Histoire de la Littérature Anglaise (Volume 3 de 5)

Part 13

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Elle en diffère néanmoins, et Dryden[169] énumère tout ce qu'un parterre anglais peut blâmer chez nous.--Les Français, dit-il, n'ont point de caractères vraiment comiques: à peine si Corneille en a mis un dans son _Menteur_; tous leurs personnages se ressemblent, ce sont des êtres effacés, sans originalité distinctive. _Le Menteur_, quoique bien traduit et bien joué, a paru plat aux Anglais et fort au-dessous des caractères de Fletcher et de Ben Jonson. Pareillement leurs intrigues sont trop maigres, trop réduites à une action unique et privées de l'accompagnement des petites actions secondaires. D'ailleurs ils parlent au lieu d'agir. «_Cinna_, _Pompée_ ne sont point des tragédies, mais de longs discours sur la raison d'État, et _Polyeucte_, en matière de religion, est aussi solennel qu'un long point d'orgue dans un motet. Quand le cardinal Richelieu réforma le théâtre français, on y introduisit ces harangues pour l'accommoder à la gravité d'un prélat.... Je ne nie pas que cela ne puisse convenir à l'humeur des Français; nous qui sommes plus moroses, nous venons au théâtre pour être divertis; eux qui sont d'un tempérament gai et léger y viennent pour se rendre plus sérieux[170].» Quant aux tumultes et aux combats, qu'en France on rejette derrière la scène, «il y a une sorte d'âpreté farouche dans le caractère de nos compatriotes qui les réclame et fait qu'ils ne peuvent s'en passer.» Aussi bien les Français, à force de s'embarrasser dans ces scrupules[171], et de se confiner dans leurs unités et dans leurs règles, ont ôté l'action de leur théâtre, et se sont réduits à une monotonie et à une sécheresse insupportables. Ils manquent d'invention, de naturel, de variété, d'abondance. «Ils se contentent d'être maigrement réguliers. Leur langue affaiblie s'est trop raffinée, et, comme l'or pur, elle plie à tous les chocs; notre vigoureux anglais n'obéit pas encore à l'art, mais il est plus propre aux pensées viriles, et son alliage l'a fortifié[172].» Qu'on raille tant qu'on voudra Fletcher et Shakspeare, «il y a dans leur style une imagination plus mâle et un plus grand souffle que dans aucun des Français[173].»

Quoique excessive, cette critique est bonne, et c'est parce qu'elle est bonne que je me défie des oeuvres qu'elle va produire. Il est dangereux pour un artiste d'être excellent théoricien; l'esprit qui crée s'accommode mal avec l'esprit qui juge; celui qui, tranquillement assis sur le bord, disserte et compare, n'est guère capable de se lancer droit et audacieusement dans la mer orageuse de l'invention. Ajoutez que Dryden se tient trop dans le juste milieu des tempéraments; les artistes originaux aiment uniquement et injustement une certaine idée et un certain monde; le reste disparaît à leurs yeux; enfermés dans une portion de l'art, ils nient ou raillent l'autre; c'est parce qu'ils sont bornés qu'ils sont forts. On voit d'avance que Dryden, poussé d'un côté par son esprit anglais, sera tiré d'un autre par ses règles françaises, que tour à tour il osera et se contiendra à moitié, qu'en fait de mérite il atteindra la médiocrité, c'est-à-dire la platitude, qu'en matière de défauts il tombera dans les disparates, c'est-à-dire dans les absurdités. Tout art original est réglé par lui-même, et nul art original ne peut être réglé par un autre; il porte en lui-même son contre-poids et ne reçoit pas de contre-poids d'autrui; il forme un tout inviolable: c'est un être animé qui vit de son propre sang, et qui languit ou meurt, si on lui ôte une partie de son sang pour le remplacer par du sang étranger. L'imagination de Shakspeare ne peut être guidée par la raison de Racine, et la raison de Racine ne peut être exaltée par l'imagination de Shakspeare; chacune est bien en soi et exclut sa rivale: c'est faire un bâtard, un malade et un monstre, que de les mêler. Le désordre, l'action violente et brusque, les crudités, l'horreur, la profondeur, la vérité, l'imitation exacte du réel et l'élan effréné des passions folles, tous les traits de Shakspeare se conviennent. L'ordre, la mesure, l'éloquence, la finesse aristocratique, la politesse mondaine, la peinture exquise de la délicatesse et de la vertu, tous les traits de Racine se conviennent. C'est détruire l'un que de l'atténuer, c'est détruire l'autre que de l'enflammer. Tout leur être et toute leur beauté consistent dans l'accord de leurs parties: renverser cet accord, c'est abolir leur être et leur beauté. Pour produire, il faut inventer une conception personnelle et conséquente; il ne faut pas mêler deux conceptions étrangères et opposées: Dryden n'a pas fait ce qu'il fallait, et a fait ce qu'il ne fallait pas.

