Chapter 7
BOURDER: être arrêté par un obstacle. Cette voiture est bourdée.
BOURDIN: tourte aux fruits, cuite au four. On dit aussi _chausson_, _douillon_, etc.
BOURE: cane, femelle du canard. En roman, _bour_, _bourette_, _bourotte_, signifient aussi bien le canard que la cane. Du vieux français _bour_, boue, parce que cet oiseau aime à barboter dans la _boue_, afin d'y chercher des vers pour sa nourriture.
BOURET; BOUROT: caneton.
BOURETTE: petite boure, jeune cane.
BOURETTE: sorte de gâteau ou de petit pain. Probablement parce qu'il avait la forme de l'oiseau appelé boure, bourette. Manche.
BOURGAUT: mauvais sujet. De la basse latinité _burgator_, voleur, brigand.
BOURGEOLEINE: bourdène (_Rhamnus frangula_). B.
BOURGOGNE (s. f.): sorte de coiffure des filles du Bessin. B.
BOURGUELÉE (s. f.): feu de joie. C'est ce que dans le Dauphiné on appelle bordalunéiri, et dans le Jura beurdifaille.
BOURGUIGNOTTE (s. f.): sommet de la coiffure des filles du Bessin. Suivant Roquefort, la bourguignotte était autrefois «une sorte de calotte à oreilles, un ancien casque fort léger.»
BOUROT ou BOUREAU: petit canard.
BOUROTER: marcher à petits pas pressés, comme font les _bourots_ ou canetons. L.
BOURRELLE: cruelle. De bourreau. L.
BOURRETTE: étoupe. De bourre.
BOURRI: hamac. Manche.
BOURRI: âne. Abréviation de bourrique, qui vient de l'espagnol _borrico_.
BOURRIER: plantes parasites que l'on enlève par le sarclage. Du latin _burra_, employé par Ausone pour signifier des riens; d'où sont venus _bourre_, mauvais poil, et _bourrée_, fagot fait de branches de peu de valeur. Par extension, ordures: c'est dans ce sens qu'on l'emploie en Bretagne. Dans une de ses stances, Regnier place ainsi le mot bourrier:
Et cependant tu vas dardant Dessus moi ton courroux ardent, Qui ne suis qu'un bourrier qui vole, A.
BOURROCHE: bourriche. Roman. L.
BOURROT: flocon de laine qui se forme de celle que les épines des champs arrachent aux moutons.
BOURSETTE; BROUSSETTE: mâche (_Valeriana locusta_).
BOURSICOT; BOURSIQUET: petite bourse. Il se trouve également dans le patois du Berri et du Nivernais.
BOURSICOTER: se cotiser, tirer de sa _bourse_. S.-I.
BOURSILLER. Même sens que BOURSICOTER.
BOUSÉE: fiente du gros bétail faite en une fois.
BOUSER: faire une ou plusieurs bousées.
BOUSET: bouse consistante.
BOUSIN: mauvais lieu, tripot. Patois Lorrain.
BOUSINE: musette. De _buccina_; ou de [Grec: bous], boeuf, parce qu'elle était faite primitivement du cuir de cet animal. En roman, _bozine_ signifie trompette.
BOUSSACRE: mauvais ouvrier.
BOUSSACRER: exécuter mal un travail.
BOUSTOC: homme ou enfant gros et court. On dit communément un gros boustoc. De _buste_.
BOUT (Être sur bout): être debout.
BOUTE-TOUT-CUIRE: prodigue.
BOUTICLE: boutique. S.-I.
BOUTIFAILLE (s. f.): profusion d'aliments.
BOUTIQUER (v. a.): mettre dans un mauvais ordre, déranger.
BOUTRE (v. a.): placer, poser. De bouter: mettre. Se trouve aussi dans le patois Troyen.
BOUVARD: jeune _boeuf_. Du latin _bovellus_.
BRAGUE; BRAGUETTE: culotte. Du celtique _braya_, d'où est venu le substantif latin _bracca_. La Gaule Narbonnaise était appelée par les Romains _Gallia Braccata_, c'est-à-dire la Gaule culottée, à cause de cette sorte de vêtement dont se servaient les habitants de cette ancienne province. Brage et braie viennent aussi de _bracca_.
BRAGE; BRAIE (s. f.): instrument pour _broyer_ le lin. Corruption de broie. A.
