louis de La Bruyère, frère cadet de l’auteur des _Caractères_. D’abord premier huissier du Parlement, il avoit quitté cette charge vers 1686, pour celle que nous lui voyons ici. Il mourut, un an avant son frère, le 12 mai 1695, n’ayant que quarante-sept ans. (Jal, _Dictionn. critique_, p. 715.)
_La troisième le Jeudy, par_
M. le Bœuf, Cloître Notre Dame.
_La première partie des Rentes assignées sur les Aydes et Gabelles est payée le Mardy, par_
M. Lerelle, ruë du grand Chantier.
_La deuxième le Mardy, par_
M. Bachelier, ruë de la Corderie.
_La troisième le Mercredy, par_
M. Desponty, rue Tizon.
_La quatrième le Mercredy, par_
M. Boiteux, rue de la Cerisaye.
_La Cinquième le Jeudy, par_
M. Deschamps, près les Minimes.
_La Sixième le Mercredy, par_
M. le Droit, rue de Grenelle.
_La Septième le Vendredy, par_
M. Amiot, rue Michel le Comte.
_La Huitième le Vendredy, par_
M. Fredy, Cloitre Saint Benoist.
_La Neuvième le Vendredy, par_
M. Routier, rue Geoffroy Lasnier.
_La Dixième le Vendredy, par_
M. du Noyer, Cul de sac des Blancs Manteaux.
_La Onzième le Samedy, par_
M. Tissart l’Ainé, rue Saint Sauveur.
_La Douzième le Samedy, par_
Mrs Le Mesle, rue des Ecrivains, et Issaly, rue des Rats.
_La Treizième le Samedy, par_
M. Houdiart, ruë Perpignan.
_La Quatorzième le Samedy, par_
M. Hocart, rue des Fossez Montmartre.
_La Quinzième le Jeudy, par_
M. Roüalle, rue des Audriettes.
_La Seizième le Jeudy, par_
M. Tissart le Jeune, rue Saint Sauveur.
_La Dix septième le Mercredy, par_
Mrs Boureau, rue de la Tisseranderie, et Berger, rue d’Orléans, au Marais.
_La Dix huitième le Mardy, par_
Mrs Priaux, rue de la Colombe, et Soüet, rue Verderet.
_Les douze cens mil livres[2] de l’Edit du mois de Novembre 1689 sont payez par_
[2] Dangeau (_Journal_, 1er déc. 1689) dit 1,400,000 livres, ce qui est le vrai chiffre. Il ajoute que cette somme étoit constituée en rentes viagères sur l’Hôtel de Ville, «acquises suivant les différents âges, avec accroissement de l’intérêt des mourants sur les survivants.» C’étoit la réalisation de _la Tontine_, proposée plus de trente ans auparavant par l’italien Tonti, de qui venoit son nom. (Isambert, _Anciennes lois françoises_, t. XX, p. 87.) La somme affectée aux intérêts, en principal, devoit être prise sur les droits d’aides et gabelles, et sur les cinq grosses fermes, «spécialement hypothéquées, disoit l’édit, au payement desdites rentes, même par préférence à la partie de notre Trésor royal.» Cette tontine eut un très-grand succès: «J’aurois, écrivoit l’intendant du Berry, Seraucourt, au Contrôleur général, à l’époque où le projet en fut émis, j’aurois peine à vous expliquer l’applaudissement qu’on lui donne dans toute cette province, tant pour l’invention (chacun présumant qu’il vivra plus que les autres, et espérant par-là parvenir à une grande fortune) que par la sagesse, avec laquelle tous les cas qui peuvent tomber dans l’imagination ont été prévus.» (Boislisle, _Correspond. des contrôleurs généraux_, in-4º, p. 211.)
Mrs de Bellecour, rue des Victoires, Berger le Jeune, rue de Poictou au Marais, et Boucher, ruë Plastrière.
_La Tontine ou Rentes Viagères sont payées par_
M. Durand, à l’Hôtel d’Albret, rue des Francs Bourgeois.
_Les Syndics Onéraires[3], sont_
[3] C’est-à-dire responsables, ayant réellement charge (_onus_). Presque sous la même forme, c’est ainsi un mot tout opposé à «honoraire.»
