Chapter 5
L'ARTFL travaille aussi à un projet de base de données pour le "Dictionnaire de l'Académie française", dont les différentes éditions se sont échelonnées entre 1694 et 1935. Ce projet inclut la saisie et l'édition du texte, ainsi que la création d'un moteur de recherche spécifique. La première édition (1694) et la cinquième édition (1798) du dictionnaire sont les premières à être disponibles pour une recherche par mot, puis pour une recherche en texte intégral. Les différentes éditions sont ensuite combinées dans une base de données unique qui permet de juger de l'évolution d'un terme en consultant aussi bien une édition particulière que l'ensemble des éditions.
Les autres projets de l'ARTFL sont la version image de l'édition de 1740 du "Dictionnaire historique et critique" de Philippe Bayle, le "Roget's Thesaurus" de 1911, le "Webster's Revised Unabridged Dictionary" de 1913, le "Thresor de la langue française" de Jean Nicot (1606), un projet multilingue sur La Bible comprenant entre autres "La Bible française" de Louis Segond (1910), etc.
APPRENDRE LES LANGUES EN LIGNE
= [Citation]
Robert Beard, professeur de langues et créateur du portail yourDictionary.com, écrit en septembre 1998: "En tant que professeur de langues, je pense que le web présente une pléthore de nouvelles ressources disponibles dans la langue étudiée, de nouveaux instruments d'apprentissage (exercices interactifs Java et Shockwave) et de test, qui sont à la disposition des étudiants quand ceux-ci en ont le temps ou l'envie, 24 heures par jour et 7 jours par semaine. [Plus tard] l'internet nous offrira tout le matériel pédagogique dont nous pouvons rêver, y compris des notes de lecture, exercices, tests, évaluations et exercices interactifs plus efficaces que par le passé parce que reposant davantage sur la notion de communication."
= Une expérience
Maria Victoria Marinetti, de nationalité mexicaine, est titulaire d'un doctorat en ingéniérie. Depuis son installation en France, elle est professeur d'espagnol dans plusieurs entreprises du bassin annécien, en Haute-Savoie, et également traductrice. Elle raconte en août 1999: "J'ai accès à un nombre important d'informations au niveau mondial, ce qui est très intéressant pour moi. J'ai également la possibilité de transmettre ou de recevoir des fichiers, dans un va-et-vient d'information constant. L'internet me permet de recevoir ou d'envoyer des traductions générales ou techniques du français vers l'espagnol et vice versa, ainsi que des textes espagnols corrigés. Dans le domaine technique ou chimique, je propose une aide technique, ainsi que des informations sur l'exportation d'équipes de haute technologie vers le Mexique ou d'autres pays d'Amérique latine."
Elle ajoute en août 2001: "Depuis notre premier entretien, j'utilise beaucoup l'internet pour des échanges avec ma famille au Mexique et avec mes amis un peu partout dans le monde. C'est un outil de communication rapide, agréable et fantastique pour moi. Par contre, pour l'utilisation d'internet comme outil de télétravail, très peu d'entreprises ont le matériel et l'expérience nécessaires pour échanger des données dans le travail quotidien, notamment par la voix et l'image (par exemple pour la formation ou les conférences par l'internet). Pour ma part, je rencontre ce problème car je souhaite proposer une téléformation en langue espagnole, en utilisant la voix et l'image. Mais mes entreprises clientes ne sont pas habituées à utiliser ces moyens de communication malgré leur caractère pratique (pas de déplacements à faire) et malgré la fiabilité accrue de ces nouveaux moyens de communication par l'internet. En conclusion, les sociétés de conseil informatique ont encore beaucoup à faire pour familiariser les entreprises à l'utilisation des nouvelles technologies liées aux transferts de données par l'internet."
= CTI Centre
Depuis ses débuts en 1989, le Computer in Teaching Initiative (CTI) Centre for Modern Languages (Centre pour l'utilisation des ordinateurs dans l'enseignement des langues modernes) est un centre inclus dans l'Institut des langues de l'Université d'Hull (Royaume-Uni) et vise à promouvoir l'utilisation des ordinateurs dans l'apprentissage et l'enseignement des langues. Connu sour le nom de CTI Centre, il procure des informations sur la manière dont l'apprentissage des langues assisté par ordinateur peut être effectivement intégré à des cours existants, et il offre un soutien aux professeurs qui utilisent - ou souhaitent utiliser - l'informatique dans l'enseignement qu'ils dispensent.
