L'Afrique centrale française

Part 47

Chapter 473,019 wordsPublic domain

Coquille discoïde ; face supérieure presque plane à concavité centrale très étroite et médiocrement profonde ; surface inférieure à concavité large et régulière ; 5-5 1/2 tours à croissance régulière, peu rapide en dessus, bien plus rapide en dessous ; dernier tour médiocre en dessus, à peine dilaté aux environs de l’ouverture, presque plan en dessus, assez bombé en dessous, présentant trois carènes : l’une inférieure assez aiguë, l’autre médiane, très émoussée, enfin une troisième, supérieure, également très émoussée ; suture bien marquée en dessus, plus profonde en dessous, de plus en plus marquée à mesure que l’on s’approche du dernier tour ; ouverture peu oblique, subrectangulaire, plus large que haute, à bords convergents réunis par une très faible callosité blanchâtre.

Diamètre maximum : 11 1/2-14 1/2 millimètres ; hauteur : 3 1/2-3 3/4 millimètres ; hauteur de l’ouverture : 3 1/2-3 2/3 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 4 1/2-4 3/4 millimètres.

Test d’un corné pâle, médiocrement brillant, un peu épais, assez solide, orné de stries relativement fortes, très irrégulièrement arquées, beaucoup plus accentuées dessus que dessous ; intérieur de l’ouverture d’un corné jaunâtre plus foncé et un peu plus brillant que le reste de la coquille.

Cette espèce appartient au groupe du _Planorbis sudanicus_ Martens ; c’est évidemment avec cette dernière coquille et avec le _Pl. tanganikanus_ Bourguignat[384], qu’elle a le plus d’affinités ; on l’en distinguera cependant :

Par sa croissance spirale très régulière, à concavité supérieure tout à fait centrale, n’intéressant que les tours embryonnaires ; par son épaisseur relativement faible pour les dimensions de la coquille ; par son ouverture, non pas « sensiblement ascendante et semi-arrondie » comme chez le _P. tanganikanus_ ou médiocrement oblique, semi-arrondie comme chez le _P. sudanicus_, mais bien absolument verticale, ne dépassant pas, au-dessus, le plan du dernier tour de spire, de forme rectangulaire et plus large que haute.

Lac Tchad, archipel Kouri, octobre 1903 ; 5 exemplaires.

_Planorbis adowensis_ Bourguignat.

1879. _Planorbis adowensis_ Bourguignat, _Descript. esp. nouv. Mollusques Egypte, Abyss., Zanzib._, etc., p. 11.

1883. _Planorbis adowensis_ Bourguignat, _Hist. malacolog. Abyssinie_, p. 101 et p. 128 et _Annales sc. natur._, 6e série, XV, même pagin.

1888. _Planorbis adowensis_ Bourguignat, _Iconogr. malacolog. Tanganika_, pl. I, fig. 1-4.

1890. _Planorbis adowensis_ Bourguignat, _Hist. malacol. lac. Tanganika_, p. 17, pl. I, fig. 1-4 ; et _Annal. sc. natur._, 7e série, X, même pagin.

1898. _Planorbis adowensis_ Martens, _Beschalte Weichth. Ost-Afrik._, p. 147.

1898. _Planorbis Herbini_ var. _adowensis_, Pollonera, in : _Bollett. Musei... Torino_, XIII, 4 mars 1898, p. 11.

1904. _Planorbis adowensis_ Smith, _Proceed. malacol. society London_, VI, no 2, p. 98.

1904-1905. _Planorbis adowensis_ Germain, _Bullet. Muséum hist. natur. Paris_, X, no 6, p. 350 et XI, no 4, p. 252.

