La pénétration saharienne (1830-1906)
Part 12
En 1892, M. G. Méry fut chargé par M. Georges Rolland, ainsi que par la Société d’études pour la construction d’une voie ferrée de Biskra à Ouargla et prolongements, d’une mission géographique et commerciale au sud d’Ouargla vers le pays des Touareg Azdjer. Parti d’El-Oued avec 3 indigènes et 4 chameaux seulement, il gagna El-Biodh par Aïn-Taïba, reconnaissant le grand Gassi découvert par la première mission Flatters, le plus beau couloir de la région tant par son sol régulier de _reg_ que par sa largeur, qui atteint jusqu’à 12 kilomètres, et constatant que l’établissement d’une voie ferrée ne rencontrerait aucune difficulté provenant de la nature du terrain[305]. D’El-Biodh, il marcha vers le S.-S.-E., comptant atteindre Tabalbalet, d’où les premiers campements Azdjer n’étaient pas éloignés, mais, après 3 jours de marche dans cette direction, il fut contraint de revenir sur ses pas par suite du refus de son guide Chaanbi de l’accompagner plus loin à cause des Touareg. Il revint à Aïn-Taïba, où il rencontra M. Foureau revenant d’Hassi-Messeguem, et rentra à El-Oued par Hassi-bel-Haïran et Hassi-Mey.
En 1893, M. G. Méry est envoyé de nouveau par le syndicat de Biskra-Ouargla, avec mission de chercher à s’entendre avec les chefs des Azdjer et d’obtenir le libre passage sur leur territoire pour des caravanes à destination du Soudan central. M. Méry était allé au préalable à Tripoli se renseigner sur le mouvement des échanges existant entre ce port et le Soudan, ainsi que sur la nature des marchandises échangées. D’El-Oued, M. Méry accompagné de M. Guilloux, se dirigea sur Hassi-Mey et Hassi-bel-Haïran. Là, il fut rejoint par un _miad_ de Touareg revenant d’Alger, où ils étaient allés, dans un but mal défini, pour voir le Gouverneur et échanger des salutations, dirent-ils, mais surtout pour se renseigner sur nos intentions à leur égard[306].
La mission, conduite par Abd-en-Nebi, marabout des Ifoghas et arrière-neveu de Cheikh Othman, se dirigea sur le lac Menghough par Tabalbalet et Aïn-el-Hadjadj, suivant la route de la première mission Flatters. Au lac Menghough, elle eut des entrevues avec les chefs Azdjer Guedassen et Mouley. Elle regagna ensuite El-Oued par Temassinin, El-Biodh, Aïn-Taïba et Hassi-bel-Haïran. L’itinéraire avait été relevé à la boussole par M. Méry, qui avait fait en outre des observations météorologiques, recueilli des échantillons géologiques et botaniques, tandis que M. Guilloux faisait des observations astronomiques.
Au point de vue scientifique, le voyage de M. G. Méry n’a donc pas été sans résultats. Au point de vue économique, les assertions de cet explorateur étaient en complète contradiction avec celles de M. Foureau. M. Méry affirmait que « tous les Touareg, même les bergers, connaissaient le traité de Ghadamès, et que pas un ne manquerait à la parole donnée par un chef au nom de toutes les tribus[307] ». M. Foureau déclarait que la masse de la nation ne connaissait point la convention de 1862. Le courant d’échanges entre la Méditerranée et le Soudan est très important d’après M. Méry, insignifiant d’après M. Foureau[308]. Une vive polémique s’est engagée là-dessus ; elle ne présente d’ailleurs plus qu’un intérêt rétrospectif, puisque les conditions de la pénétration saharienne sont aujourd’hui complètement changées.
