Journal de route de Henri Duveyrier

Part 20

Chapter 203,588 wordsPublic domain

Je remarque sur le rebord de la hamada, en haut de l’immense cimetière, des marques très anciennes creusées dans le roc ; ce sont des trous ronds très régulièrement creusés, en nombre inégal, sur les pierres plates ; ces trous forment autant de petits réservoirs ou bols dans lesquels les moutards Touareg s’amusent à pisser, mais qui n’ont pas dû avoir toujours la même destination. Je remarquai ensuite des tracés de contours de sandales ou de souliers, plutôt les premières. Si je me souviens bien, la pointe était dirigée vers la ville, c’est-à-dire vers l’est et, ces contours de sandales rapprochées, telles que celles d’un homme debout, et ces petits réservoirs, pourraient bien indiquer la place où se tenait un homme et celle où il sacrifiait aux mânes des morts du cimetière.

Je remarque en examinant de plus près les tombes que celles qui sont indiquées par une pierre à la tête et une aux pieds du mort, quelque grandes et pointues que soient ces pierres, sont toutes musulmanes ; en les regardant bien, je découvre quelques fragments d’inscriptions arabes indiquant les noms des principaux personnages, nous remarquons ceux de femmes maraboutes, et celui d’un Es Soūqi, ancêtre de Si ’Othman. Les grandes tombes carrées et celles qui sont arrondies surtout doivent seules avoir une antiquité antérieure à l’Islam.

En sortant de cet amas de tombes, nous arrivons, toujours dans la dépression où la ville est bâtie et où se trouvent aussi les cimetières, à un endroit où le sol se compose d’une pâte cristalline légère de plâtre[291]. C’est là un des endroits où on l’exploite, c’est-à-dire où l’on en extrait. Cette roche est identique à celle qui se retrouve partout dans l’Oued Righ, et principalement au puits d’El Hachchāna près de Chegga du Sud.

Nous montons la hamada qui ne domine Ghadāmès que de 3, 4 mètres de ce côté. Le sol est composé de pierres très grosses et d’autres plus petites semées sans ordre et s’appuyant sur le plateau. La couleur du calcaire varie du blanc au brun et au gris de rouille. Je découvre des empreintes de différents bivalves, notamment d’une coquille à côtes (_griphus_)[292].

D’ici, nous plongeons directement sur El-Esnām, laissant à droite assez loin, le Dhahara avec les tentes des Touareg. Nous rencontrons des tombeaux d’un autre ordre et d’une antiquité moins incertaine ; ils ressemblent en tout à ceux des environs de Djelfa que je visitai en 1857 avec Mac Carthy et le Dr Reboud. Ce sont de petites enceintes en grandes pierres plates, ouvertes par une des petites extrémités et qui devaient être autrefois recouvertes par d’autres pierres plates. Ces tombeaux ne me paraissent pas devoir renfermer un homme étendu, mais bien dans une position repliée, assis, accroupi ou autrement. La plupart de ces sépultures ont été fouillées ; nous-mêmes en creusons une et sortons quelques ossements et un petit morceau de cuivre qui devait faire partie d’une parure indigène. Les tombeaux de ce genre, de différentes grandeurs, sont fréquents ; et on les trouve dans différents degrés de conservation. Ihemma m’assure qu’à Rhat, il y en a et que l’on en rencontre quelquefois en plein Sahara[293].

En approchant d’El-Esnām, les hautes constructions du plateau, Ihemma me raconte que, près des piliers immenses, se trouvent des tombeaux en forme de buttes sur lesquels les femmes des Touareg allaient se coucher lorsque les Touareg étaient en expédition et où elles obtenaient des nouvelles. Elles se paraient de leur mieux et allaient se coucher sur le tombeau ; alors venait « idébni », esprit, sous la forme d’un homme, qui leur racontait ce qui s’était passé dans l’expédition. Si elles n’étaient pas bien parées, il les étranglait. Ces révélations ont lieu en plein jour et on me dit qu’elles sont toujours vérifiées[294]. Les Touareg, du reste, sont très superstitieux ; ils n’osent pas se présenter seuls à la tombe d’un de leurs amis de peur qu’il ne revienne.