Cette espèce se retrouve dans un grand nombre de localités africaines, bien qu’elle ne soit nulle part très commune. Les échantillons, absolument identiques à la figuration donnée par Bourguignat, sont rares[385] ; généralement, le dernier tour forme, en dessus, presque toute la coquille, l’avant-dernier s’enfonce brusquement dans la cavité ombilicale, ce qui fait que les deux premiers tours sont difficiles à bien distinguer. On les voit mieux en dessous, où la dépression ombilicale semble plus grande, grâce à l’angulosité, nettement accentuée, qui circonscrit le dernier tour, angulosité qui se poursuit, mais en s’émoussant considérablement, jusqu’au fond de l’ombilic. Dans la figuration donnée par Bourguignat l’ouverture présente quatre angulosités très nettes qui ne se retrouvent que très exceptionnellement chez les exemplaires de cette espèce. Ordinairement, les angulosités supérieure et inférieure sont les seules parfaitement marquées ; les deux angulosités médianes étant nettement émoussées. Chez les échantillons bien adultes et, _à fortiori_, chez les coquilles séniles, les angles s’arrondissent et l’ouverture devient presque ronde. En même temps, le profil du dernier tour s’arrondit régulièrement. Le test, de couleur ambrée, assez pâle, présente des stries assez fines, mais irrégulières.

β) =_minor_= Germain.

1904. _Planorbis adowensis_ var. _minor_ Germain, _Bullet. Muséum Paris_, X, no 6, p. 351.

Coquille un tiers plus petite ; dernier tour moins dilaté aux environs de l’ouverture.

γ) =_major_=.

Coquille plus grande ; même forme et même test.

Diamètre maximum : 13 millimètres ; diamètre minimum : 10 millimètres ; épaisseur maximum : 5 1/2 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 5 millimètres ; hauteur de l’ouverture : 6 millimètres.

Un exemplaire ; Mamoun [CHEVALIER, 1904].

δ) var. =_problematica_= Germain.

Coquille possédant un dernier tour arrondi et relativement peu développé en hauteur, comme chez le _Planorbis Herbini_ Bourguignat[386] ; ouverture nettement ascendante, présentant quatre angulosités très atténuées. En dessus, l’enroulement est très analogue à celui du _Pl. adowensis_, mais le dernier tour, légèrement dilaté, rappelle certaines formes, peu typiques, du _Pl. Bridouxi_ Bourg.

Rapides de la rivière Gribingui ; janvier 1903 (Dr DECORSE).

Cette variété est une des nombreuses formes qui établissent un passage entre les _Pl. adowensis_ et _Pl. Bridouxi_ dont les formes types sont pourtant si différentes.

_Localités du Planorbis adowensis typique._ — Rapides de la rivière Gribingui ; janvier 1903 [Dr DECORSE] ; 2 exemplaires.

Le Chari, à Fort-Archambault ; février 1903 [Dr DECORSE].

Le Mamoun [CHEVALIER, 1904].

_Planorbis Bridouxi_ Bourguignat.

1888. _Planorbis Bridouxianus_ Bourguignat, _Iconographie malacol. lac Tanganika_, pl. I, fig. 9-12.

1890. _Planorbis Bridouxianus_ Bourguignat, _Histoire malacol. lac Tanganika_, p. 20, pl. I, fig. 9-12, et : _Annales sciences natur._, 7e série, X, même pagin.

1898. _Planorbis Bridouxianus_ Martens, _Beschalte Weichth. Ost-Afrik._, p. 147.

1904. _Planorbis Bridouxianus_ Smith, _Proceed. malacol. society London_, IV, no 2, p. 98.

1904. _Planorbis Bridouxi_ Germain, _Bullet. Muséum hist. natur. Paris_, X, no 6, p. 349 et p. 350.

1905. _Planorbis Bridouxi_ Germain, _loc. cit._, XI, no 4, p. 252 et p. 255.

J’ai déjà montré, dans une précédente note, que l’on devait considérer la figure donnée par BOURGUIGNAT comme représentant le _type_ de cette espèce. Ce type paraît, jusqu’ici, habiter seulement le lac Tchad, tous les échantillons provenant d’autres régions de l’Afrique, — y compris ceux donnés au Muséum de Paris par Bourguignat lui-même — appartenant à une mutation, que j’ai nommée _orientalis_[387], caractérisée par une coquille de taille plus faible, présentant un dernier tour relativement plus petit et beaucoup moins dilaté à l’extrémité.

