Chapter 9
COLIN: sorte de poisson, du genre des Gades. B.
COLIN-FEMELLE; COLIN-FEMMETTE (s. m.): homme minutieux, qui s'occupe de travaux de femmes. Voyez COLIFAMÉ; NIGON; TATE-MINETTE.
COLLE (s. f.): bourde. C'est une colle; c'est bon pour la colle.
COLLER (v. a.) interloquer, embarrasser, mettre dans l'impossibilité de répliquer, comme si on _collait_ la bouche.
COLLETONNER: colleter, lutter, se reprendre au _col_. L.
COLURE: toilette soignée. L.
COMBIEN QUE: combien. Combien que le blé se vend: combien le blé se vend-il? L.
COMBLER A: à force d'instances déterminer à. L.
COMME; COMME ÇA: il m'a dit comme ça que: il m'a dit que.--COMME DE juste; COMME DE raison: comme il est juste, comme le veut la raison.--COMME PAR LEQUEL: on lui a délivré un certificat _comme par lequel_ il a satisfait: certificat attestant qu'il... L.
COMME TOUT: beaucoup. Se dit aussi dans le patois Lorrain et dans le patois Troyen.
COMMÉRIAL: affable. Vire.
COMONI: fané, flétri. C'est une épenthèse. De _cauni_. Voyez CAUNIR.
COMPAGNÉE: compagnie, société. Ancien français. _Vie de Bayard._
COMPÈRE (s. m.): gilet. A.
CONARD: fou, sot. Il y avait une confrérie des Conards à Evreux, où on disait:
Conards sont les Buzots et non les Rabillis; _O Fortuna potens, quam variabilis!_
CONDITION: domesticité; place de domestique.
CONFIÈRE (s. f.): consoude (_symphitum officinale_). En anglais, _comfrey_.
CONFLEURIE: confrérie. S.-I.
CONFONDRE: gâter, détériorer considérablement.
CONFUSION: abondance désordonnée. L.
CONGNOITRE; CONGNOISSANCE: connaître, connaissance. Roman. Du verbe latin _cognoscere_. O.
CONRAYEUR: corroyeur. De l'ancien français _conreur_, _conréeur_. L.
CONROI: glaise. A.
CONSÉQUENT: considérable, de conséquence.
CONSOMMER: anéantir. Le froid me consomme; je suis consommé de coliques.
CONTEOR: avocat, défenseur en justice. L'ancienne Coutume de Normandie s'exprime ainsi: «conteor est que aucun establit pour conter pour lui en cort.»
CONTREBOCHE (s. f.): surabondance.
CONTRE DE: contre. Contre de lui: contre lui.
CONTREMONT; CUCONTREMONT: violette de chien, violette inodore.
CONTREPORTEUR: colporteur. L'Estoille employait ce mot, en 1609. Des Perriers (_Nouv. IV_) écrit contreporter pour colporter.
CONTR'HUS; CONTREHUIS: petite porte en treillage ou en lattes, ménageant l'entrée de la lumière et ne permettant pas aux volailles de pénétrer dans la maison; treillage en paille pour garantir du vent.
COQ: renoncule pivoine; à cause de sa couleur qui est rouge comme la crête d'un coq.
COQ-ANGUILLE: insecte aquatique. C'est l'_Hydrophylus picæus_. B.
COQ A DINDES: coq-d'Inde.
COQ A POULES: coq, mâle de la poule.
COQCIDROUILLE (s. f.): qui fait l'importante. S.-I.
COQUELOURDE; COUQUELOURDE: julienne (_Hesperis matronalis_). La véritable coquelourde est l'_Agrostemma coronaria_.
COQUER et non pas CAUCHER: cocher, en parlant du coq ou de toute autre volaille qui féconde sa femelle.
COQUÉRAN: hermaphrodite. Coutances.
COQUET: cochet, jeune coq.
CORBICHÉE: cabriole.
CORDER (v. a): cordeler, disposer en corde le bois de chauffage.
