"La Guzla" de Prosper Mérimée

Chapter 37

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Mérimée n'a pas peu contribué à jeter le discrédit sur son oeuvre. Dans sa préface de 1840, il a eu le grand tort d'affecter à son égard trop de mépris; il a laissé entendre qu'il avait composé son recueil en dérision des règles du romantisme qui recommandaient de chercher la «couleur locale», et la «couleur locale», selon Mérimée, c'est chose facile. Ne croyons pas sur parole l'écrivain connu de 1840 lorsqu'il raille le jeune littérateur de 1827: dans une de ses lettres à Mme de La Rochejacquelein ne parle-t-il pas de ses «sottises d'autrefois» et ne reconnaît-il pas qu'il fut un temps où il était romantique sincère[957]? S'il a cessé de goûter ces premiers essais, c'est qu'avec les années le métier de l'écrivain s'est perfectionné, et parce qu'aussi en lui, et pour plusieurs raisons, la veine lyrique s'est tarie tout à fait.

Dans un âge plus avancé, il est devenu plus difficile, il ne se laisse plus aussi volontiers aller aux caprices de la fantaisie: il se documente; il se préoccupe davantage de la vérité. Des inclinations qui semblaient tout d'abord vouloir l'entraîner aux oeuvres de pure imagination, ont changé d'orientation et le portent vers un réalisme d'archéologue. Mais parce qu'il a pu le mieux, doit-on condamner ce qu'il a fait de bien? Malgré le jugement qu'il en a lui-même porté, nous dirons bien plutôt de _la Guzla_ ce que Sainte-Beuve a cru devoir dire du _Théâtre de Clara Gazul_: «Lorsque Mérimée publia sa _Clara Gazul_, il ne connaissait l'Espagne que par les livres, et il ne la visita que plusieurs années après. Il lui est arrivé de dire, je crois, que s'il l'avait connue dès lors, il n'aurait pas fait son premier ouvrage. Eh bien! tout le monde et lui-même y auraient perdu[958].»

Ajoutons que ce dédain que Mérimée professa pour ces «sottises d'autrefois» ne va pas sans un peu d'aigreur; nombreux étaient ceux qui s'étaient couverts de gloire sur le chemin qu'il avait déserté.

* * * * *

Aussi nous croyons que cette étude détruira quelques légendes que, maître en mystifications, Mérimée a si ingénieusement créées au sujet de son livre. Aujourd'hui, l'histoire de _la Guzla_ intéresse plus que les poèmes qu'elle contient; on la connaît surtout par les anecdotes qui s'y rapportent; quand on parle du Mérimée des premières années, c'est pour raconter l'histoire du docteur allemand «qui avait découvert le mètre de l'original serbe sous sa prose», ou pour dire que le «savant anglais» M. Bowring s'y était laissé prendre, ou pour plaisanter enfin sur ce naïf Pouchkine qui traduisit en russe quelques historiettes de _la Guzla_. Or, nous l'avons vu, le respectable docteur allemand était tout simplement un riche marchand de toiles; le savant anglais ignorait le serbe, et Pouchkine était sans compétence pour juger en pareille matière.

Ce ne fut que plus tard, en 1840, lorsqu'il avait depuis longtemps rompu avec le romantisme, lorsqu'il songeait à l'Académie[959], que Mérimée donna son recueil comme un modèle de supercherie littéraire. À l'origine, nous croyons l'avoir suffisamment montré, il n'y avait pas mis beaucoup plus de mystification que Montesquieu n'en avait mis aux _Lettres persanes_ et qu'il ne s'en trouve dans les _Voyages de Gulliver_.

Assurément _la Guzla_ ne compte pas au nombre des chefs-d'oeuvre de Mérimée; loin de là, elle est peut-être l'un de ses plus faibles ouvrages. Et pourtant on y devine l'auteur de _Carmen_ et _Colomba_: peu d'invention, mais un art merveilleux à choisir le détail et à le mettre en valeur; un style sec et sobre, une brutalité voulue, un récit court et rapide qui ne dit que ce qu'il faut dire: à tout cela on reconnaît la marque de Mérimée.

