Glossaire du patois normand

Chapter 16

Chapter 163,379 wordsPublic domain

LOUVETTE: tique, ainsi nommée parce que cet insecte attaque souvent les loups.

L'QUEUL: lequel.

L'S: les, devant une voyelle ou une H muette.

L'SIVIÈRE. Voyez LESSIVIÈRE. L.

LUBIN: lupin.

LUBINS: sorte de loups-garoux. De _lupus_.

LUBRE: difficile à manier, à travailler; compacte. Voyez RUFLE.

LUE: lieue.

LUEURE: lire.

LUGAN: homme bizarre, boudeur, sournois. _Luganner_ se dit des premières gouttes de pluie qui annoncent le mauvais temps.

LUIRE: lire. S.-I.

LUMELLE: allumelle, par aphérèse.

LUNER; LEUNER: lorgner; regarder de travers.

LUNETIER: homme qui porte des lunettes dont il n'a pas besoin.

LUQUE: luth. S.-I.

LUQUE: lampe. (Manche.) De _lux_, lumière.

LUQUER (v. a.): reluquer, regarder. Du latin _lux_. Souvent _lûquer_ emporte l'idée qu'on regarde de côté, en évitant que l'on s'en aperçoive. De là sans doute le sens de _loucher_, qu'il a dans M. Decorde.

LUQUERNE: lucarne.

LURASSER. Voyez LURER.

LURE (s. f.): vers ou refrain d'une chanson, répété jusqu'à satiété. De _loure_: musette. On l'emploie, au figuré, pour signifier des promesses que l'on réitère souvent et qu'on ne tient jamais. La _lure_ alors est une _leurre_.

LURER: fredonner; répéter la même chose; rabâcher; grommeler. L.

LURETTES: fredons, répétitions de chansonnettes sans suite.

LUREUX, SE: qui grommèle, qui rabâche. L.

LURIER: homme qui dit des sornettes. B.

LUROTIER. Voyez LUREUX. A.

L'Z: les. Courir _l'z_ uns après _l'z_ autres.

M.

M': ma; me. L'_a_, l'_e_ disparaissent parfois devant une consonne.

MA; MAS: mal; maux.--MA (s. m.): sas, tamis.

MACABRE: inepte. De la fameuse _Danse macabre_, dont les personnages ne savent que répondre à la Mort qui les entraîne.

MACAILLE: nourriture, ce qu'on mâche.

MACELET; MACHELET: groupe de fruits tenant au même pédoncule. Un _macelet_ de noisettes.

MACHACRE: massacre. M.--Viande. S.-I.

MACHACRE: ouvrier maladroit.

MACHET (s. m.): mâchoire.

MACHICOTER: mâcher en tournant et retournant ce qu'on a dans la bouche, sans l'avaler.

MACHIN; MACHINOT: _machine_; chose; objet dont on cherche le nom. Patois Lorrain.

MACHIS (s. m.): aliment mâché.

MACHON: maçon. Au figuré, ouvrier inhabile.

MACHOQUER: bossuer.

MACHOTER: mâcher lentement et avec une sorte de répugnance.

MACHU (adj.): en forme de massue. M.

MACHUE: massue. On disait _macue_, dans le XIIIe siècle: ce mot est employé par le roi de Navarre dans ses _Chansons_. Tête de _machue_: entêté, opiniâtre. L.

MACHURER: noircir, décrier.

MACOT: cachette; l'argent qu'elle contient. A.

MACRIAU: maquereau. En patois Picard, _macrieu_.

MADELEINE (POIRE DE): poire de Cuisse-Madame; parce qu'elle mûrit vers la fête de sainte Madeleine (22 juillet).

MAFONGUE. Même sens que _Par ma fingue_. Voyez FINGUE.

MAGNAN; MAGNEN; MAIGNEN: chaudronnier ambulant, dont on faisait peur aux enfants comme du prétendu Croquemitaine. Du vieux mot _maignen_: chaudronnier, et de l'italien _magnano_. Nicot et Monet écrivent _maignen_, comme dans le moyen-âge. En patois Bourguignon, _maignié_. _Magnin_ en patois Walon. On prononce aussi _maïan_.

