Part 9
Pas un don ruineux, ni même d'une générosité enthousiaste: la coupe d'eau fraîche de Sidney exigeait plus d'abnégation; et je suis bien certain que plus d'un enfant chrétien de nos jours, lui-même bien réchauffé et habillé, rencontrant un homme nu et gelé, serait prêt à retirer son manteau de ses épaules et à le donner tout entier au nécessiteux si sa nourrice mieux avisée, ou sa maman, le lui laissaient faire. Mais le soldat romain n'était pas un chrétien et accomplissait sa charité sereine en toute simplicité, et pourtant avec prudence.
Quoi qu'il en soit, cette même nuit il contempla dans un rêve le Seigneur Jésus, qui était devant lui, au milieu des anges, ayant sur ses épaules la moitié du manteau dont il avait fait don au mendiant.
Et Jésus dit aux anges qui étaient autour de lui: «Savez-vous qui m'a ainsi velu? Mon serviteur Martin, quoique non baptisé encore, a fait cela.» Et Martin, après cette vision, s'empressa de recevoir le baptême, étant alors dans sa vingt-deuxième année[72]. Que ces choses se soient jamais passées ainsi, ou jusqu'à quel point elles se sont passées ainsi, lecteur crédule ou incrédule, n'est ni votre affaire, ni la mienne. Mais de ces choses, ce qui est et sera éternellement _ainsi_--notamment la vérité infaillible de la leçon ici enseignée, et les conséquences actuelles de la vie de saint Martin sur l'esprit de la chrétienté--est, très absolument, l'affaire de tout être raisonnable dans un royaume chrétien quelconque.
24. Vous devez d'abord comprendre avant tout que le caractère propre de saint Martin est une charité sereine et douce envers toutes les créatures. Il n'est pas un saint qui prêche--encore moins qui persécute, pas même un saint inquiet. De ses prières, nous entendons peu,--de ses vœux, rien. Ce qu'il fait toujours, c'est seulement la chose juste au moment juste; la rectitude et la bonté ne faisant qu'un dans son âme: un saint extrêmement exemplaire, à mon avis.
Converti, baptisé, et conscient d'avoir vu le Christ, il ne tourmente pas ses officiers pour cela, ne cherche pas à faire de prosélytes dans sa cohorte. «C'est l'affaire du Christ, assurément!--S'il a besoin d'eux, il peut leur apparaître comme il m'est apparu» paraît être son sentiment dans les jours qui suivent son baptême. Il reste soixant-dix ans dans l'armée, toujours aussi calme. Au bout de ce temps, pensant qu'il pourrait être bien de prendre d'autres fonctions, il demande à l'empereur Julien d'accepter sa démission. Celui-ci, l'ayant accusé de pusillanimité, Martin lui offre de conduire sa cohorte au combat, sans armes et portant seulement le signe de la croix. Julien le prend au mot, le garde jusqu'à ce que l'époque du combat approche, mais la veille du jour où il compte le mettre ainsi à l'épreuve, l'ennemi envoie une ambassade avec des offres de soumission et de paix.
25. On n'insiste pas souvent sur cette histoire; jusqu'où elle est littéralement vraie, remarquez-le de nouveau, ne nous importe pas le moins du monde; ici la leçon est donnée pour toujours de la manière dont un soldat chrétien devrait rencontrer ses ennemis. Leçon grâce à laquelle, si le Mr Greatheart[73] de John Bunyan l'avait comprise, les portes célestes se seraient ouvertes de nos jours à plus d'un pèlerin qui n'a pas su se frayer un chemin jusqu'à elles avec l'épée de violence.
Mais l'histoire est vraie en quelque façon pratiquement et effectivement; car, après un certain temps, sans aucun discours, ni anathème, ni agitation d'aucune sorte, nous trouvons le chevalier romain fait évêque de Tours et devenant une influence de bien sans mélange pour toute l'humanité, alors et dans la suite. Et de fait l'histoire de son manteau de chevalier se répète pour sa robe d'évêque, et il ne faut pas la rejeter parce qu'il est probable que c'est une invention car il est tout aussi probable que ce fut une action.
