Le disciple

Part 4

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Un pareil homme, un pareil intérieur et une pareille vie étant donnés, que l’on imagine l’effet produit dans ce cabinet de travail de la rue Guy-de-la-Brosse par ces deux faits survenus coup sur coup dans un même après-midi : d’abord une cédule de citation adressée à M. Adrien Sixte, pour qu’il eût à comparaître au cabinet de M. Valette, juge d’instruction, afin d’être interrogé, suivant la formule, « sur les faits et circonstances dont il lui serait donné connaissance; » en second lieu, une carte portant le nom de Mme veuve Greslou et demandant que M. Sixte voulût bien la recevoir le lendemain vers quatre heures, « pour l’entretenir du crime dont était accusé à faux son malheureux enfant. » J’ai dit que le philosophe ne lisait jamais aucun journal. S’il en eût seulement ouvert un au hasard depuis quinze jours, il y eût trouvé des allusions à cette histoire du jeune Greslou que de récents procès ont fait oublier. Faute de ce renseignement, la cédule de citation et le billet de la mère ne lui offrirent aucune espèce de sens précis. Cependant, par le rapport entre cette citation et le mot de la mère, il se rendit compte que les deux faits étaient probablement connexes, et il pensa aussitôt qu’il s’agissait d’un jeune homme, d’un certain Robert Greslou, qu’il avait connu, l’année précédente, dans des circonstances d’ailleurs très simples. Mais, précisément, ces circonstances contrastaient trop avec toute idée d’un procès criminel, pour que ce souvenir guidât en aucune manière les hypothèses du savant, et il demeura longtemps à regarder cette cédule tour à tour et cette carte, en proie à l’inquiétude presque douloureuse que le moindre événement d’un ordre très inattendu et très obscur inflige aux hommes d’habitude.