MAGOSSE (s. f.): amas d'argent; petit trésor. Voyez MACOT. A.

MAGOT. Voyez MACOT. L.

MAGOUANER: mâcher lentement et désagréablement. A.

MAGOUSSE (s. f.). Voyez MACOT.

MAGROLLE (s. f.): somme d'argent. A.

MAGUE (s. f.): estomac de veau, dans lequel on prépare la présure pour faire le fromage. L.

MAGUE: gros ventre; bosse. S.-I.

MAHON: coquelicot.

MAHON: qui parle avec difficulté; bègue. O.

MAHONNER: parler avec difficulté; balbutier; bégayer. Voyez BAUBE.

MAI: moi.

MAIGNETS ou MÉGNETS: petits enfants. Du celtique _man_: homme. _Maignets_ est le diminutif de _man_, d'où viennent aussi _manant_ et _manoir_, etc. Le vieux mot _meignie_, ou plutôt _maignie_, signifiait maisonnée, toutes les personnes d'une maison. Dans le patois Gascon, on dit _maynat_ pour un petit garçon. A.

MAIGRASSIER: grand, mince et approchant de la maigreur.

MAIGRIER: maigre.

MAILLOCHE (s. f.): petit maillet.

MAILLOT: maillet.

MAINDRE: moindre. S.-I.

MAININE: petite main.

MAINS; MEINS: moins. S.-I.

MAIN-TACHE: à peu près, au hasard, sans que l'on compte. Prendre, donner _à main-tâche_.

MAINTAIN; MAINTIÉ: manche de fléau. O. et M.

MAIRERIE: mairie. Voyez MARIE. A.

MAIS: plus; jamais. _Mei_, en patois de Grenoble. De l'adverbe latin _magis_. Je n'en peux mais: je n'en peux plus.

MAIS DE CE TEMPS: désormais. L.

MAISI PLUS: désormais.

MAISON: la cuisine d'un paysan. C'est en effet la pièce importante, la pièce par excellence de son habitation.

MAIS QUE: lorsque; après que; pourvu que. Employé par le roi de Navarre, dans ses _Chansons_, et par L'Estoille, dans son Journal.

MAIS QUE (POUR): lorsque. L.

MAITE: maître.

MAITIA; MAINTIEN: pain composé de blé et d'orge, par moitié; cidre pressuré avec de l'eau, par moitié. Voyez MITOYEN.

MAITRE-CIDRE: cidre pur.

MAITRE-PIERRE: pomme à couteau, qui se conserve très-long-temps.

MAITRIAL, E: impérieux; qui agit en maître arrogant. L.

MAL DE L'AN: coliques et convulsions des petits enfants. Voyez CATERRE. A.

MAL (HAUT): épilepsie; mal caduc.

MAL (PRENDRE): mourir. Pris de mal: atteint de maladie. Il lui a pris mal: il est tombé malade. L.

MAL (TOMBER DE): être attaqué d'épilepsie.

MALAISE (A): à plus forte raison. H.-N.

MALAISÉE (DANSER LA): recevoir une volée. Voyez DANSE. L.

MALANDRE: pustule, ulcère; coup, blessure.

MALANDRIN: malade ayant des _malandres_.

MALARD: canard, mâle de la cane. L.

MALAUCOEUREUX; MALAUCURIEUX: dégoûtant; dégoûté. L.

MALE: marne.

MALE; MALAIS: fumier consommé, et plus particulièrement celui des bêtes à cornes.

MALEMENT: mal, méchamment, avec malice, à tort. M.

MALENDURANT: difficile à vivre. Du verbe _endurer_. L.

MALENDURER: souffrir impatiemment.

MAL-EN-HIE ou HIS: mal portant, souffrant; mal en gaîté, de mauvaise humeur.

MALENTENTE (s. f.): mal-entendu.

MALER: engraisser avec de la marne.

MALER: fatiguer, exténuer. De _malum_: mal.