Les échantillons recueillis par M. CHEVALIER dans la région S.-E. du lac Tchad sont bien identiques à ceux que M. FOUREAU-LAMY avait déjà récoltés en grande abondance aux environs de Kouka[388]. Ils atteignent parfois jusqu’à 15 millimètres de diamètre, constituant ainsi une variété _major_[389] et possèdent un dernier tour de spire remarquablement dilaté à l’extrémité.

L’aire de dispersion du _Pl. Bridouxi_ s’étend ainsi de la côte orientale d’Afrique au bassin du lac Tchad où il semble, d’ailleurs, beaucoup plus abondant que partout ailleurs.

Rapides de la rivière Gribingui, janvier 1903 [Dr DECORSE].

Le Chari, à Fort-Archambault, février 1903 [Dr DECORSE].

S.-E. du lac Tchad [CHEVALIER, 1904].

Telle qu’elle a été figurée par Bourguignat, cette espèce paraît très différente du _Pl. adowensis_. En réalité, on observe d’assez nombreuses formes de passage entre ces deux espèces, formes qui, toutes, habitent soit l’Abyssinie, soit le bassin du Chari. Le tableau suivant indique et précise ces affinités :

PLANORBIS ADOWENSIS | PLANORBIS ADOWENSIS var. _minor_. | PLANORBIS ADOWENSIS var. _problematica_. \_____ \ PLANORBIS BRIDOUXI _forma orientalis_. | PLANORBIS BRIDOUXI _forma occidentalis_[390].

Genre PLANORBULA Haldeman[391].

=_Planorbula tchadiensis_= Germain. PLANCHE V, fig. 8-9.

1904. _Planorbula tchadiensis_ Germain. _Bullet. Muséum histoir. natur. Paris_, X, 1904, no 7, p. 467.

1905. _Planorbula tchadiensis_ Germain, _loc. cit._, XI, 1905, no 4, p. 253.

1906. _Planorbula tchadiensis_ Germain, _Mém. soc. zoolog. France_, XIX, p. 223.

Coquille petite, assez aplatie ; surface supérieure presque plane, à concavité centrale relativement large et profonde ; surface inférieure nettement concave, largement ombiliquée ; spire composée de 5 tours à croissance assez rapide, un peu plus rapide dessus que dessous ; dernier tour grand, très nettement dilaté vers l’ouverture, subarrondi, aussi bombé dessus que dessous, présentant trois angulosités très émoussées, l’inférieure, entourant la cavité ombilicale étant la plus accentuée ; suture assez profonde ; ouverture bien oblique, à bords convergents réunis par une callosité blanchâtre plus ou moins marquée, de forme subarrondie aussi haute que large, présentant inférieurement une angulosité accentuée, garnie d’un bourrelet interne blanc très robuste et d’un système de denticulations assez compliqué comprenant six plis très saillants : trois plis pariétaux lamelliformes et longitudinaux : le supérieur très petit et difficilement visible ; le médian triangulaire, extrêmement saillant ; l’inférieur petit ; trois plis pariétaux situés vis-à-vis des précédents : les deux supérieurs petits et dirigés, comme les pariétaux, dans le sens spiral ; l’inférieur beaucoup plus saillant, subtriangulaire, dirigé dans le sens transversal.

Diamètre : 8 1/2-9 millimètres ; hauteur : 3-3 1/2 millimètres ; hauteur de l’ouverture : 2-3 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 2-3 millimètres.

Test un peu épais, solide, d’un corné très pâle, brillant, orné de stries extrêmement fines, bien régulières, presque effacées en dessous ; intérieur de l’ouverture d’un corné plus sombre et plus brillant.

Cette espèce ne peut se rapprocher que du _Pl. tanganikana_ Smith[392], dont elle se distingue très nettement :

Par sa forme un peu plus profondément ombiliquée en dessus, limitée, en dessous, par une angulosité moins accentuée ; par sa spire dont le dernier tour, moins anguleux en dessus, est en outre _très nettement dilaté à l’extrémité_ à la façon du _Planorbis Crossei_ Bourguignat[393] d’Europe, ce qui ne s’observe pas chez le _Planorbula tanganikana_ qui possède, au contraire, une croissance particulièrement régulière ; par son ouverture plus oblique, pourvue d’un bourrelet marginal plus robuste et d’un système de denticulations.

