Chapter 17
MILLAUDER: mendier. A.
MILLAURAINE ou MILLARAINE (s. f.): sorte de loup-garou. (Valognes.)
MILLE-SOUDIER: homme dont la richesse est inépuisable. De mille et de sou.
MIMI: chat. Voyez MIANDER. _Mira_ signifie une chatte dans le patois de Grenoble.
MIN: mon.
MINABLE: qui a la mine hideuse, l'aspect sinistre. Patois Lorrain.
MINCE (s. f.): mèche de fouet. O.
MINCÉE: choses coupées _mince_. Une _mincée_ de choux: choux coupés en petits morceaux et mêlés avec du son et du lait caillé pour l'engraissement des porcs.
MINCER: réduire ou briser en petits morceaux (_minces_). A.
MINDRAILLE: menue monnaie; chose de peu de valeur.
MINDRE: moindre. S.-I.
MINDRER: amoindrir, mincer, couper en petits morceaux.
MINDRÉE: masse d'objets mincés, rompus, écrasés menu.
MINE (GRANDE-): mesure de 8 boisseaux. La petite mine est de 6. H.-N.
MINEAU; MINON; MINOT: minet, chat.
MINEAUX; MINOTS: fourrures. De minet.
MINET, TE: joli petit garçon, jolie petite fille. Métaphore de minet: petit chat.
MINETTE: _Lotus corniculatus_. B.
MINGRELET; MINGRELIN (corruption de _maigrelet_): maigre et chétif. _Mingrâlin_, dans le patois Troyen.
MINGROLLE (s. f.): moustache de chat. De _minet_ et de _grouin_, pour museau.
MINIEUT; MIGNIEUT; MESGNIEUT: minuit.
MINON: chat.
MINS, E: mis, mise. S.-I.
MINUTE: patience! attendez un peu!
MIOCHE (s. m.): petit enfant qui ne mange encore que de la _mie_. L.
MIOCHÉE; MIOLÉE; MIOTÉE: pain _émié_ dans du cidre, du poiré ou du lait.
MIONNER: manger avidement.
MIOT: gros morceau de mie; oiseau dernier éclos. Du vieux mot _mion_: plus petit. Voyez ÉCLOCU.
MIOTS: miettes.
MIQUER: ajuster. B.
MIRE: vue, regard, exposition. Mettre en _mire_: exposer aux regards, à la vue, à l'attention.
MIRABOULIA FECI (IL A L'AIR DE): hableur. Sans doute de _mirabilia feci_: j'ai fait des merveilles.
MIRETTE (s. f.): germe de l'oeuf--Petit miroir.
MIREUX; MIROUX: miroir.
MIRLIFICHÉ: enjolivé minutieusement. _Mistifrisé_, dans le patois Walon.
MIROTER: ajuster avec un soin minutieux.
MIROTER (SE): se mirer long-temps et avec coquetterie.
MIROUX: merveilleux. De _mirus_. B. Voy. MIREUX.
MISÉRABLE (s. m.): le quart d'un petit-pot d'eau-de-vie, la trente-deuxième partie d'un litre. L.
MISÉRER: macérer, rendre misérable; le devenir par excès de travail ou de privations. _Misérer_ son corps.
MISERETTE: musaraigne. En patois Walon, _misuette_ signifie un souriceau. B.
MISTANFLUTE. Terme d'amitié trivial et un peu dédaigneux.
MISTANFLUTE (A LA): de travers. Patois Troyen.
MISTAU: jeune garçon de belle venue. O.
MITAINES A QUATRE POUCES: objet qui sert à plusieurs emplois. L.
MITAN: milieu, moitié. De _medietanus_.
MITER (v. a.): user, gâter. O.
MITEUX: chassieux. Voyez BOGUÉYEUX.
MITON: chat; MITON: morceau de mie.
MITONNÉE (s. f.): panade.