MALGRÉ QUE: quoique. Patois Lorrain.

MALIÈRE (s. f.): fosse dans laquelle on dépose les mâles ou fumiers pour qu'ils s'y consomment. C.

MALIN: petit poisson de rivière. B.

MALINE: maligne.

MALON; MALUN: escarre, croûte qui se forme sur la peau lorsqu'une plaie se guérit; cicatrice. De _malum_.

MALHERBE; MALLE-HERBE: mauvaise herbe, qui donne le vertige et empêche de retrouver son chemin.

MALHEURÉ: malheureux; homme à qui il arrive un malheur.

MALHEURETÉ: malheur, accident. On dit aussi _malhuré_; _malhureté_.

MALHUR: malheur.

MAL INCOMMODE: fort incommode. H.-N.

MALONNER: se former en malon.

MALPIÉTÉ: qui a de mauvais pieds; inhabile aux longues marches.

MAL St.-MEIN: croûtes laiteuses des enfants. L.

MALUSER: mésuser.

MAN: larve du hanneton (_Mélolontha_).

MAN: mon. Man kien: mon chien.

MANCHÉE: nid de lapins; leur terrier où sont déposés leurs petits. De _manere_: demeurer.

MANCHERON; MANCHON; MANÇON; MANQUETIN: manche de charrue.

MANDALE (s. f.): soufflet sur la joue, sur la mâchoire, les _mandibules_.

MANDRE: moindre. S.-I.

MANDRILLE: espèce de manteau vieux et en mauvais état.

MANET: manoir; habitation distinguée, inférieure toutefois au château; gentilhommière. L.

MANETTE: Marie-Anette; diminutif de Marie-Anne. A.

MANGEARD: dépensier, prodigue qui gaspille. L.

MANGER L'ORDRE: oublier. Patois Lorrain.

MANGÉRIAU, au pluriel MANGÉRIAS: gens du fisc, sangsues du peuple. S.-I.

MANGERIES: vexations fiscales.

MANGE-TOUT (DES): petites fèves qui se mangent en entier, lorsque le grain commence à se former.

MANGEUX DE FOIN SUR LE BAT: parasite.

MANGNER; MANGNIER: manger. Mangniez donc! vous ne mangniez pas; gnia que me qu'mangne: mangez donc! vous ne mangez pas; il n'y a que moi qui mange. L.

MANGNIETS. Voyez MAIGNETS.

MANGUER: manger.

MANIERS ou MANIETS. Voyez MAIGNETS.

MANIFACTURE: manufacture.

MANIFIQUE: magnifique. Patois Lorrain.

MANIQUET: selle de femme, couverte d'une peau de mouton. H.-N.

MANJURE: démangeaison. J'ai _manjure_ à la tête. H.-N.

MANJURIAU. Voyez MANGÉRIAU. L.

MANJUSSER; MANJUCER: manger. B.

MANNETTE: petite manne. L.

MANSAIRE; MANSÈRE: misérable; déguenillé; mal vêtu.

MANSEL: manoir, habitation. Du latin _mansio_.

MANTAIN: manche de fléau.

MANUYENGE: possession, jouissance.

MAQUAILLE (s. f.): aliments mal préparés. Du verbe _mâcher_.

MAQUE-ÉPAIS: goinfre, gourmand. H.-N.

MAQUER; MAQUIER: mâcher désagréablement.--Manger. S.-I.

MARAILLER: se salir dans l'eau bourbeuse. De la basse latinité _mara_: mare. A.

MARAS ou MARAT: maraud, mauvais sujet. Du grec [Grec: maros]: scélérat, qui a produit _marrans_, vieille expression qui signifiait juif. En patois Walon, _maraïe_ signifie canaille. L.

MARCACHA: gamin; petit homme mal bâti. On disait autrefois _margajat_:

Que nous ririons tretous De voir un _margajat_ fagotté comme vous.

dit Boursault en parlant d'Esope. Parler _margajat_. Voyez CHARABIAH.

MARCAPIÉ: raisiné. (Manche.)

