L'Afrique centrale française

Part 46

Chapter 463,062 wordsPublic domain

Coquille ovalaire-oblongue, pourvue d’une fente ombilicale presque entièrement recouverte ; spire brièvement conique, composée de 3 1/2-4 tours à croissance rapide ; les deux premiers très peu développés, nettement convexes, séparés par des sutures bien marquées ; sommet obtus ; dernier tour très grand, bien ovalaire-allongé, formant, à lui seul, plus des 4/5 de la hauteur totale de la coquille ; ouverture peu oblique, ovale-oblongue, bien anguleuse supérieurement, largement arrondie inférieurement et à bord externe convexe ; bord columellaire d’abord presque droit, puis très fortement tordu supérieurement ; péristome droit, aigu et fragile.

Hauteur max. : 11 millimètres ; diamètre max. : 6 1/2 millimètres ; hauteur de l’ouverture : 9 1/4 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 4 1/2 millimètres.

Test fragile, translucide, d’un jaune blanchâtre très pâle, brillant, orné de stries extrêmement fines, serrées et un peu onduleuses.

Cette nouvelle espèce, qui se rapproche surtout du _Limnæa undussumæ_ MARTENS, s’en distingue facilement :

Par sa forme moins longuement allongée ; par sa spire beaucoup plus brève, composée de tours plus convexes et, par suite, séparés par des sutures plus profondes ; par son ouverture plus largement ovalaire, plus nettement anguleuse en haut, mais beaucoup plus régulièrement arrondie en bas ; par sa columelle extrêmement tordue, remarquable, en outre, par son aspect filiforme ; etc...

Le S.-E. du lac Tchad (A. CHEVALIER) ; 2 exemplaires.

* * *

Deux autres Limnées seulement ont, jusqu’ici, été recueillies dans le lac Tchad :

_Limnæa africana_ Ruppell[357]. — Coquille ovalaire-ventrue, très étroitement ombiliquée ; spire courte, subconique, composée de 4 tours à croissance très rapide, le dernier très développé, atteignant les 3/4 de la hauteur totale ; suture peu profonde ; ouverture faiblement oblique, ovalaire-oblongue, sensiblement élargie à sa partie inférieure ; bords marginaux réunis par une callosité très accentuée ; péristome droit et aigu.

Hauteur 20-22 millimètres ; diamètre max. : 10-11 millimètres.

Test mince, fragile, presque transparent, corné pâle ou légèrement ambré, très finement strié.

Le Tchad N.-E., dans la région de Suoulou [M. F. FOUREAU].

_Limnæa exserta_ MARTENS[358]. — Coquille fusiforme assez allongée ; spire composée de 5 tours convexes, le dernier très grand, régulièrement convexe ; sommet aigu ; ouverture étroitement ovalaire, égale aux 7/10 de la hauteur totale de la coquille ; columelle médiocrement épaissie et faiblement tordue.

Hauteur : 13 millimètres, diamètre max. : 7 millimètres ; hauteur de l’ouverture : 10 millimètres, diamètre de l’ouverture : 5 millimètres.

Test mince, fragile, corné pâle, très finement strié[359].

Habite le lac Tchad, dans la région de Suoulou, en compagnie de l’espèce précédente [M. F. FOUREAU].

Genre PHYSA Draparnaud[360].

§ 1. — _ISODORA_ Ehrenberg[361].

_Physa (Isodora) trigona_ Martens.

1892. _Physa trigona_ Martens, _Sitz. ber. d. gesel. nat. Freunde_, p. 17.

1898. _Isodora trigona_ Martens, _Beschalte Weichth. Ost-Afrik._, p. 138, taf. VI, fig. 8 [et figure des dents de la radule, à la p. 138].

Coquille trigone par suite du grand développement de la région supérieure du dernier tour de spire ; spire presque plane, composée de 3 1/2-4 tours, les 3 premiers enroulés sur un même plan, le dernier très grand, formant à lui seul presque toute la coquille, remarquablement turgescent à sa partie supérieure, très atténué en bas ; ouverture semi- elliptique, à peu près aussi haute que la coquille ; columelle assez tordue.

