L'Afrique centrale française

Part 43

Chapter 432,279 wordsPublic domain

La hauteur du corps est contenue 3 fois 2/3 à 4 fois dans la longueur, sans la caudale, la longueur de la tête 3 fois 1/2. La tête est plate en dessus. La mâchoire inférieure est proéminente ; les dents coniques sont fines et aiguës. Le diamètre de l’œil est au moins égal à la longueur du museau et est contenu 1 fois 1/2 dans l’espace interorbitaire, près de 4 fois dans la longueur de la tête. Il y a de grandes écailles sur l’opercule. Les écailles cycloïdes, sont au nombre de 25 à 28 en ligne longitudinale, 11 ou 12 en ligne transversale. La dorsale à 8 ou 9 rayons commence au-dessus du milieu ou du début du 3e tiers de l’anale, 2 fois plus près de l’origine de la caudale que du bord antérieur de l’œil, au niveau de la 16e ou 17e écaille longitudinale. L’anale a 13 ou 14 rayons égalant environ ceux de la dorsale. La pectorale fait les 2/3 de la tête. Les ventrales petites n’atteignent pas l’anale. Le pédicule caudal est 1 fois 1/2 aussi long que haut. La caudale est arrondie, acuminée, les rayons médians plus ou moins prolongés en pointe égalant parfois la longueur de la tête.

La coloration est uniformément jaunâtre avec le bord de chaque écaille très foncé. Le ventre est clair. Une ligne sombre s’étend de la tête à l’origine de la dorsale. Chez les femelles, les nageoires sont grisâtres, la dorsale, l’anale et les ventrales avec de petits points carmins plus ou moins nombreux. Chez les mâles (?) quelques lignes longitudinales de petits points de même couleur se voient en outre sur les écailles de l’opercule et des flancs ; des points carmins existent aussi sur la caudale qui est finement bordée de carmin.

D. 8-9 ; A. 13-14 ; P. 15 ; V. 6 ; L. long. 25-28 ; L. transv. 11-12.

No 04-61. Coll. Mus. — 5 exemplaires, Bessou (Oubanghi) : Mission Chari- Lac Tchad (Chevalier-Decorse) _Types_.

Longueur totale : 40, 39, 29, 27, 24 millimètres.

Le plus grand spécimen est une femelle avec des œufs. Cette intéressante petite espèce que je me fais un plaisir de dédier à mon ami le Dr DECORSE qui a recueilli avec tant de soin les riches matériaux ichtyologiques rapportés par la mission Chari-Tchad, est surtout voisine d’_H. spilauchen_ A. Duméril du Gabon mais peut en être distinguée par sa mâchoire inférieure proéminente, son œil plus petit[284], sa coloration et surtout par ses écailles plus nombreuses en ligne transversale.

[Note 260 : Dr J. PELLEGRIN, _Cyprinodontidés nouveaux du Congo et de l’Oubanghi_ (_Bull. Mus. Paris_, 1904, p. 221) ; — _Poissons du Chari et du lac Tchad, récoltés par la mission Chevalier-Decorse_ (_ibid._, 1904, p. 309) ; — _La Faune ichtyologique du lac Tchad et du Chari_ (_C. R. 6e Congr. Zool. Berne_, 1904, p. 605) ; — _Les Poissons d’eau douce de l’Afrique tropicale française_ (_Bull. Soc. Acclim._, 1905, p. 209-225, avec une planche d’après les clichés communiqués par le Dr Decorse) ; — _Les Poissons du lac Tchad_ (_Rev. scient._, 18 mai 1907, p. 614).]

[Note 261 : A. GÜNTHER, _An Introduction to the Study of Fishes_ (1880), p. 217.]

[Note 262 : G. A. BOULENGER, _Les Poissons du Bassin du Congo_ (1901), p. v.]

[Note 263 : G. A. BOULENGER, _Address to the zoological Section_ (_Brit. Ass. Adv. Sc. South Africa_, 1905, p. 14).]

[Note 264 : CH. GRAVIER, La Méduse du Tanganyika et du Victoria Nyanza ; sa dispersion en Afrique. (_Bull., Mus. Paris_, 1907, p. 218).]

[Note 265 : F. FOUREAU, _Documents scientifiques de la mission saharienne_ (1905), t. II. p. 1054.]

