Histoire du Bas-Empire. Tome 01

c. 7); elle n'a aucun fondement, et n'est pas, même dans son énoncé,

Chapter 39,635 wordsPublic domain

exempte d'erreur. L'île de Diu, qui n'a jamais eu d'autre célébrité que celle que les Portugais lui ont donnée par le siége qu'ils y soutinrent contre les Musulmans, en l'an 1545, est sur la côte du Guzarate fort loin des bouches de l'Indus. Philostorge est le premier qui ait parlé (l. 3, c. 4 et 15) des _Dibènes_ τῶν Διβηνῶν habitants de l'île de _Díu_ τὸν Διβοῦ νῆσον, et ce qu'il en dit ne suffit pas pour en indiquer la position. Le nom seul ferait voir qu'il s'agit d'une portion de l'Inde, car dans tous les idiomes de cette région, il existe un mot presque semblable de son, qui signifie _île_. Ammien Marcellin parle des mêmes peuples (l. 22, c. 7), en mentionnant les ambassades que reçut Constance. _Inde nationibus Indicis certatim cum donis optimates mittentibus.... ab usque Divis et Serendivis._ Comme le dernier nom ne peut s'appliquer qu'à l'île de Ceylan, qui, jusqu'à présent, a conservé chez les Arabes le nom de _Serandib_, on peut présumer avec assez de raison, que celui qui le précède, doit s'appliquer au groupe des îles Laquedives, situé en avant de Ceylan et du continent Indien, d'autant plus qu'en venant de l'Occident vers ces deux pays, il faut nécessairement reconnaître les îles dont je parle. Le nom rapporté par Philostorge et par Ammien Marcellin, est dérivé du Samskrit; et signifiant _les Iles_, il est tout-à-fait propre à les désigner.--S.-M.]

[Note 144: Les auteurs orientaux parlent souvent des Juifs établis à une époque très-ancienne dans l'Yemen et dans d'autres parties de l'Arabie. On voit par leurs récits que plusieurs des rois de l'Yemen, de la race d'Himyar, professèrent le judaïsme. Mais ils ne donnent pas assez de détails pour qu'on puisse déterminer d'une manière approximative la date de l'introduction de cette religion dans la partie méridionale de l'Arabie.--S.-M.]

[Note latérale: [l. 3, c. 6. Niceph. Call. l. 4, c. 32.]]

[Note latérale: Ptol. l. 6, c. 7.]

[Note latérale: Peripl. mar. Eryth. p. 17.]

[Note latérale: [Geograph. Nub. vers. lat. p. 23.]]

[Note latérale: [Topogr. Christ. l. 3, apud. Montfaucon. col. nova. patr. t. 2. p. 178]]

[Note latérale: [Le Quien, Or. Christ. t. 2, p. 1257.]]

[Note latérale: [Assem. Bibl. orient. t. 2, p. 456 et t. 3, p. 460.]]

--[Au rapport de Philostorge, Théophile pénétra ensuite dans une île d'une assez grande étendue, située hors du golfe Arabique dans l'Océan indien. Nous la nommons Socotra; elle avait été appelée par les Grecs l'île de Dioscoride, en mémoire sans doute de quelqu'un de ces voyageurs envoyés autrefois dans ces parages par les rois Ptolémées, qui en avaient fait reconnaître les côtes pour y placer des colonies militaires et commerciales. Selon le même auteur, cette île était habitée par des Syriens, dont les ancêtres y étaient venus par les ordres d'Alexandre de Macédoine, et qui conservaient encore de son temps l'usage de la langue syrienne. Quoi qu'il en soit de cette histoire qui se retrouve dans les auteurs orientaux, quand les Portugais parurent au seizième siècle dans les mers de l'Inde, ils trouvèrent dans cette île des chrétiens qui, dans l'office divin, se servaient de la langue et de l'écriture syriennes. L'Arien Théophile fut aussi l'apôtre de cette région lointaine. Sa prédication n'y fut pas sans succès; le christianisme ne s'y éteignit pas après lui. Quand le moine Cosmas, surnommé _Indicopleustes_, visita cette île au milieu du sixième siècle, il y trouva des chrétiens en grand nombre. Ils parlaient grec[145]; et ils recevaient leur clergé de la Perse. Il en était encore de même plusieurs siècles après. On connaît les noms de divers évêques, envoyés à Socotra par les métropolites nestoriens de Perse. En l'an 1282, Cyriaque assista à l'ordination de Iaballaha III, patriarche des Syriens nestoriens. C'est peu après cette époque que le célèbre voyageur vénitien Marc Paul visita les chrétiens de cette île. Les Portugais les trouvèrent partagés entre les deux sectes des Nestoriens et des Jacobites. Il en est sans doute encore de même, si le christianisme y a résisté aux persécutions des Arabes musulmans qui dominent dans l'île. On voit par l'étendue et l'éloignement des pays qui furent visités par Théophile, que si ce propagateur de l'évangile ne fut pas recommandable par la pureté de sa doctrine, il le fut au moins par son zèle, et qu'il méritait sous certains rapports la considération dont il jouissait à la cour de Constance.]--S.-M.

[Note 145: C'est ce qu'il dit deux fois, οἱ παροικοῦντες Ἐλληνιστὶ λαλοῦσι, et συνέτυχον δὲ ἀνδάσι τῶν ἐκεῖ Ἐλληνιστὶ λαλοῦσιν. Selon lui les habitants de cette île descendaient des colons envoyés par les rois Ptolémées; ce qui n'est pas dépourvu de vraisemblance. Πάροικοι τῶν Πτολεμαίων τῶν μετὰ Ἀλέξανδρον τὸν Μακεδόνα ὑπαρχόντων.--S.-M.]

A son retour, ce zélé missionnaire de l'arianisme fut comblé d'honneurs par Constance; il porta toute sa vie le titre d'évêque, sans être attaché à aucun siége. Son parti l'admirait comme un conquérant évangéliste: on prétendait même qu'il faisait des miracles.

[Note latérale: AN 345.]

[Note latérale: XXXVIII. Inquiétudes des Ariens.]

[Note latérale: Ath. de Synod. t. 2, p. 738.]

[Note latérale: Socr. l. 2, c. 19.]

[Note latérale: Soz. l. 3, c. 10.]

Ces succès étrangers ne satisfaisaient pas l'ambition des Ariens: ils voulaient dominer dans l'empire. Ce n'était de leur part qu'agitations et inquiétudes. Toujours enveloppés de nuages, hérissés d'équivoques, ils changeaient perpétuellement de langage. Feignant d'appuyer d'une main la foi de l'église, en se déclarant contre Arius, ils travaillaient de l'autre à la détruire en rejetant la consubstantialité. Pour éclipser le concile de Nicée, ils assemblaient sans cesse des conciles; ils multipliaient les professions de foi pour étouffer la véritable. Ils en dressèrent encore une à Antioche, où ils tinrent un nouveau synode, sous le consulat d'Amantius et d'Albinus. Elle fut appelée la longue formule, parce quelle était beaucoup plus étendue que les autres, sans en être moins obscure ni moins ambiguë: elle était même contradictoire; la foi et l'hérésie, tout s'y trouvait, excepté le terme de _consubstantiel_. Plusieurs d'entre eux furent chargés de la porter aux évêques d'Occident, pour obtenir leur souscription.

[Note latérale: XXXIX. Marche de Constance vers la Perse.]

[Note latérale: [Soz. l. 2, c. 9-14.]]

[Note latérale: Cod. Th. lib. 11, t. 7, leg. 5.]

[Note latérale: Aug. de Civ. l. 18, c. 52, t. 7, p. 535.]

[Note latérale: Baron. an. 344.]

[Note latérale: [Themist. or. 4, p. 58.]

[Note latérale: Chron. Alex. vel. Pasch. p. 289.]

[Note latérale: Ducange, Const. chr. p. 91 et 92.]]