Dans la soirée, j’ai un exemple de la liberté des relations qu’il y a entre les Touareg. Ihemma, qui a à peine vingt ans, conseille à Othman qui en a près de soixante, de ne pas sentir du camphre que je lui offrais de crainte qu’il ne perdît ses forces sexuelles en lui disant que Tekiddout prétendait qu’il était l’amant d’une femme qu’il nomma. Othman assura que ce n’était pas vrai et ne fit aucun reproche à Ihemma de son observation.

Les Ifoghas, qui écoutent les conseils d’Othman, et lui obéissent en quelque sorte, sont exaspérés de la conduite des Mérazig[295] qui devaient apporter leur tribut à Othman ; ils parlent d’aller les razzier.

La rebazā, cette espèce de violon ou de violoncelle des dames targuies, forme un point important de la vie de ces gens. Tous les soirs, j’entends jouer de cet instrument ; hier des Imrhad chantaient. Lorsque les Touareg se battent entre eux et qu’un parti est mis en déroute, les vainqueurs crient avec ces cris sauvages qui sont particuliers aux Touareg : « Hé ! Hé ! Il n’y a donc pas de rebazā ? » Alors il est rare que les vaincus ne reviennent pas à la charge avec fureur. La crainte du qu’en-dira-t-on des femmes a une grande influence sur les Touareg.

14 septembre.

Aujourd’hui, je ne fais pas de promenade ; j’ai une longue leçon de tefinagh avec Mala et Ihemma. Mala est toute jeune, sans méchanceté ni préventions et très jolie. Pendant la leçon, je m’amuse avec son petit pied et, après la leçon, quand Ihemma s’en va, j’échange plusieurs baisers avec elle. Nous sommes donc très bons amis. Elle m’a promis de revenir à mon retour et de me jouer ici de la rebazā.

Dans l’après-midi, je travaille à emballer ; j’arrange dans ma chambre les objets que je laisse et je mets dans les cantines le peu de bagages que j’emporte.

Je vais, le soir, avec Othman voir Ikhenoukhen, qui vient avec son frère ; j’apprends que j’ai maigri depuis mon arrivée. C’est le chef des Azgar qui me fait cette remarque. Je décide Ikhenoukhen à écrire au général gouverneur de l’Algérie. Ikhenoukhen me dit adieu et me dit que tout sera facile, faisant allusion probablement à mon voyage à Rhat. Je dis à Si ’Othman ce qu’il faudrait écrire dans la lettre.

15 septembre.

Emballage et départ pour Tripoli.

[Note 278 : Rohlfs y mentionne cependant des moustiques (_Quer durch Afrika_, I, p. 74).]

[Note 279 : Duveyrier donne ici au mot _castrorum_ un sens trop précis. Cf. au sujet de cette inscription la lettre suivante de Tissot, à qui Duveyrier avait communiqué son estampage : «... Grâce à l’estampage, j’ai pu corriger quelques incertitudes qui se sont glissées dans le fac- similé (ceci pour votre seconde édition). Le P de la 2e ligne est certainement un D. L’antépénultième lettre de la 6e ligne est un P. (J’ai obtenu une image très exacte et directe de l’estampage en la posant sur un lit de farine : les moindres détails sont alors moulés comme certains lézards le sont dans le sable du Sahara). En cherchant à restituer l’inscription tout entière et en calculant le nombre de lettres absentes, j’arrive à la lecture suivante :

Imp. CAES. M. AVRELio Severo

AleXANDRO. PIO. FELici Aug.

et iuliAE MAMMEAE. AVG. matri

aug. et CASTRORUM. SVB cura M. ul

pii Maximi ? LEG. AVG. PR. PR. CV. VEX illatio

leg. iii Aug. SEVERIANÆ PER. .

. . . . . . . . . . VM] LEG. EIVSDEM

. . . . . . . PERFECIT.

A l’Empereur César M. Aurélius Severus Alexander Pieux, Heureux, Auguste, et à Julia Mammaea Auguste, mère d’Auguste et des Camps. Par l’ordre de M. Ulpius Maximus (?) Légat Propréteur d’Auguste, personnage clarissime, le détachement de la Légion Troisième Auguste Pieuse, Vengeresse, commandé par..., Centurion de la dite Légion, a achevé [ce monument].