[Note 266 : _Ibid._, p. 1048.]

[Note 267 : G. A. BOULENGER, _Pr. Zool. Soc. Lond._, August 1905, p. 151.]

[Note 268 : Dr DECORSE, _Mission Chari-Lac-Tchad_ (1902-1904), _Du Congo au lac Tchad_ (1906).]

[Note 269 : _Bull. Soc. Acclimat._, 1905, pl. I (hors texte).]

[Note 270 : _Bull. Mus. Paris_, 1904, p. 311.]

[Note 271 : _Loc. cit._, p. 312.]

[Note 272 : _Pr. Zool. Soc._, 1905, p. 151.]

[Note 273 : _Ann. Mag. Nat. Hist._, ser. 7, vol. XII, 1903, p. 359.]

[Note 274 : _Pr. Zool. Soc._, 1905, p. 151.]

[Note 275 : _Bull. Mus. Hist. nat._, 1904, p. 311.]

[Note 276 : _Bull. Mus. Paris_, 1906, p. 473.]

[Note 277 : Le dernier divisé en deux.]

[Note 278 : _Ann. Mag. Nat. Hist._ (6), XX, 1897, p. 424.]

[Note 279 : Dans la première de ces deux espèces le nombre des dents mandibulaires antérieures est de 8-9, dans la seconde de 24.]

[Note 280 : _Bull. Mus. Hist. nat._, 1904, p. 222.]

[Note 281 : _Ann. Mus. Congo, Zool._, I, p. 113, pl. XLVII, fig. 1 (1899).]

[Note 282 : _Ann. Mag. N. H._, 7 (XII), 1903, p. 440.]

[Note 283 : _Bull. Mus. Hist. nat._, 1904, p. 223.]

[Note 284 : Sur les 3 exemplaires types, d’Auguste Duméril, mesurant respectivement 47, 37 et 36 millimètres, le diamètre de l’œil est contenu 2 fois 1/2 dans la longueur de la tête.]

LES MOLLUSQUES TERRESTRES & FLUVIATILES DE L’AFRIQUE CENTRALE FRANÇAISE

PAR

LOUIS GERMAIN

INTRODUCTION[285]

I

Les nombreux voyageurs de toutes les nations de l’Europe qui ont, depuis plus d’un siècle, parcouru le continent africain, ont rapporté des documents constituant, au point de vue faunique, un ensemble déjà considérable.

Les premiers explorateurs, mal outillés pour les recherches d’histoire naturelle, ne purent recueillir que peu de matériaux. Cependant, le capitaine SPEKE, d’abord en 1858, puis en 1861-1862, SAMUEL BAKER en 1864, HILDEBRANDT en 1875-1878 firent parvenir en Europe quelques Mollusques qui, ajoutés à ceux récoltés plus tard par le Dr SCHWEINFURTH, par STANLEY et par EMIN PACHA, donnèrent une première idée de la faune malacologique de l’Afrique équatoriale.

A partir de 1879 les expéditions se multiplient et se dirigent principalement vers la région des grands lacs. L’Anglais THOMSON explore le Nyassa, sir EDWARD COODE HORE les rives du Tanganika, bientôt visitées par le Français VICTOR GIRAUD. Les nombreux missionnaires, établis sur les rives de ces lacs, expédient en Europe tous les échantillons d’histoire naturelle qu’ils réussissent à se procurer. Puis, deux grandes expéditions, commandées par J. S. MOORE et subventionnées par la Société royale de géographie de Londres, explorent en grand le Tanganika et les lacs voisins. Enfin, un peu plus tard, le regretté E. FOÀ parcourt les mêmes régions et recueille les documents qui ont servi de base à l’important ouvrage, en ce moment sous presse, consacré à son voyage.

Entre temps les Anglais J. L. BISCHOF, CRAWSHAY, F. SCOTT ELLIOT, etc... ; les Allemands STUHLMANN, BAUMANN, NEUMANN, etc... ; les Français V. GIRAUD, SOLEILLET, BLOYET, etc... ; exploraient l’Afrique orientale, entre la mer et la région des grands lacs.

Les bassins du Congo et du Sénégal recevaient également la visite de nombreux voyageurs parmi lesquels il convient de citer : S. DE BRAZZA, DUPONT, DORR, etc...[286].