BRAIHAUD ou BRÉHAUD: braillard.
BRAIHAUDER: brailler, crier fortement et mal à propos.
BRAIRE: pleurer fort, crier haut, brailler comme fait un âne. Patois des Vosges. En patois Walon, _breïâ_ signifie brailleur.
BRAN: son du blé. Du celtique _bren_. Pline (l. XVIII, c. 7) dit que les Gaulois appelaient _brance_ une sorte de farine de froment.
BRANGÉ: bête à cornes dont le poil est rayé de fauve et de noir ou de brun foncé.
BRANLE; BRANLOURE ou BRANLOIRE: pièce de bois du pressoir, qui sert à en mettre les roues en mouvement, en _branle_.
BRANNÉ: taché de rousseurs qui ressemblent au _bran_ ou son. Voyez SONNU. B.
BRANNÉE: ration de son mouillé pour les animaux de la ferme, quelquefois avec addition d'herbes, de feuillages, etc.
BRASILLÉ (s. m.) galette, cuite au four; elle se fait principalement sur le littoral du Calvados.
BRASILLER: cuire dans la _braise_ ardente du foyer ou du four. Basselin emploie ce verbe.
BRASQUER; BRASSETIQUER: bâcler; faire à la hâte et sans égard à l'ordre.
BRASSAGE: pressurage de fruits, soit à cidre, soit à poiré.
BRASSAISON: temps du brassage.
BRASSE-CORPS (A): à bras-le-corps.
BRANCTIQUER: Voyez BRASQUER.
BRASSEYER: marcher les _bras_ pendants.
BRAUDER: enduire de choses sales. L.
BRAVE: bien paré; bien habillé. Du celtique-breton _brav_, beau, gracieux.
BRÊCHE (s. f.): lie, sédiment.
BRÉDALLER: promener. S.-J.
BREHAIN: stérile. Il n'est plus usité en français qu'au féminin. On trouve _brehains_ dans Wace (Établissement de la Conception).
BREHAINE: perdrix qui n'a pas encore couvé.
BREHOLIÈRE (s. f.): mauvaise bruyère, mauvais terrain. L.
BRÊLE (s. f.): bricole pour les bêtes à cornes. Voyez BREULE.
BRELETTE (s. f.): rosse. Val.
BREMAN: porte-faix faisant partie d'une association, sur laquelle M. de Formeville a écrit un mémoire curieux. De l'islandais _ber_, porter, et _man_, homme.
BRENÈCHE (s. f.): petite ordure. De bren ou bran. A.
BRENÉE. Voyez BRANNÉE.
BRÈNES ou BRANNES: mamelles de la truie. Du celtique-breton _brennid_.
BRESI ou BRESIL: bois de Fernambouc. Sec comme bresil. Dans cette locution, _sec_ s'est changé en _salé_, et l'on dit souvent: salé comme bresi. Dans le Jura, on donne ce nom à de la «viande de vache que l'on fait boucaner pour la conserver», dit M. Monnier, dans le _Vocabulaire de la langue rustique et populaire du Jura_.
BRESILLER (v. a.): mettre en pièces, écraser, pulvériser comme du bois de Brésil. En picard, _bersiller_; en languedocien, _brésilla_.
BREUIL: nom de plusieurs communes de Normandie. De l'ancien français _broil_ (_broilum_, dans la basse latinité), qui signifie bois, broussaille. Le vieux poète Alexandre de Bernai disait, dans le XIIe siècle:
El val de Josaphat y est un brouil foillu.
Thibaut, roi de Navarre, emploie dans ses _Chansons_ le mot _broil_. En roman, _breuil_ et ses synonymes signifient un bois, un buisson. _Brogilus_ est employé dans un Capitulaire de Charlemagne (_De villis_, cap. 46) dans le sens de bois ou bocage.
BREUILLE (s. f.): duvet des oiseaux nouvellement éclos. Expression métaphorique tirée de breuil. B.
BREUILLER: rôder dans les bois, les _breuils_. A.
BREULE: bricole. Voyez BRÊLE.
BREUME: obscurité. De _bruma_. C'est _eu_ pour _u_, comme preune pour prune, eune pour une, etc.
BRICHE (s. f.): ordure, excréments, être ou objet de nulle valeur et méprisable. Roman.
BRICHET; BRUCHET: creux de l'estomac, le sternum. En roman, _brechet_.