June Thompson, responsable du CTI Centre, écrit en décembre 1998: "Avec l'internet, on a la possibilité de favoriser l'utilisation des langues étrangères, et notre organisation ne soutient absolument pas la suprématie de l'anglais en tant que langue de l'internet. L'utilisation de l'internet a apporté une nouvelle dimension à notre tâche qui consiste à soutenir les professeurs de langue dans l'utilisation de la technologie correspondante. Je pense que, dans un avenir proche, l'utilisation de supports linguistiques sur l'internet va continuer à se développer en même temps que d'autres activités liées aux technologies, par exemple l'utilisation de CD-ROM - certains établissements n'ont pas suffisamment de matériel informatique en réseau. A l'avenir, il me semble que l'utilisation de l'internet jouera un rôle plus grand, mais seulement si ces activités sont à caractère pédagogique. Notre organisme travaille étroitement avec le WELL, qui se consacre à ces problèmes."
Le WELL (Web Enhanced Language Learning - Apprentissage des langues favorisé par le web) est un projet britannique mené à bien entre 1997 et 2000 pour donner accès à des ressources web de qualité dans douze langues différentes. Sélectionnées et décrites par des experts, ces ressources sont complétées par des informations et des exemples sur la manière de les utiliser pour l'enseignement ou l'apprentissage d'une langue.
Ce projet est l'oeuvre de l'association EUROCALL (European Association for Computer-Assisted Language Learning - Association européenne pour l'apprentissage des langues assisté par ordinateur), qui regroupe des professionnels de l'enseignement des langues exerçant en Europe et dans le monde entier. Ses objectifs sont de favoriser l'utilisation des langues étrangères en Europe, encourager une vision européenne de l'utilisation des technologies pour l'apprentissage des langues, et enfin promouvoir la création et la diffusion d'un matériel de qualité. Un autre projet d'EUROCALL est CAPITAL (Computer-Assisted Pronunciation Investigation Teaching and Learning - Recherche, enseignement et apprentissage de la prononciation, assistés par ordinateur), qui regroupe des chercheurs et praticiens souhaitant utiliser l'informatique dans ce domaine.
= LINGUIST List
Gérée par l'Eastern Michigan University et la Wayne State University, deux universités des États-Unis, la LINGUIST List classe les messages reçus par la liste de diffusion dans diverses rubriques: profession (conférences, associations linguistiques, programmes, etc.), recherche et soutien à la recherche (articles, résumés de mémoires, projets, bibliographies, dossiers, textes), publications, pédagogie, ressources linguistiques (langues, familles linguistiques, dictionnaires, informations régionales) et soutien informatique (polices de caractères et logiciels). La LINGUIST List propose aussi un centre de documentation virtuel (Virtual Library).
Helen Dry, modératrice de la LINGUIST List, explique en août 1998: "La LINGUIST List, que je modère, a pour politique d'accepter les informations dans toutes les langues, puisque c'est une liste pour linguistes. Nous ne souhaitons cependant pas que le message soit publié dans plusieurs langues, tout simplement à cause de la charge de travail que cela représenterait pour notre personnel de rédaction (nous ne sommes pas une liste fourre-tout, mais une liste modérée: avant d'être publié, chaque message est classé par nos étudiants-rédacteurs dans une section comprenant des messages du même type). Notre expérience nous montre que pratiquement tout le monde choisit de publier en anglais. Mais nous relions ces informations à un système de traduction qui présente nos pages dans cinq langues différentes. Ainsi un abonné ne lit LINGUIST en anglais que s'il le souhaite. Nous essayons aussi d'avoir au moins un étudiant-éditeur qui soit réellement multilingue, afin que les lecteurs puissent correspondre avec nous dans d'autres langues que l'anglais."
= Language Today
Lancé en 1998, Language Today (La langue aujourd'hui) est un magazine destiné aux traducteurs, interprètes, terminologues, lexicographes et rédacteurs techniques. Ce magazine est une réalisation commune de Logos, qui procure le site web, et Praetorius, société de conseil britannique dans le domaine des langues appliquées. Le site du magazine procure aussi des liens vers des associations de traducteurs, des écoles de langues et des dictionnaires.
Geoffrey Kingscott, directeur général de Praetorius, écrit en septembre 1998: "Nous publions la version imprimée de Language Today uniquement en anglais, dénominateur commun de nos lecteurs. Quand nous utilisons un article qui était originellement dans une autre langue que l'anglais, ou que nous relatons un entretien mené dans une autre langue que l'anglais, nous le traduisons en anglais et nous ne publions que la version anglaise, pour la raison suivante: le nombre de pages que nous pouvons imprimer est limité, et déterminé en fonction de notre clientèle (annonceurs et abonnés). Par contre, dans notre version web, nous proposons aussi la version originale."