Tous ces efforts, en procurant d’importants matériaux d’études aux naturalistes, leur ont permis d’indiquer les principales caractéristiques de la faune malacologique des régions équatoriales de l’Afrique.

* * *

Cependant, toute la région située entre le Bahr-el-Ghazal et le lac Tchad restait entièrement inexplorée. Il était réservé à de savants voyageurs français de rapporter les premiers documents fauniques recueillis dans ces vastes contrées.

En 1892, le colonel MONTEIL[287], parti de Saint-Louis, parvient à Kouka, explore le lac Tchad, parcourt le Sahara et aboutit à Tripoli.

GENTIL[288] reconnaît, en 1899, l’embouchure du Chari.

La mission FOUREAU-LAMY quitte Sedrata le 23 octobre 1898, traverse tout le Sahara, débouche, le 10 janvier 1900, sur les bords de la rivière Komadougou-Yobé et campe le 20 un peu au delà d’Arégué, sur les rives mêmes du lac[289].

Enfin la mission conduite par M. A. CHEVALIER explore tout le bassin du Chari et les tributaires de cette importante rivière. On trouvera, dans le bel ouvrage écrit par le chef de la mission, le récit détaillé de cette expédition si riche en documents scientifiques.

Je n’aurai garde d’oublier ici les officiers qui, au cours de leurs travaux de reconnaissance, ont recueilli de précieux documents malacologiques. Je citerai M. le colonel LENFANT, MM. les lieutenants LACOIN, HARDELET et MOLL qui ont levé les nombreux archipels du lac, tandis que M. le capitaine DUPERTHUIS explorait le Kanem et atteignait Kologo, Bol et Kanassarom sur la rive orientale.

Enfin, en 1903, le lieutenant allemand GLAUNING recueillait, aux environs de Kouka, quelques Mollusques qui furent étudiés par le Dr E. von MARTENS[290].

II

La mission conduite par M. AUG. CHEVALIER est celle qui, au point de vue malacologique, a fourni les données les plus importantes[291]. Le nombre considérable de Mollusques recueillis dans des localités fort diverses notées avec une grande précision, constituent un ensemble suffisant pour que l’on puisse indiquer les principaux caractères fauniques des pays traversés[292].

§ 1.

Comparée à celle de l’Afrique orientale, la faune terrestre du territoire du Chari parait pauvre.

L’absence des Mollusques nus et des Helicarions, la rareté des Vitrines[293], la pauvreté des Helixarionidées représentées seulement par deux _Thapsia_ et deux _Trochonanina_[294], contrastent avec les riches suites d’espèces signalées dans la région des grands lacs.

La famille des Ennéidées n’est représentée que par le seul _Ennea Gravieri_, bien que de nombreuses espèces appartenant aux genres _Ennea_, _Enneastrum_, _Edentulina_, _Ptycotrema_, _Marconia_, _Streptaxis_, etc..., doivent habiter ces contrées et, plus spécialement, les rives boisées du Gribingui et de l’Oubangui. Mais, généralement terrées à une profondeur assez grande, cachées sous les amas de feuilles mortes ou sous l’écorce des arbres, ces très petites Coquilles échappent facilement à la vue. Aussi est-il possible que la pauvreté relative de la faune terrestre du Chari ne soit qu’apparente et due à la difficulté de pénétrer l’habitat particulier des Mollusques qui y vivent.

La Mission n’a rapporté qu’un seul Mollusque du genre _Helix_. C’est un exemplaire de l’_H. pomatia_ Linné, recueilli aux environs de Tombouctou, où il a certainement été introduit avec des marchandises européennes[295]. Le fait n’a donc qu’un intérêt médiocre. Je crois qu’il ne faut pas attacher beaucoup plus d’importance à la découverte, aux environs de Faguibine, de nombreuses coquilles marines appartenant aux genres _Marginella_ et _Columbella_ dont voici la nomenclature :

_Marginella marginata_ Born[296]. C.C.C. 60 exemplaires.