BRICOLI: brocoli, jets de choux montés en fleurs. Du celtique-breton _caul_ ou _col_, chou.
BRICOLIQUE: ramas d'objets divers. Corruption du mot bucoliques.
BRICON: mauvais sujet. En italien, _bricone_. Dès le XIIe siècle, Wace avait employé ce mot dans son _Roman de Rou_ (v. 4184):
Blasmez en seriez, et tenu por bricon.
BRIDESAVIAU (s. m.): ruban étroit de fil écru. Nicot définit par _nugæ_, bagatelles, le vieux mot brides-à-veaux, dont Piron s'est servi dans une de ses épigrammes.
BRIE: machine de bois pour _broyer_ la pâte.
BRIÉ (Pain): pain de pâte ferme, _briée_ (broyée) et fortement maniée. Brieu en patois Bourguignon. Dans le patois du Jura, brier signifie presser en foulant aux pieds. En effet, pour brier le pain dont il s'agit, un homme en presse dans le pétrin la pâte sous ses pieds couverts d'un sac de toile.
BRIÈRE: bruyère (_erica_), lande.
BRIFFONNIER: marchand de volailles et de menues denrées. Du celtique _dibrif_, manger, ou de _brifa_, manger avec avidité; mots d'où l'on a tiré briffer, briffaud, débrider. Ainsi le briffonnier est un marchand de comestibles, tels que volailles, oeufs, etc.
BRIGANDINE (s. f.): planches minces dont on fait ordinairement les cercueils. B.
BRIGANT: hanneton, mans. Manche.
BRIMBALLER: traîner çà et là. Du vieux mot _baller_, danser, sauter. Voyez TRIMBALLER.
BRIMBORIONNER: écrire ou parler sans raison. S.-I.
BRIN (s. m.): petite quantité, un petit brin; donnez-m'en un brin.
BRIN (adv.): rien, pas du tout. Je ne vous en donnerai brin.
BRINCANDER: remuer minutieusement _brin à brin_. Orne.
BRINDELLE: brindille, menue branche.
BRINDESINGUES: ivresse gaie.
BRINGE: petite branche. L.
BRINGÉ: même signification que BRANGÉ. B.
BRINGÉE: bon nombre de coups de bringe. L.
BRINGER: fouetter avec des _bringes_. Ce verbe est roman, ainsi que le substantif bringe.
BRINGUE (s. f.): brebis. A. Voyez BIRINGUE.
BRINGUES: morceaux, pièces brisées menu. Mettre en bringues: mettre en pièces. Id. en patois Lorrain.
BRINGUET: boeuf de couleur bringée. Voyez BRANGÉ.
BRINOTTER: mâcher lentement, _brin à brin_.
BRISAS: qui _brise_ tout, maladroit. L.
BRISCOT: canard. Mortain.
BRISÉ (s. m.): jachère récemment brisée par le labourage. B.
BRISION (s. f.): grand _bruit_.
BRISTONNER: divulguer, _ébruiter_.
BRIT: bruit. L.
BROCHE: aiguille à tricoter.
BROCHER: se faire jour, pénétrer à travers une haie ou des _broussailles_. De l'ancien français _brocer_, parcourir les bois, les broussailles. Roman. En patois Walon, _broki_ signifie fondre sur, foncer.
BROCHON: bourgeon, bouts de jeunes branches garnis de leur feuillage, qui tombent brisés sous les coups de gaules, lorsqu'on cueille les fruits.
BROCSON (s. f.): femme grossière et malpropre. Voyez TOCSON.
BRODER: tricoter. A.
BRODURE: broderie. M.
BROE; BROUE (s. f.): écume de la bouche.
BROIL. Voyez BREUIL.
BROILLE (s. f.): gros ventre. Hydropisie chez les animaux, surtout chez les lapins domestiques. Voyez BOILLE.
BROILLU: qui a un gros ventre.
BRONBRON: rouet. Onomatopée. A.
BRONCHAS; BRONCHIOUS: hanneton. Onomatopée, à cause du bruit que cet insecte fait en volant.
BRONDIR: brandir; faire bruire une pierre qu'on lance avec la fronde.
BRONFIOUS: hanneton. De _brou_, feuilles,--parce qu'il dévore le feuillage des arbres.
BROQUE: broche.
BROQUETTE: pénis d'enfant. M.
BROTER: écumer, jeter de la _broue_.
BROTILLON: broutille.