MITOURIES (s. f. pl.): cérémonies, façons. Que de _mitouries_! c'est-à-dire, que de cérémonies! que de façons! que d'embarras! Les Dieppois appelaient _Mitouries_ (des mots _mi août_) une procession solennelle fondée, en commémoration de la victoire signalée remportée par eux, le 14 août 1443, sur les Anglais, après 23 ans passés sous leur domination. Comme ce jour était la veille de la fête de l'Assomption, quelques personnes ont cru que les _Mitouries_ étaient uniquement en l'honneur de la Vierge. L.
MITOYEN: cidre pressuré avec de l'eau par moitié. L.
MITTON: petit morceau. De miette.
M'N: mon. _M'n_ ami: mon ami; _m'n éfant_: mon enfant. Devant les voyelles, au lieu de _m'n_, on dit _man_. Voyez MAN. On dit aussi _m'n_ pour m'en. Je _m'n_ allais: je m'en allais.
MOCHE (s. f.): petit pain. On dit aussi une _moche_ de beurre. De _motte_.
MOCHE: paquet de vers pour pêcher l'anguille; agglomération de.
MOCHI-MORA: pas trop, suffisamment.
MOCHON: grumeau, morceau de pain. Dans le département de la Mayenne, on appelle _mottons_ les grumeaux qui se forment dans la pâte ou dans la bouillie.
MODEUSE (s. f.): modiste, marchande de _modes_. A.
MOGNON: moignon.
MOIGNEAU: moineau.
MOINDREMENT (LE): le moins, très-peu, la _moindre_ quantité.
MOINE: poisson de mer. B.
MOI-S'EN: m'en. Donnez-_moi-s'en_; donnez-m'en. L.
MOISILLON: paysanne qui singe la demoiselle de ville pour sa toilette.
MOISON: maison. L.
MOISSE: ce qu'on trait d'une fois.
MOISSERON: pinçon. O.
MOISSON (s. m.): moineau. Voyez PASSE. L.
MOISSON D'ARBANIE: moineau friquet. B.
MOLLACHE: mollasse, mou. De _mollis_.
MOLLAIN (s. m.); MOLLIÈRE (s. f.): terrain marécageux et mou, où l'on peut s'embourber. Voyez EMMOLER. L.
MOLLE: botte de cercles dont le nombre diminue en proportion que les cercles sont plus grands. M. Decorde.
MOLLET. Voyez DIABLE. B.
MOLLETTE: couverture de molleton pour lit.
MOLLETTEMENT: très-mollement. L.
MOMON: farceur qu'on introduit le jour des noces dans l'assemblée pour amuser la société. Voyez BIDOCHE. A Dijon, les _momons_ sont des farceurs masqués durant le carnaval. A.
MONCHAIS; MONCHÉE; MOUCHÉE: monceau.
MON: moi. Donnez-_mon_; écoutez-_mon_: donnez-moi; écoutez-moi. Dans les _Nouvelles_ de Des Périers XVII et XLVIII, on lit: «Regardez-_mon_», pour regardez-moi. A.
MONCORNE: mélange de pois, de vesce, d'orge et d'avoine qu'on sème au printemps. H.-N.
MON DIEU (ÊTRE HORS DES): n'être ni beau ni laid.
MONÉE ou MONNÉE (s. f.): quantité de grain livrée au _monier_ (meunier) pour être convertie en farine. M. Dureau de La Malle s'est trompé en écrivant _monnaie_ et en partant de là pour expliquer savamment ce mot qu'il n'a pas entendu.
MONER: hésiter, être irrésolu. Du grec [Grec: monos]: seul.
MONGNAN: chaudronnier ambulant. Voyez MAGNAN.
MONGNE: soufflet, taloche, coup.
MONGNER: donner des _mongnes_.
MONIER: meunier;--cheverne, poisson de rivière qui se plaît dans le voisinage du moulin.
MONT: tas, monceau.
MONTAIN: verdier, oiseau. B.
MONTARDE: moutarde.
MONTEUX (PIED): pied gauche du cheval, du côté qu'on _monte_.
MONTON: mouton.
MONTOUS: montez-vous? Contraction.
