Le livre commode des adresses de Paris pour 1692, tome 1/2
Part 19
[52] Ce sont les deux premiers volumes de cet ouvrage célèbre, qui en eut vingt, quoique l’auteur ne l’ait poussé que jusqu’à l’année 1414.
Institution du Droit Ecclésiastique, 2 vol. in-12[53].
[53] Autre ouvrage de l’abbé Fleury. Le vrai titre est: _Institution au droit ecclésiastique_.
Relation de divers voyages de Hongrie, avec figures, in-4º[54].
[54] La révolte du hongrois Tékeli donnoit alors à tous les livres sur son pays un à-propos que les libraires s’empressoient d’exploiter. Celui-ci fut du nombre. Il est peu connu.
Pratique de la Guerre, par Mattus[55], avec fig., in-8º. Nouvelle édition du Maréchal de Soleisel, in-4º[56].
[55] Lisez Malthus. Voici le titre détaillé de son livre, qui parut pour la première fois, en 1650, chez Clouzier, un des trois libraires indiqués ici, et dont une seconde édition in-8 avoit paru en 1681: _Pratique de la guerre, contenant l’usage de l’artillerie, bombes et mortiers, feux artificiels et pétards, sappes et mines, ponts et pontons, tranchées et travaux, avec l’ordre des assauts aux brèches, ensemble un traité des feux de joye_, par François Malthus.
[56] La première édition étoit de 1664.
Le Manege ou l’Art de monter à cheval, du même Autheur, avec figures, in-4º[57].
[57] C’est, avec additions, une traduction du livre du manège, ou _Méthode nouvelle pour dresser les chevaux_, dont une première traduct. avoit paru in-fol. en 1691, par le duc de New-Castle.
Nouvelle édition de l’Ecole des Arpenteurs, in-12[58].
[58] Par Philippe de la Hire, de l’Académie des Sciences, dont il a été parlé plus haut.
_Huetii Concordantia Rationis et Fidei_, in-4º[59].
[59] Un des principaux ouvrages de Daniel Huet: _Quæstiones Alnetanæ de concordia rationis et fidei_. C’est à Caen, sa ville natale, qu’il l’avoit fait imprimer.
Pour le Sieur Muguet.
Abrégé de l’Histoire universelle, 2 vol. in-12[60].
[60] Première édition de l’ouvrage de Claude Delisle, qui, plus tard, fut porté à sept volumes: _Introduction à l’histoire générale et politique de l’Univers_, ou _Abrégé de l’histoire universelle_.
_Acta primorum martyrum_[61].
[61] C’est le recueil in-fol. de Ruinart, qui fut plus tard traduit en françois par Drouet de Maupertuy, en deux vol. in-8.
Commentaire sur la Regle de saint Benoist en François et en Latin, in-4º.
La Mort de Dom Muce.
Traité de la verité et du mensonge du R. P. Thomassin, in-8º.
La Méthode d’etudier les langues, du même Auteur, 2. vol.[62]
[62] _Méthode d’enseigner chrétiennement la grammaire ou les langues, par rapport à l’Ecriture Sainte._ 2 vol. in-8.
Pour le Sieur Seneuze.
Arlequin Comedien aux champs Elisée[63].
[63] Comédie en trois actes, en prose, par l’abbé Bordelon, qui ne fut jamais jouée, et ne pouvoit l’être, pas plus que sa _Lotterie de Scapin_, qu’il publia deux ans après, à la suite de _Molière aux Champs-Elysées_, un des livrets les plus rares sur Molière.
Remarques ou Reflexions Critiques, Morales et Historiques de M. l’Abbé Bordelon, in-12[64].
[64] L’abbé publia deux ans après, à Lyon, chez Briasson, un volume faisant suite à celui-ci: _Nouvelles remarques_ ou _Réflexions critiques_, etc. En tête se trouve un beau portrait gravé, d’après De Troye, par Drevet. C’est celui de M. François Brunet, dont nous avons vu plus haut les parents, et qui, après Mme de Sévigné, habita l’hôtel Carnavalet.
