La police secrète prussienne

Part 23

Chapter 233,513 wordsPublic domain

Ce monsieur, démasqué en plein tribunal, dut avaler pas mal de couleuvres à la suite de ces révélations; pendant assez longtemps il évita de se montrer en public. Naturellement, il lui fallait une compensation. Les appointements qu’il touchait sur ce fonds «que l’on n’aime pas à appeler par son nom» furent portés à un chiffre assez considérable. M. Beckmann fit tout son possible pour gagner en conscience son argent; mais il était _brûlé_, absolument compromis, et lorsqu’il paraissait quelque part, tout le monde restait bouche close, de crainte d’éveiller des échos indiscrets. Néanmoins, si cet agent est devenu trop public pour être utile, il sait encore se rendre agréable. Les gros banquiers allemands et les principicules de passage à Paris n’ont pas de cicerone et de «maître de plaisir» plus empressé, plus dévoué pour leur faire connaître tous les genres de distractions de la Babylone moderne. Mais quand il le faut, il se souvient aussi de ses véritables fonctions.

Ainsi, en 1878, pendant l’Exposition, le _Figaro_ publia un long article sur les correspondants allemands de Paris; et comme ce travail contenait des indications curieuses et fort exactes, on se perdit en suppositions sur le nom de l’auteur.

A l’ambassade d’Allemagne surtout, on était friand de le connaître.

M. Beckmann se mit en campagne. Le lendemain, il arriva tout essoufflé, rue de Lille.

--Je sais maintenant, clama-t-il dans les bureaux de l’ambassade, quels sont les coupables, je le sais, mais chut! C’est au prince de Hohenlohe lui-même que je réserve la primeur de cette grosse nouvelle.

Introduit dans le cabinet de Son Altesse, M. Beckmann affirma positivement que les auteurs des indiscrétions du _Figaro_ étaient MM. Victor Tissot et Landsberg, directeur de la _Correspondance française_[58].

[58] J’avais été, en effet, présenté à M. Landsberg par un ami commun, et malgré nos divergences politiques, nous passions avec plaisir quelques instants ensemble, lorsque les hasards de la vie de Paris et les rencontres du boulevard nous en fournissaient l’occasion. Landsberg était un causeur spirituel et d’un commerce agréable. Mais le jour où, selon le rapport de l’agent Beckmann, «je me trouvais à la brasserie de Pilsen,» j’étais à cent cinquante lieues de Paris.

--Oui, Altesse, ce sont eux! et la preuve, c’est que la veille de la publication de l’article, j’ai passé près de la _Brasserie de Pilsen_, derrière l’Opéra. J’ai regardé--selon mon habitude--à travers les vitres pour savoir ce qui s’y passait; j’ai vu Victor Tissot et Landsberg buvant à une table et causant avec beaucoup d’animation. Sans doute, ils combinaient leur coup.

Disons tout de suite que pour un observateur officiel ou officieux, M. Beckmann a de fort mauvais yeux. Il avait bien vu «à travers les vitres» M. Landsberg, mais le prétendu Victor Tissot était un journaliste viennois, M. Schœnberg, qui, de loin, offre une ressemblance très vague avec l’auteur de ce livre.

En «observateur consciencieux», M. Beckmann aurait dû vérifier, mais il ne s’en donna pas la peine et préféra courir à l’ambassade pour y servir tout chaud son rapport.

Le prince de Hohenlohe ne cacha pas la surprise et le regret qu’il éprouvait de ce qu’un écrivain allemand comme M. Landsberg frayât avec celui qui avait fait le _Voyage au pays des Milliards_ et lui fournît des renseignements pour un article au _Figaro_.

Le pauvre Landsberg était bien innocent. Victor Tissot était le seul coupable.

L’ambassade allemande de Paris étant un nid à commérages, dès le soir, M. Landsberg fut averti par un des attachés, si je ne me trompe par M. Rodolphe Lindau, de la dénonciation du sieur Beckmann et des réflexions désobligeantes de l’ambassadeur.

