Études sur la flore du Sénégal
Part 6
On rencontre quelquefois une forme à feuilles glabres. Cette forme se distingue de l’_A. glauca_ par la disposition des nervures. Elle a des pétioles d’un centimètre et les nervures de la même couleur que les feuilles, tandis que l’_A. glauca_ a des pétioles très courts et des nervures presque toujours noirâtres.
11. =A. glauca= Schum. et Th. _Guin. pl._ II, p. 33 ; Guill. et Perr. _Fl. Sénég._, p. 5 ; Hook. f. _Niger Fl._ p. 206 ; Oliver, _Fl. trop. Afr._ I, p. 17. — _A. senegalensis_ var. H. Bn, _Adansonia_, 8, p. 380.
Fleurit en juin.
« Crescit frequens in collibus arenosis regni Cayor » (Guill. et Perr.).
« Senegambia, _Brunner_ and others » (Oliver), (Hooker).
EXSICCATA. — In siccis regni Cayor prope Tielimane, Gatitoye, _Leprieur !_
Sénégal, _Perrottet ! Leprieur ! Boivin_ (no 421) ! _Adanson !_
DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce se retrouve sur la côte de Guinée.
OBSERVATIONS. — Étamines extrorses, à loges longues et étroites, placées côte à côte ; filet très court, à peine égal au 1/5e de l’anthère ; connectif épaissi assez brusquement au sommet, ayant la forme d’une pyramide renversée, tronqué, à face supérieure horizontale, carrée, recouvrant entièrement les loges supérieures, un peu prolongé en corne vers le centre de la fleur.
M. H. Baillon (_Adansonia_, VIII, p. 380) regarde l’_A. glauca_ comme une variété de l’_A. senegalensis_. Nous ne croyons pas qu’on puisse donner cette assimilation comme positive.
Dans l’_A. senegalensis_, la feuille est terminée brusquement à la base, les pétioles sont toujours très distincts, longs d’un centimètre environ. Les nervures et les ramifications sont pubescentes-soyeuses, de la même couleur que la feuille ; les nervures sont parallèles, régulières et nombreuses ; les inférieures forment un angle droit avec la nervure médiane dès leur naissance et sont parallèles au bord inférieur de la feuille. Le fruit est jaune.
Dans l’_A. glauca_, la feuille est un peu rétrécie en coin, le pétiole est presque nul et ne dépasse jamais 5 millimètres. Les nervures et les ramifications sont glabres, ordinairement noirâtres ; la feuille est entièrement glabre et glauque en dessous. Les nervures sont irrégulières, non parallèles, ordinairement moins nombreuses que dans l’_A. senegalensis_ ; les inférieures suivent d’abord la direction de la nervure médiane ou sont obliques sur cette nervure ; elles ne sont généralement pas parallèles au bord inférieur de la feuille. Le fruit est vert, plus petit que celui de l’_A. senegalensis_.
Toutefois ces différences, bien visibles sur les plantes du Sénégal, paraissent moins tranchées sur les échantillons recueillis sur le Niger et dans l’Angola, qui pourraient bien être le passage entre les deux espèces, ainsi que la forme glabre qu’on rencontre quelquefois au Sénégal. Je n’ai pas encore pu examiner les échantillons de M. Welwitsch, qui auraient peut-être résolu la difficulté ; mais M. Oliver, qui les a eus entre les mains, a maintenu les deux espèces. Les étamines sont semblables dans les deux plantes.
=4. UVARIA= L.
(Benth. et Hook. f. _Gen. pl._ I, 23).
12. =U. ovata= A. DC. _Mém. Anon._ p. 29 ; Oliver, _Fl. trop. Afr._ I, p. 21. — _Unona ovata_ Vahl ined., DC. _Syst. veget._ I, p. 489 ; DC. _Prodr._ I, p. 89, β. _afzeliana_ DC.
« In Sierra Leona » (DC.).
DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce a été rapportée par Vahl de la côte de Guinée, mais elle n’a pas été retrouvée depuis.
