L'Alfabet européen appliqué aux langues asiatiques OEuvres de C.-F. Volney, tome VIII
Part 17
2º Que le nom ne change pas de forme, et qu’il reste le même dans tous les cas; il en résulte l’inconvénient de ne pas distinguer facilement le génitif du nominatif ou de l’accusatif: mais il est convenu en arabe que quand deux noms se suivent et que le premier manque de l’article _al_, il gouverne le second au génitif.
EXEMPLE.
râs al sɑmɑk, _la tête du poisson_. sari al mɑrkɑb, _le mât du vaisseau_.
Lorsque c’est un nom propre, l’article _al_ est lui-même supprimé.
b_ɑi_t z_ɑi_d, _la maison de Zaid_. mɑndîl fâtmɑt, _ou_ fâtmé, _le mouchoir de Fâtmé_.
Voilà pour l’arabe vulgaire, à quoi il faut ajouter que par corruption l’on prononce _el_ au lieu d’_al_ dans l’Égypte et dans la Syrie, où le changement d’_â_ en _é_ a lieu dans une infinité de cas.
Remarquons de plus que l’_l_ dans _al_ se perd devant treize consonnes de l’alfabet, appelées solaires, qui sont[122]:
d, đ, t, ȶ, θ, z, ȥ, ʓ, s, ʆ, ῳ, r, n, et qu’à sa place on double ces lettres pour l’agrément de la prononciation; ainsi l’on prononce _es’sɑmɑk_, et non _el sɑmɑk_; _en’nɑbi_, le prophète, et non _el nɑbi_; eʓʓolm, _la tyrannie_, et non _el ʓolm_: mais c’est à l’usage d’enseigner cela, et non à l’écriture de le tracer, et les signes imaginés par les grammairiens pour diriger cette manière d’écrire, sont aussi ridicules que si chez nous l’on écrivait ces mots, _ils ont écrit à Rome_, de cette manière: _il zon t’écri t’à Rome_.
[122] Appelez-les selon le canon alfabétique, da, đo, ta, ȶo, θêta, ȥal, etc.
Quant à l’arabe littéral, connu sous le nom de naħωi, l’équivoque des cas n’y a pas lieu, parce qu’ils y sont distingués par des finales ajoutées au corps du mot, comme en grec _os_, _ωn_, et en latin _us_, _a_, _um_.
EXEMPLE.
Nom. al nɑhr-o _le ruisseau_. Gén. al nɑhr-i _du ruisseau_. Dat. l’al nɑhr-i _au ruisseau_. Acc. al nɑhr-ɑ _le ruisseau_. Voc. ïa nɑhr-ɑ _ô ruisseau_. Abl. men al nɑhr-i _du_ ou _par le ruisseau_.
L’on voit par cet exemple que l’_o_ appartient au nominatif; l’_i_ aux génitif, datif, ablatif; et l’_a_ aux accusatif et vocatif; et cela tant au singulier qu’au pluriel, et tant au féminin qu’au masculin.
Si le nom est un nom propre, ou qu’il soit privé de l’article _al_, il ne prend plus pour finales _o_, _i_, _a_, mais les nasales _on_, _en_, _an_, le vocatif seul excepté.
EXEMPLE.
Nom. Moħɑmmɑd-on _Mahomet_. Gén. Moħɑmmɑd-en _de Mahomet_. Dat. l’Moħɑmmɑd-en _à Mahomet_. Acc. Moħɑmmɑd-an _Mahomet_. Voc. ïa Moħɑmmɑd-o[123] _ô Mahomet_. Abl. men Moħɑmmɑd-en _par Mahomet_.
Nom. nɑhâr-on _jour_. Gén. nɑhâr-en _de jour_. Dat. l’nɑhâr-en _à jour_. Acc. nɑhâr-en _jour_. Voc. ïâ nɑhâr-a _ô jour_. Abl. men nɑhâr-en _par jour_.
[123] Dans les noms propres, le vocatif prend _o_, comme le nominatif des substantifs.
Si le nom propre se terminait par lui-même en _an_, il ne faudrait plus lui appliquer les nasales, mais bien les lettres _o_, _i_, _a_.
EXEMPLE.
