La Tétralogie de l'Anneau du Nibelung
Part 39
[Note 329-A: Un passage orchestral précède ces paroles de Siegmund: «Une attente mortelle se fait, dit M. Ernst,--à peine coupée par de sourdes pulsations des timbales, auxquelles répond l'obscur accord des tubas, enveloppant une lente ébauche du thème de l'épée (partition, page 37, les 4 premières portées). Sous une note sans cesse répétée par les cors (5me portée), la trompette basse dessine le motif du Glaive, nettement cette fois, mais dans le mode mineur (6me portée). Un _trémolo_ croissant commence aux altos et aux violons, sur une basse qui monte par degrés chromatiques, tandis que les cors prolongent leur pédale, et le cri de Siegmund éclate.»]
[Note 329-B: La fanfare de l'épée revient ici, solennellement, avec force, lancée par la trompette en _ut_. (Partition, page 39, 6me portée.) Elle reste tressée dans l'orchestre durant tout ce monologue de Siegmund (hautbois-trompette-cor). (Partition, pages 39 à 43.)]
[Note 330-A: Les deux thèmes du Glaive et de Walhall alternent durant tout ce récit de Sieglinde (partition jusqu'à la page 47). Le thème du Glaive souligne principalement ces paroles de Sieglinde:
«C'est au plus Fort qu'elle fut destinée...»
Le thème de Walhall (toute l'âme de Wotan, cette harmonie!) enveloppe nostalgiquement cette phrase:
«Un Etranger alors entra..., un Vieillard.» (Wotan).
Mais à ces nouvelles paroles de Sieglinde:
«O si je le trouvais aujourd'hui, l'Ami...,»
un nouveau motif triomphal, un thème très allègre, appelé «Cri de victoire des Wälsungen» ou encore l'«Appel des Wälsungen», jaillit résolument; moins grave que les thèmes précédents, il forme comme une transition entre ces thèmes et les motifs d'amour qui, maintenant, vont dominer jusqu'à la fin de l'acte (partition, page 47).--Le motif de l'«Appel des Wälsungen» exprimerait la joie des deux amants se retrouvant enfin. Il revient plusieurs fois ensuite. (Partition, pages 48, 49.)--Le début du lied du Printemps semble une réminiscence de ce motif. (Partition, page 52.)]
[Note 331-1: Dans l'orchestre, le thème du Walhall.--D'ailleurs le signalement du _Vieillard_ est conforme à la tradition norraine sur Odin (Wotan); _der blinde Greis_, le nomment certaines sagas: j'ai déjà noté (Or-du-Rhin, p. 248) qu'il est un Dieu borgne, ici comme dans la _Völsunga_, et pourquoi il est un Dieu borgne.--L'_Edda_ de Sœmund lui donne encore, entre autres surnoms, celui de _Siddhötr_ ou _Sidhatter_ (_Poème de Grimmer_, 48), en allemand _der breithütige_ (Grimm, _Deutsche Mythologie_), c'est-à-dire «celui-à-l'ample-chapeau». Il est, dans le même poème, «vêtu d'un manteau bleu» (comparez ci-dessous _Siegfried_, p. 429). Enfin la _Völuspa_ l'appelle (21) «le vieillard, l'auteur des Ases», et l'on a pu voir par une note (p. 322) que la race de Wälse (dans la _Tétralogie_: Wotan) se reconnaît à l'éclat du regard.]
[Note 333-1: Cette «sœur» du Printemps, c'est l'Amour (se souvenir que le vocable «amour» dans la langue allemande, est un féminin): «l'Amour, _cachée_ au fond de nos âmes...» On voit donc que moi-même, pour cette fois, j'ai fait d'«amour» un féminin, comme plus d'un exemple classique et poétique m'y autorise.]