13. =U. gracilis= Hook. f. _Niger Fl._ p. 210 ; Oliver, _Fl. trop. Afr._ I, p. 22.
« Sierra Leone, _Don_ » (Hook.).
DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce n’a pas encore été retrouvée.
14. =U. chamæ= Pal. Beauv. _Fl. Ow. et Ben._ II, p. 42, pl. 83 ; DC. _Prodr._ I, p. 88 ; Guill. et Perr. _Fl. Sénég._ p. 7, pl. 3, fig. 2 ; Oliver, _Fl. trop. Afr._ I, p. 22. — _Unona macrocarpa_ DC. _Syst. veget._ I, p. 489 ; DC. _Prodr._ I, p. 88. — _Uvaria cylindrica_ Schum. et Th. _Guin. pl._ II, p. 30.
Fleurit en avril, mai.
α. _parviflora_. — Feuilles petites, ovales-obtuses (de 3 à 6 centimètres de long sur 2 à 3 de large), ordinairement parsemées en dessous de poils étoilés, à nervures et à pédoncules pubescents, obovées, obtuses. Jeunes rameaux pubescents. Boutons petits. Calice urcéolé, à dents très peu apparentes. Fleurs petites, plusieurs ensemble.
« Crescit in sylvis arenosis prope Maloum ad promontorium Rubrum Casamanciæ » (Guill. et Perr.).
« Senegambia, _Leprieur_ » (Oliver).
« In Guinea » (DC.).
EXSICCATA. — Habitat in sabulosis prope Maloum, cap Rouge. Pays des Feloupes, _Leprieur !_
β. _media_. — Feuilles assez grandes (de 6 à 12 centimètres de long sur 3 à 5 de large), ovales ou ovales-allongées, présentant souvent la plus grande largeur au-dessus du milieu, obtusément acuminées, glabres. Jeunes rameaux, nervures et pédoncules glabres ou finement pubescents. Boutons plus gros que dans la var. α. Calice urcéolé, à dents peu apparentes. Fleurs assez grandes, souvent solitaires.
« Senegambia, _Heudelot_ » (Oliver).
EXSICCATA. — Croît dans les lieux fertiles et humides de Karkandy, _Heudelot_ (no 873) !
γ. _grandiflora_. — Feuilles très grandes (8 à 15 centimètres de long sur 5 à 8 de large), ovales ou ovales-oblongues, obtuses ou obtusément acuminées, à nervures et à pédoncules glabres. Jeunes rameaux ordinairement glabres. Boutons très gros. Calice trilobé, à lobes larges, obtus. Fleurs grandes, souvent solitaires.
Cette dernière variété, trouvée à Nupe, sur le Niger, par M. Barter, n’a pas encore été rencontrée au Sénégal.
DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce a été retrouvée sur les bords du fleuve San-Iago sur la côte d’Or, à Nupe sur le Niger, et aux environs de Zanzibar sur la côte orientale de l’Afrique.
OBSERVATIONS. — Cette espèce est très variable. Elle est tantôt glabre et tantôt pubescente ; les feuilles varient beaucoup de forme et de dimension. Le calice est ordinairement urcéolé et se déchire souvent en trois parties lors de l’anthèse, mais j’ai vu des fleurs ouvertes dans lesquelles la déchirure n’avait pas eu lieu. D’autres fois le calice est tout à fait trilobé, à lobes arrondis, même dans le bouton. On pourrait être tenté d’établir plusieurs espèces sur ces caractères, mais un examen attentif montre qu’il n’y a là que des formes ou des variétés, car chaque caractère varie séparément, les autres restant semblables, de sorte qu’on peut trouver tous les passages entre les diverses variétés de l’espèce. La fleur, quoique variant en dimension, est toujours semblable, au moins pour ses caractères essentiels ; les étamines ont toujours la même forme dans toutes les variétés et présentent les caractères suivants :
Étamines extrorses ; loges longues et étroites, se touchant presque à la partie inférieure, mais divergeant vers le haut, ce qui les rejette un peu sur le côté ; filet presque nul ; connectif dilaté au-dessus des loges, les recouvrant, à surface supérieure aplatie, polygonale, inclinée, un peu prolongée en corne vers le centre de la fleur.