MARCAU; MARCOU: matou, gros chat mâle. O. En patois Walon, _markou_; en patois Troyen, _marcoux_.

MARCELOTTE: petite masse au bout d'un bâton. Corruption de _masselotte_: petite massue. Voyez RABOTTE. A.

MARCHÊQUE; MARCHESSE (s. f.): fête de la Notre-Dame de _Mars_ (l'Annonciation). _Marcesche_, dans une charte de 1407. On dit proverbialement, en parlant des veillées pour le travail:

La bonne veilleresse Commence à la septembresse Et finit à la marchesse.

Voyez SEPTEMBRESSE. L.

MARCHER: parcourir. _Marcher_ une propriété.

MARCIÈRE (s. f.): dépôt de marc dans une fosse. (Manche.)

MARCOU. Voyez MARCAU.

MARÉCHAL: oiseau de l'ordre des passereaux. B.

MARÉE (s. f.): flaque d'eau. De _mare_. L.

MARÉE (s. f.): denrée. Porter la _marée_ au marché. L.

MARETTE: petite mare.

MARGANE (s. f.): sèche. Du celtique-breton _morgaden_.

MARGANNER. Voyez DÉGANNER.

MARGAS, ou MARGASSE (s. f.): petite flaque d'eau bourbeuse. Du substantif _mare_ et du verbe _gâter_. Au figuré, embarras. Le substantif _margane_ (excréments humains) du département d'Ille-et-Vilaine pourrait bien avoir la même origine. Dans le patois du Jura, _gouillat_ et _gouille_ signifient boue et le lieu où elle séjourne. De là, _margouillis_. Voyez ce mot. A.

MARGASSER (SE): se salir dans un _margas_. A.

MARGAU: fille de mauvaise vie.

MARGOT (s. f.): pie. On dit Margot pour une pie, comme Richard pour un geai, Martin pour un âne, etc. La Fontaine dit (Fables, XII, 11):

L'aigle, reine des airs, avec Margot la pie.

MARGOT (s. f.): fourche. Du latin _merga_.

MARGOT-PINTON: femme ivrogne. On dit proverbialement:

Margot Pinton, Qui aime mieux sa _pinte_ que son demion.

Voyez DEMION.

MARGOTTE: marcotte.

MARGOTTER: marcotter. C'est le G pour le C, comme _ganif_ pour canif.

MARGOUAIS: fond de carrière, de marnière. Du celtique _marga_ (marne), que le naturaliste Pline (liv. XVII, ch. 4) cite comme un excellent engrais.

MARGOUILLER: bredouiller; manger malproprement; salir.

MARGOUILLIS. Voyez MARGAS.

MARGOULETTE: mâchoire (terme de mignardise); petite bouche. En Roman, _gargate_. Dans le patois Walon, _gargolette_: gosier, gorge.

MARGOULINE: bonnet de femme. Voyez GOULINE.

MARGRÉ: malgré. S.-I.

MARGUITE: Marguerite.

MARIANNE: Marie-Anne. Voyez MANETTE.

MARICAUDER: noircir le visage, les habits. H.-N.

MARICHAL; MARICHA: maréchal. L.

MARIE: mairie. La rue de la _Marie_. A.

MARIE-SOUILLON (s. f.): femme malpropre. On dit aussi _Marie-Salope_; _Marie-Torchon_.

MARIE-SURELLE: femme acariâtre. De _surelle_, oseille.

MARINGOTE (s. f.): sorte de charrette que l'on commença à employer peu après notre célèbre victoire de Marengo, en 1800.

MARINGOUIN: cousin, sorte d'insecte.

MARIN-ONFROY. Nom d'une espèce de pommes dont l'introduction, d'après Pluquet, est due à Marin-Onfroy, seigneur de Veret et de St.-Laurent-sur-Mer, qui apporta des greffes dans le Bessin, au commencement du XVIIe siècle. Cette espèce s'est propagée dans le département de la Manche, et on la prise beaucoup aux environs de St.-Lo, où l'on comptait encore, il y a peu d'années, plusieurs familles des noms de Marin et d'Onfroy. La _tisane de Marin-Onfroy_ est le cidre _gracieux_ qu'on obtient de l'espèce de pommes dont on vient de parler. Le fruit est généralement petit, dur; il mûrit très-tard. Son aspect est loin d'être séduisant comme le goût du cidre qu'il produit. M. Lepingard.

