L'Afrique centrale française

Part 64

Chapter 642,508 wordsPublic domain

[Note 546 : Résultats minéralogiques et géologiques de récentes explorations dans l’Afrique occidentale française et dans la région du Tchad, par A. LACROIX, membre de l’Institut, professeur au Museum, 1905, _Revue Coloniale_.]

[Note 547 : Documents scientifiques de la Mission saharienne, 1905.]

[Note 548 : _Bulletin de la Société chimique de Paris_, 3e série, t. XXXIII, p. 310 ; 1905.]

[Note 549 : Il est vraisemblable que tous les terrains de la plaine du Tchad contiennent des diatomées.]

[Note 550 : Ce caractère étant général ne sera pas reproduit dans les descriptions suivantes.]

[Note 551 : Ce minéral était autrefois considéré comme très rare, mais l’étude en plaques minces au microscope a démontré qu’il était assez commun dans certains granites. M. GENTIL l’a également signalé dans les granites de l’Anahef, dont la mission Foureau a rapporté des échantillons.]

=DIATOMÉES=

=_Récoltées par la mission CHEVALIER, au Chari-Tchad,_=

DÉTERMINÉES PAR

PAUL PETIT

DIATOMÉES

* * * * *

Quatre échantillons ont été soumis à mon examen, au point de vue de la recherche des Diatomées :

1o _Trois fragments d’un calcaire provenant du puits d’Ardèbe_ ;

2o _Deux fragments d’une marne du puits d’Ardèbe_ ;

3o _Trois fragments d’un tuf calcaire de Mondo, no 402_ ;

4o _Deux fragments d’un dépôt ou Tripoli de Mondo, no 408_.

Après lavages avec les acides et décantages selon les procédés employés ordinairement, les nos 1, 3 et 4 m’ont fourni des diatomées qui appartiennent toutes aux Eaux douces et plus spécialement aux Eaux courantes. Ce sont, à part quelques espèces, des Diatomées vulgaires qui se rencontrent dans les cours d’eau douce du monde entier. Les espèces rares sont les suivantes : Cymbella americana ; Navicula obtusa, var. : lata ; un autre Navicula figuré sans nom dans l’Atlas d’Ad. Schmidt ; le Surirella arcta, figuré dans le même atlas, sans diagnose ; et enfin le Stephanodiscus Astræa.

L’abondance de certaines espèces contraste avec la rareté d’autres. C’est ainsi que le Surirella arcta A. S. forme le fond des diatomées du Tuf calcaire de Mondo et que le Navicula oblonga avec les Epithemia forment le fond des diatomées du no 2 du puits d’Ardèbe.

Le Calcaire du Puits d’Ardèbe a présenté un fait assez curieux. Ayant lavé un des trois fragments, dans lequel je n’avais rencontré qu’une très petite quantité de valves de diatomées, brisées pour la plupart, comme cela arrive souvent dans les dépôts fossiles ; je fis le lavage d’un deuxième fragment. J’obtins une assez grande quantité de diatomées renfermant des espèces qui n’existaient pas dans le premier, et manquant, d’autres qui se trouvaient dans le premier. Il est évident que les fragments provenaient de roches appartenant à des couches distinctes, comme le démontre la liste que j’ai établie.

Quant à la marne du puits d’Ardèbe, elle ne renferme qu’un Cyclotella Kützingiana et ce n’est qu’après de longues recherches qu’on peut arriver à en découvrir une valve. On m’a fait observer, avec une préparation de matériaux, non lavés à l’acide, mise à l’appui, qu’il y avait des diatomées dans cette marne. Dans la dite préparation, examinée méthodiquement sans laisser un point inexploré, je n’ai trouvé qu’une seule valve de Cyclotella et un article de Gallionella. J’ai donc lavé toute la marne que je possédais, espérant avoir un résultat. La masse s’effrite complètement dans l’acide nitrique et laisse un dépôt de sable brun très abondant, qui fut lavé à l’acide sulfurique et chlorate de potasse. Le dépôt a été bien lavé et les eaux de lavage décantées avec précaution et réunies. Monté au baume et à sec le dépôt ne m’a fourni que quelques valves très rares des Diatomées indiquées ci-dessus. Il est certain que ces diatomées ont dû être apportées par le vent, en même temps que le sable et qu’elles ne forment pas un dépôt fossile.