Le même rameau porte souvent des feuilles de forme et de dimension très différentes, de sorte qu’on rencontre tous les degrés entre la forme à très grandes feuilles et celle à petites feuilles. Nous croyons qu’il y a lieu d’établir les trois variétés que nous venons d’énumérer.
15. =U. cristata= R. Br. _mss. in Herb. Mus. Brit._ ; Oliver, _Fl. trop. Afr._ I, p. 23.
« Sierra Leone, _Purdie_ » (Oliver).
DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce n’a pas encore été retrouvée.
=5. POPOWIA= Endl.
(H. Baillon, _Hist. des plantes_, I, p. 284).
OBSERVATION. — Nous comprenons le genre comme l’a délimité M. Baillon, en réunissant les _Clathrospermum_ (Benth. et Hook. f. _Gen. pl._ I, p. 29) aux _Popowia_ (Benth. et Hook. f. _Gen. pl._ I, p. 25).
16. =P. vogelii= H. Bn, _Adans._ VIII, p. 316. — _Clathrospermum vogelii_ Planch. inéd., Bentham in _Linn. Trans._ t. XXIII, p. 479 ; Oliver, _Fl. trop. Afr._ I, p. 25. — _Uvaria ? vogelii_ Hook. f. _Niger Fl._, p. 208, pl. 17.
« Sierra Leone, _Barter_ » (Oliver).
DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce se retrouve sur les côtes de Guinée et du golfe de Guinée et sur les rives du Niger.
OBSERVATIONS. — Il ne faut pas songer à distinguer cette espèce des deux autres _Popowia_ de la région sans avoir la fleur ou le fruit. Les différences des feuilles sont très légères et ne donnent aucun caractère précis. Dans le _P. vogelii_, les feuilles sont souvent un peu cordées à la base, tandis qu’elles sont terminées brusquement ou en coin dans les deux autres espèces.
17. =P. heudeloti= H. Bn, _Adans._ VIII, p. 320.
Fleurit en avril.
« Crescit in depressis fertilibus ad Karkandy Senegambiæ, _Heudelot_ » (H. Bn).
EXSICCATA. — Croît dans les bas-fonds fertiles de Karkandy, _Heudelot_ (no. 878) !
DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce n’a pas encore été retrouvée ailleurs.
18. =P. barteri= H. Bn, _Adans._ VIII, p. 324.
« Crescit in Africa tropica occidentali, ad Sierra Leone, ubi in exped. anglic. ad flum. Nigrum, anno 1857-59, legit _Barter_ » (H. Bn).
EXSICCATA. — Sierra Leone, _Barter !_
DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce n’a pas encore été retrouvée ailleurs.
OBSERVATIONS. — Cette espèce a toutes les apparences extérieures du _P. heudeloti_ H. Bn. On ne peut l’en distinguer qu’en analysant la fleur pour voir la forme de l’étamine, dont le connectif est en forme de coin dans le _P. heudeloti_ et en forme de pioche dans le _P. barteri_. Le fruit de cette dernière espèce est encore inconnu.
=6. HEXALOBUS= A. DC.
(Benth. et Hook. f. _Gen. pl._ I, 24).
19. =H. crispiflorus= A. Rich. _Fl. Cuba_, p. 143. — _H. grandiflorus_ Benth. _Linn. Trans._ t. XXIII, p. 468, pl. 49 ; Oliver, _Fl. trop. Afr._ I, p. 27.
Fleurit en avril.
« Crescit in ripis fluminorum Senegambiæ, _Heudelot_ » (Richard).
EXSICCATA. — Croît près des ruisseaux du Fouta-Djallon, _Heudelot_ (no 865) !
DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce se retrouve sur les côtes du golfe de Guinée.