Il avait d'ailleurs le pire des publics, débauché et frivole, dépourvu d'un goût personnel, égaré à travers les souvenirs confus de la littérature nationale et les imitations déformées des littératures étrangères ne demandant au théâtre que la volupté des sens ou l'amusement de la curiosité. Au fond, le drame, comme toute oeuvre d'art, ne fait que rendre sensible une idée profonde de l'homme et de la vie; il y a une philosophie cachée sous ses enroulements et sous ses violences, et le public doit être capable de la comprendre comme le poëte de la trouver. Il faut que l'auditeur ait réfléchi ou senti avec énergie ou délicatesse pour entendre des pensées énergiques ou délicates, et jamais _Hamlet_ ou _Iphigénie_ ne toucheront un viveur vulgaire ou un coureur d'argent. Le personnage qui pleure sur la scène ne fait que renouveler nos propres larmes; notre intérêt n'est que de la sympathie, et le drame est comme une conscience extérieure qui nous avertit de ce que nous sommes, de ce que nous aimons et de ce que nous avons senti. De quoi le drame aurait-il averti des joueurs comme Saint-Albans, des ivrognes comme Rochester, des prostituées comme lady Castlemaine, de vieux enfants comme Charles II? Quels spectateurs que des épicuriens grossiers incapables même de décence feinte, amateurs de volupté brutale, barbares dans leurs jeux, orduriers dans leurs paroles, dépourvus d'honneur, d'humanité, de politesse, et qui faisaient de la cour un mauvais lieu! Des décorations splendides, des changements à vue, le tapage des grands vers et des sentiments forcés, l'apparence de quelques règles apportées de Paris, voilà la pâture naturelle de leur vanité et de leur sottise, et voilà le théâtre de la Restauration anglaise.

Je prends l'une de ces tragédies, fort célèbre alors, _l'Amour tyrannique ou la Royale Martyre_. Beau titre et propre à faire fracas. La royale martyre est sainte Catherine, princesse royale à ce qu'il paraît, amenée au tyran Maximin. Elle confesse sa foi, et on lui lâche un philosophe païen, Apollonius, pour la réfuter. «Prêtre, lui dit Maximin, pourquoi restes-tu muet? Tu vis du ciel, tu dois disputer[174].» Encouragé, il dispute; mais sainte Catherine argumente vigoureusement: «La raison combat contre votre chère religion,--car plusieurs dieux feraient plusieurs infinis;--ceci était connu des premiers philosophes,--qui sous différents noms n'en adoraient qu'un seul,--quoique vos vains poëtes se soient ensuite trompés--en faisant un dieu de chaque attribut.» Apollonius se gratte un peu l'oreille, et finit par répondre qu'il y a de grandes vérités et de bonnes règles morales dans le paganisme. La pieuse logicienne lui répond aussitôt: «Alors que toute la dispute se réduise--à comparer ces règles et le christianisme!» Désarçonné, Apollonius se convertit à l'instant même, injurie le prince, qui, trouvant sainte Catherine fort belle, se sent amoureux tout d'un coup et fait des calembours: «Absent, je puis ordonner son martyre;--mais un regard de plus, et le martyr sera moi[175].»

