L'Afrique centrale française

Part 60

Chapter 603,737 wordsPublic domain

Ensuite en suivant à quelque distance le cours de la Nana sur la rive droite on ne rencontre aucun affleurement de roches avant d’arriver aux quartzites barrant la rivière et occasionnant une série de chutes (76, p. 688). On retrouve ces quartzites à l’O. de Fort-Crampel. Dans les endroits où la stratification a pu être observée, on trouve : Avant la grande chute de la Nana, direction N. 5° O., pente variable vers l’O. ; à la grande chute, direction N. 7° O., pente vers l’O. 12° ; aux secondes chutes, direction O. 5° N., pente vers le N. 15° ; aucune direction n’a pu être relevée à la 3e chute où on rencontre des quartzites avec mica blanc abondant ; à l’O.-N.-O. de Fort-Crampel, 11 à 12 kilomètres environ à vol d’oiseau, direction O. 22° S., pente vers le N. 45°.

_Kaga Bandéro (Fort-Crampel)._

Au confluent de la Nana avec le Gribingui et sur la rive droite, le Kaga Bandéro constitue un important mamelon de 90 mètres de hauteur environ au-dessus du niveau de la plaine du Gribingui. Ce mamelon est largement dénudé, ce qui en rend l’étude facile, et ce fait a une importance particulière en ce sens qu’il permet de rattacher à un ensemble continu les divers gneiss rencontrés à Fort Sibut et qui sont identiques à ceux du Bandéro.

Dans la région de Fort-Sibut, le gneiss n’affleure pas toujours sur de grandes étendues, et en général, il est difficile sinon impossible d’avoir le contact certain de ses différentes formes. C’est ainsi qu’on y rencontre du gneiss ordinaire, du gneiss pyroxénique, quelquefois pyroxénique et amphibolique, du gneiss à grands cristaux, des leptynites, faisant partie évidemment de la même formation et dont on ne fait que deviner les relations. Le Kaga Bandéro possède les divers gneiss qui viennent d’être énumérés en couches dont les relations sont parfaitement visibles.

D’abord au pied, en plaine, le gneiss ordinaire (80, p. 681) constitue la forme générale et dans les couches apparaissent des couches accidentelles de gneiss à grands cristaux (82, p. 681) ayant souvent l’aspect d’un granite grossier sub-porphyroïde.

Ensuite apparaît accidentellement un gneiss pyroxénique et amphibolique (85, p. 684), passant parfois à la pyroxénite (84, p. 685). Viennent après des gneiss ordinaires contenant des lentilles ou lits de gneiss pyroxénique et amphibolique. Si on examine ensuite l’escarpement, on voit que les gneiss ordinaires (270, p. 681) alternent avec des leptynites (269, p. 683), ces deux roches contenant aussi des lentilles ou lits de gneiss pyroxéniques et amphiboliques (271, p. 685) et de gneiss à grands cristaux.

On a donc là, mais sur une échelle moindre, l’explication de ce que l’on rencontre dans la région de Fort-Sibut.

Les gneiss basiques ont souvent une structure granitoïde et dans certains cas il est difficile de se prononcer sur l’attribution d’un échantillon au gneiss ou au granite.

A l’O. du Kaga Bandéro (7 kilomètres environ) dans le lit du ruisseau Banga on rencontre une leptynite grenatifère très rubéfiée en contact avec un quartzite micacé dont la stratification est O. 25° N.

Enfin les gneiss affleurent encore à 22 et 30 kilomètres environ à l’O. de ce même Kaga, gneiss ordinaire et gneiss à pyroxène en lits ou lentilles dans le gneiss ordinaire (97, p. 685).

_Le Kaga Tambago (Gourara), le Kaga M’Bra et les quartzites._

Avant le passage de la rivière Koddo (50 kilomètres environ à vol d’oiseau à l’O. de Fort-Crampel), on retrouve les quartzites. Ces quartzites forment là un affleurement assez important dont la stratification est O. 18° N, la pente vers le S. est de 25°.