Nom. ỏθmân-o _Otman_. Gén. ỏθmân-i _d’Otman_. Dat. l’ỏθmân-i _à Otman_. Acc. ỏθmân-a _Otman_. Voc. ïa ỏθmân-o _ô Otman_. Abl. men ỏθmân-i _par Otman_.
On voit par les exemples ci-dessus que l’_on_ appartient au nominatif; _en_ aux génitif, datif, ablatif, et _an_ à l’accusatif, tant au singulier qu’au pluriel, et au féminin comme au masculin.
§ II.
_Du Genre._
En arabe comme en français, il n’y a que deux genres, le masculin et le féminin; il n’y a pas de neutre.
La terminaison _a_ et _àt_ prononcée en arabe vulgaire _é_ et _ét_, est le signe constant du féminin singulier, tant substantif qu’adjectif: au pluriel cet _a_ bref devient _ât_ long.
EXEMPLE.
_tin_ât, _des figues_.
Il faut en excepter les deux mots _χɑlifàt_, un kalife; _ảlɑmàt_, un savant, qui sont masculins, malgré leur finale féminine.
D’autre part, les terminaisons ωn, în, ân, sont les signes des pluriels masculins; mais elles se bornent presque exclusivement aux participes actifs et passifs, et suivent, quant aux cas, la règle d’_on_, _en_, _an_.
EXEMPLE.
Nom. sing. al ʓâlem _l’opprimant_. Nom. plur. al ʓâlem-ωn _les opprimans_. Gén. al ʓâlem-în _des opprimans_. Dat. l’al ʓâlem-în _aux opprimans_. Acc. al ʓâlem-ân _les opprimans_. Voc. ïa ʓâlem-an _ô opprimans_. Abl. men al ʓâlem-în _des opprimans_.
PASSIF SINGULIER.
al _ou_ el mɑʓlωm _l’opprimé_.
PLURIEL.
Nom. el mɑʓlωm-ωn _les opprimés_. Gén. el mɑʓlωm-în _des opprimés_. Dat. l’el mɑʓlωm-în _aux opprimés_. Acc. el mɑʓlωm-ân _les opprimés_. Voc. ïa mɑʓlωm-an _ô opprimés_. Abl. men el mɑʓlωm-în _des_ ou _par les oppr._
Avec les finales _àt_ et _ât_ on fera
SINGULIER FÉMININ.
Nom. el ʓâlem-àtͦ _l’opprimante_. Gén. el ʓâlem-àtͥ _de l’opprimante_. Acc. el ʓâlem-àtͣ _l’opprimante, etc_.
PLURIEL.
Nom. el ʓâlem-âtͦ _les opprimantes_. Gén. el ʓâlem-âtͥ _des opprimantes_. Acc. el ʓâlem-âtͣ _les opprimantes_, etc.
PASSIF SINGULIER.
Nom. el mɑʓlωm-_àtͦ_ _l’opprimée_. Gén. el mɑʓlωm-_àtͥ_ _de l’opprimée_. Acc. el mɑʓlωm-_àtͣ_ _l’opprimée_, etc.
PLURIEL.
Nom. el mɑʓlωm-ât _les opprimées_. Gén. el mɑʓlωm-ât _des opprimées_. Acc. el mɑʓlωm-ât _les opprimées_, etc.
Voilà les seuls signes auxquels on reconnaisse les masculins et les féminins; mais il s’en faut beaucoup que ces signes soient généraux: au contraire, la presque totalité des noms substantifs en est privée, et l’on n’en peut distinguer le genre par la forme qui, comme en français, est indistinctement commune aux uns et aux autres: l’usage seul peut les faire connaître, et c’est là une des difficultés de la langue arabe; difficulté d’autant plus grande, que le substantif étant équivoque, l’adjectif qu’il gouverne ne peut l’être, et doit se montrer masculin ou féminin.
En général, les noms de femmes, de pays, de villes, d’élémens sont féminins.
EXEMPLE.
mariam _Marie_. meʆr _l’Égypte_. el ârđ _la terre_. ῳâm _la Syrie_. el sɑmâ _le ciel_. qobros _Cypre_. el mâ’ _l’eau_. ħɑlɑb _Alep_, ville. el nâr _le feu_. boγdâd _Bagdad_. el hɑωâ _l’air_. bɑʆrâ _Basra_. el rîħ _le vent_. ʆωr _Tyr_. el ῳɑms _le soleil_. tedmωr _Palmyre_. el qɑmɑr[124] _la lune_. etc.