I. — CALCAIRE PROVENANT DU PUITS D’ARDÈBE

ÉCHANTILLONS No 1 ET No 2

No 1 No 2

=Gomphonema intricatum= K. CC.| + | + | | — =subclavatum= Grun. A. S. atlas, t. CCXXXVII, f. 36. CCC.| + | + | | Les Gomphonema sont très abondants. | | | | =Amphora libyca= Ehr. R.| + | + | | =Cocconema cymbiforme= Ehr. C.| + | + | | — =lanceolatum= Ehr. C.| + | + | | =Cymbella Cucumis= (A. S., t. IX, fig. 21-22) Clève | + | » Nav. Diat., I, p. 165 | | | | =Encyonema gracile= Rabenh. | + | » | | — =prostratum= K. | » | + | | — =ventricosum= (Ag.) Grun. | + | + | | =Epithemia ocellata= K. C.| + | » | | — =turgida= K. C.| + | + | | — gibberula K. AR.| + | + | | — =Zebra= K. R.| + | » | | — =Sorex= K. R.| » | + | | =Rhopalodia gibba= (K.) O. Müll. CC.| + | + | | — — var. : =parallela= Grun. AR.| + | + | | — — var. : =tumida= Schaar. R.| » | + | | =Navicula oblonga= K. Très abondant CCC.| » | + | | — =limosa= K. AR.| + | + | | — =viridis= (Ehr.) K. var. : A. S. atlas, t. XLII, f. RR.| » | + 22. | | | | — =radiosa= K. C.| » | + | | — =obtusa= Ehr. var. : =lata= Rattr. (North Tolsta, RR.| + | + p. 422, pl. XXIX, f. 1, 2) | | | | — =æquatorialis= (A. S. atlas, t. L, f. 48, sans | | nom et sans diagnose). Valves linéaires-elliptiques | | à extrémités cunéiformes arrondies ; long. 76 μ, | | largeur 24 μ ; area longitudinale étroite, légèrement | | dilatée au centre ; stries très fines, non ponctuées, | | 11 dans 10 μ, perpendiculaires à l’axe vers le centre | | et faiblement rayonnantes aux extrémités. | | | | Je n’ai vu qu’une seule valve de cette espèce, qui | » | + n’a encore été trouvée que dans l’Orégon. | | | | =Mastogloïa Grevillei= W. Sm. AR.| + | + | | =Surirella bifrons= Ehr. | + | + | | =Cymatopleura Solea= W. Sm. R.| » | + | | =Synedra Ulna= (Nitzs) Ehr. C.| + | + | | =Odontidium Tabellaria= W. Sm. AR.| + | + | | =Eunotia gibbosa= V. H. Syn., pl. XXXV, f. 13. Long. R.| + | » 48 μ. | | | | =Stephanodiscus Astræa= Ehr. var. : minutulus Grun. R.| + | + | | =Cyclotella Meneghiniana= K. C.| + | + | | — =Kützingiana= Thw. | + | + | | =Gallionella granulata= Ehr. CC.| + | + | | — =distans= Ehr. CC.| + | + | | — =crenulata= Ehr. R.| » | +

II. — TUF CALCAIRE DE MONDO, No 402

=Gomphonema intricatum= Kg. CC.

=Cocconema cymbiforme= (Kg.) Ehr. C.

— =lanceolatum= Ehr. C.

— =parvum= W. Sm. AR.

=Cymbella heteropleura= Ehr. (A. S. atlas, t. IX, f. 51) R.

— =Cucumis= A. S. (ut suprà) long. 91 μ, larg. 24 AR.

— =americana= A. S. atlas, t. IX, f. 15 et 20, var. : =acuta=. Diagnose dans Clève Nav. Diat., I, p. 164.

— =delecta= A. S. atlas, t. IX, f. 17 et t. LXXI, f. 80. Diagnose dans Clève, l.c.

=Epithemia Argus= (Ehr.) K. AR.

— =Sorex= K. R.

— =ocellata= Ehr. AR.

=Rhopalodia gibba= (K.) O. Müll. C.

=Encyonema turgidum= Grun. C.

— =prostratum= (Berk) Ralfs. C.

— =gracile= Raben R.

=Amphora libyca= Ehr. R.

=Navicula sphærophora= K. R.

— =rynchocephala= K. var. : =amphiceros= (K.) Grun. R.

— =viridis= Nitzs. var. : =commutata= Grun. AC.

— =rupestris= Hantz. AR.

=Stauroneis anceps= Ehr. R.

=Mastogloia Grevillei= W. Sm. R.