CORE: encore. Par aphérèse. Voyez ACO.
CORÉE: fressure. Du latin _præcordia_; de l'italien _corata_. App. au patois Bourguignon. Voyez HATILLE.
CORIEU: courlis, oiseau de passage. En Roman, _courlioux_.
CORNARD (cheval): cheval poussif, atteint de cornage (sifflement de sa respiration qui imite le son d'un _cor_).
CORNEBICHET: Bernard-l'Ermite, sorte de coquillage univalve.
CORNEILLE (s. f.): orchis.
CORNICHE: planche ou tablette de cheminée. L.
CORNIER: tuile creuse et anguleuse pour les coins des couvertures. Du Roman, _cornée_, coin.
CORNIFLER: épier. Du verbe écornifler.
CORNU (Pain): petit pain blanc, de pâte ferme, fendu, en quatre cornes à sa surface, pour obtenir plus de croûte.
CORPORAL: caporal. S.-I.
CORPORENCE: corpulence. L.
CORSÉ: qui a du corps, étoffé.
CORSÉE; CURÉE: _corps_ devenu charogne.
CORSELET: corset. Patois Lorrain.
CORSER: lutter corps à corps. Dans l'ancien français, _cosser_ signifiait lutter.
CORSIR: racornir. A.
CORSU. Voyez CORSÉ.
CORTINE: rideau de lit. Du latin, _cortina_.
COSSEAU ou COSSET (s. m.): plume à écrire non encore taillée. B.
COSSI: courbattu, meurtri.
COSSIAU (s. m.): sorte de petit vase, dans lequel les faucheurs placent leur pierre à aiguiser pour l'humecter. En usage aussi dans le département de la Mayenne. Du latin, _cos_, nominatif inusité de _cautis_, pierre.
COSSON (s. m.): sorte de ver blanc, qui ronge les végétaux; charançon.
COTE (s. f.): côté. _Mettre de côte_: mettre de côté. A COTE: à côté. PAR A COTE: par à côté.
COTÉE (s. f.): rangée.
COTILLAGE (s. m.): terrain en petits _coteaux_. L.
COTIN (s. m.): maisonnette. Employé par Wace. En anglais, _cottage_. De l'islandais _kot_. En celtique-breton, _koat_, _koad_, signifie bois. Ainsi, le _cotin_ était vraisemblablement d'abord une cabane en charpente, comme on en voit tant en Normandie.
COTIR; FAIRE COTIR: jaillir, faire jaillir.
COTIR (SE): s'échauffer en parlant du bois qui se gâte. Du celtique-breton _koat_, bois.
COTIR. Voyez COFFIR. A.
COTON et non CAUTON (s. m.): nervure d'une feuille ou d'une tige; sorte de _côte_. De _costa_ et non pas de _caulis_.
COTONNETTE: cotonnade, étoffe de coton. L.
COTTER: jaillir. Roman. Voyez COTIR.
COUAILLE (s. f.); COUAILLON (s. m.): queue de jupon ou de robe en mauvais état. Du vieux français _coue_, queue. Par extension, mauvais chiffon. Voyez LOUÊPE. A.
COUANNE: couenne. En patois Walon, _koinne_ signifie corne. La couenne, en effet, a l'air de la substance des cornes.
COUCOU: primevère jaune à grappes. _Cocu_, en patois Troyen. Tire son nom de l'époque de sa fleuraison, qui a lieu à l'arrivée du coucou.
COUE: queue. Du latin _cauda_.
COUE DE PRÊTRE: blé de vache (_Melampyrum arvense_). B.
COUÉE (s. f.): queue de jupon ou de robe crottée, ou salie. Expression de mépris. De _coue_. A.
COUÊMES (s. f.): crottin de cheval. Du latin _equus_, cheval, dont nous avons tiré écurie, écuyer. _Couêmes_ pour _écouêmes_, par aphérèse. A.
COUESPEAU: copeau.
COUER: couver.
COUET: ruban de fil. Vire. Voyez LISETTE.