BROU: feuillages que l'on donne à _brouter_ aux bestiaux; jeunes feuillages des arbres.
BROUBIQUET: chèvre-feuille. C'est la même idée, puisque _brou_ signifie feuille, et biquet, chevreau.
BROUE: écume à la bouche.
BROUÉE: brouillard épais. A.
BROUER: écumer de la bouche, jeter de la _broue_.
BROUER; BROUIR: roussir, _brûler_. En patois Walon, _brouler_: brûler, havir.
BROUETTEUX (s. m.): mésange à longue queue. B.
BROUSSE (s. f.): terrain inculte, couvert de _broussailles_.
BROUSSETILLES ou BROUSTILLES: menues branches brisées. Roman. Du celtique _broust_, hallier, buisson.
BRUCHET. Voyez BRICHET.
BRULE-BOUT; BRULE-TOUT: binet sur lequel on _brûle_ les _bouts_ de bougie ou de chandelle.
BRULIN: brûlé. Sentir le brûlin, avoir goût de brûlin.
BRUMAN: nouveau marié. En roman, ce mot signifie gendre. Étymologiquement, c'est l'homme de la bru.
BU: bouleau. Falaise.
BUAN: brouillard épais. Roman. Du celtique _Bu_.
BUCAILLE (s. f.): fourré de bois, bocage.
BUCHER: tailler, couper dans une pièce de _bois_. L'Académie n'emploie ce verbe que dans le sens de faire des bûches.
BUÉE: vapeur de l'eau _bouillante_. Lessive. Ménage déraisonne longuement sur l'origine de ce substantif, que Huet fait avec raison venir du grec [Grec: _buô_], d'où est tiré le verbe latin _imbuo_ et le mot français _imbu_. En effet, le linge est imbu par la lessive qui l'abreuve. Dans une de ses ballades, Villon dit:
La pluye nous a buez et lavez.
_Bua_ en patois du Jura. _Bouaie_ en patois des Vosges.
BUETTE: bûchette. Manche.
BUFFE: coup ou soufflet qui fait enfler ou _bouffir_ la joue.
BUFFET DE SERVICE: buffet. L.
BUHOT: sorte de tube en bois pour prendre les taupes. Il est un autre buhot dont les faucheurs se servent pour placer et humecter la pierre à aiguiser la faulx. A Vire, on appelle buhot un gros sabot qui ressemble un peu au buhot du taupier. L.
BUHOTTE (s. f.): petite limace.
BUNÉE: caprice. B.
BUNETTE (s. f.): fauvette traîne-buisson ou fauvette d'hiver (_Motacilla modularis_). Bunette, probablement pour brunette, à cause de sa couleur. Dans le patois Troyen, la bunette est la mauviette.
BUOTTE: piége à taupes. Voyez BUHOT.
BUR ou BURE: habitation de village. De la basse latinité _burum_.
BURAS: sorte de bure, étoffe.
BURET: porcherie. De _bur_. En Auvergne, on appelle une vacherie buron. Le bure, en français, est un puits profond dans les mines. B.
BURET ou plutôt BURRET: première mue des jeunes oiseaux dont la plume n'est alors qu'une sorte de _bourre_.
BURGUER: heurter brutalement, _brusquer_, pousser rudement. Raynouard (_Lexique roman_, II, 27) dit que les troubadours employaient le mot _burs_ dans le sens de choc ou coup.
BUSOQUER: agir en buse, oiseau stupide; perdre son temps à de niaises et sottes occupations.
BUSOT: poil follet, plumes naissantes; brin de paille, fétu.
BUSSE: petit tonneau. En basse latinité, _bossex_; en roman _bosse_.
BUTAS: homme grossier, lourdaud. En roman, _butau_.
BUTÉE: butte, côte, chemin montueux et rapide.
BUTER: broncher, comme lorsqu'on heurte avec le pied une petite _butte_.
BUTILLÉE (EN): en masse. De butte. B.
BUTILLON: panier à tissu clair, et allongé en bouteille. V. _Butiglionus_ dans Du Cange.
C.
CABAGÉTIS: CABAJITIS: dépôt désordonné de vieux effets, de vieux _cabas_ sans valeur, jetés dans un _cabinet_. En patois du Jura, _cajabiti_, _cajibiti_. De _cage_: _cavea_. A.
CABARET: avant-toit. A.
CABAS: vieux meuble grossier.