Robert Greslou? — M. Sixte avait lu ce nom pour la première fois, voici deux ans, au bas d’un billet qui accompagnait un manuscrit. Ce manuscrit portait comme titre : _Contribution à l’étude de la multiplicité du Moi_, et le billet énonçait modestement le désir que le célèbre écrivain voulût bien jeter un coup d’œil sur ce premier essai d’un tout jeune homme. L’auteur avait ajouté à sa signature : « élève-vétéran de philosophie au lycée de Clermont-Ferrand. » Ce travail d’environ soixante pages révélait une intelligence si prématurément subtile, une connaissance si exacte des théories les plus récentes de la psychologie contemporaine, enfin une telle ingéniosité d’analyse, que M. Sixte avait cru devoir répondre par une longue lettre. Un mot de remerciement était venu aussitôt, dans lequel le jeune homme annonçait qu’obligé d’aller à Paris pour ses examens oraux de l’Ecole normale, il aurait l’honneur de se présenter chez le Maître. Ce dernier avait donc vu entrer un après-midi un garçon d’environ vingt ans, avec de beaux yeux noirs vifs et mobiles qui éclairaient un visage un peu trop pâle. C’était le seul détail de physionomie qui fût demeuré dans la mémoire du philosophe. Semblable sur ce point à tous les spéculatifs, il ne recevait du monde visible qu’une impression flottante et n’en gardait qu’une réminiscence vague comme cette impression. Mais sa mémoire des idées était surprenante, et il se rappelait jusqu’au moindre détail son entretien avec ce Robert Greslou. Parmi les jeunes gens que sa renommée attirait chez lui, aucun ne l’avait étonné davantage par la précocité vraiment extraordinaire de l’érudition et du raisonnement. Sans doute il flottait dans l’esprit de cet adolescent bien de l’à-peu-près, l’effervescence d’une pensée qui s’est assimilé, trop vite, trop de connaissances diverses; mais quelle merveilleuse facilité de déduction! Quelle éloquence naturelle, et aussi quelle visible sincérité d’enthousiasme! Le savant le revoyait, au cours de cette conversation, gesticulant un peu et lui disant : « Non, monsieur, vous ne savez pas ce que vous êtes pour nous, ni ce que nous éprouvons à lire vos livres... Vous êtes celui qui accepte toute la vérité, celui en qui on peut croire... Tenez, dans votre _Théorie des passions_, l’analyse de l’amour, mais c’est notre bréviaire à tous... Au lycée, on défend le livre. Je l’avais chez moi, et deux de mes camarades venaient copier ces chapitres, à la maison, les jours de sortie... » Et comme il se cache une vanité d’auteur dans l’âme de tout homme qui a fait imprimer de sa prose, fût-il aussi absolument sincère que M. Adrien Sixte, ce culte d’un groupe d’écoliers, naïvement exprimé par l’un d’eux, avait flatté particulièrement le philosophe. Robert Greslou avait sollicité l’honneur d’une seconde visite, et là, tout en avouant un échec à l’Ecole normale, il s’était un peu ouvert sur ses projets. M. Sixte, lui, s’était laissé aller, contre ses habitudes, à l’interroger sur des détails intimes. Il avait appris ainsi que le jeune homme était le fils unique d’un ingénieur mort sans fortune, et que la mère l’avait élevé à force de sacrifices. « Mais je n’en accepterai plus, » disait Robert; « mon intention est de passer ma licence dès cette année, puis je demande une chaire de philosophie aussitôt, dans un collège, et je travaille à un grand ouvrage sur les variations de la personnalité, dont l’essai que je vous ai soumis forme l’embryon... » Les yeux du jeune psychologue s’étaient faits plus brillants pour formuler ce programme de vie. Ces deux visites dataient du mois d’août 1885. On était en février 1887, et, depuis lors, M. Sixte avait reçu cinq ou six lettres de son jeune disciple. Une d’elles lui annonçait l’entrée de Robert Greslou comme précepteur dans une famille noble, qui passait les mois d’été dans un château situé près d’un des plus jolis lacs des montagnes d’Auvergne : celui d’Aydat. Un simple détail donnera la mesure de la préoccupation où M. Sixte fut jeté par la coïncidence entre la lettre émanée du cabinet du juge et la carte de Mme Greslou. Quoiqu’il eût sur sa table les épreuves à revoir d’un long article pour la _Revue philosophique_, il se mit à rechercher cette correspondance avec le jeune homme le soir même. Il la trouva tout de suite dans le cartonnier où il rangeait méticuleusement ses moindres papiers. Elle était classée, avec d’autres du même genre, sous la rubrique : « Documents contemporains sur la formation des esprits. » Elle formait environ trente pages que le savant lut avec un soin particulier, sans y rencontrer rien que des réflexions d’un ordre intellectuel, des questions sur des lectures à suivre, et l’énoncé de quelques projets de mémoires. Quel fil pouvait bien rattacher de pareilles préoccupations au procès criminel dont parlait la mère? Il fallait que ce garçon, vu deux fois à peine, eût beaucoup frappé le philosophe, car la pensée que le mystère dissimulé derrière cet appel au Palais de Justice était le même que celui qui motivait cette visite subite d’une mère au désespoir le tint éveillé une partie de la nuit. Pour la première fois depuis des années, il brusqua Mlle Trapenard à cause d’une petite négligence de service, et quand il passa devant la loge à une heure de l’après-midi, son visage, d’ordinaire très calme exprimait un si visible souci que le père Carbonnet, déjà mis en éveil par la lettre de convocation arrivée ouverte, suivant une coutume assez barbare, et qu’il avait lue, comme de juste, fit cette confidence à sa femme, — il avait déjà parlé de la chose dans tout le quartier :

— « Je ne suis pas curieux des affaires des autres, mais je donnerais bien vingt ans de la vie de la propriétaire pour savoir ce que la justice peut vouloir à ce pauvre M. Sixte, qu’il est là qui dévale à cette heure-ci comme un _abohi-fou_... »