Constance n'assista pas à ce synode: il marchait alors vers la Perse, d'où l'on craignait sans cesse une irruption. La haine de Sapor contre les Romains croissait de plus en plus. Tant que la religion chrétienne avait été persécutée dans l'empire, la Perse avait ouvert les bras aux chrétiens qui venaient y chercher un asyle. Mais depuis la conversion de Constantin, Sapor les regardait comme autant d'espions et de traîtres: il les accusait de favoriser les Romains, avec lesquels ils s'accordaient dans le culte. Sous ce prétexte il les livrait aux plus affreux supplices. Les tables ecclésiastiques donnaient les noms de seize mille martyrs, tant hommes que femmes[146]. Le reste était innombrable. Ces cruels traitements contribuaient à fortifier les soupçons de Sapor: un grand nombre de fidèles se réfugiaient dans les villes romaines, et par une sorte de reflux la persécution les ramenait dans les mêmes contrées, d'où la persécution les avait chassés. Constance s'avança jusqu'à Nisibe[147], où se rendait sans doute une partie de ces pieux fugitifs. Mais on ne voit pas que les Perses aient cette année passé le Tigre, et l'empereur revint à Antioche sans avoir tiré l'épée. On avait commencé le 17 d'avril à construire à Constantinople des thermes magnifiques, qui portèrent le nom de Constance. Il y fit transporter d'Antioche les statues de Persée et d'Andromède.

[Note 146: Voyez les additions au livre V, § 22.--S.-M.]

[Note 147: Il était dans cette ville le 12 mai 345.--S.-M.]

[Note latérale: AN 346.]

[Note latérale: XL. Port de Séleucie.]

[Note latérale: Jul. or. 1, p. 40 et 41. ed. Spanh.]

[Note latérale: Liban. or. 11. p. 386, t. 2, ed. Morel.]

[Note latérale: Hier. chron.]

[Note latérale: Theoph. p. 31.]

[Note latérale: Cedr. t. 1, p. 299.]

[Note latérale: Till. art. 10.]

Un ouvrage bien plus important s'exécutait près d'Antioche. La côte voisine de cette ville était d'un accès difficile. Des roches cachées sous les eaux et d'autres qui bordaient le rivage en défendaient l'approche. Tout le commerce se faisait au port de Séleucie, situé à quarante stades de l'embouchure de l'Oronte. Constance fit ouvrir ce port, et lui donna une face toute nouvelle pour le rendre plus spacieux et plus commode. Cette entreprise coûta beaucoup de travail et de dépense. Il fallut couper une montagne et creuser un bassin dans le roc. Séleucie fut augmentée de nouveaux édifices, et Antioche ornée de portiques et de fontaines. En reconnaissance, cette dernière ville voulut prendre le nom de Constance; mais son ancien nom, célèbre depuis plusieurs siècles, ne céda pas à ce goût de flatterie, qui eut plus de succès à l'égard d'une ville moins illustre: c'était Antaradus, en Phénicie; Constance la fit rebâtir; elle porta dans la suite indifféremment son premier nom, et celui de son restaurateur.

[Note latérale: XLI. Sédition à C. P.]

[Note latérale: Lib. vit. t. 2, p. 17 et 18, ed. Morel.]

[Note latérale: Hier. chron.]

[Note latérale: Cod. Th. lib. 11 tit. 16. leg. 6.]

[Note latérale: Theoph. p. 31.]

[Note latérale: Till. art. 10.]

Les deux empereurs étaient consuls cette année, Constance pour la quatrième fois, et Constant pour la troisième. Il est remarquable qu'ils ne prirent point le consulat au commencement de l'année: l'histoire n'en donne point la raison. Le premier monument où ils soient nommés consuls, est une loi du 7 de mai. Constance était alors à Constantinople, et il paraît qu'il y séjourna le reste de cette année[148], et jusqu'au mois de mars de la suivante. Il s'y était apparemment rendu, afin d'arrêter les suites d'une sédition. Le peuple révolté, on ne sait à quelle occasion, avait blessé un magistrat considérable nommé Alexandre, qui fut obligé de se sauver à Héraclée. Les séditieux se saisirent de ceux qui leur étaient suspects; et se flattant d'être toujours les maîtres, ils les mirent en prison en attendant qu'on instruisît leur procès. Bientôt ils se calmèrent, peut-être avec aussi peu de raison qu'ils s'étaient soulevés. Le magistrat offensé rentra dans la ville, et se mit en devoir de punir les mutins. Mais il survint dès la nuit suivante un ordre de l'empereur, qui destituait Alexandre, et qui mettait en sa place Liménius, que Libanius dépeint comme un homme sans mérite, et d'une vanité ridicule. Cependant Sapor, rentré en Mésopotamie, assiégeait Nisibe pour la seconde fois. Toutes les forces de la Perse échouèrent encore devant cette ville; quoiqu'elle ne fût défendue que par sa garnison; et Sapor fut obligé d'en lever le siége au bout de soixante-dix-huit jours.

[Note 148: Il existe des lois de Constance datées de cette ville des 26 mai et 23 août de la même année.--S.-M.]

[Note latérale: XLII. Concile de Milan.]

[Note latérale: Ath. Apol. ad Const. t. I, p. 297.]

[Note latérale: Socr. l. 1, c. 19 et 20.]

[Note latérale: Soz. l. 3, c. 11.]

[Note latérale: [Theoph. p. 34.]]

[Note latérale: Phot. vit. Ath. cod. 257.]

[Note latérale: Pagi, in Baron.]

Dans le même temps que Constance était venu à Constantinople, Constant avait passé en Italie. Il était à Milan au mois de juin. Il y manda Athanase et plusieurs évêques d'Occident qui s'assemblèrent en synode. Les députés orientaux leur ayant présenté cette longue formule dont j'ai parlé, leur demandèrent d'y souscrire. Les évêques répondirent qu'ils s'en tenaient à la profession de Nicée, et qu'ils rejetaient toutes les autres, comme des productions d'une curiosité dangereuse: ils proposèrent à leur tour de condamner la doctrine d'Arius. Cette proposition irrita les députés; ils partirent brusquement; et les évêques prirent cette occasion pour conjurer l'empereur de renouveler ses instances auprès de son frère, et d'obtenir de lui qu'il voulût bien concourir à terminer par un concile œcuménique les contestations qui déchiraient le sein de l'église. Constant avait plusieurs fois écrit à son frère des lettres pressantes en faveur d'Athanase et des autres évêques bannis: mais Constance toujours obsédé par les Ariens était sourd à de si justes remontrances. Constant, à la sollicitation du synode, lui proposa un concile général, où se rassembleraient les prélats des deux partis. Constance y consentit. Les empereurs choisirent la ville de Sardique, comme la plus commode pour les évêques d'Orient et d'Occident, parce qu'elle était sur la frontière des deux empires. Constant ayant fait un voyage dans ses états d'Illyrie et de Macédoine, et s'étant avancé jusqu'à Thessalonique[149], retourna en Gaule et fit venir à Trèves Athanase, qui partit peu après avec le célèbre Osius, pour se rendre à Sardique.

[Note 149: Constant était à Césène le 23 mai, à Milan le 21 juin, et à Thessalonique le 6 décembre.--S.-M.]

[Note latérale: XLIII. Concile de Sardique.]

[Note latérale: Ath. Apol. contr. Arian. t. I, p. 154 et 155; et epist. ad monach. p. 352 et ad Antioch. p. 770-777.]

[Note latérale: Conc. t. 3, p. 623-712.]

[Note latérale: Socr. l. 2, p. 20 et 22.]

[Note latérale: Theod. l. 2, c. 7 et 8.]

[Note latérale: Soz. l. 3, c. 11.]

[Note latérale: Theoph. p. 39.]

[Note latérale: Phot. Vit. Ath. cod. 257.]

[Note latérale: Baron. an. 347.]

[Note latérale: Hermant, vit. d'Ath. l. 6, c. 4, 5, 6, 7 et 8.]

[Note latérale: Vit. Ath. in edit. Bened. t. I, p. 40, 41 et 42 et seq.]

[Note latérale: Till. Arian. art. 38, 39. et vie de Jules, art. 9.]

[Note latérale: Fleury, Hist. eccles. l. 12.]

