Part 44
=Liste des espèces.= | =Voyageurs qui les ont | découvertes.= | _Limnæa africana_ Ruppell. | F. FOUREAU, 1900. | — _exserta_ Martens[308]. | ROHLFS, 1866 ; F. FOUREAU, 1900. | — _Chudeaui_ Germain. | R. CHUDEAU, 1905. | — _tchadiensis_ Germain. | CHEVALIER, 1902. | _Physa (Isodora) trigona_ | CHEVALIER, 1902 ; R. CHUDEAU, Martens. | 1905. | — — _strigosa_ Martens. | CHEVALIER, 1902 ; LACOIN, 1902. | — — _truncata_ Ferus. | CHEVALIER, 1902. | — — _tchadiensis_ Germain. | CHEVALIER, 1902 ; LACOIN, 1902 ; | R. CHUDEAU, 1905. | — — _Vaneyi_ Germain. | CHEVALIER, 1902. | — — _Joubini_ Germain. | R. CHUDEAU, 1905. | — — _Rohlfsi_ Clessin. | ROHLFS, 1866. | — — _Randabeli_ Bourg. | F. FOUREAU, 1900. | _Physa (Pyrgophysa) | CHEVALIER, 1902 ; R. CHUDEAU, Dautzenbergi_ Germ. | 1905. | _Physopsis Martensi_ Germain. | CHEVALIER, 1902. | _Planorbis sudanicus_ Martens. | F. FOUREAU, 1900 ; CHEVALIER, | 1900 ; LACOIN, 1902 ; R. | CHUDEAU, 1905. | — _tetragonostoma_ Germain. | CHEVALIER, 1902. | — _adowensis_ Bourguignat. | F. FOUREAU, 1900. | — _Bridouxi_ Bourguignat. | F. FOUREAU, 1900 ; CHEVALIER, | 1902 ; R. CHUDEAU, 1905. | — _Chudeaui_ Germain. | R. CHUDEAU, 1905. | _Planorbula thadiensis_ Germain.| F. FOUREAU, 1900 ; CHEVALIER, | 1902 ; LACOIN, 1902 ; R. | CHUDEAU, 1905. | _Segmentina Chevalieri_ Germain.| CHEVALIER, 1902. | _Vivipara unicolor_ Olivier. | F. FOUREAU, 1900 ; CHEVALIER, | 1902 ; LENFANT, LACOIN, MOLL ; | R. CHUDEAU, 1905. | — — var. _Lenfanti_ Germ. | CHEVALIER, LACOIN, LENFANT. | — _gracilior_ Martens. | GLAUNING, 1903. | _Cleopatra cyclostomoïdes_ | LENFANT, LACOIN. Küster. | | — — var. _tchadiensis_ Germ. | CHEVALIER. | _Bythinia Neumanni_ Martens. | CHEVALIER, LENFANT ; R. CHUDEAU. | — _neothaumæformis_ Germ. | CHEVALIER. | _Ampullaria speciosa_ Philippi. | LACOIN ; MOLL ; DUPERTHUIS. | — _chariensis_ Germain. | CHEVALIER ; DUPERTHUIS. | — _Rucheti_ Billotte. | CHEVALIER. | — _gradata_ Smith. | CHEVALIER. | _Lanistes Vignoni_ Bourguignat. | F. FOUREAU. | _Melania tuberculata_ Müller. | F. FOUREAU, CHEVALIER, LENFANT, | LACOIN, DUPERTHUIS, HARDELET, | MOLL, ROHLFS, R. CHUDEAU. | _Unio mutelæformis_ Germain. | CHEVALIER, LACOIN. | — _Lacoini_ Germain. | CHEVALIER, LACOIN. | — _Unio (Grandidieria) | GLAUNING. tsadianus_ Martens. | | _Mutela angustata_, Sow. var. | LACOIN, HARDELET, MOLL, R. _ponderosa_ Germain. | CHUDEAU. | _Mutelina rostrata_ Rang. | LACOIN, MOLL, GLAUNING. | _Cameronia tchadiensis_ Germain.| MOLL. | — _Hardeleti_ Germain. | HARDELET. | — — var. _Molli_ Germ. | HARDELET. | _Corbicula Lacoini_ Germain. | CHEVALIER, LENFANT, LACOIN, R. | CHUDEAU. | — _tsadiana_ Martens. | GLAUNING. | _Eupera parasitica_ Parreys. | CHEVALIER.