« Je ne crains pas, disait M. G. Méry, d’affirmer que nous avons la route du Soudan ouverte par le Nord, et à ceux qui me contrediraient, je me contenterais de répondre que je m’offre à en faire pratiquement la preuve. » Cette réponse eût en effet convaincu les plus incrédules. Malheureusement, elle ne fut pas faite. En octobre 1893, le Syndicat Ouargla-Soudan, avec l’appui officiel du Gouvernement général de l’Algérie, envoya une mission pour essayer de tirer parti de la première mission Méry. Cette mission comprenait M. Méry, chef de mission, M. B. d’Attanoux, ancien officier, rédacteur au _Temps_, M. Bonnel de Mézières, ancien membre de la mission Maistre, et deux Pères Blancs, le P. Hacquart, supérieur de la station d’Ouargla, et le P. Ménoret. Mais, dès les premiers jours, un désaccord survint entre M. Méry et ses compagnons au sujet de l’organisation de la caravane et des mesures à prendre pour assurer sa sécurité. M. Méry, souffrant, rentra en France : il alla de là à Tombouctou, où il ouvrit avec beaucoup de succès des comptoirs commerciaux commandités par le Syndicat Ouargla-Soudan ; il mourut à Tombouctou, après un séjour de plusieurs années. M. B. d’Attanoux fut désigné comme nouveau chef de la mission, et le départ fut ajourné pour utiliser le retour dans son pays d’une députation de Touareg qui venait d’arriver à El-Oued, où elle fut reçue par le général de la Roque.
La mission d’Attanoux reprit la route du Sud au mois de janvier 1894, accompagnée des membres du _miad_ Touareg et du marabout Abd-en-Nebi. Elle passa par Hassi-bel-Haïran, Aïn-Taïba, Temassinin, et gagna le lac Menghough par Tabalbalet et Aïn-el-Hadjadj. L’attitude des Touareg fut exactement la même que dans les autres tentatives pour franchir leur territoire. La mission rencontra, sur la route du Menghough, des Hoggar qui exigeaient le droit de passage et avec lesquels la discussion faillit mal tourner ; les Ifoghas suivaient la mission comme des chiens affamés, demandant sans cesse des vivres et des cadeaux ; les chefs des Azdjer, campés à 3 jours du Menghough, ne se dérangèrent point, et la mission n’alla pas les trouver : « Des raisons d’ordre matériel et moral, également impérieuses les unes et les autres, s’opposent à ce que nous allions jusque-là. Nos provisions ne résisteraient pas aux premiers assauts que leur donnerait la multitude que nous y trouverions et pour laquelle la venue d’un voyageur bien approvisionné est une bonne fortune inespérée. » On se borna à des échanges de propos avec un représentant de la Djemaa, nommé Kounni, qui déclara bien que les Azdjer « se considéraient comme liés par le traité de Ghadamès », mais qu’ils exprimaient « le désir de ne pas voir la mission aller plus loin cette année ». On reprit la route de l’Algérie, en suivant le même chemin qu’à l’aller jusqu’à Temassinin ; puis la mission gagna Hassi-Tabankort, et, coupant à travers le grand Erg, se dirigea sur Hassi-bel-Haïran et Touggourt. Bien qu’elle se déclarât très satisfaite des résultats obtenus, elle n’avait pas réussi, pas plus que celles qui l’ont précédée ou suivie, à traverser le territoire des Azdjer avec le concours de ces derniers.
Un essai d’envoi de Souafa à Ghadamès, en 1896, ne réussit pas davantage ; le kaïmakam, sur des ordres de Tripoli, à ce qu’il prétendit, s’opposa à la mise en vente des marchandises, et déclara que seuls les Anglais avaient le droit de faire le commerce de l’ivoire avec Ghadamès[309].
La tentative du marquis de Morès eut une issue plus malheureuse encore. Il cherchait à faire pénétrer vers le centre africain des caravanes tunisiennes, avec l’appui de la Chambre de Commerce et d’Agriculture de Sousse. Il quitta Djeneïen le 31 mai 1896 : le 9 juin, il était massacré avec ses compagnons au lieu dit El-Ouatia (Bir-el-Oti), entre Sinaoun et Ghadamès, victime de la traîtrise de Touareg et de Chaanba dissidents entre les mains desquels il s’était remis, faisant preuve ainsi d’une funeste méconnaissance de ces contrées et de leurs habitants[310].
Un essai assez original fut fait en 1896, par le général de la Roque, pour fixer aux environs de Berresof un certain nombre de tentes touareg ; on espérait, par l’entremise de ces Sahariens, développer nos relations avec leurs congénères du désert. Ils se laissèrent nourrir pendant un certain temps, puis, lorsqu’on les invita à planter quelques palmiers, repoussèrent l’offre d’un travail indigne d’hommes libres, et firent comprendre que, si on voulait leur donner des jardins, il fallait auparavant y attacher quelques esclaves nègres. Ils se mirent ensuite à voler les chameaux de nos nomades, pratiquant la razzia en quelque sorte sur place, et finirent par reprendre le chemin du Sud, dûment engraissés et repus[311].