26. Allant dans ses plus beaux habits dire les prières à l'église, avec un de ses diacres, il rencontra sur la route un malheureux sans vêtements, et ordonna à son diacre de lui donner une cotte ou tunique quelconque.
Le diacre objectant qu'il n'avait sous la main aucun habillement profane, saint Martin, avec sa sérénité accoutumée, enlève son étole épiscopale ou telle autre majestueuse et flottante parure que cela pouvait être, la jette sur les épaules nues du mendiant, et, continuant son chemin, va accomplir le service divin, incorrect, en gilet ou tel vêtement de dessous du moyen âge qui lui restait.
Mais, comme il était debout devant l'autel, un globe de lumière parut au-dessus de sa tête, et quand il éleva ses bras nus avec l'Hostie on vit autour de lui les anges qui tenaient au-dessus de sa tête des chaînes d'or et des joyaux qui n'avaient rien de terrestre.
27. Ce n'est pas croyable pour vous, ni dans la nature des choses, sage lecteur, et trop évidemment ce n'est qu'une glose que l'extravagance monastique donne du récit primitif.
Soit. Toutefois cette création de l'extravagance monastique comprise par le cœur eût été le châtiment et le frein de toute forme de l'orgueil et de la sensualité de l'Église qui, de nos jours, a littéralement abaissé le service de Dieu et de ses pauvres au service du clergyman et de ses riches; et fait de ce qu'était jadis pour l'esprit découragé la parure de la louange, les paillettes des paillasses dans une mascarade ecclésiastique.
28. Mais encore une légende, et nous en aurons assez pour voir les racines de l'influence étrange et universelle de ce saint sur la chrétienté.
«Ce qui distingue particulièrement saint Martin fut la sérénité douce, sérieuse et inaltérable; personne ne l'avait jamais vu ni en colère, ni triste, ni gai, il n'y avait rien dans son cœur que la piété envers Dieu et la pitié envers les hommes. Le diable qui était particulièrement jaloux de ses vertus détestait par-dessus tout son extrême charité, parce qu'elle était le plus nuisible à sa propre puissance et, un jour, il lui reprocha ironiquement de si vite accueillir favorablement les pécheurs et les repentis. Mais saint Martin lui répondit tristement: «Oh! malheureux que tu es! si _toi_ aussi tu pouvais cesser de poursuivre et de séduire de misérables créatures, si, toi aussi, tu pouvais te repentir, tu obtiendrais de Jésus-Christ ta grâce et ton pardon[74].»
29. Dans cette douceur était sa force; et l'on ne peut mieux en apprécier l'efficacité pratique qu'en comparant la portée de son œuvre à celle de l'œuvre de saint Firmin.
L'impatient missionnaire tapage et crie comme un énergumène dans les rues d'Amiens, insulte, exhorte, persuade, baptise, met tout, comme nous l'avons dit, sens dessus dessous pendant quarante jours: après quoi il a la tête tranchée, et son nom n'est plus jamais prononcé _hors_ d'Amiens.
Saint Martin ne contrarie personne, ne dépense pas un souffle en une exhortation désagréable, comprend par la première leçon du Christ à lui-même que des gens non baptisés peuvent être aussi bons que des baptisés si leurs cœurs sont purs; il aide, pardonne, console (sociable jusqu'à partager la coupe de l'amitié) avec autant d'empressement le manant que le roi; il est le patron d'une honnête boisson[75], l'odeur de la farce de votre oie de la Saint-Martin est agréable à ses narines et sacrés sont pour lui les rayons de l'été qui s'en va. Et, de façon ou d'autre, près et loin, les idoles chancellent devant lui, les dieux païens s'évanouissent, son Christ devient le Christ de tous les hommes, son nom est invoqué au pied d'innombrables nouveaux autels dans tous les pays, sur les hauteurs des collines romaines comme au fond des champs anglais. Saint Augustin baptisa les premiers Anglais qu'il convertit dans l'église de Saint-Martin à Cantorbéry; et à Londres la station de Charing Cross elle-même n'a pas entièrement effacé des esprits sa mémoire ou son nom.