MARION: Marie. C'est de là qu'est venu le mot _Marionette_, diminutif de Marie. L.

MARJOLET: élégant. De joli. L.

MARJOLLES: caroncules qui pendent sous le bec des coqs et des poules; et, par métaphore, le double ou le triple menton des personnes très-grasses.

MARMIONNER; MARMONNER: murmurer sourdement; mal prononcer.

MARNÉ. On appelle à Vimoutiers pain marné celui qui n'est pas complètement blanc. De _marne_, terre de couleur blanc-grisâtre.

MARNET: le grand guillemot, oiseau de mer. B.

MARONNER: grommeler.

MAROTTE: Marie. Le nom de la _marotte_ de la folie vient de ce diminutif. L.

MAROUAU: matou. Voyez MARCOU.

MAROUILLAGE (s. m.): eau bourbeuse. De _mare_. A.

MAROUILLER: agiter de l'eau bourbeuse; se salir dans le _marouillage_. Voyez VAROUILLER. A.

MARPAS: sale, bas.

MARQUE-A-LA-VIELLE: iris, arc-en-ciel. (Coutances.)

MARRINE: marraine. L.

MARRUBLER: meurtrir fortement. Peut-être de marrube (_Marrubium vulgare_), plante médicinale que l'on écrase. L.

MARTAFLU. Voyez MASTAFLU.

MARTE; MATTE: petite boulette de terre cuite, pour jouer, comme avec la canette et les osselets. L.

MARTINET: grimpereau. L.

MASCAPIÉ: raisiné de poires ou de pommes. B.

MASS: _masure_. De la basse latinité.

MASSACRANTE (HUMEUR): mauvaise humeur; humeur très-bourrue. Patois Lorrain.

MASSAIS (s. m.); MASSÉE (s. f.): argile pétrie avec du foin, pour faire les planchers. B.

MASTAFLU, E: gros et mal bâti. De l'ancien qualificatif _maflu_. La Fontaine a dit (Fable III, 17), en parlant d'une belette:

Grasse, _maflue_ et rebondie.

MASTAPIN: gros, bouffi.

MASTAS: homme très-replet. De _masse_. Voyez TARIBONDIN.

MASURÉ, E. Terre masurée: terre pourvue de bâtiments d'exploitation et d'habitation. De _masure_.

MAT: flèche. S.-I.

MATE (ENFANT DE LA): escroc, filou. Du nom d'une place de Paris fréquentée par les voleurs, suivant Moisant de Brieux, p. 15 de ses _Origines de coutumes anciennes_.

MATE: lait caillé. S.-I.

MATE; MATRE (s. f.): extrémité de l'os du tarse du mouton, de la brebis. Le _jeu de mâtes_ se compose de ces petits os qu'on jette sur une table. Les _mâtes_ qui sont tombées sur le côté, doivent être redressées par le joueur dans l'intervalle de temps qu'une balle ou tout autre objet, qu'il a lancé en l'air et qu'il doit recevoir, met à retomber dans sa main. M. Lepingard.

MATEREAUX: matériaux. De _matière_. Patois Lorrain. L.

MATES (s. f. pl.): lait caillé. En patois Lorrain, _maton_. S.-I.

MATHIEU-SALÉ: Mathusalem. Vieux comme _Mathieu-salé_.

MATIÈRE (s. f.): pus. Patois Walon.

MATIFAS: mortier de chaux, de sable et de bourre, pour enduire.

MATRASSER: assommer. De _matras_, sorte de trait qui ne perçait pas, mais meurtrissait cruellement. Du latin _mactare_. B.

MAUFAIT: mal fait, contrefait.