Le premier caractère important de cette faune est sa pauvreté relative en Acéphales[309] : les Unionidæ sont peu nombreux et les _Spatha_ entièrement absents. Par contre, les genres _Physa_, _Planorbis_, _Bythinia_ et _Cleopatra_ sont représentés par de riches suites d’espèces qui vivent, en colonies populeuses, dans les régions peu profondes du lac. Les Vivipares, qui toutes se rattachent au _V. unicolor_ du Nil, paraissent également fort communes.
L’analogie presque complète de cette faune avec celle du Nil en est le second caractère important. J’ai déjà signalé ce fait[310] qui se retrouve dans la faune ichthyologique du lac, ainsi que l’a montré M. le Dr PELLEGRIN[311].
Comparée à celle des autres grands lacs du centre africain, la faune du Tchad n’en diffère pas autant qu’on pourrait le croire. On observe même, entre le Tchad et le Tanganika, de curieux points de contact. C’est ainsi que MARTENS a constaté la présence d’un _Grandidieria_[312], dans le Tchad et que j’y ai moi-même signalé une petite série d’espèces de _Pliodon_ appartenant tous à la section _Cameronia_ si répandue dans les eaux du Tanganika.
Aucune espèce dite _thalassoïde_ n’a été jusqu’ici recueillie dans le Tchad, bien que ces coquilles ne soient pas, comme on l’a cru longtemps, spéciales au Tanganika. MOORE[313] a, en effet, observé que tous les lacs voisins du Tanganika possèdent la même faune que lui et les eaux du Nyassa nourrissent, non seulement des _Viviparidæ_ et des _Melanidæ_ à faciès thalassoïde, mais encore des Méduses[314].
Les Gastéropodes du Tchad et du Tanganika ont du reste les plus grandes affinités, ainsi que l’indique le tableau comparatif suivant :
=Lac Tchad.= | =Lac Tanganika.= | _Limnæa africana_ Ruppel. | _Limnæa africana_ Ruppell. | — _exserta_ Martens. | — _exserta_ Martens. | | — _Debaizei_ Bourguignat. | | — _Lavigeriei_ Bourguignat. | | — _alexandrina_ Bourguignat. | | — _Jouberti_ Bourguignat. | | — _Laurenti_ Bourguignat. | — _Chudeaui_ Germain. | | — _tchadiensis_ Germain. | | _Physa trigona_ Martens. | | — _strigosa_ Martens. | | — _tchadiensis_ Germain. | | — _Joubini_ Germain. | | — _Randabeli_ Bourguignat. | _Physa Randabeli_ Bourguignat. | | — _Coulboisi_ Bourguignat. | _Planorbis sudanicus_ Martens. | _Planorbis sudanicus_ Martens. | — _tetragonostoma_ Germain. | | | — _tanganikanus_ Bourguignat. | — _adowensis_ Bourguignat. | — _adowensis_ Bourguignat. | — _Bridouxi_ Bourguignat. | — _Bridouxi_ Bourguignat. | | — _Lavigeriei_ Bourguignat. | _Planorbis Chudeaui_ Germain. | | _Planorbula tchadiensis_ Germain. | _Planorbula tanganika_ Bourguignat. | _Vivipara unicolor_ Olivier. | _Vivipara unicolor_ Olivier[315]. | _Ampullaria speciosa_ Phil. | | — _Rucheti_ Bill. | | — _chariensis_ Germain. | _Ampullaria ovata_ Olivier. | | — _Bridouxi_ Bourguignat.
Cette remarquable analogie se retrouve dans la faune des autres lacs africains[316] : Mweru, Kivu, Albert-Nyanza, Edouard-Nyanza, Victoria-Nyanza, Rodolphe, etc., ainsi que je l’ai montré dans un récent travail[317].