30. L'histoire de la Robe épiscopale est la dernière histoire relative à saint Martin dont je me risquerai à vous dire qu'il est plus sage de la tenir pour littéralement vraie que pour un simple mythe; bien qu'elle reste assurément un mythe de la valeur et de la beauté la plus grande; enfin j'ai encore à vous conter une histoire, cette fois-ci vraiment la dernière et où je reconnais que vous serez plus sage de voir une fable que l'exacte expression de la vérité, bien que quelque grain de vérité soit sans nul doute à sa base. Ce grain de vérité, de ceux qui, jetés sur un bon terrain, se multiplient au centuple en poussant, ce doit être quelque trait tangible et inoubliable de la façon dont saint Martin se comportait dans la haute société; quant au mythe, sa valeur et sa signification sont de tous les temps.
Saint Martin donc, comme le veut le récit, était un jour à dîner à la première table du globe terrestre--à savoir, chez l'empereur et l'impératrice de Germanie! Vous n'avez pas besoin de chercher quel empereur, ou laquelle des femmes de l'empereur! L'empereur de Germanie est dans tous les anciens mythes l'expression du plus haut pouvoir sacré dans l'État, comme le pape est le plus haut pouvoir sacré dans l'Église. Saint Martin était donc à dîner, comme nous l'avons dit, avec naturellement l'empereur assis à côté de lui à gauche, l'impératrice à droite; tout se passait dans les règles. Saint Martin prenant grand plaisir au dîner, et se rendant agréable à la compagnie, pas le moins du monde une sorte de saint à la saint Jean-Baptiste. Vous savez aussi que dans les fêtes royales de ce temps, des gens d'un rang social très inférieur avaient accès dans la salle à manger: ils arrivaient derrière les chaises des invités, voyaient et entendaient ce qui se passait et, pendant ce temps-là, sans être importuns ils ramassaient les miettes et léchaient les plats.
Quand le dîner fut un peu avancé, et que vint le moment de servir les vins, l'empereur remplit sa coupe, remplit celle de l'impératrice, remplit celle de saint Martin, choque affectueusement son verre contre celui de saint Martin. L'impératrice, également aimable et encore plus sincèrement croyante, regarde à travers la table, humblement, mais aussi royalement, s'attendant, naturellement, à ce que saint Martin approche de suite son verre du sien pour le toucher. Saint Martin regarde d'abord autour de lui d'un air de réflexion, s'aperçoit qu'il a à côté de sa chaise un pauvre mendiant déguenillé, ayant l'air altéré, qui a réussi à se faire remplir sa coupe d'une manière ou d'une autre, par un laquais charitable.
Saint Martin tourne le dos à l'impératrice et trinque avec _lui!_
31. Pour laquelle charité--mythique si vous voulez, mais éternellement exemplaire--il reste, comme nous l'avons dit, le patron des buveurs bons chrétiens à cette heure.
Comme les années passaient sur lui, il paraît avoir senti qu'il avait porté le poids de la crosse assez longtemps, que l'active Tours avait besoin maintenant d'un évêque plus actif, que pour lui-même il pourrait dorénavant prendre innocemment son plaisir et son repos là où la vigne poussait et l'alouette chantait. Pour palais épiscopal il prend une petite excavation dans les rochers calcaires du bassin supérieur du fleuve, organise toutes choses pour le lit et la table, à peu de frais. Nuit par nuit, pour lui le ruisseau murmure, jour par jour, les feuilles de la vigne lui donnent leur ombre; et le soleil, son héraut, trouant l'horizon chaque jour rapproché, descend pour lui dans l'eau qu'il empourpre--là, où maintenant, la paysanne trotte vers la maison entre ses paniers, où la scie est arrêtée dans le bois à demi fendu, et où le clocher du village s'élève gris contre la lumière la plus éloignée dans le _Bord de la Loire_ de Turner[76].
32. Toutes choses que je ne vous ai pas racontées, à présent, bien qu'elles ne soient pas par elles-mêmes sans profit, sans avoir pour cela une raison spéciale, qui était de vous rendre capables de comprendre la signification d'un fait qui marqua le début de la marche de Clovis dans le sud contre les Wisigoths.