MAUGONNER: mâcher, mordre, ronger vilainement. Au figuré, grommeler. A.

MAUGRÉ: malgré.

MAUGREBLEU. Juron. De l'arabe _maghrabi_. Dans le midi de la France, d'où _maugrebleu_ nous est venu, et qui fut quelque temps au pouvoir des Sarrasins, on dit _magrabiou_, qui est plus rapproché de son origine. Peut-être _maugrebleu_ vient-il de malgré Dieu.

MAUGRENÉ: maudit. Quelle _maugrenée_ affaire!

MAUMINÉ: blême, qui a mauvaise mine. A.

MAUPAS: mauvais passage, lieu dangereux, soit par la difficulté du passage, soit par le danger des rencontres. Ce nom a été donné à des lieux, à des gués de rivière, etc., qui n'offrent présentement aucun danger.

MAUPITEUX: souffrant, malheureux. De mal et de pitié. S.-I.

MAUTALENT: ignorance; mauvais _vouloir_; disposition à mal faire. Ce mot est dans Montaigne.

MAUTE (s. f.): fresaie.

MAUTÉ: méchanceté. L.

MAUTURE (adj.): méchant, malin, espiègle, vaurien, d'une probité suspecte.

MAUTURE (subst.): blessure grave; plaie considérable, tenant en général au vice du sang.

MAUVAISETÉ: méchanceté. Dans Nicot, _mauvaistié_.

MAUVE: mouette, oiseau. B.

MAUVI; MAUVIARD (s. m.): mauviette. En patois Walon, _mâvi_ signifie un merle.

MAXI; MAXIS: méchant. B.

MÉ: moi.--MÉ: maintenant.

MÉCANIQUE: souffrant, faible, d'une santé délabrée; d'une chétive constitution;--insuffisant.

MÉCHANT: pauvre, digne de pitié. Ce _méchant_ enfant; cette _méchante_ petite bête. Une paysanne dit: J'ai eu tant à faire, que je n'ai pas eu le temps de peigner ma _méchante_ tête.

MÉCHANT: difficile. Terre _méchante_: terre difficile à travailler.

MÈCHE: moitié. De _mèche_: de moitié. Argot.

MÈCHE: moyen, possibilité. Il y a _mèche_, ou: il n'y a pas _mèche_: on peut, ou: on ne peut pas.

MÉCHER: pocher. (Vire.)

MÉCREDI: mercredi. Patois Lorrain. L.

MÉDIN: mauvaise couche. O.

MÉGAUGIER (v. a.): désappointer. D'égayer; mégayer: mal égayer.

MÈGUE (s. m.): serum, petit-lait. De _mesga_, dans la basse latinité. On appelle aussi _mègue_ l'agglutination qui se forme au fond d'un vase par les dépôts du cidre, du vinaigre, et autres liquides.

MÉJAMBIÉ; MÉJAMBIER: qui a les jambes en mauvais état, couvertes d'ulcères en suppuration.

MEILLE; MÊLE: nèfle. On lit, dans Cretin, p. 205:

Raisins, pruneaux, pommes, poires et _mesles_.

MEILLER: néflier. En latin, _mespilus_.

MÉLAN: merlan.

MÈLE: «flocons mucilagineux au fond des bouteilles de cidre», suivant Pluquet. On dit ailleurs: _mère_. V. MÈGUE.

MÊLE: merle.

MÊLEAU; MÊLO: paquet de fil, de laine, de soie, _mêlé_.

MELER (v. n.): s'altérer. Se décomposer, en parlant des pommes. De _malus_: pommier, et de _malus_: mauvais. La pomme _melée_ est celle dont la chair trop mûre a pris à sa surface une teinte brun-clair et une consistance molle. En patois Walon, _melaie_ signifie un pommier.

MÊLIER; MESLIER: néflier. En anglais, _medlar-tree_.

MÉLIEU: milieu.

MÉLIMÉLOT: mercuriale (_Mercurialis annua_). B.

MÊLI-MÊLOT: objets confus, mêlés, en désordre.

