Histoire de la Littérature Anglaise (Volume 3 de 5)

Part 10

Chapter 104,125 wordsPublic domain

Cette étourderie, cette volubilité, cette jolie corruption, ces façons évaporées et affectées se rassemblent en un portrait le plus brillant, le plus mondain de ce théâtre, celui de mistress Millamant, «une belle dame,» dit la liste des personnages[138]. Elle entre «toutes voiles dehors, l'éventail ouvert,» traînant l'équipage de ses falbalas et de ses rubans, fendant la presse des fats dorés, attifés, en perruques fines, qui papillonnent sur son passage, dédaigneuse et folâtre, spirituelle et moqueuse, jouant avec les galanteries, pétulante, ayant horreur de toute parole grave et de toute action soutenue, ne s'accommodant que du changement et du plaisir. Elle rit des sermons de Mirabell, son prétendant. «N'ayez donc pas cette figure tragique, inflexiblement sage, comme Salomon dans une vieille tapisserie, quand on va couper l'enfant.... Ha! ha! ha! pardonnez-moi, il faut que je rie; ha! ha! ha! quoique je vous accorde que c'est un peu barbare[139].» Elle éclate, puis elle se met en colère, puis elle badine, puis elle chante, puis elle fait des mines. Le décor change à chaque mouvement et à vue. C'est un vrai tourbillon; tout tourne dans sa cervelle comme dans une horloge dont on a cassé le grand ressort. Rien de plus joli que sa façon d'entrer en ménage. «Ah! je ne me marierai jamais que je ne sois sûre d'abord de faire ma volonté et mon plaisir. Écoutez bien, je ne veux pas qu'on me donne de petits noms après que je serai mariée; positivement, je ne veux pas de petits noms.--De petits noms?--Oui, comme ma femme, mon amie, ma chère, ma joie, mon bijou, mon amour, mon cher coeur, et tout ce vilain jargon de familiarité nauséabonde entre mari et femme. Je ne supporterai jamais cela. Bon Mirabell, ne soyons jamais familiers ou tendres. N'allons jamais en visite ensemble, ni au théâtre ensemble. Soyons étrangers l'un pour l'autre et bien élevés; soyons aussi étrangers que si nous étions mariés depuis longtemps, et aussi bien élevés que si nous n'étions pas mariés du tout.... J'aurai la liberté de rendre des visites à qui je voudrai, et d'en recevoir de qui je voudrai, d'écrire et recevoir des lettres, sans que vous m'interrogiez, sans que vous me fassiez la mine. Je viendrai dîner quand il me plaira; je dînerai dans mon boudoir quand je serai de mauvaise humeur, et cela sans donner de raison. Mon cabinet sera inviolable; je serai la seule reine de ma table à thé, vous n'en approcherez jamais sans demander permission d'abord, et enfin, partout où je serai, vous frapperez toujours à la porte avant d'entrer[140].» Le code est complet; j'y voudrais pourtant encore un article, la séparation de biens et de corps; ce serait le vrai mariage mondain, c'est-à-dire le divorce décent. Et je réponds que dans deux ans Mirabell et sa femme y viendront. Au reste tout ce théâtre y aboutit; car remarquez qu'en fait de femmes, d'épouses surtout, je n'en ai présenté que les aspects les plus doux. Il est sombre au fond, amer, et par-dessus tout pernicieux. Il présente le ménage comme une prison, le mariage comme une guerre, la femme comme une révoltée, l'adultère comme une issue, le désordre comme un droit, et l'extravagance comme un plaisir[141]. Une femme comme il faut se couche au matin, se lève à midi, maudit son mari, écoute des gravelures, court les bals, hante les théâtres, déchire les réputations, met chez elle un tripot, emprunte de l'argent, agace les hommes, traîne et accroche son honneur et sa fortune à travers les dettes et les rendez-vous. «Nous sommes aussi perverses que les hommes, dit lady Brute, mais nos vices prennent une autre pente. À cause de notre poltronnerie, nous nous contentons de mordre par derrière, de mentir, de tricher aux cartes, et autres choses pareilles; comme ils ont plus de courage que nous, ils