Stendhal disait: «Quant à la gloire, un ouvrage est un billet à la loterie. Écrivons donc beaucoup.» Si _la Guzla_ est un billet de loterie qui n'a jamais gagné, elle est néanmoins un billet qui vaut bien quelque chose encore aujourd'hui; en effet, quelques-unes de ses ballades ne le cèdent pas aux ballades littéraires les plus réputées. Avec raison, M. Filon remarque qu'il ne leur manque que la versification pour être vrais chefs-d'oeuvre du genre.

À un point de vue plus général, nous pourrions dire que _la Guzla_, considérée comme document de «Mil huit cent trente, époque fulgurante», se rattache surtout à ce courant caractéristique de la nouvelle école, où fraternisent la littérature et la peinture, où l'on est amoureux du ciel levantin, des visages basanés, de la bijouterie orientale. De fait, le résultat le plus positif qu'ait légué l'exotisme romantique aux lettres françaises,--nous ne parlons que des lettres,--est l'enrichissement et le perfectionnement de cet art descriptif qui fut la grande innovation de Bernardin de Saint-Pierre: introduction de couleurs, d'images et de types ignorés jusqu'alors, reconstitution enthousiaste, sinon très exacte, de paysages lointains, évocation de races étrangères: l'Espagne, l'Italie, la Grèce, l'Orient,... l'Illyrie enfin. À vrai dire, ces peintures sont trop vives, trop éclatantes: elles visent à l'effet immédiat et sont parfois entièrement et _volontairement_ fantaisistes. Néanmoins, par cette intention même de sortir d'un cadre étroit et exclusif, elles inaugurent,--quel que soit le ton des railleries faciles d'une postérité ingrate,--elles inaugurent, disons-nous, l'art descriptif et le cosmopolitisme littéraire de notre époque, plus calme et plus consciencieux, depuis H. Taine jusqu'à Jean Lorrain.

Celui qui a écrit le _Théâtre de Clara Gazul_ et _la Guzla_, qui a introduit dans la littérature française les _Carmen_ et les _Colomba_; celui qui a traduit les Russes, admiré les Anglais, a très largement collaboré à la formation de ce goût nouveau et ceci en dépit de toute la sécheresse de son style et de toute l'horreur que, plus tard, plus scrupuleux et mieux documenté, il eut--ou affecta d'avoir--pour ses premiers essais dans le genre.

À notre sens, c'est précisément dans les ouvrages de Mérimée qu'il faut étudier l'évolution de l'exotisme romantique, exotisme fantaisiste, et sa transformation graduelle en l'exotisme réaliste contemporain. La première manière de Mérimée, celle de _la Guzla_, présente, on a pu s'en apercevoir, assez de traits communs avec sa seconde manière, celle de _Carmen_, pour qu'on puisse avancer que celle-ci eût été impossible sans celle-là.

APPENDICE

Note sur un poème inédit de sir Walter Scott[960].

(Voir pp. 36, 171 et 372.)

On a parlé plusieurs fois, vaguement toujours, d'une version anglaise qui aurait été faite par sir Walter Scott de la _Triste ballade_.

Le premier qui appela l'attention sur cette traduction fut le savant M. Alois Brandl, professeur à l'Université de Berlin, dans sa remarquable étude «Die Aufnahme von Goethes Jugendwerken in England»; il y dit qu'en 1799 Scott fit imprimer, sous le titre _d'Apology for Tales of Wonder_, sa version du «Klaggesang» et quelques autres traductions de l'allemand, entre autres _le Roi des Aulnes_ et _l'Enfant infidèle_. Cet ouvrage aurait été tiré à douze exemplaires et distribué aux amis du poète[961].

M. Brandl écrivait cela en 1882; l'année suivante, Franz Miklosich lut devant l'Académie Impériale de Vienne son travail sur le «Klaggesang» de Goethe, et répéta ce que M. Brandl avait dit sur la traduction de Scott, citant, comme son devancier, _la Vie de sir Walter Scott_ par John Gibson Lockhart[962]. Miklosich ajouta que les douze exemplaires de cette édition ont tous disparu (verschollen).