[Note 333-A: Ici commence le célèbre _lied_ du Printemps (partition, page 52), constitué par le thème d'Amour de Siegmund et Sieglinde, le thème du Printemps, ceux de la Fuite (encore), de l'Epée, du Walhall... Il faut leur ajouter le thème des _Pressentiments_, nouvellement entendu, mais de la même venue que le motif d'Amour, et qui exprime le pressentiment qu'ont les deux amants de leur parenté divine. Cela prépare à la foudroyante scène du Glaive retrouvé.]
[Note 335-1: Ce ne sont point ici lieux communs d'amour, puisque, frère et sœur, Siegmund et Sieglinde se sont, en effet, vus toute leur enfance.]
[Note 335-2: Ici encore, nul lieu commun: cette ressemblance, si naturelle, avait déjà frappé Hunding.]
[Note 335-3: _Voir_ la note (1) de la page 322, et la note (1) de la page 331.]
[Note 336-1: _Wehwalt_, voir la note (1) de la p. 321, et la note (2) de la p. 323.--Se rappeler ainsi le sens du nom, afin de comprendre bien la réplique de Siegmund.--Même remarque pour _Friedmund_, plus bas.]
[Note 336-2: _Friedmund_, voir la note (2) de la p. 323.]
[Note 336-3: Pour la filiation de Siegmund, Wagner a beaucoup simplifié: Völsung est le nom de son père d'après la _Völsunga_, sans qu'on y voie clairement si Völse (Wälse), le père de Völsung, est Odin (se reporter à l'Étude d'Edmond Barthélemy, p. 201).--De même un chant de l'ancienne _Edda_ (_second chant sur Helge vainqueur de Hunding_) dit de Siegmund: «Le roi Sigmund Vœlsungsson...» Et, plus loin: «Le roi Sigmund et sa race portaient le nom de Vœl...»--Enfin le _Lai_ (anglo-saxon) _de Beowulf_ donne le nom de Wälse au père de Siegmund.--Consulter d'autre part, ci-dessus, la note (1) de la page 331.]
[Note 337-1: «Saluons le Père-des-Armées à l'esprit clément; il donne de l'or et récompense ceux qui le méritent. Hermod eut de lui une cotte de mailles, et _Siegmund un glaive_.» (_Edda_ de Sœmund, _Poème de Hyndla_, 2.)]
[Note 337-2: _Siegmund_ (antonyme de _Friedmund_), «Bouche-de-Victoire» ou «Bouche-qui-proclame-la-Victoire», etc. Voir ci-dessus la note (2) de la p. 323, sur _Friedmund_, en y substituant partout le vocable «_victoire_» au mot «_paix_.»]
[Note 337-3: Au risque d'ennuyer certains, je crois devoir une fois de plus, en ce passage capital, répéter qu'à l'idée de «détresse» doit s'ajouter presque toujours, en cette traduction de la _Tétralogie_, une idée de contrainte ou de nécessité. C'est sous l'empire de cette contrainte, de cette nécessité suprême, que Siegmund profère ces paroles et nomme son glaive: «Nothung! Nothung!»]
[Note 337-4: _Nothung_ se traduit: «_Fils-de la-Détresse_» (tel est le sens auquel je m'arrête); «Celui-qu'on-trouve-dans-la-Détresse» (M. Ernst); «_Urgence_» (M. Schuré); «_Détresse_» (Victor Wilder).--Ce glaive est tellement, pour ainsi dire, un personnage actif de la _Tétralogie_, que j'ai cru devoir lui garder son nom sans plus le traduire qu'on ne traduit Siegmund, ou Brünnhilde, ou bien Hunding, etc.--_Voir_ ci-dessous la note (1) de la page 447.]