Plus loin (11 kilomètres environ à vol d’oiseau avant le Kaga M’Bra) on rencontre, précédé d’une bande de roche ferrugineuse avec cailloux anguleux de quartz, un affleurement de quartzites et de schistes siliceux micacés dont la direction de la stratification est O. 18° N., la pente vers le N. est de 10°.

A l’O. du Kaga M’Bra (7 kilomètres environ à vol d’oiseau) le Kaga Tambago ou Gourara est constitué par des quartzites en grandes masses formant une sorte de longue falaise au pied de laquelle passe le sentier. La direction de la stratification est O. 40° S. et la pente vers le N. O. est de 30°. Au pied de la falaise, la roche ferrugineuse existe et englobe de gros fragments de ces quartzites.

_Kaga M’bra._ — Le Kaga M’Bra est formé par un amas de 20 à 30 mètres de hauteur au-dessus du niveau de la base, de blocs gigantesques de quartzites. Dans ces blocs jetés comme au hasard, il est impossible de déterminer une direction certaine de stratification. Comme cas particuliers citons : Une ligne de pente a donné une direction E. O. avec une pente vers l’O. de 32°, la stratification serait donc N. S. Un bloc a une direction N. 7° O, avec une pente vers l’O. de 48°. Deux autres blocs ont une direction N. S., avec une pente presque verticale vers l’O. Tout le reste est confondu et l’ensemble a subi une violente dislocation. Les strates paraissent avoir glissé les unes sur les autres et beaucoup de surfaces de contact sont polies et striées. En général les blocs sont rubanés et ont subi une action métamorphique indiquée par la présence du disthène (104, 105, 107, p. 688).

On trouve çà et là des parties tendres se réduisant en sable sous le choc du marteau. L’eau a désagrégé ces parties en laissant de grands vides.

Le Kaga M’Bra fait peu saillie sur l’ensemble de la région et si sa masse peut être aperçue du S. et du sentier passant au pied du Kaga Tambago, elle n’est plus visible dès qu’on s’éloigne de quelques kilomètres sur le chemin de Ndélé. D’un des mamelons des Kagas Djé (40 kilomètres environ, à vol d’oiseau au N.-E), le guide montre, se détachant imperceptiblement à l’horizon, deux petites saillies séparées par une petite échancrure, c’est le Kaga M’Bra.

Des sommets accessibles, la région présente l’aspect d’un immense plateau sur lequel s’échelonnent vaguement et à l’infini des ondulations de faible altitude. Vers le N.-E. on aperçoit quelque chose de vague paraissant comme une ondulation un peu plus accentuée, ce sont les Kagas Djé.

Il y a lieu de mentionner ici les quartzites des M’Brés qui, d’après les échantillons rapportés par M. GAUD à Fort-Crampel, sont analogues aux quartzites des Kagas M’Bra et Tambago. Les quartzites des M’Brés ont déjà été signalées par M. le capitaine TRUFFERT comme vaguement susceptibles de recéler des dépôts houillers (_Revue générale des sciences_, no 2, 1902). M. Truffert donne une direction approximative N.-E. à la stratification, avec un plongement variant entre 40 et 80°.

_Kagas Djé._

Les Kagas Djé constituent un important affleurement granitique apparaissant sous la forme mamelonnée. Les mamelons sont disséminés sur un espace mesurant environ 7 kilomètres de longueur et 4 kilomètres de largeur, et on en compte 16 bien caractérisés. Au N.-O., à 13 kilomètres environ à vol d’oiseau, il existe encore un autre mamelon nommé Kaga Baga.

L’altitude de ces mamelons au-dessus du niveau de la plaine ne dépasse pas 60 mètres. En réalité ils ne sont que les parties culminantes de l’affleurement qui s’étend vers l’est et qui sépare le bassin du Koukourou du bassin du Bamingui. Entre les mamelons le granit se montre sous forme d’ondulations ou de grands espaces plus ou moins aplanis.

Il paraît donc rationnel d’admettre que les mamelons proprement dits se sont formés par suite de l’inégale désagrégation du massif.

Le granite est à grain moyen comme forme générale, il passe parfois à un granite dont les éléments sont un peu plus gros et qui se rapproche très sensiblement du granite porphyroïde. On rencontre accidentellement des rognons zonés transformés en gneiss et des lentilles, lits ou inclusions dans lesquels le grain est fin et les éléments colorés dominent, également transformés en gneiss (109, 110, 111, p. 671).