L’échec des tentatives commerciales de MM. Méry et d’Attanoux fit songer à l’emploi d’un autre moyen. Puisque nous ne pouvions aller commercer au Sahara, il fallait amener le Sahara à venir commercer chez nous. On pensa qu’il fallait avant toute chose s’attacher à modifier le tarif douanier appliqué, lors de leur entrée dans les ports algériens, aux marchandises françaises. Les prix de nos produits se trouvaient majorés des 2/3 par les taxes qu’ils subissaient comparativement aux denrées similaires parvenant à la même latitude par Tripoli ou le Maroc[312]. Dans le Sahara oranais, le sucre, le thé, le café et les objets de quincaillerie étaient de provenance marocaine. En 1892, une caravane de Rezaïna, chargée de denrées diverses d’une valeur de 65.828 fr., n’emportait qu’un seul produit de notre industrie française : 96 francs de bougie de Marseille ; ce chiffre a son éloquence. A Figuig, les marchandises venues de Melila étaient meilleur marché que celles d’Aïn-Sefra[313].
Une commission fut instituée en 1903, par ordre de M. J. Cambon, pour chercher les moyens de remédier à cet état de choses. Elle reconnut que le régime appliqué stérilisait notre action, et conclut en demandant l’entrée en franchise des produits destinés à traverser du N. au S. le territoire algérien pour se répandre dans le Sahara[314]. Comme conséquence, elle réclamait la création non de territoires francs, mais simplement de postes de sortie où l’on s’assurerait que les exportations sont bien réelles. La caravane emportant les produits détaxés serait escortée pendant un certain temps pour prévenir toute fraude[315]. Un décret du 17 décembre 1896 réalisa cette mesure et indiqua comme postes de sortie El-Oued, Touggourt, El-Abiod-Sidi-Cheikh, Djenien-bou-Rezg[316].
En Tunisie, la frontière saharienne est restée franche de toute barrière douanière et la pénétration commerciale se présente sous certains rapports dans des conditions plus favorables qu’en Algérie. On pouvait espérer faire concurrence à Tripoli et faire aboutir au golfe de Gabès une partie du commerce, faible d’ailleurs, de Ghat et de Ghadamès. En y intéressant les Azdjer, on comptait créer une voie indépendante de ces deux villes ; le mouvement devait se produire par l’arrivée à Tataouïn de caravanes conduites par les Sahariens eux-mêmes, et effectivement un léger mouvement de reprise se produisit vers 1895, bientôt arrêté par le meurtre de Morès. Ce mouvement ne paraît pas s’être beaucoup accentué depuis[317]. Sans abandonner complètement tout espoir de trafic transsaharien, on s’occupe surtout actuellement, et avec juste raison, du développement économique des diverses régions qui constituent l’Extrême-Sud tunisien[318].
Restait à essayer de la pénétration économique par les voies ferrées, l’instrument évidemment le plus efficace au point de vue politique comme au point de vue commercial. La question du Transsaharien, un moment enterrée après la mission Flatters, renaît de ses cendres vers 1890. Cette résurrection[319] est due en grande partie aux efforts de M. G. Rolland, ancien membre de la mission Choisy. Par ses brochures et ses conférences, M. Rolland a ému l’opinion publique et suscité de nouvelles controverses. M. Ed. Blanc, le général Philebert, furent également parmi les plus chauds partisans du Transsaharien, examinant la question économique, les rapports avec les Touareg, les difficultés techniques[320]. « Faire un tout de l’Algérie, du Sénégal et du Congo, par le Sahara touareg et par le Soudan central et occidental », tel est le but que se proposent MM. Philebert et Rolland[321], M. Rolland examine les divers tracés : occidental, d’Aïn-Sefra au Niger[322] ; central, de Laghouat à El-Goléa et au Niger[323] ; occidental, de Biskra au lac Tchad par Ouargla, l’Igharghar et Amguid. Enfin M. Ed. Blanc préconise plus particulièrement le tracé du golfe de Gabès au Soudan par Ghat et Ghadamès[324]. En somme, quatre tracés principaux étaient proposés, correspondant à chacune des provinces algériennes et à la Tunisie, les tracés par le Touat conduisant au Niger et ceux par l’Igharghar menant au Tchad, quoique chacun d’eux puisse « faire la fourche[325] » vers le Tchad et vers le coude du Niger. Les préférences de M. G. Rolland, de M. Schirmer[326] et de beaucoup d’autres personnes compétentes en matière saharienne paraissent être à cette époque pour le tracé qui passe par Biskra, Ouargla et Amadghor et aboutit au Tchad.