Le lendemain, à la première heure, M. Landsberg se fit conduire rue de Lille et protesta avec la plus grande énergie contre les accusations dont il avait été l’objet; puis il écrivit à M. Beckmann une lettre où «l’agent secret» de l’ambassade était traité comme il le méritait. M. Landsberg défendait en même temps à M. Beckmann de jamais remettre les pieds chez lui ni de lui adresser la parole.

Le hasard voulut que le même soir le directeur de la _Correspondance française_ allât, selon son habitude, passer une heure à la _Brasserie de Pilsen_, que fréquentait un public spécial de journalistes, de boursiers et d’attachés d’ambassades. Poussé par sa mauvaise étoile, le sieur Beckmann, au lieu de se borner à regarder à travers les vitres, eut la fâcheuse idée d’entrer pour boire également son bock. Dès que Landsberg aperçut son compatriote:

--Comment, fit-il, en s’adressant au gérant de l’établissement, vous avez des agents de police ici?... Je croyais votre maison mieux tenue... Mettez-le donc dehors!

Tous les consommateurs, dont la plupart connaissaient Landsberg et Beckmann, se regardèrent.

Celui-ci n’en demanda pas davantage; il battit précipitamment en retraite.

* * * * *

Un an plus tard, la _Nouvelle Revue_, que Mme Edmond Adam venait de créer, publiait un article très vif contre M. de Bismarck, dont la politique et même la personne étaient prises à partie avec toute la généreuse indignation d’une femme patriote ardente, jetant l’anathème à l’ennemi de son pays. La publication de cet article de la _Nouvelle Revue_ fit sensation, on s’en occupa pendant plusieurs jours.

M. Beckmann, qui, à ses nombreuses missions, joint le métier de correspondant de l’organe gallophobe par excellence, la _National-Zeitung_ (Gazette nationale de Berlin), se hâta de télégraphier à ce journal que l’attaque contre M. de Bismarck, parue dans la _Nouvelle Revue_, avait été inspirée par Gambetta, qui, président de la Chambre, chef incontesté du parti républicain, gouvernait alors réellement la France. Venant d’une semblable source, l’importance de l’article changeait du tout au tout; ce n’était plus l’imprécation éloquente d’une Française, c’était la manifestation voulue d’une hostilité officielle, affrontant, provoquant même toutes les représailles diplomatiques ou autres. Au fond, la dépêche de M. Beckmann avait surtout pour _objectif_ (servons-nous de ce mot cher à ses compatriotes) de favoriser, comme lors de l’affaire de l’_Écho du Parlement_, un gros coup de baisse dans l’intérêt d’une maison de banque allemande établie à Paris.

Or, l’assertion de M. Beckmann était une véritable calomnie. Gambetta n’ayant pu empêcher la publication de l’article dans la _Nouvelle Revue_, fit insérer une réponse très vive dans la _République française_. C’est ce que M. Landsberg fit ressortir dans une note de sa correspondance qui parut le 4 novembre 1879: «Depuis un an environ, écrivait la _Franzœsische Correspondenz_, il est certain que M. Gambetta a cessé toute relation avec Mme E. Adam; qu’il n’a plus paru dans le salon de cette dame et qu’il est resté entièrement étranger à la création de la _Nouvelle Revue_. Tout le monde sait cela dans la société de Paris. Ceux-là seuls qui sont des agents de police avérés comme le correspondant de la _Gazette nationale_, M. Albert Beckmann, et qui, pour ce motif, se voient consignés à la porte de partout, peuvent ignorer cette situation.»

Le petit entrefilet de la _Franzœsische Correspondenz_ fut reproduit par une centaine de journaux indépendants, du Rhin à la Vistule, de Hambourg à Trieste.

Depuis les révélations du procès d’Arnim, le nom de Beckmann avait acquis en Allemagne la triste célébrité qui, en 1848, après les publications de la _Revue rétrospective_, s’attacha en France au nom de Lucien Delahodde. Les organes libéraux saisirent avec empressement l’occasion de démasquer de nouveau «l’agent secret public» de l’ambassade allemande de Paris, grassement payé sur «ce fonds que l’on n’aime pas à nommer».