Hauteur : 9-12 millimètres ; diamètre : 8-10 millimètres ; hauteur de l’ouverture : 8 1/2-11 1/2 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 5-8 millimètres.

Test médiocrement solide, blanchâtre ou jaunacé très clair, finement strié.

Cette espèce est assez polymorphe. Le type figuré par MARTENS est rare[362] ; dans la grande majorité des cas, l’ouverture ne dépasse pas le sommet, mais atteint seulement la partie supérieure du dernier tour. L’allure de la spire est également variable : certains exemplaires ont une spire plus haute, composée de tours très légèrement étagés et non plans. Enfin, dans quelques cas, la columelle est remarquablement tordue. Nous distinguerons dès lors les variétés _ex forma_ suivantes :

Var. EX FORMA :

_alta_ Germain.

Spire plus haute, à tours plus convexes.

Var. _columellaris_ Germain.

Columelle beaucoup plus tordue ; même test.

Var. _solida_ Germain.

Test bien plus épais, plus solide.

Le S.-E. du lac Tchad. Une quinzaine d’échantillons (M. CHEVALIER, 1904).

_Physa (Isodora) truncata_ de Férussac.

1856. _Physa truncata_ de Férussac _in_ : Bourguignat, _Aménités malacolog._, I, p. 170, pl. XXI, fig. 5-7.

1864. _Physa truncata_ Bourguignat, _Malacolog. terr. fluv. Algérie_, II, p. 176, pl. X, fig. 47-49.

1866. _Physa truncata_ Martens, _Malakozool. Blätter_, p. 5.

1886. _Physa truncata_ Clessin _in_ : Martini et Chemnitz, _Syst. Conchyl. cabinet ; Limnæiden_, p. 321, no 165. Taf. XXXIX, fig. 4.

1905. _Physa truncata_ Germain, _Bulletin Muséum hist. natur. Paris_, XI, no 6, p. 488.

Cette Physe, surtout abondante en Egypte, n’avait pas encore été signalée dans l’Afrique équatoriale. M. A. CHEVALIER en a recueilli, en 1904, deux exemplaires dans le S.-O. du lac Tchad. Ils sont parfaitement conformes à ceux figurés par BOURGUIGNAT.

Le _Physa truncata_ est une espèce voisine du _Physa Brocchii_ Ehrenberg[363]. On l’en distinguera :

Par sa spire beaucoup plus courte, presque plane en dessus ; par ses tours plus convexes, plus contournés et plus ventrus ; par sa suture plus profonde ; etc.

_Physa (Isodora) strigosa_ Martens.

1892. _Physa nyassana_ ? Smith, _Annals and mag. natur. history_ ; 6e série, X, no 56 (août 1892), p. 123.

1898. _Isodora strigosa_ Martens, _Beschalte Weichth. Ost-Afrik._, p. 139, Taf. VI, fig. 11.

Cette espèce paraît abondante dans le lac Tchad ; M. CHEVALIER en a recueilli une vingtaine d’exemplaires ; M. le lieutenant LACOIN en avait également récolté de nombreux échantillons.

A côté des individus typiques dont le test présente, ainsi que l’a fait remarquer MARTENS[364], une assez grande analogie avec celui de _Physa contorta_ MICHAUD[365], il existe beaucoup d’exemplaires, provenant du même lot, qui constituent des termes de passage entre cette espèce et le _Physa Randabeli_ BOURGUIGNAT[366]. J’ai déjà signalé ce fait à propos des matériaux recueillis par M. FOUREAU au cours de sa Mission saharienne[367]. Il faudrait cependant de nouveaux documents pour que l’on puisse réunir, en toute connaissance de cause, l’espèce de Martens à celle de Bourguignat.

=_Physa (Isodora) tchadiensis_= Germain.