commettent des péchés plus hardis et plus imprudents: ils se querellent, se battent, jurent, boivent, blasphèment, et le reste[142].» Excellent résumé, où les _gentlemen_ sont compris comme les autres! Le monde n'a fait que les munir de phrases correctes et de beaux habits. Ils ont ici, chez Congreve surtout, le style le plus élégant; ils savent surtout donner la main aux dames, les entretenir de nouvelles; ils sont experts dans l'escrime des ripostes et des répliques; ils ne se décontenancent jamais, ils trouvent des tournures pour faire entendre les idées scabreuses; ils discutent fort bien, ils parlent excellemment, ils saluent mieux encore; mais, en somme, ce sont des drôles. Ils sont épicuriens par système, séducteurs par profession. Ils mettent l'immoralité en maximes et raisonnent leur vice. «Donnez-moi, dit l'un d'eux, un homme qui tienne ses cinq sens aiguisés et brillants comme son épée, qui les garde toujours dégainés dans l'ordre convenable, avec toute la portée possible, ayant sa raison comme général, pour les détacher tour à tour sur tout plaisir qui s'offre à propos, et pour ordonner la retraite à la moindre apparence de désavantage et de danger. J'aime une belle maison, mais pourvu qu'elle soit à un autre, et voilà justement comme j'aime une belle femme[143].» Tel séduit de parti pris la femme de son ami; un autre, sous un faux nom, prend la fiancée de son frère. Tel suborne des témoins pour accrocher une dot. Je prie le lecteur d'aller lire lui-même les stratagèmes délicats de Worthy, de Mirabell et des autres. Ce sont des coquins froids qui manient le faux, l'adultère, l'escroquerie en experts. On les présente ici comme des gens de bel air; ce sont les _jeunes-premiers_, les héros, et comme tels ils obtiennent à la fin les héritières[144]. Il faut voir dans Mirabell, par exemple, ce mélange de corruption et d'élégance; mistress Fainall, son ancienne maîtresse, mariée par lui à un ami commun qui est un misérable, se plaint à lui de cet odieux mariage. Il l'apaise, il la conseille, il lui indique la mesure précise, le vrai biais qui doit accommoder les choses: «Vous devez avoir du dégoût pour votre mari, mais tout juste ce qu'il en faut afin d'avoir du goût pour votre amant[145].» Elle s'écrie avec désespoir: «Pourquoi m'avez-vous fait épouser cet homme?» Il sourit d'un air composé: «Pourquoi commettons-nous tous les jours des actions dangereuses et désagréables? Pour sauver cette idole, la réputation[146].» Comme ce raisonnement est tendre! Peut-on mieux consoler une femme qu'on a jetée dans l'extrême malheur? Et comme l'insinuation qui suit est d'une logique touchante! «Si la familiarité de nos amours avait produit les conséquences que vous redoutiez, sur qui auriez-vous fait tomber le nom de père avec plus d'apparence que sur un mari[147]?» Il insiste en style excellent; écoutez ce dilemme d'un homme de coeur: «Votre mari était juste ce qu'il nous fallait: ni trop vil, ni trop honnête. Un meilleur eût mérité de ne pas être _sacrifié_ à cette occasion; un pire n'aurait pas répondu à notre idée. Quand vous serez lasse de lui, vous savez le remède[148].» C'est ainsi qu'on ménage les sentiments d'une femme, surtout d'une femme qu'on a aimée. Pour comble, ce délicat entretien a pour but de faire entrer la pauvre délaissée dans une intrigue basse qui procurera à Mirabell une jolie femme et une belle dot. Certainement le _gentleman_ sait son monde, on ne saurait mieux que lui employer une ancienne maîtresse. Voilà les personnages cultivés de ce théâtre, aussi malhonnêtes que les personnages incultes: ayant transformé les mauvais instincts en vices réfléchis, la concupiscence en débauche, la brutalité en cynisme, la perversité en dépravation, égoïstes de parti pris, sensuels avec calcul, immoraux de maximes, réduisant les sentiments à l'intérêt, l'honneur aux bienséances, et le bonheur au plaisir.