MONTOUX: escabot pour monter, chemin en pente.
MONSIEUR: cochon. Antiphrase qui se trouve dans le patois du Vendomois et du Berry, où cet animal est appelé _un noble_. Dans l'arrondissement de Cherbourg, on dit _un monsieur de Tréauville_, et dans presque toute la province, _un vêtu de saie_. C'est sans doute une allusion satirique, faite par la classe des travailleurs à la vie oisive des gentilshommes et des habitants des villes. MM. Duméril.
MOQUE (s. f.): bol, vase de terre plus grand que la tasse.
MOQUE: mouche. _Mohc_, en patois Walon.
MOQUÉE; MOQUIE: le contenu d'une _moque_.
MOQUET: lumignon, petite lampe; partie calcinée de la mèche. M.
MOQUETONNER: donner un baiser à la manière des vieillards, en ayant l'air de mâcher. Ce verbe a la même origine que le verbe _moquer_. A proprement parler, _moquetonner_, c'est donner un baiser ridicule, qui excite à la _moquerie_.
MOQUETTE: tromperie par plaisanterie. De _moquer_.
MOQUOUS: moquez-vous. Contraction.
MOQUOUX: moqueur.
MORCÉ: morceau.
MORCUI (mort-cuir): _peau_ calleuse et _morte_, soit aux mains, soit aux pieds. L.
MORDIENNE (A LA GROSSE): _grossièrement_; à la hâte; sans soin; vaille que vaille.
MORDURE: morsure.
MOREL: noir. Cheval _morel_: cheval dont la robe est noire.
MORELLE: le jeu de la _merelle_. A.
MORET; MOURET: airelle ou myrtille (_Vaccinium myrtillus_), ainsi que la mûre de la ronce, qui en effet est noire ou moresque. On appelle aussi _moret_ cette partie de la paille brûlée qui est noire et légère, et qui est, en quelque sorte, le charbon de la paille.
MORFILER (v. n.): décliner, décheoir. Corruption de _mal filer_, ou, comme on dit vulgairement, _filer_ un mauvais coton.
MORFLON (s. m.): la _Centaurea nigra_.
MORFONTURE (s. f.): maladie occasionnée par refroidissement, que les paysans de l'Orne désignent aussi par le nom d'_enfontume_.
MORGUE; mine. Bonne _morgue_: bonne mine. S.-I.
MORHENNÉ: fort triste; fort abattu.
MORIAUCHEMIN: marrube blanc. B.
MORIGINER: morigéner.
MORINE (s. f.): ruche abandonnée de ses abeilles. B.
MORINE; MOUAURINE (s. f.): mouches à miel qui sont mortes dans les ruches lorsqu'on en a extrait le miel.
MORMULER: _murmurer_, grommeler.
MORNIFLE; MORNINFLE: soufflet sur le _nez_. Dans le patois Troyen, _morniau_ signifie museau.
MOROSIF: morose, sournois.
MORS DE PAIN: morceau de pain. Du verbe _mordre_. Patois Lorrain.
MORT (A): beaucoup, à l'excès. Charger _à mort_. Il y avait du monde _à mort_.
MORTIR: se faner, en parlant d'une plante ou fleur.
MORVAILLON: petit morveux, enfant.
MORVELIÉ: petit morveux. S.-I.
MORVETTE: petite morveuse, enfant.
MORZIEU: mordieu! Juron.
MOTTIER: grossier, matériel comme une _motte_. (Vire.)
MOTTIN: pain.
MOU: poumons d'un animal.
MOUAURETER; MOUAUTRER: montrer.
MOUCEAU: monceau.
MOUCHE (s. f.): guimbarde; à cause du son de cet instrument, lequel ressemble au bourdonnement des mouches. On l'appelle aussi _môque_, nom patois de la mouche.
MOUCHE D'EAU (_Geris paludosa_). B.
MOUCHE DE MARS (_Crysops quadratus_). B.
MOUCHÉE (s. m.): monceau.
MOUCHET: monceau.