[Note 338-1: Il s'agit d'expliquer la portée de cet «inceste».--Si l'on veut bien prendre la peine de se référer à l'analyse de la _Völsunga_ (pp. 201-204), on y trouvera, dans les amours de Siegmund et de sa sœur Signy, le prototype de celles de Siegmund et Sieglinde. Pour les amants de la _Völsunga_, le but est, avant tout, d'engendrer un Héros qui soit AUTHENTIQUEMENT de _leur_ race, afin de les pouvoir mieux venger, l'un et l'autre, d'affronts communs: bref, un Völsung qui soit Völsung en chacune des gouttes de son sang. N'oublions pas que nous sommes en plein milieu barbare; mais plutôt (car cela ne prouverait pas grand'chose), n'oublions pas que nous sommes en pleine saga _mythique_. Or, que de Mythes ne reposent-ils pas sur un inceste! que de cosmogonies tout entières!... L'inceste est au début de la _Genèse_ hébraïque (on peut le rappeler,--car c'est notoire,--sans craindre d'offenser personne), il s'y étale même par la suite, lorsqu'il a cessé d'être utile à la reproduction de notre espèce, et quand l'aînée des filles de Loth, textuellement, dit à sa sœur: «Notre père est vieux, et il n'y a point d'homme dans la contrée pour venir vers nous, selon l'usage de tous les pays. Viens, faisons boire du vin à notre père, et couchons avec lui, _afin que nous conservions la race de notre père_.» Observons, fait d'ailleurs remarquer H. Ernst, «observons que Wagner a rendu excusable l'acte des deux Wälsungen, l'a fait presque nécessaire, l'a glorifié de douleur et d'enthousiasme, en montrant l'éclosion de l'amour avant la révélation de la parenté, en posant la souffrance imméritée et la sympathie réciproque du persécuté et de l'esclave, la pitié sainte et le pur dévouement, comme préliminaires et causes de cet amour. La plus extrême angoisse d'un péril mortel, l'obligation pour Siegmund de sauver Sieglinde et de se défendre lui-même, la volonté enfin de Wotan, qui a conduit le frère près de la sœur (à l'endroit où l'épée vierge attend, enfoncée au cœur de l'arbre, la main du héros prédestiné), cette volonté qui ouvre la porte de la sinistre demeure, et enveloppe le couple de toute la joie de la nature, de toute l'ivresse du printemps,--autant de raisons dramatiques qui emportent nos résistances et contre lesquelles s'émoussent les objections. Une sorte de droit primordial de l'amour apparaît, s'arme de toutes les négations qu'il a subies, de toutes les violences endurées, et triomphe, avec fureur, avec délire, de tous les obstacles opposés à sa manifestation.»]
[Note 338-A: A ce geste, l'orchestre éclate. La fanfare du Glaive jaillit (partition, page 74).
Elle reparaît, mais plus douce, à travers les thèmes d'Amour et de Printemps qui reviennent.
Le chant de Siegmund, avant le geste, a ramené, par frissons, le chant de Erda, lorsque dans _Rheingold_, elle prophétise la fin des Dieux. Si l'on note que les paroles de Siegmund, ici, sur cette sombre mélodie, sont toutes d'allégresse, on sentira, du fait même de ce contraste sinistre, toute la force de la tragique fatalité attachée au descendant de Wotan.]
[Note 340-1: C'est à Fricka qu'il «appartient» comme le prouve la fin de cet Acte Deuxième. Il semble qu'ici, de la part de Wagner, il y ait eu confusion consciente, analogue à telles confusions, involontairement établies, par plus d'un docte mythographe, entre Fricka (Frigg) et Freya:--«Freya,» dit l'_Edda_ de Snorro, «possède le palais de Folkvaug, et, lorsqu'elle se rend à cheval sur le champ de bataille, une moitié des hommes tués lui _appartient_; l'autre est à Odin,» etc.]
[Note 340-2: «Maintenant j'ai dit les noms des _vierges du dieu de la guerre, des valkyries prêtes à chevaucher vers le champ de bataille_.» (_Völuspa_, 24.)]