1905. _Physa (Isodora) tchadiensis_ Germain, _Bullet. Muséum hist. natur. Paris_, XI, no 6, p. 485.

1906. _Physa (Isodora) tchadiensis_ Germain, _Mémoires soc. zoologique France_, XIX, p. 225, pl. IV, fig. 3-6.

Coquille senestre, ovalaire ventrue, très étroitement ombiliquée ; spire très courte, obtuse, très tordue, composée de 4 tours à croissance très rapide, séparés par des sutures très profondes ; dernier tour très grand, régulièrement convexe, formant à lui seul les 7/8 environ de la hauteur totale de la coquille ; sommet nettement déprimé et comprimé ; ouverture presque verticale, ovalaire allongée ; columelle un peu arquée et réfléchie sur l’ombilic ; péristome droit et aigu, bordé intérieurement d’un léger bourrelet blanchâtre ; bords réunis par une callosité blanchâtre assez marquée.

Hauteur : 10-11 millimètres ; diamètre : 7 1/2-8 millimètres ; hauteur de l’ouverture : 6 1/2 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 4 1/2 millimètres.

Test subtransparent, assez solide, d’un jaune pâle ou ambré plus ou moins foncé, orné de stries fines, peu régulières et légèrement onduleuses.

Le _Physa tchadiensis_ se distinguera toujours du _Physa strigosa_ Martens :

Par sa forme plus allongée ; par sa spire plus haute, à tours beaucoup plus convexes, séparés par des sutures bien plus profondes, ce qui donne à la coquille une apparence scalariforme ; par son dernier tour très ventru ; par son ouverture beaucoup plus petite, moins ovale-allongée, avec un bord externe très largement convexe inséré plus bas.

Cette Physe qui, à première vue, paraît largement ombiliquée, n’a, en réalité, qu’une fente ombilicale extrêmement étroite ; mais elle est bordée, à une distance plus ou moins grande suivant les échantillons, par une saillie très apparente du dernier tour, en tous points comparable à l’angulosité qui entoure l’ombilic chez les Lanistes du groupe du _Lanistes lybicus_ Morelet.

Variété =_regularis_= Germain. PLANCHE V, fig. 6.

1905. _Physa (Isodora) tchadiensis_ var. _regularis_ Germain, _loc. cit._, XI, no 6, p. 485.

Diffère du type par son enroulement plus régulier, sa spire moins tordue, dont le dernier tour, bien régulièrement convexe, est notablement plus développé. Même test.

Le _Physa tchadiensis_ est une espèce très polymorphe, tant au point de vue de la forme générale qu’au point de vue de la coloration du test. En dehors de la variété _regularis_, il existe une variété _disjuncta_ Germain, que n’a point rapportée M. CHEVALIER, qui est caractérisée par une spire extrêmement tordue à tours encore beaucoup plus convexes que chez le type[368].

La région S.-E du lac Tchad. 15 échantillons du type et 2 de la variété _regularis_.

Lac Tchad, archipel Kouri ; octobre 1903.

=_Physa (Isodora) Vaneyi_= Germain, _nov. sp._[369].

1907. _Physa (Isodora) Vaneyi_ Germain, _Bulletin Muséum hist nat. Paris_ ; no 1, p. 65.

Coquille senestre, ovalaire-ventrue, très étroitement ombiliquée (ombilic réduit à une simple fente, le plus souvent entièrement recouverte par le bord columellaire) ; spire courte, obtuse (sommet comprimé et déprimé), composée de 4-5 tours, les trois premiers tellement déprimés qu’ils sont presque enroulés sur un même plan ; croissance extra rapide ; dernier tour énorme formant, à lui seul, presque toute la coquille, assez régulièrement convexe, légèrement subtrigone par suite de la turgescence de sa partie supérieure ; suture peu profonde ; ouverture oblique, semi-elliptique, relativement étroite, très anguleuse en haut, subanguleuse en bas ; columelle bien arquée, réfléchie sur l’ombilic ; péristome droit et aigu ; bords réunis par une callosité blanchâtre assez marquée.