La restauration anglaise tout entière fut une de ces grandes crises qui, en faussant le développement d'une société et d'une littérature, manifestent l'esprit intérieur qu'elles altèrent et qui les contredit. Ni les forces n'ont manqué à cette société, ni le talent n'a manqué à cette littérature; les hommes du monde ont été polis, et les écrivains ont été inventifs. On eut une cour, des salons, une conversation, la vie mondaine, le goût des lettres, l'exemple de la France, la paix, le loisir, le voisinage des sciences, de la politique, de la théologie, bref toutes les circonstances heureuses qui peuvent élever l'esprit et civiliser les moeurs. On eut la vigueur satirique de Wycherley, le brillant dialogue et la fine moquerie de Congreve, le franc naturel et l'entrain de Vanbrugh, les inventions multipliées de Farquhar, bref toutes les ressources qui peuvent nourrir l'esprit comique et ajouter un vrai théâtre aux meilleures constructions de l'esprit humain. Rien n'aboutit, et tout avorta. Ce monde n'a laissé qu'un souvenir de corruption: cette comédie est demeurée un répertoire de vices; cette société n'a eu qu'une élégance salie; cette littérature n'a atteint qu'un esprit refroidi. Les moeurs ont été grossières ou frivoles; les idées sont demeurées incomplètes ou futiles. Par dégoût et par contraste, une révolution se préparait dans les inclinations littéraires et dans les habitudes morales en même temps que dans les croyances générales et dans la constitution politique. L'homme changeait tout entier, et d'une seule volte-face. La même répugnance et la même expérience le détachaient de toutes les parties de son ancien état. L'Anglais découvrait qu'il n'est point monarchique, papiste, ni sceptique, mais libéral, protestant et croyant. Il comprenait qu'il n'est point viveur ni mondain, mais réfléchi et intérieur. Il y a en lui un trop violent courant de vie animale pour qu'il puisse, sans danger, se lâcher du côté de la jouissance; il lui faut une barrière de raisonnements moraux qui réprime ses débordements. Il y a en lui un trop fort courant d'attention et de volonté pour qu'il puisse s'employer à porter des bagatelles; il lui faut quelque lourd travail utile qui dépense sa force. Il a besoin d'une digue et d'un emploi. Il lui faut une constitution et une religion qui le refrènent par des devoirs à observer et qui l'occupent par des droits à défendre. Il n'est bien que dans la vie sérieuse et réglée; il y trouve le canal naturel et le débouché nécessaire de ses facultés et de ses passions. Dès à présent il y entre, et ce théâtre lui-même en porte la marque. Il se défait et se transforme. Collier l'a discrédité, Addison le blâme. Le sentiment national s'y réveille: les moeurs françaises y sont raillées: les prologues célèbrent les défaites de Louis XIV; on y présente sous un jour ridicule ou odieux la licence, l'élégance et la religion de sa cour[149]. L'immoralité, par degrés, y diminue, le mariage est plus respecté, les héroïnes ne vont plus qu'au bord de l'adultère[150]; les viveurs s'arrêtent au moment scabreux: tel à cet instant se dit purifié et parle en vers pour mieux marquer son enthousiasme; tel loue le mariage[151]; quelques-uns, au cinquième acte, aspirent à la vie rangée. On verra bientôt Steele écrire une pièce morale intitulée _le Héros chrétien_. Désormais la comédie décline, et le talent littéraire se porte ailleurs. L'essai, le roman, le pamphlet, la dissertation remplacent le drame, et l'esprit anglais classique, abandonnant des genres qui répugnent à sa structure, commence les grandes oeuvres qui vont l'éterniser et l'exprimer.

[Note 127: L'Hippolyta de Wycherley, la Silvia de Farquhar.]

[Note 128: If I marry my Lord Aimwell, there will be title, place, and precedence, the park, the play, and the drawing-room, splendour, equipage, noise, and flambeaux. «Hey, my Lady Aimwell's servants there!--Light, light to the stairs--my Lady Aimwell's coach put forward--stand by, make room for her ladyship.»--Are not those things moving?]