— « Tiens, M. Sixte a changé son heure de promenade », disait à sa mère la jeune fille, assise au comptoir dans la boutique de la boulangerie. « Il paraît qu’il va avoir un procès pour un héritage? »

— « Pige-moi donc le père Sixte; se défile-t-il, ce zèbre-là!... Il paraît que la justice le chicane », racontait à son camarade un des deux élèves en pharmacie. « Ces vieux, ça n’a l’air de rien, et puis on découvre des tas d’histoires malpropres dans des coins... Au fond, c’est tous des canailles... »

— « Il est encore plus ours que d’habitude. Il ne nous saluera seulement pas. » C’était la femme du professeur au Collège de France établi dans la même maison que le célèbre philosophe et qui se croisait avec lui. « Tant mieux, d’ailleurs; on prétend qu’on va poursuivre ses livres. Ce n’est pas dommage... »

Et voilà comment les plus modestes des hommes, et qui se croient les plus ignorés, ne peuvent bouger sans encourir les commentaires lancés par d’innombrables bouches, du moment qu’ils habitent ce que l’on est convenu d’appeler à Paris un quartier paisible. Ajoutons que M. Sixte se fût soucié de cette curiosité, s’il l’eût soupçonnée, comme d’un volume de philosophie universitaire. C’était pour lui le dernier terme du mépris.

II L’AFFAIRE GRESLOU

Le célèbre philosophe était, en toute chose, d’une ponctualité méthodique. Parmi les maximes adoptées, à l’imitation de Descartes, dans le début de sa vie, se trouvait celle-ci : « L’ordre affranchit la pensée. » Il arrivait donc au Palais de Justice cinq minutes avant le moment fixé sur la cédule. Il dut attendre une demi-heure dans le corridor avant que le juge le fît appeler. Dans ce long couloir, aux longs murs nus et blancs, meublés de quelques chaises et de tables pour les garçons de service, les voix se faisaient basses comme dans toutes les antichambres officielles. Il s’y trouvait six à sept personnes. Le savant avait pour voisin un honnête bourgeois et sa femme, commerçants de quartier, appelés pour une autre affaire, et très désorientés par cette rencontre avec la justice. La vue de ce personnage à la face rasée, aux yeux cachés par les verres sombres et ronds de ses lunettes, avec sa longue redingote et sa physionomie inexplicable, inquiéta ces gens au point de leur faire quitter la place où ils chuchotaient :

— « Il est de la police », dit le mari à sa femme.

— « Tu crois? » reprit la femme en regardant l’énigmatique et immobile figure avec terreur. « Dieu! qu’il a l’air faux!... »

Pendant que se jouait cette scène profondément comique, sans que l’observateur professionnel du cœur humain se doutât une seule minute de l’effet qu’il produisait, ni même qu’il y eût quelqu’un à côté de lui, le juge d’instruction causait avec un ami dans une petite pièce attenante à son cabinet. Embellie par les autographes et les portraits de quelques malfaiteurs fameux, cette pièce servait en même temps à M. Valette de chambre à toilette, de fumoir et aussi de _retiro_, quand il voulait bavarder hors de l’inévitable présence de son commis-greffier. Ce juge était un homme de moins de quarante ans, avec un joli profil, des vêtements coupés à la mode, des bagues aux doigts, enfin un magistrat de la nouvelle école. Dans la rue, avec son ruban de chevalier, son veston ajusté et son chapeau luisant, vous l’eussiez pris pour un boursier décoré à propos d’une émission. Il tenait à la main le papier sur lequel le savant avait écrit son nom, d’une écriture claire et toute liée, et il montrait cette signature à son ami, un simple homme de plaisir celui-là, et qui présentait cette physionomie à la fois effacée et nerveuse, comme il ne s’en rencontre qu’à Paris. Essayez d’y déchiffrer des goûts, des habitudes, un caractère? C’est impossible, tant il a passé sur ce visage de sensations multiples et contradictoires. Ce viveur appartenait à l’espèce de ceux qui suivent les premières représentations, visitent les ateliers des peintres, assistent aux procès sensationnels, enfin qui se piquent d’être au courant, « dans le train », comme on dit aujourd’hui. Après avoir lu le nom d’Adrien Sixte, il s’écria :