« Nous connaissons trois légats propréteurs d’Afrique sous Alexandre Sévère : le nom qui m’a paru convenir le mieux, eu égard à la place disponible, est celui que j’ai fait figurer à titre purement hypothétique dans la restitution. » (Lettre du 7 avril 1879). Voir aussi le texte définitivement adopté par MM. R. Cagnat et J. Schmidt (_C. I. L._, VIII, Suppl. Pars I, 10990).

Quant à la nature de ces ruines, Duveyrier a été plus tard beaucoup moins affirmatif. On lit sur un brouillon de lettre à M. Cagnat : « Dans _Les Touareg du Nord_, p. 252-3, j’ai eu tort de m’exprimer comme si le camp de Ghadāmès était une réalité vue ; j’ai supposé que Cidamus devait avoir possédé un camp. Voilà tout. » Comme l’a établi M. Cagnat (_L’Armée romaine d’Afrique_, Paris, 1892, p. 555), on ne peut douter de l’existence de la forteresse romaine. Mais son emplacement reste incertain.]

[Note 280 : Cf. _Les Touareg du Nord_, pl. X.]

[Note 281 : En 1864, Rohlfs, voyageant comme mokaddem de l’ordre de Mouley-Taïeb d’Ouezzan, a pu pénétrer dans les mosquées de Ghadāmès. « Toutes, comme j’ai pu m’en assurer moi-même, reposent intérieurement sur des colonnes romaines, qui toutefois sont disposées pêle-mêle, sans ordre aucun : ici une colonne dorique à côté d’une colonne corinthienne, là une colonne ionique à côté d’une colonne dorique, etc. » (_Reise durch Marokko und Reise durch die grosse Wüste_, 4e édit., Norden, 1884, in-8o, p. 245-6.)]

[Note 282 : Recommandation de Barth pour le cheikh el Bakkay de Tombouctou.]

[Note 283 : Deux à trois heures avant le coucher du soleil.]

[Note 284 : Avoir du nif avec quelqu’un signifie « être en délicatesse avec lui ». Au propre, _fin_ veut dire _nez_ et, métaphoriquement, _amour-propre, susceptibilité_. (O. H.)]

[Note 285 : Taskô est le nom d’une des rues de Ghadāmès. (Voir _Les Touareg du Nord_, p. 262 ; _Mission de Ghadāmès_, p. 99.)]

[Note 286 : Voir le dessin et la mention de ce bas-relief dans _Les Touareg du Nord_, pl. X, p. 250-251. Le journal donne quelques détails complémentaires : « La hauteur de la pierre est d’un peu moins de 55 centimètres et la largeur de 50 centimètres à peu près. Les accidents ont rendu incertains plusieurs des contours, principalement la figure des deux personnages. »]

[Note 287 : Ce passage, traduit par M. le professeur Houdas, est en arabe dans le manuscrit de Duveyrier.]

[Note 288 : Ce mot doit être entendu dans le sens de cavité souterraine artificielle ; il sert à expliquer le synonyme précédent d’un usage moins courant (O. H.).]

[Note 289 : De la tribu des Kêl es Soûk.]

[Note 290 : Cf. E. de Bary, _Senams et tumuli de la chaîne de montagnes de la Tripolitaine_, trad. du Dr Dargaud, _Revue d’Ethnographie_, II, 1883, p. 426-437 ; — Foureau, _Mission chez les Touareg_. Paris, 1895, p. 8, 34-35, 102, etc. ; G. Mercier, _Les mégalithes du Sahara_, Rec. des Notices et Mém. Soc. d’archéol. de Constantine, 1900, p. 247, etc.]

[Note 291 : Voir l’analyse, _Touareg du Nord_, p. 47.]

[Note 292 : Cf. _Les Touareg du Nord_, p. 47 ; Vatonne, _Mission de Ghadāmès_, p. 268-269. Ces bivalves n’ont pu être déterminés.]

[Note 293 : Voir Tissot, I, p. 499-501 ; Erwin de Bary. trad. Schirmer, p. 41-42 ; Rabourdin, _Documents relatifs à la mission Flatters_, Paris, 1885, p. 256.]