_Kagas Balidja et Batolo._

L’affleurement granitique qui commence au village de Balidja est beaucoup plus important que le précédent et les mamelons visibles s’étendent sur un espace ayant environ 24 kilomètres de longueur et 21 kilomètres de largeur, on peut compter 31 mamelons.

Le groupe le plus important est celui du village de Balidja.

Comme pour les Kagas Djé, il paraît rationnel d’admettre que tous ces mamelons se sont formés par suite de la désagrégation inégale du même massif. L’altitude au-dessus du niveau du sol environnant du plus haut mamelon de Balidja est d’environ 80 mètres, et l’altitude du Kaga Batolo (15 kilomètres N.-N.-E. de Balidja) est de 64 mètres. Tous ces mamelons sont dénudés et souvent ont éclaté en couches concentriques, parfois minces, parfois ayant une épaisseur de plusieurs mètres ; les blocs ont roulé ou glissé jusqu’en bas des pentes, mais on en rencontre beaucoup qui sont en place. Il existe sur ces mamelons des cuvettes de peu de surface mais profondes et contenant de l’eau presque toute l’année, cette eau sert à l’alimentation des indigènes.

Au Kaga Batolo une de ces citernes que les indigènes considèrent comme « fétiche » est sensiblement elliptique, a 5 mètres environ de grand axe, 2m50 de petit axe et plus de 4 mètres de profondeur ; elle a ses bords arrondis et s’élargit dans le roc en forme de vase, ce qui fait qu’un indigène tombant dans cette citerne ne peut en sortir. Les habitants en ont une grande crainte et n’utilisent pas son eau.

Le type de granite est le granite porphyroïde à grands cristaux de microcline, mais il passe parfois à un granite à grain uniforme, fait que l’on observe surtout dans un important mamelon de Balidja sillonné de filons d’aplite dans toutes les directions. Il passe aussi mais accidentellement à un granite à grain fin dans ce même mamelon.

Dans l’ensemble des mamelons de Balidja et Batolo, on rencontre des filons de granite à grain fin et d’aplite (116, 126, p. 671), à bords parallèles atteignant plus d’un mètre d’épaisseur, ces filons ont en général une direction N.O.-S.E. Les principales cavités du Kaga Batolo dont l’une est la citerne dont il vient d’être parlé, sont situées sur le trajet d’une fissure ayant également une direction N.O.-S.E. Le long de cette fissure, la roche est comme laminée et les grands cristaux sont orientés parallèlement à la fissure ; là, on rencontre aussi une pegmatite avec très grands cristaux de microcline (124, p. 672).

Cette fissure est l’indice d’une puissante action mécanique ayant modifié dans certains endroits la structure du granite.

On rencontre encore mais accidentellement dans le granite des Kagas de Balidja des enclaves de granite amphibolique (119, p. 671).

_Région de Ndélé (Pays de Senoussi)._

_Djigangou._ — Au voisinage de Ndélé, à Djigangou, on rencontre des mamelons et des collines constitués par des roches granitiques. Dans un mamelon formé par du gneiss glanduleux à grands cristaux (197, p. 681), on remarque un filon d’aplite de plusieurs mètres d’épaisseur dont la direction est N.O.-S.E. qui est celle des filons des Kagas de Balidja (127, p. 672). A la base du mamelon apparaissent des gneiss ordinaires.

Un peu plus loin on arrive aux grès horizontaux. Ces grès forment autour de la cuvette de Ndélé des falaises d’un aspect pittoresque et ruiniforme.

Ndélé. — On rencontre à Ndélé : Des roches granitiques, un dyke de norite, des quartzites et des grès horizontaux.

_Groupe granitique._ — Dans la cuvette de Ndélé, un des contre-forts s’allonge dans une direction N.O.-S.E. et à son extrémité forme trois mamelons. Sur le mamelon le plus N.O., qui est le plus petit et le moins élevé on a construit le poste français.