Après eux, MM. Preisinger, Curcin, Skerlitch[963], Popovitch[964], d'autres encore, parlèrent à nouveau de cette traduction que les OEuvres complètes du grand écrivain ne contiennent pas et que les bibliographes de sir Walter ignorent.

Il faut rectifier d'abord la légère erreur que commet M. Brandl en citant le titre de ce rarissime opuscule. La brochure était intitulée _Apology for Tales of Terror_ comme le dit expressément Lockhart[965].

Consultons directement le biographe de sir Walter sur ce sujet. Voici ce qu'il dit:

Après avoir passé une semaine à Liddesdale, en compagnie de M. Shortreed, Walter Scott resta quelques jours à Rosebank; il s'apprêtait à partir pour Édimbourg, lorsque James Ballantyne vint le voir un matin en le priant de lui donner pour son journal [_The Kelso Mail_[966]] quelques feuillets sur une question juridique du temps. Scott y consentit et, avec son article, il apporta aussi à l'imprimerie quelques-unes de ses poésies les plus récentes, destinées à paraître dans la collection de Lewis: _Tales of Wonder_. Comme le dit le journal manuscrit de Ballantyne, il s'y trouvait en particulier le «fragment morlaque d'après Goethe». Ballantyne fut enchanté et exprima son regret de ce que l'ouvrage de Lewis se faisait si longtemps attendre... En partant, Scott s'étonna de ce que son vieil ami n'essayait pas d'entreprendre quelque travail de librairie «pour garder en mouvement ses caractères pendant le reste de la semaine[967]». Ballantyne répondit qu'il n'avait jamais pensé à cela et qu'il n'avait pas la moindre connaissance avec les libraires d'Édimbourg; s'il en eût été autrement, ses caractères étaient bons et il pensait qu'il pouvait exécuter un ouvrage à des conditions plus avantageuses que les imprimeurs de la ville[968]. Scott, «avec son sourire de bonne humeur», dit alors: «Il sera mieux pour vous d'essayer ce que vous pouvez faire. Vous avez loué mes petites ballades; mettons que vous en tiriez à peu près une douzaine d'exemplaires; nous prendrons autant de poèmes qu'il sera nécessaire pour former une brochure qui pourra donner à mes amis d'Édimbourg une idée de votre habileté.» Ballantyne consentit et, en conséquence, «William and Helen[969]», «The Fire-King[970]», «The Chase[971]» et quelques autres de ces morceaux furent tirés, je crois, à douze exemplaires exactement, sous le titre général d'_Apology for Tales of Terror_, 1799. Ce titre faisait allusion au long retard de la collection de Lewis[972].

Comme on le voit, Lockhart nous dit ici deux choses: 1° Walter Scott a lu, en 1799, à son futur éditeur James Ballantyne, le «fragment morlaque d'après Goethe», qui était destiné aux _Tales of Wonder_, de Lewis; 2° James Ballantyne a imprimé, cette année même, une brochure intitulée _Apology for Tales of Terror_, où se trouvent les ballades suivantes: _William and Helen_, _The Fire-King_, _The Chase_, et encore quelques autres pièces destinées aux _Tales of Wonder_.

Lockhart ne nomme pas le «fragment morlaque d'après Goethe» parmi les morceaux qui furent insérés dans cette _Apology_, comme le veulent M. Brandl et Miklosich.

De même, il est inexact de dire, comme le prétend Miklosich, que cet opuscule ait disparu. Il en existe un exemplaire à la bibliothèque de Walter Scott à Abbotsford. Hon. Mrs. M. M. Maxwell-Scott, à qui nous nous sommes adressé à ce sujet, nous a envoyé la description suivante de cet unique exemplaire.

Il est imprimé in-4°, 79 pages, et porte au verso cette note: «This was the first book printed by Ballantyne of Kelso only twelve copies were thrown off and none for sale.» Le titre exact est:

AN

APOLOGY

FOR

TALES OF TERROR

--A thing of shreds and patches.