Hauteur : 10-12 1/2 millimètres ; diamètre : 7-8 millimètres ; hauteur de l’ouverture : 9-10 1/2 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 4-5 millimètres.

Test blanchâtre, légèrement jaunacé, assez brillant, un peu mince, assez solide ; stries très fines, bien régulières, médiocrement serrées.

Lac Tchad, archipel Kouri, octobre 1903 [A. CHEVALIER] ; 3 exemplaires.

§ 2. — _PYRGOPHYSA_ Crosse[370].

_Physa (Pyrgophysa) Forskali_ Ehrenberg.

1831. _Isodora Forskali_ Ehrenberg, _Symbol. physic. animal._, no 3.

1856. _Physa Forskali_ Bourguignat, _Revue et mag. zool._, et _Aménités malacolog._, I, p. 174.

1866. _Physa Forskali_ Martens, _Malakozool. Blätter_, p. 6 et p. 100.

1869. _Physa Forskali_ Martens, _Malakozool. Blätter_, p. 213.

1872. _Physa Forskali_ Morelet, _Ann. Mus. civ. Genova_, III, p. 208.

1874. _Physa Forskali_ Jickeli, _Fauna der land- und Süssw. Mollusken Nord-Ost Afrik._, p. 198 (_part._), taf. VII, fig. 13 c.

1883. _Physa Forskali_ Bourguignat, _Malacolog. de l’Abyssinie_, p. 127.

1886. _Physa Forskali_ Clessin, _in_ : Martini et Chemnitz, _Syst. Conchyl. Cabinet ; Limnæiden_, p. 320, no 164, taf. XXXIX, fig. 2.

1891. _Physa Forskali_ Martens, _Sitz. ber. d. gesell. naturf. Freunde_, p. 17.

1898. _Isodora Forskali_ Martens, _Beschalte Weichth. Ost-Afrik._, p. 141, taf. I, fig. 15.

Il est probable que le _Physa (Isodora) lamellosa_ ROTH[371] n’est qu’un jeune de cette espèce abondante dans tous les cours d’eau de l’Afrique Orientale.

Pays Batolo, Dar Banda, décembre 1902 [A. CHEVALIER] ; 7 exemplaires.

Kousri, septembre 1903, 6 échantillons ; et octobre 1903 ; 5 échantillons dont 3 jeunes [Dr DECORSE].

_Physa (Pyrgophysa) Dunkeri_ Germain.

1845. _Bulinus scalaris_ Dunker, in : _Zeitschr. für Malakozool._, p. 164.

1853. _Bulinus scalaris_ Dunker, _Index Molluscor. quae itinere Guineam inferior._, etc., p. 9, no 23, tab. II, fig. 5-6.

1856. _Physa scalaris_ Bourguignat, _Aménités malacolog._, I, p. 179.

1862. _Isodora scalaris_ Küster _in_ : Martini et Chemnitz, _Conchyl. Cabinet, Limnæus_, p. 71, taf. XII, fig. 27-28.

1866. _Physa scalaris_ Martens, _Malakozool. Blätt._, p. 100.

1869. _Physa scalaris_ Dohrn, _Malakozool. Blätt._, p. 15.

1886. _Physa scalaris_ Clessin _in_ : Martini et Chemnitz, _Conchyl. Cabinet_, p. 319, no 363.

1890. _Pyrgophysa scalaris_ Dautzenberg, _Mémoires soc. zoolog. France_, III, p. 133, pl. I, fig. 12 _a_-12 _b_.

1905. _Physa (Pyrgophysa) Dunkeri_ Germain, _Bullet. Muséum hist. natur. Paris_, XI, no 6, p. 486.

J’ai dû changer le nom imposé par DUNKER à cette coquille, JAY[372] l’ayant employé antérieurement pour une Physe toute différente de la Floride.

Les exemplaires qui vivent aux environs de Ndellé sont bien conformes à la très exacte figuration donnée par PH. DAUTZENBERG. Leur test est assez mince, un peu fragile, subtransparent, d’un corné parfois un peu rougeâtre.