=Surirella arcta= A. S. atlas, t. XXIII, f. 23 (sans diagnose). CCC. Valves longuement linéaires à extrémités cunéiformes et à partie centrale fortement contractée ; longueur 160 à 204 μ, plus grande largeur 35 μ 20 à 36 μ 80 ; axe longitudinal formé par une ligne ; côtes robustes, 1 1/4 dans 10 μ, atteignant l’axe longitudinal, perpendiculaires vers le centre et rayonnées vers les extrémités

Cette espèce, qui malheureusement est sous forme de fragments dans le tuf de Mondo, ne se rencontre entière que rarement dans les préparations, dont elle forme le fond. Elle est très abondante. Jusqu’ici cette espèce n’a été rencontrée que dans Demerara river et figurée par le Révérend Ad. Schmidt dans son Atlas der Diatomaceenkunde.

=Cymatopleura elliptica= W. Sm. et ses variétés C.

— =Solea= W. Sm. AC.

=Nitzschia amphioxys= W. Sm. variété : =vivax= AR.

— =stagnorum= Raben R.

=Synedra Ulna= (Nitzs.) Ehr. CC.

=Stephanodiscus Astræa= Ehr. var. : =minutulus=. Grun. R.

=Cyclotella Kützingiana= Thw. R.

=Gallionella granulata= Ehr. AC.

— =distans= Ehr. AC.

III. — TRIPOLI DE MONDO, No 408

=Amphora libyca= Ehr. AR.

=Encyonema turgidum= (Greg) AC.

=Rhopalodia gibba= (K.) O. Müll, variété : =tumida= Schaar. R.

=Navicula anglica= Ralfs. RR.

=Odontidium Harrissonii= W. Sm. R. variété =minus= Roper.

=Cyclotella Meneghiniana= K. CCC.

— =operculata= Hantz. AC. } } — =Kützingiana= Thw. CC. } Abondants, formant le fond } de la préparation. =Gallionella distans= Ehr. CC. } } — =granulata= Ehr. CC. }

IV. — VASE DU LAC TCHAD RÉCOLTÉE A KOUKIA

La vase du Lac offre l’aspect de la tourbe desséchée, elle ne fait pas effervescence sous l’action des acides forts, elle ne contient donc pas de carbonates calcaires. Après lavages par les procédés ordinaires, on obtient un dépôt renfermant une grande quantité de sable brun, qu’il faut éliminer pour avoir les diatomées, ce qui nécessite des lavages et des décantages longs et délicats.

Par suite d’une cause inexplicable et rare même dans les dépôts fossiles, la plus grande quantité des valves se trouve réduite à l’état de fragments, ce qui nécessite un grand nombre de préparations pour pouvoir trouver un échantillon complet et encore, sur 15 préparations, il n’a pas été possible de rencontrer une Surirella robusta entière.

Le dépôt est assez riche en Surirellées et en Naviculées ; il renferme deux espèces très rares : Navicula americana Ehr. et Navicula Perrotetii Grun. ; cette dernière a été découverte au Sénégal, et en outre une variété nouvelle très abondante de la Surirella Kittonii A. S.

_Espèces rencontrées dans la vase._

=Cocconeis Pediculus= Ehr.

=Gomphonema acuminatum= Ehr. variété =Turris=.

— =capitatum= Ehr.

— =gracile= Ehr. variété =minor= Grun.

— =Turris= Ehr.

=Cymbella bengalensis= Grun.

=Cocconema cymbiforme= Rabh.

=Amphora ovalis= Kg.

=Epithemia Sorex= Kg.

=Rhopalodia gibba= O. Müll.

— =parallela= O. Müll.

=Navicula americana= Ehr. (Très rare).

— =Cardinalis= Ehr.

— =cuspidata= Kg.

— =elegans= W. Sm.

— =elliptica= Kg.

— =macilenta= Ehr.

— =major= Kg.

— =Perrotetii= Grun.

— =viridis= (Nitz.) Kg.

=Stauroneis acuta= W. Sm.

— =Phœnicenteron= (Nitz.) Ehr.

=Surirella arcta= A. S.

— =bifrons= Ehr. variété : =tumida= O. Müll.

— =Kittoni= A. S. var. nov. =elliptica=.

— =robusta= Ehr.

— =tenera= Greg.

— — variété =nervosa= A. S.

=Cymatopleura elliptica= (de Bréb) W. Sm.

— =Solea= (de Bréb) W. Sm.

=Eunotia Arcus= Ehr.