— « Bravo, mes compliments, mon vieux Valette. C’est une vraie chance d’avoir à causer avec cet homme-là! Tu connais son chapitre sur l’amour dans je ne sais plus quel bouquin?... En voilà un qui connaît les femmes... Mais sur quoi diable as-tu à l’interroger? »

— « Sur cette affaire Greslou », dit le juge; « il a beaucoup reçu le jeune homme, et la défense l’a cité comme témoin à décharge. On a lancé une commission rogatoire rien que pour cela. »

— « Quel dommage que je ne puisse pas le voir! » dit l’autre.

— « Ça te ferait plaisir? Rien de plus facile... Je vais le faire introduire... Tu t’en iras comme il entrera... En tout cas, c’est convenu pour ce soir, à huit heures, chez Figon. Gladys y sera, naturellement? »

— « Convenu... Tu sais son dernier mot à Gladys. Comme nous reprochions devant elle à Percy de tromper Gustave : « Mais il faut bien qu’elle ait deux amants, puisqu’elle dépense par an le double de ce que chacun lui donne!... »

— « Ma foi, » dit Valette, « je crois que celle-là en remontrerait sur la philosophie de l’amour à tous les Sixtes du monde et du demi-monde... »

Les deux amis rirent gaiement, puis le juge donna l’ordre qu’on appelât le philosophe. Le curieux, tout en prenant congé de Valette par une poignée de main et un nouveau : « A ce soir, huit heures très précises, » cligna de l’œil derrière son monocle afin de mieux dévisager l’illustre écrivain qu’il connaissait pour avoir lu des extraits piquants de la _Théorie des passions_ dans des articles de journaux. L’apparition du bonhomme à la fois excentrique et timide qui entrait dans le cabinet du juge avec la plus visible gêne démentait si fort l’idée du misanthrope mordant, cruel et désabusé, ébauchée dans leur imagination, que les deux hommes, le boulevardier et le magistrat, échangèrent un regard de stupeur. Un sourire leur vint irrésistiblement aux lèvres, mais cela ne dura qu’une seconde. Déjà l’ami était parti. L’autre fit signe au témoin de s’asseoir sur un des fauteuils de velours vert dont était meublée cette pièce, — luxe complété, à la manière administrative, par un tapis d’une moquette verte aussi et par un bureau d’acajou. La physionomie du juge d’instruction s’était remise au grave. Ces passages d’une attitude à une autre sont beaucoup plus sincères que ne l’imaginent ceux qui constatent ces contrastes de tenue entre l’homme privé et le fonctionnaire. Le parfait comédien social, et qui considère son métier avec un entier mépris, est un monstre heureusement très rare. Nous n’avons pas cette force de scepticisme au service de nos hypocrisies. Le spirituel M. Valette, si goûté dans le demi-monde, ami des hommes de cercle et de sport, émule des journalistes en plaisanteries, et qui, tout à l’heure, commentait joyeusement le mot d’une impure avec laquelle il devait dîner le soir, n’avait eu besoin d’aucun effort pour céder la place à l’investigateur sévère et froidement habile qui a mission de chercher la vérité au nom de la loi. De sa prunelle devenue soudainement aiguë, il essaya de pénétrer jusqu’au fond la conscience du nouveau venu. Dans ces premières minutes d’entretien avec quelqu’un qu’il s’agit de faire parler, même s’il ne le veut pas, les magistrats de race ont en eux une espèce d’éveil de toute leur nature judiciaire, comme les escrimeurs qui tâtent le jeu d’un tireur inconnu, afin d’y entrer. Le philosophe, lui, constata que ses pressentiments ne l’avaient pas trompé, car il lut, écrits en grosses lettres sur la liasse de papiers que prit M. Valette, ces mots qui le firent involontairement tressaillir : _Affaire Greslou_. Un silence régnait dans cette pièce, coupé par le bruit des papiers froissés et par le craquement de la plume du greffier. Ce dernier se préparait à noter l’interrogatoire avec l’impersonnelle indifférence qui distingue les hommes habitués à jouer le rôle de machines dans les drames de la cour d’assises.