HAMLET.

KELSO:

PRINTED AT THE MAIL OFFICE.

1799.

L'ouvrage contient: 1° _The Erl-King, from the German of Goethe_ [traduit par M. G. Lewis]; 2° _The Water-King, a Danish ballad_ [traduite par M. G. Lewis]; 3° _Lord William_ [par Robert Southey]; 4° _Poor Mary_ _The Maid of the Inn_, [par Robert Southey]; 5° _The Chase_ [_Der wilde Jäger_ de Bürger, traduit par Scott]; 6° _William and Helen_ [la _Lénore_ de Bürger, imitée par Scott]; 7° _Alonzo the Brave, and the Fair Imagine_ [par M. G. Lewis]; 8° _Arthur and Matilda_; 9° _The Erl-King's Daughter, a Danish ballad_ [traduite par M. G. Lewis].--Donc, la ballade «morlaque» ne se trouve pas dans cette _Apology_.

De même elle fait défaut dans les _Tales of Wonder_ auxquels elle fut destinée. On ne sait rien sur la raison de cette omission, mais nous croyons que Lewis jugea la _Triste ballade_ insuffisamment frénétique pour figurer parmi ses effrayants poèmes.

Pourtant, le journal manuscrit de Ballantyne (sur lequel est fondé le passage de Lockhart que nous venons de citer) dit une chose exacte: la traduction de la _Triste ballade_ par Scott existe, toujours en manuscrit, semble-t-il.

En 1871, on pouvait la voir à l'Exposition d'Édimbourg, à l'occasion du centenaire de la naissance du célèbre écrivain. En effet, le catalogue des objets prêtés[973] porte sous le n° 368:

ORIGINAL MANUSCRIPT.--«The Lamentation of the Faithful Wife of Asan Aga, from the Morlachian language.» In twenty-seven stanzas[974] beginning:

What yonder glimmers so white on the mountain, Glimmers so white where yon sycamores grow? It is wild swans around Vaga's fair fountain? Or it is a wreath of the wintry snow?

This spirited translation from the German ballad by Goethe has probably never been printed. The handwriting is about 1798, and the translation was well known to some of Sir Walter's early friends.--Lent by Messrs. A. & Ch. Black.

Nous nous sommes adressé à MM. A. & Ch. Black, éditeurs à Londres, et leur avons demandé ce qu'ils avaient prêté lors de l'Exposition de 1871. Ils nous ont répondu que l'indication du catalogue est sans doute fautive, et qu'ils ne possèdent pas le manuscrit en question.

Nous ignorons où il se trouve actuellement. Conservé jusqu'à 1871, il n'a vraisemblablement pas été perdu après cette date; peut-être un jour sera-t-il publié.

Pourtant, les quatre premiers vers que nous connaissons suffisent à démontrer qu'en 1798, le futur inventeur de la «couleur locale» était encore loin de songer aux principes qui le rendront plus tard célèbre. À en juger d'après le début, le style de cette _Lamentation_ manque de «couleur»; il est semi-classique, semi-ossianique («wreath», «wild swans», «Vaga's fair fountain»); il est évident que la pièce n'apporterait pas beaucoup à la gloire de Scott. Mais, si on comprend facilement que son auteur l'ait gardée en manuscrit, on se demande pourquoi le possesseur actuel de l'autographe croit devoir le tenir caché. Il faut ajouter que ce n'est pas la famille du poète qui en interdit la publication.

Walter Scott ne fut pas le seul grand poète anglais qui connut l'existence de ce poème «morlaque». Byron, qui voyagea tant en Orient[975], paraît aussi n'avoir pas ignoré la _Triste ballade_; c'est à elle qu'il pensa quand il fit allusion aux «chansons bosniaques» dans _la Fiancée d'Abydos_[976].