[Note 129: Were it not for your affair in the balance, I should go near to pick up some odious man of quality yet, and only take poor Heartfree for a gallant.]

[Note 130: Look you here, madam, then, what Mr. Tattle has given me.--Look you here, cousin; here's a snuff-box; nay, there's snuff in 't. Here, will you have any?--Oh God, how sweet it is! Mr. Tattle is all over sweet; his peruke is sweet, and his gloves are sweet, and his handkerchief is sweet, pure sweet, sweeter than roses.--Smell him, mother, madam, I mean.--He gave me this ring for a kiss.... Smell, cousin; he says he'll give me something that will make my smocks smell this way. Is not it pure? 'Tis better than lavender, nurse.--I'm resolved I won't let nurse put any more lavender among my smocks--ha, cousin?]

[Note 131:

MISS PRUE.

Well, and how will you make love to me.--Come, I long to have you begin.--Must I make love too? You must tell me how.

TATTLE.

You must let me speak, miss; you must not speak first. I must ask you questions, and you must answer.

MISS PRUE.

What, is it like the catechism?--Come, then, ask me.

TATTLE.

D'ye think you can love me?

MISS PRUE.

Yes.

TATTLE.

Pooh, pox, you must not say yes already. I shan't care a farthing for you then in a twinkling.

MISS PRUE.

What must I say then?

TATTLE.

Why, you must say no, or you believe not, or you can't tell.

MISS PRUE.

Why, must I tell a lye then?

TATTLE.

Yes, if you'd be well bred. All well-bred persons lye.--Besides, you are a woman; you must never speak what you think. Your words must contradict your thoughts, but your actions may contradict your words. So when I ask you, if you can love me, you must say no; but you must love me too.--If I tell you you are handsome, you must deny it, and say I flatter you.--But you must think yourself more charming than I speak you, and like me, for the beauty which I say you have, as much as if I had it myself.--If I ask you to kiss me, you must be angry, but you must not refuse me....

MISS PRUE.

O Lord, I swear this is pure.--I like it better than our old-fashioned country way of speaking one's mind. And must not you lie too?

TATTLE.

Hum--yes.--But you must believe I speak truth....

MISS PRUE.

O Gemini! Well, I always had a great mind to tell lies. But they frightened me, and said it was a sin.

TATTLE.

Well, my pretty creature, will you make me happy by giving me a kiss?

MISS PRUE.

No, indeed; I am angry with you. (_Runs and kisses him._)

TATTLE.

Hold, hold, that's pretty well.--But you should not have given it me, but have suffered me to have taken it.

MISS PRUE.

Well, we'll do it again.

TATTLE.

With all my heart.--Now then, my little angel. (_Kisses her._)

MISS PRUE.

Pish.

TATTLE.

That is right. Again, my charmer. (_Kisses again._)

MISS PRUE.

O fye, nay, now I can't abide you!

TATTLE.

Admirable! That was as well as if you had been born and bred in Covent Garden.]

[Note 132:

MISS PRUE.

Well, and there's a handsome gentleman, and a fine gentleman, and a sweet gentleman, that was here, that loves me, and I love him; and if he sees you speak to me any more, he'll thrash your jacket for you, he will; you great sea-calf.

BEN.

What! do you mean that fair-weather spark that was here just now? Will he thrash my jacket? Let'n, let'n, let'n--but an he comes near me, mayhap I may give him a salt-eel for's supper, for all that. What does father mean, to leave me alone, as soon as I come home, with such a dirty dowdy? Sea-calf! I an't calf enough to lick your chalked face, you cheese-curd you.]

[Note 133: Now my mind is set upon a man; I will have a man some way or other. Oh! methinks I'm sick when I think of a man....

FORESIGHT.

Hussy, you shall have a rod.

MISS PRUE.

A fiddle of a rod! I'll have a husband. And if you won't get me one, I'll get one for myself. I'll marry our Robin the butler. He says he loves me, and he's a handsome man, and shall be my husband. I warrant he'll be my husband, and thank me too, for he told me so.]