COUETTE: petite queue. Diminutif de _coue_.
COUETTE. Voyez COITE. L.
COUIE (s. f.): sorte de vase en bois, dans lequel le faucheur met sa pierre à aiguiser. Du latin _cos_, nominatif inusité de _cotis_, pierre.
COUIER: villageois grossier. En Roman, _coullier_, poltron.
COUILLÈRE: cornet de parchemin servant de tabatière. B.
COUENCHE: sournois, poltron; qui regarde du _coin_ de l'oeil. L.
COUINER: pleurer en criant. Même signification en Roman.
COUINETTER (v. n.): crier comme un lapin qui a peur. C'est peut-être plutôt une onomatopée qu'un dérivé du substantif latin _cuniculus_, lapin; en vieux français, _connil_. En Roman, _couinner_ signifiait pleurer en criant. A.
COULAGE (s. m.): gaspillage continué. L.
COULANDAGE (s. m.): gaspillage. A.
COULANDIER, ÈRE: qui occasionne le gaspillage par une mauvaise administration. A.
COULER (EN): en faire accroire. S.-I. Se dit aussi en patois Lorrain.
COULINE ou COLINE: torche de paille, brandon. Roman.
COUP (A): à temps, à propos, promptement.
COUPASSER: couper maladroitement.
COUPEAU; COUPET: cime, sommet. Le coupeau de la tête: le haut de la tête. En Roman, _coupel_, _couplet_, hautes branches d'un arbre; _coupet_, chignon du cou. De _caput_.
COUPER: découper, en parlant d'une pièce de viande.
COUPÈRE (s. m.): compère.
COUPLÈRE (s. f.): pièce de cuir qui consolide les chapes du fléau.
COUPLÉE (s. f.): linge attaché ou assujetti par _couple_, ou en plus grande quantité. A.
COUPLER: mettre en couplée, accoupler.
COUPLETTE: culbute. Voyez SAUCUBLETTE.
COURANDIER, ÈRE: qui aime à flâner, à _courir_ hors de sa maison pour trouver avec qui parler. A.
COURANTE: diarrhée, _cours_ de ventre.
COURCAILLET: instrument pour appeler les _cailles_; sorte de sifflet qui imite leur cri.
COURCHER: courir. Voyez COURSER. S.-I.
COURÉE. Voyez CORÉE.
COURGE (s. f.): sorte de joug qu'on met sur les épaules pour porter deux seaux.
COURGET (s. m.): escourgée, fouet en courroies de cuir; coups donnés avec ce fouet. En Roman et dans le patois du Jura, _courgie_. A.
COURJOT: tige de chou. De _jet_ ou tige de cette plante. Vire.
COURRAIE: courroie.--Voyez COURÉE.
COURSER: aller, courir sans utilité. A.
COURTIL: jardin potager. De la basse latinité _curtile_. En Roman, _cortil_. On lit dans _le Roman du Renard_:
La bone fame du maisnil A ouvert l'huis de son courtil.
_Corti_, dans le patois Walon.
COURTIN. Même signification que COURTIL.
COURTINE (FAIRE): relever devant le feu le bas des jupons, pour se chauffer les jambes et les genoux.
COUSETTE: mauvaise couturière. L.
COUSINE: belle-mère.
COUSINET: oeilletin. OEillet mignardise. L.
COUSINETTE: passe-pomme. Ailleurs, pomme de Saint-Contest.
COUTAGEUX: coûteux.
COUTE QUI COUTE: coûte que coûte; quoi qu'il en coûte. L.
COUTE (s. m.): coude.
COUTE-PIED: coude-pied.
COUTEMENT: coût, dépense. En Roman, _coustement_.
COUTET; COUTIAU: couteau. Du latin _cultellus_.
COUTIBLE: coûteux, difficile, pénible. L.
COUTRE: coudre. L.
COUTRE (s. m.): bédeau. S.-I.
COUVERCHE (s. m.): couvercle.