— _pyrum_ Gronovius[297]. Rare. 2 —

— _cingulata_ Dillwyn[298]. 3 —

_Columbella rustica_ Linné[299] 4 —

On voit tout d’abord que, seule, la _Marginella marginata_ est abondante. Les autres coquilles sont rares et lui ressemblent assez pour être confondues avec elle par une personne étrangère à l’histoire naturelle. Comme, d’autre part, ces Mollusques sont très communs sur les côtes du Sénégal[300], je crois qu’ils ont été apportés à Faguibine par les indigènes de la côte pour faire des échanges avec les habitants de la région du Tchad[301]. Ces Marginelles auraient ainsi servi de monnaie à la façon de certaines espèces de _Cypræa_[302].

Les Cyclostomidées, toujours rares dans les contrées équatoriales de l’Afrique, ne paraissent pas habiter les contrées parcourues par la Mission.

Les _Subulina_, _Opeas_, _Pseudopeas_, etc... sont également rares, mais, comme pour les _Ennea_, cette apparente pauvreté tient à une connaissance insuffisante du _modus vivendi_ de ces animaux[303].

Enfin les Achatinidæ se font remarquer par l’abondance des _Limicolaria_ de grande taille et la rareté des Achatines vraies. Le tableau suivant précise, pour cette famille[304], les rapports de la faune du Chari avec celle des régions avoisinantes :

=Bassin du Chari= | =Région du lac Tchad= | =Région des grands lacs | | et Afrique orientale= | | _Limicolaria | _Limicolaria | _Limicolaria rectistrigata_ Smith | rectistrigata_ Smith | rectistrigata_ Smith | | — | — | — _Martensi_ Smith | | — _connectens_ Mart. | — _connectens_ M. | — _connectens_ Mart. | | — _turris_ Pfeiff. | — _turris_ Pfeiffer. | — _turris_ Pf. | | | — — var. | | | | — _Duperthuisi_ Germ.| | | — _turriformis_ Mart. | — _turriformis_ Mart.| — _turriformis_ | | Martens | | _Achatina marginata_ | | _Achatina Swainson. | | marginata_ Sw. | | | _Achatina | — _Schweinfurthi_ | Schweinfurthi_ Pf. | Pfeiffer. | var. _Foureaui_ Germ.| | | | — _Weynsi_ Dautz. | | var. _Duperthuisi_ | | Germ. |

On voit que l’analogie est presque complète et que la faune du territoire du Chari ne diffère pas de celle des autres régions de l’Afrique équatoriale.

§ 2.

La faune fluviatile semble beaucoup plus riche que la faune terrestre. Les Limnées, mais surtout les Planorbes et les Physes[305], sont extrêmement abondants aussi bien dans le lac Tchad que dans le Chari et ses tributaires.

Les Cleopatra, les Bythinies, les Ampullaires et les Lanistes, partout très répandus, sont assez variés en espèces. Par contre, je n’ai eu à signaler jusqu’ici que le seul _Melania tuberculata_, espèce cosmopolite fort abondante dans presque toute l’Afrique équatoriale[306].

Les Acéphales sont particulièrement répandus. Les _Spatha_ surtout, très nombreux en espèces, doivent vivre en colonies fort populeuses dans tous les cours d’eau ; les _Mutela_, les _Mutelina_ et les _Unio_, bien que plus rares, sont néanmoins assez variés ; enfin les Æthéries forment, en certains endroits du Chari, des bancs épais, largement exploités par les indigènes pour la fabrication de la chaux.

Comparée à celle du Nil, la faune fluviatile du Chari présente de grandes analogies, mises en évidence par le tableau suivant[307] :

