Part 8
L’État juif est conçu comme État neutre. Il n’a besoin que d’une armée composée de professionnels--pourvue, à la vérité, de tous les moyens modernes de la guerre--pour le maintien de l’ordre à l’intérieur comme à l’extérieur.
LE DRAPEAU
Nous n’avons pas de drapeau. Il nous en faut un. Quand on veut conduire beaucoup d’hommes, il faut élever un symbole au-dessus de leurs têtes. J’imagine un drapeau blanc avec sept étoiles d’or. Le champ blanc signifie la vie nouvelle et pure; les sept étoiles sont les sept heures d’or de notre journée de travail. Car c’est sous le signe du travail que les Juifs s’en vont dans le nouveau pays.
TRAITÉS DE RÉCIPROCITÉ ET D’EXTRADITION
Le nouvel État juif doit être fondé honnêtement, car nous songeons à notre honneur futur dans le monde. C’est pourquoi toutes les obligations contractées dans les anciens lieux d’habitation doivent être loyalement remplies.
La _Society of Jews_ et la _Jewish Company_ n’accorderont de voyage à bon marché et des faveurs relatives à l’établissement là-bas qu’à ceux qui apporteront à leurs autorités un certificat disant: «Parti en bon ordre.»
Toutes les demandes de droit privé qui datent encore des pays abandonnés peuvent être plus facilement introduites devant les tribunaux de l’État juif que partout ailleurs. Nous n’attendrons point de réciprocité. Nous ne ferons cela que par égard pour notre honneur. De la sorte, nos demandes trouveront aussi les tribunaux mieux disposés qu’ils ne le sont peut-être parfois actuellement.
Il va de soi, d’après ce qui a été dit jusqu’ici, que nous livrerons plus facilement les criminels juifs que tout autre État, jusqu’au moment où nous exercerons le pouvoir judiciaire d’après les mêmes principes que les autres peuples civilisés. Une période de transition est donc supposée pendant laquelle nous n’admettrons nos criminels qu’après qu’ils auront subi la peine. Mais, dès le moment qu’ils l’auront subie, nous les admettrons sans restriction.
Même pour les criminels, une vie nouvelle doit commencer parmi nous.
C’est ainsi que, pour beaucoup de Juifs, l’émigration peut être considérée comme la terminaison heureuse d’une crise. Les mauvaises conditions extérieures, au sein desquelles plus d’un caractère s’est corrompu, seront améliorées et des hommes perdus pourront être sauvés. Je voudrais raconter ici succinctement une histoire que j’ai trouvée dans un rapport sur les mines d’or de Witwatersrand. Un jour, un homme arriva au Rand, s’y établit, essaya différentes affaires, sans s’occuper toutefois de la recherche de l’or. Enfin, il fonda une fabrique de glace qui prospéra, et il gagna bientôt, par son honnêteté, l’estime générale. Alors, après des années, il fut subitement arrêté. Il avait commis à Francfort, comme banquier, des tromperies, s’était enfui, et il avait recommencé au delà des mers, sous un faux nom, une nouvelle existence. Mais lorsqu’on l’emmena prisonnier, les hommes les plus considérables vinrent à la gare, lui dirent cordialement adieu et au revoir! Car il reviendra. Cette histoire est on ne peut plus instructive! Une nouvelle existence peut améliorer même les criminels. Et pourtant nous avons relativement très peu de criminels parmi nous. Qu’on lise à cet effet une intéressante statistique: «La Criminalité des Juifs en Allemagne», par le docteur P. Nathan, de Berlin,--statistique qui a été établie à la demande du Comité pour la défense contre les attaques antisémites--sur des documents officiels. Mais il est vrai que ce travail bourré de chiffres part, comme maintes autres «défenses», de l’erreur qui consiste à croire que l’antisémitisme peut être réfuté à l’aide de la raison. Car on nous hait vraisemblablement autant à cause de nos qualités que de nos défauts.
LES AVANTAGES DE L’ÉMIGRATION JUIVE
J’imagine que les gouvernements, volontairement ou sous la pression des antisémites, accorderont quelque attention à cet écrit, et peut-être même, par-ci par-là, accueillera-t-on, dès le commencement, le projet avec sympathie et en donnera-t-on aussi des preuves à la _Society of Jews_.
