L'art de chevalerie selon Vegece

Part 2

Chapter 24,066 wordsPublic domain

Cathon le vaillant combatant par la force duquel et vertu d’armes les Romains eurent plusieurs belles victoires et qui oncques en bataille ne fut desconfi dist que plus doit autre prouffite a la chose publicque l’escripture des Rigles enseignemens et discipline d’armes qu’il avoit composee et en fait livres que en chose qu’il eust oncques faicte de son corps Car dist il tout ce que homme y peut faire ne dire ne dure que ung age mais ce qui est escript dure au prouffit commun a tousjours dont innumerables hommes en peuvent mieulz valoir si est doncques par ceste raison assez notoire que ce n’est mie de petit prouffit de en escripre et d’en faire livre mais affin que ceste presente euvre par aucuns envieux en aucun temps ne puist estre reproché que en la mectant sus l’occupacion dit autre vacque ait esté perte de temps sicomme de traicter chose non licite Premierement est assavoir se guerres et batailles chevalerie et fais d’armes de quoy esperons a parler est chose juste ou non juste. Car comme en excerçant armes soient fais plusieurs gens maulz extorcions & griefz sicomme ochisions rapines et efforcemens bouter feu et plusieurs maulz infinies pourroit sembler a aucune que guerres et batailles feussent chose excommuniee et non deue. Et pource a respondre a ceste question est assavoir qu’il appert manifestement que guerres emprises a juste cause sont permises de dieu sicomme nous en avons preuve en la saincte escripture en plusieurs lieux. Comment nostre seigneur mesmement disoit aux capitenes des ostz ce qu’il devoient faire contre leurs ennemis sicomme il est escript d’un qui s’appelloit jhesus auquel il dist qu’il s’ordonnast en bataille contre ses ennemis et feist une embusche pour les mieulz vaincre et d’autrez semblement est recité. Et mesmement dist dieu en la saincte escriture qu’il est sire et gouvarneur des ostz et des batailles. Guerre et bataille qui est faicte a juste querelle n’est aultre chose que droicte execucion de justice pour rendre le droit divin et senblenment les loix ordonnes des gens pour contrister aux arrogans et malfaicteurs Et quant aux maulz qui y sont fais aultre droit de guerre sicomme autres acteurs le dient. Ce ne vient pas par droit de guerre ains par mauvaistie de gens qui mal en usent ainsi que je espoir a l’ayde de dieu toucher cy apres ou il eschera ou je parferay des choses limitees selon les loix et droit escrit en l’excercite des armes.

Cy devise comment il ne loist fors aulx roix ou souverains princes emprendre de leur singuliere auctorité guerre et batailles contre quelconques. iii. chappitre.

Or avons doncques regardé et touché oudit second chapitre brefment comment guerres et batailles a bon droit emprinses est chose juste Si est a regarder puis qu’elles sont de droit et il appartient a tout homme faire justice et droicte euvre se il loist a checune personne enprendre guerre pour garder son droit Car il sembleroit par icelle raisons que sans mesprendre tout homme faire le peut. Mais pour la verité declairer a ceulx qui en ce point porroient errer Est assavoir que sans faire doubte selon la determinacions du droit et des loix a nul n’apartient bataille ne guerre emprendre pour quelconque cause se ce n’est aux princes souverains sicomme empereurs roix ducs & seigneurs terriens le quelz soient mesmement chiefz principaulz de juridictions temporeles Ne a baron quelconque ne a autre tant soit grent ne appartient sans licence et voulenté de son souverain seigneur Et que ceste loy soit de droit la manifeste raison le demonstre assés. Car se autrement estoit de quoy doncques servirroint princes souverains qui pour autre chose ne furent establis que pour faire droit a ung checun de leurs subgectz qui oppressez seroient par aucunes extortions et de les defendre et garder ainsi que le bon pasteur qui expose sa vie pour ses aulles Et pour ce doit fuyr le subgect au segneur comme a son reffuge quant aucun grief lui est fait Et le bon seigneur prendra les armes pour lui se besoing est C’est a dire lui aydera de sa puissance a garder son bon droit soit par voye de justice ou par execucion d’armes.