MELLE (s. f.): anneau d'une chaîne. De _maille_. L.

MELLETON: prunelle, mauvais petit fruit. De _malum_.

MÊLURE: petites herbes qu'on _mêle_ à la salade pour l'assaisonner.

MÉMARCHURE: entorse. De _marcher mal._ L.

MEMBRÉ: membru. Patois lorrain.

MENACHE; MENACHER: menace, menacer.

MÉNAGÈRE: femme de campagne. De _ménage_. En patois Walon, _menadzira_. Voyez CRÉATURE.

MENDRE: moindre.

MÉNESTRIEUX: ménétrier. S.-I.

MÉNOM: sobriquet; surnom. De _mé_: mauvais, et de _nom_.

MÉNOMMER (SE): prendre un nom qui n'appartient pas.

MENOUX: menin, conducteur, cicerone.

MENT: comme, comment. _Ment hla_: comment cela? _ment tout_: comme tout. De _comment_, par aphérèse. Voyez C'MENT. L.--A Pont-l'Évêque, _mentêche_ pour comment est-ce?

MENUISE (s. f.): petit plomb pour tuer les oiseaux. De _minutus_.

MÊNUIT: minuit. L.

MÉQUIÉ: moitié. L.

MÉQUIER: métier.

MERC; MERQUE (s. m.): _marque_ sur la peau; lentille ou petite verrue; borne en pierre qui marque les limites dans les champs. B.

MÈRE: dépôt glaireux dans le vieux cidre; substance que l'on croit propre à faire naître le vinaire (à en devenir la _mère_).

MERELLE: cidre dans lequel on a mis beaucoup d'eau. B.

MÉRIAISE: merise.

MÉRIENNE: méridienne. Par syncope. Sieste, sommeil de _midi_. Faire _mérienne_: faire la sieste.

MERLUS (s. m.): sorte de petite morue sèche; _merluche_.

MERNUCHON. Plante; la _stella media_ des oiseaux.

MEROLLE: brebis. O.

MÉROTTE: petite-mère. L.

MERQUE: marque. MERQUIER: marquer, tracer, etc.

MESANGLE; MESETTE: mésange.

MÉSAISE: gêne, au propre et au figuré.

MÉSAISÉ: qui est dans le _mésaise_. Ne se dit qu'au figuré: _mésaisé_ dans son commerce.

MÉSHUI: aujourd'hui, tantôt, désormais, dorénavant. Dans le _Testament de Pathelin_, p. 131:

Ne viendra _meshuy_ Guillemette?

MESEAU; MEZEL: lépreux.

MESCHIEF: malheur.

MESCHEOIR: échouer, ne pas réussir.

MESCHEU (part. passé de _mescheoir_). Il en est _mescheu_: il en est arrivé malheur.

MESÉ: atteint d'une lèpre appelée méselerie. Métaphoriquement, insensible.

MESHAGNÉ; MESHAIGNÉ (l'S ne se prononce pas): estropié, mutilé.

MESHAING: mutilation, malheur, accident, mécompte.

MESIGUE: mésange.

MESIRAGNE; MESIRAIGNE: musaraigne.

MESIRE: merise.

MESIRETTE: petite musaraigne.

MESIRIER: merisier.

MESM'ORAINS: même naguère. H.-N.

MESNIE: maison, maisonnée, famille.

MESNIL: maison dans la campagne et champ y attenant.

MESSINE; MÊCINE: espèce de coussin en foin ou en paille, dont les paysans garnissent la partie supérieure de l'entrée des sabots, pour qu'ils ne blessent pas le coude-pied.

MESSIONAL: qui a lieu pendant les vacations, fixées anciennement au temps de la moisson. De _messis_.

MESURE: convenance, sagesse. C'est la _mesure_: c'est ce qui convient. Dans le XIIIe siècle, mesure signifiait sagesse, bonté. C'est le _quid deceat, quid non_, d'Horace; et l'emploi qui en est fait dans les _Chansons du roi de Navarre_ et le _Glossaire_ de La Ravallière. En Roman on disait _amesuré_, pour sage; en Provençal, _amesurat_. L.