Car, par l’émigration des Juifs, que j’ai en vue, on n’a à redouter aucune crise économique. De pareilles crises qui devraient fatalement se produire à la suite des persécutions contre les Juifs, seraient, au contraire, empêchées par la réalisation de ce projet. Une grande période de prospérité commencerait dans les pays actuellement antisémites. Ainsi que je l’ai déjà dit souvent, une migration intérieure des citoyens chrétiens aura lieu dans les positions des Juifs, lentement et méthodiquement abandonnées. Si non seulement on nous laisse faire, mais si encore on nous aide, le mouvement sera partout fécond en bons résultats. C’est aussi une idée étroite, dont il faut se débarrasser, que celle qui veut que le départ de beaucoup de Juifs ait pour conséquence l’appauvrissement des pays abandonnés. Un départ par suite de persécutions où, à la vérité, des biens sont détruits, tout comme dans le désordre d’une guerre, et la retraite paisible et volontaire de colons, dans laquelle tout peut se passer au grand jour, franchement et ouvertement, avec le respect des droits acquis et en pleine légalité, sous les yeux des autorités et sous le contrôle de l’opinion publique, sont deux choses bien différentes. L’émigration de prolétaires chrétiens dans d’autres parties du monde serait arrêtée par le mouvement juif.
Les États auraient en outre l’avantage que leur commerce d’exportation s’accroîtrait puissamment, car, pour longtemps encore, les Juifs émigrés là-bas en seraient réduits aux produits européens, et devraient nécessairement se les procurer. Par les groupes locaux, un système de compensation équitable serait créé, et, pendant de longues années, il faudrait encore pourvoir aux besoins ordinaires dans les endroits habituels.
L’un des plus grands avantages serait sans doute l’allègement social. Le mécontentement social pourrait être apaisé pour un temps qui durerait peut-être vingt ans, peut-être plus longtemps, mais qui, en tous les cas, se maintiendrait pendant toute la durée de la migration juive.
Le développement, ou, pour mieux dire, la solution de la question sociale, ne dépend que du progrès des moyens techniques. La vapeur a rassemblé les hommes dans les fabriques, autour des machines, où ils sont pressés les uns contre les autres et rendus malheureux les uns par les autres. La production est énorme, sans choix, sans méthode, conduisant à chaque instant à de graves crises, dans lesquelles, avec les patrons, succombent aussi les ouvriers. La vapeur a comprimé les hommes les uns contre les autres. L’application de l’électricité les dispersera vraisemblablement à nouveau, et, peut-être, les placera dans des conditions de travail plus heureuses. En tous les cas, les inventeurs techniques, qui sont les vrais bienfaiteurs de l’humanité, continueront à travailler, après comme avant le commencement de la migration des Juifs, et, il faut l’espérer, à trouver des choses aussi merveilleuses que jusqu’à présent, voire même de plus en plus merveilleuses.
Déjà le mot «impossible» semble avoir disparu de la langue de la technique. Si un homme du siècle dernier revenait, il trouverait toute notre vie remplie d’inexplicables enchantements. Partout où nous apparaissons, nous autres hommes modernes, avec nos moyens d’action, nous transformons le désert en un jardin. Pour la création des villes, des années nous suffisent là où, aux époques antérieures de l’histoire, il fallait des siècles; l’Amérique nous en fournit des exemples nombreux. Les distances ont cessé d’être un obstacle. Le trésor de l’esprit moderne contient déjà des richesses inappréciables, que chaque jour augmente. Cent mille cerveaux méditent, cherchent sur tous les points de la terre, et ce que l’un a découvert appartient l’instant d’après à tout le monde.
Nous-mêmes, nous voudrions, dans le pays des Juifs, utiliser, continuer toutes les nouvelles expériences. Et comme, par la journée de sept heures, nous en faisons une en vue du bien général des hommes, nous entendons prendre les devants pour tout ce qui concerne les intérêts humains, et représenter, comme pays neuf, un pays d’expérimentation, un pays modèle.
Après le départ des Juifs, les établissements créés par eux resteront où ils étaient. Et jusqu’à l’esprit d’entreprise des Juifs lui-même sera présent là où il est bien vu. Le capital juif mobile cherchera, également dans l’avenir, son placement là où la situation est bien connue de ses possesseurs. Et, tandis qu’à présent, à cause de la persécution, l’argent juif va joindre à l’étranger les entreprises les plus lointaines, il contribuera alors, grâce à cette solution pacifique, à l’essor ultérieur des pays qui ont été jusqu’ici les lieux d’habitation des Juifs.