Cy devise quelz sont les mouvemens dont premierement sourdent guerres et batailles. iiii chapitre.

Doncques appartient il seulement aux souverains princes d’emprendre guerres et batailles Or est a regardes pour quelles cases selon droit doivent estre emprinses & maintenues Et en ceste chose bien advisé me semble que communement cinq mouvemens y a principaulz sur quoy elles sont fondees dont les trois sont de droit et les aultres de voulunté Le premier de droit pourquoy doivent estre guerres emprinses et maintenus est pour soustenir droit et justice.

Le second est pour contrestre aux mauvais qui veulent fouler grever et oppresser la contree la paix et le peuple. Le tiers est pour recouvrer terres seigneuries et autre choses par autruy ravies et usurpees a injuste cause qui au prince ou au prouffit et utilité du pays ou de subgetz deussent appartenir Item des deux de voulunté. L’un est pour cause de vengance pour aucun gref receu d’autruy. L’autre est pour conquerir terres et seigneuries estranges mais pour les plus particulierement declairer nous dirons ainsi Premierement et par especial le premier des trois qui est de justice on doit savoir qu’il y a trois causes principalz par lesquelles loist au roy ou prince emprendren ou maintenir guerres et batailles.

La premier est pour porter et soustenir l’eglise et son patrimonne. Contre tout homme qui la vouldroit fouler comme tous princes christiens y sont tenus.

La dussiemes pour son vassal s’il l’en requirt et prie/ ou cas qu’il ait bonne et juste querrelle/ et que le prince se soit avant bien et deuement emforcé de mectre accord entre les parties en laquelle chose l’adversaire soit trouvé de tractable.

La tresieme est que le prince peut justement s’il lui plaist aider a tout prince baron ou autre son alyé ou amy ou a quelconque contree ou pays s’il en est requis en cas que la querrelle soit juste. Et en ce point sont comprinses femmes vesves orphenins et tout ceulz qui necessité en pourroient avoir de quelque part qu’il soient foulez a tort d’autruy puissance. A ceste cause et semblement pour les autres dessuis ditz mouvemens. C’est assavoir l’un pour vengance de acun gref receu par puissance d’autruy.

L’autre pour acquirir estranges terres sans avoir autre tiltre que de conquereurs Comme alaxandre les romains et autres soient moult loeyes tiltres de chevalerie et semblablement ceulz qui grandemant se sont vengez de leurs ennemis ou que bien soit ou mal et quoy que communement on le face Je ne treuve pas en la loy divine ne en autre escripture que pour ces deux cas seulement sans autre. Loist emprendre sur pays christien guerre ne bataille mais il dist encore bien. Car selon la loy de dieu n’appartient pas a homme seulement prendre ne riens usurper de l’autruy ne de conveicter Et senblablement sont reservees a dieu les vengances et n’appartient pas a homme de les faire mais pour plus plainement declarer sur ce pas et respondre aux questions qui y pourroient estre menees Chose est vraye qu’il loist au prince garder a soy mesme la pareil droit que a autruy feroit. Et pour ce que fera le juste prince soy sentant injurié par autruy puissance s’en doit il doncques pour obeyr rapporter a la divine loy. Nennul car elle ne deffend pas justice ains commande qu’elle soit faicte et veult et requirt de meffait pugnicion. Et pour ce affin qu’il euvre tiendra justement celle voye il assenblera grant conseil des sages en son parlement ou en cellui de son souverain s’il est subgectz Et ne assemblera pas seullement ceulz de son pays afin que dehors en soit toute soupecion de faveur. mais aussi de pays estranges qu’on sache non adherens a nulle partie tant anciens nobles comme juristes et autresz presens iceulz proposeras ou feras proposer tout au vray et sans paliacion Car autrement dieu ne te peut aider a conseiller. Tout tel droit et tel tort qu’il peut et en concluant que de tout se veult rapporter et tenir a la determinacion de droit a bref dire par ces poins ceste chose mise en droit bien veue & bien dispute telment qu’il appere par vray jugement qu’il ait juste cause Adont fera sommer son adversaire pour avoir de lui restitution et admende des injures et tors faiyz par lui receuz. Dont s’il advient que ledit adversaire baille deffences et contredire vouldra qu’il soit entirement oye sans faveur a soy quelconques ne propre voulunté ne hayneux courage. Ces choses et ce qu’il y appartient deuement ou cas que le dit adversaire seroit trouvé reffusant de venir en droit le juste prince peut seurement entreprendre guerre la quelle ne doit pas estre appellé vengance mais pure execucions de droicture justice.