Caractères naturels des hommes en forme de dialogues, par le même Auteur, in-12[65].
[65] L’édition hollandoise, qui parut l’année suivante chez Louis et Henry Van-Dole, à La Haye, a pour titre: _Les Caractères naturels des hommes en cent dialogues_, par M. Bordelon. Ce livre, qui s’étoit donné le titre mis à la mode par La Bruyère, est dédié au comte de Carné.
Le veritable Pénitent, 2 vol. in-12[66].
[66] Par le bon prêtre parisien Jean Girard de Villethierry.
Dissertation sur la prison de saint Jean, in-12.
Idée de l’Amitié, par M. de Bellegarde, in-12.
Reflexions sur ce qui peut plaire ou deplaire dans le commerce de la vie, 2 vol. in-12[67].
[67] Comme le précédent, cet ouvrage est de l’abbé Morvan de Bellegarde. Il fait partie de l’édition de ses œuvres qui fut publiée en Hollande, et forme 14 petits volumes.
La Morale des Ecclésiastiques, in-12.
Pour le Sieur de la Caille, ruë saint Jacques aux trois Cailles.
Mémoires pour l’Université de Paris, par M. Cuvilliers, in-4º.
Le 4. tome des Devises du P. Menetrier, in-8º[68].
[68] Il s’agit de _La Science et l’art des devises..._ par le P. Menestrier, qui se publioient sans doute en fascicules. Nous ne connaissons, en effet, de lui aucun ouvrage qui ait quatre volumes.
Les Fables d’Esope moralisées, avec figures, in-12[69].
[69] Première édition du petit livre de Le Noble: _Esprit d’Esope_, ou _nouvelle traduction de ses fables, en vers, avec une lettre morale sur chacune_. La seconde édition est de 1695.
Pour le Sieur Remy, rue saint Jacques.
Avis salutaires sur l’education des enfants, in-12.
Pour le Sieur Villette, ruë saint Jacques à la Croix d’or.
La Vie des Princes d’Orange pour servir à l’Histoire d’Hollande, in-8º.
Les Poësies de Madame des Houllieres, in-8º[70].
[70] A la suite venoient les poésies de sa fille Thérèse, ce qui formoit un volume en deux parties. En 1694, après la mort de Mme Des Houillères, le même libraire Villette en publia une seconde édition.
L’Histoire d’Angleterre, 4 vol. in-12.
Pour le Sieur Hortemels.
Remarques sur la Bibliotèque des Auteurs Ecclésiastiques, par M. du Pin, in-8º[71].
[71] Ce sont des remarques d’Ellies Dupin sur son propre recueil: _Bibliothèque des auteurs ecclésiastiques_, qui avoit commencé de paroître en 1686. Elles forment trois volumes.
Nouveaux Essais de Morale, in-12[72].
[72] _Nouveaux Essais de morale sur le luxe et les modes_, par Jean Frain du Tremblay, qui ne se nomma pas sur le titre.
La Vie de M. Descartes[73].
[73] Ce sont les deux volumes in-4º d’Adrien Baillet sur Descartes, qui parurent, en effet, en 1691.
Les Pseaumes en forme de Prières, in-12[74].
[74] Cette «paraphrase», comme dit le titre, est du curé de Saint-Lambert, François Paris, et du curé de Chevreuse, Vincent Loger. La première édition avoit paru en 1690.
Prières formées sur la Morale de l’ancien et nouveau Testament, in-12[75].
[75] Autre ouvrage du même François Paris, curé de Saint-Lambert.
Dissertation sur la Goutte, in-12[76].
[76] Ouvrage de l’oratorien Michel Mauduit, dont la première édition avoit paru en 1688. Une _Réfutation_ en avoit été publiée par le même libraire Hortemels, en 1690.
Traité des Opérations Chirurgicales, par M. de la Chariere, in-12.