MOUCHE TANTALIQUE: Cantharide (_Cetonia aurata_, et non pas la _Cantharis vesicatoria_). L.
MOUCHETÉE: plein un mouchoir.
MOUCHETTE (s. f.): petit mouchoir d'enfant, que l'on pend ordinairement à son côté.
MOUCHEUX (s. m.): mouchoir, fichu.
MOUCHEUX DE CO: mouchoir de cou, cravate.
MOUCHIAU: monceau. S.-I.
MOUCHIER: moucher.
MOUÉRAUQUE: chrysanthème des champs.
MOUETTE (s. f.): échardonnoir. L.
MOUFINER: remuer les babines, en parlant des lapins.
MOUFFLE (s. m.) (arrondissement de Valognes): gros gant fourré sans autre doigt que le pouce, dont on se sert pour couper les broussailles. MM. Duméril.
MOUFLE: visage gros et rebondi.
MOUFLER: faire la moue. De mufle.
MOUFLU se dit d'un pain ou d'un gâteau bien levé. M. l'abbé Decorde.
MOUGEAILLE: mangeaille.
MOUGIER: manger. _Moujussez_ donc: mangez donc. En patois Walon, _moudzi_.
MOUILLASSE: mouillure désagréable. C'est une augmentatif de mépris, de même nature que ceux des Italiens: _casaccia_: mauvaise maison; _salaccia_: vilaine salle, venant de _casa_ et de _sala_. A.
MOUILLASSER: mouiller mal à propos. A.
MOUILLE (s. f.): bouillon. N'avoir ni soupe ni _mouille_.
MOUILLES: moules.
MOUISSON; MOISSON: moineau.
MOUJUER: manger. Voyez MANJUSCER.
MOULANT: garçon meunier.
MOULÉ: imprimé en lettres moulées, en caractères d'imprimerie.
MOULÉE: sciure de bois.
MOULÉE (s. f.): quantité de grain, ordinairement la charge d'un cheval, ou deux hectolitres, livrée au _moulin_ pour être convertie en farine. C'est aussi la quantité de farine et de son qu'on en rapporte.
MOULÉE (s. f.): excréments de petit enfant qui ont pris de la consistance.
MOULETIER: marchand de _moules_.
MOULETTE: moule, coquillage. Porter à _moulette_: porter sur le dos un enfant (qui s'y tient à califourchon) comme on porterait une hotte de moules.
MOULINAIRE: fabricant de moulins.
MOULINER: être toujours en mouvement, comme les ailes d'un _moulin_.
MOULT: beaucoup.
MOUNIER: meunier.
MOUQUE ou MOQUE: mouche, guimbarde.
MOUQUE ou MOQUE A MIÉ: abeille.
MOUQUER: moucher. S.-I.
MOUQUERON: moucheron.
MOUQUET: petit bout de chandelle ou de bougie, qui ne vaut pas la peine d'être _mouché_. Peut-être de l'italien _moccolo_, bougie.
MOURBÊCHE (s. f.): ronce (_Rubus fruticosus_). A.
MOURE (s. f.): mûre de la ronce.
MOURET: fruit de l'airelle myrtille, petit arbuste qui croît dans les bois. On donne aussi ce nom au fruit de la ronce. Vient peut-être du latin barbare _mourellus_, noirâtre. En effet, ces deux espèces de fruits sont noirs, et noircissent les lèvres et les dents quand on les mange. Feu Ragonde.
MOURILLE: morille.
MOURINER: brûler si lentement que le feu semble toujours près de s'éteindre.
MOURMAUD: morose, sournois.
MOURME: morose, indolent, insensible.
MOURON (s. m.): salamandre dont le ventre est tacheté de jaune et de noir.
MOURONNÉ: tacheté de diverses couleurs, comme l'est le ventre du mouron ou sourd. L.
MOURONNET (s. m.): mouron (_Anagallis_).
MOURUE: morue.
MOUSE: gueule, langue. S.-I.
MOUSETTE: petite fille mal élevée, impertinente.