Cet incident fit grand tapage.

Immédiatement, M. de Hohenlohe fit appeler son collaborateur.

--Il faut absolument, lui dit-il, que vous obteniez une rétractation ou une satisfaction. Autrement vous seriez la risée de l’ambassade; le dernier _Kanzleidiener_ (garçon de bureau) vous mépriserait. Je serais forcé de cesser toutes relations avec vous.

Condamné ainsi à mettre flamberge au vent, M. Beckmann envoya des témoins à M. Landsberg, qui, immédiatement, se tint à la disposition de son adversaire.

Les négociations en vue de régler la rencontre furent assez laborieuses. M. Beckmann tenait absolument à ce que le duel eût lieu en pays allemand, à Herbesthal. Les témoins de M. Landsberg repoussèrent énergiquement cette proposition.

Les accointances très intimes de l’agent secret avec les commissaires de police et la gendarmerie de la frontière inspiraient, à tort peut-être, aux témoins de M. Landsberg la crainte de quelque comédie où les porte-casques, prévenus à temps, interviendraient au moment psychologique.

Malgré la vive résistance des témoins de M. Beckmann, il fut décidé que l’on se battrait en Belgique. Un témoin de chacun des belligérants partit la veille du grand jour pour chercher dans les environs d’Erquelinnes un terrain propice à l’échange des balles réglementaires.

M. Landsberg, son autre témoin et un médecin russe de ses amis partirent de la gare du Nord par un froid sibérien: toute la campagne sommeillait sous une épaisse couverture de neige, et les boules d’eau chaude jointes aux fourrures suffisaient à peine pour maintenir dans le compartiment une température supportable.

On arriva vers onze heures à Erquelinnes. Quelle fut la surprise de M. Landsberg et de ses compagnons d’apercevoir, se promenant sur le quai de la gare à l’arrivée du train, son adversaire avec ses seconds, lorsqu’on devait supposer qu’il ne partirait de Paris que le matin! Ces messieurs, soi-disant pour dérouter les soupçons, s’étaient affublés de vieilles jaquettes, de pantalons invraisemblables et de chapeaux mous.

Cette petite mascarade fit beaucoup rire M. Landsberg et ses amis, mais cette douce gaieté s’éteignit bientôt, lorsqu’ils apprirent que, selon l’avis des témoins envoyés en maréchaux de logis, il était absolument impossible de se battre dans les environs d’Erquelinnes. Trop de neige, trop de verglas et des gendarmes partout, telles étaient les raisons invoquées; une discussion assez vive s’ensuivit sur le quai de la gare; elle fut interrompue par l’appel du conducteur avertissant que le convoi allait se remettre en route.

--Remontons en voiture, fit l’un des témoins, nous continuerons notre conférence à la prochaine station.

A Charleroi, l’arrêt n’était que de dix minutes, on n’arriva à un aucun résultat; il fallut rentrer dans les wagons jusqu’à Namur. Là, un des témoins de M. Landsberg déclara que son client n’irait pas plus loin, et que si M. Beckmann continuait la route, on le considérerait comme ayant voulu se dérober à la rencontre par la fuite. Tout le monde descendit de voiture, sauf un des témoins de M. Landsberg, qui déclara être obligé de rentrer immédiatement à Paris.

Le docteur s’offrit pour le remplacer et les voyageurs se rendirent à une hôtellerie près de la gare pour conférer. Ici les véritables causes de retard apparurent. M. Beckmann tenait à tout prix à se battre sur son terrain, à Herbesthal, en Prusse, et sur le refus réitéré des témoins de M. Landsberg de se rendre en Allemagne, il fut décidé que la rencontre aurait lieu immédiatement dans les environs de Namur.

Cependant il était écrit que cette journée serait pacifique.

M. Beckmann déclara qu’il devait à tout prix être le soir même à Herbesthal, et que comme le train partait dans un quart d’heure, il fallait absolument remettre le combat à trois jours.

Avant que ses propres témoins pussent transmettre la réponse de ceux de M. Landsberg, Beckmann, toujours accoutré de son veston et coiffé de son tromblon avarié, avait pris place dans le convoi qui s’éloignait à toute vapeur vers la frontière de Prusse.

