Part 63
Dans le type non porphyrique le grenat est relativement abondant et très corrodé, il n’existe généralement qu’à l’état de squelette dans la pâte. Dans le type porphyrique le grenat est plus rare et ne présente pas des caractères de corrosion aussi accentués, il y a lieu en outre de signaler la présence de l’allanite dans ce type.
RHYOLITE DE HADJER-EL-HAMIS
Cette roche ayant été étudiée et décrite par M. GENTIL (Documents scientifiques de la Mission Saharienne), avec les échantillons rapportés par M. LACOIN, elle ne figure ici que pour indiquer que la Mission Chari-Tchad en a rapporté de nombreux échantillons.
GABBROS ET NORITES
170. Gabbro du Vou. — Type de gabbro banal à tendance ophitique.
Plagioclases (Labrador-Bytownite) maclés suivant la loi de l’albite, de Carlsbad, et de la péricline. Diallage souvent maclé suivant _h_¹, avec inclusion ferrugineuse fine, titanomagnétite.
Un certain nombre de cristaux de feldspath sont déformés longitudinalement par une légère courbure.
Cette roche est intéressante à cause des modifications minéralogiques de l’ordre de celles qui se montrent dans les régions dynamo- métamorphisées, mais sans déformations structurales.
Ces modifications sont :
1o Ouralitisation (transformation du diallage en hornblende verte) par trois modes. _a._ — Facules irrégulières s’orientant quelquefois, ou gros grains quelquefois dentelliformes. _b._ — Par petits cristaux isolés distribués dans les clivages _m_ et les plans de séparation _p_ du diallage. _c._ — Par un cristal unique de hornblende, transformation toujours incomplète, gagnant de la périphérie au centre, et toujours réduite à un cadre extérieur.
Tous ces modes peuvent être réalisés ensemble et donnent alors une apparence des plus complexes.
2o Formation de grenat (grossulaire) avec formes géométriques dans les feldspaths, soit en cristaux isolés, soit plus ordinairement en bordure cristallitique quelquefois constituée entre le feldspath et le diallage ou la titanomagnétite. Cette particularité rappelle quelques cas de saussuritisation des gabbros des Alpes et aussi de la norite d’Arvieu décrite par M. Lacroix B.S. min. XIX, 1896, p. 70.
3o Formation de lamelles de biotite autour de la titanomagnétite ou dans les feldspaths, et enfin un peu de quartz secondaire.
190. Norite quartzifère de Ndélé. — Roche leucocrate à structure grenue.
Apatite, titanomagnétite, hypersthène (diallage), biotite, fort peu de hornblende verte secondaire, plagioclases ne dépassant pas l’andésine, et quartz quelquefois en vermiculisations dans la hornblende et la biotite. Les métasilicates sont presque incolores en lames minces, le pyroxène rhombique (hypersthène) se transforme en talc et en xylotile pléochroïque en jaune brun suivant _ng_ et en jaunâtre suivant _np_. Feldspaths granulitiques moulés par du quartz qui par place est granitique (xénomorphe). Les minéraux colorés au moins en partie sont antérieurs aux feldspaths.
Cette roche ne saurait être confondue avec les gneiss à pyroxène et hypersthène du Kaga Bandéro. Ces derniers sont plus basiques, les métasilicates sont plus abondants et plus riches en fer (plus colorés), la hornblende est plus abondante.
En outre, les gneiss du Kaga Bandéro sont parfois vaguement rubanés.
DIABASES
_Rapides de l’Oubangui, entre Bangui et Fort-de-Possel._
Rapide de l’En-Avant. — Roche à structure ophitique ouralitisée, à feldspath plagioclase et à augite en cristaux très déchiquetés ; un peu de quartz, ce minéral existe aussi en association micropegmatitique. Amphibole d’ouralitisation rare et peu pléochroïque, on a :
_np_ verdâtre pâle un peu jaunâtre, _ng_ verdâtre.
Un peu de biotite assez pléochroïque, on a : _np_ brun très clair, _ng_ brun grisâtre.
Ilménite assez abondante généralement transformée en sphène et quelquefois complètement disparue des plages de sphène.