[Note 134: Congreve, _The Way of the World_.]

[Note 135: But art thou sure Sir Rowland will not fail to come? Or will he not fail when he does come? Will he be importunate, Foible, and push? For if he should not be importunate--I shall never break decorum.--I shall die with confusion, if I am forced to advance.--Oh no, I can never advance. I shall swoon, if he should expect advances. No, I hope Sir Rowland is better bred than to put a lady to the necessity of breaking her forms. I won't be too coy neither--I won't give him despair.--But a little disdain is not amiss--a little scorn is alluring.

FOIBLE.

A little scorn becomes your Ladyship.

LADY WISHFORT.

Yes, but tenderness becomes me best--a sort of dyingness. You see that picture has a sort of a--ha, Foible?--a swimmingness in the eyes.--Yes, I'll look so.--My niece affects it. But she wants features.--Is Sir Rowland handsome? Let my toilet be removed.--I'll dress above. I'll receive Sir Rowland here.--Is he handsome? Don't answer me. I won't know. I'll be inspirated. I'll be taken by surprise....

LADY WISHFORT.

And how do I look, Foible?

FOIBLE.

Most killing well, madam.

LADY WISHFORT.

Well, and how shall I receive him? In what figure shall I give his heart the first impression?--Shall I sit?--No, I won't sit--I'll walk--ay, I'll walk from the door upon his entrance, and then turn full upon him.--No, that will be too sudden.--I'll lie--ay, I'll lie down.--I'll receive him in my little dressing-room; there is a couch.--Yes, yes, I'll give the first impression on a couch.--I won't lie neither, but loll and lean upon an elbow, with one foot a little dangling off, jogging in a thoughtful way.--Yes; and then as soon as he appears, start,--ay, start, and be surprised, and rise to meet him with most pretty disorder.]

[Note 136: Congreve, _Double Dealer_.]

[Note 137:

MILLEFOND.

For heaven's sake, madam.

LADY PLIANT.

O, name it no more!--Bless me, how can you talk of heaven! and have so much wickedness in your heart!--May be you don't think it a sin.--They say some of you gentlemen don't think it a sin.--May be it is no sin to them that don't think it so. Indeed, if I did not think it a sin.--But still my honour, if it were no sin.--But then to marry my daughter, for the conveniency of frequent opportunities.--I'll never consent to that. As sure as can be, I'll break the match.

MILLEFOND.

Death and amazement! Madam, upon my knees.

LADY PLIANT.

Nay, nay, rise up. Come, you shall see my good nature. I know Love is powerful, and nobody can help his passion. 'Tis not your fault; nor I swear it is not mine.--How can I help it, if I have charms? And how can you help it if you are made a captive? I swear it is pity it should be a fault.--But my honour!--Well, but your honour too.--But the sin!--Well, but the necessity.--O Lord, here is somebody coming. I dare not stay. Well, you must consider of your crime, and strive as much as can be against it.--Strive, be sure.--But don't be melancholy, don't despair.--But never think that I'll grant you anything. O Lord, no.--But be sure you lay aside all thoughts of the marriage; for though I know you don't love Cynthia, only as a blind for your passion for me, yet it will make me jealous.--O Lord, what did I say? Jealous! No, no; I can't be jealous, for I must not love you.--Therefore don't hope.--But don't despair neither.--O, they are coming, I must fly.]

[Note 138: Congreve, _The Way of the World_.]

[Note 139: Sententious Mirabell! Prithee, don't look with that violent and inflexible wise face, like Salomon on the dividing of the child in an old tapestry-hanging.... Ha, ha, ha, pardon me, dear creature, I must laugh, though I grant you 'tis a little barbarous, ha, ha, ha!]

[Note 140: Ah! I'll never marry unless I am first made sure of my will and pleasure!... My dear liberty, shall I leave thee? My faithful solitude, my darling contemplation, must I bid you adieu? Ay, adieu; my morning thoughts, agreeable wakings, indolent slumbers, all ye douceurs, ye sommeils du matin, adieu.--I can't do it; 'tis more than impossible.--Positively, Mirabell, I'll lie a bed in a morning as long as I please.