Homelies sur les Commandemens de Dieu, le Symbole et l’Oraison Dominicale, 4 vol. in-12[77].
[77] Première partie des _Homélies_ de l’abbé de Monmorel, qui, peu d’années après, arrivèrent à former dix volumes. Il devint alors aumônier de la duchesse de Bourgogne.
Pour les Sieurs Couterot et Guerin en compagnie.
Sermons de M. Fromentieres, Evêque d’Aire, 6 vol. in-8º[78].
[78] M. de Fromentière, évêque d’Aire, étoit mort en 1684, en ordonnant que rien de ses sermons ne fût imprimé. On n’en publia pas moins les six volumes indiqués ici, et qui se composent: les trois premiers de _Sermons pour les fêtes_, deux autres de _Sermons pour le Carême_, et le dernier d’_Œuvres diverses_.
Discours moraux pour la Chaire, 10 vol. in-12[79].
[79] Ouvrage de l’avocat Jean Richard, qui, bien que laïque et marié, passa toute sa vie à écrire des sermons, que de vrais prêtres se chargeoient de prononcer. Quand il mourut, ses _Discours moraux pour la chaire_ n’avoient pas seulement dix, mais douze volumes. C’est lui qui avoit été l’éditeur de l’ouvrage précédent, _les Sermons_ de l’évêque d’Aire.
Manière de prêcher selon l’esprit de l’Evangile, in-12[80].
[80] Par le capucin de Paris, Albert. Couterot, son éditeur, republia ce livre en 1701.
La Main qui conduit au Ciel, du Cardinal Bona, in-12[81].
[81] Ce traité, un des plus célèbres du mystique Bona, est le même dont l’abbé Le Duc fit une nouvelle traduction avec cet autre titre: _le Chemin du Ciel_, 1738, in-12.
Conférences morales sur la Religion, 2 vol. in-8º.
L’Eglise Protestante détruite par elle-même, in-12.
Pour le Sieur Pepie, rue saint Jacques à saint Basile.
Suite des Instructions Monastiques, in-12.
Satires de Juvénal, par M. de Silvecane, 2 vol. in-12[82].
[82] C’est une des plus anciennes et non des meilleures traductions rimées du satirique latin. En voici le vrai titre: _Traduction des satyres de Juvénal en vers françois, avec des remarques et le latin à côté_, par Pierre de Silvecane.
Traité des Fièvres, par M. d’Hesse, in-12[83].
[83] Traduction du hollandois en françois du _Traité des fièvres_ de Corneille Boutekoe.
Pensées Chrétiennes, par M. l’Abbé de Choisy, in-12[84].
[84] Un des nombreux écrits religieux que l’abbé de Choisy publia après sa conversion, sans grande conviction encore et surtout sans grand savoir. N’a-t-il pas dit, après la publication de son principal ouvrage en ce genre: «J’ai écrit l’histoire ecclésiastique, il ne me reste plus qu’à l’apprendre.»
Grammaire Italienne, in-12.
Pour le Sieur Roulland fils, ruë saint Jacques.
Analise des Epîtres de saint Paul, etc., 2 vol. in-12.
Explication des Prières de la Messe, par M. de Meaux, in-12[85].
[85] Il n’est pas besoin de dire que M. de Meaux, c’est Bossuet.
Pratique judiciaire sur les Censives, in-12.
Pour le Sieur Robustel, rue saint Jacques.
Histoire des Empereurs, par M. Tillemont, 2 vol. in-4º[86].
[86] Ce célèbre ouvrage, quand l’auteur mourut en 1698, avoit six volumes.
Traité des Etudes Monastiques, par le P. Mabillon, in-4º[87].
[87] L’ouvrage a deux volumes. Il fut écrit pour réfuter l’opinion de l’abbé de la Trappe, qui prétendoit que les moines ne peuvent ni ne doivent étudier.
Pour la veuve Coignard et son Fils en compagnie.
Les Offices de Cicéron et autres Œuvres, traduits du Latin de Grotius avec des nottes, in-8º[88].