Rapide de l’Éléphant. — Même roche que ci-dessus, il faut ajouter une notable quantité d’épidote et un peu de chlorite. L’ilménite se présente sous forme de longs bâtonnets croisés dans les plages de sphène, et a quelquefois complètement disparu de ces plages.
_Porphyrite du sud du Lac Fittri._
Roche formée par une pâte microlitique d’augite et de feldspath, quartz rare, mais ce minéral existe en outre en plages micro-cristallines, irrégulières ou allongées et en filonnets.
Dans la pâte sont disséminés des phénocristaux d’augite parfois maclés suivant _h′_ (100).
La pyrite est abondante et on remarque encore une notable quantité d’épidote.
SCHISTES CRISTALLINS
GNEISS ET LEPTYNITES
DESCRIPTION DES ÉCHANTILLONS TAILLÉS EN PLAQUES MINCES
=Gneiss ordinaires.=
39. Gneiss de Koussougou (Haute-Ombella).
Dans ce gneiss le quartz est souvent vermiculé et présente des extinctions roulantes. Le feldspath dominant est le microcline, mais on trouve aussi un peu d’oligoclase. Le mica est le biotite.
Magnétite, apatite, sphène et zircon.
26. Gneiss du Kaga Bongbo (Fort-Sibut).
Oligoclase, un peu d’orthose, quartz, biotite abondante et un peu de muscovite. Grenat abondant et englobant parfois de la biotite, du zircon et du quartz.
Magnétite, un peu de sphène et d’apatite.
71. Gneiss du nouveau poste de la Nana (groupe Fort-Sibut à Fort- Crampel).
Roche à grain très fin. Quartz, oligoclase, un peu de microcline et biotite.
On remarque encore un peu de hornblende et un peu d’augite.
Apatite, magnétite, sphène et zircon.
80. Gneiss du Kaga Bandéro (Fort-Crampel).
Dans ce gneiss le quartz est très abondant et présente des extinctions roulantes, on l’observe aussi sous la forme vermiculée. Orthose, oligoclase et biotite.
Magnétite, apatite, zircon.
82. Gneiss à grands cristaux accidentel dans les gneiss du Kaga Bandéro.
Le quartz présente parfois des extinctions roulantes. Les feldspaths sont un peu damouritisés. L’oligoclase est le plus abondant et dans les grands cristaux les lamelles sont courbées. L’orthose est parsemé de quartz en association micropegmatitique. Le mica est la biotite.
Magnétite, apatite et zircon. Un peu de calcite secondaire.
270. Gneiss du Kaga Bandéro (Fort-Crampel).
Dans cette roche le quartz est très abondant et présente des extinctions roulantes. Les feldspaths sont l’oligoclase, l’orthose et du très rare microcline.
Biotite abondante.
Apatite, magnétite et zircon.
197. Gneiss glanduleux à grands cristaux de Ndélé.
Le quartz ordinaire est peu abondant et présente des extinctions roulantes. Les feldspaths orthose et oligoclase sont damouritisés, les grands cristaux ont la partie intérieure intacte et présentent une zone extérieure grenue, de couleur rougeâtre, indice de leur écrasement. L’orthose domine, il est parsemé de quartz en association micropegmatitique. Le mica est la biotite parfois parsemée aussi de quartz en association micropegmatitique. La roche contient en outre une certaine quantité de hornblende.
Magnétite, apatite et zircon. Un peu de calcite et de chlorite.
198. Gneiss à grands cristaux de Golo (Ndélé).
Roche de couleur rougeâtre, coloration due à l’abondance des feldspaths rouges.
Le quartz présente des extinctions roulantes bien caractérisées, on l’observe aussi sous la forme vermiculée et sous la forme microgrenue. Orthose, microcline et oligoclase plus ou moins damouritisés.
{ _Np_, brun très clair, _Ng_, { brun noirâtre On a pour le pléochroïsme de la biotite { { _Np_, brun très clair, { _Ng_, vert
Magnétite, sphène, zircon et un peu d’allanite. Un peu de chlorite.
174. Gneiss granitoïde de Goumba.
Orthose et oligoclase un peu damouritisés, quartz présentant des extinctions roulantes, biotite et un peu de muscovite. On a pour le pléochroïsme de la biotite : _Np_, brun clair, _Ng_ brun.
Zircon abondant et un peu de magnétite.