Cy fait mencion des consideracions ou regard que le roy ou prince doit avoir ou fait d’entreprendre guerre et les manieres qu’il doit tenir ainçois qu’il delivre guerre.

Puis qu’il est ainsi que au prince loist entreprendre guerres et batailles et les maintenir pour les causes dessus dites Et comme ce soient choses grandes et pesantes comme selles qui principalement touchent la vie le sang l’onneur et la chevance d’infinis hommes/ sans lesquelles avant toute euvre ne doivent estre guerres emprinses ne pour legiers movemens ne vouluntés Et que l’on doive redoubter a emprendre novelles guerres mes[me]ment a moindre de soy avons assés exemples.

O comment eust pensé la puissance d’auffricque ne l’orguilleuse cité de cartage qui chief en estoit et les espaignotz ne le trespuissant roy anthiocus seigneur d’une grant partie d’orient qui tant de gens menoit en bataille que le nombre estoit innumerable avec ses espoentalles oliphans. Ne aussi le trespuissant roy mitridates qui seignourisoit vint et quatre contrees ne la puissance des romains qu’on les peut subjuguer. Et pour ce ne doit estre mis de legier en peril ce qui est a terminer soubz la destribucion de fortune Dont nul ne puit savoir a quel estat tournera.

Doncques est il necessaire que le prince soit sage ou que a tout le moins vueille user du conseil des saiges. Car platon dit que la est le pays bien heureux ou les saiges gouvernent. Et par l’opposite est mauldit sicomme tesmoingne la sancte escripture. Et en verité il n’est chose tant necessaire d’estre menee par sens comme est guerre ou bataille ainsi que dit sera cy apres Car il n’est faulte faicte en queconques cas moins reparable que celle qui est executee par armes et par mal gouverner bataille.

Que fera doncques le saiges prince auquel sera de necessité pour aucuns des cas dessusdis emprendre guerre ou bataille.

Tout premierement il regardera quelle puissance il a ou pourra avoir. Tant de gens comme de finance sans lesquelles deux principalles choses estre bien garny et seurs est folie d’emprendre guerre comme sur toutes riens y soient necessaires et par especial pecune Car qui assés en a et emploier le veult treuve tousiours ayde de gens assés et plus qui ne vult. Tesmoing les guerres d’italie et par espicial de flourence de venise et d’ailleurs esquelles plus communement se combat plus leur argent que ceulz du pays et pour ce a peine les peut on du tout vaincre.

Et vauldroit trop mieulz au prince s’il ne se sent bien garnis de tresor ou de subgectz bons et riches et plains de biens et de bonne voulunté a lui aider a faire aucun traicté a ses ennemis s’il se sent envahy ou soy depporter d’emprendre guerre ne de l’en commencer se du maintenir n’a bien de quoy Car soit tout certain que s’il entreprent en esperance de plus prendre sur ses subgectz que porter ne peuvent et oultre leur gré il croistra le nombre de ses ennemis si ne lui seroit pas prouffit de destrure les estranges ennemis et longtains pour en acquere des privez et prochains.

Il est assavoir que nul prince ne doit despriser nulle puissance d’ennemy Tant appere euvres lui petite Car il ne peut savoir quelle fortune l’autre aura pour soy.