CONCLUSION
Dans cet écrit, que j’ai médité longuement et souvent remanié, beaucoup de choses cependant ont été omises. On y rencontre encore toujours des négligences nuisibles, des lacunes, et aussi des répétitions inutiles.
Le lecteur de bonne foi, assez avisé pour ne pas se borner à la lettre qui tue, mais qui aura en vue l’esprit qui vivifie, ne se laissera pas dégoûter par les lacunes. Il se sentira bien plutôt incité à consacrer sa perspicacité et sa force à l’amélioration d’une œuvre qui n’est point personnelle à un seul individu.
N’ai-je pas expliqué des choses qui s’entendent d’elles-mêmes et laissé échapper des considérations importantes?
J’ai essayé de réfuter quelques objections, je n’ignore pas qu’il y en a encore beaucoup d’autres, il y en a d’élevées et de terre à terre.
Au nombre des objections élevées se trouve celle d’après laquelle la détresse des Juifs n’est point la seule qu’il y ait dans le monde. Mais je pense cependant que nous devons toujours commencer à faire disparaître un peu de misère, ne fût-ce que, provisoirement, notre propre misère à nous.
On peut dire, en outre, que nous ne devrions pas créer de nouvelles différences entre les hommes, qu’au lieu d’élever de nouvelles frontières, nous devrions bien plutôt faire disparaître les anciennes, j’estime que ceux qui pensent ainsi sont des rêveurs dignes d’amour, mais que le vent aura déjà dispersé à jamais leurs os, sans en laisser de traces, alors que les sentiments patriotiques fleuriront encore toujours. La fraternité universelle n’est même pas un beau rêve. L’ennemi est utile pour les suprêmes efforts de la personnalité.
Mais comment? Les Juifs n’auraient sans doute plus d’ennemis dans leur propre État; or, comme ils s’affaiblissent dans la prospérité et disparaissent, c’est surtout alors que le judaïsme périrait. Mon avis est que, comme toutes les autres nations, les Juifs auront toujours assez d’ennemis. Mais lorsqu’ils se trouveront sur leur propre sol, ils ne pourront plus jamais être dispersés dans le monde. Aussi longtemps que la civilisation ne s’écroulera pas, la dispersion des Juifs ne pourra plus se répéter. Cette éventualité, un niais seul peut la redouter. La civilisation actuelle a assez de puissance pour se défendre.
Les objections terre à terre sont innombrables, de même qu’il y a aussi plus d’hommes terre à terre que d’esprits élevés. J’essaie d’avoir raison de quelques idées étroites. Celui qui veut se placer derrière le drapeau blanc aux sept étoiles doit coopérer à cette lutte pour la diffusion des lumières. Peut-être la lutte devra-t-elle être entreprise tout d’abord contre certains Juifs méchants, bornés et sans générosité.
Ne dira-t-on pas que je fournis des armes aux antisémites? Pourquoi? Parce que je conviens de ce qui est vrai? Parce que je ne prétends pas que nous n’ayons que des hommes excellents parmi nous?
Ne dira-t-on pas que j’indique une voie par laquelle on pourrait nous nuire? Je le conteste de la façon la plus absolue. Ce que je propose ne peut s’exécuter que par le libre consentement de la majorité des Juifs. On peut nuire à certains Juifs individuellement, même aux groupes des Juifs actuellement les plus puissants, mais jamais plus, par l’État, à tous les Juifs. On ne peut plus supprimer l’égalité des droits des Juifs là où elle a été consacrée par la loi. Car la première tentative faite dans ce but jetterait tous les Juifs, pauvres ou riches, dans les partis révolutionnaires. Déjà, le commencement d’injustices officielles contre les Juifs a partout comme conséquence des crises économiques. On ne peut donc pas, à vrai dire, entreprendre grand’chose d’efficace contre nous, si l’on ne veut pas se faire mal à soi-même. Par là, la haine ne cesse de grandir. Les riches n’en éprouvent que peu d’effet. Mais nos pauvres! Que l’on demande à nos pauvres, qui, depuis le renouvellement de l’antisémitisme, ont été épouvantablement _prolétarisés_.