[Note 294 : Cf. Erwin de Bary, trad. citée, p. 187-188.]

[Note 295 : Tribu du Nefzaoua, ayant pour centre l’oasis de Negga et fréquentant le marché de Ghadāmès.]

ERRATA

* * * * *

Page 11 _au lieu _dhomran_, _lisez :_ _dhomrân_. de :_

— 18 — سڢش — سڢشى (O. H.).

— — ligne 11, — _soufar_, — _sefâr_.

— 20 ligne 4, — El Benib, — El Bouïb (O. H.).

— 22 — نصر صن الله — نصر من الله (O. H.).

— — — اله لا اله — لا اله الا الله (O. H.).

— 26 ligne 13, — Insalah, — In-Salah.

— 26 dern. — en Arabes, — en arabe. ligne,

— 34 ligne 18, — _lebīn_, — _lebbîn_.

— 40 note 74 — Entonnoir, — Dépression (O. H.).

— 42 ligne 15, — Hamamma, — Hammama.

— 43 note 78 — ذصان — ذمران (O. H.).

— 48 note 84 — _Zegzeg_, — _Zefzef_ (O. H.).

— 57 av.-dern. — Oumel — Oumm el (O. H.). l.

— 58 ligne 37, — Si Ali — Si Ali Saci. Sari,

— 101 ligne 1, — La tribu, — Le tribut.

— 111 ligne 8, — lecrīma, — berima (O. H.).

— 111 ligne 10, — صبل — طبل (O. H.).

— 112 ligne 33, — احن َڢم — احناڢم (O. H.).

— 120 ligne 13, — غكلن — غدران (O. H.).

— 127 note 189 — Duocyries, — Duveyrier.

— 128 lignes 6 — Merd-jadja, — Merdjadja (O. et 19, H.).

— 131 note 195 — ٮادج — حلاج (O. H.).

— 137 ligne 20, — Ia chïfā — Ya chïfā (O. H.).

{ (tellis) sac { pour mulet ou { cheval. — 140 note 214 — Toile de — { bât, { (guerara) sac { pour chameaux { (O. H.).

— 144 ligne 8, — Abed el — Abd el Qader (O. Qader, H.).

— 146 — _ouran_, — _ourân_.

— 150 lignes 1 — Roubaaya, — Roubayaa. et 9,

ADDENDA

* * * * *

P. 53, 81 : travaux hydrauliques dans le Sud tunisien : Cf. les études du Dr Carton dans _Bull. archéol. du Comité des Travaux hist._ 1888 et _Rev. tunisienne_, III, 1896, p. 281 ; Gauckler, _Enquête sur les installations hydrauliques romaines en Tunisie_, II, Tunis, 1903.

P. 56 : ruines de l’Oued Zitouna : M. le capitaine Privé qui a étudié cette région de 1881 à 1884, a signalé les restes de trois _oppida_ au débouché des gorges du Zitouna. (Cf. pour l’extension progressive de la colonisation romaine vers le Sud, J. Toutain, _Note sur une inscription trouvée dans le Djebel Asker au Sud de Gafsa_ (_Bull. Archéol. Comité Trav. hist._ 1903, p. 202-205).

P. 57, note [100] : Dans un mémoire très important (_Notes et documents sur les voies stratégiques et sur l’occupation militaire du Sud tunisien à l’époque romaine, par MM. les capitaines Donau et Le Bœuf, les lieutenants de Pontbriand, Goulon et Tardy_, _Bull. archéol. Comité Trav. hist._, 1903, p. 272-409), M. J. Toutain a groupé tous les renseignements recueillis depuis sur les routes de la région des chotts (routes de Tacape au Nefzaoua, p. 289-303, 336). Voir aussi Gauckler, _Rapport sur l’exploration du Sud tunisien en 1903_, _ibid._, 1904, p. 149-150 : route de Capsa à Turris Tamalleni.

P. 65 : El Hamma : il y a en réalité dans l’oasis deux bourgs : El Ksar et Dabdaba, et deux villages : Zaouïet el Mehadjba et Sombat (ce dernier tout récent). Sur El Hamma et le caractère de ses habitants, voir la notice anonyme parue dans la _Revue tunisienne_, X, 1903, p. 424-436 : _Les Beni-Zid et l’oasis d’El Hamma_.