OBSERVATIONS. — A. Richard avait publié cette espèce en 1845, dans la _Flore de Cuba_, d’après les échantillons recueillis par Heudelot au Sénégal. Il avait donné la diagnose suivante :
« _Hexalobus crispiflorus_. — H. fol. elliptico-lanceolatis, acuminatis, acutissimis, integris, coriaceis, superne glabris, subtus ferrugineis ; fl. maximis axillaribus ; corolla gamopetala regulari, sexpartita, campanulata, lobis lanceolatis margine sinuosis. Crescit in ripis fluminorum Senegambiæ. Arbor procera. »
M. Bentham a publié la même espèce en 1862, dans son mémoire sur les Anonacées africaines, d’après les échantillons rapportés par MM. Mann et Barter de la côte de Guinée, et lui a donné le nom de _H. grandiflorus_. Il n’avait pas vu la plante de Heudelot, car il ne la cite pas dans son mémoire, mais il devait connaître la diagnose donnée par Richard, quoiqu’elle fût égarée dans la _Flore de Cuba_, car il cite ce dernier ouvrage à propos des _Xylopia_. Il est probable qu’il n’aura pas osé identifier sa plante avec une simple diagnose. La comparaison des échantillons authentiques de Heudelot avec la plante de Mann, et la description et l’excellente figure du mémoire de M. Bentham, nous permettent de réunir les deux espèces avec certitude. Le nom donné par Richard, étant plus ancien, doit être conservé.
Ajoutons que M. Bentham aurait été bien pardonnable s’il n’avait pas connu les diagnoses d’un _Hexalobus_ et d’un _Xylopia_ du Sénégal isolées au milieu d’une flore des Antilles. On ne saurait trop blâmer cette habitude qu’ont quelques auteurs de donner dans une flore la description de plantes appartenant à une flore très différente. Ces descriptions sont presque perdues pour la science, puisque ce n’est que le hasard qui peut les faire rencontrer. M. A. de Candolle condamne les différents genres de publicité qu’il appelle _publicité incomplète_, dans lesquels il comprend _une note sur les plantes d’Afrique dans une flore américaine_ (A. DC. _Phytogr._ p. 21). C’est bien le cas qui se présente ici, et il est probable que M. de Candolle a eu en vue précisément l’exemple que nous venons de citer.
20. =H. senegalensis= A. DC. _Mém. Anon._ p. 37 ; Oliver, _Fl. trop. Afr._ I, p. 27. — _Uvaria monopetala_ Guill. et Perr. _Fl. Sénég._ p. 8, pl. 2.
Fleurit de février en mai.
« Crescit in montosis saxosis regionis Galam et ad basim collium prope Joal » (Guill. et Perr.).
« Senegambia, _Leprieur_ et _Perrottet_, _Heudelot_ ; Gambia, _Whitfield_ » (Oliver).
EXSICCATA. — Croît dans le Woolli, Saloum, Baol, _Heudelot_ (no 360) ! Sénégal, _Leprieur ! Perrottet !_
DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce se retrouve sur les bords du Niger et dans la région du haut Nil.
=7. XYLOPIA= L.
(Benth. et Hook. f. _Gen. pl._ I, 28).
21. =X. æthiopica= A. Rich. _Fl. Cuba_, p. 53 (en note) ; Oliver, _Fl. trop. Afr._ I, p. 30. — _Unona æthiopica_ Dun. _Anon._ p. 113 ; DC. _Syst. veget._ I, p. 496 ; DC. _Prodr._ I, p. 91. — _Uvaria æthiopica_ Guill. et Perr. _Fl. Sénég._ p. 9. — _Habzelia æthiopica_ A. DC. _Mém. Anon._ p. 31. — _Hablitzia æthiopica_ Hook. f. _Niger Fl._ p. 206. — _Xylopia undulata_ (fruit seulement) P. de Beauv. _Fl. Ow. et Ben._ I, pl. 16. — _Unona ? undulata_ (fruit seulement) Dunal, DC. _Syst. veget._ I, p. 494 ; DC. _Prodr._ I, p. 9).