Ayant passé la Loire à Tours, il traversa les domaines de l'abbaye de Saint-Martin qu'il déclara inviolables, et refusa à ses soldats l'autorisation de toucher à rien, excepté à l'eau et à l'herbe pour leurs chevaux. Ses ordres furent si sévères et si inflexible la rigueur avec laquelle il exigea qu'ils fussent obéis, qu'un soldat franc ayant pris sans le consentement du propriétaire du foin qui appartenait à un pauvre homme, et disant en plaisantant «que ce n'était que de l'herbe», il fit mettre l'agresseur à mort, s'écriant qu'«on ne pouvait attendre la victoire, si l'on offensait saint Martin».
33. Maintenant remarquez-le bien, ce passage de la Loire à Tours contient en puissance l'accomplissement des propres destinées du royaume de France et la devise de son pouvoir reconnu et sûrement établi est: «Honneur aux pauvres!» Même un peu d'herbe ne doit pas être volé à un pauvre homme sous peine de mort. Ainsi le veut le chevalier chrétien des armées romaines; placé maintenant sur un trône élevé auprès de Dieu. Ainsi le veut le premier roi chrétien des Francs au loin victorieux; baptisé par Dieu, ici, dans le Jourdain de sa terre promise, alors qu'il le traverse pour en prendre possession.
Pour combien de temps?
Jusqu'à ce que cette même devise soit lue à rebours par un trône dégénéré; jusqu'à ce que, la nouvelle étant apportée que les pauvres du peuple de France n'avaient pas de pain à manger, il leur fût répondu: «Qu'ils pouvaient manger de l'herbe[77].» Sur quoi, près du faubourg Saint-Martin et de la porte Saint-Martin, furent données par le chevalier des Pauvres contre le Roi, des ordres qui terminèrent son festin.
Et souvenez-vous de tous ces exemples, de l'influence sur les âmes françaises présentes et à venir, de saint Martin de Tours.
[Note 52: L'éminent érudit, M. Charles Newton Scott, veut bien m'écrire qu'il voit dans ce titre _By the rivers of waters_ une citation du _Cantique des Cantiques_, V. 2 «(Tes yeux sont comme des colombes) au bord des eaux vives.»--(Note du traducteur.)]
[Note 53: Cf. avec _Præterita_:
«Vers le moment de l'après-midi où le moderne voyageur fashionable, parti par le train du matin de Charing Cross pour Paris, Nice et Monte-Carlo, s'est un peu remis des nausées de sa traversée, et de l'irritation d'avoir eu à se battre pour trouver des places à Boulogne, et commence à regarder à sa montre pour voir à quelle distance il est du buffet d'Amiens, il est exposé au désappointement et à l'ennui d'un arrêt inutile du train aune gare sans importance où il lit le nom: «Abbeville».
Au moment où le train se remet en marche, il pourra voir, s'il se soucie de lever pour un instant les yeux de son journal, deux tours carrées que dominent les peupliers et les osiers du sol marécageux qu'il traverse. Il est probable que ce coup d'œil est tout ce qu'il souhaitera jamais leur accorder d'attention; et je ne sais guère jusqu'à quel point je pourrai arriver à faire comprendre au lecteur, même le plus sympathique, l'influence qu'elles ont eue sur ma propre vie.
Je dois ici, d'avance, dire au lecteur qu'il y a eu, en somme, trois centres de la pensée de ma vie: Rouen, Genève et Pise.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
C'est en 1835 que je vis pour la première fois Rouen et Venise--Pise seulement en 1840--et je ne pus comprendre la puissance complète d'aucun de ces trois grands spectacles que beaucoup plus tard. Mais, pour Abbeville, qui est comme là préface et l'interprétation de Rouen, j'étais déjà alors en état de la comprendre et je sentis qu'il y avait là, pour moi accès immédiat dans un travail sain et dans la joie.
... Mes bonheurs les plus intenses, je les ai connus dans les montagnes. Mais comme plaisir joyeux et sans mélange, arriver en vue d'Abbeville par une belle après-midi d'été, sauter à terre dans la cour de l'hôtel de l'Europe et descendre la rue en courant pour voir Saint-Wulfran avant que le soleil ait quitté les tours, sont des choses pour lesquelles il faut chérir le passé jusqu'à la fin. De Rouen et de sa cathédrale ce que j'ai à dire trouvera place, si les jours me sont donnés, dans _Nos Pères nous ont dit._» (_Præterita_, I, IX, § 177, 180, 181.)--(Note du Traducteur.)]