_pour les 1e, 2e, 3e, 4e, 5e et 6e Classes_
M. de Lonpré, à l’Hôtel de Ville.
_Pour les 7e, 8e, 9e et 10e Classes._
M. Tiercelet, rue Saint Antoine au dessus de S. Paul.
_Et pour les 11e, 12e, 13e et 14e Classes[4]_
[4] Une dame Charlotte Bonnemay, veuve Louis Barbier, avoit pris une action de la 13e classe, et, quand une seconde tontine fut créée en 1696, une action encore, mais de la 14e classe. En 1726, elle vivoit toujours, et, se trouvant la survivante des rentiers de ces deux classes, elle n’avoit pas moins de 76,000 livres de rente. Elle mourut cette année-là, le 9 mars, à quatre-vingt-seize ans. (_Gazette de France_, 9 mars 1726.)
M. de Courcelles, près Sainte Marine.
_Le Million de livres de l’Edit du mois de May 1691[5] est payé par_
[5] «Le roi, dit Dangeau, à la date du 28 mai 1691, a créé un million de rentes à la Maison de Ville, au denier dix-huit.» Nous dirions à cinq et demi pour cent. C’étoit dix sous de plus que le taux légal qui, dès le temps de Colbert, étoit au denier vingt, c’est-à-dire cinq pour cent. (Chéruel, _Fouquet_, t. II, p. 269.)
Mrs Perelle, rue du grand Chantier, Bachelier, rue de la Corderie et Despontis, rue des Tournelles.
Le Bureau des Officiers Conservateurs des Hipotheques sur les Rentes de la Ville est rue de la Verrerie près la rue Bardubec, où M. de la Porte principal Commis reçoit les Oppositions, Main levées, et Ratifications et en delivre les Expéditions, ainsi que des échanges, Donations etc.
CONSEILS DU ROY, ET CHANCELLERIE.
Monseigneur Boucherat[1] Chevalier des ordres du Roi, Chancelier et Chef de la Justice de France a son Hôtel rue Saint Louis, au Marais[2], où il tient souvent le Conseil des Parties et l’Audiance du Sceau.
[1] Louis Boucherat, chancelier de France et garde des sceaux, depuis le 1er nov. 1665. Après avoir été successivement conseiller au Parlement, maître des requêtes, intendant de Guyenne, de Languedoc, de Champagne et de Picardie, il étoit à quarante-neuf ans, par la protection de Turenne, monté à ces hautes fonctions, qu’il garda jusqu’à sa mort, le 2 septembre 1699.
[2] Il existe encore au nº 40, mais est plus connu dans le quartier sous le nom d’hôtel d’Ecquevilly, qu’il eut ensuite, que sous le nom de Boucherat. Quand celui-ci mourut, on commençoit le percement d’une rue qui devoit relier la rue Vieille-du-Temple à la rue Charlot. On lui donna son nom qu’elle garda jusqu’en 1851; elle fut confondue alors avec la rue Saint-Louis, aujourd’hui de Turenne, dont elle est, en effet, le prolongement.
_Conseillers d’Etat ordinaires._
M. l’Archevêque Duc de Rheims[3], rue Saint Thomas du Louvre.
[3] Charles-Maurice Le Tellier, archevêque de Reims, le même qui fut si cruellement satirisé dans le _Cochon Mîtré_, dont nous avons parlé plus haut.
M. l’Archevêq. de Rouen[4], rue de Verneuil.
[4] Jacques-Nicolas Colbert, un des fils du ministre. Avant d’être archevêque à Rouen, il y avoit été coadjuteur, avec le titre d’archevêque de Carthage.
M. Pussort[5], rue Saint Honoré.
[5] Henri Pussort, doyen du Conseil, le dernier survivant des juges de Fouquet, contre lequel il avoit déployé une véhémence dont s’indigna Mme de Sévigné, et qu’expliquoit sa parenté avec Colbert, dont il étoit l’oncle maternel. Il mourut le 18 février 1697, «dans une grande vieillesse, dit Saint-Simon, et toujours dans une grande considération.» Pour sa maison, achetée en 1697 par Bertin des parties casuelles, voy. plus haut ce que nous avons dit de celui-ci.