Lac Tchad, archipel Kouri ; octobre 1903 [A. CHEVALIER]. Cette intéressante espèce a été retrouvée abondante par M. R. CHUDEAU, notamment aux environs de N’Guigmi et de Kouloua (Lac Tchad).

Genre SEGMENTINA Fleming[394].

=_Segmentina Chevalieri_= Germain.

1904. _Segmentina Chevalieri_ Germain, _Bullet. Muséum hist. natur. Paris_, X, no 7, p. 468.

1905, _Segmentina Chevalieri_ Germain, _loc. cit._, XI, no 4, p. 256.

1906. _Segmentina Chevalieri_ Germain, _Etudes sur les Mollusques récoltés par M. E. Foa dans le lac Tanganika et ses environs_, fig. 6-7.

Coquille petite, orbiculaire, médiocrement convexe en dessus avec une dépression centrale assez marquée, bien plane en dessous, avec un ombilic très profond et ponctiforme ; spire composée de 4 tours à croissance très rapide, séparés par des sutures presque superficielles ; dernier tour très grand, orné d’une carène émoussée submarginale ; ouverture bien oblique, largement échancrée par l’avant-dernier tour ; péristome droit et aigu.

Diamètre : 3 1/4-4 1/4 millimètres ; hauteur : 1 1/2 millimètre.

Test mince, brillant, presque pellucide, très finement strié, blanchâtre ou d’un corné très pâle.

Cette petite espèce ne peut se rapprocher que du _Segmentina angusta_ Jickeli[395] ; on l’en séparera :

Par sa spire à croissance plus rapide, avec un dernier tour un peu dilaté vers l’ouverture et bien moins convexe en dessus ; par son ouverture beaucoup plus oblique, moins développée en largeur ; par son ombilic moins élargi, à peu près ponctiforme ; etc.

Le S.-O. du lac Tchad ; 4 exemplaires.

GASTÉROPODES PROSOBRANCHES

=Famille des VIVIPARIDÆ=

Genre VIVIPARA de Lamarck[396].

_Vivipara unicolor_ Olivier.

1804. _Cyclostoma unicolor_ Olivier, _Voyage empire Ottoman_, III, p. 68 ; Atlas, II, Pl. XXXI, fig. 9.

1822. _Paludina unicolor_ de Lamarck, _Anim. sans vertèbres_, VI, p. 174.

1832. _Paludina unicolor_ Deshayes, _Encyclop. méthod. ; Vers_ ; III, p. 698.

1838. _Paludina unicolor_ de Lamarck, _Anim. sans vertèbres_, 2e édit. (par Deshayes), VIII, p. 513.

1852. _Paludina unicolor_ Küster _in_ : Martini et Chemnitz, _Syst. Conchyl. Cabinet ; Gatt. Paludina_, p. 21, no 16, Taf. IV, fig. 12-13.

1852. _Paludina biangulata_ Küster _in_ : Martini et Chemnitz, _loc. cit._, p. 25, Taf. V, fig. 11-12.

1864. _Paludina unicolor_ Dohrn, _Proceed. zool. soc. London_ ; p. 117.

1874. _Vivipara unicolor_ Jickeli, _Land- und Süsswass. Mollusk. Nordostafrik._ ; p. 235, Taf. VII, fig. 30.

1878. _Paludina unicolor_ Martens, _Monatsb. d. Akad. d. Wiss. Berlin_, p. 297.

1880. _Vivipara unicolor_ Bourguignat, _Recens. Vivipares syst. europ._, p. 33.

1888. _Paludina unicolor_ Smith, _Proceed. zoolog. soc. London_, p. 53.

1890. _Vivipara unicolor_ Bourguignat, _Hist. malacolog. du lac Tanganika_, p. 39 et _Ann. sc. natur._, X, p. 39.

1894. _Vivipara unicolor_ variété, Sturany : _in_ : Baumann, _Durch Massailand zur Nilquelle_, p. 15, Taf. XXIV, fig. 7, 12, 13, 17, 22, 23 et 25.