[88] Cette traduction est de Goibaud Du Bois, de l’Académie françoise.
Les Loix Civiles dans leur ordre naturel, 2 vol. in-4º[89].
[89] Ce sont les deux premiers volumes du grand ouvrage de Domat. Un troisième compléta bientôt cette partie des lois civiles.
Maniere de fortifier selon la métode de M. de Vauban, in-12.
Traitez de Metaphisique, d’histoire et de politique de feu M. de Cordemoy, in-12[90].
[90] Recueil des petits traités, de Cordemoy, déjà publiés à part, tels que: le _Discours physique de la parole_, d’où Molière tira tout le comique de la scène du professeur de philosophie au premier acte du «Bourgeois gentilhomme»; la _Lettre sur le système de Descartes_, etc., etc.
La Geographie ancienne, moderne et historique, 2 vol. in-4º.
_Nota._ Que dans le courant de la présente année 1692, on imprimera chez ledit Sieur Cognard fils, Imprimeur du Roy et de l’Academie Françoise, le Dictionnaire de ladite Academie[91]:
[91] Le privilége d’impression du _Dictionnaire de l’Académie_ avoit alors déjà huit ans de date. Il est, en effet, de 1674. (_Collect. Delamarre_, nº 21,739, fol. 79.) La première édition parut, non en 1692, mais en 1694, chez Coignard, en 2 vol. in-fol.
Pour le Sieur Auroy, rue saint Jacques.
Etablissement de la Foy dans la nouvelle France, 2 vol. in-12[92].
[92] Le titre complet porte par le P. Le C... C’est le Père Ch. Le Clercq, récollet.
Nouvelle Relation de la Gaspesie.
_Barhei Compendium Theologiæ._
Pour le Sieur Boudot.
Homelies Theologiques et morales de M. Palafox, traduites par M. Amelot de la Houssaye, in-12[93].
[93] Ces homélies, traduites de l’espagnol, ont pour texte principal la Passion.
Lettres de M. l’Abbé le Grand à M. Burnet, in-12.
Deffense de l’Antiquité des Temps, par le R. P. Dom Paul Perron[94].
[94] C’est une défense de son propre ouvrage, l’_Antiquité des Temps rétablie_, publiée en 1687, et que les PP. Martiany et Le Quien avoient fort attaquée.
MUSIQUE.
_Grand Maitre de la Musique de la Chapelle du Roy._
Monseigneur l’Archeveque de Rheims[1], ruë saint Thomas du Louvre.
[1] Charles-Maurice Le Tellier, dont il a déjà été parlé. Il avoit, comme «maître de la Chapelle-Musique», 1,200 liv. de gages, plus 3,000 «pour sa bouche à cour.» _Etat de France_, 1692, p. 39.
_Sur-Intendans de la Musique de la Chambre de Sa Majesté._
M. de la Lande qui est d’ailleurs Maître de la Musique de la Chapelle[2], et M. Boisset qui est Maître de la Musique de la Chambre, en Cour[3].
[2] Michel-Richard de Lalande, d’abord violon, claveciniste et organiste, compositeur de motets, de pastorales et de ballets, puis surintendant de la musique du Roi, charge dans laquelle il mourut, en 1726, à quatre-vingt-trois ans. Il avoit été fait, le 9 janvier 1689, surintendant de la musique de la Chambre, ce qui étoit un acheminement à la surintendance générale.
[3] Jean Boësset, sieur de Haut, fils de Boësset, qui avoit été de la musique de Louis XIII, et de qui l’on a quelques jolis airs de chansons, entre autres celui des couplets de Lingendes, qui furent si célèbres:
Si c’est un crime de l’aimer...
Boësset étoit maître de musique des pages de la Chambre, aux gages de 1,140 liv.
_Autres Maîtres de la Musique de la Chapelle, de la Chambre et des Plaisirs de Sa Majesté._
Messieurs Lambert, ruë sainte Anne[4], Goupille[5], ruë Minoret[6], rue Colasse, rue Traversine[7], et Moreau, rue sainte Croix de la Bretonnerie[8].