En ce qui concerne l'avenir, "nous continuerons d'avoir un site web pour notre société, et de publier une version de notre revue sur le web, mais ceci ne sera qu'un secteur de notre travail. Nous utilisons l'internet comme une source d'information que nous distillons ensuite à nos lecteurs, qui autrement seraient confrontés au problème majeur du web: faire face à un flux incontrôlé d'informations."
LES LANGUES MINORITAIRES
= [Citation]
Caoimhín Ó Donnaíle est professeur d’informatique à l’Institut Sabhal Mór Ostaig, sur l’île de Skye, en Écosse. Il dispense ses cours en gaélique écossais et maintient un site qui est la principale source d'information mondiale dans cette langue. Il écrit en mai 2001: "En ce qui concerne l’avenir des langues menacées, l’internet accélère les choses dans les deux sens. Si les gens ne se soucient pas de préserver les langues, l’internet et la mondialisation qui l’accompagne accéléreront considérablement la disparition de ces langues. Si les gens se soucient vraiment de les préserver, l’internet constituera une aide irremplaçable."
= L'Ethnologue
Contrairement aux clichés véhiculés dans les médias, l’internet ne favorise pas forcément l'hégémonie de l'anglais et n'entraîne pas la disparition des langues minoritaires. L'internet peut au contraire contribuer à protéger ces langues, s'il existe une volonté politique et culturelle dans ce sens. Un outil fondamental - avec une version web gratuite - est "The Ethnologue: Languages of the World" (L'Ethnologue: les langues du monde), qui est d'abord un catalogue de langues minoritaires avant de prendre de l'ampleur et de recenser toutes les langues de notre planète.
Publié par SIL International (SIL: Summer Institute of Linguistics), un organisme basé à Dallas (Texas), cet ouvrage de référence est disponible aussi sur CD-ROM (payant) et en version imprimée (payante). Il répertorie 6.800 langues selon plusieurs critères (nom de la langue, famille linguistique, pays dans lesquels la langue est parlée, code officiel de trois lettres, etc.), avec moteur de recherche unique.
Barbara Grimes, sa directrice de publication entre 1971 et 2000 (8e-14e éditions), relate en janvier 2000: "Il s’agit d’un catalogue des langues dans le monde, avec des informations sur les endroits où elles sont parlées, une estimation du nombre de personnes qui les parlent, la famille linguistique à laquelle elles appartiennent, les autres termes utilisés pour ces langues, les noms de dialectes, d’autres informations socio-linguistiques et démographiques, les dates des Bibles publiées, un index des noms de langues, un index des familles linguistiques et des cartes géographiques relatives aux langues."
Les deux principaux outils de recherche sont l'Ethnologue Name Index (Index des noms de l'Ethnologue), qui donne la liste des noms de langues et dialectes et de leurs synonymes, et l'Ethnologue Language Family Index (Index des familles linguistiques de l'Ethnologue), qui organise les langues selon leurs familles linguistiques.
Dans un entretien par courriel plus ancien, en août 1998, Barbara Grimes explique que, si la version web est utile, la version imprimée l'est encore plus, en langue anglaise pour toucher un large public. "Nous avons eu des demandes nous demandant l'accès à l'Ethnologue dans plusieurs autres langues, mais nous n'avons pas le personnel ni les fonds pour la traduction ou la réactualisation, indispensable puisque notre site est constamment mis à jour. L'internet nous est utile, c'est un outil pratique qui apporte un complément à notre travail. Nous l'utilisons principalement pour le courrier électronique. C'est aussi un moyen commode pour mettre notre documentation à la disposition d'une audience plus large que celle de l'Ethnologue imprimé. D'un autre côté, l'Ethnologue sur l'internet n'atteint en fait qu'une audience limitée disposant d'ordinateurs. Or, dans les personnes que nous souhaitons atteindre, nombreuses sont celles qui ne disposent pas d'ordinateurs. Je pense particulièrement aux habitants du dit 'Tiers-monde'."
= European Minority Languages
Autre expérience, celle de Caoimhín Ó Donnaíle, professeur d’informatique à l’Institut Sabhal Mór Ostaig, situé sur l’île de Skye, en Écosse. Caoimhín dispense ses cours en gaélique écossais. Il est aussi le webmestre du site de l’institut, qui est bilingue anglais- gaélique et se trouve être la principale source d’information mondiale sur le gaélique écossais. Sur ce site, il tient à jour la page European Minority Languages (Langues minoritaires en Europe), une liste elle aussi bilingue, avec classement par ordre alphabétique de langues et par famille linguistique.