Ndellé, dans le pays de Senoussi, avril 1903 ; 14 exemplaires [A. CHEVALIER].

=_Physa (Pyrgophysa) Dautzenbergi_= Germain[373]. PLANCHE V, fig. 7.

1905. _Physa (Pyrgophysa) Dautzenbergi_ Germain, _Bullet. Muséum hist. natur. Paris_, XI, no 6. p. 486.

Coquille senestre, subconique allongée, très étroitement ombiliquée ; spire haute, très tordue, composée de 4 tours bien convexes, à croissance très rapide, séparés par des sutures extrêmement profondes ; dernier tour grand, régulièrement convexe, formant, à lui seul, environ les 4/5 de la hauteur totale ; sommet obtus et comprimé ; ouverture peu oblique, ovalaire-allongée, un peu étroite ; bord columellaire arqué, légèrement réfléchi sur l’ombilic ; péristome droit et aigu ; bords réunis par une faible callosité blanche.

Hauteur : 7 millimètres ; diamètre : 2 1/2 millimètres ; hauteur de l’ouverture : 3 1/2 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 2 1/4 millimètres.

Test assez solide, un peu épais, blanc brillant ; stries très fines, irrégulières, légèrement atténuées vers l’ombilic.

Cette espèce se distingue du _Physa Forskali_ Ehrenberg :

Par sa forme bien moins allongée ; par sa spire composée seulement de 4 tours beaucoup plus convexes ; par ses sutures encore plus profondes ; etc...

Habite la région S.-E. du lac Tchad [A. CHEVALIER]. Cette espèce a, depuis, été recueillie assez abondamment aux environs de Kouloua et de N’Guigmi (lac Tchad), par M. R. CHUDEAU.

* * *

Le nombre des espèces appartenant au genre _Physa_, signalées jusqu’ici dans la région du lac Tchad, est très peu considérable. Avant les recherches de MM. CHEVALIER et LACOIN on ne connaissait que les deux espèces suivantes :

1o Le _Physa (Isodora) Rohlfsi_ Clessin[374], découvert, en 1886, par G. ROHLFS aux environs de Kouka. C’est une coquille globuleuse, solide, assez étroitement ombiliquée, à spire obtuse composée de 4 tours croissant rapidement et séparés par des sutures bien marquées. Le dernier tour forme environ les 3/4 de la hauteur de la coquille. L’ouverture, ovalaire peu allongée, a ses bords réunis par une faible callosité ; enfin la columelle n’est pas tordue. Longueur : 10 millimètres ; largeur : 7 1/2 millimètres.

2o Le _Physa (Isodora) Randabeli_ Bourguignat[375], recueilli par M. F. FOUREAU[376], autour des lagunes et des mares du Tchad N.-E., dans la région du Suoulou et de Kokodo. Coquille senestre, ovalaire- subglobuleuse ; spire brève, obtuse, composée de 4-5 tours à croissance très rapide ; dernier tour énorme, subcylindrique, légèrement subcaréné sous la suture ; ouverture peu oblique, ovalaire-oblongue, à bords réunis par une callosité assez forte. Hauteur : 12 millimètres ; diamètre : 11 1/2 millimètres. Test assez solide, d’un corné jaunâtre, peu brillant, finement strié.

Cette espèce habite également le lac Tanganika.

Genre PHYSOPSIS Krauss[377].

=_Physopsis Martensi_= Germain[378].

1907. _Physopsis Martensi_ Germain, _Bulletin Muséum hist. nat. Paris_ ; no 1, p. 65.

1898. _Physopsis ovoidea_ Martens, _Beschalte Weichth. Ost-Afrik._ ; p. 142, Taf. VI, fig. 13 (_non_ Bourguignat !)