[124] Plus souvent masculin que féminin.
Sont aussi féminins les membres pairs:
el ïɑd _la main_. el ảïn _l’œil_. el aȥn _l’oreille_, etc.
Et quelques mots en ä; tels que ȥekrä, _souvenir_; oωlä, _première_; ȶωlä, _plus longue_;
Et d’autres en â; kobriâ, _l’orgueil_; maῳiωχâ, _sénat_; ħɑmrâ (chose), _rouge_.
Souvent il est permis de rendre féminin un nom masculin, surtout quand il est susceptible d’être de l’un ou de l’autre sexe.
EXEMPLE.
đjɑdd aïeul, đjɑdd-_à_t _aïeule_. ảmm oncle, ảmm-_à_t _tante_.
Cela se pratique généralement pour les adjectifs.
EXEMPLE.
kɑbîr _grand_, kɑbîr-_à_t _grande_. ʆɑγîr _petit_, ʆaγîr-_à_t _petite_. nɑđîf _net_, nɑđîf-_à_t _nette_. ảȥîm _très-grand_, ảʓîm-_à_t _très-grande_, etc.
Si l’on prononce comme le vulgaire, kɑbîr-é, ʆɑγîr-é, nɑđif-é, on voit que cette forme ressemble à celle du français, où l’_e_ final rend féminins les adjectifs masculins, _grand-e_, _fort-e_, _petit-e_, etc.
Que si les adjectifs commencent par un _a_, cet _a_ passe à la fin du mot pour le genre féminin.
EXEMPLE.
aʆfɑr _jaune_, masc. ʆɑfrâ, _fém_. ahdɑb à longs cils, hɑdɑbâ. aħmɑr rouge, ħɑmrâ. abiɑđ blanc, b_ɑi_đâ.
Cette règle a spécialement lieu pour les comparatifs qui tous se forment par l’_a_ initial, avec la seule différence que l’ä porte deux points.
EXEMPLE.
aȶωɑl _plus long_, ȶωlä _plus longue_. akbɑr _plus grand_, kobrâ _plus grande_.
Quelquefois la terminaison _at_ s’ajoute à un nom masculin, et alors il exprime spécialement l’unité.
EXEMPLE.
tebn, _de la paille_, tebnɑt, _une seule paille_. ȥɑhɑb, _de l’or_, ȥɑhɑb-ɑt, _un peu d’or_. đɑrb, _coup_, đɑrb-ɑt, _une tape_, etc.
Une bizarrerie de la langue est que quelquefois un nom singulier en _at_ prend au pluriel une terminaison en apparence masculine, sans cesser d’être féminin.
EXEMPLE.
mɑdin_à_t, _une ville_; modon, _des villes_; amr_àt_, _une femme_; nesωân, _des femmes_, etc.
Enfin une dernière bizarrerie est que quoique en général l’adjectif suive le genre du substantif, cependant la plupart des objets inanimés, ou même non raisonnables, gouvernent également dans le pluriel les adjectifs au féminin singulier.
EXEMPLE.
el ảʆâfîr el ȶâïér_à_t, (mot à mot) _les oiseaux la volante_, (pour) _les oiseaux volans_; el ħɑđjar el ʆɑlîđ_à_t, _les pierres la dure_, (pour) _les pierres dures_.
Sur quoi nous remarquerons en passant, que l’article _el_ se répète toujours devant l’adjectif, sans quoi il emporterait l’équivoque de gouverner le génitif.
§ III.
_Du Nombre._
Les Arabes distinguent comme les Grecs trois espèces de nombres, le singulier, le pluriel et le duel, ou nombre deux.
Le duel n’est point usité dans l’arabe vulgaire; il a seulement lieu dans l’arabe savant ou littéral, où il est employé tant dans les noms que dans les verbes.
Sa forme dans les noms est simple; elle consiste à ajouter au nom singulier la finale _ân_ pour le nominatif, et _ain_ pour les _génitif_ et _accusatif_, tant au masculin qu’au féminin.