=Bassin du Chari.= | =Bassin du Nil.= | _Limnæa humerosa_ Martens. | | — _undussumæ_ Martens. | _Limnæa africana_ Ruppell. | _Physa (Pyrgophysa) Forskali_ | _Physa (Pyrg.) Forskali_ Ehr. Ehr. | | — (—) _Dunkeri_ Germ. | — (—) _Dunkeri_ Germ. | _Planorbis sudanicus_ Martens. | _Planorbis sudanicus_ Martens. | — _adowensis_ Bourg. | — _adowensis_ Bourg. | — _Bridouxi_ Bourg. | — _Bridouxi_ Bourg. | _Vivipara unicolor_ Oliv. | _Vivipara unicolor_ Oliv. | _Cleopatra cyclostomoides_ | _Cleopatra cyclostomoides_ Küst. Küst. | | — _bulimoides_ Oliv. | — _bulimoides_ Oliv. | — _mweruensis_ Smith. | | _Bythinia (Gabbia) Neumanni_ | Mart. | | — (—) _Martreti_ Germ. | | _Ampullaria speciosa_ Phil. | _Ampullaria speciosa_ Phil. | — _Wernei_ Phil. | — _Wernei_ Phil. | — _Chevalieri_ Germain. | | — _ovata_ Oliv. | — _ovata_ Oliv. | _Ampullaria gradata_ Smith. | | — _Rucheti_ Billotte. | | — _chariensis_ Germain. | | | _Ampullaria lucida_ Parreys. | | — _Reymondi_ Bourg. | _Lanistes procerus_ Mart. | | — _ovum_ Peters. | | — _ellipticus_ Mart. | | — _gribinguiensis_ Germain. | | | _Lanistes boltenianus_ Chemnitz. | _Melania tuberculata_ Mart. | _Melania tuberculata_ Martens. | | _Unio ægyptiaca_ de Féruss. | | — _Cailliaudi_ de Féruss. | _Unio æquatoria_ Morel. | | — _Chivoti_ Germain. | | — _bangoranensis_ Germain. | | — _Lacoini_ Germain. | | _Ætheria elliptica_ Lam. | _Ætheria elliptica_ Lam. | _Spatha rubens_ Lam. | _Spatha rubens_ Lam. | — — var. _Cailliaudi_ Martens. | — — var. Cailliaudi Martens. | — — var. _rotundata_ Martens. | | — — var. _Chudeaui_ Germain. | | — — var. _Wismani_ Mart. | | | _Spatha rubens_ var. _Lepsii_, | Jick. | _Spatha chaiziana_ Rang. | | — _tawai_ Rang. | | — _Decorsei_ Germain. | | — _Bourguignati_ Ancey. | — _Bourguignati_ Ancey. | — _cryptoradiata_ Putz. | | — _divaricata_ Mart. | | _Mutela angustata_ Sowerby. | _Mutela angustata_ Sow. | — _Chevalieri_ Germain. | | _Mutelina rostrata_ Rang. | | — _complanata_ Jouss. | | — — var. _curta_ Germ. | | — _Joubini_ Germain. | | _Corbicula Fischeri_ Germain. | _Corbicula consobrina_ Caill. | _Eupera parasitica_ Parreys. | _Eupera parasitica_ Parreys.

Ce tableau montre combien la faune du Chari se rapproche de celle du Haut Nil. Non seulement les genres, mais un grand nombre d’espèces se retrouvent dans les deux régions. Quant aux Mollusques qui, jusqu’ici, semblent particuliers au Chari et à ses affluents ils constituent, pour la plupart, des espèces représentatives de celles du bassin du Nil.

Les analogies avec la faune du Congo ne sont pas moins évidentes. On retrouve, dans les deux bassins, les mêmes espèces d’_Ampullaria_, de _Lanistes_, de _Spatha_, de _Mutelina_, etc., et si le genre _Chelidonopsis_ n’a pas encore été signalé dans le Chari, il est probable que de nouvelles recherches l’y feront découvrir.

Enfin, un certain nombre d’espèces du Chari vivent également dans le Sénégal et le Gabon. Telles sont notamment :

_Physa (Pyrgophysa) Dunkeri_ Germ. (= Ph. scalaris Dunk).

_Vivipara unicolor_ Oliv.

_Cleopatra bulimoides_ Oliv.

_Melania tuberculata_ Müll.

_Unio æquatoria_ Morelet.

_Ætheria elliptica_ Lam.

_Spatha rubens_ et ses variétés, _Sp. tawai_ Rang, _Sp. chaiziana_ Rang, _Sp. Pfeifferi_ Bern.

_Mutelina rostrata_ Rang, _Mut. complanata_ Jousseaume, etc.

Les développements précédents permettent de conclure à l’existence, dans l’Afrique équatoriale, d’une seule grande province malacologique parfaitement homogène s’étendant du Nil au Sénégal. Nous allons voir que la faune du lac Tchad n’en diffère pas essentiellement.

III

Les Mollusques suivants sont, jusqu’ici, les seuls signalés dans le Tchad. Nous constaterons, qu’à l’exception de 4 espèces recueillies par le lieutenant allemand GLAUNING, toutes proviennent des recherches entreprises par les voyageurs français.