P. 66 : El Hamma : P. Blanchet (_Mission archéologique dans le centre et le sud de la Tunisie_, _Archives des missions scient. et litt._, IX, 1899, p. 145-146) a donné des détails sur les sources et les restes de construction romaine.

P. 72-3 : Hareïga et Sagui : Cf. Toutain, art. cités, _Bull. archéol. Comité 1903_, p. 205-7, 287-8 ; _ibid._, 1904, p. 129, 142, 146 ; Gauckler, _ibid._, 1904, p. 146-149 : route de Tacapes à Capsa ; 149-150 : route de Tuzurus à la côte par le Sagui.

P. 74 : milliaire d’Asprenas : voir sur un autre milliaire du même proconsul, capitaine Hilaire, _Reconnaissance du segment Tacape-Thasarte de la voie romaine_, etc. _Bull. archéol. Comité_ 1899, p. 542-555.

P. 75 : Henchir Somàa : Cf. Tissot, II, p. 657-8, et capitaine Donau, _Note sur une voie de Turris Tamalleni à Capsa et sur quelques ruines romaines situées dans le Blad Segui_, _Bull. Archéol. Comité_, 1904, p. 356-359.

P. 80 : inscr. de Gafsa : ces textes n’ont pas été retrouvés dans le manuscrit.

P. 96 : inscr. I : voir pour la suite de cette inscr. (dédicace à Trajan par L. Minicius Natalis, légat de la légion IIIe Auguste), Tissot, II, p. 532 ; _C. I. L._, VIII, 2478=17969.

P. 103, 107 : Oued el Arab : Cf. _Enquête administrative sur les travaux hydrauliques anciens en Algérie, publiée par les soins de M. S. Gsell_, _Bibl. d’archéologie africaine_, fasc. VII, Paris, 1902, in-8, _Rapport de M. le Lt Touchard_, p. 104-114 et croquis.

P. 194 : ligne 4 : Le manuscrit porte ici la mention suivante : « Cette inscription, que je vais envoyer à Tougourt, est très importante, étant la seule qui ait été trouvée à Ghadāmès jusqu’à ce jour. (Faux !) » Duveyrier fait évidemment allusion à Richardson ou à l’inscription publiée en 1847 par Letronne et reproduite depuis dans le _Corpus I. L._ (VIII, 2). Letronne la tenait de M. de Bourville, chancelier du consulat de France à Tripoli, qui l’avait reçue lui-même d’un Arabe. Cette copie était si défectueuse, qu’on n’en pouvait lire que les deux premiers mots : _Diis Manibus_ (_Revue archéol._, 1847, p. 301-302.)

Le _Corpus_ (VIII, 2) cite en outre ce passage de Letronne : « Je tiens de M. de Bourville qu’un M. Richardson, agent, disait-on, de la Société pour l’abolition de l’esclavage, se rendit à Ghadāmès vers la fin de juin 1845. Après y avoir séjourné peu de temps, il en revint et remit au consul général d’Angleterre à Tripoli un marbre portant une inscription latine et une figure d’homme en bas-relief, probablement un monument funéraire, qui est peut-être encore à présent au consulat ; M. Richardson déclara qu’il existe à Ghadāmès plusieurs monuments analogues. »