EXEMPLE.
rɑđjol, _un homme_, rɑđjol-an, _deux hommes_. Gén., acc., dat. rɑđjol-ain, _de deux hommes_.
mɑdinɑt, _une ville_, mɑdinɑt-an, _deux villes_. Gén, acc., dat. mɑdinɑt-ain, _de deux villes_.
A l’égard des singulier et pluriel, masculin et féminin, nous avons vu dans le paragraphe des genres comment ils se composent pour les participes et les adjectifs; et comment les finales ωn, _în_, _ân_, _ɑt_, a_t_ forment les pluriels masculins et les féminins singuliers et pluriels. Ce sont-là en quelque sorte les seuls noms qui conservent de la régularité: quant aux noms substantifs, la presque totalité, tant masculins que féminins, ne suit aucune règle constante ni uniforme pour passer du singulier au pluriel; au contraire ils se replient de manières si diverses et si singulières, que c’est-là une des plus grandes difficultés pour les novices dans la langue.
Les grammairiens ont pris la peine d’en former vingt-deux classes; mais cette multiplicité, loin d’éclaircir le sujet, ne fait que l’embrouiller, et il vaut mieux s’en tenir à la pratique, et apprendre à mesure du besoin le pluriel de chaque mot.
Nous allons cependant donner quelques exemples qui serviront à prouver cette vérité, et à donner une idée de cette difficulté.
EXEMPLE.
SINGULIER PLURIEL.
iɑħi_à_t _la barbe_, ioħiân. kobrâ _plus petite_, kobar. ảmωd _une colonne_, ỏmωd _et_ ảωâmid. qɑđib _un bâton_, qođob. aħmɑr _rouge_, ħomr. qerb_à_t _une outre_, qerâb. romɑħ _une lance_, remâħ. rɑđjol _un homme_, ređjâl, _et_ arđjâl. kảb _talon_, kảâb. đjɑbɑl _montagne_, đjebâl. rɑqɑb_à_t _le cou_, reqâb. đers _grosse dent_, đorωs. ῳâhed _témoin_, ῳohωd. kâmel _parfait_, kɑmɑlɑt. γâȥen _attaquant_, γoȥâ_à_t. dobb _un ours_, debâb _et_ debâb_à_t. zῶđj _mari_, zeωađj_à_t. âχ _frère_, eχω_à_t. ωɑđjh _face_, aωđjoh. ïɑd _main_, aïden. mɑȶɑr _pluie_, amȶâr. rɑγîf _pain_, arγef_à_t _et_ roγfân. ῳɑmâl _nord_, ῳamâïel. âđjωz _vieille_, ađjâïez. tâđj _couronne_, tiđjân. sɑqf _voûte_, soqfân. ῳɑrif _noble_, ῳorɑfâ. bɑχil _avare_, boχɑlâ. ħɑbib _aimé_, aħebbâ. γɑni _riche_, aγniâ. đjɑriħ _blessé_, đjɑrħa. qɑȶîl _tué_, qɑȶla. ʆɑħrâ _désert_, ʆɑħara. ảȥrâ _la vierge_, ảȥâra. nɑfs _l’ame_, nofos _et_ anfωs. bɑħr _la mer_, bohor, ebħâr, abħor. akbɑr _plus grand_, akâber. mâ _l’eau_, miâh, amωâ. fomm _la bouche_, afωâ_àt_. emr_à_t _femme_ nesâ, nesωân, nesωat. ensan _homme_, anâs, _et_ enes.
C’en est assez pour faire sentir que l’usage seul peut apprendre la variété de ces formes; et cependant il arrive que quand on a saisi le génie de la langue on devine souvent par analogie quel pluriel doit résulter d’un singulier donné.
§ IV.
_Du Comparatif et du Superlatif._
Le comparatif se forme tout simplement, en appliquant _a_ devant l’adjectif.
EXEMPLE.
ħɑsɑn _bon_, aħsɑn _meilleur_. ʆɑγir _petit_, aʆγɑr _plus petit_. ħɑbib _cher_, aħɑbb _plus cher_.
Et le _que_ qui suit s’exprime par _men_.
EXEMPLE.
_Plus généreux que_, akrâm men.
_Plus grand que le sultan_, aảʓɑm men el solȶan.