=Leptynites.=
6. Leptynite de la Basse-Tomi.
Dans cette leptynite le quartz domine, le feldspath le plus abondant est le microcline, on remarque aussi un peu d’oligoclase.
Le mica (biotite) est assez rare. La magnétite est abondante en petits grains visibles à l’œil nu. Un peu de zircon.
28 bis. Leptynite à microcline de Fort-Sibut.
Dans cette roche le microcline est très abondant à l’état grenu.
Le quartz englobant parfois du zircon présente des extinctions roulantes.
Biotite, un peu de muscovite. Grenat et zircon.
55. Leptynite pyroxénique (groupe de Fort-Sibut à Fort-Crampel, entre la Tomi et M’Pokou).
Roche compacte dont les principaux éléments sont le quartz, l’oligoclase, un peu de microcline et le pyroxène. Le quartz est très abondant et présente généralement des extinctions roulantes. L’augite est assez abondante, un peu d’hypersthène.
Magnétite, apatite et zircon.
269. Leptynite du Kaga Bandéro (Fort-Crampel).
Orthose, oligoclase et microcline un peu damouritisés. Quartz abondant et présentant des extinctions roulantes. Biotite et un peu de muscovite.
Magnétite, apatite, sphène et zircon. Un peu de calcite.
=Types basiques.=
276. Gneiss granitoïde amphibolique et pyroxénique de la rivière Kouli (affluent de la Tomi).
Dans ce gneiss la hornblende ne se présente jamais en cristaux ayant conservé des formes géométriques, elle est en général peu pléochroïque et épigénise souvent des cristaux d’augite mieux caractérisés. Le feldspath dominant est l’oligoclase, on remarque aussi un peu d’orthose.
Le mica est la biotite. Le quartz se présente parfois sous la forme vermiculée.
Magnétite, apatite, allanite et zircon.
31. Gneiss amphibolique du Kaga Do (Haute-Ombella).
Cet échantillon d’aspect granitoïde est essentiellement composé d’oligoclase, de hornblende et de quartz. Le mica manque, cependant il existe dans les clivages des blocs. On remarque de la magnétite assez abondante et de l’apatite souvent enclavée dans la hornblende. Les cristaux de hornblende n’ont jamais de contours géométriques mais ils présentent les clivages nets des sections _h_¹ (100) et _g_¹ (010) et des sections perpendiculaires à l’arête _h_¹_g_¹ (100) (010). Quelques rares cristaux plus petits présentent des contours géométriques.
33. Gneiss amphibolique en rognon dans le précédent.
Cette roche est beaucoup plus complexe que la précédente dont elle n’est d’ailleurs qu’un accident.
Le feldspath est toujours l’oligoclase, et à la hornblende il faut ajouter de l’augite et de la biotite. Le grenat est abondant.
Apatite, zircon et magnétite. Un peu de calcite.
Les cristaux d’amphibole sont très déchiquetés, ou très petits et disséminés dans une structure grenue.
20. Gneiss à pyroxène (Fort Sibut).
Le quartz présente souvent des extinctions roulantes. Le feldspath dominant est l’oligoclase, il est accompagné d’un peu de microcline. Augite, biotite et un peu de hornblende.
Magnétite assez abondante, apatite, sphène et zircon.
22. Gneiss à pyroxène à grands cristaux (Fort-Sibut).
Cette roche a l’aspect d’un granite grossier sub-porphyroïde.
L’oligoclase domine, mais on remarque aussi du microcline sous la forme grenue et en grands cristaux disséminés. Le quartz présente des extinctions roulantes et se montre parfois en grands cristaux, ces cristaux contiennent alors de longues et assez larges bandes d’inclusions liquides.
L’hypersthène est assez abondant et il faut ajouter une certaine quantité d’augite, un peu de hornblende et comme mica la biotite.
Magnétite abondante, apatite et zircon. Un peu de chlorite.
23. Gneiss pyroxénique (Fort-Sibut).
Roche compacte à cassure esquilleuse. Le quartz présente des extinctions roulantes. Le feldspath dominant est le microcline à l’état grenu, il est accompagné d’oligoclase. L’hypersthène est assez abondant avec pléochroïsme assez accentué en vert suivant _Ng_ et en rose-brunâtre suivant _Np_. Le mica manque. L’apatite est abondante et quand les cristaux se présentent suivant leur allongement, ils ont très fréquemment des lignes transversales d’inclusions.