MIRABELL.

Then I'll get up in a morning as early as I please.

MILLAMANT.

Ah! idle creature, get up when you will. And d'ye hear, I won't be called names after I'm married; positively, I won't be called names.

MIRABELL.

Names!

MILLAMANT.

Ay, as wife, spouse, my dear, joy, jewel, love, sweet heart, and the rest of that nauseous cant, in which men and their wives are so fulsomely familiar.--I shall never bear that.--Good Mirabell, don't let us be familiar or fond, nor kiss before folks, like my Lady Fadler and Sir Francis. Let us never visit together, nor go to a play together; but let us be very strange and well bred. Let us be as strange as if we had been married a great while, and as well bred as if we were not married at all.

MIRABELL.

Shall I kiss your hand upon the contract?

MILLAMANT.

Fainall, what shall I do? Shall I have him? I think I must have him.

FAINALL.

Ay, ay, take him, take him. What should you do?

MILLAMANT.

Well, then--I'll take my death I'm in a horrid fright.--Fainall, I shall never say it.--Well--I think--I'll endure you.

FAINALL.

Fy, fy, have him, have him, and tell him so in plain terms. For I am sure you have a mind to him.

MILLAMANT.

Are you? I think I have.--And the horrid man looks as if he thought so too.--Well, you ridiculous thing you, I'll have you.--I won't be kissed, nor I won't be thanked.--Here, kiss my hand though.--So hold your tongue now; don't say a word.]

[Note 141:

AMANDA.

How did you live together?

BERINTHIA.

Like man and wife, asunder. He loved the country, and I the town; he hawks and hounds, I coaches and equipage; he eating and drinking, I carding and playing; he the sound of a horn, I the squeak of a fiddle. We were dull company at table; worse a-bed. Whenever we met, we gave one another the spleen; and never agreed but once, which was about lying alone. (Vanbrugh, _Relapse_, acte II, fin.)

Voyez encore dans Vanbrugh, _A Journey to London_. Rarement la laideur et la corruption de la nature brutale ou mondaine ont été étalées plus à vif. La petite Betty et son frère sont à pendre.

MISTRESS FORESIGHT.

Do you think any woman honest?

SCANDAL.

Yes, several, very honest.--They'll cheat a little at cards, sometimes; but that is nothing.

MISTRESS FORESIGHT.

Pshaw! But virtuous, I mean.

SCANDAL.

Yes, faith. I believe some women are virtuous too. But 'tis as I believe--some men are valiant through fear.--For why should a man court danger, or a woman shun pleasure? (Congreve, _Love for Love_.)]

[Note 142: We are as wicked as men, but our vices lie another way. They have more courage than we; so they commit more bold impudent sins. They quarrel, fight, swear, drink, blaspheme, and the like. Whereas we, being cowards, only backbite, tell lies, cheat cards, and so forth. (Vanbrugh, _Provoked Wife_.)

Voyez aussi dans cette pièce le caractère de Mademoiselle, femme de chambre française. Ils représentent le vice français comme plus impudent encore que le vice anglais.]

[Note 143: Give me a man that keeps his five senses keen and bright as his sword, that has them always drawn out in their just order and strength, with his reason as commander at the head of them, that detaches them by turns upon whatever party of pleasure agreeably offers, and commands them to retreat upon the least appearance of disadvantage or danger.

I love a fine house, but let another keep it; and so just I love a fine woman. (Acte I, scene I.)

Catéchisme de l'amour:

What are the objects of that passion?

Youth, beauty, and clean linen. (Farquhar, _The Beaux Stratagem_.)

As I am a gentleman, a man of the town, one that wears good clothes, eats, drinks, and wenches sufficiently. (Dryden, _Mock Astrologer_.)]

[Note 144: The first thing that I would do, should be to lie with her chambermaid, and hire three or four wenches of the neighbourhood to report that I have got them with child.

I never quarrel with anything in my cups, but an oysterwench, or a cookmaid; and if they be not civil, I knock them down.]