— =gibbosa= V. Hk.

=Himantidium pectinale= Kg.

=Stephanodiscus Astræa= (Ehr) Kg.

=Cyclotella Meneghiniana= Kg.

— =operculata= (Ag.) Kg.

=Gallionella crenulata= Ehr.

— =distans= Ehr.

— =granulata= Ehr.

— =lyrata= Ehr. Variété =tenuior=. Grun.

— =varians= Ehr.

=NOTE= SUR LES =COLLECTIONS D’INSECTES= =_rapportées par la Mission CHARI-TCHAD=_

ARACHNIDES, MYRIAPODES ET CRUSTACÉS

PAR

M. BOUVIER Professeur au Muséum d’Histoire naturelle.

ARACHNIDES ET MYRIAPODES

Très nombreux sont les matériaux recueillis dans ces deux groupes, mais aucun spécialiste n’a pu encore les étudier. D’un examen sommaire de ces matériaux, on peut conclure toutefois que certaines espèces à très large distribution se trouvent constamment représentées jusqu’au centre de l’Afrique. Dans la classe des Arachnides, c’est le cas des grands Scorpions noirs, _Pandinus imperator_ C. L. Koch et _Pandinus dictator_ Pocock ; dans le groupe des Myriapodes de la Scolopendre géante, _Scolopendra subspinipes_ Leach et d’une espèce plus petite, la _S. morsitans_ L. qui remonte jusqu’en Algérie.

CRUSTACÉS

Tous les Crustacés recueillis par la mission appartiennent naturellement à la faune des eaux douces. Ils ne sont pas très nombreux en espèces, mais présentent presque tous un fort grand intérêt.

Parmi les Crevettes d’eau douce, il convient de citer deux espèces : d’abord un Palémon d’une grande taille, le _Palemon macrobrachion_ Heiklots qui paraît identique à une espèce américaine, le _P. acanthurus_ Wiegm., qu’on avait signalé en divers points de l’Afrique occidentale et qui fut capturé par M. DECORSE à Brazzaville. En second lieu une petite espèce de la tribu des Stynier, la _Caridina togoensis_ var. _Decorsei_ Bouvier. Cette forme nouvelle a été découverte au cours de la mission et paraît très commune dans l’Afrique centrale et occidentale, où elle représente, peut-être à elle seule, le genre _Caridina_. M. DECORSE l’a prise à Krebédjé, à Fort-Archambault, au Bangoran, mais on la trouve bien en dehors de ces régions centrales ; M. CHEVALIER vient d’en recevoir des exemplaires recueillis au Fouta- Djalon, et le Muséum du capitaine COTTE de la mission Sud-Kameroun.

Les Crabes d’eau douce ne manquent pas dans les régions tropicales, où ils sont d’ordinaire assez étroitement localisés. Parmi ceux capturés au cours de la mission, il convient de citer le _Potamonautes Aubryi_ Edw. trouvé à Bessou, mais déjà connu dans l’Afrique occidentale. Un jeune voisin du _P. Sidneyi_ Rathbun connu seulement dans l’Inde, et trois beaux spécimens qui tiennent à la fois du _P. Johnstoni_ Miers et du _P. perlatus_ Edw. Il est bon d’observer que ces exemplaires proviennent du Chari, tandis que le _P. Johnstoni_ se trouve au Kilimandjaro et le _P. perlatus_ dans l’Afrique méridionale.

=COLÉOPTÈRES=

PAR

M. PIERRE LESNE Assistant au Muséum d’Histoire naturelle.

Les collections de Coléoptères recueillies au cours de la mission Chari- Tchad sont fort riches et permettront d’entreprendre une étude approfondie de la faune des vastes régions explorées par MM. A. CHEVALIER et le Dr J. DECORSE. La détermination de ces importants matériaux est seulement commencée, mais on peut noter dès maintenant quelques remarques qui se dégagent de leur examen sommaire.

Le caractère le plus frappant de la faune du Chari moyen et inférieur et de la région du Tchad réside dans sa grande analogie avec celle du Sénégal et du Soudan occidental. Il est assurément remarquable de retrouver communément aux environs de Fort-Archambault les espèces qui comptent aussi parmi les plus fréquentes à Saint-Louis-du-Sénégal. Tels sont les :

_Tetragonoderus quadrum_ Ol. (Carabides).

_Sternocera interrupta_ Ol. (Bupestides).

_Sinoxylon senegalense_ Karsch (Bostrychides).