Magnétite, sphène et zircon.
85. Gneiss pyroxénique et amphibolique du Kaga Bandéro (Fort-Crampel).
Ce gneiss se présente en lentilles ou lits dans les autres gneiss.
Le quartz est comparativement peu abondant. Le feldspath est l’oligoclase qui se présente rarement sous des formes nettes, les lamelles sont souvent courbées, déformées et l’ensemble des cristaux présente des extinctions roulantes. L’augite domine et englobe parfois de l’apatite. Il faut ajouter une notable quantité d’hypersthène, de hornblende, et un peu de biotite.
Magnétite assez abondante patite.
Le pléochroïsme de l’augite est à peine sensible et on a :
_Ng_, vert pâle.
_Nm_, vert.
_Np_, vert.
_Ng_ C¹ = 42° environ.
Le pléochroïsme de l’hypersthène est assez accentué et on a :
_Ng_, vert pâle.
_Nm_, jaune un peu brunâtre-clair.
_Np_, rose saumon.
_Ng_ C¹ = 0.
2 E est relativement petit, ce qui indique un hypersthène très ferrifère.
84. Pyroxénite associée au gneiss précédent.
Le gneiss précédent passe dans certains endroits de la base du Kaga Bandéro à la pyroxénite.
Dans cette roche, les éléments essentiels sont l’augite, la hornblende et la biotite. L’augite domine, après vient le hornblende. Elle contient en outre un peu de quartz et un peu d’anorthite.
Zircon et apatite.
271. Gneiss pyroxénique et amphibolique du Kaga Bandéro (Fort-Crampel).
Ce gneiss se présente en lentilles ou lits dans les gneiss et leptynites.
A part quelques cristaux plus volumineux, cette roche a une structure microgrenue. Quartz, oligoclase, orthose, biotite. L’augite est assez abondante. La roche contient en outre une certaine quantité d’hypersthène et de hornblende.
Magnétite abondante, apatite et zircon.
97. Gneiss à pyroxène de l’O. du Kaga Bandéro (Fort Crampel).
Ce gneiss se présente en lits ou lentilles dans les autres gneiss.
Quartz, oligoclase, biotite et augite. L’élément le plus abondant est le feldspath, après viennent la biotite et l’augite en quantités sensiblement égales. Le quartz est relativement peu abondant.
Magnétite abondante, apatite abondante en cristaux et en microlites allongés, et zircon.
199. Gneiss amphibolique de Djalmada (Itinéraire Ndélé-Mamoun).
Quartz présentant des extinctions roulantes, oligoclase et hornblende.
La hornblende est abondante et présente souvent les clivages des sections _h_¹ (100) et _g_¹ (010) et les sections perpendiculaires à l’arête _h_¹_g_¹ (100) (010). Sphène très abondant, apatite, magnétite et un peu de zircon.
208. Gneiss amphibolique de la région montueuse du Kouti.
Quartz présentant des extinctions roulantes. L’élément principal est la hornblende. Un peu de diallage. Comme feldspath de l’oligoclase. Sphène abondant, hématite, apatite et zircon.
RÉSUMÉ
_Au point de vue pétrographique._ — Il y a lieu de distinguer, dans cette première partie des schistes cristallins, les gneiss normaux, les leptynites et les gneiss basiques. Toutes ces roches présentent des traces d’actions mécaniques qui se traduisent par des extinctions roulantes assez fréquentes dans le quartz et par l’altération plus rare des autres éléments et en particulier des feldspaths.
Gneiss normaux. — Roches rubanées et à grain variable mais ne devenant jamais schisteuses, à orthose (avec ou sans microcline) et oligoclase, parfois l’orthose est entièrement remplacé par le microcline. La biotite est le mica dominant, elle est très rarement accompagnée de muscovite. On observe en outre d’une façon presque constante les minéraux accessoires habituels, magnétite, apatite, zircon, et d’autres minéraux, l’un assez fréquent le sphène, le grenat et l’allanite très rares.
Il y a lieu en outre de signaler la présence du quartz en association micropegmatitique dans les feldspaths de quelques échantillons.
