Part 26
[Note 313: Je ne veux pas dire Aesthésis--mais _nous_; s'il faut que vous parliez en argot grec.--(Note de l'Auteur.)]
[Note 314: Tout lecteur ayant un peu de flair métaphysique, trouvera une certaine parenté entre l'idée exprimée ici (depuis «Toutes les créatures humaines») et la théorie de l'Inspiration divine dans le chapitre III: «Il ne sera pas doué d'aptitudes plus hautes ni appelé à une fonction nouvelle. Il sera inspiré... selon les capacités de sa nature» et cette remarque «La forme que prit plus tard l'esprit monastique tint beaucoup plus... qu'à un changement amené par le christianisme dans l'idéal de la vertu et du bonheur humains». Sur cette dernière idée Ruskin a souvent insisté, disant que le culte qu'un païen offrait à Jupiter n'était pas très différent de celui qu'un chrétien etc... D'ailleurs dans ce même chapitre III de la _Bible d'Amiens_, le Collège des Augures et l'institution des Vestales sont rapprochés des ordres monastiques chrétiens. Mais bien que cette idée soit par le lien que l'on voit, si proche des précédentes, et comme leur alliée c'est pourtant une idée nouvelle. En ligne directe elle donne à Ruskin l'idée de la Foi d'Horace et d'une manière générale tous les développements similaires. Mais surtout elle est étroitement apparentée à une idée bien différente de celles que nous signalons au commencement de cette note, l'idée (analysée dans la note des pages 244, 245, 246) de la permanence d'un sentiment esthétique que le christianisme n'interrompt pas. Et maintenant que de chaînons en chaînons, nous sommes arrivés à une idée si différente de notre point de départ (bien qu'elle ne soit pas nouvelles pour nous), nous devons nous demander si ce n'est pas l'idée de la continuité de l'art grec par exemple, des métopes du Parthénon aux mosaïques de Saint-Marc et au labyrinthe d'Amiens (idée qu'il n'a probablement crue vraie que parce qu'il l'avait trouvée belle) qui aura ramené Ruskin étendant cette vue d'abord esthétique à la religion et à l'histoire, à concevoir pareillement le collège des Augures comme assimilable à l'Institution bénédictine, la dévotion à Hercule comme équivalente à la dévotion à saint Jérôme, etc., etc.
Mais du moment que la religion chrétienne différait peu de la religion grecque (idée: «plutôt qu'à un changement amené idée par le christianisme dans l'idée de la vertu et du bonheur humains»). Ruskin n'avait pas besoin, au point de vue logique, de séparer si fortement la religion et la morale. Aussi il y a dans cette nouvelle idée, si même c'est la première qui a conduit Ruskin à elle, quelque chose de plus. Et c'est une de ces vues assez particulières à Ruskin, qui ne sont pas proprement philosophiques et qui ne se rattachent à aucun système, qui, aux yeux du raisonnement purement logique peuvent paraître fausses, mais qui frappent aussitôt toute personne capable à la couleur particulière d'une idée de deviner, comme ferait un pêcheur pour les eaux, sa profondeur. Je citerai dans ce genre parmi les idées de Ruskin, qui peuvent paraître les plus surannées aux esprits banals, incapables d'en comprendre le vrai sens et d'en éprouver la vérité, celle qui tient la liberté pour funeste à l'artiste, et l'obéissance et le respect pour essentiels, celle qui fait de la mémoire l'organe intellectuel le plus utile à l'artiste, etc., etc.
Si on voulait essayer de retrouver l'enchaînement souterrain, la racine commune d'idées si éloignées les unes des autres, dans l'œuvre de Ruskin, et peut-être aussi peu liées dans son esprit, je n'ai pas besoin de dire que l'idée notée au bas des pages 212, 213 et 214 à propos de «je suis le seul auteur à penser avec Hérodote» est une simple modalité de «Horace est pieux comme Milton», idée qui n'est elle-même qu'un pendant des idées esthétiques analysées dans la note des pages 244, 245, 246. «Cette coupole est uniquement un vase grec, cette Salomé une canéphore, ce chérubin une Harpie», etc.--(Note du Traducteur.)]
[Note 315: Genèse, XVIII, 23.--(Note du Traducteur.)]
[Note 316: Psaume, LXV, 13.--(Note du Traducteur.)]
[Note 317: Saint Jean, Révélation, XI, 15.--(Note du Traducteur.)]
FIN
APPENDICE I
LISTE CHRONOLOGIQUE DES PRINCIPAUX ÉVÉNEMENTS DONT IL EST FAIT MENTION DANS LA «BIBLE D'AMIENS».
Anno Domini. Chap. Pages.