M. Voisin[6], rue Sainte Croix de la Bretonnerie.
[6] Le même, qui devint ministre de la guerre, puis chancelier, puis garde des sceaux, le 2 juillet 1714, et qu’il eût fallu, suivant Saint-Simon, laisser dans quelque intendance, comme celle du Hainaut, où il avoit montré des qualités, mais de second ordre: «Noyé, dit-il, dans la science d’intendant qu’il possédoit parfaitement, et dans l’exercice de laquelle il avoit passé presque toute sa vie.»
M. Courtin[7], rue Saint Louis, au Marais.
[7] Honoré Courtin, doyen du conseil après la mort de Pussort. Il avoit été plusieurs fois ambassadeur, notamment en Angleterre, à l’époque de la fuite de la reine, femme de Jacques II: «Il avoit, dit Saint-Simon, signé le traité de Heilbronn, celui de Bréda et plusieurs autres. Il avoit toujours été fort estimé et fort honoré dans tous les emplois où il avoit passé.» Il mourut le 27 décembre 1703.
M. Benard de Rezé[8], rue d’Orléans.
[8] Fut longtemps du Conseil, dont il mourut le sous-doyen, le 9 décembre 1702. Un de ses fils fut évêque d’Angoulême.
M. d’Aligre[9], ruë Saint Dominique, Quartier Saint Germain.
[9] Fils du chancelier Etienne d’Aligre. Il avoit dû à la haute position de son père d’être fait conseiller ordinaire, sans passer par le titre de conseiller de semestre. Cette faveur étoit grande, et personne de son rang ne l’obtint après lui, ce que Dangeau n’oublia pas de constater, en parlant de sa mort le 19 mai 1695.
M. de Pommereu[10], vieille rue du Temple.
[10] Aug. Rob. de Pommereu, seigneur de la Bretêche-Saint-Non, fut intendant du Bourbonnais et de Bretagne, où Mme de Sévigné le trouva le plus honnête homme et le plus bel esprit de la robe. Il fut ensuite à Paris prévôt des marchands de 1676 à 1683, et devint deux ans après conseiller d’Etat. Quand il mourut en septembre 1699, Saint-Simon écrivit en marge de son manuscrit du _Journal de Dangeau_ cette note qui vaut une oraison funèbre: «homme droit, ferme, et transcendant, qui avoit et méritoit des amis.»
M. d’Argouges[11], ruë de l’Echarpe.
[11] Frère du lieutenant civil. Il fut fait conseiller d’Etat avec Caumartin, le 20 janvier 1685: «Ils étoient, dit Dangeau, les plus anciens du semestre.»
M. Bignon[12], ruë des Bernardins[13].
[12] Jérôme Bignon, fils de l’avocat général au Parlement, et conseiller d’Etat depuis le 28 mars 1686. Saint-Simon, qui «étoit de père en fils ami particulier des Bignon», l’avoit en grande estime.
[13] L’hôtel patrimonial des Bignon s’y trouvoit. Il avoit été construit en 1566 pour Jacques Lefèvre, abbé de la Chaise-Dieu, conseiller intime de Charles IX. L’étage inférieur, dont les sculptures allégoriques, datées de 1567, sont attribuées à Jean Goujon, fut transporté, après la démolition de l’hôtel, en 1830, dans la seconde cour de l’École des Beaux Arts, où il est toujours. L’abbé Bignon, fils du conseiller d’Etat et bibliothécaire du roi, avoit, au commencement du XVIIIe siècle, vendu l’hôtel au chancelier de la principauté de Dombes, M. Chol de Torpane, dont il avoit pris le nom.
M. Rouillé[14], Isle Notre Dame.
[14] Rouillé, comte de Melai, dont Mme de Sévigné désiroit tant que son fils épousât la fille. Il avoit été fait conseiller d’Etat à la mort de Caumartin, et il fut président du Conseil des finances au commencement de la Régence.
M. de la Reynie[15], ruë du Boulloy.
[15] Gabriel-Nicolas de la Reynie, si célèbre comme lieutenant de police. C’est à ce titre que nous parlerons de lui plus loin. Sa nomination au Conseil d’Etat datoit du 28 mars 1686.