[4] Michel Lambert, si recherché, en 1666, à l’époque de la satire du _Repas_ de Boileau, et qui n’avoit pas alors moins de quatre-vingt-deux ans. Lulli avoit épousé sa fille, et lui avoit donné dans sa maison, qui existe encore aux coins des rues Sainte-Anne et des Petits-Champs, l’appartement où nous le voyons logé, et où il mourut au mois de juin 1696. (_V._ notre _Histoire de la Butte des Moulins_.)
[5] Lisez Coupillet. Il faisoit, comme prêtre, pendant le semestre de janvier, les fonctions ecclésiastiques de maître de musique, et avoit soin, durant le même temps, «de la nourriture, éducation, conduite et entretien des pages de musique.»
[6] Guillaume Minoret. Il avoit, pendant le semestre de juillet, les mêmes fonctions que Coupillet pendant celui de janvier. Ses motets sur un certain nombre de psaumes sont très-estimés. Le Cerf de la Vieuville, dans son livre, _Comparaison de la musique italienne et de la musique françoise_, 1706, in-8, 3e partie, le met, ainsi que Coupillet, sur le même rang, pour la composition, que Collasse et Lalande.
[7] Pascal Collasse, un des meilleurs élèves et héritiers de Lulli. Après avoir collaboré avec son maître, il fit seul plusieurs opéras, dont celui de _Thétis et Pelée_ est le plus célèbre.
[8] Jean-Baptiste Moreau, à qui Madame de Maintenon fit écrire, pour Saint-Cyr, la musique des chœurs d’_Esther_ et d’_Athalie_. Il fit aussi les airs de quelques chansons de Lainez, son ami de cabaret.
_Maîtres pour l’Orgue et pour le Clavecin._
Messieurs le Begue[9], rue Simon le Franc, Taumelin, rue de la Verrerie[10], Couprin, prés saint Gervais[11], Dandrieux, ruë saint Loüis du Palais[12], Nivert, prés saint Sulpice[13], Danglebert, rue sainte Anne[14], Martin, rue de l’Echelle, le Roux [15], rue , Buterne, prés saint Paul[16], Montalan, rue du Cimetiere saint André[17], Ossu l’ainé, rue saint Denis[18], Ossu le cadet, Cloître saint Jacques de l’Hôpital, Garnier, rue Traversine, La Lande, Cour du Palais.
[9] Nicolas Le Bègue, un des quatre organistes de la Chapelle reçus en 1678. Son quartier étoit celui d’octobre. Il touchoit l’orgue à Saint-Merry, et l’on a de lui trois livres de pièces pour cet instrument. Il mourut très-vieux en 1700. Ses ouvrages se vendoient tout près de chez lui, dans la même rue. L’édit. de 1691, p. 62, dit, en effet: «le livre d’orgues de M. Le Bègue se vend chez M. Noël, rue Simon-le-Franc.»
[10] Jacques Tomelin, organiste de la Chapelle, comme Le Bègue. Il exerçoit pendant le quartier de janvier.
[11] François Couperin, le second des trois frères qui fondèrent la renommée de cette dynastie de clavecinistes célèbres. Nous le voyons ici logé près de Saint-Gervais, parce que de 1669 à 1698, il y toucha l’orgue. Il mourut à soixante-dix ans, en 1701, écrasé par une voiture. L’année précédente, Montéclair lui avoit dédié sa _Méthode facile de musique_.
[12] On ne le connoît que par son fils, Jean-François Dandrieu, qui, de 1720 à 1740, se distingua sur l’orgue et le clavecin.
[13] Guill.-Gabriel Nivers, un des quatre organistes de la Chapelle. Il avoit été maître de musique de la Reine.
[14] Jean-Baptiste d’Anglebert. Il étoit de la musique de la Chambre pour le clavecin, ce qui lui rapportoit 600 liv. de gages, 900 de nourriture, 213 de monture, «et 270 pour la nourriture de son Porte-épinette.» _Etat de France_, 1692, p. 223.