BIBLIOGRAPHIE

I

ÉDITIONS DE «LA GUZLA»

1. LA GUZLA, OU CHOIX DE POÉSIES ILLYRIQUES RECUEILLIES DANS LA DALMATIE, LA BOSNIE, LA CROATIE ET L'HERZEGOWINE. À Paris, chez F.-G. Levrault, rue de la Harpe, n° 81; et rue des Juifs, n° 33, à Strasbourg, 1827; pp. XII (faux-titre, titre, table des matières et préface); et pp. 257, in-12. Portrait lithographié d'Hyacinthe Maglanovich, hors texte. Publié à 4 francs. [Le prix fut porté à 5 francs au mois de décembre 1827.]

_Bibliographie de la France_ du 4 août 1827.--_Journal des Débats_ du 21 décembre.

2. OEUVRES DE PROSPER MÉRIMÉE. CHRONIQUE DU RÈGNE DE CHARLES IX, SUIVIE DE LA DOUBLE MÉPRISE ET DE LA GUZLA, par Prosper Mérimée. Nouvelles éditions revues et corrigées. Paris, Charpentier, libraire-éditeur, 29, rue de Seine, 1842. Imprimé par Béthune et Plon; pp. IV (faux-titre, titre); et pp. 484, in-18. Publié à 3 fr. 50.

_La Guzla_, augmentée de quatre pièces et d'une nouvelle préface, se trouve aux pp. 345-484. Cette édition est mentionnée dans la _Bibliographie de la France_ du 13 août 1842.

3. OEUVRES DE PROSPER MÉRIMÉE. CHRONIQUE DU RÈGNE DE CHARLES IX, SUIVIE DE LA DOUBLE MÉPRISE ET DE LA GUZLA, par Prosper Mérimée, l'un des Quarante de l'Académie française. Nouvelles éditions corrigées. Paris, Charpentier, libraire éditeur, 17, rue de Lille, 1847. Impr. de Dupré, à Poitiers; pp. IV (faux-titre, titre); et pp. 504, in-18. 3 fr. 50.

_La Guzla_ se trouve aux pp. 365-504.--_Bibliographie de la France_ du 1er juillet 1848 (_sic_).

4. Même titre. Nouvelles éditions revues et corrigées. Paris, Charpentier, libraire-éditeur, 19, rue de Lille, 1853. Imprimerie de Gustave Gratiot, 30, rue Mazarine, pp. IV (faux-titre, titre); et pp. 443, in-18. 3 fr. 50.

_La Guzla_ se trouve aux pp. 313-443.--_Bibliographie de la France_ du 12 février 1853.

5. Même titre. Paris, Charpentier, 39, rue de l'Université. 1856. Imprimerie de Gratiot.

Réimpression stéréotypique de l'édition précédente. Notée dans la _Bibliographie de la France_ du 28 juin 1856.

6. Même titre. Paris, Charpentier, 1858. Imprimerie Bourdier et Cie.

Réimpression stéréotypique, notée dans la _Bibliographie de la France_ du 7 août 1858.

7. Même titre. Paris, Charpentier, 1860. Imprimerie Bourdier et Cie.

Réimpression stéréotypique, notée dans la _Bibliographie de la France_ du 21 juillet 1860.

8. Même titre. Paris, Charpentier, libraire-éditeur, 28, quai de l'École, 1865. Imprimerie de P.-A. Bourdier et Cie, 6, rue des Poitevins.

Réimpression stéréotypique, notée dans la _Bibliographie de la France_ du 28 janvier 1865.

9. Même titre. Nouvelle édition revue et corrigée. Paris, Charpentier, libraire-éditeur, 28, quai du Louvre, 1869. Imprimerie P.-A. Bourdier, Capiomont fils et Cie, 6, rue des Poitevins.

Réimpression stéréotypique, notée dans la _Bibliographie de la France_ du 19 juin 1869.

10. Même titre. Paris, Charpentier et Cie, libraires éditeurs, 28, quai du Louvre, 1873. Imprimerie Viéville et Capiomont, 6, rue des Poitevins.

Réimpression stéréotypique, notée dans la _Bibliographie de la France_ du 1er mars 1873.

11. Même titre. Même éditeur. Même imprimeur, 1874.

Réimpression stéréotypique, notée dans la _Bibliographie de la ronce_ du 12 décembre 1874, comme ayant paru le 20 novembre.