MOUSSIEU: monsieur.
MOUSSINER: s'agiter de désir ou de convoitise.
MOUSTILLE (s. f.): excréments. De l'ancien Argot _mousse_.
MOUTE (CHASSE-): garçon de moulin, qui va chez les pratiques chercher le grain à _moudre_.
MOUTE. Voyez MOULÉE.
MOUTE; MOUTE-MOUTE: chatte douce comme un _mouton_. Au figuré, _petite moute_: jolie petite fille bien douce.
MOUTON: grosse pièce de bois mobile d'un pressoir. La poutre correspondante, qui est immobile sur le sol et sur laquelle on élève ou l'on abaisse le _mouton_, s'appelle _brebis_.
MOUTURE: orge ou avoine, moulus grossièrement pour les animaux à l'étable.
MOUVER (actif et neutre): mouvoir, agiter, remuer. _Mouvous_ de là: ôtez-vous de cet endroit. De _movere_.
MOUVETTE (OEUFS A LA): oeufs brouillés. Voyez GRIMELOTTÉE. L.
MOUVETTE: petite fille qui est toujours en mouvement.
MOUVETTE: cuiller de bois pour la cuisine.
MOYENNER: faire en sorte. Employé en ce sens dans la _Danse aux aveugles_.--Être en mesure de procurer un résultat.
MOYEU: noyau de noix, de cerises, etc. S.-I.
M'S: mes. _M's éfants_: mes enfants.
MUCER: murmurer.
MUCHE (s. f.): cachette. L.
MUCHE-POT (A): en cachette, en parlant du cidre et des autres liqueurs que l'on débite en fraude. L.
MUCHER; MUCHIER: cacher. Du vieux verbe _mucer_ ou _musser_. Joinville dit que «Louis IX se _mussait_ de sa mère.»
MUCHETTE: cachette. Voyez GUILLEMUCHE.
MUCRE: moite; un peu humide; exposé à _moisir_; moisi. _Muck_, en anglais. L.
MUCREUR (s. f.): légère humidité. L.
MUCRIER: avare qui laisse tout _mucrir_, moisir, plutôt que d'y toucher.
MUCRIR: devenir _mucre_; prendre odeur ou goût de mucre.
MUE: cage où l'on engraisse la volaille.
MUE: mieux.
MUGAS: vaurien, _mauvais gas_. B.
MULARD: boudeur, entêté, qui _mule_.
MULER: bouder; garder rancune.
MULETTE: estomac des oiseaux; gésier. Estomac du veau, dans lequel on prépare la présure pour faire le fromage. Voyez MAGUE.
MULON (s. m.): meule de foin qui vient d'être fané.
MURAS (s. m.): fruiterie; fruits conservés pour l'hiver; fruits placés pour qu'ils _mûrissent_. Peut-être du vieux mot _mure_: fourrure; parce que souvent ils sont placés dans un lieu fourré de paille, qui les préserve de la gelée. Voyez MIGEOT.
MUREUR: maturité. Ce fruit est passé de _mureur_: ce fruit est trop mûr. L.
MURISON: maturité. S.-I.
MUSE (s. f.): prison. De _musser_. S.-I.
MUSEL; MUSET: museau, figure. S.-I.
MUSEMAN: retard, délai. S.-I.
MUSIQUER: faire de la musique, jouer d'un instrument.
MUSIQUOUX: musicien.
MUSOTER: muser; perdre son temps à des riens.
MUSSE: argent; loge pour les oies; chenil. Malgré ces significations différentes, c'est probablement un seul mot qui vient de _mucher_, et signifie ce que l'on cache et l'endroit où l'on cache. MM. Duméril.
MUSSOTIER; MUCHOTIER: qui aime excessivement à _musser_, à cacher. Voyez CACHOTTIER.
MUYEU: meilleur.
MYRTRE: myrthe (_Myrthus communis_).
N.
NA: à. On lit, dans le _Coup-d'oeil purin_:
J'avonn d'qué sifler deux pots d'cidre Nà la santé d'not parlemann.