A ce propos il est escript que mesmement a ung berger nommé uriacus fut fortune si propice qu’elle le tint en puissance avec grant foison de gens d’armes larons pour guerroyer romme qui tant estoit puissante l’espasse de plus de treesze ans et moult leur fist de griefz et plusieurs fois les vainqui en bataille ne oncques les romains ne le peurrent destruire ains fina sa vie par ung de ses proppres gens qui l’occist.

Et pour ce affin que deceu ne soit assemblera a conseil les quatre estats de son pays lesquelles doivent estre appellés a telle chose emprendre.

C’est assavoir les nobles anciens expers en armes qui scevent que fait de guerre vault.

Item les cleres legistes pour ce que es loix sont declarer tous les cas dont doit sourdre juste guerre ainsi que ad ce propos en avons plusieurs exemples assés patents.

Item les bourgois pour ce qu’il est de necessité qu’ilz contrebuent en la mise qu’il y convient et prendre garde a la fortifficacion des villes et cités et induisent le menu puple a aider a leur seigneur. Item aucuns des hommes des mestiers pour plus honnorer le dit puple affin que par lui soient enclins a lui aider vouluntier du leur de la quelle chose les doit tous doucement prier. O comment est ce prouffitable chose en seigneurie royaume ou cité avoir loy aux subgectz car ilz ne faillent de corps ne de biens sicomme il apparut par plusieurs fois a romme quant les tresors de la cité estoient despendutz es gens guerres dons lors les dames de leur proppre mouvement apportoient leurs joyaux et riches aournemens et de bon vouloir et france voulunté les bailloient pour secourir a la necessité de la cité Lesquelz apres leur estoient grendement restituez ainsi que raison estoit.

De ceste voye bien donna exemple le bon et saige roy charles le quint de ce nom lequel tantost apres qu’il eut esté couronné en l’aage de vhint et cinq ans Comme il regardast que les angloiz tenoient mauvaisement les convenances faictes au traicté de la paix qu’il avoit par necessité et diverse fortune acordee a eulz tant lui fust dommageable et que non obstant qu’il leur fut accordee a tenir plusieurs terres et seigneuries du royaume de france ne leur souffisoit mie ains demarchoient fouloient et grevoient par leur orgueil & oultrecuidance les autres contrees voisines qui ne leur appertenoient ledit roy ains que autre chose en feist manda paisiblement par auctorisez ambaxadeurs au duc de lenclastre filz du roy edouart d’englenterre par lequel avec ses gens estoit fait ledit oultrege que de ce voulzist depporter et faire admende des griefz et dommages fais puis ladite paix.

De la quelle chose fut tel l’effect quoy que la responce fut assez gracieuse que le dit ambaxadeurs furent occis en icelle voye.

Pour ceste cause ledit roy veu par contraincte accordee la deshonnorable paix laquelle lez angloiz mesmes tenoient mauvaisment et pour plusieurs autres raysons qui trop longue chose seroit a les recompter assembla a paris a son parlement les quatre estatz dessusdit et avec eulz tous les saige juristes estrangiers tant de boulongne la grase comme d’alleurs qu’il peut recouvrer A iceulz comme tressaige proposa ses raisons contre les angloiz demandant leur advis et se cause avoit de la guerre rencomencer car sans juste cause le regard & deliberacion d’entre eulz et la consideracion. et voulunté de ses bons subgectz nullement faire ne la vouloit auquel conseil par longue deliberacion fut conclud que bonne et juste cause avoit de la recommencer Et ainsi l’entreprint le bon et saige roy A laquelle chose dieu a tant esté favourable a son bon droit loez en soit il avec la grant prudence de lui que avecques l’ayde de dieu toutes les terres perdues ont puis esté conquises a l’espee ainsi que encores y pert.

Cy devise comment il n’est pas expedient que le roy ou souverain prince viengne en bataille pour les perilz d’adverse fortune. Le siziesme chappitre.