Au N.E. de la ligne formée par ces mamelons se trouve une échancrure de 600 à 700 mètres de largeur dans laquelle coule une petite rivière, la Mindja Engoulou ; le bord de cette échancrure est couronné par les grès horizontaux, et le fond est formé par des quartzites sur lesquels les grès horizontaux reposent.

Dans cet ensemble, le groupe granitique est représenté par les mamelons et par un petit affleurement situé au pied du bord N.O. de l’échancrure, en face les mamelons. Ce groupe est constitué par des roches riches en feldspath rouge, pauvres en mica ou dépourvues de mica, passant tantôt aux aplites et tantôt aux pegmatites. La roche des mamelons passe aux aplites (151, 192, p. 672) et celle du petit affleurement situé en face passe aux pegmatites.

Dans les mamelons on rencontre une sorte de stratification dont la direction varie de N. 15° O. à N.O. Les couches ont une pente de 70 à 80° vers le N.E. ou sont verticales. Les quartzites ont une direction variant de O. 40° N. à N. 15° O., avec une pente de 40 à 50° vers le S.O.

Un peu au S. des mamelons du poste affleure un gneiss à grands cristaux analogue à celui de Djigangou (197, p. 681) et sur ce gneiss reposent les grès horizontaux. Enfin au N.N.O. du poste, à 5 kilomètres environ, avant le village de Golo et au village même, on retrouve ces mêmes gneiss en collines isolées ou supportant les grès horizontaux (198, p. 682). Si on prend maintenant la direction de l’O., au village de Kaka (13 kilomètres du poste) on rencontre encore du gneiss et une pegmatite grenatifère.

_Dyke de Norite._ — Au pied du contrefort dont le prolongement forme les mamelons du poste et au S.O. paraît un dyke de norite (190, p. 679). Ce dyke est en contact avec les mamelons d’aplite, et avec les quartzites qui ont été traversés et métamorphisés. Il supporte les grès horizontaux.

_Groupe des quartzites._ — L’ensemble est constitué par des quartzites plus ou moins micacés. Au voisinage des aplites et des pegmatites, ces quartzites sont souvent riches en mica (muscovite) et passent parfois aux micaschistes.

Au contact des pegmatites on trouve des roches quartzeuses quelquefois pauvres en mica et passant au quartz, mais le plus souvent très riches et prenant un aspect pegmatoïde ou schisteux. Le fer oligiste apparaît dans certaines couches. Ces roches sont stratifiées.

Au contact de l’aplite on rencontre des affleurements de quartz stratifié.

Au contact de la norite on rencontre un affleurement de quartz.

Tous les faits remarqués dans les quartzites indiquent bien l’action métamorphique des roches éruptives.

Enfin il a été recueilli un échantillon de quartz haché portant l’empreinte de cristaux disparus.

_Groupe des grès horizontaux._ — Les grès horizontaux couronnent la cuvette et les échancrures, d’énormes blocs de ces grès ont souvent roulé jusqu’au bas des pentes. Leur plus grande épaisseur totale est de 60 mètres. Ils reposent sur les quartzites ou sur les gneiss à grands cristaux, ou sur la norite dans l’endroit où cette roche affleure.

L’épaisseur totale de 60 mètres se décompose ainsi en prenant pour plan de comparaison, 0,00 le fond du ruisseau coulant dans l’échancrure :

De 0 à 10 mètres. — Quartzites.

10 mètres. — Commencement des grès horizontaux.

10 à 22. — Inspection difficile par suite des éboulements.

22 à 22,15. — Couche argileuse.

22,15 à 23,25. — Grès.

23,25 à 23,50. — Poudingue ferrugineux à gros éléments.

23,50 à 24,00. — Grès.

24,00 à 26,00. — Poudingue ferrugineux à gros éléments. Dans les poudingues intercalés dans les grès, il existe des galets roulés atteignant jusqu’à 20 centimètres dans leur plus grande dimension.

26,00 à 35,75. — Grès à grain fin de couleur claire, rougeâtre ou jaunâtre.

35,75 à 36,00. — Poudingue ferrugineux à gros éléments.

36,00 à 38,80. — Grès à grain fin de couleur claire, rougeâtre ou jaunâtre.

38,80 à 39,00. — Poudingue ferrugineux à gros éléments.