Interviewé en août 1998, Caoimhín raconte: "L'internet a contribué et contribuera au développement fulgurant de l'anglais comme langue mondiale. L'internet peut aussi grandement aider les langues minoritaires. Ceci ne se fera pas tout seul, mais seulement si les gens choisissent de défendre une langue. Le web est très utile pour dispenser des cours de langues, et la demande est grande."
Près de trois ans plus tard, en mai 2001, il ajoute: "Nos étudiants utilisent un correcteur d’orthographe en gaélique et une base terminologique en ligne en gaélique. (...) Il est maintenant possible d’écouter la radio en gaélique (écossais et irlandais) en continu sur l’internet partout dans le monde. Une réalisation particulièrement importante a été la traduction en gaélique du navigateur Opera. C’est la première fois qu’un logiciel de cette taille est disponible en gaélique."
= Windows on Haiti
Guy Antoine, créateur de Windows on Haiti, site de référence sur la langue haïtienne, relate en novembre 1999: "J’ai fait de la promotion du kreyòl (créole haïtien) une cause personnelle, puisque cette langue est le principal lien unissant tous les Haïtiens, malgré l’attitude dédaigneuse d’une petite élite haïtienne - à l’influence disproportionnée - vis-à-vis de l’adoption de normes pour l’écriture du kreyòl et le soutien de la publication de livres et d’informations officielles dans cette langue. A titre d’exemple, il y avait récemment dans la capitale d’Haïti un Salon du livre de deux semaines, à qui on avait donné le nom de 'Livres en folie'. Sur les 500 ouvrages d’auteurs haïtiens présentés lors du salon, il y en avait une vingtaine en kreyòl, ceci dans le cadre de la campagne insistante que mène la France pour célébrer la francophonie dans ses anciennes colonies. A Haïti cela se passe relativement bien, mais au détriment direct de la créolophonie.
En réponse à l’attitude de cette minorité haïtienne, j’ai créé sur mon site Windows on Haiti deux forums de discussion exclusivement en kreyòl. Le premier forum regroupe des discussions générales sur toutes sortes de sujets, mais en fait ces discussions concernent principalement les problèmes socio-politiques qui agitent Haïti. Le deuxième forum est uniquement réservé aux débats sur les normes d’écriture du kreyòl. Ces débats sont assez animés, et un certain nombre d’experts linguistiques y participent. Le caractère exceptionnel de ces forums est qu’ils ne sont pas académiques. Je n’ai trouvé nulle part ailleurs sur l’internet un échange aussi spontané et aussi libre entre des experts et le grand public pour débattre dans une langue donnée des attributs et des normes de la même langue."
En juin 2001, Guy Antoine rejoint l’équipe dirigeante de Mason Integrated Technologies, une société dont l’objectif est de créer des outils permettant l’accessibilité des documents publiés dans des langues dites minoritaires. "Etant donné l’expérience de l’équipe en la matière, nous travaillons d’abord sur le créole haïtien (kreyòl), qui est la seule langue nationale d’Haïti, et l’une des deux langues officielles (l’autre étant le français). Cette langue ne peut guère être considérée comme une langue minoritaire dans les Caraïbes puisqu’elle est parlée par huit à dix millions de personnes."
ENCYCLOPEDIES MULTILINGUES
= [Citation]
Robert Beard, professeur de langues et co-fondateur du portail yourDictionary.com, écrit en septembre 1998: "Le web sera une encyclopédie du monde faite par le monde pour le monde. Il n'y aura plus d'informations ni de connaissances utiles qui ne soient pas disponibles, si bien que l'obstacle principal à la compréhension internationale et interpersonnelle et au développement personnel et institutionnel sera levé. Il faudrait une imagination plus débordante que la mienne pour prédire l'effet de ce développement sur l'humanité."
= Précurseurs
Les premières grandes encyclopédies en ligne apparaissent en décembre 1999 avec WebEncyclo et l’Encyclopaedia Universalis en langue française et Britannica.com en langue anglaise.
WebEncyclo, publié par les éditions Atlas, est la première grande encyclopédie francophone en accès libre. La recherche est possible par mots-clés, thèmes, médias (à savoir les cartes, liens internet, photos ou illustrations) et idées. Un appel à contribution incite les spécialistes d’un sujet donné à envoyer des articles, qui sont regroupés dans la section WebEncyclo contributif. Après avoir été libre, l’accès est ensuite soumis à une inscription préalable gratuite.
La version web de l’Encyclopaedia Universalis est mise en ligne à la même date, soit un ensemble de 28.000 articles signés par 4.000 auteurs. Si la consultation est payante sur la base d’un abonnement annuel, de nombreux articles sont en accès libre.