Force fut donc à Landsberg de revenir à Paris.

Le duel pourtant eut lieu trois jours plus tard dans le jardin d’un dentiste, à Enghien. Cette fois, M. Beckmann et ses témoins, habillés très correctement et en gentlemen, furent précis au rendez-vous. Une balle fut échangée sans résultat, et Beckmann put revenir à l’ambassade de la rue de Lille avec l’auréole d’un champion qui a fait ses preuves.

Trois années plus tard, M. Landsberg, qui souffrait d’une cruelle maladie, mourait dans son appartement de la rue de Compiègne, où se trouvaient également les bureaux de la _Correspondance_. Pendant la maladie de son adversaire, l’agent secret de l’ambassade s’était tenu aux aguets, car il avait son plan. Il suivait les progrès de la maladie de l’infortuné Landsberg comme le requin suit le navire, et lorsque la mort se fut emparée du rédacteur de la _Franzœsische Correspondenz_, on vit M. Beckmann s’installer en maître dans l’appartement de «son ami», comme il l’appelait à présent; il racontait à qui voulait l’entendre que son ancien adversaire s’était réconcilié avec lui et avait manifesté à son lit de mort le désir de le voir lui succéder comme directeur de la _Correspondance_.

Landsberg n’avait pas de famille à Paris, et dans les derniers temps il vivait fort retiré; son héritier naturel, un frère, négociant à Berlin, mort également depuis, arriva le lendemain du décès. Beckmann attendait M. Otto Landsberg à la gare du Nord; et, à partir de ce moment, il ne le quitta plus et sut l’amener à signer immédiatement un acte de vente de la _Franzœsische Correspondenz_, au nom d’un certain Stuht, ancien conseiller de préfecture prussien dans un département occupé pendant l’invasion, employé, plus tard, dans les bureaux de l’ambassade de la rue de Lille, et qui, lors du duel que nous venons de raconter, avait servi de témoin à Beckmann.

Depuis cette époque, la _Correspondance française_ (titre ironique s’il en fut) est devenue un instrument de plus entre les mains de l’ambassade allemande de Paris; elle sert de véhicule à toutes les attaques et à toutes les calomnies que M. de Bismarck juge de temps à autre nécessaire de diriger contre la France.

C’est par l’intermédiaire de la _Correspondance française_ notamment qu’a été conduite avec une savante perfidie cette campagne qui, grossissant quelques incidents sans importance, quelques articles sans la moindre autorité, a persuadé aux étrangers qu’ils n’étaient plus en sûreté en France, où l’on ne songeait qu’à les égorger, et que le séjour de Paris était des plus dangereux pour tout individu d’origine allemande, alors que 60,000 ex-soldats ou futurs soldats de M. de Moltke battent le pavé de la grande ville et savent s’arranger de manière à prospérer, tandis que les négociants et les ouvriers français sont aux abois.

Les journaux allemands reproduisent de bonne foi ces absurdités calomnieuses, et le lecteur effrayé se figure que la France n’est plus qu’un repaire de brigands.

Un sous-Beckmann, un certain Nordau, qu’un ministre français a décoré du ruban violet d’officier d’académie, a bien fait un ouvrage en deux tomes pour prouver que les habitants des bords de la Seine auraient plus besoin d’être civilisés que ceux des bords du Congo!

* * * * *

Le grand chef de la police prussienne, le fameux Stieber, malade pendant quatre ans, est mort en 1882.

Stieber n’a pas été officiellement remplacé. Mais on peut en être certain, «l’abbaye ne chôme pas faute d’un moine.»

Si le chef n’est plus, la légion des agents qu’il a recrutés, instruits et dressés, a l’œil et l’oreille partout où il y a quelque chose à apprendre ou à observer.

La police secrète prussienne s’est même perfectionnée au point d’avoir aujourd’hui à son service des personnalités qui, par leur haute situation financière dans le monde parisien, semblent à l’abri de tout soupçon.