CHAPITRE III.
_Des Pronoms personnels et possessifs, des Conjonctions et des Particules._
Les pronoms personnels, quand ils régissent et gouvernent la phrase, s’expriment comme il suit:
Genre.
_Je_ ou _moi_ anâ commun. _tu_ ou _toi_ { ent masculin. { ent_i_ féminin. _Il_ ou _lui_ hω masc. _Elle_ hi fém. _Nous_ naħn comm. _Vous_ { entom masc. { entonn fém. _Eux_ hom masc. _Elles_ honn fém.
Dans l’arabe littéral on dit: antɑ, ant_i_, hωɑ, hi, naɦn_o_, antom, antonnɑ, hom, honnɑ.
On se sert aussi du duel dans l’arabe littéral pour les deux termes suivans:
Vous deux, _commun_; antomâ. Eux deux, _commun_; homâ.
Mais ils sont peu usités dans le vulgaire.
Que s’ils sont gouvernés et régis par un verbe, ils s’accolent à la fin du verbe régissant dans la forme ci-après.
EXEMPLE.
nɑʆɑr-ni _il a aidé moi_. nɑʆɑr-ak _il a aidé_ { _toi_ masc. ek ---- { _toi_ fém.
nɑʆɑr-ho _il a aidé_ { _lui_ ha ---- { _elle_
nɑʆɑr-na { _nous_ comm. nɑʆɑr-kom { _vous_ masc. konn _il a aidé_ { _vous_ fém. nɑʆɑr-hom { _eux_ masc. honn { _elles_ fém.
AUTRE EXEMPLE.
rïɑmä-k _il a jeté toi_ masc. ïɑrmi-k _il te jette_ masc. ïɑrmi-ki fém. γɑȥâ-k _il a attaqué toi_ masc. γɑȥâ-ki _toi_ fém. ïɑγȥω-k _il attaque toi_ masc. ïɑγȥω-ki _toi_ fém.
Par où l’on voit que le _k_ désigne proprement le _tu_ et le _toi_, et qu’il reçoit l’influence de la voyelle qui le précède.
Dans le littéral on ajoute sans cesse _ɑ_ final à nɑʆɑr, et à quelques-uns de ces pronoms: l’on dit, nɑʆarɑ-kɑ, nɑʆarɑ-ki, nɑʆarɑ-konnɑ, nɑʆɑrɑ-honna.
Dans plusieurs cas l’on sépare le pronom du verbe; mais alors on interpose la particule eïâ.
EXEMPLE.
đɑrɑb-eïâ-ï _il a frappé_ { _moi_ đɑrɑb{eïâ-k ---- { _toi_ masc. {eïâ-ki ---- { _toi_ fém. {eïâ-ho, etc. ---- { _lui_
Les mots confirmatifs, _même_, _moi-même_, _toi-même_, etc., s’expriment par _mon ame_, _ton ame_, etc.
Je m’aime moi-même, aħebb nɑfs-i. _j’aime mon ame_.
Vous vous aimez vous-mêmes; taħebbω anfos-kom. _vous aimez vos ames_.
Aimez votre prochain comme vous-mêmes; ħebbω qɑrib-kom, kɑ-anfos-kom. _comme vos ames_.
Les pronoms possessifs _mon_, _mien_, _mes_, _ton_, _tien_, tant masculin que féminin, et tant singulier que pluriel, s’expriment comme il suit:
{ ï { _mien_ { ɑk { _tien_ masc. { ek { _tien_ fém. { ho { _son_ masc. ketâb { hɑ livre { _son_ fém. { na { _notre_ comm. { kom { _votre_ masc. { konn { _votre_ fém. { hom { _leur_ masc. { honn { _leur_ fém.
AU FÉMININ.
{ i _mon aïeule_ đjɑdd_àt_ { ak _ton aïeule_ masc. { ek ---- fém. { ho, etc. _son aïeule_
Dans l’arabe littéral on dit toujours _ka_, _ki_, _kom_, _konna_, _hom_, _honna_, avec les finales grammaticales du mot qui précède.
ketâbͦ--kɑ. Gén. ketâbͥ--kɑ. Acc. ketâbͣ--kɑ.
Pour le duel dans le littéral on suit la même marche, et l’on accole également le pronom à la suite du nom.