[Note 340-A: Le thème de l'Épée reparaît, transformé, dans le Prélude du 2e Acte, où l'on retrouve aussi des motifs d'amour et de fuite. Les motifs d'amour sont des réminiscences de la Mélodie du Regard et du Lied du Printemps. Ils se combinent, significativement, avec une transformation du motif de la Fuite (Cf. fuite de Siegmund et de Sieglinde, fin du 2e acte). Y est aussi donné le motif principal de la Chevauchée des Walküres (à la fin du Prélude) (partition, pages 80 à 83).]
[Note 341-1: Ces béliers, tant reprochés à Wagner dramaturge--en vérité, pourquoi reprochés?--ces béliers, qui vont apparaître sur la scène, sont _annoncés_, ainsi qu'on le voit. Il est d'ailleurs notoire que Wagner y tenait fort, et se fâcha même avec le baron de Hülsen, qui lui proposait de représenter le _Ring_, mais à la condition que fût supprimé le «bétail».--A une époque où tout le monde est, veut ou croit être «symboliste», il ne devrait cependant pas être bien difficile de découvrir quelles bonnes raisons,--non point seulement traditionnelles,--Wagner avait d'atteler quand même deux béliers au char de Fricka, «sagesse» et convention, morale, règle et coutume, gardienne de l'honneur d'un Hunding! et j'en suis encore à chercher: pourquoi tel, non des moindres entre les wagnéristes, lors de la première des représentations de «_La Valkyrie_» à la Monnaie, souhaitait de voir la «ménagerie» du _Ring_, une bonne fois, sais-tu? «à la cantonade».]
[Note 341-2: «Le Père de tous est puissant, les alfes ont du discernement..., les nornes indiquent sur leurs boucliers la marche du temps..., les hommes souffrent..., _les walkyries aspirent après les batailles_.» (_Edda_ de Sœmund, _Poème du Corbeau d'Odin_, 1.)]
[Note 342-A: Pendant cette scène, un motif important est développé à l'orchestre: c'est le thème de _la grande douleur de Wotan_. Ce motif prédomine ici; il caractérise la lutte intérieure de Wotan.]
[Note 343-1: Fricka ne considère pas, ne veut pas considérer si des époux s'aiment, ou ne s'aiment pas. Elle est la Gardienne de l'ordre établi; elle est surtout, c'est ce qu'il faut bien saisir, le principe d'ordre de Wotan, dieu organisateur du Monde. Que les obtus ne viennent donc point nous parler, pour la critiquer, d'une «scène de ménage» imitée d'Homère. En une note de la Scène Deuxième de l'_Or-du-Rhin_, je disais: «Donc Fricka est, personnifiée, cette gorgée d'eau de la source de sapience; elle est la «sagesse» acquise par Wotan, incarnée par Wagner pour faire vivre _à nos yeux_ les _dramatiques luttes intérieures_ de cette sublime âme de Wotan, de cette immense âme d'Homme divinisé; c'est ainsi que s'incarnera plus loin, en cette admirable Brünnhilde, la vivante Volonté d'aimer révoltée, dans le cœur du dieu, contre la froide sagesse, contre l'étroite coutume,--contre Fricka.» Si d'aucuns en doutaient encore, une lettre de Wagner va faire cesser leurs doutes: «... le combat», dit-il, «de Wotan contre son inclination, d'une part, et Fricka (_die Sitte_), d'autre part.» (Lettre à Uhlig, du 12 nov. 1851.) Or, quel est donc le sens de _Sitte_? Voici: c'est la morale fondée sur la coutume, sur les hypocrites conventions sociales: «Tes facultés n'embrassent, des choses, que leurs habituels rapports, tandis que ma raison cherche un ordre inconnu!»]