S.-I.
NA (particule comme _da_). Je n'en veux pas, _na_! C'est moi, na! L.
NAFLARD: nasillard.
NAFRE; NAFREURE: blessure considérable. Du verbe roman _navrer_: blesser. Wace se sert du mot _nafre_ dans le _Roman de Rou_ (t. II, p. 257). _Nafra_, dans le patois de Grenoble. B.
NAGRE: traître.
NAH! juron affirmatif, susceptible de bien des nuances par le ton et par l'accent.
NAITÉ: nativité, naissance, origine.
NAIER (un lit, quand on le dresse): le border par le repli de la couverture pour le contenir avec les draps.
NAIN. Voyez HAIM. L.
NAMPS (m. pl.): gage, nantissement.
NAN PUS: non plus; pas plus. S.-I.
NANAN (s. m.): bonbon, friandise, etc.
NANETTE; NANNON (s. f.): Anne. L.
NAPERON: essuie-main. De nappe. L.
NAPIN: petit garçon.
NAQUETER (v. n.): grelotter; claqueter des dents; frissonner de froid. Onomatopée. _Naques_, en patois Remois, signifie les dents.
NAQUETS: yeux.
NAR (A): à cru. Monter un cheval _à nar_.
NARÉ: rusé. Voyez FINARÉ. L.
NARER (v. n.): se morfondre dans l'attente.
NARIAU: mouchoir. De _nares_, les narines.
NARREUR, SE: parleur prolixe.
NAS (s. f.): fourgon; torchon attaché au bout d'un long bâton pour nettoyer le four. Au figuré, fille de mauvaise vie. En patois Walon, _nahi_ signifie fouiller, et fourgon.
NASIAUX: naseaux; narines des chevaux, des boeufs, etc.
NATER: nettoyer.
NATRE: avare. Voyez NAGRE.
NAU: feuille de plomb ou de zinc, qui se place à l'angle rentrant d'une couverture en ardoises, pour servir de gouttière. M. l'abbé Decorde.
NAU: partie centrale de la portion du pressoir qu'enceint l'auge circulaire dans laquelle sont écrasés les fruits, sous les meules que soutient un rayon, partant d'un pilier dressé au milieu du _nau_. C'est dans le _nau_ que l'on dépose les fruits pour les verser dans l'auge, au fur et à mesure du pilage. M. Lepingard.
NAUNON: Nanette, Anne.
NAVÉE: charge d'un navire, d'un bateau. Ce mot est fort employé, sur les bords de la Vire, pour la charge de tangue que porte une _gabare_.
NAVIAU: navet. S.-I.
NAVIÈRE: champ de navets.
NAYER: noyer.
NE TOUT: non plus. De _non_ et d'_itout_.
NÉ; NÈCHE; NER: noir. De _niger_, ou de l'italien _nero_.
NÉFILE; NEUFILE (s. f.): ruban de fil.
NELLER (v. a.): calfeutrer.
NENNIN: _nenni_, non.
NENTILLE (s. f.): lentille (_Ervum lens_). Patois Lorrain.
NÉQUIER; NÉTIER; NÉTIR: nettoyer.
NERCHIBOT: moricaud.
NÉRET (s. m.): ordure noire.
NÉRET: légèrement noir; noirâtre.
NERFIL: cordonnet. Dans les chansons anciennes que j'ai recueillies à la fin de mon édition de Basselin, p. 233, on trouve ce couplet:
J'avais une belle gargache (culotte) D'un fin coutil, Passementée avaud les gambes D'un biau nerfil.
NERPIN, E: désagréablement noir, moricaud. L.
NERVENT: vent froid par un temps couvert. De _noir_ et de _vent_.
NET: et.
NÉTIER; NÉTIR: nettoyer. _Nêttie_, en patois Walon. L.
NEU: neuf.
NEUCHE; NEUCHER; NEUCHIER: noce, nocer. S.-I.
NEUCHERON: le personnage principal de la _neuche_; le nouveau-marié.