Le docteur von MARTENS a décrit et figuré, sous le nom de _Physopsis ovoidea_, une espèce très différente de celle de BOURGUIGNAT, et que M. CHEVALIER a recueillie dans le S.-O. du lac Tchad. Cette coquille, que je distingue sous le nom de _Physopsis Martensi_, est de forme globuleuse ovoïde, à spire très courte, composée de 5 tours bien convexes séparés par des sutures profondes. Les 2 premiers tours sont absolument enroulés sur un même plan ; le dernier, très grand, très ventru, est nettement atténué à la partie inférieure ; l’ouverture oblique, relativement étroite, est fort anguleuse à la partie supérieure ; enfin la columelle est forte et tordue.

Hauteur maximum : 16 1/2 millimètres ; diamètre maximum : 11 1/4 millimètres ; hauteur de l’ouverture : 11 1/2 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 6 millimètres. Test épais, solide, corné très clair, assez fortement strié aux environs de l’ouverture, très finement strié ailleurs.

S.-O. du lac Tchad ; 2 échantillons.

Le _Physopsis ovoidea_ Bourguignat[379] est une espèce toute différente et qui n’a jamais été figurée, ce qui explique les confusions qui ont été faites par divers auteurs au sujet de cette coquille. Je donne ici (pl. V, fig. 4) la figuration du _type de l’auteur_, déposé au Muséum d’histoire naturelle de Paris. Il provient de Kondoa (Ousaghara) où il a été recueilli par M. BLOYET. C’est une coquille globuleuse-ovoïde un peu allongée, à spire convexe composée de 5 tours séparés par des sutures peu profondes, presque linéaires.

Le sommet, lorsqu’il existe, est relativement aigu. Le dernier tour, très grand, est assez régulièrement ellipsoïde. L’ouverture est verticale, fort étroite, anguleuse en haut, canaliforme inférieurement. La columelle droite, forte, est « très atténuée à sa base, offrant vers sa partie inférieure une lamelle torse, très obliquement descendante jusqu’à la dilatation canaliforme de la base de l’ouverture. » (Bourguignat.)

Hauteur : 15 millimètres ; diamètre maximum : 9 millimètres ; hauteur de l’ouverture : 11 millimètres ; largeur : 4 millimètres.

Test peu épais, médiocrement solide, d’un corné très pâle subtransparent, très finement strié.

Les descriptions qui précèdent font saisir les différences qui séparent les deux espèces. Le _Physopsis ovoidea_ Bourguignat est d’ailleurs beaucoup plus voisin du _Physopsis nasuta_ Martens[380] que du _Phys. Martensi_ Germain. Le _Physopsis nasuta_, qui habite également les cours d’eau des environs de Zanzibar est, comme le _Phys. ovoidea_ Bourguignat, une coquille globuleuse-ovoïde, mais elle est plus étroitement allongée ; sa spire, un peu plus haute, est un peu moins obtuse ; ses sutures ne sont pas linéaires ; son ouverture, plus étroite, est plus fortement canaliculée à la base ; enfin son test, plus délicat, est encore plus finement strié. C’est avec raison que le Dr VON MARTENS considère le _Physopsis Bloyeti_ Bourguignat[381] comme synonyme de son _Phys. nasuta_.

Genre PLANORBIS Guettard[382].

_Planorbis sudanicus_ Martens.

1870. _Planorbis sudanicus_ Martens, _Malakozool. Blätter_, XVII, p. 35.

1871. _Planorbis sudanicus_ Martens _in_ Pfeiffer, _Novitates Concholog._, IV, p. 23, no 694, Pl. CXIV, fig. 6-9[383].

1874. _Planorbis sudanicus_ Martens, _Malakozool. Blätter_, XXI, p. 41.

1880. _Planorbis sudanicus_ Smith, _Proceed. zool. soc. London_ (20 avril 1880), p. 349.

1881. _Planorbis sudanicus_ Smith, _Proceed. zool. soc. London_ (15 février 1881), p. 294.

1881. _Planorbis sudanicus_ Crosse, _Journal de Conchyliologie_, XXIX, p. 109 et p. 278.