COUVERT: bien couvert, bien habillé. On lit dans les _Épigrammes de De Cailly_:
De ces lieux Philémon partit à demi-nu; Bien suivi, bien couvert le voilà revenu.
S.-I.
COUVERTEAU: couvercle. L.
COUVRARGE: couvercle de marmites, de plats.
COUVRE-PLAT: couvercle de plat. Patois Lorrain.
CRABLOT: enfant rachitique.
CRAC: fruit du prunellier sauvage ou épine noire. Sans doute, parce que son noyau _craque_ sous la dent.
CRAC (A): en grande abondance. Pleuvoir à crac: pleuvoir à verse. Voyez ACA. Aflac, en Roman, signifie en abondance.
CRACHIN; CRASSIN (s. m.): _crasse_ durcie au fond d'un vase. Du latin _crassitudo_. L.
CRACHINAGE (s. m.): bruine, pluie fine. Voir CRASSINAGE. B.
CRACHINER: bruiner. Voyez CRASSINER.
CRACOTIN: enfant qui commence à avoir des dents, des _cracottes_. L.
CRACOTTE: dent d'enfant. De _craquet_. L.
CRAHAGNEUX, EUSE: qui chipotte en marchandant minutieusement.
CRAISSET: lampe qu'on accroche. Roman.
CRALÉE (s. f.): grappe, surabondance. B.
CRAMAIL: la gorge. Prendre ou saisir au cramail: prendre à la gorge.
CRAMPIR (SE): s'attacher à, se _cramponner_. En patois du Jura, se cramper.
CRANCHE (qualificatif): souffreteux; malade. A.
CRANNIÈRE; CRASNIÈRE: vieille masure. De l'anglais _cranny_, crevasse.
CRANQUE: crampe. S.-I.
CRAPAS: crapaud. L.
CRAPAUD-VOLANT, ou TÊTE-CHÈVRE: engoulevent. B.
CRAPE (s. f.): crabe. Au figuré, femme ou fille de mauvaise vie. L.
CRAPOTTER: se traîner sur les pieds et les mains, comme un crapaud.
CRAQUE (s. f.): hâblerie, mensonge.
CRAQUELIN: cartilage. L.
CRAS: baiser désagréable. L.
CRASSE: bassesse, lésinerie. Faire une crasse.
CRASSIER: ordures, balayures réunies pour engrais. De _crasse_. _Cras_, en Roman, signifie graisse.
CRASSINAGE (s. m.): pluie fine et serrée. De _crassus_. Voyez CRACHINAGE. S.-I.
CRASSINER (v. n.): pleuvoir à gouttes fines et serrées. S.-I.
CRAU: pierre pulvérulente des premières couches d'une carrière. B.
CRAULER: bouillir à l'eau. MM. Du Méril.
CRÉATURE; CRÉIATURE: femme. La femme est, en effet, la créature par excellence. Toutefois, le mot créature, dans ce sens, se prend souvent en mauvaise part.
CRÉDENCE (s. f.): petite armoire dont les tiroirs sont au-dessus des portes. Du verbe latin _credere_, confier. La crédence est le meuble auquel on confie les objets les plus précieux. On trouve crédenciers pour buffetiers dans Rabelais, liv. IV, ch. 64. Roman. De la basse latinité _credentia_. Patois Rouchi.
CRELLIER: frémir, frissonner. Voyez CRETIR. A.
CREMILLÉE: crémaillère. De _cremare_, brûler. Roman.
CRÉPIR (SE): se dresser, se raidir, pour paraître grand.
CRÉPONNER; CRÉPONSER; CRÉPOUSSER: presser, pétrir avec le poing.
CRÈRE ou CRAIRE: croire. De _credere_. Patois du Jura.
CRESSANE: crassane, sorte de poire.
CRESSIR: presser violemment, mourir. Voyez KERSIR.
CRETÉ, E: propre et soigné. L.
CRÉTELER (v. n.): gloucer d'un cri aigu, en parlant des poules. Voyez CLUCHER.