NEUCHOUX: noceur, dissipateur.
NIACOTER: mâchonner; presser avec les dents sans broyer.
NIAFFE: savetier.
NIAN: rien. De _néant_.
NIANMOINS; NIANMAINS: néanmoins.
NIAU. Voyez NICHET.
NIC: nid. _Nic-à-rats_: mauvaise habitation. L.
NICHET; NICHEUX; NICHOT: mauvais oeuf, ou pain de craie en forme d'oeuf, ou même un bout d'os arrondi, que l'on place dans le _nid_ de la poule ou des autres oiseaux de basse-cour, pour les engager à venir pondre dans le même endroit. En patois Walon, _niau_.
NICHOT: nigaud.
NIÉMAINS: néanmoins.
NIER (v. a.): noyer.
NIET; NIEU. Voyez NICHET.
NIEUCHE: nièce. S.-I.
NIEULE (s. f.): nielle. B.
NIEUT: nuit L.
NIFE: clair. Cidre _nife_; vin _nife_.
NIGAISE: Nicaise. S.-I.
NIGE (s. f.): neige. De _nix_.
NIGEOTTER: s'occuper de bagatelles. De _nugari_.
NIGER: nicher, cacher comme dans une _niche_.
NIGON, NE: qui s'amuse à des niaiseries; lambin, tâtillon. Dans l'Orne et en Bretagne, on dit _nigeon_. Du latin _nuga_. Autrefois, _niger_: badiner. _Nige_, _nigeon_, _niger_, dans la Mayenne. L.
NIGONNAGE: travail minutieux. L.
NIGONNER: s'amuser à des riens; niaiser.
NIGUE A NIGUE: but à but A.
NIGUEDOUILLE: niais, _nigaud_. _Nicdouille_, en patois Troyen; _niquedouille_, dans le patois des Vosges.
NIJOTER: vétiller, _nigonner_. Voir ce mot.
NIO; NIOLE: niais, timide, nonchalant.
NIOLLE ou GNIOLLE: niaiserie. Au figuré, taloche, tape. Aphérèse de _tourniolle_. Voyez ce mot.
NIOT: nigaud.
NIQUET: délicat.
NITOUT: non plus.
NIVELER: niaiser; faire des nivelleries.
NIVELLERIE: travail minutieux, consacré à des bagatelles.
NIVELOTER: s'amuser à des riens.
NIXE: non pas!
NO: nous; nos; notre. Les paysans disaient autrefois: «Noblesse _no_ blesse». _Nos_, en patois Walon.
NO: on. _No dit_: on dit; _no-s a_: on a.
NOBLE (s. m.): porc. Ancienne expression moqueuse des paysans, parce que le porc n'est bon qu'après sa mort. On disait aussi: Notre gentilhomme; notre vêtu de saies.
NOBLIAU: pauvre _noble_; gentillâtre.
NOC (s. m.): conduit pour l'écoulement de l'eau. Suivant Pluquet, le _noc_, dans le Bessin, est «un espace formé par l'auge circulaire des pressoirs à cidre». _Noc_ signifie encore pale d'un moulin.
NOCE: morceau. Couper son pain par petites _noces_.
NOCER: faire des bombances.
NOCEUR: qui fait des bombances.
NOE; NOUE: sorte de gouttière, formée par la rencontre de deux pans de couverture, et par laquelle s'écoulent les eaux des toits de bâtiments situés dans des directions différentes. M. Lepingard.
NOEUD GABRIET: le cartilage tyroïde, que quelques personnes appellent la pomme d'Adam, avec autant de fondement qu'elles prétendent que l'homme a une côte de moins que la femme.
NOIRCHIBOT: petit homme moricaud. _Chibot_: ciboule. Voyez NERCHIBOT. B.
NOIRET; NOIROT: tirant sur le noir.
NOIRQUIN: celui dont le teint est un peu noir.
NOLÉE (_Avena precatoria_). B.