Fleurit en novembre et décembre.
« Crescit frequentissime hoc arbor elegans in Palmarum sylvis Senegambiæ » (Guill. et Perr.).
« Sénégambie, _Leprieur, Perrottet, Ingram_ ; Sierra Leone, _Afzelius, Dr Daniell_ » (Oliver).
« In Sierra Leone » (DC.).
EXSICCATA. — Crescit frequentissime hæc arbor elegans in Palmarum silvis Senegambiæ, _Perrottet !_
Sénégal, _Adanson_ (no 197, A.) ! _Perrottet_ (no 9) ! _Heudelot_ (no 566) !
DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce se retrouve sur la côte de Guinée, dan le golfe de Guinée, sur les bords du Niger et au Gabon.
OBSERVATIONS. — On sait que la figure de Palisot de Beauvois avait été faite d’après deux échantillons d’espèces différentes et attribués à tort à la même espèce. Le fruit appartient au _Xylopia æthiopica_, et la fleur est celle du _Monodora myristica_ Dunal.
22. =X. parviflora= Vallot (non Benth.) (non Oliver). — _Uvaria parviflora_ Guill. et Perr. _Fl. Sénég._ p. 9, pl. 3, fig. 1. — _Cœlocline parviflora_ A. DC. _Mém. Anon._ p. 33 ; Hook. f. _Niger Fl._ p. 207. — _X. acutiflora_ Benth. _Linn. Trans._ t. XXIII, p. 478 (non A. Rich.) ; Oliver, _Fl. trop. Afr._ I, p. 32 (non A. Rich.). — _X. acutiflora_ (fruit seulement) Dunal, _Anon._ p. 116, pl. 22. — Barter, _Exsicc._ no 426 et no 1035.
Feuilles alternes, ovales-oblongues, obtuses, obtusément acuminées ou rétuses, coriaces, glabres en dessus, glabres ou pubescentes en dessous, petites (2,5 à 6 cent. de long sur 1 à 3 cent. de large) ; pétioles très courts (2 à 3 mill.). Fleurs petites (de 5 à 15 mill. de long), longuement acuminées, axillaires, 1 à 3 ensemble, sur de longs pédoncules (de 8 à 12 mill.) portant 2 ou 3 bractéoles squamiformes espacées, alternes. Calice trilobé, à lobes aigus. Pétales longuement acuminés, linéaires, soyeux. Fruits formés d’un petit nombre de baies subsessiles, oblongues, épaisses, deux fois plus longues que larges, de la grosseur d’une olive.
Fruits en mars et avril.
« Crescit ad oram sylvarum et in locis siccis riparum Casamanciæ prope Maloum » (Guill. et Perr.).
EXSICCATA. — Crescit frequens ad oram sylvarum et in locis siccis riparum Casamanciæ prope Maloum, _Perrottet_ (no 7) !
Casamance, _Perrottet !_
In sabulosis prope Maloum. Cap Rouge ; pays des Feloupes, _Leprieur !_
DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce se retrouve sur la côte de Guinée, sur les rives du Niger et au Congo.
OBSERVATIONS. — Nous avons cru devoir donner une description abrégée de cette espèce, qui a été méconnue par M. Bentham et décrite par cet auteur sous le nom de _X. acutiflora_ A. Rich. (voyez les observations au _X. acutiflora_.)
23. =X. dunaliana= Vallot. — _Unona acutiflora_ (fr. exclus.) Dun. _Anon._ p. 116, pl. 22 ; DC. _Syst. veget._ I, p. 498 ; DC. _Prodr._ I, p. 92. — _Cœlocline acutiflora_ (fr. exclus.) A. DC. _Mém. Anon._ p. 32, pl. 5, C. — _Xylopia acutiflora_ (fr. exclus.) A. Rich. _Fl. Cuba_, p. 55 (en note), (non Benth. _Linn. Trans._ t. XXIII, p. 478), (non Oliver, _Fl. trop. Afr._ I, p. 32). — _Xylopia parviflora_ (fr. exclus.) Benth. _Linn. Trans._ t. XXIII, p. 479 ; Oliver, _Fl. trop. Afr._ I, p. 31. — _Unona oxypetala_ DC. _Syst. veget._ I, p. 496 (ex descriptione) ; DC. _Prodr._ I, p. 91 (ex descript.). — _Cœlocline ? oxypetala_ A. DC. _Mém. Anon._ p. 33 (ex descript.). — Mann, _Exsicc._ no 914.