* * *
Ce mémoire est la mise en œuvre des riches matériaux recueillis par M. A. CHEVALIER et les membres de sa mission : MM. COURTET, DECORSE et MARTRET. Afin de le rendre aussi complet que possible et d’éviter aux géographes qui le liront des recherches parfois longues, j’y ai joint les résultats obtenus par les autres voyageurs et qui se trouvent, pour la plupart, disséminés dans un certain nombre de mes publications. Mais, pour ne pas prêter à confusion, ces additions sont placées à la fin de chaque genre où elles forment un chapitre spécial. Les figures ont été aussi multipliées que possible ; j’aurais voulu tout représenter ; malheureusement une telle iconographie eût entraîné des frais incompatibles avec le cadre de cette publication.
Enfin j’ai fait suivre le tout d’un index bibliographique assez étendu pour qu’il soit de quelque utilité.
Il me reste à adresser mes remerciements les plus sincères à M. A. CHEVALIER qui a bien voulu me confier l’étude des Mollusques de sa mission ; à M. le Dr LOUIS JOUBIN, professeur au Muséum d’histoire naturelle, dans le laboratoire duquel ce travail a été mené à bonne fin ; à M. PH. DAUTZENBERG, qui m’a largement permis de consulter ses riches collections ; enfin à M. COURTET qui, en l’absence de M. A. CHEVALIER, parti de nouveau en mission, a pris la direction de cette publication.
GASTÉROPODES PULMONÉS
=Famille des HELIXARIONIDÆ=
Genre THAPSIA Albers[318].
_Thapsia insimulans_ Smith.
1899. _Thapsia insimulans_ Smith, _Proceed. zoolog. society London_ (13 avril), p. 583, pl. XXXIII, fig. 16-18.
Coquille petite, déprimée, orbiculaire, étroitement perforée ; spire peu haute (sommet obtus), légèrement conique, composée de 5 tours assez convexes, à croissance lente et régulière ; dernier tour médiocre plus convexe dessous que dessus, nettement subanguleux à sa naissance, sutures bien indiquées ; ouverture oblique, semi-lunaire, plus haute que large, bord columellaire légèrement réfléchi sur l’ombilic ; péristome mince, fragile ; bords aperturaux réunis par une callosité blanche, médiocrement accentuée.
Diamètre maximum : 5 millimètres ; diamètre minimum : 4 1/2 millimètres ; hauteur : 2 3/4-3 millimètres.
Test mince, fragile, d’un corné jaunâtre ou ambré assez brillant, finement et irrégulièrement strié.
Cercle de Krébedjé [Dr DECORSE, octobre 1902], 3 échantillons.
Téte, 28 décembre 1902, 1 exemplaire jeune.
J’ai donné la description des exemplaires recueillis par la Mission parce qu’ils diffèrent légèrement du type décrit et figuré par SMITH. Le dernier tour notamment, parfaitement arrondi dans le type _insimulans_, est, ici, nettement subanguleux à sa naissance ; en outre, l’ouverture est plus étroite ; mais comme le test et les dimensions sont identiques et que les autres caractères concordent, je crois qu’il est fort difficile de séparer la forme recueillie par le Dr DECORSE de celle figurée par SMITH.
_Thapsia nyikana_ Smith.
1899. _Thapsia nyikana_ Smith, _Proceed. zoolog. soc. London_, 13 avril 1899, p. 584, pl. XXXIII, fig. 24-25.
Le type de cette espèce n’a pas été trouvé par M. A. CHEVALIER qui a seulement recueilli la variété suivante :
Variété =_Courteti_= Germain _nov. var._[319].
Coquille déprimée, orbiculaire, étroitement ombiliquée, spire brièvement conique (sommet obtus), composée de 5 tours convexes, légèrement étagés, à croissance régulière assez rapide ; dernier tour relativement médiocre, légèrement comprimé à sa naissance, très légèrement subcaréné, bien plus convexe dessous que dessus ; sutures peu profondes, ouverture très oblique, semi-lunaire, obtusément subanguleuse vers le milieu du bord externe ; péristome mince, fragile, légèrement réfléchi sur l’ombilic.