1898. _Vivipara unicolor_ Martens, _Beschalte Weichth. Ost-Afrik._, p. 175.

1906. _Vivipara unicolor_ Germain, _Mém. soc. zoolog. de France_, XIX, p. 227.

1905. _Vivipara unicolor_ Germain, _Bull. Muséum hist. natur. Paris_, XI, p. 327 ; et XII (1906), no 1, p. 82 et p. 58.

Le _Vivipara unicolor_ est une espèce très répandue dans tout le centre africain, depuis le Nil jusqu’au Sénégal. Elle abonde aussi dans le lac Tchad où sa présence a été constatée par de nombreux voyageurs[397].

Plus peut-être que toute autre espèce du genre, le _V. unicolor_ présente un polymorphisme étendu portant à la fois sur la forme générale de la coquille, l’allure de la spire et la sculpture du test. Aussi de nombreuses formes, comme les _V. biangulata_ Küster[398], _V. polita_ Frauenfeld[399], etc., et même _V. Duponti_ de Rochebrune[400], élevées au rang spécifique par différents auteurs, doivent-elles être considérées comme synonymes du _V. unicolor_[401].

Sur une importante série d’échantillons on observe facilement : des individus dont les tours, nettement arrondis, ne présentent pas trace de carène spirale ; d’autres [mode _unicarinata_] chez lesquels la carène inférieure est très saillante, la supérieure ayant plus ou moins disparu ; des exemplaires présentant le mode _bicarinata_ [= _biangulata_ Küster] ; enfin des échantillons, beaucoup plus rares, du mode _tricarinata_, caractérisé par la présence d’une troisième carène médiane. Ces différentes manières d’être du test sont d’ailleurs indépendantes de la forme générale et se rencontrent aussi bien chez les individus présentant le mode _globosa_ que chez ceux appartenant au mode _elata_.

L’ombilic, plus ou moins ouvert, permet de distinguer un mode _microporus_ et un mode _pervius_.

Enfin le test est lui-même très diversement coloré. J’ai déjà eu l’occasion de signaler les variétés EX COLORE : _viridis_, _fusca_ et _pallescens_ recueillies, dans le lac Tchad, par M. le lieutenant L. LACOIN[402].

Variété _elatior_ Martens.

1896. _Paludina rubicunda_ Sturany _in_ : Baumann, _Durch Massailand zur Nilquelle_, p. 8, Taf. XXIV, fig. 2-4 (_non_ von Martens !)

1898. _Vivipara unicolor_ var. _elatior_ Martens, _Beschalte Weichth. Ost-Afrik._ ; p. 177, Taf. VI, fig. 25.

1906. _Vivipara unicolor_ var. _elatior_ Germain, _Mém. soc. zoolog. France_ ; XIX, p. 228.

Coquille à spire plus haute et à croissance plus régulière ; tours plus convexes sans trace de carène, le dernier bien plus arrondi et proportionnellement moins grand ; ouverture exactement circulaire (hauteur et diamètre : 7 1/2 millimètres), un peu plus petite ; test finement strié, vert olive. Hauteur : 21 millimètres ; diamètre : 16 millimètres.

Cette variété présente un peu l’aspect du _V. rubicunda_ Martens[403] et, notamment, de la variété _subturrita_ Martens[404], mais s’en distingue assez nettement par ses tours moins convexes séparés par des sutures également moins profondes. Le Dr von MARTENS a en outre décrit, sous le nom de variété _conoidea_[405], une coquille qui ne diffère pas sensiblement de la var. _elatior_.

Le lac Tchad, archipel Kouri ; octobre 1903.

Variété =_obesa_= Germain.

1906. _Vivipara unicolor_ var. _obesa_ Germain, _loc. cit._, XIX, p. 228.

Coquille très ventrue ; spire composée de 5-6 tours bien arrondis séparés par des sutures profondes ; ouverture subcirculaire ; même test. Hauteur : 17 millimètres ; diamètre : 12-13 millimètres ; hauteur de l’ouverture : 8 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 7 millimètres.