Le site Britannica.com est la première grande encyclopédie anglophone en accès libre. Le site propose l’équivalent numérique des 32 volumes de la 15e édition de l’Encyclopaedia Britannica, parallèlement à la version imprimée et à la version CD-ROM, toutes deux payantes. Le site web offre une sélection d’articles issus de 70 magazines, un guide des meilleurs sites, un choix de livres, etc., le tout étant accessible à partir d’un moteur de recherche unique. En septembre 2000, le site fait partie des cent sites les plus visités au monde. En juillet 2001, la consultation devient payante sur la base d’un abonnement annuel ou mensuel. Fin 2008, Britannica.com annnonce l'ouverture prochaine de son site à des contributeurs extérieurs, avec inscription obligatoire pour écrire et modifier des articles.
= Wikipédia
Issu du terme hawaïen "wiki" (qui signifie: vite, rapide), un wiki est un site web permettant à plusieurs utilisateurs de collaborer en ligne sur un même projet. A tout moment, ces utilisateurs peuvent contribuer à la rédaction du contenu, modifier ce contenu et l'enrichir en permanence. Le wiki est utilisé par exemple pour créer et gérer des dictionnaires, des encyclopédies ou encore des sites d'information sur un sujet donné. Le programme présent derrière l'interface d'un wiki est plus ou moins élaboré. Un programme simple gère du texte et des hyperliens. Un programme élaboré permet d'inclure des images, des graphiques, des tableaux, etc. L’encyclopédie wiki la plus connue est Wikipédia.
Créée en janvier 2001 à l’initiative de Jimmy Wales et de Larry Sanger, Wikipédia est une encyclopédie gratuite écrite collectivement et dont le contenu est librement réutilisable. Elle est immédiatement très populaire. Sans publicité et financée par des dons, cette encyclopédie coopérative est rédigée par des milliers de volontaires - appelés Wikipédiens, et qui s'inscrivent sous un pseudonyme - avec possibilité de corriger et compléter les articles, aussi bien les leurs que ceux d'autres contributeurs. Les articles restent la propriété de leurs auteurs, et leur libre utilisation est régie par la licence GFDL (GNU free documentation license).
En décembre 2004, Wikipédia compte 1,3 million d'articles rédigés dans 100 langues par 13.000 contributeurs. En décembre 2006, elle compte 6 millions d'articles dans 250 langues, et elle est un de dix sites les plus visités du web. En mai 2007, la version francophone fête ses 500.000 articles. A la même date, Wikipédia compte 7 millions d'articles dans 192 langues, dont 1,8 million en anglais, 589.000 en allemand, 260.000 en portugais et 236.000 en espagnol. En 2009, Wikipédia fait partie des cinq sites les plus visités du web.
Fondée en juin 2003, la Wikimedia Foundation gère non seulement Wikipédia mais aussi Wiktionary, un dictionnaire et thésaurus multilingue lancé en décembre 2002, puis Wikibooks (livres et manuels en cours de rédaction) lancé en juin 2003, auxquels s'ajoutent ensuite Wikiquote (répertoire de citations), Wikisource (textes appartenant au domaine public), Wikimedia Commons (sources multimédia), Wikispecies (répertoire d'espèces animales et végétales), Wikinews (site d'actualités) et enfin Wikiversity (matériel d'enseignement), lancé en août 2006.
LOCALISATION ET INTERNATIONALISATION
= [Citation]
Peter Raggett, sous-directeur (puis directeur) du Centre de documentation et d'information (CDI) de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), écrit en août 1999: "Je pense qu'il appartient aux organisations et sociétés européennes d'offrir des sites web si possible en trois ou quatre langues. À l'heure de la mondialisation et du commerce électronique, les sociétés ont un marché potentiel sur plusieurs pays à la fois. Permettre aux usagers francophones, germanophones ou japonais de consulter un site web aussi facilement que les usagers anglophones donnera une plus grande compétitivité à une firme donnée."
= [Texte]
"Vers la communication sur internet dans toutes les langues..." Tel est le sous-titre de la page d'accueil de Babel, un projet conjoint d'Alis Technologies et de l'Internet Society, lancé dans l'optique d'une internationalisation de l'internet. En 1997, le site multilingue de Babel (allemand, anglais, espagnol, français, italien, portugais et suédois) propose deux grands secteurs: (a) un secteur langues, avec trois sections: langues du monde, glossaire typographique et linguistique, francophonie, (b) un secteur internet et multilinguisme, avec deux sections: développer votre site web multilingue, et codage des écritures du monde. Babel propose aussi la page "Palmarès des langues de la toile", qui est la première à donner la répartition réelle des langues sur le réseau.