Leptynites. — Roches rubanées de couleur rose à grain très fin dans lesquelles le mica est plus ou moins abondant en couches minces. Les éléments sont les mêmes que dans les gneiss normaux, sauf que la muscovite est un peu plus fréquente et que le sphène est plus rare.
Types basiques. — Ces roches sont rarement rubanées, et quand le rubanement existe, il est généralement vague. Les feldspaths sont les mêmes que dans les roches précédentes, mais avec prédominance de l’oligoclase. Les éléments essentiels sont l’augite, la hornblende, la biotite et parfois l’hypersthène. Ces divers minéraux sont quelquefois réunis dans la même roche mais dans certains types la biotite manque. Dans d’autres types on ne rencontre que l’augite ou la hornblende. La proportion des minéraux colorés est variable, mais parfois elle devient considérable et il arrive même que les feldspaths viennent à disparaître complètement, la roche est alors une pyroxénite.
On remarque en outre les mêmes minéraux accessoires que dans les gneiss normaux, mais le sphène est parfois plus abondant.
_Au point de vue géologique._ — Les gneiss forment deux groupes. Le plus important comprend tous les échantillons recueillis dans la région s’étendant de la Haute-Ombella à Fort-Crampel. A ces gneiss sont associées des leptynites, des gneiss amphiboliques, pyroxéniques, ou amphiboliques et pyroxéniques, et en outre les granites dont il a été parlé plus haut.
Les types basiques paraissent accidentels et intercalés en lits ou lentilles dans les gneiss normaux et les leptynites, mais ce fait n’est réellement démontré qu’au Kaga Bandéro (Fort-Crampel).
Signalons enfin la présence accidentelle dans les gneiss et leptynites ci-dessus de gneiss à grands cristaux ayant souvent l’apparence d’un granite sub-porphyroïde.
Les particularités qui viennent d’être citées ne constituent rien d’anormal et se reproduisent dans des régions gneissiques françaises.
Le second groupe comprend les gneiss glanduleux à grands cristaux de Ndélé, gneiss qui ont parfois l’aspect du granite porphyroïde, et les rares gneiss ordinaires de la même région.
Les gneiss à grands cristaux sont traversés à Djigangou par un filon d’aplite.
On peut être tenté de rattacher ces gneiss au granite et de les considérer comme un granite écrasé. Mais si l’écrasement particulier des grands cristaux de feldspath autorise jusqu’à un certain point cette hypothèse, d’autres faits permettent aussi de légitimer la place de ces roches dans les gneiss. En particulier le filon d’aplite qui les traverse n’a pas subi de modifications structurelles.
Signalons enfin un autre petit groupe composé de deux échantillons de gneiss amphibolique recueillis dans les quartzites du Kouti. Le premier à Djalmada où ce gneiss n’apparaît qu’en deux points d’une étendue très restreinte, le second provenant d’un affleurement assez important interstratifié dans des quartzites dont les couches sont verticales au ruisseau Kiokioro (village de Koubou).
Quoique recueillis à 30 kilomètres environ l’un de l’autre, dans une direction respective N.E.-S.O., qui correspond sensiblement à la direction générale de la stratification des quartzites, on peut admettre qu’ils appartiennent à un même affleurement dont ils ne sont que des points isolés, car ils ont la même composition minéralogique.
QUARTZITES
DESCRIPTION DES ÉCHANTILLONS TAILLÉS EN PLAQUES MINCES
76. Quartzite micacé des chutes de la Nana.
Roche dans laquelle sont disséminées des lamelles de muscovite. On remarque aussi du zircon et un peu de magnétite.
104. Quartzite micacé à disthène et dumortiérite du Kaga M’Bra.
Roche avec muscovite assez abondante. Disthène assez abondant, très peu de dumortiérite. Magnétite, ilménite, zircon et un peu de rutile.
Le disthène constitue des cristaux très aplatis, allongés suivant l’axe vertical, mesurant souvent deux et parfois trois millimètres sur leur plus grande dimension. Ils présentent très rarement des macles microscopiques, leur couleur est le bleu verdâtre un peu pâle.