M. le Marquis de Villars[16], rue sainte Anne.
[16] Un des trois conseillers d’état d’épée. Le célèbre maréchal duc de Villars étoit son fils. C’est l’_Orondate_ de Mme de Sévigné. Il avoit été ambassadeur en Danemarck, puis à Madrid, d’où il rapporta ce curieux _Mémoire sur la Cour d’Espagne, depuis 1679 jusqu’en 1681_, publié en 1733, pet. in-8, et réimprimé à Londres, à petit nombre, en 1861, d’après un manuscrit, par M. W. Stirling qui le croyoit inédit. Le marquis mourut le 28 mars 1698, à plus de quatre-vingts ans. Sa femme a laissé des _Lettres_, dont le chevalier Perrin possédoit le recueil, et dont la publication qu’il se réservoit n’a été faite qu’en 1760, six ans après sa mort. Léop. Collin les réimprima sous l’empire, et plus récemment M. Courtois en donna une édition fort soignée.
M. de Saint Romain[17], rue saint Louis.
[17] Melchior de Harod de Senevas, marquis de Saint-Romain, mort en juillet 1694, à plus de quatre-vingts ans. Il étoit le plus intime ami de Courtin que nous avons vu plus haut: «tous deux conseillers d’état, dit Saint-Simon, l’un d’épée, l’autre de robe.»
M. le Comte de la Vauguion[18], rue de Grenelle, Quartier S. Germain.
[18] Cette note de Saint-Simon, dans le _Journal de Dangeau_, à la date de sa mort, le 29 décembre 1693, peut lui servir de biographie: «Après diverses folies, il se tua de deux coups de pistolet, chez lui à Paris, dans son lit. Il étoit chevalier de l’Ordre depuis 1688, conseiller d’Etat d’épée, et avoit eu plusieurs ambassades, fort gueux, plein d’esprit et de galanterie; veuf et sans enfant, très petit et simple gentilhomme.»
M. l’Archevesque d’Ambrun[19], près le Collége des 4 Nations.
[19] Charles Brulart de Genlis, mort en 1714.
_Conseillers d’Etat du Semestre de Janvier._
M. d’Aguesseau[20], Quai de Nesle.
[20] Henri d’Aguesseau, d’abord maître des requêtes, président au grand Conseil, puis intendant à Limoges, à Bordeaux, dans le Languedoc, et enfin conseiller d’Etat. L’idée de créer l’ordre de Saint-Louis est de lui. A sa mort, le 5 sept. 1699, Saint-Simon, dans une note du _Journal de Dangeau_, fit amplement son éloge. L’illustre chancelier d’Aguesseau étoit son fils.
M. de Ribeyre[21], ruë de Taranne.
[21] Antoine de Ribeyre, qui étoit aussi conseiller d’honneur au parlement de Paris, après avoir été intendant à Poitiers, puis à Tours, et commissaire du Conseil en Bretagne. A sa mort, en octobre 1712, son gendre La Bourdonnois, intendant d’Orléans, lui succéda comme conseiller d’Etat.
M. le Comte d’Avaux[22], ruë sainte Avoye.
[22] Jean-Antoine de Mesme, qui s’étoit donné le titre de comte d’Avaux qui n’appartenoit qu’à son frère aîné: «Ses fréquentes ambassades, dit Saint-Simon, l’avoient accoutumé à l’épée et à se faire appeler le comte d’Avaux en pays étranger. Dans ses divers retours en France, il ne put se résoudre à se défaire de cette qualité de comte, ni à reprendre l’habit de son état.» C’est lui que Mme de Sévigné appelle _Figuriborum_. Il mourut en février 1709. Nous avons, p. 26, note 3, parlé de son hôtel.
M. l’Abbé le Pelletier[23], ruë de la Couture sainte Catherine.
[23] Ancien commissaire aux Grands Jours d’Auvergne, frère du contrôleur général Le Pelletier et de Le Pelletier, de Souzy. Il étoit conseiller d’Etat depuis 1685, et il mourut le 17 octobre 1696.
M. de Breteuil[24], rue du Grand Chantier.
[24] Ancien intendant des finances, et conseiller d’Etat depuis 1685.
M. du Gué de Bagnols[25], Intendant en Flandres.
[25] Dreux-Louis Du Gué de Bagnols, conseiller d’Etat depuis 1687. C’est le même dont la femme amusoit tant Mme de Sévigné avec ses ridicules.