Dans cet embarras, il envoie un grand officier pour déclarer son amour à sainte Catherine; le grand officier cite et loue les dieux d'Épicure: à l'instant, la sainte établit la doctrine des causes finales, qui renverse celles des atomes. Maximin arrive lui-même et lui dit «que si elle continue à repousser sa flamme il la fera périr dans d'autres flammes[176].» Là-dessus elle le tutoie, le brave, l'appelle esclave et s'en va. Touché de ces procédés, il veut l'épouser légitimement, et pour cela répudie sa femme. Cependant, afin de n'omettre aucun expédient, il emploie un magicien qui fait des conjurations (sur le théâtre), évoque les esprits infernaux, et amène une ronde de petits Amours: ceux-ci dansent et chantent des chansons voluptueuses autour du lit de sainte Catherine. Son ange gardien survient et les chasse. Pour dernière ressource, Maximin fait mettre une roue sur le théâtre pour y exposer sainte Catherine et sa mère. Au moment où l'on déshabille la sainte, un ange pudique descend fort à propos et casse la roue; après quoi, on les emmène et on leur coupe le cou dans la coulisse. Joignez à ces belles inventions une double intrigue, l'amour de Valéria, fille de Maximin, pour Porphyrius, général des prétoriens, celui de Porphyrius pour Bérénice, femme de Maximin, puis une catastrophe subite, trois morts, et le règne des honnêtes gens qui s'épousent et se disent des politesses. Telle est cette tragédie, qui se dit française, et la plupart des autres sont semblables. Dans _la Reine Vierge_, dans _le Mariage à la mode_, dans _Aurengzèbe_, dans _l'Empereur de l'Inde_, et surtout dans _la Conquête de Grenade_, tout est extravagant. On se taille en pièces, on prend des villes, on se poignarde, et on déclame de tout son gosier. Ces drames ont justement la vérité, et le naturel d'un _libretto_ d'opéra. Les incantations y abondent; un esprit apparaît dans _Montezuma_ et déclare que les dieux indiens s'en vont. Les ballets s'y trouvent; Vasquez et Pizarre, assis dans une jolie grotte, regardent en conquérants les danses des Indiennes, qui folâtrent voluptueusement autour d'eux. Les scènes de Lulli n'y manquent pas: Alméria, comme Armide, arrive pour tuer Cortez endormi, et tout d'un coup se prend d'amour pour lui. Encore les _libretti_ d'opéra n'ont-ils pas de disparates; ils évitent tout ce qui pourrait choquer l'imagination ou les yeux; ils sont faits pour des gens de goût qui fuient toute laideur et toute lourdeur. Ici croiriez-vous bien qu'on donne la torture à Montézuma sur le théâtre, et que pour comble un prêtre pendant ce temps dispute avec lui[177]? Je reconnais dans cette pédanterie atroce les beaux cavaliers du temps, logiciens et bourreaux, qui se nourrissaient de controverse, et par plaisir allaient voir les supplices des puritains. Je reconnais derrière ces cascades d'invraisemblances et d'aventures les courtisans puérils et blasés qui, alourdis par le vin, ne sentaient plus les discordances, et dont les nerfs ne remuaient que par le choc des surprises et la barbarie des événements.