CABAS: tromperie. Employé en ce sens par Jean Joret.
CABASSER: tromper. Ancien français.
CABIET: chat.
CABIN: petit cabinet malpropre. A.
CABINE: ravin.
CABINET: petite armoire. A.
CABLER: fermer bruyamment une porte ou toute autre ouverture. En roman, _cable_ signifiait un arbre ou une branche que le vent a cassée. On dit dans le patois du Bessin: «Cette porte ou fenêtre _cable_», c'est-à-dire est agitée bruyamment par le vent.
CABOCHE (s. f.): tête de vieux clou. De _caput_, tête.
CABOT: ancienne mesure contenant un demi-boisseau. Du grec [Grec: kabos], mesure. Aux environs de St.-Lo, de Bayeux, etc., cabot signifie tas, monceau. Mettre le foin en cabots, c'est le réunir en petits monceaux.
CABOT; CHABOT: petit poisson de rivière à grosse tête. De _caput_.
CABOURE: mauvaise maison délabrée. B.
CABOUSSAT: soupe au babeure. O.
CABRE: bruit. A. Voyez CABLER.
CABREUX: conducteur de bestiaux. B.
CACAPHONIE: cacophonie.
CACHARD, DE: qui aime à dissimuler; paresseux, qui ne va qu'à force de coups. Bête cacharde.
CACHE: chasse. S.-I.
CACHE-PUCE (chasse-puce): menthe poivrée (_Mentha piperita_).
CACHER: chasser devant soi. En roman, _cachier_. Dans la _Dance aux aveugles_ on emploie l'expression cacher pour chasser. L.
CACHEUX: celui qui _cache_ ou chasse devant lui les bêtes à cornes aux marchés. L.
CACHOTTER: faire des _cachotteries_, faire un mystère de choses peu importantes.
CACHOTTIER, IÈRE: qui fait des cachotteries.
CACOUARD: frileux, souffreteux. B.
CACOUE (s. f.): roseau à balais (_Arundo phragmites_). B.
CADELER: soigner avec grande affection. En roman, _cadeler_, _chadeler_, signifient conduire; _cadeau_ et _cadel_, jeune chien. Ainsi cadeler un enfant, c'est le traiter comme un petit chien chéri.
CAFOUIN: café faible et léger, mauvais café.
CAGÉE: plein une cage. Une cagée de volailles grasses.
CAGNARD: sorte de réchaud en fonte. L.
CAGNET: paille de sarrasin. O.
CAGNOLLE: nuque. La _Muse Normande_ désigne sous ce nom la mort. En islandais, _kenni_ signifie mâchoire.
CAGNON (de morue): _chignon_ de la tête de ce poisson salé. Roman, comme _cagnolle_. Roquefort pense que ces mots viennent du latin _catena_, chaîne, «parce que la nuque ressemble à un chaînon.» L.
CAHUHAN: chat-huant.
CAIAMAN: grand coquillage spirivalve. Voyez CALIN. B.
CAIGNOT: petit enfant. De _canis_, chien. On dit, par mignardise, caignot pour mon petit chien, comme d'autres disent: mon petit chat, mon minet. A.
CAILLE: mêlé de blanc et de couleur foncée. Un boeuf caille, une vache caille; qui a le poil tacheté par masses de blanc et de fauve, ou de noir et de blanc. A Bayeux et dans la Manche, on dit _cailli_ et _caillé_.
CAILLES; CAILLE-BOTTES: grumeaux de lait caillé.
CAILLOU: noyau d'un fruit tel que l'abricot, la cerise, etc. L.
CAIMAND, DE. Voyez QUÊMAND. Roman.
CAIN ou CAHIN (LA SEMAINE): la semaine-sainte. B.
CAINE: chaîne. Id., dans le patois Picard.
CAINGEON. Voyez CAIGNOT. A.
CAIGNOT: jeune chien.
CAIR: clair. A.
CARAILLER: ne boire que le bouillon de la soupe, que le cair (le clair) du potage. A.
CAIRÉE: curée. De _caro_, chair. A.
CALAMISTRER: ajuster, parer avec recherche. Dans la basse latinité, _calamistrare_.
CALARD, DE: paresseux, poltron. B.
CALEBOTTER (en parlant du lait): cailler. V. TRUTER. Ce verbe, en parlant des sauces, signifie se coaguler sur le feu en grumeaux, comme les caillebottes du lait caillé.