Le concile s'assembla au commencement de l'année suivante, sous le consulat de Rufin et d'Eusèbe. Jamais depuis le concile de Nicée l'église n'avait vu un si grand nombre de prélats réunis. Cent évêques d'Occident et soixante-treize d'Orient[150], allaient combattre comme en bataille rangée, les uns pour la foi de Nicée, les autres pour la doctrine d'Arius, dont la plupart cependant n'osaient se déclarer les partisans. Ce fut en cette rencontre qu'on vit naître entre l'église d'Orient et celle d'Occident ces premières étincelles de division qui ayant paru s'éteindre ensuite, mais n'étant qu'assoupies, ont sous d'autres prétextes éclaté plusieurs siècles après par un embrasement funeste, dont les suites durent encore de nos jours. Entre les occidentaux on compte cinq transfuges qui se joignirent aux Ariens: les deux plus renommés sont Ursacius de Singidunum, et Valens de Mursa. Deux prélats se détachèrent aussi du parti des orientaux, et vinrent instruire leurs adversaires des complots tramés contre eux. Il y en avait d'autres encore qui étaient orthodoxes dans le cœur; mais la crainte de Constance et la violence de leurs collègues les tenaient comme enchaînés. Le pape Jules, qui avait été invité, s'excusa sur les maux que son absence pourrait causer à son troupeau; il envoya deux légats prêtres et un diacre. Plusieurs prélats qui s'étaient vingt-deux ans auparavant signalés à Nicée, donnaient à cette illustre assemblée un nouvel éclat, et y apportaient le même courage. Osius âgé de plus de quatre-vingt-dix ans était le plus célèbre; il fut l'oracle de ce concile: c'était lui qui proposait et qui demandait les avis; et son nom se lit en tête de toutes les signatures. Outre Athanase, Marcel et Asclépas, on y vit paraître Lucius d'Andrinople, présentant au concile les fers dont il avait été chargé par les Ariens; et plusieurs autres évêques décharnés par la faim, et meurtris de coups, portaient les marques d'une persécution barbare. Du côté des Ariens c'étaient les plus hardis qui venaient avec confiance s'offrir au choc; et pour assurer leur victoire, ils s'étaient fait accompagner du comte Musonianus et du chambellan Hésychius. Théognis était mort depuis peu; mais fidèle à son parti et livré au mensonge jusqu'au dernier soupir, il avait en mourant supposé des lettres dans la vue d'irriter l'empereur contre Athanase. Valens était encore tout échauffé d'une sédition qu'il venait d'exciter à Aquilée, dont il avait voulu usurper le siége, et il avait vu fouler aux pieds un évêque nommé Viator, qui en était mort trois jours après. Théodore d'Héraclée, Étienne nouvel évêque d'Antioche, Ursacius de Singidunum ne montraient pas moins d'ardeur. Cependant se sentant encore trop faibles contre la vérité et la justice, ils convinrent ensemble de ne pas entrer au concile, si les choses ne paraissaient pas disposées à leur avantage.

[Note 150: Il y a quelque dissentiment entre les auteurs, sur le nombre des évêques qui assistèrent à ce concile.--S.-M.]

[Note latérale: XLIV. Les Ariens se séparent.]

En effet, lorsqu'à leur arrivée, ils virent qu'on allait procéder régulièrement, que les officiers militaires ne seraient pas admis à l'assemblée, qu'Athanase et les autres bannis y seraient reçus, qu'on était disposé à écouter leurs défenses, et qu'ils allaient eux-mêmes être convaincus de tant d'horribles violences, ils s'enfermèrent dans le palais; et ayant tenu conseil entre eux, ils prirent le parti de se retirer: ils envoyèrent signifier au concile leur refus d'y assister, sous pretexte que, les accusés étant déja frappés d'anathème, on ne pouvait sans crime communiquer avec eux. Ils s'autorisaient encore d'une prétendue lettre de l'empereur, qui les rappelait, disaient-ils, pour célébrer une victoire qu'il venait de remporter sur les Perses[151]. Des raisons si frivoles n'excitèrent que l'indignation. Osius employa tous ses efforts pour vaincre ces esprits opiniâtres; il s'avança, de l'aveu du concile, jusqu'à leur proposer de comparaître devant lui seul: que s'ils réussissaient à convaincre Athanase, celui-ci serait déposé; si au contraire ils étaient confondus et qu'ils persistassent cependant à le rejeter, il renoncerait à l'évêché d'Alexandrie et se retirerait en Espagne avec Osius. Athanase acceptait ces conditions quelque injustes qu'elles fussent; mais les Ariens refusaient tout. Enfin s'embarrassant peu d'être condamnés par le concile, parce qu'ils étaient bien assurés que l'empereur ne permettrait pas l'exécution de la sentence, ils se retirèrent sur les confins de la Thrace, à Philippopolis, ville qui appartenait à Constance, et qui n'était séparée du territoire de Sardique, que par le pas de Sucques.

[Note 151: Constance à cette époque était effectivement en Orient, sans doute à cause de la guerre qu'il soutenait contre les Perses. Parti d'Ancyre en Galatie, où il se trouvait le 8 mars 347, il était à Hiérapolis le 11 mai suivant; il ne quitta point l'Orient jusqu'en l'an 348.--S.-M.]

[Note latérale: XLV. Jugement du concile.]

Le concile, ayant perdu toute espérance de les ramener, forma sa décision. Il ne dressa point de nouvelle profession de foi, déclarant qu'il s'en tenait à celle de Nicée. On remit à l'examen le jugement de Jules en faveur d'Athanase. On fit la révision de toutes les pièces du procès à charge et à décharge: on entendit les accusés. La sentence de Jules fut confirmée: Athanase et les autres furent de nouveau absous: on ordonna qu'ils rentreraient en possession de leurs siéges; on cassa les ordinations de Grégoire; et loin de le reconnaître pour évêque, on déclara qu'il ne méritait même pas le nom de chrétien. On prononça la déposition des principaux chefs de la faction arienne. Le concile écrivit quatre lettres synodales: l'une aux empereurs pour les prier de rétablir dans leur premier état les catholiques persécutés, et de réprimer les attentats des magistrats séculiers; il demandait que la foi fût libre, et qu'on n'employât plus les chaînes, les bourreaux, et les tortures pour gêner les consciences. Une autre lettre était adressée à tous les évêques; on les informait de ce qui s'était passé à Sardique, et on les priait d'y souscrire: la lettre écrite à Jules contenait en peu de mots le même récit, et reconnaissait le pape pour chef de l'église. Enfin dans celle qu'on écrivit à l'église d'Alexandrie, on faisait part aux fidèles de la pleine justification d'Athanase; on les exhortait à demeurer constamment attachés à sa communion, et on leur prouvait la nullité de l'ordination de Grégoire. On fit plusieurs canons de discipline, dont quelques-uns sont des titres respectables de la primauté du saint-siége. Ce concile était général dans sa convocation: mais la séparation des orientaux lui ôte la qualité de concile œcuménique.

[Note latérale: XLVI. Faux concile de Sardique.]

Les évêques retirés à Philippopolis donnèrent à leur assemblée le nom de concile de Sardique, pour en imposer par cette supercherie. L'église d'Afrique n'était pas encore détrompée du temps de saint Augustin, qui, ne connaissant pas le vrai concile de Sardique, ne regardait l'assemblée qui portait le nom de cette ville que comme un conciliabule d'Ariens. Ils dressèrent une profession de foi, captieuse selon leur coutume. Ils envoyèrent leur lettre synodale aux évêques de leur parti. Tous ceux qui avaient été absous par les occidentaux, y sont condamnés; toutes les anciennes calomnies contre Athanase y sont renouvelées; ils excommunient Osius, les principaux évêques catholiques et même le pape Jules. Cette lettre fut aussi adressée aux Donatistes d'Afrique; mais ceux-ci n'adhérèrent point aux erreurs des Ariens, et restèrent attachés à la foi de la consubstantialité. Le concile de Sardique sépara pour quelque-temps l'Orient de l'Occident. Le pas de Sucques fut la borne des deux communions, comme celle des deux empires. Il restait cependant en Orient des orthodoxes; mais ceux-ci, quoique fermes dans la foi de Nicée, évitaient les disputes et communiquaient même avec les Ariens, qui se divisèrent bientôt en plusieurs branches. Les uns prétendaient que le fils de Dieu était d'une substance absolument différente de celle de son père; c'étaient les purs Ariens; on les appela Anoméens; les autres reconnaissaient que le fils était en tout semblable au père, mais ils ne voulaient point qu'on parlât de substance; d'autres admettaient dans le fils une substance semblable, mais non pas la même; ils ne rejetaient que la consubstantialité; ils sont nommés Semi-Ariens; le plus grand nombre voltigeaient sans cesse d'un parti à l'autre, et réglaient leur profession de foi sur les circonstances.

[Note latérale: XLVII. Concile de Milan.]