[15] Il étoit aussi compositeur. V. _Le faux Satyrique_, 1706, in-8, p. 11, où il est traité de «fameux maître de musique.»
[16] Jean Buterne, un des quatre organistes de la Chapelle-Musique.
[17] «Messieurs Le Règne--c’est celui qui est désigné plus haut sous son vrai nom le Bègue--rue Simon-le-Franc, et de Montalan, rue du Cimetière-Saint-André, sont renommez pour toucher et enseigner le clavecin.» Edit. 1691, p. 60.--Claude Rachel de Montalant, après avoir enlevé de son couvent, où sans doute il donnoit des leçons, la fille de Molière, étoit, vers 1686, devenu son mari. Une note de Titon du Tillet (_Parnasse françois_, 1732, in-fol., p. 318) que nous avons citée le premier dans le _Roman de Molière_, 1862, in-18, p. 129, ne laisse sur ce point très-curieux aucun doute: «Elle épousa, dit-il, M. de Montaland, gentilhomme, qui a été quelque temps organiste de Saint-André des Arts.» Il l’étoit sans doute encore en 1691, ce qui expliqueroit pourquoi il logeoit tout près de cette église. Titon le traite de gentilhomme parce qu’il se faisoit appeler: Claude Rachel, écuyer, sieur de Montalant.
[18] Lisez Houssu. Nous avons su son nom par le curieux procès que «les maîtres à danser et joueurs d’instruments tant hauts que bas» firent aux clavecinistes, en 1693, pour les empêcher d’enseigner à toucher le clavecin avant de s’être fait recevoir de leur communauté. Les clavecinistes, représentés par plusieurs de ceux qui figurent ici, dont on a vu les noms plus haut, ou qu’on trouvera nommés plus loin: Médéric Corneil, Nicolas Gigault, Jean-Baptiste de La Brune, Marin de la Guerre, Jean Mérault, Antoine Houssu, Nicolas Le Bègue, Guillaume-Gabriel Nivers, Jean Buterne, François Couprin, appelèrent d’une première sentence rendue contre eux par le prévôt de Paris, et obtinrent, le 7 mars 1695, un arrêt de la Grand’Chambre qui leur donna raison, et leur rendit l’entière liberté d’enseigner.
_Autres Maîtres pour le Clavecin._
Messieurs le Moine, ruë saint Honoré[19], Pitay, ruë sainte Croix de la Bretonnerie, Eudet et de la Cerisaye, ruë sainte Croix de la Cité, Bouton, rue Pavée, Mérault et Alexandre, rue saint Denis, Bernier, rue Tictonne[20], Hardy et Landrin, Cloitre sainte Opportune, Cointereau, place Maubert, Saffin, rue des Noyers, Boucher, rue des Assis[21], Corneille, Cloître Notre Dame, de Bordeaux, rue saint Jacques, Raison, rue saint Estienne, Gigot et Delian, rue saint Martin, la Brune, rue des Moineaux, Fouquet, ruë Coquillière, de la Guerre[22] et Jacquet, Isle Notre Dame, etc.
[19] Il étoit de la musique de la Chambre pour le théorbe.
[20] Nicolas Bernier, dont le succès fut si grand, surtout sous la Régence, pour ses motets, la musique de ses cantates et ses airs à boire. Il est fait de lui le plus grand éloge dans le poëme de J. de Serré, _la Musique_, dont la première édition date de 1714.
[21] Lisez des Arcis.
[22] Son vrai nom étoit Jacquet, le seul que prit son frère nommé ici avec lui. Jacquet de la Guerre étoit organiste à Saint-Séverin. Sa fille, Mlle Elisabeth La Guerre, se distingua sur le clavecin et fit la musique de l’opéra de _Céphale et Procris_, en 1694. Elle mourut en 1727.
_Maitresses pour le même Instrument._
Mesdames Oves, rue saint Denis, et Louis, rue de la Monnoye.