[Note 54: Cf. _Præterita_, l'impression des lents courants de marée montante et descendante le long des marches de l'hôtel Danielli.--(Note du Traducteur.)]
[Note 55: Isaac Walton, célèbre pêcheur de la Dove, né en 1593 à Strafford, mort en 1683, qui a écrit notamment _le Parfait pêcheur à la ligne_ (Londres, 1653).--(Note du Traducteur.)]
[Note 56: Déjà, dans _Modern Painters_, il est question «de la simplicité sereine et de la grâce des peupliers d'Amiens» (_Modern Painters_, IV, V, 20). Le IVe volume des _Modern Painters_ est de 1855.--(Note du Traducteur.)]
[Note 57: M. H. Dusevel, _Histoire de la ville d'Amiens._ Amiens, Caron et Lambert, 1848, p. 305.--(Note de l'Auteur.)]
[Note 58: Carpaccio, lorsque, représentant une fête dans une ville, il veut donner une impression de grande splendeur, a recours aux draperies déployées aux fenêtres.--(Note de l'Auteur.)
Dans aucune des deux grandes études que Ruskin a consacrées à Carpaccio (_Guide de l'Académie des Beaux Arts à Venise_ et dans _le Repos de Saint-Marc, l'Autel des Esclaves_), je n'ai trouvé cette remarque. Ceci vient à l'appui de ce que je dis dans l'introduction, p. 60 et 61 de ce volume. Je n'ai pas souvenir qu'il en soit question non plus dans les pages de _Fors Clavigera_ consacrées à Carpaccio (_Fors Clavigera_, lettre 71.)--(Note du Traducteur.)]
[Note 59: Le nom de Pénélope, évoqué ici à propos d'une petite Picarde, l'est dans _The Story of Arachné_ à propos d'une ouvrière normande. «Arachné était une jeune fille lydienne d'une pauvre famille. Et comme devraient faire toutes les jeunes filles, elle avait appris à filer et à tisser, et non pas seulement à tisser et à tricoter de bons vêtements solides mais à les couvrir d'images, comme vous le savez, on dit que Pénélope en a tissées, ou comme celles que la reine de notre propre Guillaume le Conquérant broda. Desquelles il ne subsiste plus que celles de Bayeux en Normandie, connues du monde entier sous le nom de _la Tapisserie de Bayeux._» (_Verona and other lectures_, II, _The Story of Arachné_, § 18.)--(Note du Traducteur.)]
[Note 60: «Vos cheminées d'usines, combien plus hautes et plus aimées que les flèches des cathédrales» (_Crown of wild olive_, XIe Conference).--(Note du Traducteur.)]
[Note 61: Saint Jean, VI, 29.--(Note du Traducteur.)]
[Note 62: Cf. la description de la tour de l'église de Calais (_Modern Painters_, V, I, § 2 et 3.)--(Note du Traducteur.)]
[Note 63: Cf., dans _Queen of the Air_ (I, 11), Proserpine appelée la Reine du Destin.--(Note du Traducteur.)]
[Note 64: En réalité, Ruskin ne parlera plus de cette clôture extérieure du chœur, sauf, sous forme de simple allusion, au IVe chapitre. Mais vous pourrez en lire une superbe description aux pages 400 et 401 de _la Cathédrale_ de M. Huysmans. Nous n'avons pas malheureusement la place de la reproduire ici. M. Huysmans qui a voué une dévotion toute particulière à Notre-Dame de Chartres reconnaît pourtant que la clôture du chœur est beaucoup plus belle à Amiens qu'à Chartres.--(Note du Traducteur.)]
[Note 65: Les premiers pas fixés et établis; des tribus errantes du nom de Francs avaient tour à tour balayé le pays puis reculé. Mais _cette_ invasion des Francs, dits Francs Saliens, ne se retirera plus.--(Note de l'Auteur.)]
[Note 66: Voir la note à la fin du chapitre ainsi que la pape 118 pour les allusions à la bataille de Soissons.--(Note de l'Auteur.)]