Doncques par la voye dessudicte determinera le sage roy ou prince a ouvrer en fait d’emprendre guerre et batailles. et pource ceste chose notoire que en tel fait commencer et continuer comment quattuor principaulz choses C’est assavoir chief hardement force & constance sans lesquelz tout yroit a confusion voyre se une seulle y deffailloit Il est licite a regarder s’il est bon que le roy ou souverain prince voise en bataille en sa guerre Car comme le fait lui doyve toucher plus que a nul autre parquoy sa presence peut representer les quattre choses dessu dictes Et avec ce qu’il n’est doubte que ses cheveliers et gens d’armes et tout l’ost en auroient meilleur cuer de combatre voiant leur seigneur en place prest de vivre & mourir avec eulz Sans faulte pour rendre responce a ceste question non obstant tout ce que dire on pourroit du bien qui ensuivir en pourroit et qui plusieurs exemples en troveroit de roy & princes au quelz est bien prins d’estre en presence en leurs batailles Sicomme du roy alixandre en ses conquestes et mesmement de plusieurs roix de france sicomme le roy clodove charlemaine et plusieurs autres Et mesmement charles qui a present regne estant enfant en l’aage de quatorsze ans nouvel couronné fut en la bataille de rosbecke contre les flamens ou il eut noble victoire Il n’est pas a deliberer de leger que le Roy ou souverain prince y voyse en personne. Et plus fait a eschever que a y aller reserver pour aucun cas c’est assavoir contre ses proppres subgectz en cas que rebelles luy seroient. La cause est pour ce que naturelement recraint offencer la magesté de son souverain seigneur par especial en sa presence si ne pourroient nyer quelque perverse voulunté qu’ilz eussent que cuers et membres n’eussent ainsicomme tous vaincus eulz voyans contre cellui auquel ayde deussent estre contre tout homme et par especial est grande la confusion contre eulz et le droit grent pour le seigner quant il leur est bon et non cruel ne tirant. mais non pourtant quelque soit la necessité qu’il y voit doit bien estre regardee que si seurment soit mis en bataille que le peril de male fortune ne puist cheoir sur sa parsonne Mais la raison generalle pourquoy il n’est droit que communement y voist est pour ce que nul ne peut savoir a laquelle partie dieu donnera sa victoire parquoy se la fortune venoit contre le prince y estant en personne par quoy mort prinse ou fuite s’en survenist a lui Ce ne seroit pas pardition ne deshonneur seulement a sa parsone mais a ceulz de son sang et generalement a tous ses subgectes terre et pays en perdition et infiny inconvenient sicomme on peut assés savoir par l’experience de cas semblables en ce royaume & autrepart advenus. Et pour ce n’est pas a eslire que pour le regard d’aucune particuliere utilité on mette en adventure et peril se dont pouvent venir infinitz maulz et inconveniens.

Et pour ce ne doit pas tel prince estre si cauteleux ne si courageux ains en doit estre descueu par lui assigner les causes et Raisons avecques exemples qui lui doivent refrener considerant le tresgrant peril non pas seulement de sa parsonne comme dist est mais de tous les siens. Et ad ce propos peut biens servir pour exemple le bon et sayge roy charles dessus nommé lequel non soyt mouvant de son trosne royal en ses palais toutes les terres perdues. Reconquist comme treschevalereux si comme le vray en est manifeste. Et qu’il soit vrai a ce propos que sens et diligence plus soit expedient en fait de guerre que la present du prince Semblement appert per le premier duc de melan pere de cestuy qui est a present. Le quel non soy partant de ses palais conquist par son sens tant de terres et seigneuries en lombardie et a la marche que a la seigneuries d’une cité attribua tant d’aultres seigneuries qu’il en fist une tresgrant et notable duché.

Cy devise quel connestable doit estre esleu pour estre maistre de la chevalerie du roy ou prince et les condicions qu’il doit avoir. vii. chappitre.

