Histoire littéraire d'Italie (5/9)
Part 35
_Vergine illustre, la beltà, che accende I giovinetti amanti, e i sensi invoglia, Colora la terrena, e frale spoglia, E negli occhi sereni arde, e risplende._
_Ma folle è chi da lei gran pregio attende, Qual face all'Euro, al verno arida foglia, Ed anzi tempo avvien, che la ritoglia Natura, e rade volte altrui la rende._
_Da lei tu no, ma da immortal bellezza, L'aspetti, e 'n vista alteramente umile Ti chiudi ne' tuoi cari alti soggiorni._
_E s'interno valor d'alma gentile Per leggiadr'arte ancor viepiù s'apprezza: Oh felice lo sposo a cui t'adorni!_
Page 232, note[334].--A la même, après quinze ans de constance.
_Perchè in giovenil volto amor mi mostri Talor, donna real, rose, e ligustri, Obblio non pone in me de' miei trilustri, Affanni, o de' miei spesi indarno inchiostri._
_E 'l cor, che s'invaghì degli onor vostri Da prima, e vostro fa poscia più lustri, Riserba ancora in se forme più illustri, Che perle, e gemme, e bei coralli, ed ostri._
_Queste egli in suono di sospir sì chiaro Farebbe udir, che d'amorosa face Accenderebbe i più gelati cori._
_Ma oltre suo costume è fatto avaro De' vostri pregj, suoi dolci tesori, Che in se medesmo gli vagheggia, e tace._
Page 235, note[337].--Sonnet fait dans les premiers temps de sa passion pour Léonore. Il pourrait craindre le sort d'Icare et de Phaéton; mais il se rassure en songeant à la puissance de l'Amour.
_Se d'Icaro leggesti, e di Fetonte, Ben sai, come l'un cadde in questo fiume, Quando portar dall'Oriente il lume Volle, e di rai del sol cinger la fronte;_
_E l'altro in mar, che troppo ardite, e pronte A volo alzò le sue cerate piume; E così va, chi di tentar presume Strade nel ciel, per fama appena conte._
_Ma chi dee paventare in alta impresa, S'avvien, ch'amor l'affide? e che non puote Amor, che con catena il cielo unisce?_
_Egli giù trae dalle celesti rote Di terrena beltà Diana accesa, E d'Ida il bel fanciullo al ciel rapisce._
Page 332, note 506. _Considerazioni al Tasso di Galileo Galilei_, etc.--La préface de cette première édition (des _Considérations de Galilée sur le Tasse_) contient l'historique assez curieux de cet écrit. C'est une chose singulière, que la meilleure critique qui ait été faite de la _Jérusalem délivrée_ nous ait été conservée par l'admirateur le plus enthousiaste du Tasse, l'auteur même de sa Vie, le bon abbé _Serassi_. L'édition se fit après sa mort, sur une copie qu'il avait tirée de l'original même. Il avait écrit sur sa copie la note suivante: «J'ai eu le bonheur de la trouver (cette critique) dans une des bibliothèques publiques de Rome, en parcourant un volume de Mélanges. Voyant que c'était l'ouvrage de Galilée, que j'avais tant désiré d'avoir, je le copiai secrètement, sans rien dire à qui que ce fût de ma découverte, parce que cet opuscule n'étant point marqué dans la table, personne, jusqu'à présent, excepté moi, ne sait s'il y est, ni où il est, et qu'ainsi il ne pourra être publié, si ce n'est par moi, quand j'aurai eu le loisir de répondre, comme je le dois, aux accusations sophistiques et fausses d'un censeur, qui, dans d'autres matières, s'est acquis tant de célébrité.» Mais, dit l'auteur de la préface, il ne s'occupa point de ce travail, qui aurait pu donner beaucoup d'exercice à son esprit; et je crois qu'il changea d'avis, ayant peut-être découvert que la plupart des accusations n'étaient ni aussi sophistiques, ni aussi fausses qu'il le dit, et s'étant à la fin aperçu que le censeur qu'il lui fallait combattre n'était pas moins profond dans ces matières que dans les autres. Il aurait assurément eu tout le temps de répondre à Galilée, car il y avait déjà plusieurs années qu'il avait trouvé le manuscrit, et il avait plus de loisir qu'il ne lui en eût fallu.
_Viviani_, dans sa lettre écrite au grand-duc de Toscane Léopold, en 1654, insérée par _Salvini_, dans sa Vie de Galilée, _Fasti consolari_, p. 395, nous dit que ce grand homme, doué de la mémoire la plus heureuse et passionné pour la poésie, savait par coeur, entre autres auteurs latins, une grande partie de Virgile, d'Ovide, d'Horace et de Sénèque, et entre autres auteurs italiens, presque tout Pétrarque, toutes les _Rime_ du _Berni_, et à peu de chose près, tout le poëme de l'Arioste, qui fut toujours son auteur favori, et celui de tous les poëtes qu'il louait le plus. «Il avait fait, continue _Viviani_, des observations particulières et des parallèles entre ce poëte et le Tasse, sur un grand nombre d'endroits. Un de ses amis lui demanda plusieurs fois ce travail avec beaucoup d'instances, pendant qu'il était à Pise; je crois que c'était Jacques _Mazzoni_. Il le lui donna enfin, et ne put jamais le ravoir. Il se plaignait quelquefois, avec chagrin, de cette perte, et avouait lui-même qu'il avait fait ce travail avec complaisance et avec plaisir.» On ne savait plus, depuis ce temps-là, ce qu'était devenu cet écrit, lorsqu'il fut découvert par hasard dans un recueil de Mélanges. Mais, par une suite de la fatalité qui y semblait attachée, il fallut que celui qui l'y trouva n'approuvât point les opinions de Galilée, qu'il eût dessein de défendre le Tasse, et que n'exécutant pas ce dessein, il privât le public de ce morceau précieux. Après la mort de celui qui l'avait copié, il fut encore long-temps sans tomber dans des mains qui pussent en faire un bon usage. Enfin, les manuscrits de l'abbé _Serassi_ parvinrent dans celle du duc de _Ceri_; et c'est à ce seigneur très-zélé pour le bien des lettres qu'on en doit la publication.