C'était la coutume de notifier dans des synodes particuliers les décrets des conciles généraux. L'équivoque du prétendu concile de Sardique rendait dans l'occasion présente cet usage plus indispensable. Constant résidait alors à Milan. Il s'y assembla un concile nombreux, composé des évêques d'Illyrie et d'Italie. Le pape Jules y envoya des légats. On y accepta les décrets du vrai concile de Sardique. Ursacius et Valens retournés à leurs églises, se voyant environnés de prélats orthodoxes, et craignant les suites de l'anathème, dont un prince catholique ne les sauverait pas, vinrent se présenter aux évêques; et plus attachés à leur dignité qu'à leur sentiment, ils abjurèrent l'arianisme par un acte signé de leur main. On leur pardonna, et on les admit à la communion. Deux évêques furent envoyés à Constance pour demander l'exécution du jugement rendu à Sardique, et le rétablissement des prélats bannis. Constant les fit accompagner d'un officier de ses armées, nommé Salianus, recommandable par sa piété et par son amour pour la justice. Il le chargea d'une lettre par laquelle il faisait les mêmes demandes; il menaçait son frère d'employer, s'il en était besoin, la force des armes, pour soutenir une cause si juste.

[Note latérale: XLVIII. Députés envoyés à Constance.]

[Note latérale: Cod. Th. lib. 11, tit. 30, leg. 8.]

[Note latérale: Themist. or. 2, p. 1.]

[Note latérale: Idat. chron.]

[Note latérale: Till. art. 11.]

[Note latérale: AN 348.]

Constance était à Antioche. Il avait quitté Constantinople dès les premiers mois de cette année. En passant par Ancyre[152] il y entendit son panégyrique prononcé par le fameux sophiste Thémistius, qui, après avoir selon l'usage protesté de la vérité de ses éloges, débita beaucoup de mensonges à la louange de l'empereur. Les députés du concile de Sardique s'étaient rendus à Antioche avant Pâques; et ceux du concile de Milan dûrent y arriver avec Salianus au commencement de l'année suivante. Quelques auteurs prétendent que Salia alors consul avec Philippe, est le même que ce Salianus[153]. Mais la dignité consulaire ne paraît guère s'accorder avec cette députation. Philippe, l'autre consul, était d'une famille très-obscure. Un génie souple et intrigant l'avait élevé jusqu'à la charge de préfet d'Orient, qu'il posséda pendant plusieurs années. Il était vendu aux Ariens, et nous le verrons bientôt signaler son zèle en leur faveur par des crimes dont il fut mal récompensé. Constance, naturellement timide, ne reçut pas sans inquiétude les lettres menaçantes de son frère. Mais les Perses lui donnaient alors de plus vives alarmes.

[Note 152: Constance était dans cette ville le 8 mars 347.--S.-M.]

[Note 153: Cette opinion est celle de Henri Valois dans une note sur Théodoret, l. 2, c. 8.--S.-M.]

[Note latérale: XLIX. Guerre de Perse.]

[Note latérale: Liban. Basil, t. 2, p. 123 et 128-133.]

[Note latérale: Amm. l. 18, c. 9.]

Après le siége de Nisibe, ils étaient convenus d'une trève avec les Romains. Cependant Sapor, dont l'humeur guerrière n'était gênée par aucun scrupule, employait ce temps à faire de nouveaux efforts. Il enrôle tout ce qu'il a de sujets propres à porter les armes; les plus jeunes, pour peu qu'ils paraissent vigoureux, n'en sont pas dispensés. Les villes restent presque désertes. Il n'épargne pas même les femmes, qu'il oblige de suivre l'armée, et de porter le bagage. Il épuise de soldats les nations voisines, qu'il engage par prières, par argent, par force. Tout l'Orient s'ébranle et marche vers le Tigre. Constance de son côté rassemble les forces romaines, se met à leur tête et s'avance pour arrêter ce torrent. Il campe à six lieues[154] du fleuve, et porte des corps de troupes jusque sur les rives. Bientôt la poussière qui s'élève au-delà annonce l'approche des Perses; on entend le bruit des armes et le hennissement des chevaux. Constance, averti par ses coureurs, va lui-même reconnaître l'ennemi; il ordonne aux postes avancés de se replier, et de laisser le passage libre: _N'empêchez pas même les Perses_, leur dit-il, _de prendre un terrain avantageux et de s'y retrancher: tout ce que je souhaite, c'est de les attirer au combat; et tout ce que je crains, c'est qu'ils ne prennent la fuite avant que d'en venir aux mains_. Les Perses profitent de cette confiance; ils jettent trois ponts; ils mettent plusieurs jours et plusieurs nuits à passer le fleuve sans aucune inquiétude; et se retranchent près de Singara[155]. Dans cette ville se trouvait alors un officier de la garde nommé Elien; il n'avait avec lui qu'une troupe de nouvelles milices. Mais il sut leur inspirer tant de courage, qu'étant sortis pendant la nuit ils osèrent sous sa conduite pénétrer jusque dans le camp des Perses; ils les surprirent endormis sous leurs tentes, en égorgèrent un grand nombre, et se retirèrent sans perte avant que d'être reconnus. Cette action rendit ces soldats célèbres; on en composa deux cohortes sous les noms de _Superventores_ et de _Prœventores_, qui rappelaient leur hardiesse. Elien fut honoré du titre de comte.

[Note 154: A 150 stades selon Libanius, or. 3, t. 2, p. 131. ed. Morel.--S.-M.]

[Note 155: Ville au milieu de la Mésopotamie sur les bords du _Chaboras_, actuellement le _Khabour_. On la nomme à présent _Sindjar_.--S.-M.]

[Note latérale: L. Bataille de Singara.]

[Note latérale: Liban. Basil. t. 2, p. 130-134.]

[Note latérale: Jul. or. 1, p. 23 et 24. ed. Spanch.]

[Note latérale: Eutr. l. 10.]

[Note latérale: Rufus.]

[Note latérale: Hier. Chron.]

[Note latérale: Amm. l. 25, c. 9.]

[Note latérale: Oros. l. 7, c. 29.]

[Note latérale: [Socr. l. 2, c. 25.]]

Les deux armées se rangèrent en bataille: celle des Perses paraissait innombrable. Elle était composée de soldats de toute espèce; archers à pied et à cheval, frondeurs, fantassins et cavaliers armés de toutes pièces. Les rives, la plaine, la pente des montagnes n'offraient aux yeux qu'une forêt de lances et de javelots. Les gens de trait couvraient les coteaux et bordaient le retranchement: au-devant était rangée la cavalerie; l'infanterie formait l'avant-garde; elle se mit en marche et fit halte hors de la portée du trait; les deux armées restèrent long-temps en présence. On était déja à l'heure de midi, dans les plus grandes chaleurs du mois d'août; et les Romains, sous les armes dès le point du jour, n'étaient pas accoutumés comme les Perses au soleil brûlant de ces climats. Enfin Sapor, s'étant fait élever sur un bouclier pour considérer l'armée ennemie, fut frappé du bel ordre de leur bataille; elle lui parut invincible. C'était un reste de cette ancienne tactique, qui jointe à la sévérité de la discipline avait rendu les Romains maîtres du monde. Sapor savait assez la guerre pour admirer leur ordonnance; mais non pas pour la rompre de vive force, ni pour la rendre inutile par la disposition de ses troupes. Soit crainte, soit stratagème, il fait sonner la retraite, et fuyant lui-même à toute bride avec un gros de cavalerie, il repasse le Tigre et laisse la conduite de l'armée à son fils Narsès, et au plus habile de ses généraux. Les Perses prennent la fuite vers leur camp, pour attirer l'ennemi à la portée des traits prêts à partir de dessus la muraille et les coteaux. Les Romains, au désespoir de les voir échapper, demandent à grands cris le signal du combat. En vain Constance veut les arrêter; ils n'estimaient ni sa capacité ni sa valeur; et malgré ses ordres, ils courent de toutes leurs forces, et arrivent au camp sur le soir, lorsque les Perses y rentraient en désordre. Constance voyant les siens fatigués d'une course de quatre lieues, épuisés par la chaleur et par la soif, fait de nouveaux efforts pour les retenir. La nuit approchait; les archers sur les éminences d'alentour, les cavaliers au pied de la muraille faisaient bonne contenance. Rien n'arrête la fougue du soldat romain; il fond sur cette cavalerie, renverse hommes et chevaux, les assomme à coups de masses d'armes. En un moment le fossé est comblé, les palissades sont arrachées. Ils s'attachent ensuite à la muraille; elle s'écroule jusqu'aux fondements. Les uns pillent les tentes et massacrent tous ceux qui ne peuvent fuir; Narsès est fait prisonnier: les autres courent vers les hauteurs; mais à découvert de toutes parts, ils sont accablés d'une grêle de traits; l'obscurité fait égarer leurs coups; leurs épées déja rompues dans les corps des ennemis refusent de les servir: après avoir perdu leurs meilleurs soldats ils se rejettent dans le camp; là se croyant victorieux, ils allument des feux; et accablés de fatigue, brûlants de soif, ils cherchent de l'eau et ne songent qu'à se désaltérer. Les vaincus, profitant du désordre et favorisés des ténèbres de la nuit, fondent sur eux; ils les percent de traits à la lueur de leurs feux, et les chassent de leur camp. Dans cette affreuse confusion, quelques soldats furieux se jettent sur Narsès; il est fouetté, percé d'aiguillons, et coupé en pièces. Constance, fuyant avec quelques cavaliers, arriva à une méchante bourgade nommée Hibite ou Thébite, à six lieues de Nisibe, où mourant de faim il fut trop heureux de se rassasier d'un morceau de pain qu'il reçut d'une pauvre femme. Le lendemain les Perses, ne sentant que leur perte, repassent le fleuve et rompent les ponts. Sapor, saisi de douleur et de rage, quitta les bords du Tigre, s'arrachant les cheveux, se frappant la tête et pleurant amèrement son fils. Dans l'excès de son désespoir, il fit trancher la tête à plusieurs seigneurs qui lui avaient conseillé la guerre. Telle fut la bataille de Singara, où les rives du Tigre furent tour à tour abreuvées du sang des Perses et des Romains, et où la mauvaise discipline fit perdre aux vainqueurs tout l'avantage que leur avait procuré une bravoure téméraire.