_Conseillers d’Etat du Semestre de Juillet._
M. de Marillac, ruë Sainte Avoye[26].
[26] Ancien avocat général au grand Conseil et intendant à Poitiers. Il eut la charge de conseiller d’Etat de semestre en 1603, parce que son père s’en démit pour lui, «ce qui, dit Dangeau, ne s’étoit jamais pratiqué.»--L’escalier de son hôtel, rue Sainte-Avoye, étoit remarquable. _V._ G. Brice, 3e édit., t. I, p. 256.
M. le Pelletier de Souzy[27], rue de la Couture S. Catherine.
[27] Nous avons dit comment il fut en passe de succéder à son frère comme contrôleur général au lieu de Pontchartrain. Il étoit d’une grande capacité. C’est avec lui que le roi faisoit tous les lundis le travail des fortifications.
M. de la Moignon de Basville, Intendant en Languedoc[28].
[28] Cinquième fils du président de Lamoignon. Il fut d’abord intendant à Poitiers. En Languedoc, après la révocation de l’Edit, il fut terrible contre les protestants.
M. Bazin de Bezons, Intendant en Guyenne[29].
[29] Avoit été d’abord intendant à Limoges et à Orléans. Il étoit conseiller d’Etat de semestre depuis le 28 mars 1686.
M. de Harlay de Bonneuil[30], ruë Saint Louis, au Marais.
[30] Nicolas-Auguste de Harlay de Bonneuil, d’abord conseiller au Parlement, maître des requêtes et intendant en Bourgogne. Il fut conseiller d’Etat de semestre en 1686, et conseiller d’Etat ordinaire en 1700. Le chancelier Boucherat étoit son beau-père.
M. de Fourcy[31], rue de Jouy[32].
[31] Autre gendre de Boucherat, dont il avoit épousé la fille aînée. Il fut prévôt des marchands à Paris, de 1684 à 1691.
[32] A l’époque de sa prévôté on ouvrit, près de son hôtel, une rue qui faisoit communiquer la rue de Jouy avec la rue Saint-Antoine. On lui donna son nom qu’elle a gardé.
_Maitres des Requestes de l’Hotel du Roy._
Pour M. le Doien, voiez le Chapitre des principaux Magistrats, et pour les autres prenez la liste dans la Grand’Salle du Palais, près la Chapelle, au bas du dégré des Requestes de l’Hôtel, ou chez les Sieurs Michallet et Rondet imprimeurs ruë Saint Jacques.
_Les Grands Audianciers de France, Examinateurs et Rapporteurs des Lettres qui doivent passer au Grand Sceau, sont_
Pour le quartier de Janvier, M. Boucher, ruë des Quatre Fils. Pour celuy d’Avril, M. le Mire, ruë de Paradis. Pour celuy de Juillet, M. le Fevre, Place du Collége Mazarini[33]. Et pour celuy d’Octobre, M. le Menestrel, ruë du Hazard[34].
[33] Il logeoit, en effet, au collége des Quatre Nations, ou collége Mazarin, qui est, comme on sait, devenu le palais de l’Institut.
[34] Fils du trésorier du Conseil des bâtiments. Il habitoit, rue du Hazard, une des nombreuses maisons dont son père avoit eu, grâce à sa charge, le terrain presque pour rien, à l’époque où l’on construisoit ce quartier. V. notre _Histoire de la Butte des Moulins_, p. 84.
_Les Contrôleurs Généraux de l’Audiance de la Chancellerie de France qui veillent à ce que les Lettres accordées ne soient soustraites, et que nulles autres ne passent au sceau, sont_:
Pour le quartier de Janvier, M. Contard[35], ruë saint Honoré. Pour celui d’Avril, M. Pitot[36], ruë de Ventadour. Pour celui de Juillet, M. Benoist, ruë de Grenelle, quartier saint Germain. Et pour celui d’Octobre, M. de Jonquiere, rue Vivienne.
[35] Il faut lire Coustard, d’après _l’Alman. royal_ de 1702, p. 41.
[36] Le même _Almanach_ le nomme Pirot.
_Les Gardes des Rolles des Offices de France, sont_:
Pour le quartier de Janvier, M. Préval, ruë de la Sourdiere. Pour celui d’Avril, M. Hevin[37], rue des Fossez Montmartre. Pour celui de Juillet, M. Boucot[38], rue Hautefueille. Et pour celui d’Octobre, M. Ausbourg, rue des Fossez Montmartre.
[37] Hénin, d’après le même _Almanach_, p. 41.