Nous pourrions citer des salons très courus par certains députés qui sont, certes, bien loin de se douter que les grandes dames auxquelles ils vont offrir leurs respectueux hommages sont en relations d’affaires avec le bureau des renseignements secrets du gouvernement prussien.

Dans un pays comme la France, où la femme joue un rôle si puissant, M. de Bismarck a tout de suite compris le parti qu’il pourrait tirer de semblables auxiliaires.

Un événement récent a montré que l’espionnage féminin pouvait s’exercer jusque sur les choses militaires.

Mme Kaula n’est-elle pas parvenue à entortiller dans ses jupons un général français, ministre de la guerre en 1875?

Avant de se rendre au conseil des ministres, ou quand il en revenait, le général avait l’habitude d’aller déjeuner chez la chère tendresse. En entrant, il déposait son portefeuille ministériel sur un guéridon du salon. Pendant le déjeuner, que Mme de Kaula savait agréablement prolonger, une main habile escamotait le portefeuille du ministre de la guerre; on l’ouvrait au moyen d’une fausse clef, et la sténographie prenait rapidement copie des pièces et des documents les plus importants, qui étaient le soir même expédiés à Berlin.

Ces faits sont connus. Ils n’ont pas été démentis. Nous pourrions en citer bien d’autres; mais le moment n’est pas encore venu pour nous de faire l’histoire de la police secrète prussienne en France, pendant les années qui nous séparent encore de la prochaine guerre.

FIN.

TABLE

Pages.

CHAPITRE PREMIER.

Berlin au lendemain de la Révolution de février.--Ce que se disaient deux bourgeois au coin de la rue Frédéric.--Schœffel et Goldschmidt.--Le roi Frédéric-Guillaume se montre à son peuple et le prince Charles s’adresse au beau sexe.--Aspect du cortège royal.--Une manifestation inattendue.--Où l’agent Stieber paraît pour la première fois.--Retour du roi au palais. 1

CHAPITRE II

Un intérieur allemand.--M. Prosper Cheraval, parisien de naissance, musicien par goût et professeur de langue française.--Stieber, orateur socialiste.--La fabrique des frères Schœffel.--Un contremaître socialiste.--M. Schmidt, peintre et espion.--Comment on ébauche une conspiration.--Papiers volés par la police.--La première mission secrète du policier Stieber.--Arrestation de M. Schœffel.--Stieber porté en triomphe. 17

CHAPITRE III

Les héros du régime de la compression militaire et policière.--Le maréchal Wrangel.--Son portrait.--Ses rapports avec les journalistes.--M. de Hinkeldey, préfet de la police prussienne.--Où Stieber reparaît.--Le roi le nomme _Polizeirath_.--Frédéric-Guillaume, poète et collaborateur du _Kladderadatsch_.--La mission secrète de Stieber à Londres.--Comment il fit voler les papiers de l’Association socialiste internationale.--Stieber chez M. Josias de Bunsen.--La mission de Stieber à Paris.--Stieber chez Mme la princesse de S... et chez M. Carlier.--Tentative d’assassinat sur l’agent de la police secrète prussienne.--Retour de Stieber à Berlin.--La Krause et sa collection «d’honnêtes dames».--Un espion homme du monde.--Petite fête organisée par la police.--Mme de Hagen obtient son divorce et Stieber est plus en faveur que jamais. 47

CHAPITRE IV

M. de Hinkeldey gagne la confiance du roi.--Le ministère Manteuffel et la coterie réactionnaire.--Goût du roi pour les histoires piquantes.--Petites manœuvres de l’Autriche à Francfort.--Où M. de Bismarck commence à se faire connaître.--La Prusse veut prendre sa revanche d’Olmütz.--M. et Mme de Bismarck.--Le représentant de la Prusse enseigne la politesse au représentant de l’Autriche.--La police de M. de Bismarck et celle de M. Prokesch-Osten.--Comment M. de Bismarck s’empara de la correspondance de M. Prokesch-Osten.--Le peu de popularité du représentant de la Prusse à Francfort.--Vol de dépêches commis par le lieutenant Teschen.--Teschen à la solde de l’ambassadeur de France.--Entrevue de Teschen avec M. Rothan.--Le roi de Prusse sur le Rhin.--Un secrétaire de l’ambassade de Russie caché dans une armoire.--Le mystérieux «prince d’Arménie».--L’agent secret Hassenkrug à Mazas.--Opinion de Stieber sur le «prince d’Arménie». 109