12. Même titre. Paris, G. Charpentier, éditeur, 13, rue de Grenelle-Saint-Germain, 1877. Imprimerie Capiomont et Renault, 6, rue des Poitevins.

Réimpression stéréotypique, notée dans la _Bibliographie de la France_ du 2 juin 1877.

13. Même titre. Paris, G. Charpentier, éditeur, 13, rue de Grenelle-Saint-Germain, _s. d_. Imprimerie E. Capiomont et V. Renault, 6. rue des Poitevins.

Cette édition, qui devait être la dernière chez Charpentier, est sans doute postérieure à 1877 et antérieure à 1881. Elle n'est pas notée dans la _Bibliographie de la France_, mais elle se trouve à la Bibliothèque Sainte-Geneviève à Paris.

14. OEUVRES COMPLÈTES DE PROSPER MÉRIMÉE. LA DOUBLE MÉPRISE. LA GUZLA. Paris, Calmann-Lévy, éditeur, 3, rue Auber, 1885. Bourloton, Imprimeries réunies, B. pp. IV (faux titre, titre); pp. 320, in-18. 3 fr. 50.

_Bibliographie de la France_ du 9 mai 1885, comme ayant paru le 21 avril. Dans cette édition, _la Guzla_ se trouve aux pp. 129-320.

II

TRADUCTIONS DE «LA GUZLA»

_1° Allemagne_:

GERHARD (Wilhelm).--Wila. Serbische Volkslieder und Heldenmärchen. Zweyte Abtheilung. Leipzig, Verlag van Joh. Ambr. Barth, 1828 [W. Gerhard's Gedichte. Vierter Band.], pp. X et 317 in-8°.

Aux pages 91-188 se trouvent traduites vingt-sept pièces de _la Guzla_. Ne manque que la _Triste ballade de la noble épouse d'Asan-Aga_.

LIPPERT (Dr. Robert).--Alexander Puschkin's Dichtungen. Aus dem Russischen übersetzt. Leipzig, 1840. 2 vol. in-8°.

Aux pages 311-312 du tome premier: _Serbisches Lied_, poème qui n'est autre chose que _le Cheval de Thomas II_ de Mérimée, traduit sur la traduction russe de Pouchkine:

Sprich, was wieherst du so traurig, Stampfest mit dem Huf so schaurig-- Sprich, mein Ross, was dich gekränkt, Dass dein schlanker Hais gesenkt?--etc.

_2° Angleterre_:

ANONYME.--Quatre pièces insérées dans l'article sur _la Guzla_, dans la _Monthly Review_, novembre 1827.

Ces pièces sont: _Death Song_, _The Brave Heyducs_, _Hadagny_ (première partie) et _Barcarolle_.

KEIGHTLEY (Thomas).--Deux ballades insérées dans l'article sur _la Guzla_, dans la _Foreign Quarterly Review_, juin 1828.

Ces deux pièces sont: _The Hawthorn of Velico_ et _The Brave Heyduks_.

LE MÊME.--The Fairy Mythology. Londres, 1828. 2 vol. in-12

Aux pages 323-324: _Lord Mercury_ [de Mérimée].

ANONYME.--Deux ballades traduites dans l'article intitulé _Servian Ballads_, dans le _Chambers's Journal_, Édimbourg, septembre 1855, pp. 190-192.

_The Fatal Shot (Hadagny)_ et _The Bounden Brothers_ (_les Pobratimi_), traduites en vers, d'après la traduction allemande de Gerhard.

_3° Russie_:

POUCHKINE (Alexandre Serguiévitch).--Onze ballades traduites dans la _Bibliotéka dlia Tchténiya_, Saint-Pétersbourg, 1835, t. VIII et t. IX.

Au tome VIII, première partie, p. 158: _le Cheval de Thomas II (le Chant serbe)_. Au tome IX, première partie, pp. 5-26: dix autres pièces de _la Guzla_. Elles sont réimprimées au t. IV des Poésies de Pouchkine (_Stikhotvoréniya_, pp. 115-177), avec une préface inédite. Il existe une quantité de réimpressions postérieures.