_Thalpophila abbreviata_ Fabr. (Ténébrionides).

_Entomoscelis cincta_ Ol. (Chrysomélides).

_Hoplostomus fuliginosus_ Ol. (Cétonines).

Etc.

Les espèces suivantes, qui ont été recueillies en divers points du bassin moyen et inférieur du Chari, sont également sénégalaises :

_Cicindela Dumolini_ Dej. (Cicindélides).

_Luperca Goryi_ Guér. (Carabides).

_Harpalus ephippium_ Dej. (Carabides).

_Bradybænus scalaris_ Ol. (Carabides).

_Sternocera castanea_ Ol. (Buprestides).

_Bostrychopsis Reichei_ Mars. (Bostrychides).

_Epicanta flavicornis_ Dej. (Méloïdes).

_Rhyxiphlæa corticina_ Ol. (Cétonines).

Etc.

D’une façon générale, les affinités avec la faune du Sénégal sont particulièrement marquées dans la région même du Tchad. Plus au sud, sur le Chari inférieur et moyen apparaissent des formes paraissant propres à l’Afrique centrale, tels le _Sternocera Colmanti_ Kerremans (Bupestides) déjà connu du Bahr-el-Ghazal, le _Thalpophila reticulata_ Fairmaire (Ténébrionide) primitivement décrit du pays de Nyams-Nyams, un _Onitis_ géant, apparenté à l’_On. Castelnani_ Harold, de l’Afrique australe, etc. C’est ce mélange de formes centre-africaines avec des espèces sénégalaises en nombre prédominant qui imprime un cachet spécial à la faune des régions riveraines du Chari. Mais si l’on s’écarte du fleuve, pour pénétrer dans les pays Saras qui s’étendent à l’O. de Fort- Archambault on constate la présence dans ces contrées de types tout particuliers révélant la proximité d’un centre faunistique distinct. De remarquables espèces qui paraissent être inédites et qui appartiennent aux genres _Myrmecoptera_ parmi les cicindélides, _Anthia_, _Graphipterus_, _Pheropsophus_ parmi les Carabiques caractérisent notamment cette faune dar-sarienne dont on doit la découverte à M. le Dr J. DECORSE.

Parmi les captures intéressantes faites par le même naturaliste il faut citer celle d’un petit carabique, le _Somotrichus elevatus_ Fabr. dont le pays d’origine était resté jusqu’ici inconnu. L’insecte se rencontre de temps à autre dans les ports de commerce et paraît vivre à demeure dans les cales de certains navires. Sa découverte aux environs de Fort- Archambault permet d’affirmer qu’il est d’origine africaine.

Les récoltes faites sur le cours de la rivière Gribingui ont été moins fructueuses que celles effectuées dans les régions dont nous venons de parler ; mais plus au sud, au-delà de la ligne de partage des eaux entre le Chari et le Congo, sur la Kémo et ses affluents, la mission a rencontré en abondance les Cétoines du genre _Gnathocera_ et une foule d’autres formes à affinités guinéennes prononcées, faisant pressentir la proximité de la faune gabonaise proprement dite. Il est à noter d’ailleurs que dans toute l’étendue des régions explorées dans le bassin du Chari ont été rencontrées les formes à aire de dispersion très étendues en Afrique comme les _Opilo gigas_ Cost., _Tenebrio guineensis_ Hid., _Xystrocera nigrita_ Serv., etc.

En résumé, les points que met en évidence un examen rapide de l’ensemble des Coléoptères de la mission Chari-Tchad sont :

1o L’existence d’une ligne de démarcation importante au point de vue faunistique dans la région de la rivière Gribingui. Au nord de cette région les espèces sont en grande majorité soudanaises ; au sud, elles se rattachent à la faune congolaise ou à la faune guinéenne.

2o La présence, dans le bassin du Chari, de formes qui paraissent être propres à l’Afrique centrale.

3o L’existence d’une faune très spéciale, à affinités soudanaises, dans les pays Saras s’étendant à l’Ouest de Fort-Archambault.

=HYMÉNOPTÈRES, ORTHOPTÈRES ET NÉVROPTÈRES=

PAR

M. R. DU BUYSSON

HYMÉNOPTÈRES

Les Hyménoptères récoltés par M. A. CHEVALIER pendant ses voyages dans l’Afrique centrale et occidentale sont peu nombreux, mais leur diversité permet de déduire quelques renseignements sur la faune des pays où ils ont été trouvés.