MESURETTE (s. f.): huitième partie de l'aune. L.

MET (s. f.): huche, pétrin, _maie_. On trouve _met_ dans les vieux fabliaux. Du verbe _mettre_. _Met_ était encore en usage dans le XVIe siècle. En effet, Du Bartas dit, dans le second jour de sa _Semaine_, v. 1129:

L'un sur un ais flottant hasardeux se commet; L'autre vogue en un coffre, et l'autre en une _met_.

_Mèe_, en patois Lorrain; _mai_, en patois Walon. Dans le patois de Grenoble, _mata_ signifie pétrir, faire du pain.

MÉTANT: moitié du boisseau; environ 20 litres.

MÉTIER: à propos, urgent, important, nécessaire. Il était métier d'agir: il était important d'agir; il n'y avait pas de temps à perdre. Il en avait métier: il en avait besoin. C'est un idiotisme normand.

MÉTIR (SE): s'amollir en séchant; se flétrir comme les plantes coupées, les fruits moissonnés, etc.

MÉTIÉ: moitié. L.

MÉTOYEN: mitoyen. Cidre trempé de _moitié_ d'eau pendant le pressurage. L.

METTEUX DE POULES A COUVER: qui s'amuse à des riens. Voyez COLIN-FEMMETTE. L.

MEU, E; mûr, mûre.

MEULER: beugler, mugir. L.

MEULON: tas de bois, de fagots, de bourrées, etc.

MEURDRE: meurtre. MEURDRI: contusionné.

MEURDRIR: meurtrir. En patois Walon, _moudri_. L.

MEURISON; MEURISSON: maturité qui s'effectue.

MEURON: maturité avancée. Des fruits perdus de _meuron_ sont des fruits passés.

MEU; MEUR; E: mûr, e.

MEUX. Même signification.

MEUSA. Voyez MURAS.

MIAILLON (s. m.): enfant. De _mion_ qui, en Roman, signifie plus petit. Du grec [Grec: maiôn].

MIANDER; MIANER: miauler. Onomotapée tirée du cri du chat. A. L.

MIANDOUX: hypocrite.

MIAU: morceau.

MIAULÉE: mélange de pain et de lait, ou de cidre, ou de vin, etc.

MIAUTÉE: petit morceau, petite partie d'un _miau_.

MICAMAU (s. f.): mélange de café et d'eau-de-vie.

MICHEL-FILLETTE. Voyez COLIN-FEMELLE.

MICHER: pleurer. De _pleurmicher_ pour pleurnicher.

MICHETTE: sein de jeune femme. De _miche_, pain. L.

MICHOTTER: chiffonner les _michettes_. L.

MICHOTTIER: celui qui michotte. L.

MIE: point.

MIÉE; ÉMIÉE. Même sens que MIAULÉE.

MIELLE: terre sablonneuse sur le bord de la mer. Cherbourg.

MIÈRE: médecin. C'est une manière de prononcer le mot roman _mire_, médecin.

MIET (s. m.): petite quantité; _miette_. De _Mica_.

MIETTE (UNE): un peu.

MIETTE: pas, point. Particule négative. Je ne suis _miette_ content: je ne suis pas content, nullement content.

MIGAUT; MIGOT; MIGEOT: fruiterie; réserve de fruits pour l'hiver. On trouve _migôt_ dans le _Formulaire des Élus_ du président de La Barre. Voyez MURAS.

MIGEOTER: faire bouillir doucement, à petit feu. S.-I. A Bayeux, _migeoter_ signifie dorloter.

MIGNARD, E: plaintif avec mignardise. L.

MIGOTER: mûrir dans le fruitier.

MILGRET (s. m.): _Calamagrostis arenaria_. B.

MILGREUX: sorte de jonc qui croît dans les sables. Dans Du Cange, _Melogarium_. _De Crescentiis_, ch. 26. Voyez MILGRET.

MILICE (ÊTRE): être la dupe. M. l'abbé Decorde.

MILLAUD: mendiant A.