En 1899, à la suite des progrès nouveaux de la domination française dans l’Afrique centrale, il y a eu un troisième réveil de la question du Transsaharien. Cette fois, c’est M. Paul Leroy-Beaulieu qui prend la tête du mouvement[327]. Il fait ressortir l’incohérence de notre empire africain, à laquelle il espère remédier par la construction d’un Transsaharien. Il reprend les arguments économiques et politiques précédemment développés, en y ajoutant des considérations tirées d’événements récents, tels que la mission Marchand. Il préconise la construction de deux lignes allant l’une au Niger, l’autre au Tchad, et évalue les dépenses à 100 millions pour la première ligne et 150 ou 160 millions pour la seconde. Cette fois comme les précédentes, de nombreuses objections n’ont pas manqué de se produire[328].
IV
La pénétration du Sahara par le Nord est demeurée jusqu’à ces dernières années si difficile, que l’ère de la géographie positive, pour reprendre l’expression de Carette, n’a encore commencé que pour une faible partie de ces régions. Pour le reste, il faut continuer à se contenter de renseignements indirects fournis par les indigènes.
En 1890, le commandant Deporter publiait une volumineuse étude sur l’_Extrême-Sud Algérien_[329], divisée en trois parties, la première, concernant El-Goléa et son territoire, la deuxième le Gourara, le Touat et le Tidikelt, la troisième le pays des Touareg de l’Ouest. Le volume se termine par plusieurs itinéraires à Tombouctou et à Agadès. Il n’est que le commentaire de la carte du Sahara, publiée en même temps. La méthode suivie par Deporter dans cet ouvrage a été, de la part de M. C. Sabatier, l’objet de critiques très justifiées[330]. Deporter n’indique pas ses sources ; on ignore si ses itinéraires sont dus à la déposition d’un seul, ou s’ils sont appuyés par plusieurs témoignages, et jusqu’à quel point ces témoignages sont concordants. « Nous aimerions à connaître ses informants[331], savoir combien de fois ils ont fait le voyage, savoir s’il y en a d’autres qui ont vu comme eux, et faute par Deporter de nous fixer à ce sujet, on n’utilisera le plus souvent ces itinéraires qu’à titre de simple renseignement, quand ils combleront les lacunes de Barth et non quand ils contrediront ses informations. »
Une faute grave de Deporter est d’avoir traduit en kilomètres les distances accusées par ses informateurs en journées ou heures de marche. Il y a là une précision inquiétante. On se demande dans quelle mesure il a pu substituer son appréciation personnelle à celle des indigènes. « Lorsque, comme Deporter, on accompagne ses itinéraires d’une carte, on est tenté, très loyalement d’ailleurs, de tirer sur les itinéraires comme sur un fil élastique, tantôt les laissant se raccourcir, tantôt les allongeant pour permettre une construction cartographique qui concilie les renseignements qui sont venus de diverses sources[332]. » La carte devient par suite incontrôlable. Ce n’est pas ainsi qu’avait procédé M. Bissuel, qui enregistre comme un simple notaire et indique lui-même dans quelles limites ses informateurs sont susceptibles d’erreur.
L’ouvrage de M. C. Sabatier[333], paru en 1891, est au contraire un véritable travail de géographie critique, digne pendant de ceux des d’Avezac, des Daumas, des de Colomb. M. C. Sabatier donne d’abord une note justificative à l’appui de sa carte du Sahara central et méridional. Après un aperçu générale de la géographie physique et économique de la région, il étudie les divers tracés de Transsaharien et donne la préférence au tracé par Igli. Puis il étudie la question du Touat et du Sahara. En appendice on trouve une note intéressante sur la valeur, la recherche et l’emploi des informations géographiques d’origine indigène, puis des itinéraires indigènes recueillis par l’auteur et déjà en partie connus. Malgré certaines exagérations et quelques illusions en ce qui concerne le rôle économique du Transsaharien et du Touat, l’ouvrage de M. C. Sabatier conserve une réelle valeur.