250. Origine des Francs......................... II, 17
301. Saint Firmin vient à Amiens................ I,
332. Saint Martin............................... I, 22
345. Naissance de saint Jérôme................. III, 123
350. Première église d'Amiens élevée sur le tombeau de saint Firmin................. IV, 157
358. Les Francs vaincus par Julien près de Strasbourg.......................................II, 35
405. Bible de saint Jérôme...................... II, 81
420. Mort de saint Jérôme..................... III, 40
421. Naissance de sainte Geneviève.--Fondation de Venise........................... II, 3
445. Les Francs passent le Rhin et prennent Amiens................................... I, 10
447. Mérovée roi à Amiens....................... I, 12
451. Bataille de Châlons.--Attila battu par Aëtius................................... I, 10
457. Mort de Mérovée.--Childéric roi à Amiens. I, 12
466. Naissance de Clovis....................... II, 83
476. Fin de l'Empire romain en Italie, sous Odoacre............................ .. I, 12
481. Fin de l'empire romain en France........... II, 83
481. Clovis couronné à Amiens................. I, 12 II, 2 Naissance de saint Benoît................ II, 83
485. Bataille de Soissons.--Clovis vainqueur de Syagrius............................... II, 83
486. Syagrius meurt à la cour d'Alaric....... II, 83
489. Bataille de Vérone.--Théodoric vainqueur d'Odoacre.............................. II, 88
493. Clovis épouse Clotilde................... II, 84
496. Bataille de Tolbiac.--Clovis met les Alamans en déroute........................ II, 86
Clovis couronné à Reims par saint Rémi.. I, 13
Clovis baptisé par saint Rémi............ I, 20
508. Bataille de Poitiers.--Clovis vainqueur des Wisigoths commandés par Alaric.--Mort d'Alaric...................................... I, 13
APPENDICE II
PLAN GÉNÉRAL DE «NOS PÈRES NOUS ONT DIT[318], [319]».
La première partie de _Nos pères nous ont dit_, actuellement soumise au public, suffit pour montrer le plan et les tendances de l'ouvrage; contrairement à mes habitudes, je recours pour l'éditer à la souscription, parce que la mesure dans laquelle je pourrai rendre sa lecture plus profitable en l'illustrant de gravures, dépendra beaucoup de l'évaluation qu'on pourra faire du nombre de ceux qui en supporteront les frais.
Je ne découvre dans l'état actuel de ma santé aucune raison qui me fasse redouter un affaiblissement de mes facultés générales, soit comme conception, soit comme travail, autre que le refroidissement naturel et forcé de l'enthousiasme chez un vieillard; toutefois, il en survit assez en moi pour garantir mes lecteurs contre l'abandon d'un projet que je nourris depuis déjà vingt ans.
L'ouvrage, si je vis assez pour l'achever, comprendra dix parties, chacune limitée à une partie locale de l'Histoire chrétienne, et toutes se groupant à la fin pour mettre ensemble en lumière l'influence de l'Église au XIIIe siècle.
Dans le présent volume tient tout entière la première partie, qui décrit les commencements de la puissance franque et l'apogée artistique auquel elle aboutit avec la cathédrale d'Amiens.
La seconde partie, _Ponte della Pietra_, fera plus, je l'espère, pour Théodoric et Vérone, que je n'ai été en état de faire pour Clovis et la première capitale de la France.
La troisième, _Ara Cœli_, tracera les fondations de la puissance papale.
La quatrième, _Ponte-a-Mare_ et la cinquième, _Ponte Vecchio_ ne feront que rassembler avec beaucoup de difficulté dans une forme brève ce que je possède de matériaux épars relatifs à Pise et Florence.
La sixième, _Valle Crucis_, sera remplie par l'architecture monastique de l'Angleterre et du pays de Galles[320].
La septième, _les Sources de l'Eure_, sera entièrement consacrée à la cathédrale de Chartres.
La huitième, _Domremy_ à celle de Rouen et aux écoles d'architecture qu'elle représente.
La neuvième, _la Baie d'Uri_, aux formes pastorales du catholicisme, jusqu'à nos jours.
Et la dixième, _les Cloches de Cluse_, au protestantisme pastoral de Savoie, de Genève et de la frontière écossaise[321].
Chaque partie n'aura que quatre divisions; et l'une d'elles, la quatrième, sera généralement la description d'une cité ou d'une cathédrale historique considérée comme résultante--et vestige--de l'influence religieuse étudiée dans les chapitres préparatoires.
Il y aura au moins une illustration par chapitre; pour le surplus il sera fait des dessins qui seront directement placés au Musée de Sheffield pour que le public puisse s'y reporter, et seront gravés si l'on me fournit l'aide ou l'occasion de les relier à l'ouvrage entier.
De même que cela s'est fait pour le chapitre IV de cette première partie, une petite édition des chapitres descriptifs sera imprimée en format réduit pour les voyageurs et les non-souscripteurs; mais, à part cela, mon intention est que cet ouvrage soit exclusivement réservé aux souscripteurs.
[Note 318: Cet appendice porte le numéro III dans la _Bible d'Amiens_, le second contenant la liste des photographies prises d'après la cathédrale d'Amiens, par M. Kaltenbacher.--(Note du Traducteur.)]
[Note 319: Reproduit d'après l'_Advice_, publié avec le chapitre III (Mars 1882).--(Note de l'Auteur.)]
[Note 320: De _Nos pères nous ont dit_ aucun autre volume que la _Bible d'Amiens_ n'a paru. Mais _Verona and other lectures_ contient deux chapitres de _Valle Crucis: Candida Casa_ et le _Raccommodage du Crible_ (ce chapitre tire son titre d'un trait de l'enfance de saint Benoît).--(Note du Traducteur.)]
[Note 321: Sur la belle sonorité des cloches de Cluse, voir Deucalion, I, V, § 7, 8.--(Note du Traducteur).]