[Note latérale: LI. Nouveaux troubles des Donatistes apaisés en Afrique.]

[Note latérale: Optat. l. 3. de schis. Donat. c. 3-9.]

[Note latérale: [Athan. apol. ad Const. t. I, p. 297.]]

[Note latérale: Baronius.]

[Note latérale: Till. Hist. des Donat. art. 46 et suiv.]

En Occident, les Francs étaient tranquilles; et Constant profitait du calme de ses états, pour travailler à rendre la paix à l'église. Étant allé de Milan[156] à Aquilée, il y manda Athanase, et l'engagea ensuite à passer à Trèves. Gratus évêque de Carthage, en allant au concile de Sardique, avait représenté à l'empereur les violences que les Circoncellions ne cessaient de commettre en Afrique. Le prince y envoya deux personnages considérables, nommés Paul et Macarius. Ils étaient chargés de distribuer des aumônes, et de donner leurs soins à ramener les esprits. Donat, faux évêque de Carthage, les rebuta avec insolence, et défendit à ceux de sa communion de recevoir leurs aumônes. Un autre Donat, évêque de Bagaï en Numidie, assembla les Circoncellions; les envoyés de l'empereur, pour se mettre à couvert de leurs insultes, furent obligés de se faire escorter par des soldats que leur donna le comte Silvestre. Quelques-uns de ces soldats ayant été maltraités, leurs camarades malgré les commandants en tirèrent vengeance: ils tuèrent plusieurs Donatistes, entre autres Donat de Bagaï. On employa contre ces sectaires des rigueurs qui furent blâmées des évêques catholiques. Cette conduite trop dure de Paul et de Macarius donna occasion à la secte de les rendre odieux comme persécuteurs, et d'honorer comme martyrs ceux qui perdirent la vie. Mais les commissaires n'excédèrent pas les bornes d'une sévérité légitime en chassant de Carthage le faux évêque Donat, et en traitant de même plusieurs autres évêques obstinés. Une grande partie du peuple rentra dans la communion catholique. Gratus cimenta cette heureuse union par un concile tenu à Carthage; et la tranquillité rétablie dans l'église d'Afrique subsista jusqu'à la mort de Constance.

[Note 156: Il était en cette ville le 17 juin 348.--S.-M.]

[Note latérale: LII. Violences des Ariens.]

[Note latérale: Ath. ad monach. t. I, p. 354.]

Il était temps que les menaces de Constant arrêtassent en Orient la persécution qui avait redoublé de violence après le concile de Sardique. Les Ariens de Philippopolis, irrités contre les habitants d'Andrinople qui rejetaient leur communion, s'en étaient plaints à Constance; et par les ordres de ce prince le comte Philagrius avait fait trancher la tête à dix laïcs des plus considérables de la ville. L'évêque Lucius fut de nouveau chargé de chaînes, et envoyé en exil, où il mourut. Des diacres, des prêtres, des évêques avaient été les uns proscrits, les autres rélégués dans les montagnes de l'Arménie, ou dans les déserts de la Libye. On gardait les portes des villes, pour en interdire l'entrée aux prélats rétablis par le vrai concile. On envoya de la part de l'empereur aux magistrats d'Alexandrie un ordre de faire mourir Athanase, s'il osait se présenter pour rentrer en possession de son siége. On redoublait les fouets, les chaînes, les tortures. Les catholiques fuyaient au désert; quelques-uns feignaient d'apostasier. Ce fut au milieu de ce désordre, que les lettres de Constant vinrent suspendre les coups que son frère portait à l'église.

[Note latérale: LIII. Lettre de Constance à S. Athanase.]

[Note latérale: Socr. l. 2, c. 23.]

[Note latérale: Soz. l. 3, c. 20.]

[Note latérale: Philost. l. 3, c. 12.]

Constance ne se rendit pas d'abord. Son incertitude lui attira une seconde lettre plus forte que la précédente. Il connaissait le caractère vif et bouillant de son frère; il ne doutait pas que ces menaces réitérées ne fussent bientôt suivies de l'exécution. Dans cet embarras, il assemble plusieurs évêques du parti, et leur demande conseil. Ils sont d'avis de céder, plutôt que de courir les risques d'une guerre civile. L'empereur feint de s'adoucir. Il permet à Paul de retourner à Constantinople. Il invite par lettre Athanase à le venir trouver, lui promettant non-seulement une sûreté entière et le rétablissement dans son église, mais encore les effets les plus réels de sa bienveillance. Il lui témoigne beaucoup de compassion sur ses malheurs, et lui fait des reproches de ce qu'il n'a pas préféré de recourir à lui pour obtenir justice. Cette feinte douceur n'était capable que d'inspirer de nouveaux soupçons. Aussi Athanase ne se pressa pas d'y répondre. Dans ces circonstances on découvrit un horrible complot qui déshonora les Ariens, et qui fit pour quelques moments ouvrir les yeux à leur aveugle protecteur.

[Note latérale: LIV. Insigne fourberie d'Étienne, évêque d'Antioche.]

[Note latérale: Ath. ad monach. t. I, p. 355 et 356.]

[Note latérale: Theod. l. 2, c. 9-10.]

Les deux évêques envoyés avec Salianus à Constance, étaient Vincent de Capoue et Euphratas de Cologne. Étienne évêque d'Antioche résolut de leur ôter tout crédit auprès de l'empereur, et de les perdre d'honneur à la face de toute la terre. Dans ce dessein il trama l'intrigue la plus noire et la plus honteuse. Il avait à ses ordres un jeune homme de la ville, dont il se servait pour maltraiter les catholiques. C'était un scélérat sans pitié et sans pudeur. On lui avait donné le surnom d'Onagre, mot qui signifie âne sauvage, à cause de sa pétulante férocité. L'évêque lui fait part de son dessein, et n'a pas besoin de l'exciter à le remplir. Onagre va trouver une femme publique; il lui dit qu'il est arrivé deux étrangers qui veulent passer la nuit avec elle. Il convient avec quinze brigands semblables à lui, qu'ils se placeront en embuscade autour de la maison où logeaient les deux évêques. La nuit suivante Onagre conduit la courtisane: un domestique qu'il avait corrompu par argent, tenait la porte ouverte. Cette femme se glisse dans la chambre d'Euphratas: c'était un vieillard vénérable; il s'éveille au bruit; et ayant demandé qui c'était, comme il entend la voix d'une femme, il ne doute pas que ce ne soit une illusion du diable, et se recommande à J.-C. Aussitôt Onagre entre avec des flambeaux à la tête de sa troupe. La courtisane, frappée de la vue d'un homme si respectable, et qu'elle reconnaît pour un évêque, s'écrie qu'elle est trompée: on veut lui imposer silence; elle crie plus fort: tous les valets accourent; Vincent qui couchait dans une chambre voisine vient au secours de son collègue: on ferme les portes; on arrête sept de ces misérables: Onagre s'échappe avec les autres. Dès le point du jour les évêques instruisent Salianus de cet attentat; ils vont ensemble au palais; les prélats requièrent un jugement ecclésiastique: Salianus soutient qu'un fait de cette nature est du ressort des tribunaux séculiers; il demande une information juridique: il offre les domestiques des deux évêques pour être appliqués à la question; et comme tout le soupçon tombait sur Étienne dont Onagre était le ministre ordinaire, il exige qu'Étienne représente aussi les siens. Celui-ci le refuse, sous prétexte que ses domestiques étant clercs ne peuvent être mis à la question. L'empereur est d'avis que l'information se fasse dans l'intérieur du palais. On interroge d'abord la courtisane, qui déclare la vérité: on s'adresse ensuite au plus jeune de ceux qui avaient été arrêtés, il découvre tout le complot: Onagre est amené, et proteste qu'il n'a rien fait que par les ordres d'Étienne: cet indigne prélat est aussitôt déposé par les évêques qui se trouvent à Antioche.