Entrons plus avant. Dryden veut mettre dans son théâtre les beautés de la tragédie française, et d'abord la noblesse des sentiments; Est-ce assez de copier, comme il fait, des phrases chevaleresques? Il s'en faut de tout un monde, car il faut tout un monde pour former des âmes nobles. La vertu chez nos tragiques est fondée sur la raison, sur la religion, sur l'éducation, sur la philosophie. Leurs personnages ont cette justesse d'esprit, cette netteté de logique, cette élévation de jugement qui instituent dans l'homme des maximes arrêtées et l'empire de soi. On aperçoit dans leur voisinage les doctrines de Bossuet et de Descartes; la réflexion aide en eux la conscience; l'habitude du monde y joint le tact et la finesse. La fuite des actions violentes et des horreurs physiques, la proportion et l'ordre de la fable, l'art de déguiser ou d'éviter les êtres grossiers ou trop bas, la perfection continue du style le plus mesuré et le plus noble, tout contribue à porter la scène dans une région sublime, et nous croyons à des âmes plus hautes en les voyant dans un air plus pur. Dans Dryden, peut-on y croire? Les personnages atroces ou infâmes viennent à chaque instant par leurs crudités nous rabattre dans leur fange. Maximin, ayant poignardé Placidius, s'assied sur son corps, le poignarde deux fois encore, et dit aux gardes: «Amenez-moi l'impératrice et Porphyrius morts; je veux braver le ciel une tête dans chaque main[178].» Nourmahal, repoussée par le fils de son mari, insiste quatre fois avec l'indécente pédanterie que voici: «Pourquoi ces scrupules contre un plaisir où la nature rassemble toutes ses joies en une seule? La promiscuité dans l'amour est la loi générale. Quels qu'aient été les premiers amants, un frère et une soeur furent le second couple[179].» À l'instant l'illusion s'en va; on se croyait dans un salon de nobles personnages, on y trouve une prostituée folle et un sauvage ivre. Levez les masques: les autres ne valent guère mieux. Alméria, à qui l'on offre une couronne, répond insolemment: «Je la prends non comme donnée par vous, mais comme due à mon mérite et à ma beauté[180].» Indamora, à qui un vieux courtisan fait une déclaration d'amour, lui dit son fait avec une gloriole de parvenue et une grossièreté de servante: «Quand je ne serais pas reine, avez-vous pesé ma beauté, ma jeunesse qui est dans sa fleur, et votre vieillesse qui est dans sa décrépitude[181]?» Nulle d'entre ces héroïnes ne sait se conduire; elles prennent l'impertinence pour la dignité, la sensualité pour la tendresse; elles ont des abandons de courtisane, des jalousies de grisette, des petitesses de bourgeoise et des injures de harengère. Quant aux héros, ce sont les plus déplaisants des Fier-à-Bras. Léonidas, d'abord reconnu pour prince héréditaire, puis tout d'un coup abandonné, se console par cette réflexion modeste: «Il est vrai, je suis seul; mais Dieu l'était aussi avant de faire le monde, et il était mieux servi par lui-même que par la nature[182].» Parlerai-je du plus grand sonneur de fanfares, Almanzor, peint, dit Dryden lui-même, d'après Artaban, redresseur de torts, pourfendeur de bataillons, destructeur de monarchies[183]? Ce ne sont que sentiments chargés, dévouements improvisés, générosités exagérées, emphase ronflante de chevalerie maladroite; au fond, les personnages sont des rustres et des barbares qui ont essayé de s'affubler de l'honneur français et de la politesse mondaine. Et telle est en effet cette cour: elle imite celle de Louis XIV comme un faiseur d'enseignes copie un peintre. Elle n'a ni goût ni délicatesse, et s'en veut donner l'extérieur. Des entremetteurs et des dévergondées, des courtisans spadassins ou bourreaux qui vont voir éventrer Harrison ou qui mutilent Coventry, des filles d'honneur qui accouchent au bal, ou vendent aux planteurs les condamnés qu'on leur livre, un palais plein de chiens qui aboient et de joueurs qui crient, un roi qui en public lutte de gros mots avec ses maîtresses en chemise[184], voilà cet illustre monde; ils n'ont pris des façons françaises que le costume, et des sentiments nobles que les grands mots.

[Note 162: _Defence of the Epilogue to the Conquest of Grenada.--Grounds of Criticism in tragedy._]

[Note 163: The language, wit, and conversation of our age are improved and refined above the last....