[Note 344-1: A présent que le lecteur ne peut douter, d'après ces notes, du sens symbolique de Fricka, je laisse à sa perspicacité le soin et le plaisir d'apercevoir, sous l'interprétation concrète et transparente, nécessaire à la vie et au mouvement du drame, la signification profonde, âme de cette vie tout extérieure. A quiconque sait lire est-il nécessaire d'expliquer ce que Fricka veut dire par les «adultères» de Wotan? L'un d'eux, le plus important pour la marche du drame, n'est-il pas expliqué ci-dessous, par Wotan lui-même, à Brünnhilde? «Savoir! rongé du besoin de savoir, le Dieu bondit du ciel jusqu'aux entrailles du Monde. Charmée par un philtre d'amour, la Wala» (Erda, la Nature), «la Wala me répondit enfin. Je l'avais connue; et c'est ainsi que vous eûtes pour mère, toi, Brünnhilde, avec tes huit sœurs, la plus savante sibylle du Monde.» Wotan a forcé la Nature d'enfanter suivant son Désir,--puisque la Walküre est appelée _Wunschmaid_. Et de là sort le rôle de Brünnhilde; de Brünnhilde, _strahlende Liebe_, radieux Amour; de Brünnhilde, Wotan féminin, etc.--L'«adultère» de «Wälse» et ses conséquences, c'est-à-dire l'infidélité de Wotan à l'ordre établi par lui-même, donneraient lieu à des commentaires tout analogues. Mais je ne peux guère plus prolonger que je ne veux multiplier des notes ayant le caractère de celle-ci. Mon but n'est nullement d'y tout dire, un volume n'y suffirait point; mon but est de montrer aux lecteurs, peu familiarisés avec l'esprit de Wagner, qu'ils se feraient de ses drames une idée très fausse en jugeant, d'après leur surabondante vie extérieure, que cette vie n'est pas le «symbole», si l'on veut, d'une plus surabondante encore vie intérieure. Mon but est de montrer à ces mêmes lecteurs, par quelques exemples entre mille, à quels points de vue il faut se placer pour d'abord, comme eût dit Rabelais, notre Rabelais, «fleurer, sentir et estimer ces beaux livres»; pour, ensuite, «par curieuse leçon et méditation fréquente, rompre l'os et sugcer la substantifique mouelle.» Car il n'est point du tout honteux d'ignorer l'œuvre de Wagner; il n'est point honteux, pour qui la connaît, de l'attaquer au nom d'une idée précise; mais il serait ridicule et triste et pitoyable et criminel de la lire sans y rien comprendre, uniquement parce que c'est la _mode_ de paraître admirer Wagner. Eh bien, par l'interprétation de quelques passages, donnée en note, chacun pourra se faire une idée de ce qu'il y a sous le sens concret de presque chaque phrase; chercher ce second sens parallèle;--et s'il ne le trouve pas, c'est qu'il voudra bien! A moins... mais n'injurions personne!]
[Note 345-1: Depuis nombre de pages déjà, je ne m'astreins plus à signaler les transpositions dramatiques opérées par moi dans cette traduction, toutes conformes au sens général de l'œuvre et aux prolongements de la musique. Pour n'en pas tout à fait perdre l'habitude, donnons un passage littéral, dont la lettre n'eût point convenu à cette adaptation, en prose, d'un Drame-Musical-Poétique-Plastique.--Il y a donc ici, dans l'original: «Car ta femme, tu [la] craignais encore de sorte--Que la troupe des Walküres,--Et Brünnhilde même,--_Fiancée de ton Désir_,--Tu [les] livras en obéissance respectueuse à la Maîtresse.» Ce qui signifie que Wotan soumettait encore, aux Règles de l'Ordre établi, ses Désirs d'un «ordre inconnu».]
[Note 346-1: Littéralement: «[C'est le] dès toujours Accoutumé--Seulement [que] tu peux comprendre:--Tandis que, ce qui encore jamais ne s'est réalisé,--[C'est] à cela [qu']aspire ma pensée.»]