L’utilisation des informations indigènes peut encore fournir nombre de documents. M. le capitaine Fariau a donné un itinéraire du Kheneg-el-Hadid au pays d’Adrar[334] d’après le Targui Mohamed Ould Ali ben Besis, qui donne de très intéressants renseignements sur le Mouydir ; il est accompagné de deux cartes, dont l’une est due au Targui lui-même, qui l’a dessinée d’une main sûre, rapidement et sans hésitation. Enfin le _Bulletin de la Société de Géographie d’Alger_ publiait[335] quelques indications dues au Naïb des Kadrïa d’Ouargla sur l’itinéraire d’Hassi-el-Mongar à In-Salah, complétant les renseignements de MM. Le Châtelier et Deporter.
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Parmi les ouvrages scientifiques et les travaux d’ensemble publiés sur le Sahara, il convient de mentionner en première ligne l’ouvrage de M. Schirmer[336]. Cette thèse magistrale a contribué, plus qu’aucun autre livre, à rectifier et à préciser les idées répandues dans le public sur la géographie du Sahara. Les idées de M. H. Schirmer sur la géographie physique et le climat du Sahara sont aujourd’hui admises par tout le monde et ne soulèvent plus d’objections. Quant à ses conclusions économiques, les objections présentées par M. Fock[337] ne les atteignent en rien. Depuis lors, M. Schirmer a fait entendre à plusieurs reprises son avis toujours autorisé dans les questions sahariennes, traduisant Erwin de Bary[338], combattant, en compagnie de M. Foureau, les illusions que quelques personnes nourrissent soit à l’égard des Touareg, soit à l’égard du Transsaharien.
L’_Exploration du Sahara_ de M. P. Vuillot[339] est un ouvrage des plus utiles et un répertoire commode, auquel nous avons fait de nombreux emprunts. Il est édité avec soin et accompagné de cartes-itinéraires hors texte, précieuses pour les travailleurs. Malheureusement, les appréciations de l’auteur paraissent avoir été faussées par des idées préconçues, notamment en ce qui concerne le traité de Ghadamès.
L’un de nous a publié, en collaboration avec M. H. M. P. de la Martinière, et par ordre de M. Jules Cambon, des _Documents sur le Nord-Ouest africain_[340] qui constituent une sorte de dossier des affaires concernant l’Ouest et le Sud-Ouest de l’Algérie. La question du Touat et les questions connexes y sont étudiées sous leurs divers aspects. On a utilisé, outre les ouvrages imprimés, divers documents des archives du Service des affaires indigènes, des itinéraires européens et indigènes inédits, dont on trouvera la liste à la fin de chaque volume.
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La cartographie saharienne a fait aussi de notables progrès. En 1890 paraissait la carte dite de l’Extrême-Sud, de Deporter, à 1/800.000e, en 13 feuilles. En 1891, le Service géographique de l’armée entreprenait une nouvelle édition de la carte d’Afrique à 1/2.000.000e, sous la direction du capitaine Rouby ; cette édition est en trois couleurs, la planimétrie en noir et en bleu, le figuré du terrain en bistre. En 1894, le même Service rééditait la carte générale de l’Algérie à 1/800.000e en six feuilles : les deux feuilles méridionales s’étendent jusqu’à la latitude d’In-Salah. En 1895, M. P. Vuillot accompagnait son historique des explorations d’une carte du Sahara à 1/4.000.000e. De nombreuses cartes accompagnent l’ouvrage que l’un de nous a publié en collaboration avec M. de la Martinière ; l’une d’elles, à 1/2.000.000e, qui donne la région touatienne et les itinéraires qui la relient à l’Algérie, rectifie utilement pour cette région la feuille correspondante du 1/800.000e.
En Tunisie, la carte à 1/400.000e de la région frontière, carte par itinéraires et renseignements publiée en novembre 1890 par le commandant Rebillet, complète la lacune dans la géographie de l’Arad entre la carte de reconnaissance à 1/200.000e et la frontière tripolitaine. Au cours des années 1892 à 1894, M. le lieutenant de Larminat a effectué la triangulation de la région représentée sur cette carte, avec la topographie définitive à 1/50.000e[341]. Enfin la feuille Sud de la carte à 1/800.000e de la Tunisie comprend le Sahara tunisien jusqu’à Ghadamès et une partie de la Tripolitaine ; mais les renseignements qu’elle contient sont fort incomplets. La carte que M. V. Cornetz a jointe à son travail était destinée à remplacer ce document et à servir de carte de reconnaissance aux triangulateurs et topographes ; elle a servi à améliorer les éditions ultérieures de la carte à 1/800.000[342].