Voici comment s’exprime Richardson lui-même : « This Kesar En Ensara (les Esnam), together with the bas-relief, and the latin inscription, copied by a Moor from a tomb-stone, beginning with the words _Diis Manibus_, are more than sufficiant evidence to prove that Ghadāmès was colonized. The same Moorish prince who blew up the ruins, carried away also to Tripolis the tomb-stone, from which a Moor copied the inscription, and which transcript I brought with me from Ghadāmès ». (_Travels in the Great Desert of Sahara_, I, Londres, 1848, p. 356.) — On lit d’autre part dans un rapport de Richardson au Foreign Office (_An Account of the Oasis and City of Ghadames_), p. 18 : « I have however in my possession a copy of a Latin inscription, said to have been found in a tomb, but so badly copied as to be almost illegible. The tablet of stone was taken away some thirty years ago by an officer of Yousef Bashaw. Also I have a slab, on which there is a very rudely sculptured relief of a Greek or Roman soldier, holding, apparently, a horse ; but only the forepart or the animal remains, the rest is broken off. I will send you this the first opportunity, and if of any value, it may be presented to the British Museum. » Ces deux textes prouvent que Richardson n’a connu et rapporté de Ghadāmès qu’une seule copie d’inscription latine, copie illisible, à part _Diis Manibus_, tout comme celle de Letronne, et que Richardson ne s’est pas donné la peine de reproduire dans son ouvrage. On peut se demander s’il ne faut pas rapporter les deux copies susdites à un seul et même modèle, qui serait à chercher à Tripoli. En tout cas, la note de Letronne pourrait disparaître d’une nouvelle édition du _Corpus_, sans que ce magistral recueil risque de paraître moins complet.

INDEX DES NOMS GÉOGRAPHIQUES ET DES PRINCIPALES MATIÈRES

* * * * *

Abadiâ, 15.

’Adouan, 15, 101, 125.

Affadē, 3.

’Aïn ed Daouira, 10.

’Aïn el Magroun, 65.

Aïr, 172, 174.

’Amich, 15, 117, 125, 136, 143, 144.

Areg-el-Miyet, 12.

’Atrya, 162, 163, 187.

Azzaba, 116.

Baghdad, 7.

Bagirmi, 3.

Bambara, 3.

Belidet el Hadar, 50, 56, 84.

Belīd Oulad Mehanna, 65.

Beni Brahim, 22.

Beni-Djellab, 112, 114, 116, 129, 133, 135.

Beni Mâzigh, 165.

Beni Mezab, 23, 116, 131, 141.

Beni Ouaggin, 23.

Beni Ouazit, 184, 192, 200.

Beni Oulid, 184, 192.

Beni Sisin, 22.

Beni Zid, 64, 66.

Berrāri, 28.

Berresof, 148-150.

Besseriani, 37, 94-98.

Biskra, 3, 4.

Blidet-Amar, 28.

Bornou, 3.

Chaâmba, 18, 22, 26.

Chebika, 88.

Chegga, 8, 9, 114, 136.

Chemorra, 29, 135.

Chott El Djerid, 57, 58, 59, 72.

Chott El Rharsa, 87.

Chott Melghigh, 10, 110, 114.

Commerce de Ghadāmès, 166, 168, 170, 172, 174, 185-189, 192, 194, 199.

Commerce du Souf, 16, 120-123, 139, 173-174.

Degach, 51.

Dendouga, 114.

Derge, 3.

Dhahâr, 110.

Dhahâr el ’Erg, 155.

Djebel Sebaa Regoûd, 54, 85.

Djebel Tebaga, 63.

Djedid, 152.

Djérid, 15, 16, 46-56, 82-86, 121-122.

Doura, 3.

Dunes, 10, 11, 12, 14-18, 20, 27, 34, 35, 39, 40, 47, 93, 118, 127, 136, 145, 148, 151, 152, 154-157.

El ’Aliya, 5.

El Barĕd, 115.

El Esnām, 164.

El Faïdh (plur. El Feyyād), 102, 106, 107.

El Goléa, 23.

El Guettār, 77, 78.

El Hamma, 52, 82, 83.

El Hamma (Nefzaoua), 52, 65, 66.

El Hanoūt, 89.

El Haouch, 109.

El Menzel, 68.

El Oued, 15, 16, 36, 117, 119, 139.

Ez Goum, 123-125.

Farfaria, 108.

Felata, 3.

Ferkān, 101-102.

Fièvres, 30, 32, 42, 51, 52, 87, 100, 113, 127, 133, 135, 136, 137, 154, 169, 189, 192.

Fouānīs, 114.

Gabès, 67, 70.

Gafsa, 79, 81.

Ghadāmès, 16, 119, 121-123, 141, 160-204.

Ghamra, 12, 116, 128, 143.

Ghomerācen, 70.

Ghorib, 119, 138, 188, 189.

Guebba, 52

Guemâr (Gomar), 12-15, 125.

Hadamoua, 3.