CRÉTINE: crue subite d'eaux. De _crescere_. Roman. De la basse latinité _cretina_.
CRETIR ou CRETER (v. n.): frissonner. En Roman, _craitir_ signifie sécher sur pied.
CRÉTONS: restes concrets de morceaux de lard que l'on a fait frire, pour en extraire le saindoux. De _crusta_, croûte. Roman. L.
CROUSTILLANT: croquant. Du verbe _croustiller_, ou du substantif _croûte_, _crusta_.
CROUTTE (s. f.): terrain enclos et cultivé autour de l'habitation du cultivateur. De la basse latinité _crota_. Du vieux français _cropte_ et _crotte_. On trouve, près de la ville de Vimoutiers, une commune appelée _Crouptes_. Dans notre _Itinéraire de la Normandie_, p. 435, nous avons cité les communes de _Croth_, _la Croupte-les-Bois_, etc.
CRUCHÉE et CRUCHETÉE (s. f.): ce que contient une _cruche_.
Ç'TUI-CI; Ç'TELLE-CI: celui-ci, celle-ci.
Ç'TUI-LA; ÇTELLE-LA: celui-là, celle-là. De l'ancien pronom _cettui_.
ÇU: ce.
CU-FOURCHÉ: perce-oreille. Ce mot vient de la pince, en forme de _fourche_, dont est armé le cul de cet insecte. A.
CU-ROUGE: oiseau, ainsi nommé parce que sa queue est rouge.
CU-TERREUX; CU-TERROUX: qui a de la terre en propriété; fille riche. En patois du Jura, _cu-tarru_.
CUCONTREMONT. Voyez CONTREMONT.
CUEVER et CUEUVER: fermer la porte.
CUIRASSO: curaçao, que l'on prononce curaço. Cette liqueur tire son nom de l'île de Curaçao dans les Antilles, où on la fabrique avec des oranges amères.
CUIROT: sorte de bourse. De cuir. En Roman, _cuiret_. Hugues de Piaucèle dit, dans son _Fabliau d'Estourmi_:
Je les vois mettre hors du coffre Et les deniers et le cuiret.
CUISSE (s. f.): cuisson de pain. Le pain de _cuisse_ est celui que l'on fait _cuire_ soi-même. A.
CUISSON (de pain): fournée de pain.
CUISSOT (s. m.): petite cuisse. De _coxa_.
CULES (s. f. pl.): jeu pour lequel on pousse le palet avec le pied.
CULIER (boyau): le rectum.
CULOINER (v. n.): différer trop long-temps.
CULOUPE (s. f.): femme laide et de mauvaise conduite. Ce mot a quelque rapport avec la _charoupa_ de Grenoble, terme patois que M. J.-J. Champollion-Figeac définit simplement: expression injurieuse. L.
CUMBLET (s. m.): culbute, cabriole. Voyez CORBICHÉE et SAUCUBLETTE. B.
CUREAU: enfant de choeur.
CUROT: emplâtre. De _cura_, soin, ou plutôt de _cuir_, parce que c'est souvent sur un morceau de cuir que l'on étend les emplâtres.
CURURE d'un fossé, d'une mare: produit de son curage.
CUSSER: gémir long-temps, se plaindre beaucoup. Du grec [Grec: kuôn], chien, parce que parfois les chiens poussent de longs hurlements. A.
CUSTAUD: sacristain. Du latin _custos_, gardien. En roman, _custode_.
CUT. Voyez GUT.
CUVE: cuvier pour faire la lessive.
D.
DABÉE: averse, forte pluie. Du verbe dauber.
DACER (v. a.): donner de gré ou de force. De _daces_, sommes levées comme contributions; restituer. L.
DADA: cheval. Terme enfantin.
DAILOT et DAILLOT (LL mouillées): doigtier, espèce de calotte dont on enveloppe un doigt malade.
DAIT: doigt. Id. dans le patois du Jura.
DALE (s. f.): vallée. Roman.