Quelques Juifs aisés penseront-ils que l’oppression n’est pas encore assez grande pour émigrer, et que, même lors des expulsions violentes, l’on a vu avec combien peu d’empressement nos gens s’en sont allés? Oui, parce qu’ils ne savent où diriger leurs pas! Parce qu’ils ne sortent d’une misère que pour se précipiter dans une autre. Mais nous leur montrons le chemin de la Terre Promise. Et contre la terrible puissance de l’habitude doit combattre la superbe puissance de l’enthousiasme.
Les persécutions ne sont plus aussi malignes qu’au moyen-âge. Oui, mais notre sensibilité s’est accrue, de sorte que nous ne sentons pas la diminution de la souffrance. La longue persécution a surexcité nos nerfs.
Et, dira-t-on encore: l’entreprise est désespérée, même si nous obtenons le pays et la souveraineté, parce que seuls les pauvres s’en iront? Eh! mais ce sont justement ceux-là dont nous avons tout d’abord besoin! Les _desperados_ seuls sont bons comme conquérants.
Quelqu’un dira-t-il: oui, si cela était possible on l’aurait déjà fait?
Autrefois ce n’était pas possible. Mais c’est possible maintenant. Il y a encore cent ans, cinquante ans, c’eût été une rêvasserie. Aujourd’hui, tout cela est la réalité. Les riches qui possèdent une si délicieuse vue d’ensemble sur les acquisitions techniques, savent très bien tout ce qui peut être fait avec de l’argent. Et c’est ainsi que cela se passera: justement les pauvres et les simples, qui ne se doutent point du pouvoir que l’homme a déjà sur les forces de la nature, croiront le plus fortement au nouveau message. Car ils n’ont point perdu l’espérance en la Terre Promise.
La voilà, Juifs! Pas de fable, pas de tromperie! Chacun peut s’en convaincre, car chacun apporte là-bas un morceau de Terre Promise: l’un dans sa tête, l’autre dans ses bras, l’autre enfin dans son bien acquis.
Maintenant, cela pourrait paraître comme une entreprise de lente réalisation. Même dans le cas le plus favorable, le commencement de la fondation de l’État se ferait encore attendre nombre d’années. Pendant ce temps, les Juifs seront raillés, battus, écorchés, pillés et assommés dans mille endroits à la fois. Non, il suffit seulement que nous commencions à réaliser le projet, pour que l’antisémitisme cesse aussitôt et partout. Car c’est la conclusion de la paix.
La nouvelle de la formation de la _Jewish Company_, lorsque cette dernière pourra être considérée comme un fait accompli, sera portée en un jour, par l’étincelle de nos fils, aux points les plus éloignés du globe.
Et aussitôt, on sentira l’allègement. Sur l’heure, se produira, dans notre bourgeoisie, l’écoulement de la surproduction en intelligences moyennes. Cette surproduction s’en ira là-bas, dans notre organisation initiale, former nos premiers ingénieurs, nos officiers, nos professeurs, nos employés, nos avocats, nos médecins. Le mouvement se continuera rapidement et cependant sans secousse. On priera dans les temples pour la réussite de l’œuvre. Mais dans les églises aussi! C’est la fin d’une vieille oppression sous laquelle tous ont souffert.
Mais, tout d’abord, il faut que la lumière se fasse dans les cerveaux. Il faut que la pensée vole jusqu’aux derniers nids lamentables où habitent les nôtres. Ils se réveilleront de leur rêve brumeux. Car pour nous tous commencera une vie nouvelle--avec de nouvelles destinées. Il suffit que chacun pense à soi, pour que le courant se développe, impétueux.
Et quelle gloire attend les champions désintéressés de cette cause!
C’est pourquoi je crois qu’une génération de Juifs admirables sortira de terre. Les Macchabées ressusciteront.
Je répète une fois encore le mot du commencement: «Les Juifs qui le veulent auront leur État.»
Nous devons enfin vivre en hommes libres sur notre propre motte de terre et mourir tranquilles dans notre propre patrie.
Le monde sera délivré par notre liberté, enrichi de nos richesses et grandi de notre grandeur.
Et ce que nous tenterons là-bas en vue de notre prospérité particulière agira puissamment et heureusement, au dehors, pour le bien de l’humanité.