Avec la variété précédente.

Variété _Jeffreysi_ Frauenfeld.

1865. _Paludina Jeffreysi_ Frauenfeld, _Proceed. zoolog. soc. London_, p. 658 ; et _Verhandl. d. zoolog.-bot. Gesellsch. Wien_, XV, p. 352, taf. XXII, fig. 3-4.

1877. _Vivipara Jeffreysi_ Smith, _Proceed. zoolog. soc. London_, p. 716, pl. LXXIV, fig. 1-2.

1890. _Vivipara Jeffreysi_ Bourguignat, _Mollusques Afrique équator._, p. 39.

1890. _Vivipara Simonsi_ Bourguignat, _loc. cit._, p. 40.

1890. _Vivipara Smithi_ Bourguignat, _loc. cit._, p. 40.

1898. _Vivipara unicolor_ var. _Jeffreysi_ Martens, _loc. cit._, p. 177.

Coquille trapue ; spire plus courte à tours supérieurs non étagés ; dernier tour très développé, bien ventru ; ombilic un peu plus ouvert.

BOURGUIGNAT a établi ses _V. Simonsi_ et _V. Smithi_ sur les figurations de SMITH qui représentent bien, avec d’insignifiantes variations, le _V. Jeffreysi_.

Cette variété, qui habite le lac Nyassa, n’a pas encore été recueillie dans le bassin du Chari-Tchad.

Variété =_Lenfanti_= Germain[406].

1905. _Vivipara Lenfanti_ Germain, _Bullet. Muséum hist. natur. Paris_, p. 256 [_sans description_].

1906. _Vivipara unicolor_ var. _Lenfanti_ Germain, _Mém. soc. zoolog. France_, XIX, p. 228, pl. IV, fig. 7-8.

Coquille médiocrement ombiliquée (ombilic partiellement recouvert par une légère réflexion du bord columellaire), globuleuse-allongée, épaisse, élégamment ornée de stries très régulières, assez fortes et bien onduleuses ; spire un peu élevée (sommet obtus, souvent érosé), composée de 6 tours à croissance rapide et régulière, séparés par des sutures profondes ; dernier tour très grand, orné d’une carène médiane relativement saillante, formant les 3/4 de la hauteur totale ; ouverture à peine oblique, presque ronde, anguleuse supérieurement, bien arrondie inférieurement ; péristome continu. Opercule inconnu.

Hauteur maximum : 15-16 millimètres ; diamètre maximum : 10-10 1/4 millimètres ; hauteur de l’ouverture : 7-8 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 6 1/2-7 1/4 millimètres.

Test d’un fauve clair ou d’un vert olivâtre plus ou moins foncé.

Cette remarquable variété rappelle, par son mode d’ornementation sculpturale, le _Vivipara costulata_ Martens[407] ; elle habite le lac Tchad où elle ne semble pas très rare [MM. CHEVALIER, LENFANT et LACOIN].

Variété _Bellamyi_ Jousseaume.

1886. _Bellamya Bellamya_ Jousseaume, _Bullet. soc. zoolog. France_, XI, p. 479, pl. XII, fig. 3.

1890. _Vivipara unicolor_ var. _Bellamyi_ Dautzenberg, _Mém. société zoolog. France_, III, p. 134.

C’est avec raison que MM. DAUTZENBERG et MORELET considèrent cette coquille comme une variété du _V. unicolor_. J’y rapporte le _Vivipara Duponti_ recueilli par le Dr MARTIN DUPONT sur les bords du Bakoy à Pangalla (Haut-Sénégal) et décrit par le Dr A. T. DE ROCHEBRUNE[408]. Cette coquille ne diffère, en effet, du _V. unicolor_ que par sa taille un peu plus petite et sa forme légèrement plus trapue à carènes un peu moins accusées.

La variété _Bellamyi_ doit être considérée comme une race locale, propre au Sénégal, du _Vivipara unicolor_. Comme le type, elle est susceptible de très nombreuses variations portant : soit sur la forme générale (mut. _alta_, _globosa_, etc...), soit sur l’ornementation sculpturale du test (mut. _unicarinata_, _bicarinata_, _tricarinata_, etc...), soit enfin sur la couleur du test (mut. _viridis_, _fusca_, _subrufa_, _pallescens_, etc.)[409].