Hammâm Salahīn, 5.

Hammama, 43, 44, 45, 48, 56, 63, 87, 89, 99, 100.

Haoussa, 3, 9.

Harazlia, 16.

Hareīga, 72.

Henchir es Somăa, 75.

Ifoghas, 172, 203.

Imanghasaten, 190.

In-Salah, 26, 177, 185, 187, 189, 194.

Irrigation, 47, 48, 50, 53, 66, 77, 78, 86, 89, 102, 103, 106, 164.

Jiriga, 15.

Juifs, 16, 46, 58, 66-68, 80, 112, 130, 134.

Kanembou, 3.

Kano, 182.

Katsena, 3.

Kebilli, 60, 63.

Kêl es Soûk, 200, 202.

Kĕriz, 52, 53.

Kerrekerre, 3.

Kesàr bent el’Abrī, 56.

Kessār, 65, 66.

Koënna, 3.

Kouïnin, 15, 35, 36, 136.

Kouri, 3.

Lemmāguès, 63.

Liana, 103.

Logonē, 3.

Maggari, 3.

Mandara, 3.

Manga, 3.

Mansoura, 59.

Margi, 3.

Matmata, 18.

Mbāna, 3.

Mboum, 3.

Medjehariya, 112, 116, 129, 130.

Meggarîn, 117, 128.

Merazig, 119, 188, 189, 203.

Merhaïer, 9, 110-114.

Merouān, 110, 113.

Messelmi, 11.

Mestāoua, 129.

Midās, 90.

Monnaie, 37, 121, 126, 137, 139, 141, 174.

Nafta, Nefta, 46, 47, 48, 49.

Naylia, 130.

Nefzaoua, 52, 57, 58-63, 119.

Negousa, 24.

Negrīn, 93, 94, 98-101.

Nesigha, 110, 111, 113.

Nezla, 127, 128, 132, 143.

Ngāla, 3.

Ngouzzoum, 3.

Nouaïl, 16.

Ouaday, 3.

Ouargla, 21, 22, 23, 130, 140.

Oudiān el Halma, 154.

Ouad Beyāch, 81, 87.

Ouad el Arab, 103, 106, 107.

Ouad el Khorouf, 9, 10.

Ouad el Miyta, 102.

Ouad’ Igharghar, 19.

Ouad Itel, 110.

Ouad Jardaniya, 124.

Ouad Mezāb, 25.

Ouad Retem, 133.

Ouad Righ, 9, 18, 32, 43, 60, 110-117.

Ouad Sīdah, 19.

Oulad Madjed, 52.

Oulad Abdelkader, 14.

Oulad Abd es Sadiq, 14.

Oulad ’Amar, 18.

Oulad Ba Hammou, 185.

Oulad-Bou’Afi, 14.

Oulad el’Aïsaouï, 100, 101.

Oulad Hamid, 15, 16, 168, 173.

Oulad Hassen, 114.

Oulad Hôwimen, 14.

Oulad Mansour, 136.

Oulad Moulet, 8, 113.

Oulad Mousa, 14.

Oulad Sidi Abid, 92.

Oulad Sidi Cheikh, 23.

Oulad Yagoub, 119, 141.

Oum el Goreīnat, 57.

Oumm et Tiour, 8, 114.

Ourghamma, 138, 150, 168, 185, 198.

Ourhlana, 115.

Ourir, 110, 112.

Ourmās, 35.

Palus Tritonis, 14, 67.

Puits, 11-13, 19, 26, 31, 34, 38, 41, 42, 106, 118, 120, 126, 135, 145, 152, 156, 159.

Puits artésiens, 7-9, 26, 107, 113-115, 127.

Qoreich, 15.

Rebāya, Roubaa’ya, 143, 148-150.

Rhat, 172-174, 188, 191, 203.

Rouâgha, 9, 111-113.

Ruines romaines, 5, 50-54, 56, 57, 59, 60, 63, 65, 66, 68, 72-77, 80, 81, 85, 86, 88, 89, 92, 94-97, 165, 192-194, 201.

Saada, 8.

Sabrīa, 119.

Săgui, 73.

Sakomaren (Isaqqamaren), 166, 172, 185.

Sedāda, 54.