DALLE: table de pierre creusée, ou construction en briques et ciment, pour laver la vaisselle. Roquefort dit que «en Normandie la dalle est un évier, un égout, trou par où les eaux s'écoulent». Cet égout est ce que l'on appelle le dallot, le trou de la dalle.
DALLÉE: flaque d'eau, eau répandue; puis, comme disent MM. Du Méril, «urine d'un animal, assez abondante pour remplir une dalle.»
DALLER: pisser à terre. A.
DALLOT: petit conduit pour diriger au-dehors les eaux de la _dalle_.
DANS. On emploie souvent à contre-sens cette préposition. Ainsi l'on dit: mettre ses bas dans ses jambes, ses souliers dans ses pieds, ses gants dans ses mains, etc.; au lieu de: mettre ses jambes dans ses bas, ses pieds dans ses souliers, ses mains dans ses gants. A.
DANS: sur. Grimper dans un arbre: grimper sur un arbre.
DANSE: volée de coups. Donner une danse. On dit aussi faire danser la malaisée.
DANSPAROU (locut. adv.). Arr. de Valognes. On ne l'emploie que dans la phrase: _Tout laisser dansparou_, qui signifie: _laisser un ouvrage dans l'état où il se trouve, sans rien achever_. MM. Du Méril.
DARD: petit poisson blanc, un peu plus gros que le goujon.
DARDÈNE (s. f.): pièce de 2 liards (deux centimes et demi) en cuivre jaune. B.
DARNE (s. f.): pièce, tranche, morceau. Du celtique-breton, _darn_.
DARRE ou DARE (s. f.): bedaine. D'où est venu _daron_, ventru.
DARSELET: petit dard. Sorte de petit poisson d'eau douce.
DARRER (SE): se heurter.
DASÉE (s. f.): _tas_, monceau. B.
DATE (s. m.): urine humaine. Roman. L.
DÉBACLER: ouvrir, en parlant d'une clôture. Voyez BACLER. A.
DÉBAGAGER: débarrasser. Débagagez la table: débarrassez-la des objets qui l'encombrent. Dans le patois Lorrain, débagager signifie déménager.
DÉBAGOULER (v. n.): crier, bavarder. S.-I.
DÉBALTAFRISER: voyez DÉBISLOQUER. (Manche).
DÉBARBELOTTER: débarbouiller. Le Drapier dit dans l'_Avocat pathelin_, p. 71:
Par le corps bieu! il barbelote Ses mots, tant qu'on n'y entend rien.
DÉBARRAS: délivrance d'embarras. Du mot Roman _baras_: obstacle; d'où est venu embarras. Rutebeuf dit dans le fabliau de _Charlot-le-Juif_:
Qui baras quiert, baras li vient.
DÉBAUCHER (SE): se désespérer, se désoler. Voyez DÉBAUT.
DÉBAUT: désespoir. Il s'est pendu de débaut, de désespoir. Du substantif débauche.
DÉBERNÊQUER: débarrasser, dépêtrer. Voyez DÉPATOUILLER. B.
DÉBERRIONNER (SE): se débarrasser. A.
DÉBESAILLÉ: débraillé, en désordre.
DÉBET: dégel (Manche).
DÉBÉTER (v. n.): dégeler.
DÉBÉTILLER: débarrasser, dépétrer; «tirer, disent MM. Du Méril, d'une position qui rendait bête.»
DÉBIAIS: biais.
DÉBINE (s. f.): détérioration, ruine. Argot récent.
DÉBINER: décrier, avilir, détériorer. Vire. Tomber en débine; s'en aller. St.-Lo.
DÉBISLOQUER: disloquer, démonter, défaire.
DÉBLAI (s. m.): déconvenue.
DÉBOULER: partir, décamper. Usité dans le patois Walon. L.
DEBOUT (DE): debout. L.
DÉBRAGUÉ: mari séparé civilement, qui au figuré a remis sa _brague_ (sa culotte) à sa femme.
Du côté de la _brague_ est la toute-puissance.