[Note 347-1: «_Il (Odin) donne la victoire à ses fils_, à quelques-uns la richesse, l'éloquence à ceux qui sont généreux, la raison aux hommes, le vent aux navigateurs, l'esprit poétique aux poètes et _le courage viril à beaucoup de guerriers_.» (_Edda_ de Sœmund: _Poème de Hyndla_, 3.)]
[Note 347-2: Grimm (_Deutsche Mythologie_, édition citée, I, p. 308) montre que Sigmund est un nom d'Odin.--Point de vue: considérer Siegmund comme une «incarnation» de Wotan.]
[Note 347-3: _Voir_ la note (1) de la page 337.]
[Note 348-1: Le Prélude de _La Walküre_ indique nettement, par le thème de l'_Incantation de Donner_ (voir _L'Or-du-Rhin_, scène quatrième), cette intervention de Wotan, _Sturmvater_, le Père-des-Orages, dirigeant la fuite de Siegmund.]
[Note 349-1: _Voir_ la note (1) de la page 354.]
[Note 349-2: «FRIGG _chanta_: «Ne racontez jamais vos aventures aux races humaines, ni ce que deux Ases ont fait dans les temps anciens.» (_Le Festin d'Æger_, 25.)]
[Note 350-1: _Heervater_, «le Père-des-Armées». C'est l'un des noms d'Odin (Wotan) dans les _Eddas_: «FRIGGA: Je conseille au _Père-des-Armées_ de rester dans son palais divin.» (_Vafthrudnismal_, 2.)]
[Note 350-A: Le motif de la Lance s'élève ici à l'orchestre, pour rappeler les traités jurés par Wotan (partition, page 110).
La forme de ce motif est ici très nette. Il serait superflu de commenter le fait de son affinité (qu'on remarque ici) avec le thème de Walhall. Il présente pourtant, malgré cette affinité, un caractère très arrêté de sombre énergie. Ce motif, on le sait, est principalement constitué par le thème de la servitude. Là surtout est l'intention dramatique.]
[Note 351-1: «Le moins libre»: c'est évident, et Wotan insiste plus loin: «Maître du Monde grâce aux traités, me voici l'esclave des traités.»]
[Note 351-2: _Voir_ la note (3) de la page 263.]
[Note 352-1: Donc cette connaissance du Passé est une condition suffisante pour qu'Erda connaisse également l'Avenir.--Qu'on prenne la peine de lire Wagner entre les lignes: à chaque instant l'on y trouvera de ces significations profondes, sans que la marche du Drame en soit interrompue, puisque le poète se garde bien de les présenter comme apophtegmes.]
[Note 352-2: «Elle (Wola) était assise seule en dehors, lorsque vint le vieillard, l'auteur des Ases, et elle lut dans son œil.--«Que me demandes-tu? pourquoi me tenter?»... Le père des armées fit choix pour elle de bagues et de chaînes d'or,... des sons magiques et des chants puissants. Elle regarda bien avant dans tous les mondes... Dans tous les lieux où elle recevait l'hospitalité, on la nommait Heidi et Wola-la-Savante...» (_Völuspa_, 22, 23, 25.)]
[Note 353-1: L'_Edda_ de Snorro dit d'Odin: «La terre était sa fille et sa femme.» (_Gylfaginning._)]
[Note 353-2: «Avec tes huit sœurs.» Le texte dit seulement: «De l'univers la plus savante femme--[T']enfanta, toi, Brünnhilde, à moi.--[C'est] avec huit sœurs--[Que] je t'élevai,» etc.--Mon interprétation n'en est pas moins exacte (partition, ensemble de l'œuvre, gloses des commentateurs les moins incompétents, m'autorisent à l'affirmer telle): aux sagaces de voir par la suite pourquoi le texte de Wagner laisse seulement deviner, des autres Walküres, ce qu'il dit de Brünnhilde en termes précis.--Quant au nombre neuf ou trois fois trois, il jouissait, en Scandinavie, comme dans l'Inde ancienne, d'une faveur toute particulière, dont la trace est en plus d'un mythe. Le _Poème de Helge, vainqueur de Hating_, dit d'une chevauchée de Walkyries: «Elles étaient trois bandes, de neuf chacune», etc.]