[Note 67: Les quatre premières figures de cette illustration sont expliquées dans le texte. La cinquième représente les relations de la Normandie, du Maine, de l'Anjou et de l'Aquitaine. Voyez Viollet-le-Duc, _Dict. Arch._, vol. I, p. 136.--(Note de l'Auteur.)
Voici l'aspect que présentent les quatre premières cartes de France, que nous n'avons pas reproduites ici. La première est simplement une carte physique de la France. Dans la seconde, il y a au nord, jusqu'à la Somme, deux petites rangées de fleurs de lis, c'est-à-dire des Francs. De la Somme à la Loire, un espace laissé en blanc figure, je crois, la domination romaine. La Bretagne est couverte de hachures diagonales descendant de gauche à droite, qui signifient les Bretons; la Burgondie, de hachures diagonales descendant de droite à gauche, qui signifient les Burgondes; le midi de la France, de la Loire aux Pyrénées, de hachures horizontales qui indiquent les Wisigoths. Dans les cartes 3 et 4, la Bretagne et la Burgondie resteront couvertes respectivement de Bretons et de Burgondes. Mais ce sont les seules parties de la France qui ne changeront pas. En effet, dans la carte 3 qui expose les résultats de la bataille de Soissons, l'espace, blanc tout à l'heure, qui est compris entre la Seine et la Loire, est maintenant couvert de fleurs de lis (de Francs). Et dans la carte 4, carte de la France après la bataille de Poitiers, les fleurs de lis ont partout remplacé les hachures horizontales (les Wisigoths) de la Loire aux Pyrénées, sauf dans la partie comprise entre la Garonne et la mer.--(Note du Traducteur.)]
[Note 68: Hachures diagonales descendant de gauche à droite.]
[Note 69: Hachures diagonales descendant de droite à gauche.]
[Note 70: Hachures horizontales.]
[Note 71: Plus exactement son manteau de chevalier, selon toute probabilité la trabea à raies rouges et blanches, le vêtement même des rois de Rome et principalement de Romulus.--(Note de l'Auteur.)]
[Note 72: MM. Jameson, _Art légendaire_, vol. II, p. 721.--(Note de l'Auteur.)]
[Note 73: Personnage du _Pilgrim's Progress_ de John Bunyan.--(Note du Traducteur.)]
[Note 74: MM. Jameson, vol. II, p. 722.--(Note de l'Auteur.)]
[Note 75: Ce n'est pas seulement Ruskin, il me semble, qui aime à se représenter un saint sous ces traits. Les meilleurs d'entre les clergymens de George Eliot et d'entre les prophètes de Carlyle ne sont pas davantage des «saints qui prêchent», ni «des sortes de saints à la saint Jean-Baptiste». Ils «ne dépensent pas non plus un souffle en une exhortation désagréable». Ils sont aussi aimables «pour le manant que pour le roi», aiment eux aussi « une honnête boisson».
D'abord, dans Carlyle, voyez Knox: «Ce que j'aime beaucoup en ce Knox, c'est qu'il avait une veine de drôlerie en lui. C'était un homme de cœur, honnête, fraternel, frère du grand, frère aussi du petit, sincère dans sa sympathie pour les deux; il avait sa pipe de Bordeaux dans sa maison d'Édimbourg, c'était un homme joyeux et sociable. Ils errent grandement, ceux qui pensent que ce Knox était un fanatique sombre, spasmodique, criard. Pas du tout: c'était un des plus solides d'entre les hommes. Pratique, prudent, patient, etc.» De même Burns: «était habituellement gai de paroles, un compagnon d'infini enjouement, rire, sens et cœur. Ce n'est pas un homme lugubre; il a les plus gracieuses expressions de courtoisie, les plus bruyants flots de gaieté, etc.» C'est encore Mahomet: «Mahomet sincère, sérieux, cependant aimable, cordial, sociable, enjoué même, un bon rire en lui avec tout cela.» Et de même Carlyle aime à parler du rire de Luther. (Carlyle, _les Héros_, traduction Izoulet, pages 237, 298, 299, 83, etc.)
Et dans Georges Eliot, voyez M. Irwine dans _Adam Bede_ M. Gilfil dans les _Scènes de la vie du Clergé_, M. Farebrother dans _Middlemarch_, etc.