DÉBRAGUER: déculotter.
DÉBRAGUER (v. n.): se développer, sortir de son enveloppe. Arr. de Bayeux. _Brag_ signifie, en breton: qui germe, qui fait saillie. Ce mot ne se dit que d'un écusson qui commence à pousser. MM. Du Méril.
DÉBRAIGER: débarrasser, dépouiller. De _braie_. On dit déberger dans le département de la Mayenne.
DÉBRAILLÉ: qui a ses vêtements en désordre. De _braie_. Le _Dictionnaire de l'Académie_ n'emploie le verbe se débrailler que comme signifiant «se découvrir la gorge, l'estomac avec quelque indécence.»
DÉBRENÊQUER: en désordre. De _bren_. S.-I.
DÉBREULER: débricoler. Voyez BREULE.
DÉBRIDER (v. n.): manger avidement. Du celtique-breton _dibri_. Voyez BRIFFONNIER.
DÉBUCHE: fausse couche.
DÉCABOCHER: marcher lourdement, de manière à arracher les _caboches_ (têtes de clous) de ses chaussures.
DÉCADUIRE (SE): tomber en ruines. Du verbe latin _cadere_, tomber.
DÉCADUIT, ITE: délabré. L.
DÉCALENGER: calomnier. Voyez CALENGER. B.
DÉCALOPPER: découvrir de sa couverture ou enveloppe. Décalopper une noix, un bouton qui s'use.
DÉCANILLER. Voyez DÉQUENILLER.
DÉCAPITER (SE): se dépiter au point d'en perdre la tête (_caput_). L.
DÉCARÊMER (SE): manger de la viande pour se refaire des privations du carême.
DÉCASSER (SE): se dépêtrer.
DÉCESSER: cesser. Se trouve dans le patois Lorrain et dans le patois Troyen. L.
DÉCHAFRE: gourmand. Voyez SAFRE.
DÉCHAIRER: retirer à quelqu'un le siège sur lequel il est assis. De _chaire_. L.
DÉCHAOLER: traîner çà et là, calomnier. Cherbourg.
DÉCHARBOUILLIR: débarbouiller.
DÉCHARGEAGE (s. m.): action de _décharger_ une voiture ou une bête de somme. Patois Lorrain.
DÉCHAUBERTÉ: désenrhumé. Voyez CHAUBERT. A.
DÉCHIBOLER. Voyez CHIBOLER.
DÉCHILER: tomber du ciel. B.
DÉCHIPLÉ: couvert de haillons, déguenillé. L.
DÉCHIPLE-PENDU: mauvais sujet déguenillé, qui déshabillerait les pendus pour se vêtir. Peut-être disciple de pendu; car, en Roman, _déciple_ signifie disciple.
DÉCLAINCHE (s. f.): diarrhée.
DÉCLAINCHER: lever la clinche. Voyez CLANCHE.
DÉCOCTION: maladie imprévue. L.
DÉCOMMANDER: contremander. L.
DÉCONNAITRE (SE): être présomptueux, affecter un mérite qu'on n'a pas. L.
DÉCORSE (s. f.): diarrhée.
DÉCORSER: donner la diarrhée. En parlant des bestiaux, dire qu'ils sont décorsés, c'est souvent exprimer l'idée qu'ils ont le ventre vide; qu'ils n'ont plus le _corps_ rempli.
DÉCRAPITER (v, a.): déchirer, égratigner. Au figuré, calomnier. A.
DÉCROUER: tomber de haut, dégringoler.
DÉCULER (v. n.): quitter enfin son siége. L.
DEDANS: mettre quelqu'un dedans, le tromper. Id., patois Lorrain.
DÉDIRE (SE): se détériorer; ne pas conserver la bonne apparence qu'on avait donnée.
DÉDRAGEONNER (v. a.): détacher les _drageons_, les rejets de l'artichaut ou d'une autre plante. L.
DÉDUIT: espiègle. Voyez INVECTIF. Manche.