Let us consider in what the refinement of a language principally consists: That is either in rejecting such old words or phrases which are ill sounding or improper, or in admitting new, which are more proper, more sounding, and more significant....

Let any man who understands English, read diligently the Works of Shakspeare and Fletcher, and I dare undertake that he will find, in every page, either some solecism of speech, or some notorious flaw in sense.... Many of their plots were made up of some ridiculous or incoherent story, which in one play many times took up the business of an age. I suppose I need not name _Pericles, Prince of Tyre_, nor the historical plays of Shakspeare; besides many of the rest, as the _Winter's Tale_, _Love's Labour Lost_, _Measure for Measure_, which were either grounded on impossibilities, or at least so meanly written that the comedy neither caused your mirth nor the serious part our concernment.

.... I could easily demonstrate that our admired Fletcher neither understood correct plotting, nor what they call the decorum of the stage.... The reader will see _Philaster_ wounding his mistress, and afterwards his boy, to save himself.... His shepherd falls twice into the former indecency of wounding women. (_Defence of the Epilogue_, etc.)]

[Note 164: Many of his words and more of his phrases are scarce intelligible; and of those which we understand, some are ungrammatical, others coarse; and his whole style is so pestered with figurative expressions, that it is affected as it is obscure.]

[Note 165: Well-placing of words for the sweetness of pronunciation was not known till Mr. Waller introduced it.]

[Note 166: In the age wherein those poets lived there was less of gallantry than in ours.... Besides the want of learning and education, they wanted the happiness of converse....

If any ask me wherein it is that our conversation is so much refined, I must ascribe it to the Court.

Gentlemen will now be entertained with the follies of each other, and though they allow Cob and Tib to speak properly, yet they are not much pleased with their tankard or with their rags.]

[Note 167: Préface de _All for Love_.]

[Note 168: They are likewise to be gathered from the several virtues, vices, or passions, and many other common-places which a poet must be supposed to have learned from natural philosophy, ethicks, and history: of all which whosoever is ignorant does not deserve the name of poet.]

[Note 169: _Essay on Dramatic Poesy._]

[Note 170: The beauties of the French poesy are the beauties of a statue, but not of a man, because not animated with the soul of poesy, which is imitation of humour and passions.... He who will look upon their plays which have been written 'till these last ten years or thereabouts, will find it an hard matter to pick out two or three passable humours amongst them. Corneille himself, their archpoet, what has he produced except the _liar_? And you know how it was cry'd up in France. But when it came upon the English stage, though well translated.... the most favourable to it would not put it in competition with many of Fletcher's or Ben Jonson's.... Their verses are to me the coldest I have ever read.... their speeches being so many declamations. When the French stage came to be reformed by cardinal Richelieu, those long harangues were introduced, to comply with the dignity of a churchman. Look upon the _Cinna_ and the _Pompey_. They are not so properly to be called plays as long discourses of reason of state; and _Polyeucte_, in matters of religion, is as solemn as the long stops upon our organs. Since that time it is grown into a custom, and their actors speak by the hour-glass, like our parsons.... I deny not this may suit well enough with the French; for as we, who are a more sullen people, come to be diverted at our plays; so they, who are of an aery and gay temper, come hither to make themselves more serious. (_Essay on Dramatic Poesy._)]

[Note 171: In this nicety of manners does the excellency of French poetry consist. Their heroes are the most civil people breathing; but their good breeding seldom extends to a word of sense. All their wit is in their ceremony. They want the genius which animates our stage.... Thus their _Hippolytus_ is so scrupulous in point of decency that he will rather expose himself to death than accuse his step-mother to his father; and my criticks, I am sure, will commend him for it. But we of grosser apprehensions are apt to think that this excess of generosity is not practicable but with fools and madmen.... Take Hippolytus out of his poetic fit, and I suppose he would think it a wiser part to set the saddle on the right horse, and chuse rather to live with the reputation of a plain-spoken honest man than to die with the infamy of an incestuous villain.... The poet has chosen to give him the turn of gallantry, sent him to travel from Athens to Paris, taught him to make love, and transformed the Hippolytus of Euripides into Monsieur Hippolyte. (Préface de _All for Love_.)