[Note latérale: LV. Constance invite de nouveau Athanase.]

[Note latérale: [Athan. apol. cont. Arian. t. I, p. 170.]]

[Note latérale: Socr. l. 2, c. 23.]

[Note latérale: Theod. l. 2, c. 10, 11.]

[Note latérale: Soz. l. 3, c. 19.]

L'empereur, irrité d'une si affreuse imposture, rappelle d'exil les prêtres et les diacres d'Alexandrie; il défend d'inquiéter ni les clercs ni les laïcs attachés à l'évêque Athanase. La guerre des Perses qui commença alors à l'occuper tout entier, ne lui fit pas perdre de vue le retour du prélat. Dans sa marche même, étant à Edesse, il lui écrivit une seconde lettre[157], dont il chargea un prêtre d'Alexandrie: c'était apparemment un des exilés qui revenait d'Arménie, et qui s'était présenté à l'empereur. Constance pressait de nouveau le saint évêque; il lui permettait de prendre des voitures publiques pour se faire conduire à la cour. Mais il était de retour à Antioche avant qu'Athanase se fût déterminé à le venir trouver.

[Note 157: Selon Socrate (l. 2, c. 23), Athanase était alors à Aquilée.--S.-M.]

[Note latérale: AN 349.]

[Note latérale: LVI. Athanase à Antioche.]

[Note latérale: Idat. Chron.]

[Note latérale: Ath. ad. monach. t. I, p. 356 et 357. et apol. contr. Arian. t. I, p. 171-174.]

[Note latérale: Socr. l. 2, c. 23.]

[Note latérale: Theod. l. 2, c. 12.]

[Note latérale: Soz. l. 3, c. 20 et 21.]

[Note latérale: Phot. vit. Ath. cod. 257.]

Grégoire était mort à Alexandrie, et l'empereur n'avait pas permis aux Ariens de lui nommer un successeur. Enfin l'année suivante, sous le consulat de Liménius et de Catulinus, Athanase, pressé par une troisième lettre de Constance, et par celles de plusieurs comtes, dont la bonne foi lui était moins suspecte, se rend à tant de sollicitations. Il va d'abord à Rome trouver le pape Jules qui, transporté d'une sainte joie, écrit à l'église d'Alexandrie pour la féliciter du retour de son évêque. De là il prend la route d'Antioche, où l'empereur affecta de réparer ses injustices passées par l'accueil le plus honorable. La seule grace qui lui fut refusée, ce fut celle de confondre en face ses calomniateurs qui étaient à la cour. Mais le prince lui promit avec serment de ne les plus écouter en son absence. Constance écrit aux Alexandrins, pour les exhorter à la concorde; il leur recommande l'obéissance à leur évêque; il ordonne aux magistrats de punir les réfractaires; il déclare que l'union avec Athanase sera à ses yeux le caractère du bon parti; il enjoint, par un ordre exprès, aux commandants de la ville et de la province, d'annuler et d'effacer des registres publics tous les actes et toutes les procédures faites contre l'évêque et contre ceux de sa communion, et de rétablir le clergé d'Athanase dans tous ses priviléges. On ne peut concevoir comment Constance a pu sans rougir donner à la doctrine et aux mœurs du saint prélat les éloges dont ces lettres sont remplies. Il entrait dans cette conduite plus de crainte de Constant, que de sincérité et de véritable repentir. Aussi voit-on ici ce prince se démentir lui-même. Il était alors, autant que jamais, le jouet des Ariens, qui l'avaient tant de fois trompé. Ce fut à leurs instances qu'ayant un jour fait appeler Athanase: _Vous voyez_, lui dit-il, _tout ce que je fais pour vous; faites à votre tour quelque chose pour moi; je l'attends de votre reconnaissance: de toutes les églises d'Alexandrie, je vous en demande une pour ceux qui ne sont pas de votre communion. Prince_, lui répond Athanase sans se déconcerter, _vous avez le pouvoir d'exécuter ce que vous désirez; mais accordez-moi aussi une grace. Je vous l'accorde_, lui dit aussitôt Constance. _Il y a ici à Antioche_, répliqua Athanase, _beaucoup d'habitants séparés de la communion de l'évêque; il est de votre justice que tout soit égal: donnez-leur une église, comme vous en demandez une pour ceux d'Alexandrie_. Depuis la déposition d'Étienne, l'église d'Antioche était gouvernée par Léonce, qui n'était pas moins livré à l'arianisme; et les catholiques, appelés Eustathiens, étaient en grand nombre. Constance, frappé de la présence d'esprit d'Athanase, ne put lui répondre sans avoir consulté ses oracles ordinaires. Ceux-ci jugèrent que par cette concession mutuelle leur parti perdrait beaucoup plus à Antioche, qu'il ne gagnerait à Alexandrie, tant que leur doctrine y trouverait un si puissant adversaire; et l'empereur se désista de sa demande.

[Note latérale: LVII. Retour d'Athanase à Alexandrie.]

[Note latérale: Ath. apol. contr. Arian. t. I, p. 175-177. ad monach. p. 357-359.]

[Note latérale: Socr. l. 2, c. 24.]

[Note latérale: Soz. l. 3, c. 20 et seq.]

[Note latérale: Phot. vit. Ath. cod. 257.]

[Note latérale: Pagi, ad Baron.]

Dans le voyage d'Antioche à Alexandrie, Athanase fut partout reçu avec honneur. Les évêques, excepté quelques Ariens, s'empressaient à lui témoigner leur respect. La plupart même de ceux qui l'avaient auparavant condamné ou abandonné, revenaient à sa communion. Les prélats de Palestine s'assemblèrent à Jérusalem; ils écrivirent une lettre aux églises d'Égypte, de Libye, d'Alexandrie, pour les assurer qu'ils partageaient leur joie. A son arrivée ce fut une fête par toute l'Égypte, mais une fête vraiment chrétienne. C'était par l'imitation d'Athanase qu'on solennisait son retour. On versait des aumônes abondantes dans le sein des pauvres; les ennemis se réconciliaient; chaque maison semblait une église; Alexandrie tout entière était devenue un temple consacré aux actions de graces, et à la pratique des vertus. Tous les évêques catholiques envoyaient à Athanase et recevaient de lui des lettres de paix. Ursacius et Valens eux-mêmes lui écrivirent d'Aquilée, et lui demandèrent sa communion. Ils venaient de confirmer à Rome, en présence de Jules et de plusieurs évêques, par une nouvelle protestation signée de leur main, l'anathème qu'ils avaient prononcé à Milan contre la doctrine d'Arius; ils avaient de plus, par ce même acte, déclaré fausses et calomnieuses toutes les accusations formées contre Athanase: c'était confesser leur propre crime. L'Église respirait après un orage de plus de sept années. Les évêques exilés étaient rétablis; les Ariens quittaient en tumulte les siéges usurpés; Macédonius, obligé de céder à Paul, ne conserva dans Constantinople qu'une seule église. Cette paix qui était l'ouvrage de Constant, fut bientôt troublée. Elle ne survécut pas à ce prince, dont la mort fut l'effet d'une révolution soudaine, et la cause des plus violentes agitations.

FIN DU LIVRE SIXIÈME ET DU TOME PREMIER.

TABLE DES MATIÈRES

CONTENUES

DANS LE TOME PREMIER

DE L'HISTOIRE DU BAS-EMPIRE.

INTRODUCTION Page 1.

LIVRE PREMIER.