Or avons oy conment le Roy ou souverain prince pour le bien et la seureté de la chose publique ne doit pas legierement deliberer de soy mesme aller en bataille. Si est doncques a adviser a quelz personnes comme ung seul ne soufise on pourra commectre le fais de si grans offices comme maistres et conduiseurs de sa chevalerie qui pour lui et en son nom excercent le fait de ses guerres de laquelle chose sans faulte a droit regarder n’est nulle autre besoingne ou plus grant regard appartiengne comme l’election d’iceulz Car de tant que l’excercite de leurs offices passent en pois et en peril tous autre de tant y afierent plus convenables personnes Et par especial doit per grant deliberacion advis et regard estre esleu cellui auquel sera commise la principale charge sur tous lequel office les anciens appelloient duc des batailles ou souverain maistre de la chevalerie que nous disons a present en france connestable. Et apres en ensuivant les deux mareschaux selon l’usaige françois Sur lesquelx offices principaulx sont ordonnés plusieurs capitaines de certain nombre et cantité d’ommes d’armes. Et en la election par especial du souverain maistre de la chevalerie du prince doit estre advisé qu’il soit personne notable especialment en tout ce qu’il convient es choses que armes requierent C’est assavoir que par longue experience il soit si usagez que celui soit comme naturel maistre Et que le continuel excercite l’ait rendu maistre de tout ce qu’il y convient comme cellui qui par plusieurs fois se soit trouvez en diverses adventures adveneus en fais de guerres per divers pays et nacions.

Vegece.

vegece dist que longueur d’aage ne grant nombre d’ans ne donne pas art & maniere de combatre mais l’usage si ne soit apprentis des ordres et manieres qu’il convient tenir en gens d’armes traicter soit en temps de repos ou traveil de guerre les sache maintenir mener et conduire en telle maniere. Que au mieulz faire appartient. Et est assavoir que en la dite election doit estre plus Regardé a la parfection des choses dictes avec les autres bonnes meurs et condicions qui a avec lui affierent que a la grandeur du lignage ne hault sang ne la personne quoy que se tout povoit ensemble estre seroit moult expedient pource que de tant seroit plus noble de sang tant plus seroit tenu en Reverence en son dit office. laquelle chose est necessaire audit capitaine.

Valere.

Et ad ce propos racompte valere que les anciens qui firent les grans conquestes se augmentoient d’eulz mesmes pour estre plus doubtez en leurs ost et se faignoient estre parens des dieux Neantmoins ne souffist il pas ceste seule convenableté sans les autres proprietez pour ce doit estre le regard des esliseurs plus a bien pourveoir l’office non pas a sa personne Car chose mou[lt] seroit a reprendre quelque fut la haultesse de sang de faire de l’ignorant maistre voire par especial en office la ou subtilité sens et loing usage a souvent plus grant besoing que grant nombre de gens ou quelconque autrez vertus ne autrez forces.

Cathon.

Cathon dist que de toutes autres choses on peut amender les faulte Reservé celles qui sont faictes en bataille de laquelle la peine ensuit tantost la faulte. Car mauvaisement ceulz qui se scevent mal deffendre et aux fuitifz a peine Revient cuer de combatre pour ce aussi avec les choses dessudictes est necessaire qu’il soit sage de bon sens naturel comme celui auquel convient avoir la congnoissance de moult de choses et qui est comme chief de justice. Il convient lieuteant du prince estre sage pour faire droit a ung chacun de tous cas qui peuvent advenir a cause d’armes et faiz de chevalerie de tous ceulz qui soubz lui sont et mesmement de estrangiers souvent et en diverses manieres et est assavoir que selon droit de gentillesse et haulteur de noblesse et de courage appartient a capitaine qu’il use en l’exercite d’armes en tous cas que advenir lui peuvent et tout ce que gentillesse requiert se droit honneur et los veult acquerre c’est assavoir que mesmes a ses ennemis soit droicturier et veritable en fait et jugement ou il eschera.