Diamètre maximum : 12 millimètres ; diamètre minimum : 10 1/2 millimètres ; hauteur maximum : 7 1/2 millimètres ; hauteur de l’ouverture : 5 1/4 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 5 3/4 millimètres.
Test mince, fragile, presque transparent, d’un corné légèrement ambré, plus pâle dessous que dessus ; stries fines, irrégulières, onduleuses, un peu obliques, beaucoup plus fines dessous que dessus.
Cette variété, qui est avec le _Thapsia nyikana_ la plus grande coquille du genre, diffère de cette dernière :
Par sa spire notablement moins haute bien que ses tours soient sensiblement plus convexes et assez nettement étagés ; par son dernier tour proportionnellement plus développé, présentant, en dessus, une convexité beaucoup plus grande ; par son ouverture encore plus oblique ; enfin par son test encore plus finement strié.
Téte, 28 décembre 1902.
* * *
Le genre _Thapsia_ renferme des espèces ressemblant beaucoup aux _Hyalinia_ de la faune européenne appartenant à la série de l’_Hyalinia cellaria_ Müller. Ce sont des coquilles particulièrement répandues dans les régions côtières, aussi bien sur la côte orientale (Abyssinie, Choa, Zanguebar, etc.), que sur la côte occidentale (Sénégal, Guinée, Gabon et îles voisines de ces régions). Les deux espèces précédemment décrites sont, jusqu’ici, les seules qui aient été signalées aussi loin à l’intérieur du continent. Le Dr ED. A. SMITH a également décrit et figuré quelques Thapsies de l’Afrique centrale ; elles proviennent toutes des montagnes qui s’étendent au N.-O. du lac Nyanza, c’est-à-dire d’une région relativement éloignée de celle dont nous étudions en ce moment la faune. Ces Thapsies, qui vivent à des altitudes variant entre 5.000 et 7.000 pieds (1.500 à 2.200 mètres), sont les _Thapsia mixta_ Smith, _Th. masukuensis_ Smith, _Th. simulata_ Smith et _Th. decepta_ Smith, dont on trouvera les descriptions, accompagnées de très exactes figurations, dans le travail du savant malacologiste anglais[320].
Genre TROCHONANINA Mousson[321].
_Trochonanina Adansoniæ_ Morelet.
1848 _Helix Adansoniæ_ Morelet, _Revue zoolog._, p. 351.
1858 _Helix Adansoniæ_ Morelet, _Séries conchyliolog._, I, p. 13, pl. I, fig. 4.
1878 _Conulus Adansoniæ_ Pfeiffer, _Nomenclat._, p. 74.
1886 _Nanina (Trochozonites) Adansoniæ_ Pilsbry, _in_ Tryon, _Manual of Conchology_, 2e série, _Pulmon._, II, p. 52, pl. XXIV, fig. 3.
1889 _Trochonanina Adansoniæ_ Bourguignat, _Mollusques Afrique équator._, p. 16.
1896 _Trochozonites Adansoniæ_ d’Ailly, _Mollusques terr. eau douce Kaméroun_, p. 46.
M. le Dr DECORSE a recueilli, à Téte, un seul exemplaire de cette espèce. Cet échantillon ne diffère du type, tel qu’il a été figuré par MORELET, que par sa forme un peu moins élevée et ses sutures un peu plus profondes séparant des tours notablement plus convexes. La taille est la même ainsi que la forme de l’ouverture et la sculpture du test qui est représentée par des stries obliques, un peu onduleuses, bien apparentes et paraissant assez profondément sculptées. L’ombilic est étroit, un peu évasé, partiellement recouvert par le péristome qui est réfléchi triangulairement.
Il est particulièrement intéressant de retrouver cette espèce, avec seulement quelques modifications secondaires, aussi loin à l’intérieur du continent, alors que MORELET la signale « au _Gabon_, où elle est peu commune, sur le tronc d’un Baobab ».