La dumortiérite est constituée par de petites baguettes faciles à reconnaître à leur pléochroïsme intense :
On a : _Ng_, incolore,
_Nm_, incolore,
_Np_, bleu azur,
avec maximum suivant l’axe vertical. L’allongement est de signe négatif.
105. Même roche que ci-dessus mais sans dumortiérite. Magnétite, sphène et zircon.
107. Quartzite micacé à disthène et klaprothite du Kaga M’Bra.
Roche avec muscovite assez abondante. Disthène abondant avec un peu de klaprothite. Apatite, rutile, tourmaline.
Bien que les grains de klaprothite soient très petits, leur attribution à ce minéral n’est pas douteuse. Ils possèdent une haute biréfringence et un pléochroïsme très intense :
_Ng_, bleu azur,
_Nm_, bleu azur,
_Np_, incolore.
La bissectrice aiguë est négative et l’angle 2 V assez grand. On n’y observe ni clivage ni macles. De petits fragments ont pu être isolés de la roche pulvérisée par un traitement à l’iodure de méthylène, puis par un triage à l’aiguille sous la loupe. Des essais microchimiques ont mis en évidence la présence de l’acide phosphorique, de l’alumine et de la magnésie.
La klaprothite est toujours en contact avec le disthène, elle est même parfois englobée par ce minéral.
216. — Quartzite micacé de Télé (Kouti).
Roche avec muscovite assez abondante, du zircon, un peu d’hématite et de tourmaline.
RÉSUMÉ
_Au point de vue minéralogique._ — Ces quartzites constituent les types les plus intéressants que nous ayons rencontrés. La présence de la dumortiérite et de la klaprothite est particulièrement à signaler. A l’exception du gisement de Tvedestrand en Norwège dans lequel MM. Michel LÉVY et LACROIX ont trouvé la dumortiérite en inclusion dans la cordiérite, ce minéral se rencontre dans des roches granitiques. Il y a peut-être lieu cependant de faire une réserve pour la dumortiérite de Clip dans l’Arizona qui paraît se trouver comme la nôtre dans un quartzite ; mais elle est très abondante au lieu de n’y constituer qu’un élément microscopique.
Quant à la klaprothite, son gisement habituel est bien des quartzites ; mais il est rare de la trouver dans une roche uniquement à l’état de minéral microscopique.
_Au point de vue géologique._ — Appartenant à des régions très éloignées l’une de l’autre, les quartzites de la Nana et ceux de Télé (Kouti), présentant les mêmes caractères de gisement présentent aussi les mêmes caractères pétrographiques.
L’échantillon de la Nana provient de couches ayant une pente de 12°, et celui de Télé d’une couche ayant une pente de 40°.
Les échantillons du Kaga M’Bra quoique faisant partie de la même formation proviennent d’un endroit bouleversé dans lequel les couches comme gisement ne sont plus comparables à celles de la Nana ni de Télé. Aussi remarque-t-on dans les quartzites du Kaga M’Bra des minéraux spéciaux tels que le disthène et accessoirement de la klaprothite, et aussi, mais très rare, de la dumortiérite.
Etude faite au laboratoire de M. LACROIX, professeur de minéralogie au Muséum d’Histoire naturelle.
La collection complète des échantillons est déposée au laboratoire de géologie du Muséum d’Histoire naturelle.
[Note 540 : On a découvert des objets polis en rhyolite un peu au sud du lac Fittri, mais beaucoup plus rares que ceux confectionnés avec d’autres roches et surtout des porphyrites qui affleurent dans cette région.]
[Note 541 : G. BRUEL, La Région civile du Haut-Chari (_La Géographie_, t. V, 1902).
L. LACOIN, Observations sur la géologie du pays de l’Oubangui au Tchad (_Bulletin de la Société géologique de France_, 4e série, t. III, 1905).
Documents scientifiques de la Mission Saharienne, 1905.]
[Note 542 : Par suite de la hauteur des eaux il est évident que certaines roches ont dû échapper aux investigations.]
[Note 543 : Se reporter à la partie pétrographique, le premier chiffre indique le numéro de l’échantillon, le second la page.]
[Note 544 : Par suite de la hauteur des eaux il est évident que certaines roches ont dû échapper aux investigations.]
[Note 545 : Voir Comptes rendus de l’Académie des sciences, 30 janvier 1905, t. CXL.]