CALÉ: bien établi; solidement riche et remarquablement habillé. De _cale_.
CALÉE: grande quantité. Valognes.
CALEHEAU: caniveau. La lettre _h_ s'aspire. L.
CALENGER: discuter un prix, stipuler dans un marché avant de conclure. En roman, disputer, quereller. Autrefois _challengier_, que M. Paulin Paris fait venir de _calumniari_, chicaner, et M. Pierquin de Gembloux de l'anglais _to challenge_, prétendre, réclamer, verbe qui plus vraisemblablement fut porté en Angleterre par les Normands[13]. Roquefort dit que le verbe calenger, en Normandie, signifie barguigner, et, avant M. Paris, il l'a dérivé de _calumniari_.
[Note 13: La conjecture de M. Louis Du Bois est confirmée par ce court article: «callenge, _an accusation_», p. 34 de l'ouvrage précieux et rare intitulé: _A Dictionary of the norman or old french language..._; by Robert Kelham. London, 1779; in-8º. J. T.]
CALER: refuser un défi. C'est ce que l'on appelle (figurément aussi) saigner du nez.
CALESENIER: nonchalant, fainéant.
CALEUX: paresseux. R.
CALIBARAUD: entre deux vins, à demi-ivre. Evreux.
CALIBAUDÉE: feu de fagot ardent et clair.
CALIBORGNETTES: lunettes. Valognes.
CALIBORGNON: qui a la vue très-basse. L.
CALIBREDA (A): à califourchon. A.
CALIFOURQUETTE; CALIFOURCHETTE (A): à califourchon. L.
CALIMAÇON et CALIMACHON: colimaçon.
CALIN: petit coquillage spirivalve que l'on mange cuit. B.
CALIN et CALUN: suite d'éclairs sans tonnerre, qui illuminent l'horizon. De _calor_, chaleur. B.
CALINER (v. n.): éclairer. B.
CALINER: dorloter. L.
CALOBRE: sorte de robe, vêtement de drap grossier. De la basse latinité _colobium_, employé par Orderic Vital, t. I, p. 233. En roman, _calobe_: vêtement long sans manches. Le substantif roman _caltre_ signifie draperie.
CALORET: petit bonnet de mauvais goût. De calotte. A.
CALORGNE: louche.
CALOT: petit trésor, magot.
CALOT: morceau de bois, provenant de débris des arbres employés à faire des sabots. _Calots_: gros copeaux. Bale ou son du sarrasin.
CALOT: sorte de bonnet d'enfant. De _calotte_.
CALOTIN: terme de mépris, en parlant d'un prêtre qui n'a de recommandable que sa _calotte_.
CALOTTE (s. f.): coup de la main sur le derrière de la tête, sur la partie de l'occiput, où les ecclésiastiques placent leur _calotte_.
CALOTTER (v. a.): donner un coup sur le derrière de la tête. Le sens de ce mot s'est étendu aux claques sur la figure.
CALUCHOT: mauvais bonnet. A.
CALVET: sommet de la tête, qui est le plus exposé à la _calvitie_. Valognes.
CAMAIL: travail à l'extérieur. Cette domestique est peu propre aux travaux de l'intérieur du ménage, mais elle est bonne pour le _camail_. L.
CAMBOT: petit enfant débile.
CAMBOTTES (s. f. pl.): espèce de paniers qu'on place sur les côtés du bât pour porter le fumier. A.
CAMBRE: chambre, chanvre.
CAMBROUSE: mauvaise _chambrière_. Ce mot appartient à l'argot ancien.
CAMELOTTE: pacotille, marchandise. Argot récent.
CAMIÈRE: camomille (_Anthemis_). B.
CAMIOLÉE, ou plutôt CAMIONNÉE: charge d'un camion.
CAMIONNER: charrier dans un _camion_, petite charrette à bras, dont le nom vient du roman.
CAMPOUSTAIN, NE: affecté dans sa marche, et qui se _cambre_ pour se donner bonne grâce.
CAMPUNELLE: clochette d'église. De _campana_, cloche. Voyez TINTENELLE. En roman, _campanelle_, _campenelle_.
CANAILLON; QUENAILLON: enfant.
CANCHELER: chanceler. Roman. S.-I.
CANCHIÈRE (s. f.): «sillon transversal par lequel on entre dans le champ.» Pluquet.