Cette critique montre, en abrégé, tout le bon sens et toute la liberté d'esprit de Dryden, mais en même temps toute la grossièreté de son éducation et de son temps.]

[Note 172:

.... Contented to be thinly regular. Their tongue enfeebled is refin'd too much, And, like pure gold, it bends to every touch. Our sturdy Teuton yet will not obey, More fit for manly thought, and strengthen'd with allay.

(Épître XII.)]

[Note 173: A more masculine fancy and greater spirit in the writing than there is in any of the French.]

[Note 174:

War is my province; Priest, why stand you mute? You gain by Heav'n and therefore should dispute....

CATHERINE.

Then let the whole dispute concluded be Betwixt these rules and christianity.... .... Reason with your fond religion fights, For many Gods are many infinites; This to the first philosophers was known. Who under various names, ador'd but one. (Act. II, sc. I.)]

[Note 175:

Absent, I may her Martyrdom decree, But one look more will make that martyr me....

Ce Maximin a la spécialité des calembours: Porphyrius, à qui il offre sa fille en mariage, répond que la distance est trop grande. Maximin là-dessus répond:

Yet Heav'n and Earth which so remote appear, Are by the air, which flows betwixt'em, near.]

[Note 176:

Since you neglect to answer my desires, Know, princess, you shall burn in other fires. (Act. III, sc. I.)]

[Note 177:

CHRISTIAN PRIEST.

But we by Martyrdom our faith aver.

MONTEZUMA.

You do no more than I for ours do now, To prove religion true.... If either wit or suffering would suffice, All faiths afford the constant and the wise, And yet ev'n they, by education sway'd, In Age defend what infancy obey'd.

CHRISTIAN PRIEST.

Since Age by erring childhood is misled Refer yourself to our unerring head.

MONTEZUMA.

Man and not err! what reason can you give?

CHRISTIAN PRIEST.

Renounce that carnal reason and believe.

PIZARRO.

Increase their pains, the cords are yet too slack. (Acte V, sc. I.)]

[Note 178:

Bring me Porphyrius and my Empress dead, I would brave Heav'n, in my each hand a head.

Il dit en mourant:

And shoving back this earth on which I sit, I'll mount, and scatter all the gods I hit.]

[Note 179:

And why this niceness to that pleasure shown, Where Nature sums up all her joys in one.... Promiscuous love is Nature's general law; For whosoever the first lovers were, Brother and sister made the second pair, And doubled by their love their piety.... You must be mine that you may learn to live.

Remarquez que cette furie, six vers plus loin, copie une réponse de Phèdre. Dryden a cru imiter Racine.

(_Aurengzebe_, acte IV, sc. I.)]

[Note 180:

I take this garland not as given by you, But as my merit and my beauty due. (_The Indian Emperor._)]

[Note 181:

Were I no queen, did you my beauty weigh, My youth in bloom, your age in its decay. (_Aurengzebe_, acte II, sc. I.)]

[Note 182:

'Tis true I am alone. So was the Godhead ere he made the world, And better serv'd himself than serv'd by Nature. .... I have seen enough within To exercise my virtue. (_Mariage à la mode_, acte III, sc. II.)]

[Note 183:

The Moors have heaven and me to assist them.... I'll whistle thy tame fortune after me....

Il devient amoureux. Voici en quel style il parle de l'amour:

'Tis he; I feel him now in every part, Like a new Lord he vaunts about my heart, Surveys in state each corner of my breast. While poor fierce I that was, am dispossest. (_Almanzor._)]

[Note 184: Voir la chanson sur laquelle on danse _la Zambra_ dans _Almanzor_.]

IV