1. Date de la naissance de Constantin. 2. Sa patrie. 3. Son origine. 4. Qualité de sa mère. 5. Noms de Constantin. 6. Ses premières années. 7. Portrait de ce prince. 8. Sa chasteté. 9. Son savoir. 10. Galérius est jaloux de Constantin. 11. Il cherche à le perdre. 12. Constantin s'échappe des mains de Galérius. 13. Il joint son père. 14. Il lui succède. 15. Proclamation de Constantin. 16. Sépulture de Constance. 17. Projets de Galérius. 18. Ses cruautés, 19; contre les chrétiens, 20; contre les païens mêmes. 21. Rigueur des impositions. 22. Les crimes de ses officiers doivent lui être imputés. 23. Il refuse à Constantin le titre d'Auguste et le donne à Sévère. 24. Maxence élevé à l'empire. 25. Maximien reprend le titre d'Auguste. 26. Maximin ne prend point de part à ces mouvements. 27. Occupations de Constantin. 28. Sa victoire sur les Francs. 29. Il achève de les dompter. 30. Il met à couvert les terres de la Gaule. 31. Sévère trahi. 32. Sa mort. 33. Mariage de Constantin. 34. Galérius vient assiéger Rome. 35. Il est contraint de se retirer. 36. Il ruine tout sur son passage. 37. Maximien revient à Rome, d'où il est chassé. 38. Maxence lui ôte le consulat. 39. Maximien va trouver Constantin et ensuite Galérius. 40. Portrait de Licinius. 41. Dioclétien refuse l'empire. 42. Licinius Auguste. 43. Maximin continue à persécuter les chrétiens. 44. Punition d'Urbanus et de Firmilianus. 45. Maximin prend le titre d'Auguste. 46. Maximien consul. 47. Alexandre est nommé empereur à Carthage. 48. Maximien quitte la pourpre pour la seconde fois. 49. Il la reprend. 50. Constantin marche contre lui. 51. Il s'assure de sa personne. 52. Mort de Maximien. 53. Ambition et vanité de Maximien. 54. Consulats. 55. Constantin fait des offrandes à Apollon. 56. Il embellit la ville de Trèves. 57. Guerre contre les Barbares. 58. Nouvelles exactions de Galérius. 59. Sa maladie. 60. Édit de Galérius en faveur des chrétiens. 61. Mort de Galérius. 62. Différence de sentiments au sujet de Galérius. 63. Consulats de cette année. 64. Partage de Maximin et de Licinius. 65. Débauches de Maximin. 66. Maximin fait cesser la persécution. 67. Délivrance des chrétiens. 68. Artifices contre les chrétiens. 69. Édit de Maximin. 70. La persécution recommence. 71. Passion de Maximin pour les sacrifices. 72. Calomnies contre les chrétiens. 73. Divers martyrs. 74. Famine et peste en Orient. 75. Guerre contre les Arméniens. 76. État du christianisme en Italie. 77. Guerre contre Alexandre. 78. Défaite d'Alexandre. 79. Désolation de l'Afrique. 80. Massacre dans Rome. 81. Avarice de Maxence. 82. Ses rapines. 83. Ses débauches. 84. Mort de Sophronie. 85. Superstition de Maxence. 86. Constantin se prépare à la guerre. 87. Il soulage la ville d'Autun. 88. Il retourne à Trèves. 89. Outrages qu'il reçoit de Maxence. 90. Ils s'appuient tous deux par des alliances. 91. Préparatifs de Maxence. 92. Forces de Constantin. 93. Inquiétudes de ce prince. 94. Réflexions qui le portent au christianisme. 95. Apparition de la croix. 96. Constantin fait faire le labarum. 97. Culte de cette enseigne. 98. Protection divine attachée au labarum. 99. Sur le lieu où parut ce prodige. 100. Discussion sur la vérité de ce miracle. 101. Raisons pour le combattre. 102. Raisons pour l'appuyer. 103. Constantin se fait instruire. 104. Conversion de sa famille. 105. Fable de Zosime réfutée. Page 23.

LIVRE DEUXIÈME.

1. Triomphe de la religion chrétienne. 2. Prise de Suze. 3. Bataille de Turin. 4. Suites de la victoire. 5. Siége de Vérone. 6. Bataille de Vérone. 7. Prise de Vérone. 8. Constantin devant Rome. 9. Maxence se tient enfermé dans Rome. 10. Pont de bateaux. 11. Songe de Constantin. 12. Sentiment de Lactance. 13. Bataille contre Maxence. 14. Fuite de Maxence. 15. Suites de la victoire. 16. Entrée de Constantin dans Rome. 17. Fêtes, réjouissances, honneurs rendus à Constantin. 18. Dispositions de Maximin. 19. Précautions de Constantin. 20. Conduite sage et modérée après la victoire. 21. Lois contre les délateurs. 22. Il répare les maux qu'avait fait Maxence. 23. Libéralités de Constantin. 24. Embellissements et réparations des villes. 25. Établissement des indictions. 26. Raisons de cet établissement. 27. Conduite de Constantin par rapport au christianisme. 28. Progrès du christianisme. 29. Honneurs que Constantin rend à la religion. 30. Églises bâties et ornées. 31. Constantin arrête la persécution de Maximin. 32. Consulats de cette année. 33. Mariage de Licinius. 34. Mort de Dioclétien. 35. Édit de Milan. 36. Guerre contre les Francs. 37. Constantin comble de bienfaits l'église d'Afrique. 38. Exemption des fonctions municipales, accordée aux clercs. 39. Abus occasionés par ces exemptions, et corrigés par Constantin. 40. Lois sur le gouvernement civil. 41. Lois pour la perception des tributs. 42. Lois pour l'administration de la justice. 43. Maximin commence la guerre contre Licinius. 44. Licinius vient à sa rencontre. 45. Bataille entre Licinius et Maximin. 46. Licinius à Nicomédie. 47. Mort de Maximin. 48. Suites de cette mort. 49. Aventures de Valéria, de Prisca et de Candidianus. 50. Valéria fuit Licinius, et est persécutée par Maximin. 51. Supplice de trois dames innocentes. 52. Dioclétien redemande Valéria. 53. Mort de Candidianus, de Prisca et de Valéria. 54. Jeux séculaires. 55. Paix universelle de l'église. 56. Origine du schisme des Donatistes. 57. Conciliabule de Carthage, où Cécilien est condamné. 58. Ordination de Majorinus. 59. Constantin prend connaissance de cette querelle. 60. Concile de Rome. 61. Suites de ce concile. 62. Plaintes des Donatistes. 63. Convocation du concile d'Arles. 64. Concile d'Arles. 65. Les Donatistes appellent du concile à l'empereur. Page 98.

LIVRE TROISIÈME.

1. Consuls de cette année. 2. Première guerre entre Constantin et Licinius. 3. Bataille de Cibales. 4. Suites de cette bataille. 5. Bataille de Mardie. 6. Traité de paix et de partage. 7. Loi en faveur des officiers du palais. 8. Décennales de Constantin. 9. Révolte des Juifs réprimée. 10. Lois en l'honneur de la croix. 11. Constantin en Gaule. 12. Il se détermine à juger de nouveau les Donatistes. 13. Nouveaux troubles en Afrique. 14. Jugement rendu à Milan. 15. Mécontentement des Donatistes. 16. Violences des Donatistes. 17. Silvanus exilé et rappelé. 18. Le schisme dégénère en hérésie. 19. Donatistes à Rome, 20. Circoncellions. 21. Constantin en Illyrie. 22. Nomination des trois Césars. 23. Lactance chargé de l'instruction de Crispus. 24. Naissance de Constance. 25. Éducation du jeune Constantin, consul avec son père. 26. Persécution de Licinius. 27. Victoire de Crispus sur les Francs. 28. Quinquennales des Césars. 29. Consuls. 30. Les Sarmates vaincus. 31. Pardon accordé aux criminels. 32. Lois de Constantin. 33. Loi pour la célébration du dimanche. 35. Loi en faveur du célibat. 35. Loi de tolérance. 36. Loi en faveur des ministres de l'église. 37. Lois qui regardent les mœurs. 38. Lois concernant les officiers du prince et ceux des villes. 39. Lois sur la police générale et sur le gouvernement civil. 40. Lois sur l'administration de la justice. 41. Lois sur la perception des impôts. 42. Lois pour l'ordre militaire. 43. Causes de la guerre entre Constantin et Licinius. 44. Préparatifs de guerre. 45. Piété de Constantin et superstition de Licinius. 46. Approches des deux armées. 47. Harangue de Licinius. 48. Bataille d'Andrinople. 49. Guerre sur mer. 50. Licinius passe à Chalcédoine. 51. Bataille de Chrysopolis. 52. Suites de la bataille. 53. Mort de Licinius. Page 159.