_4° Pologne_:

CHODZKO (Alexandre).--Poésies (en polonais), Saint-Pétersbourg, 1829.

Nous ne connaissons cet ouvrage que de nom. Suivant M. Leger, on y trouve trois pièces de _la Guzla_, traduites en vers.

MICKIEWICZ (Adam).--Pisme, na nowo przejrzane, Paryz, w drukarni Bourgogne et Martinet, przy ulicy Jacob, 30. 1844.

Aux pages 127-129 du tome IV: _Morlach w Wenecyi_ (le Morlaque à Venise), traduit en vers. Cette traduction polonaise de la ballade de Mérimée est RETRADUITE en français dans l'édition française des Poésies complètes de Mickiewicz (Paris, 1844, 1857, etc.).

III

CRITIQUES DU TEMPS

_1° En France_:

LA RÉUNION du 7 août 1827.

MONITEUR UNIVERSEL du 13.

JOURNAL DE PARIS du 27.

REVUE ENCYCLOPÉDIQUE, août 1827, pp. 463-464.--Même notice dans le _Journal général de la littérature de France_, août 1827, p. 243.

GAZETTE DE FRANCE du 19 septembre.

LE GLOBE du 29.

JOURNAL DES SAVANS, septembre 1827, p. 569.

JOUHNAL DES DÉBATS du 21 décembre 1827 (communiqué). Même annonce dans _le Constitutionnel_ du 22, et dans _le Courrier français_ du 24.

BULLETIN DES SCIENCES HISTORIQUES, ANTIQUITÉS, PHILOLOGIE, rédigé par MM. Champollion, Paris, 1828, t. X, pp. 146-148.

Un article de M. Depping, sur la traduction de Gerhard.

JOURNAL DES SAVANS, février 1829, pp. 125-126.

_2° À l'Étranger_:

MONTHLY REVIEW, novembre 1827, pp. 375-384.

UEBER KUNST UND ALTERTUM, t. VI, livr. 2, 1828, pp. 326-29.

Critique de Goethe.

SERBSKÉ LÊTOPISSI, 1828, t. XII. p. 154: t. XIII, pp. 136-139.

Notices sans intérêt.

FOREIGN QUARTERLY REVIEW. article de Thomas Keightley, juin 1828, pp. 662-671.

ALLGEMEINE LITERATUR-ZEITUNG (_Ergänzung-Blätter_), mars 1829, n° 36, p. 287.

Sur la traduction de Gerhard.

INTELLIGENZBLATT DER ALLGEMEINEN LITERATUR-ZEITUNG, juillet 1829, n° 61, pp. 494-495.

Cf. _Literaturblatt des Morgenblattes_, n° 31 [1829?].--Aussi les _Serbské Lêtopissi_, 1830, t. XX. pp. 132-134.

IV

ÉCRITS SUR «LA GUZLA»

ANNENKOFF (P. V.).--Matérialui dlia biografii Alexandra Serguiévitcha Pouchkina. Saint-Pétersbourg, 1855, pp. 373-380.

[«Matériaux pour servir à la biographie de Pouchkine.» Constitue le tome Ier des _OEuvres complètes_ de Pouchkine, publiées par P. V. Annenkoff.]

CHLIAPKINE (I. A.).--Iz néizdanuikh boumague A. S. Pouchkina. Saint-Pétersbourg, 1903.

[«Quelques papiers inédits de A. S. Pouchkine.» Pp. 32-35: sur _la Guzla_.]

CURCIN (Dr. Milan).--Das serbische Volkslied in der deutschen Literatur. Leipzig, 1905.

Pp. 176-184: sur _la Guzla_.

GEIGER (Ludwig).--Goethe und Mérimée. _Goethe-Jahrbuch_ pour l'année 1894. Francfort-sur-Mein, in-8°, vol. XV, pp. 290-291.

HOCK (Stefan).--Die Vampyrsage und ihre Verwertungin der deutschen Literatur. Berlin, 1900.

_Passim._