TABLE DES MATIÈRES
Portrait de Théodore Herzl Frontispice Introduction, par Baruch Hagani 7 Préface 33 Introduction 41
CHAPITRE I.--Considérations générales 69 La question juive 71 Essais de solution tentés jusqu’à ce jour 76 Des causes de l’antisémitisme 81 Conséquences de l’antisémitisme 85 Le projet 88 Palestine ou Argentine? 94 Le besoin, l’organe, les relations 96
CHAPITRE II.--La Jewish Company 101 Traits principaux 103 Affaires immobilières 105 L’achat de la terre 108 Les constructions 110 Habitations ouvrières 112 Les ouvriers non professionnels (_unskilled labourers_) 115 La journée de sept heures 117 L’assistance par le travail 122 Le marché 125 Autre catégorie d’habitations 128 De quelques formes de la liquidation 130 Les garanties de la Compagnie 137 De quelques travaux de la Compagnie 142 Impulsion industrielle 145 Les artisans 149 L’opération financière 150 Les groupes locaux (_Transplantation_) 159 La migration par groupes 161 Nos Pasteurs 165 Les hommes de confiance des groupes locaux 166 Les plans des villes 169 L’émigration des classes moyennes 171 Le phénomène de la foule 173 Notre «matériel humain» 183 Petites habitudes 186
CHAPITRE III.--La «Society of Jews» et l’État juif 189 «Negotiorum Gestio» 191 Le «Gestor» des Juifs 199 La prise de possession 202 La constitution 207 La langue 211 Théocratie 213 Les lois 214 L’armée 215 Le drapeau 216 Traités de réciprocité et d’extradition 217 Les avantages de l’émigration juive 220
Conclusion 227
ACHEVÉ D’IMPRIMER LE 31 MAI 1926 PAR F. PAILLART A ABBEVILLE (SOMME).
LIBRAIRIE LIPSCHUTZ
28, Rue Lamartine, PARIS (IXe)
Téléph.: Trudaine 24-33 R. C. Seine 79.725
Extrait de notre Catalogue:
Benamozegh (Élie). Morale Juive et Morale Chrétienne. Un beau volume in-8 de XVI-342 pages sur papier vélin à la forme. Cartonné. 30 fr.
Les récents travaux de l’exégèse critique et historique ont considérablement modifié le point de vue des savants sur les origines chrétiennes. Ils ont éclairci d’un jour tout nouveau la séparation opérée entre le Judaïsme et le Christianisme et la position respective des deux religions. L’œuvre d’_Élie Benamozegh_ représente la contribution inappréciable d’un savant juif éminent et elle projette une lumière décisive dans l’étude des sources évangéliques. Jamais les influences qui ont agi dans la rédaction des premiers documents du christianisme et la constitution de sa morale et de sa théologie, n’avaient été analysées d’une façon plus pénétrante. L’apologie du Judaïsme qui s’en dégage est d’une solidité incomparable. Au moment où le rôle de l’apôtre Paul se trouve placé par les exégètes au premier rang des données historiques certaines en ce qui concerne la fondation du Christianisme, le volume de Benamozegh apporte sur les doctrines pauliniennes, dans leurs rapports avec le Judaïsme, une critique extrêmement serrée et d’une rare originalité. Une étude sur l’Islamisme complète ce remarquable ouvrage.
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Cet ouvrage du regretté Grand-Rabbin de Turquie raconte, dans tous ses détails, et à l’aide de _documents inédits_ hébraïques, arabes et turcs, en prose et en vers, les péripéties du premier assassinat commis en 1622 sur la personne d’un sultan, et la substitution violente d’un souverain à un autre. Cette date marque le véritable début de la décadence de la Turquie. Les grands historiens Hammer, Jorga, etc., qui pourtant ont rapporté ce tragique épisode, n’ont pas connu les manuscrits sur lesquels est basé cet ouvrage et qui, à tous les points de vue, offrent un intérêt remarquable.
Elmaleh (Abraham). Nouveau dictionnaire hébreu-français contenant:
1º La nomenclature et la traduction de tous les mots hébreux et chaldéens contenus dans la Bible, la littérature talmudique et post-talmudique, dans le Rituel des Prières journalières, dans les littératures hébraïques du moyen âge, moderne et contemporaine;
2º L’explication, suivant les commentaires les plus accrédités, des passages bibliques présentant quelque difficulté; etc., etc.
Grand volume in-8º de plus de 1700 pages, cartonné. 175 fr.
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