NOMBLE (s. f.): ventre des bêtes à cornes. Du latin _ombilicus_, nombril. Par épenthèse. L'Académie entend par _nomble_ la proéminence qui se trouve entre les cuisses du cerf. A.
NOMBLET: filet de porc. A.
NOM-DES-OS! Juron. M. l'abbé Decorde.
NOMMANCE: baptême d'un enfant. De _nom_.
NON FAIT; NON FERA: non pas. Locutions elliptiques.
NOQUE (s. f.): flèche du timon d'une charrette; entaille à un bâton; coche.
NOROLE; NUROLE (s. f.): sorte de petite brioche. L.
NORRETURE: nourriture. De _nutritio_. A.
NORRETURIAU: jeune porc sevré et qu'on nourrit avec soin. Dans le Berry, _nourrin_. V. GOURIN, au _Supplément_.
NOSTRUM (PERDRE LE): ne plus savoir où l'on en est de ce qu'on fait. M. Decorde.
NOT'E: notre.--NOT'E: ma. _Not'e_ mari; _not'e_ femme.
NOU: on. _Nou_ fera: on fera.
NOU; NOUC; NOUD: noeud. _Nouk_, en patois Walon.
NOUE; NOE: rigole, vallon étroit. Du Celtique-Breton _naoz_: canal. Du latin _navis_.
NOUETTE (DRAPS A LA): draps d'un lé et demi.
NOUIS: noix.
NOULER. Voyez ANNELER.
NOUQUE; NONQUE: impair. _Pair_ ou _nouque_: pair ou non.
NOURRITURE: bétail que l'on élève.
NOURTIER: veau qu'on achète pour l'engraisser.
NOURTURE: nourriture.
NOUSILLARD: espèce excellente de châtaigne, qui n'est guère plus grosse qu'une noisette (_nousille_). A.
NOUSILLE (s. f.): noisette. En patois Walon, _nésille_.
NOUTE: notre. A.
NOUVELLIÈRE: femme qui fait et répand des nouvelles.
NOUVIAU: nouveau.
NU (FIN FRAIS): complètement nu. Il est tout _fin frais nu_.
NU: nul. L.
NUEURE: nuire; NUEUSIBLE: nuisible.
NUILE; NEUEULE; NIEULE: charbon du blé; _nielle_.
NUILÉ; BLÉ NUILÉ: blé _niellé_.
NUISANCE: ce qui peut nuire.
NUIT (SE METTRE A LA): s'anuiter. L.
NUNNE PART: nulle part.
NU-NU (s. m.): niaiserie; bagatelle insignifiante. Il ne s'emploie guère qu'au pluriel. De _nuga_.
NUNUE: chose nulle; riens dont on s'occupe par absence ou bizarrerie d'esprit.
NYANT: néant, rien.
O.
O; OL: elle. O devant une consonne, _ol_ devant une voyelle.
O: avec. On lit dans plusieurs vieux auteurs _o_ pour avec; les deux vers qui suivent sont tirés d'une romance du XIIIe siècle:
Dont moult me tarde Qu'il m'ait _o_ soi.
O: où. _O_ allez-vous?
OBICHE: habileté, intelligence.
OBLIER: oublier.
OCCIS: gauchi, en parlant d'un vase de terre cuite. Dans l'ancien français, _occire_, _occis_ signifiaient tuer, et tué. L.
OCHE (s. f.): coche, entaille, brèche faite à un outil. Du Roman _ouche_, pris du Celtique _ask_. L.
OCHER: ébrécher, en parlant d'un outil. L.
OCHETTE: bossette de fil sur le fuseau. Voyez BOCHET.
OCORE: encore.
OCQUER; OQUER: tuer. Du vieux verbe _occire_, tiré du latin _occidere_.
OECONOMIQUE (s. f.): quart de tasse de café. L.
OEILLÉE; OEILLIE: coup-d'oeil à la dérobée.
OEU: oeuf.
OEUVRE: tissu en lin, chanvre ou coton; habillement travaillé; pièce de table fabriquée en haute ou basse-lice.
OHI: défaut. B.--OHIN. L.