Un procès pour eux ne se distingue pas plus d’un autre que pour un employé des pompes funèbres un mort ne se différencie d’un mort, ou pour un garçon d’hôpital un malade d’un malade.

— « Je vous épargnerai, monsieur, » dit enfin le juge, « les questions habituelles... Il y a des noms et des hommes qu’il n’est pas permis d’ignorer... » Le philosophe ne s’inclina même pas sous le compliment. — « Pas d’usage du monde, » pensa le magistrat; « ce sera un de ces hommes de lettres qui croient devoir nous mépriser. » Et tout haut : « J’arrive au fait qui a motivé la citation que j’ai dû vous adresser... Vous connaissez le crime dont est accusé le jeune Robert Greslou. »

— « Pardon, monsieur, » interrompit le philosophe en quittant la position qu’il avait prise instinctivement pour écouter le juge, le coude sur le fauteuil, le menton sur la main et l’index sur sa joue, comme dans les minutes de ses grandes méditations solitaires, « je n’en ai pas la moindre notion. »

— « Tous les journaux l’ont cependant rapporté, avec une exactitude à laquelle ces messieurs de la presse ne nous ont guère habitués... » répondit le juge, qui crut devoir répondre au dédain de la littérature pour la robe diagnostiqué chez le témoin par un peu de persiflage; et à part lui : « Il dissimule... Pourquoi?... Pour jouer au plus fin?... Comme c’est bête! »

— « Pardon, monsieur, » dit encore le philosophe, « je ne lis jamais aucun journal. »

Le juge regarda son interlocuteur en faisant un « Ah! » où il entrait plus d’ironie que d’étonnement. « Bon, » pensa-t-il, « tu veux me faire poser, toi; attends un peu... » Ce fut avec une certaine irritation dans la voix qu’il reprit :

— « Hé bien, monsieur, je vous résumerai donc l’accusation en quelques mots, tout en regrettant que vous ne soyez pas plus au courant d’une affaire qui peut intéresser gravement, très gravement, sinon votre responsabilité légale, au moins votre responsabilité morale... » Ici le philosophe dressa la tête avec une inquiétude qui réjouit le cœur du juge : « Attrape, mon bonhomme, » se dit-il; et à haute voix : « Vous savez, en tout cas, monsieur, qui était Robert Greslou et la situation qu’il occupait chez M. le marquis de Jussat-Randon... J’ai là, dans le dossier, copie de plusieurs lettres que vous lui avez adressées au château de Jussat et qui témoignent que vous étiez — comment dirai-je? — le directeur intellectuel du prévenu. » — Le philosophe eut un nouveau mouvement de tête. — « Je vous demanderai tout à l’heure de vouloir bien déclarer si ce jeune homme vous a parlé de l’intérieur de cette famille, et dans quels termes... Je ne vous apprends sans doute rien et vous rappelant qu’elle se composait du père, de la mère, d’un fils qui est capitaine de dragons, actuellement en garnison à Lunéville, d’un second fils qui était l’élève de Greslou et d’une jeune fille de dix-neuf ans, Mlle Charlotte. Cette dernière était fiancée au baron de Plane, un officier du même régiment que son frère. Le mariage avait dû être retardé, de quelques mois, pour des raisons de famille qui n’ont rien à voir au procès. Il avait été définitivement fixé au 15 décembre dernier. Or, un matin de la semaine qui précédait l’arrivée du fiancé et du comte André, le frère de Mlle de Jussat, la femme de chambre de cette jeune fille, en entrant chez elle à l’heure accoutumée, la trouva morte dans son lit... »