DÉFAÇON. Voyez FAÇON.
DÉFAIRE: délayer. Défaire de la farine dans du lait pour faire de la bouillie. L.
DÉFENSABLE (en parlant des bois et des arbres): qui, par sa force de résistance, est en état de se _défendre_ contre les attaques des bestiaux.
DÉFELER: jeter son fiel, décharger sa colère.
DÉFERMER: déchoir. A.
DÉFICELER: délier, ôter la _ficelle_. Patois Lorrain.
DÉFINER: finir.
DÉFLUXION: fluxion. Du verbe _defluere_, donné par Nicot.
DÉFRANER: diminuer, dépérir.
DÉFRIPER (v. a.): rendre uni un linge ou un vêtement fripé.
DÉFUBLER; DÉSAFUBLER: enlever un vêtement dont on était affublé.
DÉGAIEUX: difficile, dégoûté. Voyez GAIEUX.
DÉGALONNER: mettre à mal. Que le diable te dégalonne!
DÉGANNER: contrefaire quelqu'un dans sa parole ou dans ses gestes. De _regeminare_, ou plutôt de _regannire_. On dit, en patois Bourguignon, _rejanner_.
DÉGELÉE: volée. Dégelée de coups de bâton.
DÉGESTÉ: qui _gesticule_, étourdi.
DÉGOINER (SE): se contrarier, se disputer. A.
DÉGOIS: caquet. Roman.
DÉGOSILLER: vomir, rendre gorge, rejeter par le _gosier_.
DÉGOTTÉ: spirituel, avisé, rusé. B.
DÉGOTTER (v. a.): supplanter. Patois Lorrain. Ce verbe signifie aussi en Normandie désappointer.
DÉGOTTER (SE): se dégourdir, perdre de sa gaucherie et de sa timidité.
DÉGOUGINER: déniaiser. En Roman, _desgougener_, ôter les chevilles ou _goujons_ de fer d'une porte.
DÉGOULINER: couler goutte à goutte. MM. Du Méril.
DÉGOUT: point où l'eau tombe goutte à goutte. Du latin _gutta_. En Roman, _dégoust_ signifie le suc de la viande qui rôtit. On lit les vers suivants dans un _mystère_, ou tragédie de madame Sainte-Barbe (c'est le bourreau qui s'adresse à son valet, en parlant des seins de cette martyre):
Fais les rostir, toi Godifer; Trempe ton pain dans le _dégoust_.
DÉGOUTATION: objet de dégoût.
DÉGRABOLISER: médire de quelqu'un. B.
DÉGRAMIR (SE): souffrir à l'aspect d'une chose qu'on désire et dont on est privé. L.
DÉGRAVINER (v. a.): dégraper l'enduit d'un mur. Voyez RAVINE.
DÉGRÊLER (SE): se disposer à chanter; chanter, en parlant des oiseaux. Au figuré, en parlant des personnes, chanter avec prétention.
DÉGRÊLER ou DÉGRÊLIR (SE): s'égayer, se divertir. A.
DÉGRIOLER ou DÉGRILLOLER: glisser sur une surface polie comme la glace. Voyez GRILLER.
DÉGROUER: dégeler. Voyez GROUE. A.
DÉGROULER: dégringoler. Du verbe crouler.
DEHAIT: affliction. Du roman _deshet_; du celtique-breton _dihet_.
DEHAUMER: décoiffer, battre. De _heaume_, casque.
DEILLOT: doigtier. Voyez DAILOT.
DÉJETER (v. a.): jeter, repousser çà et là.
DÉJUQUER: descendre du _juchoir_. Voyez JUC.
DÉLABRE (s. m.): mauvais sujet, qui aime à mettre les choses en _délabrement_. B.
DÉLAITER: enlever du beurre frais, par plusieurs lotions successives, le babeurre dont il recèle encore une partie. Ce babeurre s'appelle _lait de beurre_, parce qu'en effet il a la couleur du lait.
DELANDOUX: éteignoir.