39,00 à 41,50. — Grès à grain fin de couleur claire, rougeâtre ou jaunâtre.

41,50 à 41,70. — Poudingue ferrugineux à gros éléments.

41,70 à 42,50. — Grès à grain fin de couleur claire, rougeâtre ou jaunâtre.

42,50 à 42,70. — Poudingue ferrugineux à gros éléments.

42,70 à 43,70. — Grès à grain fin de couleur claire, rougeâtre ou jaunâtre.

43,70 à 43,90. — Poudingue ferrugineux à gros éléments.

43,90 à 48,00. — Grès à grain fin de couleur claire, rougeâtre ou jaunâtre.

48,00 à 59,00. — Grès plus grossier (conglomérat) de couleur claire, jaunâtre, dans lequel on rencontre des amas de grès à grain fin de même couleur contenant quelques menus galets roulés.

59,00 à 61,75. — Grès à grain fin de couleur claire, rougeâtre ou jaunâtre.

61,75 à 62,00. — Poudingue ferrugineux à gros éléments.

62,00 à 70,00. — Inspection difficile par suite des éboulis de roche ferrugineuse.

70,00. — Fin des grès horizontaux et commencement de la roche ferrugineuse.

Les galets roulés des poudingues ferrugineux proviennent de quartzites identiques à ceux qui supportent en stratification discordante les grès horizontaux. Ces grès auraient donc été formés aux dépens des quartzites. Les poudingues ferrugineux à gros éléments indiqueraient les périodes les plus violentes de la formation, et l’épaisseur des grès qui les séparent, les périodes plus calmes ainsi que la durée proportionnelle de ces périodes.

_Circuit Ndélé, rivière Tété, ruisseau Boro._ — Aux grès horizontaux succède la roche ferrugineuse, mais elle n’est plus la roche dominante car on rencontre sur tout le parcours les grès précédents et des quartzites. Sur la déclivité du Vou (affluent du Tété) la roche ferrugineuse a disparu et il n’en reste qu’une couche mince englobant des fragments des grès horizontaux.

Les grès horizontaux reposent là sur des quartzites plus ou moins micacés à stratification presque verticale, c’est-à-dire ayant une pente de 75° à l’O. avec une direction N.-S. Les vides de ces quartzites sont remplis par la roche ferrugineuse.

Sur le Vou apparaît un dyke de gabbro qui traverse les quartzites et s’arrête aux grès horizontaux qui recouvrent les deux roches quartzite et gabbro (170, p. 678). Au contact de ce dyke les quartzites sont riches en mica (muscovite) et passent parfois aux micaschistes.

On retrouve des quartzites sur la rive gauche du Tété avec une direction N. 22° O. et une pente vers l’E. de 80°.

Plus loin le Tété et le Boro coulent entre des grès horizontaux à la base desquels apparaissent les quartzites, et sur le plateau sous une couche peu épaisse de roche ferrugineuse, gisent toujours les grès horizontaux qui apparaissent dans les endroits où la roche ferrugineuse a disparu par la désagrégation.

_Circuit Ndélé, Kaga Bongolo, Ara, M’Bélé, Kaga Toulou, Tété._ — Jusqu’à la grande falaise verticale constituant le Kaga Bongolo, l’itinéraire longe le bord O. d’un grand plateau se terminant brusquement sur la plaine du Bangoran, tantôt suivant les parties culminantes, tantôt franchissant les échancrures du bord même de ce plateau.

Après avoir franchi l’échancrure dans laquelle coule le ruisseau Bongolo, la piste suit le pied d’une grande falaise verticale formée par les grès horizontaux et ayant environ 10 kilomètres de longueur, et remonte ensuite sur le plateau. Cette falaise a environ 85 mètres de hauteur au-dessus du niveau de la plaine au Kaga Bongolo.

Le Kaga Firindi est un curieux groupe de roches isolées ou bizarrement découpées de grès horizontaux, n’atteignant au-dessus du sol environnant qu’une hauteur de 25 mètres.

Le Kaga Sibi est un curieux mamelon isolé aujourd’hui du plateau dont il devait autrefois faire partie.