Et encore Mesdemoiselles Rebours et le Tellier, fauxbourg saint Germain[23].
[23] «Mademoiselle Le Tellier, qui demeure au cul-de-sac de la rue Beaubourg.» Edit. 1691, p. 60.
* * * * *
M. du Clos, rue Bétizy, accorde en perfection le Clavecin.
Messieurs Denis, sur le Quay neuf, Richard, ruë du Paon[24], Rosée, rue de Cléry, Créteil, rue Poupée, Dathene, rue saint Antoine[25], Voudry, rue saint Jacques, Boudet, rue saint Martin, Thierry, rue sainte Marguerite, du Catel et l’Esclop, rue Omer[26], Clico, rue Philippot, et le Febvre, rue Aubry Boucher, fabriquent, rajustent et accordent les Orgues et les Clavecins.
[24] «Près Saint-Nicolas du Chardonnet.» Edit. 1691, p. 60.
[25] «Le sieur Dathene, qui fait des clavecins, demeure rue et devant le petit Saint-Antoine.» _Id._, p. 64. «Le sieur Créteil, faiseur d’orgues, demeure dans la rue Poupée.» _Ibid._
[26] Lisez rue au Maire.
_Maitres pour la Violle._
Messieurs de sainte Colombe[27], rue...; Marais, ruë Bertin Poirée[28], Theobal, rue de Richelieu[29], des Fontaines[30], rue de Grenelle saint Honoré, de Machy, rue des fossez saint Germain, Garnier, prés le Palais Royal, Bellier, rue de Mommorency, Fourcroy le fils, rue vieille du Temple, etc.
[27] Il n’est plus connu que parce qu’il fut le maître de celui qui vient ici après lui.
[28] «Monsieur Marais touche la viole par excellence, et donne des leçons chez luy, rue Quincampoix.» Edit. 1691, p. 48.--Marin Marais, élève de Sainte-Colombe, et le plus habile joueur de viole de son temps, il a beaucoup écrit pour cet instrument, et, de plus, l’on a de lui plusieurs partitions pour l’Opéra, où il avoit commencé à être simple batteur de mesures. La plus célèbre est celle d’_Alcione_, dont la Tempête fut un des morceaux les plus à effet de ce temps-là. Elle est décrite dans le poëme de _la Musique_ cité plus haut.
[29] Théobaldo Gaddi, qui, attiré de Florence à Paris par son admiration pour Lulli, fut mis par celui-ci dans l’orchestre de l’Opéra, où il joua pendant près de cinquante ans de la basse de viole. Il avoit fait, en 1691, la musique de la pastorale héroïque de _Coronis_.
[30] «Le même Des Fontaines montre d’ailleurs à toucher le clavecin et la basse de viole.» Edit. 1691, p. 48.
Mademoiselle Mengey, rue saint Honoré, prés la rue des Poullies, fait aussi profession de toucher et de montrer à toucher la Violle.
_Maîtres pour le Theorbe[31]._
[31] C’étoit une espèce de grand luth, qui lui-même étoit une sorte de guitare.
Messieurs du Pré, rue des Escoufles, et de la Barre en Cour, qui sont de la Chambre du Roy[32], et encore Messieurs Pinet[33], rue le Moyne, Cloître saint Jacques de l’Hôpital, Aubin, rue de l’Escharpe, Poussilac, prés les Jacobins saint Jacques, Lavaux, rue Hurel, Quay de la Mégisserie.
[32] Du Pré n’étoit qu’en survivance, en 1692, à la chambre du Roi pour le théorbe. Pierre Chabançeau de La Barre, beaucoup plus célèbre, jouoit de la grosse-basse ou du théorbe à la Chapelle-Musique. Il étoit valet de chambre de la Dauphine.
[33] Lisez Pinel. Il jouoit du théorbe à la chambre du Roi, mais y avoit, auparavant, chanté les hautes tailles.
_Maîtres pour la basse de Violon._