1886. _Planorbis sudanicus_ Clessin _in_ : Martini et Chemnitz, _Syst. Conchyl. Cabin. ; Limnæiden_, p. 135, Taf. XXII, fig. 5.

1888. _Planorbis sudanicus_ Smith, _Proceed. zool. soc. London_, p. 55.

1888. _Planorbis sudanicus_ Bourguignat, _Iconogr. malacol. lac Tanganika_, Pl. I, fig. 13-15.

1890. _Planorbis sudanicus_ Bourguignat, _Hist. malacol. lac Tanganika_, p. 15, Pl. I, fig. 13-15 ; et _Ann. sc. naturelles_ ; X, même pagination.

1898. _Planorbis sudanicus_ Martens, _Beschalte Weichth. Ost-Afrik._, p. 146, Taf. I, fig. 17.

1904. _Planorbis sudanicus_ Smith, _Proceed. malacol. soc. London_ ; VI, no 2, p. 98.

1905. _Planorbis sudanicus_ Germain, _Bullet. Muséum hist. natur. Paris_ ; p. 253.

Le _Planorbis sudanicus_ est une espèce qui paraît fort abondante dans toute l’Afrique tropicale. Elle y varie dans d’assez grandes proportions pour qu’on puisse y distinguer les variétés suivantes :

α) var. =_subsudanicus_= Germain.

Coquille un peu plus petite, de forme _convexe en dessus_, par suite de la proéminence très notable de l’avant-dernier tour, les 2 premiers seuls, restant dans le plan du dernier, limitent une concavité très restreinte, d’ailleurs peu profonde ; spire composée seulement de 4 1/2 tours, notablement plus convexes-arrondis, le dernier plus développé, _surtout en dessous_, où il forme une grande partie de la coquille qui est, en dessous, profondément ombiliquée en entonnoir ; ouverture plus régulièrement ovalaire, bien moins anguleuse ; même test.

Habite le S.-E. du lac Tchad ; 2 exemplaires.

β) var. =_globosa_= Germain.

Coquille de taille un peu plus petite ; forme moins aplatie ; spire composée de 5 tours plus hauts et notablement plus arrondis ; même test.

γ) var. _minor_ Martens.

1898. _Planorbis sudanicus_ var. _minor_ Martens, _loc. cit._, p. 146.

Coquille de même forme, n’atteignant que 9 à 11 millimètres de diamètre pour 3 1/2 millimètres de hauteur.

δ) var. _major_ Martens.

Cette variété, nommée par Martens en 1898 (_loc. cit._, p. 146), avait déjà été signalée par Smith en 1880 (_Proceed. zool. soc. London_, p. 349). Elle mesure 15-18 millimètres de diamètre pour 4 1/2 millimètres de hauteur.

ε) var. _magnus_ Sturany.

1896. _Planorbis sudanicus_ var. _magnus_ Sturany, _in_ : Baumann, _Durch Massailand zur Nilquelle_, p. 14, Taf. I, fig. 10, 14 et 29.

Coquille de même forme, atteignant jusqu’à 22 millimètres de diamètre.

Toutes les variétés que je viens de signaler se retrouvent dans l’envoi du Dr CHEVALIER et notamment dans les nombreux échantillons recueillis dans la région du Ndellé. Les formes _major_ et _magnus_ y sont particulièrement abondantes. On y observe également quelques exemplaires d’une variété dans laquelle la dépression ombilicale est plus profonde en dessus, les tours étant, en même temps, un peu plus serrés. Le test est d’un corné ambré ou marron, parfois rougeâtre, très souvent corrodé.

Ndellé, avril 1903 ; 40 exemplaires.

S.-E. du lac Tchad ; 15 échantillons.

S.-O. du lac Tchad ; 4 échantillons.

=_Planorbis tetragonostoma_= Germain. PLANCHE V, fig. 10-11.

1905. _Planorbis tetragonostoma_ Germain, _Bullet. Muséum hist. nat. Paris_, p. 466.