Entre Ndélé et Ara, l’altitude du plateau se maintient entre 678 et 732, ce dernier point proche de la source du Bangoran. L’altitude du Bangoran est de 683 et celle du Bamingui 662. L’altitude de la plaine au pied du plateau oscille entre 560 et 578.

Entre Ara et M’Bélé l’altitude générale du plateau augmente insensiblement pour atteindre la cote 827, point culminant de la région. Des alentours de ce point partent la Gounda coulant vers le Chari, la Bata coulant vers la Kotto et la Bakaka coulant vers le Ouadi Kabassa (Dar Four).

Les kagas Fofo et Toulou, voisins l’un de l’autre, sont formés de quelques rochers de grès horizontaux émergeant de 10 à 12 mètres et ayant le premier une altitude de 614 et le second de 634 mètres. Dans le rocher E. du Kaga Toulou existe une grande grotte traversant ce rocher de part en part et possédant une large cheminée verticale.

A 11 kilomètres environ à vol d’oiseau du Kaga Toulou on rencontre le Kaga Diffili qui n’est qu’un îlot de rochers de grès horizontaux émergeant de 4 à 6 mètres, et d’une altitude de 591 mètres.

Sur tout le parcours les grès horizontaux dominent et la roche ferrugineuse n’existe réellement que sur les parties culminantes du plateau. Partout ailleurs on la rencontre en petites masses épargnées par le ravinement et en contact visible avec la roche sous-jacente. Son épaisseur reste faible et dès qu’on quitte les parties culminantes on rencontre les grès horizontaux.

De Ndélé au Kaga Bongolo les grès horizontaux reposent sur des gneiss et des granites (gneiss granitoïde, granite et gneiss à grands cristaux) qui apparaissent à Goumba dans l’échancrure des ruisseaux M’Bélégué et Yofo (174, 175, p. 682 et 673).

Après le Kaga Bongolo, au pied de la grande falaise, de vagues indications permettent de supposer que la roche granitique n’est pas très éloignée, mais aucun fait positif n’a été remarqué à ce sujet. A Ndélé, les grès horizontaux reposent sur des roches dont il a été parlé plus haut.

Dans l’intervalle qui sépare le Kaga Diffili de la rivière Tété (7km,500 environ) on rencontre d’abord un affleurement quartzeux en couches minces verticales, de 1 à 5 centimètres d’épaisseur et ayant une direction E.-O. Plus loin on rencontre les quartzites ayant une direction N. 25° E. et une pente vers l’O. de 80°.

Le circuit se ferme au Tété sur le circuit précédent.

_Ndélé-Mamoun._ — Du village de Golo, après avoir gravi le flanc de la colline dont la base est granitique on circule sur les grès horizontaux jusqu’à l’échancrure de Mansaka. Aux approches de cette échancrure la couche des grès horizontaux s’amincit et laisse voir çà et là les quartzites qui apparaissent nettement au sommet de la colline O. de l’échancrure. Là, les couches ont une direction N. E. avec une pente au S.-E. de 40 à 45°.

On retrouve les mêmes quartzites : Dans les collines de Djalmada avec des directions E. 15° N. et E. 20° N. et des pentes vers le S. variant entre 50 et 70° ; à Ndélou, direction O. 35° E. avec pente vers le S. de 25°, S. 20° O. avec pente vers l’O. de 45° ; à Akoulousoulba direction N.-E. et pente au S.-E., direction E. 10° S. et pente vers le S. Ces quartzites ont reçu la roche ferrugineuse. Cette roche dans beaucoup d’endroits n’existe plus que dans les interstices et cavités des quartzites.

Dans la colline qui sépare les villages de Dankounga et Djalmada on rencontre quelques blocs isolés de gneiss amphibolique et accidentellement dans les quartzites du grès avec fer oligiste. On rencontre encore du gneiss en fragments isolés non en place à Ndélou et à Akoulousoulba.

A Akoulousoulba, la texture des quartzites devient grossière et ces roches présentent de grands espaces aplanis par la désagrégation, espaces desquels émergent des couches plus compactes.

Les derniers affleurements de ce genre ont été rencontrés entre le Tété et la Moussoubourta recouverts par la roche ferrugineuse.