LIVRE QUATRIÈME.

1. Aventures d'Hormisdas. 2. Il se réfugie auprès de Constantin. 3. Récit de Zonare. 4. Constantin seul maître de tout l'empire. 5. Il profite de sa victoire pour étendre le christianisme. 6. Lettre de Constantin aux peuples d'Orient. 7. Il défend les sacrifices. 8. Édit de Constantin pour tout l'Orient. 9. Tolérance de Constantin. 10. Piété de Constantin, 11. Corruption de sa cour. 12. Discours de Constantin. 13. Troubles de l'arianisme. 14. Commencements d'Arius. 15. Son portrait. 16. Progrès de l'arianisme. 17. Premier concile d'Alexandrie contre Arius. 18. Eusèbe de Nicomédie. 19. Eusèbe de Césarée. 20. Mouvements de l'arianisme. 21. Concile en faveur d'Arius. 22. Lettre de Constantin à Alexandre et à Arius. 23. Second concile d'Alexandrie. 24. Généreuse réponse de Constantin. 25. Convocation du concile de Nicée. 26. Occupation de Constantin jusqu'à l'ouverture du concile. 27. Les évêques se rendent à Nicée. 28. Évêques orthodoxes. 29. Évêques ariens. 30. Philosophes païens confondus. 31. Trait de sagesse de Constantin. 32. Conférences préliminaires. 33. Séances du concile. 34. Constantin au concile. 35. Discours de Constantin. 36. Liberté du concile. 37. Consubstantialité du Verbe. 38. Jugement du concile. 39. Question de la Pâque terminée. 40. Réglement au sujet des Mélétiens et des Novatiens. 41. Canons et symbole de Nicée. 42. Lettres du concile et de Constantin. 43. Vicennales de Constantin. 44. Conclusion du concile. 45. Exil d'Eusèbe et de Théognis. 46. Saint Athanase, évêque d'Alexandrie 47. Lois de Constantin. 48. Mort de Crispus. 49. Mort de Fausta. 50. Insultes que Constantin reçoit à Rome. 51. Constantin quitte Rome pour n'y plus revenir. 52. Consuls. 53. Découverte de la croix. 54. Église du saint Sépulcre. 55. Piété d'Hélène. 56. Retour d'Hélène. 57. Sa mort. 58. Guerres contre les Barbares. 59. Destruction des idoles. 60. Temple d'Aphaca. 61. Autres débauches et superstitions abolies. 62. Chêne de Mambré. 63. Églises bâties. 64. Arad et Maïuma deviennent chrétiennes. 65. Conversions des Éthiopiens et des Ibériens. 66. Établissement des monastères. 67. Restes de l'idolâtrie. 68. Date de la fondation de Constantinople. 69. Motifs de Constantin pour bâtir une nouvelle ville. 70. Il veut bâtir à Troie. 71. Situation de Byzance. 72. Abrégé de l'histoire de Byzance jusqu'à Constantin. 73. État du christianisme à Byzance. 74. Nouvelle enceinte de C. P. 75. Bâtiments faits à Constantinople. 76. Places publiques. 77. Palais. 78. Autres ouvrages. 79. Statues. 80. Églises bâties. 81. Égouts de Constantinople. 82. Prompte exécution de ces ouvrages. 83. Maisons bâties à Constantinople. 84. Nom et division de Constantinople. Page 222.

LIVRE CINQUIÈME.

1. Changement dans le gouvernement. 2. Dédicace de C. P. 3. Précautions de Constantin pour la subsistance de C. P. 4. Chrysargyre. 5. Priviléges de C. P. 6. Autres établissements. 7. Nouvel ordre politique. 8. Nouvelle division de l'empire. 9. Quatre préfets du prétoire établis. 10. Des maîtres de la milice. 11. Patrices. 12. Des ducs et des comtes. 13. Multiplication des titres. 14. Luxe de Constantin. 15. Suite de l'histoire de Constantin. 16. Guerre contre les Goths. 17. Sarmates vaincus. 18. Delmatius consul. 19. Peste et famine en Orient. 20. Mort de Sopater. 21. Ambassades envoyées à Constantin. 22. Lettre de Constantin à Sapor. 23. Préparatifs de guerre faits par les Perses. 24. Constantin écrit à saint Antoine. 25. Constant César. 26. Consuls. 27. Les Sarmates chassés par leurs esclaves. 28. Consuls. 29. Tricennales de Constantin. 30. Delmatius César. 31. Partage des états de Constantin. 32. Comète. 33. Consuls. 34. Mariage de Constance. 35. Ambassade des Indiens. 36. Rappel d'Arius. 37. Retour d'Eusèbe et de Théognis. 38. Déposition d'Eustathius. 39. Troubles d'Antioche. 40. Eusèbe de Césarée refuse l'évêché d'Antioche. 41. Athanase refuse de recevoir Arius. 42. Calomnies contre Athanase. 43. Accusation au sujet d'Arsénius. 44. Eusèbe s'empare de l'esprit de l'empereur. 45. Concile de Tyr. 46. Accusateurs confondus. 47. Conclusion du Concile de Tyr. 48. Dédicace de l'église du Saint-Sépulcre. 49. Concile de Jérusalem. 50. Athanase s'adresse à l'empereur. 51. Exil d'Athanase. 52. Concile de C. P. 53. Efforts d'Eusèbe pour faire recevoir Arius par Alexandre. 54. Mort d'Arius. 55. Constantin refuse de rappeler Athanase. 56. Lois contre les hérétiques. 57. Loi sur la juridiction épiscopale. 58. Lois sur les mariages. 59. Autres lois sur l'administration civile. 60. Les Perses rompent la paix. 61. Maladie de Constantin. 62. Son baptême. 63. Vérité de cette histoire. 64. Mort de Constantin. 65. Deuil de sa mort. 66. Ses funérailles. 67. Fidélité des légions. 68. Inhumation de Constantin. 69. Deuil à Rome. 70. Honneurs rendus à sa mémoire par l'église. 71. Caractère de Constantin. 72. Reproches mal fondés de la part des païens. 73. Ses filles. Page 309.

LIVRE SIXIÈME.

1. Caractère des fils de Constantin. 2. Massacre des frères et des neveux de Constantin. 3. Autres Massacres. 4. Crédit de l'eunuque Eusèbe. 5. Suites de la mort de Delmatius et d'Hanniballianus. 6. Nouveau partage. 7. Rétablissement de saint Athanase. 8. Rappel de saint Paul de Constantinople. 9. Constance retourne en Orient. 10. Antiquités de Nisibe. 11. Sapor lève le siége de Nisibe. 12. Préparatifs pour la guerre de Perse. 13. Première expédition de Constance. [14. Révolutions arrivées en Arménie.] 15. Troubles de l'arianisme. 16. Mort d'Eusèbe de Césarée. 17. Consulat d'Acyndinus et de Proculus. 18. Mort du jeune Constantin. 19. Lois des trois princes. 20. Nouvelles calomnies contre saint Athanase. 21. Concile d'Antioche. 22. Grégoire intrus sur le siége d'Alexandrie. 23. Violences à l'arrivée de Grégoire. 24. Précaution pour cacher ces excès à l'empereur. 25. Les catholiques maltraités par toute l'Égypte. 26. Violences exercées ailleurs. 27. Athanase va à Rome. 28. Paul rétabli et chassé de nouveau. 29. Athanase va trouver Constant. 30. Synode de Rome. 31. Amid fortifiée. 32. Terrible tremblement de terre. 33. Courses des Francs. 34. Ils sont réprimés par Constant. 35. Constant dans la Grande-Bretagne. 36. Tremblements de terre. 37. Conversion des Homérites. 38. Inquiétudes des Ariens. 39. Marche de Constance vers la Perse. 40. Port de Séleucie. 41. Sédition à Constantinople. 42. Concile de Milan. 43. Concile de Sardique. 44. Les Ariens se séparent. 45. Jugement du concile. 46. Faux concile de Sardique. 47. Concile de Milan. 48. Députés envoyés à Constance. 49. Guerre des Perses. 50. Bataille de Singara. 51. Nouveaux troubles des Donatistes apaisés en Afrique. 52. Violences des Ariens. 53. Lettres de Constance à saint Athanase. 54. Insigne fourberie d'Étienne, évêque d'Antioche. 55. Constance rappelle de nouveau saint Athanase. 56. Athanase à Antioche. 57. Retour d'Athanase à Alexandrie. Page 392.

FIN DE LA TABLE DU TOME PREMIER.