[Note 353-3: «Gladshem est la cinquième demeure céleste. Walhall tout resplendissant d'or y tient une vaste place; Odin y fait tous les jours un choix parmi les hommes tués sur les champs de bataille. Ils ont grande impatience de se rendre chez Odin pour voir sa salle; le plafond en est cannelé avec des bois de lances; le toit est couvert de boucliers; des cottes de mailles sont étendues sur ses bancs... Un loup est enchaîné devant la porte de l'ouest, et un aigle plane au-dessus» (_Poème de Grimner_, 8, 9, 10, dans l'_Edda_ de Sœmund), sans doute pour signifier, comme le suppose M. Léouzon-le-Duc, que ceux qui avaient pu nourrir les aigles et les loups des cadavres de leurs ennemis étaient seuls dignes d'entrer dans cette glorieuse demeure.]
[Note 353-4: «Ganglere continua: «Tu m'as dit que tous les hommes morts sur le champ de bataille, depuis la création du monde, sont maintenant à Walhall avec Odin.» (_Edda_ de Snorro, _Gylfaginning_.) «Ganglere dit alors: «Walhall est peuplée d'une multitude immense, et Odin doit avoir bien de l'habileté pour gouverner tant de monde.» (_Id._) «Ganglere dit: «Il faut que Walhall soit un édifice immense; la foule doit en rendre l'entrée et la sortie fort difficiles.» Har répondit: «Il n'est pas plus difficile de trouver place à Walhall que d'y entrer». On trouve dans le chant de Grimner le passage suivant: «Walhall possède, je crois, cinq cents portes et quarante encore. Huit cents Einhærjars peuvent sortir de front par chacune de ses portes, quand ils vont combattre le loup.» (_Edda_ de Snorro.) Le _Poème de Grimner_ (23) qui fait partie de l'_Edda_ de Sœmund, contient en effet bien ce passage. _Einheriars_ est le nom que portent les élus d'Odin (de _ein_, un; et _heri_, héros, combattant. _Einheriar_, d'après Bergman, serait bien rendu par _Monomaque_, ou guerrier qui lutte, à lui seul, contre un ou plusieurs adversaires). Quant au loup qu'ils ont à combattre, c'est Fenris, l'ennemi d'Odin, qu'au Crépuscule-des-Dieux sa gueule doit engloutir.]
[Note 354-1: «Elles sont appelées les Walkyries. Odin les envoie sur tous les champs de bataille; elles savent quels sont les guerriers qui succomberont, et disposent de la victoire. Gunn, Rota, et Skuld, la plus jeune des nornes, sont toujours à cheval; elles marquent les guerriers qui doivent périr, et dirigent le cours des batailles.» (_Edda_ de Snorro, _Gylfaginning_.)]
[Note 355-1: Littéralement: «Moi qui par des Pactes [suis] Maître,--[C'est] des Pactes [que] je suis à présent le valet.»]
[Note 355-A: Précédant ces paroles de Wotan:
«Un seul peut ce qui m'est impossible...»
le thème du _Péril des Dieux_ apparaît à l'orchestre (partition, page 123). Il se combine aussitôt avec le thème de la douleur de Wotan.
Outre ce thème et le beau mouvement de la bénédiction du Nibelung (page 133), il faut citer les réminiscences de _Rheingold_, qui commentent fort logiquement le long récit de Wotan.
Le thème du _Péril des Dieux_ semble résulter de la fusion des deux motifs des Nornes et du Crépuscule-des-Dieux. Sur le thème du Péril-des-Dieux, Voy., _Or-du-Rhin_, la note relative à l'Ur-Mélodie.]