Feuilles ovales-lancéolées, aiguës ou acuminées, raides, glabres, petites (de 5 à 8 cent. de long sur 1,5 à 2,5 cent. de large) ; pétioles très courts (2 à 3 mill.). Fleurs variables (de 0,5 à 2 cent. de long), tantôt allongées et acuminées, tantôt brusquement coniques et très courtes, axillaires, solitaires, presque sessiles ; pédicelles très courts, à peine de la longueur du pétiole, recouvert par de petites bractées alternes, imbriquées. Calice trilobé, à lobes aigus. Pétales soyeux, allongés acuminés, ou courts triangulaires. Fruit inconnu.
« In Sierra Leona, _Smeathman, Afzelius_ » (DC.).
« Sénégambie, _Perrottet_ » (H. Baillon).
DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce a été retrouvée sur les côtes du golfe de Guinée et sur les bords du Niger.
OBSERVATIONS. — Nous avons donné une description abrégée de cette plante à cause des confusions dont elle a été l’objet.
1o Cette espèce, qui est en partie l’_Unona acutiflora_ de Dunal, a été l’objet de plusieurs erreurs. M. Bentham la donne sous le nom de _X. parviflora_, tandis qu’il décrit cette dernière espèce en la nommant _X. acutiflora_. Du reste, M. Bentham, qui, je crois, n’a pas eu l’occasion de consulter les types du _X. parviflora_ recueillis par Perrottet, n’était pas certain d’avoir bien déterminé ces deux plantes, comme il le fait remarquer dans son mémoire : « I do not feel at all confident... in my having correctly identified our specimens. » La description qu’il donne du _X. acutiflora_ est en complet désaccord avec celle de Dunal.
Nous mettons ici en parallèle les caractères les plus distinctifs des deux espèces controversées :
_Unona acutiflora_ Dun. (d’après la description et la figure de Dunal). — Fleurs axillaires, presque sessiles, solitaires ; pédoncules très courts, à peine de la longueur des pétioles (2 millim. envir.), recouverts par les bractéoles imbriquées. Fleurs tantôt allongées et acuminées, tantôt brusquement coniques et très courtes, variant ainsi de 0,5 à 2 centimètres.
_Uvaria parviflora_ Guill. et Perr. (d’après la description, la figure et les échantillons de Perrottet). — Fleurs axillaires, pédonculées, réunies par 1-3 ; pédoncules de 8 à 12 millim. de long, portant 2 ou 3 bractéoles courtes, espacées. Baies peu nombreuses, grosses et courtes, en forme d’olive.
La forme des feuilles est variable et ne peut guère servir, dans une description, à distinguer les deux espèces. Les feuilles sont aiguës, obtuses ou un peu acuminées dans l’_Unona parviflora_ ; elles sont aiguës ou longuement acuminées dans l’_Uvaria acutiflora_.
Dunal a décrit les feuilles de l’_Unona acutiflora_ comme aiguës, mais M. A. de Candolle, qui décrit la plante d’après le même échantillon, les donne comme acuminées. Du reste, dans la figure de Dunal, les feuilles supérieures sont aiguës et les inférieures longuement acuminées.
Ces éléments posés, nous allons aborder la discussion des espèces de M. Bentham.