Mais au moment où l'homme de lettres à qui il en avait confié le soin, tirait, pour l'impression, une nouvelle copie du manuscrit, il s'aperçut qu'il y manquait quatre feuillets, qu'il soupçonne avoir été arrachés par quelque zélé _Tassiste_. Ce sont précisément ceux où Galilée, après avoir démontré combien l'amour de Tancrède pour Clorinde est mal inventé et maladroitement lié à l'action, continuait à faire voir le peu de jugement que le Tasse avait mis à ourdir les autres aventures de son poëme. On trouve en effet cette fâcheuse lacune, p. 36 de l'édition in-12. Pour suppléer en partie à ce défaut, l'éditeur s'étant rappelé une lettre sur le même sujet, écrite par Galilée à _Francesco Rinuccini_, et qui était déjà imprimée ailleurs, l'a mise à la fin des _Considérations_, pour que l'on pût avoir, au moins en abrégé, une idée de ce que l'auteur avait dit avec plus d'étendue dans les quatre feuillets déchirés. Cependant cette lettre, p. 229 du volume, ne traite point du tout le même sujet. Galilée se borne à faire, entre l'Arioste et le Tasse, un parallèle dans lequel il donne tout l'avantage au premier. Mais ce que cette lettre, qui n'est pas longue, a de remarquable, c'est qu'elle est datée du 19 mai 1640. L'auteur n'avait que vingt-six ans quand il fit ses _Considérations_, mais il en avait soixante-dix quand il écrivit cette lettre; et l'on y voit qu'il n'avait point changé de sentiment. Le grand Galilée était absolument du même avis dont avait été le jeune professeur de Pise.
Page 502, addition à la note sur l'arrêt du parlement de Paris, relatif à la _Jérusalem conquise_ du Tasse.--Mon confrère, M. Bernardi, a lu depuis peu à notre classe un Mémoire contenant des _éclaircissements_ sur cet arrêt et sur le poëme du Tasse qui en fut l'objet. Il m'a permis de mettre ici, d'après son Mémoire, le texte de l'arrêt, qui ne se trouve que dans des recueils que je n'avais pas sous la main.
_Extrait des registres du parlement de Paris_, du 1er septembre 1595.
«Sur ce que le procureur-général du roi a remontré que depuis peu de jours, en la présente année, a été imprimé en cette ville de Paris, un livre en vers italiens, intitulé _la Gierusalemme del[828] Torquato Tasso_, sur une copie nouvellement venue de Rome, et envoyée par l'auteur[829], auquel ont été ajoutés au vingtième livre, fol. 270, première page, quelques vers, au nombre de dix-neuf, depuis le 14e.[830] vers, pour la première stance, commençant par ces mots, _Sisto_, jusqu'au cinquième de la troisième stance, commençant par ces mots, _Chiama onde_, qui ne sont aux premières éditions de 1582[831], contenant propos contraires à l'autorité du roi et bien du royaume, mais à l'avantage des ennemis de cette couronne, et particulièrement des paroles diffamatoires contre le défunt roi Henri III et contre le roi régnant, pour la proposition des fulminations faites à Rome pendant les derniers troubles, et pour persuader qu'il est en la puissance du pape de donner le royaume au roi et le roi au royaume, qui sont termes préjudiciables à l'état; desquels vers il a fait lecture; requérant iceux être rayés et biffés dudit livre, pour être ladite page corrigée suivant les exemplaires des premières éditions, avec défense au libraire qui les a fait imprimer de les vendre et débiter; et que, à cet effet, les exemplaires de ladite nouvelle édition fussent saisis; et enjoint à tous ceux qui se trouveront en avoir acheté, de les rapporter pour être pareillement réformés à ladite page, et défenses à eux faites de les retenir, et ce sur les peines qui y appartiennent, suivant les arrêts ci-devant donnés.
«La matière mise en délibération, arrêt dudit jour du parlement conforme au réquisitoire.»
[Note 828: Lisez: _di_.]
[Note 829: L'imprimeur ne dit pas tout à fait cela; il dit dans son _Avis aux lecteurs_, qu'il imprime ce poëme _sur une nouvelle copie, du tout changée et revue par l'autheur, envoyée de Rome_. C'était sans doute un exemplaire de la _Jérusalem conquise_, qu'il ne regardait que comme une édition corrigée de la première _Jérusalem_.]
[Note 830: Cela est ainsi dans la copie que je transcris; mais c'est le 4e vers qu'il doit y avoir.]
[Note 831: Erreur du procureur-général, qui confond la _Jérusalem conquise_ avec la _Jérusalem délivrée_, comme le libraire l'avait probablement fait lui-même.]
FIN DU CINQUIÈME VOLUME.
MOREAU, IMPRIMEUR, RUE COQUILLIÈRE, Nº 27.