_Trochonanina mesogæa_ Martens.
1895 _Trochonanina mesogæa_ Martens, _Nachrichts. deut. Malakoz. Gesell._, p. 178, no 10.
1898 _Trochonanina mesogæa_ Martens, _Beschalte Weichth. Ost. Afrik._, p. 50, taf. III, fig. 15.
Coquille ombiliquée, trochiforme-déprimée ; spire conique composée de 6 tours convexes à croissance lente et assez régulière séparés par des sutures bien marquées ; dernier tour médiocre, un peu plus convexe dessous que dessus, possédant une carène médiane blanche très accusée ; ouverture oblique, semi-lunaire, péristome simple et aigu, bord columellaire réfléchi triangulairement sur l’ombilic.
Diamètre : 19-20 millimètres, hauteur 11-12 millimètres.
Test assez solide, corné fauve, plus brillant dessous que dessus ; stries irrégulièrement et obliquement disposées, plus accentuées dessus que dessous.
Ndellé. Sous l’écorce des arbres, 4 janvier 1903, 6 échantillons.
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Le genre _Trochonanina_ a été créé, par MOUSSON, aux dépens des _Trochomorpha_, pour des espèces _coniques, nettement carénées_, toujours plus striées dessus que dessous, et à péristome réfléchi _triangulairement_ sur l’ombilic. Les Trochonanines sont surtout des espèces côtières qui paraissent particulièrement abondantes dans les régions orientales et, plus spécialement, au Mozambique et dans l’Afrique orientale allemande. Les espèces jusqu’ici signalées dans le centre du continent sont très peu nombreuses.
_Trochonanina permanens_ Smith[322]. Coquille déprimée, étroitement ombiliquée ; spire brièvement conique, composée de 6 1/2 tours à croissance lente et régulière ; dernier tour orné d’une carène saillante, chez les jeunes, émoussée chez les individus adultes, beaucoup plus bombé dessous que dessus ; ouverture oblique, semi- lunaire. Diamètre maximum : 21 millimètres, hauteur : 12 millimètres. Le test est d’un brun pâle orné de zonules un peu plus sombres dirigées dans le même sens que les stries d’accroissement. Les deux premiers tours de spire présentent une striation spirale caractéristique.
Cette espèce a été recueillie dans l’Uganda par M. WILLIAM DOHERTY (septembre 1900-avril 1901).
_Trochonanina mesogæ_ von Martens var. _nseudweensis_ Dupuy et Putzeys[323]. Cette variété se distingue du type tel que je l’ai décrit précédemment :
Par ses tours un peu plus bombés ; par sa carène plus saillante ; par son ombilic un peu moins ouvert ; enfin par ses stries un peu moins régulières.
M. le lieutenant DUPUIS a constaté que cette coquille vivait abondamment dans les régions boisées du Lualaba, ainsi que sur les rives du Haut- Congo, entre Stanley-Falls et Kasongo.
_Trochonanina percostulatus_ Dupuis et Putzeys[324]. Coquille subglobuleuse-conoïde ; spire conique, composée de 6-7 tours convexes à croissance lente et régulière ; dernier tour médiocre, nettement caréné ; sutures profondes ; ouverture oblique, subarrondie, bords marginaux réunis par une faible callosité. Hauteur : 5 millimètres. Test peu solide, d’un fauve-corné, régulièrement et obliquement costulé.
Cette espèce se rapproche surtout du _Trochonanina Adansoniæ_, mais s’en distingue : par ses tours plus convexes, par ses sutures plus profondes surmontées d’une petite carène ; par sa spire plus étagée, enfin par son ombilic plus grand. Elle habite les environs de Nseudwe, sur les bords du Lualaba[325].
=Famille des ENNEIDAE=
Genre ENNEA H. et A. Adams.[326]
=_Ennea Gravieri_= Germain[327] _nov. sp._ PLANCHE V, fig. 1.