CHAPITRE V

M. de Hinkeldey et M. Stieber à la tête de la police.--Comment étaient traités les créanciers de MM. les officiers.--Ordre du roi de supprimer les tripots.--L’expédition de M. de Hinkeldey au _Jockey-Club_.--Les susceptibilités de M. de Rochow.--Affront public fait à M. de Hinkeldey.--Celui-ci prend la résolution de se battre.--Un dîner de gala à Potsdam.--M. le pasteur Richter.--M. de Hinkeldey est tué par M. de Rochow.--Souscription à la Bourse de Berlin.--Le roi suit le convoi de M. de Hinkeldey.--Le prince Napoléon à Berlin.--Folie et mort de Frédéric-Guillaume. 137

CHAPITRE VI

Entrevue secrète d’un journaliste prussien avec un homme d’État autrichien.--Mission confidentielle de M. Wollheim en Italie.--Son retour à Paris.--Ses relations avec M. de Girardin et l’_Agence Havas_.--Petit voyage à la recherche de subventions allemandes.--Entretien de M. de Bismarck avec M. Wollheim.--M. le chevalier retourne au service de la Prusse.--Son voyage de Berlin à Reims pendant la campagne de 1870.--Il se fait passer pour Espagnol.--M. Wollheim, rédacteur en chef du _Moniteur de Reims_.--Instructions relatives à la presse française.--M. de Saufkirchen et la peste bovine.--Un duel ridicule.--Gracieuse hospitalité de Madame Pomery.--Perte des traces du «reptile» Wollheim. 177

CHAPITRE VII

Retour en arrière.--Revirement dans la politique prussienne.--Stieber inculpé d’arrestations arbitraires.--M. de Mohrenheim confie à Stieber une mission délicate.--La princesse de S... et Edgard R...--Stieber entre au service de la police secrète russe.--Son entrevue avec M. de Bismarck.--Il est envoyé en Saxe et en Bohême.--Arrestation de l’espion prussien à Trautenau.--L’attentat de Charles Blind.--Stieber reprend publiquement ses fonctions.--Comment il se vengea de sa mésaventure en Bohême.--La presse française et M. de Bismarck.--M. Vilbort au grand quartier général et décoré par le roi de Prusse.--Brunn et l’invasion prussienne.--M. Benedetti à Nikolsbourg. 215

CHAPITRE VIII

La police secrète prussienne à Paris pendant l’Exposition de 1867.--Stieber joue, pour le compte de ses patrons, le rôle d’agent provocateur.--Les conciliabules des réfugiés polonais aux Batignolles.--Comment fut complotée la tentative d’assassinat contre le Tsar.--Entretien secret de Stieber et de M. de Bismarck.--Conséquences politiques d’un attentat dirigé, en plein Paris, contre Alexandre II.--La journée du 6 juin à Longchamps.--Un agent de Stieber fait dévier l’arme de Berezowski.--Réalisation de ce qui avait été prévu par M. de Bismarck.--La Russie laisse faire la Prusse en 1870. 241

CHAPITRE IX

M. de Bismarck et l’art d’accommoder l’opinion publique.--Pourquoi fut fondé le «bureau de la presse».--L’allocation de 305,000 francs destinés aux journaux étrangers.--Relations des agents diplomatiques prussiens avec les journalistes.--Le bureau de la presse divisé en deux sections.--Comment fut préparée la guerre de 1866.--Stieber à la tête du bureau de la presse.--Ses voyages à Paris.--Surveillance de l’émigration hanovrienne.--Stieber réussit à inventer un complot.--Ses relations avec la haute bohème internationale des journalistes.--L’espionnage prussien établi à Lyon, Bordeaux et Marseille. 259

CHAPITRE X