Étangs de Kollangui [Guinée Française], mars 1905 ; 20 échantillons.

Konakry (Guinée française), M. CHEVALIER ; 3 exemplaires.

* * *

Une seule espèce de Vivipara, en dehors de celles signalées précédemment, a été recueillie dans le Bassin du Tchad. C’est le _Vivipara gracilior_ Martens[410] dont voici les caractères principaux :

Coquille perforée, conoïde un peu globuleuse ; spire composée de 6 tours convexes séparés par des sutures assez profondes ; dernier tour grand, bien ventru inférieurement, obscurément caréné ; ouverture peu oblique, subcirculaire, anguleuse supérieurement ; hauteur maximum : 25 millimètres ; diamètre maximum : 17 1/2 millimètres ; hauteur de l’ouverture : 12 millimètres : diamètre de l’ouverture : 10 1/2 millimètres. Test luisant, vert rougeâtre, finement strié.

Cette espèce, qui se rapproche à la fois du _V. unicolor_ Olivier et du _Vivipara rubicunda_ Martens[411] du Victoria-Nyanza, a été découverte aux environs de Kouka (lac Tchad) par le lieutenant allemand Glauning (1902).

Genre CLEOPATRA Troschel[412].

_Cleopatra cyclostomoides_ Küster.

1852. _Paludina cyclostomoïdes_ Küster _in_ : Martini et Chemnitz, _Syst. Conchyl. Cab. ; Gatt. Paludina_, p. 32, taf. XI, fig. 11-12.

1856 _Bythinia cyclostomoïdes_ Bourguignat, _Amén. malacolog._, I, p. 184.

1879. _Cleopatra cyclostomoïdes_ Bourguignat, _Descript. Mollusques Egypte, Zanzibar, Sénégal, etc._, p. 26.

1890. _Cleopatra cyclostomoïdes_ Bourguignat, _Histoire malacologique lac Tanganika_ ; p. 45 ; et _Annales sciences naturelles_ ; X, p. 45.

1906. _Cleopatra cyclostomoïdes_ Germain, _Bullet. Muséum hist. natur. Paris_, XII, no 1, p. 54, et _Mém. soc. zool. France_, XIX, p. 230, pl. IV, fig. 9.

Ce _Cleopatra_, qui n’avait encore été signalé qu’en Egypte, paraît abondant dans le lac Tchad. Il y est parfois très typique, ainsi qu’en témoignent les nombreux échantillons, encore pourvus de leur épiderme, recueillis par M. LENFANT. M. CHEVALIER n’a rapporté que peu d’exemplaires de cette espèce ; ils proviennent tous du Minia-Ngoulou, affluent du Bangoran (territoire du Chari) ; par contre, cet explorateur a récolté très abondamment la variété suivante :

Variété =_tchadiensis_= Germain.

1905. _Cleopatra tchadiensis_ Germain, _Bullet. Muséum hist. natur. Paris_, XI, no 5, p. 328 (_en note et sans description_).

Coquille un peu allongée, oblongue, assez ventrue, pourvue d’une perforation ombilicale médiocre, plus ou moins recouverte par la patulescence du bord columellaire ; spire souvent tronquée, assez haute, composée de 5-6 tours convexes, un peu étagés, séparés par des sutures profondes ; dernier tour grand, dépassant notablement la moitié de la hauteur totale ; ouverture peu oblique, ovalaire-oblongue, bien anguleuse en haut et en bas ; péristome continu ; opercule inconnu.

Hauteur totale : 20-22 millimètres ; diamètre maximum : 6-8 millimètres ; hauteur de l’ouverture : 5-6 1/2 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 3-4 1/2 millimètres.

Test un peu épais, solide, crétacé, assez finement strié.

Cette variété diffère surtout du type par sa forme beaucoup plus globuleuse et ses tours plus étagés séparés par des sutures beaucoup plus profondes.