1907 _Ennea Gravieri_ Germain, _Bullet. Muséum hist. natur. Paris_, no 1, p. 65.
Coquille subcylindrique, à peine ovalaire ; spire composée de 6 tours médiocrement convexes (les 3 premiers tours étant les plus convexes) ; dernier tour relativement peu développé, subcylindrique ; sutures assez profondes, nettement marginées ; sommet très obtus ; ouverture peu oblique, subquadrangulaire, dépourvue de denticulations ; péristome encrassé et légèrement réfléchi ; bord columellaire nettement réfléchi sur l’ombilic qui est relativement large, entouré d’une angulosité assez émoussée.
Longueur : 6 millimètres, largeur max. : 2 1/2 millimètres.
Test assez solide, blanc jaunâtre très clair, orné de flammules blanches obliques, un peu onduleuses et parallèles aux stries qui sont fines, sauf aux environs de l’ombilic où elles sont irrégulières et relativement fortes.
Cette espèce se rapproche de l’_Ennea latula_ découvert par le Dr STUHLMANN, à Butumbi, au S. du lac Albert-Edouard, et décrit par le Dr von MARTENS[328]. On l’en séparera :
Par sa taille beaucoup plus petite (l’_E. latula_ mesure 13-15 millimètres de hauteur pour 9 millimètres de diamètre maximum) ; par sa forme plus cylindrique et plus élancée ; par ses tours plus convexes et, par suite, séparés par des sutures plus profondes ; par son dernier tour proportionnellement plus développé ; enfin par son ombilic beaucoup plus large.
Cercle de Krébedjé, octobre 1902 [Dr DECORSE].
* * *
Bien que la Mission n’ait recueilli qu’une seule espèce du genre, les _Ennea_ sont des coquilles fort abondantes en Afrique, surtout dans les régions côtières. On en connaît également d’assez nombreuses dans le bassin des grands Lacs[329] et dans le Haut-Congo[330]. Il en est de même des Mollusques de la famille des STREPTAXIDÆ[331], inconnus jusqu’ici dans la région du Chari bien qu’un certain nombre de _Streptaxis_ habitent l’Afrique équatoriale et plus spécialement le Bassin du Congo[332]. Comme les _Ennea_, ces espèces vivent dans la grande forêt équatoriale où on les rencontre soit à terre, sous les détritus de feuilles mortes, soit sous l’écorce des grands arbres.
Il est à présumer que de nouvelles recherches feront découvrir de nombreuses espèces d’_Ennea_ et de _Streptaxis_ dans les pays parcourus par la Mission et, principalement, le long des cours d’eau qui, comme l’Oubangui, sont bordés d’une épaisse végétation.
=Famille des ACHATINIDÆ=
Genre LIMICOLARIA Schumacher[333]
_Limicolaria rectistrigata_ Smith.
1880 _Achatina (Limicolaria) rectistrigata_ Smith, _Proceed. zoolog. society London_, p. 346, pl. XXXI, fig. 2 (seulement).
1881 _Limicolaria rectistrigata_ Crosse, _Journal de Conchyliologie_, XXIX, p. 138 et p. 297.
1885 _Limicolaria rectistrigata_ Grandidier, _Bullet. soc. malacolog. France_, II [juillet 1885], p. 162.
1885 _Limicolaria rectistrigata_ Bourguignat, _Mollusques Giraud Tanganika_ [août 1885], p. 28.
1889 _Limicolaria rectistrigata_ Bourguignat, _Mollusques Afrique équatoriale_, p. 103.
1898 _Limicolaria rectistrigata_ Martens, _Beschalte Weichth. Ost. Afrikas_, p. 110.
1904 _Limicolaria rectistrigata_ Pilsbry _in_ : Tryon, _Manual of Conchology_, 2e série, _Pulmonata_, XVI, p. 292, no 33, pl. XXXIII, fig. 27, 28, 31.
1905-1906 _Limicolaria rectistrigata_ Germain, _Bullet. muséum hist. natur. Paris_, XI, no 4, p. 249, et p. 255 ; XII (1906), no 3, p. 167.