EXEMPLE.
{ ï { _mien_ { kɑ { _tien_ masc. { ki { _tien_ fém. ketâbâ { ho _deux livres_ { _sien_ masc. { hɑ { _sien_ fém. { na { _notre_ { komâ { _votre_ commun. { homâ { _leur_ commun.
_Des Pronoms démonstratifs._
_Celui-ci_, ȥâ _ou_ hɑȥa; _au Kaire_, dé. _Celle-ci_ { ȥeh, ȥi, ȥehi; { _ou_ tâ, teh, ti, tehi, _et_ hɑȥéhé.
_Ceux-ci_ } _et Celles-ci_ } oωlâ, _et_ hɑωlâ.
Pour exprimer l’éloigné on ajoute à la fin de ces mêmes mots la seule lettre _k_, et l’on dit:
_Celui-là_, ȥâk, hɑȥâk, _et_ ȥɑlek, _Celle-là_, tàk, _et_ telk. _Ceux-là_ } _Celles-là_ } oωlâk, oωlaïek, oωlâlek, etc.
En littéral ces deux-ci:
ȥâni _et_ ȥɑini _masc._ ou hɑȥâni. tâni _et_ tɑini _fém._ hɑtâni _et_ hɑtɑini.
En littéral ces deux-là { ȥâneka, ȥɑineka. _masc_. { tâneka, tɑineka. _fém_.
_Des Pronoms relatifs._
Qui, que, lequel, laquelle.
Ces pronoms s’expriment par les mots,
ellɑzi _ou_ ellɑdi, pour le masculin singulier ellɑzin _ou_ ellɑdin, pour le masculin pluriel, et par { ellɑti, au féminin singulier, { ellâti, au féminin pluriel,
avec cette singularité, que lorsqu’il faut leur joindre des particules telles que, _avec_, _par_, _en_, _dans_, _pour_, etc., on prend cette tournure, _qui_, ou _lequel avec lui_, au lieu de dire _avec qui_; de manière que le pronom reste indéclinable.
SINGULIER.
Nom. _qui_, _lequel_, ellɑȥi. Gén. _de qui_, _duquel_, _dont_, ellɑȥi men-ho. Dat. _à qui_, _auquel_, ellɑȥi l’ho (_lequel à lui_). Acc _que_, _lequel_, ellɑȥi. Ab. _duquel_, _de qui_, ellɑȥi men-ho (_lequel de lui_). _dans qui_, ellɑȥi fi-h.
PLURIEL.
_Lesquels_, _qui_, ellɑȥin. _Auxquels_, _pour qui_, ellɑȥin l’hom (_lesquels à eux_). _Avec lesquels_, ellɑȥin mả hom. _Dans lesquels_, ellɑȥin fi hom.
SINGULIER FÉMININ.
Nom. _laquelle_, ellɑti. Dat. _à qui_, _pour laquelle_, ellɑti l’hɑ. Abl. _de laquelle_, ellɑti men hɑ.
PLURIEL.
_Lesquelles_, ellâti. _Auxquelles_, ellâti, l’ha (_lesquelles à elles_). _Dans lesquelles_, ellâti, fi ha.
Que si ces pronoms relatifs se rapportent à d’autres personnes qu’à la troisième, citée en exemple, on répète le pronom de cette personne.
EXEMPLE.
_Vous que j’ai vu_, ent ellɑȥi rɑit-ɑk _Nous en qui votre confiance_, nɑħn ellɑȥin amân-kom b’-nɑ.
Ainsi des autres personnes.
Quand ces pronoms _qui_ et _lequel_ sont interrogatifs, on les exprime par aï au masculin, tant singulier que pluriel, et par aïɑt au féminin singulier, et aïât au pluriel.
EXEMPLE.
_De quel droit_, b’aï ħɑqq?
_Par quels sentiers marches-tu_? b’aï_à_t dorωb ent sâlek?
_Que_ et _qui_ pris au sens neutre s’expriment par ma.
_Ce que j’ai dit_, ma qolt.
Et l’on ajoute élégamment le pronom ho à la fin: mâ qolt-ho.
_Ce qui arrive par fois_, mâ ïoʆđɑf.