[Note 262 : H. SCHIRMER, _Les voies de pénétration au Soudan_ (_Ann. de Géogr._, 1891-92, p. 16). — Id., Le Sahara, p. 406.]
[Note 263 : _Documents_, III, p. 59.]
[Note 264 : _Documents_, II, p. 143 ; IV, p. 130.]
[Note 265 : _Documents_, III, p. 63-64. — Pour l’historique de la question du Touat, v. _Documents_, III, ch. II, et G. MANDEVILLE, _L’Algérie Occidentale et le Touat_ (_Quest. diplom. et colon._, 1898, t. III. p. 137).]
[Note 266 : _Documents_, III, p. 80.]
[Note 267 : RINN, _Nos Frontières Sahariennes_, p, 46.]
[Note 268 : _Journal des Débats_, 17 février 1899.]
[Note 269 : _Bull. Afr. fr._, 1897, p. 250.]
[Note 270 : _Bull. Afr. fr._, 1898, p. 207.]
[Note 271 : _Bull. Afr. fr._, 1899, p. 100.]
[Note 272 : _Id._, 1896, p. 381.]
[Note 273 : Ces travaux ont été utilisés dans les _Documents_ (voir notamment tome IV, p. 199, et l’atlas joint aux _Documents_).]
[Note 274 : _Documents_, III, p. 105.]
[Note 275 : G.-B.-M. FLAMAND, _De l’Oranie au Gourara_, in-8o, Paris 1898. — ID., _La traversée de l’Erg occidental_. (_Ann. de Géogr._ 1899, p. 231.)]
[Note 276 : ID., _L’Atlas Saharien_. (_Nouvelles géographiques_, 1892). — ID., _Caractères généraux des régions qui bornent à l’ouest la province d’Oran_. (_Documents_ II, chap. III., p. 172 et suiv., 1896.) ]
[Note 277 : ID., _Aperçu général sur la géologie et les productions minérales du bassin de l’Oued-Saoura et des régions limitrophes_. (_Documents_, III, et tirage à part, 1897).]
[Note 278 : G.-B.-M. FLAMAND, _Les pierres écrites (Hadjrat mektoubat) du nord de l’Afrique et spécialement de la région d’In-Salah_. (_L’Anthropologie_, 1897-1901). Id., _Hadjrat mektoubat ou les pierres écrites. Premières manifestations artistiques dans le Nord Africain_. (_Bull. Soc. Anthropol. de Lyon_, 1901, et _Bull. Soc. Géogr. Alger_, 1902). Id., _Note sur les inscriptions et dessins rupestres de la gara des chorfa du district de l’Aoulef (Tidikelt)_. (_Bull. Géogr. historique et descriptive_, 1903).]
[Note 279 : ID., _Une mission d’exploration scientifique au Tidikelt. Aperçu général sur les régions traversées_. (_Annales de Géog._, 1900.) Id., _Au Tidikelt. Le programme saharien_. (_Questions diplomatiques et coloniales_. 1900). Id., _L’occupation d’In-Salah et l’action française dans le Sahara_. (_Bulletin de la Réunion d’Etudes algériennes_, 1900). Id., _Sur la position géographique d’In-Salah_. (_C. R. Acad. Sc._, 1902). Id., _Sur le régime hydrographique du Tidikelt_. _C. R. Acad. Sc._, 21 juillet 1902, p. 212).]
[Note 280 : G.-B.-M. FLAMAND, _Sur la présence du Dévonien à calceola sandalina dans le Sahara occidental_ (_Ibid._, 1901). Id., _Sur la présence du terrain carbonifère dans le Tidikelt_. Id., _Sur la présence du Dévonien inférieur dans le Sahara occidental_. (_C. R. Acad. Sc._, 1902). Ces deux notes, ainsi que la précédente, ont été reproduites dans le _Bull. de la Réun. d’études algériennes_, 1902, p. 304 et suiv.]