CANCHON: chanson. S.-I.
CANEBOTTE: chenevotte. De _cannabis_.
CANEÇON: caleçon. Appartient au patois Lorrain.
CANEHOTTE: oie sauvage. Valognes.
CANESRE (s. f.): mélange d'eau et de jus de réglisse, dont se régalent les enfants.
CANET: caneton, jeune canard. D'_anas_.
CANETTE: petite boule de marbre avec laquelle jouent les enfants.
CANI. Voyez CHANI.
CANISSURE. Voyez CHANISSURE.
CANIVIÈRE: chenevière.
CANIVIEUX: chenevis.
CANIVOTTE: chenevotte.
CANJON: petit enfant. A.
CANNE: cruche. Roman. Voyez CHANNE. L.
CANNE-PÉTOIRE et CANNE-PÉTOUSE: sorte de tube en sureau, pour lancer soit de l'eau, soit de menus projectiles.
CANNÉE: contenu de la canne.
CANNETTE: bobine à rebords sur laquelle on enroule, avec le dévidoir, le fil pour les toiliers. Du celtique _kanel_.
CANT: côté, _champ_. Dans ce sens, l'Académie appelle _champ_ le côté le moins large des pièces carrées, soit charpente, soit briques, soit pierres de taille. De l'islandais _kant_, côté.
CANTER: pencher sur le côté.
CANTET. Voyez CHANTEAU.
CANVERSER: renverser sur le côté.
CAPE; TÊTE DE CAPE: chaperon noir que les femmes portaient autrefois, avant que les parapluies fussent devenus communs, et qui couvrait la tête et les épaules. De _caput_, tête. Peut-être de _capella_, chèvre, parce que ce vêtement était fabriqué avec du poil de cet animal.
CAPENDU: court-pendu. Sorte de pomme très-bonne à manger.
CAPER: se renfrogner sous _cape_. Valognes.
CAPET et CAPIAU: chapeau. De _caput_.
CAPET-TAGNEUX: bardane (_Arctium Lappa_), parce que les enfants en jettent dans les cheveux les graines qui s'y attachent comme la _teigne_.
CAPIFAUT: Colin-Maillard, sorte de jeu qui, couvrant les yeux, fait _faillir la tête_. S.-I.
CAPINE-CAUCHE. Voyez CHAPIN.
CAPOGNER (v. a.): donner des coups de _poing_ sur la tête de quelqu'un. En patois Walon, _k'pougn'té_ signifie gourmer, battre à coups de poing. Voir le Dict. de Cambresier.
CAPON: poltron. De chapon, coq rendu lâche par sa mutilation.
CAPONNER: agir en poltron, reculer devant tout défi.
CAPRICORNE (s. m.): le scerambix musqué. B.
CAPUCHER. Voyez CAPOGNER. B.
CAPUCIN: c'est l'insecte appelé _Oryctese nasicornis_. B.
CAQUETOIRE (s. f.): larynx, la luette, qui produit le caquet.
CAQUEUX: couteau pour ouvrir, _écaler_ les huîtres, les extraire de leur _caque_. B.
CARABAS: mauvaise voiture, vieux carrosse.
CARABIN: sarrasin (_Polygonum fagopyrum_).
CARAPON: sorte de bonnet d'homme, fabriqué avec une peau de renard, de chat, etc. B.
CARAS: sorcier, déguenillé. De la basse latinité _charogus_ et _charogius_: sorcier.
CARCAN: mauvaise bête, homme méchant qui mériterait d'être mis au carcan.
CARDON: nom donné, sur le littoral de Caen, à une espèce de crevette qui s'y pêche en abondance.
CARDON-LANIER: chardon à foulon, à bonnetier (_Dipsacus fullonum_).
CARETTE: charrette. Voyez QUERETTE. S.-I.
CARÊME-PERNANT; CARÊME-PRENANT: crêpe de farine de blé que l'on fait aux Jours-Gras, lorsque le _carême_ va _prendre_ ou commencer. L.
CARI: rosse. Manche.
CARIMALOT: charivari. Du patois Rouchi _caramara_, masque. B.
CARME: vers, poésie. Du latin _carmen_. Employé par Basselin qu'il ne faut pas citer comme le pseudonyme de Le Houx. On trouve _carme_ pour vers dans le _Trésor_ de Nicot.
CARNASSIER, IÈRE: avide; friand. L.