2o La plante recueillie par M. Mann à Bagroo river, décrite par M. Bentham sous le nom de _X. parviflora_ et que j’ai pu examiner au Muséum, a les feuilles longuement acuminées ; les fleurs sont presque sessiles et variables, les unes allongées, les autres très courtes, grosses et coniques, comme on en voit dans la figure de l’_Unona acutiflora_ de Dunal et comme les décrit M. Bentham, « petalis brevioribus crassioribus », au _X. parviflora_. On voit que cette plante est très différente de l’_Uvaria parviflora_ de Perrottet, qui a de longs pédoncules et des feuilles obtuses, aiguës ou rarement brièvement acuminées, tandis qu’elle s’accorde précisément avec la description de l’_Unona acutiflora_ de Dunal. Le _Xylopia parviflora_ Benth. doit donc être rapporté à l’_Unona acutiflora_ Dunal, c’est-à-dire au _Xylopia dunaliana_ Vallot.
3o M. Bentham donne, pour le _X. acutiflora_, les caractères suivants : « ... Pedicelli calyce longiores... Baccæ paucæ, 1-1 1/2 poll. longæ, 1/2 poll. crassæ. » La longueur des pédicelles et la forme du fruit suffisent à montrer que cette description s’applique à l’_Uvaria parviflora_ Guill. et Perr., et non à l’_Unona acutiflora_ Dun. M. Bentham a décrit cette espèce d’après les échantillons récoltés par Barter sur le Niger. Nous avons examiné la plante de Barter au Muséum, nous l’avons comparée aux échantillons authentiques de Perrottet, et nous avons pu nous convaincre de l’identité des deux plantes. On retrouve dans la plante de Barter, outre le même facies, les fleurs souvent agrégées par 2 ou 3 à l’aisselle des feuilles, les pédoncules longs et ne portant que 2 ou 3 petites bractées espacées, que l’on voit sur les échantillons en fruit de Perrottet. Le _Xylopia acutiflora_ Bentham doit donc être rapporté à l’_Uvaria parviflora_ Guill. et Perr., qui est aujourd’hui le _Xylopia parviflora_ Richard.
4o Dunal a représenté le fruit de l’_Unona acutiflora_ pourvu d’un pédoncule de 3 centimètres de long. Des doutes ont été émis par A. Richard sur l’authenticité de ce fruit, qui pourrait bien avoir été joint à l’_Unona acutiflora_ par suite d’une erreur d’herbier.
On sait que dans certaines Anonacées les pédoncules s’allongent à mesure que le fruit mûrit ; il faut donc, pour pouvoir trancher la question, chercher si cet allongement existe et est considérable dans les espèces voisines de celle que nous considérons.
Perrottet ne connaissait pas la fleur de l’_Unona parviflora_, mais on trouve sur ses échantillons des fruits à tous les états d’avancement, depuis le moment où la corolle vient de tomber, jusqu’à la maturité complète du fruit. En examinant les échantillons et les comparant à ceux en fleur et en fruit de Barter, nous avons pu nous convaincre que le pédicelle grossit presque sans s’allonger, à mesure que le fruit mûrit. De même, dans le _Xylopia æthiopica_, le pédoncule s’allonge très peu et le fruit est presque sessile, comme la fleur.
Il n’est donc pas probable que l’_Unona acutiflora_ Dun., dont les fleurs sont presque sessiles et assez semblables à celles du _X. æthiopica_, s’éloigne assez des espèces voisines pour avoir un fruit dont le pédoncule s’allonge énormément et deviendrait aussi long que celui du _X. parviflora_ dont les fleurs sont longuement pédonculées. De plus, la figure donnée par Dunal semble avoir été faite pour représenter un fruit de _X. parviflora_ que nous avons sous les yeux. Nous croyons donc que le fruit de l’_Unona acutiflora_ Dun. est encore inconnu, et que la figure de Dunal représente le fruit du _X. parviflora_, joint par erreur à l’échantillon de l’_Unona acutiflora_.
Le nom d’_Unona acutiflora_ s’applique dès lors à la description de la fleur d’une espèce et du fruit d’une autre espèce ; il ne peut donc subsister. Nous proposons de donner à cette espèce le nom de Dunal, qui l’avait décrite le premier, et, la rétablissant dans le genre _Xylopia_, nous l’appellerons _Xylopia dunaliana_.