S’ils sont interrogatifs, on se sert de la phrase _quelle chose_, au lieu de _que_; et l’on dit: _ɑi_ῳ par abréviation de aï-ῳ_ɑi_; qu’est-il arrivé? _ɑi_ῳ ʆɑđɑf?
En arabe savant l’on dit plus élégamment: a? ma ʆɑđaf?
_Des Particules conjonctives._
Les particules conjonctives, c’est-à-dire qui servent à lier le sens des mots dans la phrase, sont de deux sortes; les unes sont essentiellement attachées au mot; les autres peuvent s’en séparer. Nous allons d’abord traiter des premières; elles consistent dans les huit lettres suivantes:
A, b, t, s, f, k, l, ω: dont chacune a un sens complet.
A est le signe de l’interrogation; il ouvre la phrase comme pour avertir de la question:
â sɑfɑr zɑid? _Zaid est-il parti?_
â ent? _est-ce toi?_ â fi-h? _est-ce dedans?_
_B_. _b_ qui se prononce _bé_, a plusieurs sens: 1º il signifie _dans_; b’el bɑit, _dans la maison_, où l’on voit l’élision de son _e_ devant une voyelle: nous n’écrirons jamais cet _e_, même devant les consonnes, et il sera toujours remplacé par une virgule: b’nɑfs-i, _dans mon ame_; b’-nâ, _en nous_.
2º Il signifie _par_ et _avec_: _par Dieu_, b’ellah. _Par le tombeau de mon père_, b’torbet âb’i. _Ils sont venus avec l’enfant_, âtω _ou_ đjâω b’el fɑtä (au lieu de dire _ils l’ont amené_.) _J’ai écrit par_ ou _avec la plume_, kɑtabt b’el qɑlɑm.
Il prend aussi le sens de _pour_ et de _à cause_; b’doχωl-ɑk, _pour ton entrée_.
3º Par une tournure singulière d’affirmation et presque de serment on dit: _moi fidèle croyant_, ana b’mωmen. _Dieu puissant_, allah b’qɑđir.
4º Enfin _b’_ prend le sens de _sur_ et de _outre_; mɑrr b’i, _il m’a passé_, _il a passé sur moi_, _outre moi_.
_T_. _t_ prononcé _té_, est un jurement qui n’a lieu que dans la forme suivante:
allah, b’ellah, t’illah, _par Dieu_; comme si l’on voulait décliner tout l’alfabet en attestant le nom de Dieu.
s, prononcé _sa_, est le signe spécial du futur: il s’ajoute en première lettre aux personnes du verbe; _il attaquera_, s’ïoγȥω; _je partirai_, s’asâfer; _tu m’aideras_, sɑtɑnʆ_o_r-ni.
f, prononcé _fa_, signifie _or_, et commence ou soutient très-élégamment une phrase ou une période; _or il mourut_, fɑ-mât; _ils mangèrent tout_, fɑ akɑlω el koll.
k, prononcé _ka_, signifie _de même_, _ainsi que_, _comme_; _comme un torrent_, kɑ sîl; _ainsi que la foudre_, kɑ _el_ ʆaảq_à_t.
l, prononcé _lé_, a plusieurs sens; 1º il signifie le datif _à_, _pour_, _à cause_; _dis au juge_, qoll l’el qâđi; _je l’ai châtié pour_ ou _à cause de son mensonge_, addɑbt-ho l’keȥb-ho.
Avec les pronoms _tu_, _toi_, _vous_, etc., on le prononce en vulgaire comme il suit:
_A toi_, masc. l’ɑk; _à vous_, l’kom. _A toi_, fém. l’ek; ---- l’konn. _A moi_, l’ï; _à nous_, l’na. _A lui_, l’ho; _à eux_, l’hom. _A elle_, l’ha; ---- l’honn.
En arabe littéral on dit l’kɑ, l’ki, l’kom, l’konnɑ, l’hom, l’honna.
2º Il est formule de serment; l’ellah, _par Dieu_, ou _pour Dieu_.
3º Il sert à appeler: ïâ l’moʆtɑfa, _ô Mustapha!_
4º Il assure fortement une chose; enn allah l’qɑđir, _Dieu est puissant_; enn el ensân l’meskin ωa rɑȥîl, _l’homme est faible et misérable_.